- Speaker #0
On est 300 aujourd'hui, on a 71 boutiques, c'est plus la même dimension que quand on était 3 avec juste un site internet et quelques revendeurs. L'important dans le travail c'est de trouver de la joie parce qu'on y voit du sens, c'est parce qu'on a de bonnes relations avec ses collègues, avec ses clients, avec ses interlocuteurs, etc. Au départ, j'ai créé Avril pour rendre le bio accessible à tout le monde. On a l'ambition de continuer à se développer, à s'inventer dans plus de villes possibles pour que tout le monde puisse trouver notre vie bio d'une super qualité à un prix abordable.
- Speaker #1
Bonjour Alexis, je suis ravie de t'avoir au micro du podcast Sois-toi aujourd'hui. C'est réciproque. Je suis dans un des locaux, une boutique d'Avril Cosmétiques à Lille qui est magnifique d'ailleurs, très lumineuse. Et aujourd'hui on va parler un petit peu de toi, de ton histoire et d'Avril du coup. Et déjà pour commencer, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots ?
- Speaker #0
Oui, alors je m'appelle Alexis Léhem. J'ai 58 ans, j'ai 4 enfants, j'ai même 2 petits-enfants. Génial ! C'est assez récent. Et bien sûr, je m'en réjouis. Voilà, et puis je suis le fondateur d'Avril. C'est une entreprise que j'ai créée il y a 12 ans maintenant. Je ne sais pas ce que je peux dire de plus.
- Speaker #1
On va aller dans les détails de toute façon. Déjà, est-ce que tu peux nous dire qu'est-ce qui t'a donné envie de créer Avril Cosmetics ?
- Speaker #0
Oui, ce qui m'a donné envie, c'est ma fibre écolo. en fait... Avant de créer Abril, je travaillais chez Auchan, j'y ai travaillé pendant assez longtemps. Et dans les dernières années, j'étais responsable de tout le pôle cosmétique, produits d'entretien, pharmacie, etc. Et ça me chagrinait de voir que la cosmétique bio n'avait pas beaucoup de succès. Et quand je me suis intéressé à la question, je me suis aperçu que c'était une histoire de prix, c'était trop cher. Et donc je me suis dit, comment résoudre ce problème de prix ? Et une autre chose dont je me suis aperçu, c'est que dans la... Dans la cosmétique en général, les marques sont chères parce qu'elles dépensent beaucoup d'argent pour leur marketing, des égéries. et donc je me suis dit si on supprime tous ces coûts on pourrait proposer des produits bio à un prix plus abordable et donc résoudre ce problème du prix pour les gens et voilà c'est pour ça que j'ai quitté Auchan pour créer Avril pour rendre le bio accessible grâce à un modèle économique un peu disruptif sur le secteur de la cosmétique puisque nous on n'a pas de budget pour tout ça, on ne distribue pas d'échantillons, on n'a pas d'égérie n'a pas de budget, médias, pubs, etc.
- Speaker #1
Du coup, ça pose plein de questions. Comment on en est arrivé à ce qu'est aujourd'hui Avril Cosmétiques ? Mais du coup, autour de l'épisode, on va y arriver. Avant ça, je sais qu'il y a une vision très forte chez Avril. Est-ce que tu peux nous la partager ?
- Speaker #0
Oui, oui, la vision, elle est assez forte. Alors, peut-être qu'il faudrait, on le fera peut-être après, refaire l'histoire de pourquoi on a écrit une vision, mais en 2019. on a écrit notre vision à 10 ans dans 3 domaines dans le domaine de notre relation à l'environnement dans le domaine de notre relation avec nos clients et notre relation entre nous dans l'entreprise, comment on fonctionne ensemble pour l'environnement on s'est dit ça serait génial si dans 10 ans, donc en 2029 on réussissait à être zéro déchet Zéro émission de carbone, si on pouvait être à énergie positive, c'est-à-dire produire plus d'énergie quand on en consomme, et si on pouvait promouvoir une consommation juste, donc le contraire de la surconsommation. Donc on a écrit ça. Et puis, je pense qu'on va parler un peu plus tard de tout ce qu'on a fait dans ces domaines grâce à cette ambition assez élevée. Dans le domaine de notre relation avec nos clients, on s'est dit que ce serait génial si on pouvait avoir une relation simple, sincère. avec nos clients, nos clientes pour leur apporter du bien-être pas pour leur vendre le plus de produits possible mais pour que grâce à nos conseils, grâce à nos produits grâce à notre accueil, elles puissent se sentir mieux et je pense que depuis qu'on a écrit ça c'est un peu l'esprit qu'on ressent dans nos boutiques et après sur le domaine de notre fonctionnement au sein de l'entreprise on s'est dit ça serait top si on fond fonctionner en entreprise libérée, c'est-à-dire que chacun puisse être décisionnaire et non pas juste exécutant des ordres de son chef. Et c'est vraiment l'esprit dans lequel on travaille depuis qu'on a défini ça.
- Speaker #1
Génial, on va aller étoffer tout ça dans les questions. Mais avant, j'ai envie qu'on se replonge un petit peu en arrière, parce que tu l'as fondée en 2012, finalement, à OUILLE COSMÉTIQUE. Et avant, tu n'étais pas du tout dans le milieu forcément entrepreneurial. Alors apparemment, j'avoue que j'ai fait mes petites recherches, tu l'as été très jeune. Est-ce que tu peux nous raconter un petit peu plus jeune, comment du coup tu es allé dans un job salariat, et ensuite comment t'as développé ton... En 2012, parce que pareil, il y a eu un avant, un après et vraiment véritable fondement d'avril en 2012.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. En fait, effectivement, quand j'avais 21 ans, j'ai créé une première entreprise. J'étais encore étudiant et, enfin bref, c'était une histoire familiale, c'était dans le linge de maison. Et je n'ai pas réussi à la développer. Et donc, au bout de cinq ans, j'ai arrêté. parce que je n'y arrivais pas, je n'arrivais pas à en vivre, elle ne faisait pas assez de ventes. Et donc, c'est à ce moment-là que je suis entré chez Auchan, où j'ai fait plein de choses différentes et j'étais très heureux. J'étais très heureux parce que cette fibre entrepreneur... finalement j'ai pu l'exprimer aussi chez Auchan, contrairement à ce qu'on pourrait croire. On avait beaucoup d'autonomie, on était très responsabilisés sur notre secteur d'activité et donc j'étais tout à fait épanoui. et comme je l'ai raconté tout à l'heure c'est vraiment ce besoin d'agir pour l'environnement qui m'a amené à quitter Auchan pour créer Avril et en fait ce projet il a mûri pendant de longues années parce que comme tu l'as rappelé j'ai créé Avril en 2012 mais en réalité j'ai eu l'idée en 2005 En fait, en 2005, j'ai considéré que c'était impossible de réaliser ce projet tout seul et que j'avais besoin d'un appui fort d'un grand groupe. Et comme j'étais chez Auchan, naturellement, je suis allé voir le patron d'Auchan pour lui soumettre l'idée et lui dire que je trouvais que ce serait une bonne idée si Auchan créait Abril. Et bref, il y a eu pas mal d'échanges, de discussions pour finalement avoir un refus. donc en 2005 comme quoi même si tu travaillais chez eux il y a eu un refus oui parce que ce n'était pas la stratégie de l'entreprise et comme quoi il ne faut pas se décourager et en fait tu dis qu'il ne faut pas se décourager mais moi je l'ai abandonné c'est à dire qu'en 2005 j'ai dit ok, je n'en veux pas alors j'ai sollicité une autre entreprise aussi qui n'a pas voulu non plus et puis j'ai dit ok c'est bon je ne vais pas m'acharner c'est pas possible, c'est pas possible et de communiser. tout à l'heure, comme j'étais tout à fait épanoui, ça ne m'a pas pesé de renoncer à ce problème. Et puis les années ont passé et au fil du temps, j'étais toujours dans la cosmétique, au fil du temps, je me suis dit que c'était vraiment une bonne idée. C'est dommage de ne pas la concrétiser. Donc en 2011, six ans plus tard, je me suis mis à y re-réfléchir, à re-discuter avec des amis, avec des professionnels du secteur. pour voir si finalement c'était quand même pas possible et en fait un de mes amis m'a dit mais pourquoi est-ce que tu veux ouvrir des boutiques, puisque c'était ça le projet de départ, t'as qu'à ouvrir un site internet c'est beaucoup moins d'investissement et tu toucheras toute la population française plutôt qu'une boutique dans une seule ville et il m'a convaincu tout de suite et du coup ça a changé les besoins en financement en particulier puisque beaucoup moins d'investissement, des perspectives de chute plus importantes, etc. Et donc ça a vraiment ouvert la porte de... à nouveau de la réflexion sur le projet. Et donc voilà, fin 2011, j'ai effectivement décidé de lancer Avril. Et en avril 2012, on a fait notre première vente, notre première facture de produits. Donc voilà, la vente a été lancée.
- Speaker #1
Génial, hyper inspirant sincèrement. Et du coup, je me pose aussi la question, parce que tu avais un super post quand même chez Auchan. Comment c'est arrivé, enfin à quel moment c'est arrivé la décision de te dire ça y est, je quitte. quitte au champ et vraiment je me lance à 100% dans cette activité entrepreneuriale.
- Speaker #0
Oui, alors effectivement c'était une décision très risquée parce que je quittais un salaire confortable, un métier intéressant. J'ai investi toute mon épargne, on va le dire, dans ce projet. Donc c'était un très gros risque et d'autant plus que j'avais conscience. de la fragilité d'un projet de création d'entreprise puisque j'avais déjà échoué une fois. Donc je savais vraiment que je pouvais échouer à nouveau. Et bon voilà, je l'ai fait quand même parce que j'y croyais, parce que ça avait du sens pour moi. Et alors j'ai un peu plus sécurisé que la première fois puisque j'ai fait appel à des amis qui ont investi à côté de moi pour qu'on ait suffisamment de fonds propres pour passer les premières années où forcément on peut pas être rentable tout de suite, Donc on perd de l'argent. consomme du cash, donc j'ai prévu un peu large, grâce à mon expérience passée.
- Speaker #1
On apprend en général bien de ses erreurs.
- Speaker #0
Voilà. Et plus un soutien bancaire, donc ça a permis de sécuriser l'aspect financier et de passer les premières années déficitaires.
- Speaker #1
Très bien. Et ensuite, tu as été rentable au bout de combien de temps à peu près ?
- Speaker #0
Alors, en fait, la première année en 2012, elle a été assez catastrophique parce que comme j'avais eu l'idée un peu bizarre de ne pas mettre de budget pour la mobilité, ça a été très efficace en cette politique puisqu'on était complètement inconnus. Et donc, on ne vendait rien, ni sur notre site internet, ni chez des revendeurs puisque comme la marque n'était pas connue, il y a personne qui se disait il faut absolument qu'on ait Avril dans notre magasin. en bio ou dans notre pharmacie. Donc une première année vraiment compliquée économiquement. La deuxième année était un petit peu mieux parce que naturellement, avec le bouche à oreille, le chiffre s'est un petit peu développé, mais toujours pas suffisamment pour être bénéficiaire. Donc on était toujours déficitaire en 2013. Et puis à partir de 2014, on a arrêté de perdre de l'argent. Donc ça, c'était une bonne nouvelle. Et puis, en 2015, on a commencé à en gagner. 2016, on était bien rentable. Et là, il y a eu une nouvelle étape dans la vie d'Avril, qui était l'ouverture du premier magasin, celui dans lequel on est en ce moment à Lille, qui a changé la dimension de l'entreprise.
- Speaker #1
Tu m'étonnes. Et justement, avant qu'on aille aussi là-dessus, comment tu as tenu ces années ? Parce qu'il y a quand même beaucoup de choses que tu fais à contre-courant d'une société. J'entendais que tu en parlais dans une autre interview, mais on est dans une société de surconsommation. On a des pubs de partout. les gens s'y connaissent. connaissent pas la marque, j'imagine que toi t'avais toutes les valeurs derrière la marque et t'y croyais à 100%, mais avant de faire croire à 100% à la personne en face de toi, c'est pas toujours simple. Comment t'as tenu ?
- Speaker #0
Oui, alors déjà c'était très inquiétant, j'ai tenu ok, mais j'étais pas très serein.
- Speaker #1
T'as 4 enfants en plus, j'imagine une vie de famille et tout, enfin...
- Speaker #0
Non, non, c'était j'étais pas serein du tout, j'étais même plutôt inquiet. Mais après... Puisque j'avais prévu large au niveau financement, je savais que ce n'était pas non plus catastrophique et que j'allais mettre la clé sous la porte au bout de six mois. Donc j'avais le temps d'attendre, de voir le bouche à oreille faire son effet, etc. Et puis, je suis quelqu'un d'optimiste, il faut le dire. Donc ça permet effectivement de voir les perspectives. positive plutôt que tout ce qui va mal sur l'instant. Et puis, mes associés qui sont des amis, donc 5 amis qui ont cru dans le projet et qui ont investi un peu d'argent dans l'entreprise, étaient très encourageants. Et ça, bien sûr, ça m'a aidé parce que eux disaient, ok, ça ne marche pas très bien, mais il faut tenir bon, on est quand même dans la bonne direction, on y croit, ça va finir par payer, voilà. Donc, ça, c'était soutenant.
- Speaker #1
t'as eu un vrai soutien et ça c'est important je pense dans l'entrepreneuriat d'être très soutenu autour et sachant qu'en plus tu me l'as dit et on va le dire t'as pas eu des employés tout de suite en fait vous étiez deux vraiment toi et une personne sur le webmarketing oui c'est ça en réalité on était trois parce qu'il y avait aussi une personne qui préparait les commandes bien sûr oui
- Speaker #0
on a été trois de 2012 à 2016 donc c'était et... Oui, effectivement. Alors, avec la personne qui se loupait du web, on échangeait beaucoup sur l'aspect opérationnel du site Internet, mais aussi sur la stratégie d'Avril. Et puis, avec mes associés, effectivement, on s'est mis sérieusement.
- Speaker #1
Et du coup, selon toi et le retour, l'expansion d'Avril a été lorsque vous avez ouvert la boutique Avril à Lille ?
- Speaker #0
Alors, l'expansion, elle s'est faite dès le début. C'est-à-dire que 2012, c'était vraiment minable, mais 2013, un peu. C'est toujours pas très florissant. 2014 encore mieux, 2015 encore mieux, 2016 c'était plus que correct puisqu'en fait à 3, on a réussi à faire 3 millions d'euros de chiffre d'affaires. Oui c'est quand même plus que correct.
- Speaker #1
C'est quand même très très rentable.
- Speaker #0
L'EVITA devait être exceptionnel. Donc on était productif. Et effectivement, la première boutique, ça a changé la dimension de l'entreprise parce que comme elle a fonctionné tout de suite, évidemment, on en a ouvert d'autres. Donc l'année d'après, en 2017, on en a ouvert deux autres. En 2018, quatre autres. Entre 2019 et 2022, on en a ouvert à peu près une par mois. Là, on est à nouveau sur ce rythme d'une par mois, voire plus. Donc c'est sûr que ce n'est pas pareil. On est 300 aujourd'hui. On a 71 boutiques, c'est plus la même dimension que quand on était 3 avec juste un site internet et quelques revendeurs.
- Speaker #1
Tu m'étonnes, effectivement. Si tu avais à revivre les débuts d'avril, qu'est-ce que tu ferais pareil et qu'est-ce que tu ferais autrement ?
- Speaker #0
Écoute, c'est une bonne question, je réfléchis un peu parce que comme aujourd'hui ça fonctionne bien, je me dis qu'il n'y a pas grand-chose à changer finalement. Alors évidemment, il y a eu des ajustements. Au début, puis il y en a toujours, il y en a encore aujourd'hui, il y a eu des échecs dans des lancements de produits, dans des tentatives de canals de distribution. Par exemple, à un moment, on a essayé de faire de la vente à domicile, en réunion.
- Speaker #1
Oui, un peu comme tu peux avoir. Voilà,
- Speaker #0
exactement. Bon, ça n'a jamais pris, mais ce n'est pas un regret, c'est normal de faire des essais jusqu'à ce qu'on trouve vraiment le bon modèle. Donc, je pense que je referai pareil.
- Speaker #1
Génial ! Et du coup, on parlait au départ du podcast de ta vision, et effectivement, la vision d'Avril s'est construite au fil du temps, et notamment dans cette vision, il y a l'engagement environnemental, qui est un des grands piliers. En quoi, du coup, l'écologie fait partie de l'ADN, vraiment, d'Avril Cosmétiques ?
- Speaker #0
Ah ben, ça fait partie de l'ADN, parce que c'est pour ça que j'ai créé Avril, pour réduire l'empreinte environnementale de la cosmétique. Donc forcément dès le début on a fait très attention à tous ces aspects là, on a supprimé tous les emballages qu'on pouvait supprimer facilement. Dès le début par exemple nos tubes de crème n'étaient pas sur-emballés dans un bel étui en carton, ou pareil pour le dentifrice. Et puis dès le début les produits étaient bio, et ça ça a un impact environnemental qui est bien inférieur à celui des produits non bio. Donc voilà, dès le début, on était sur ce mode-là. Et depuis qu'on a écrit notre première vision en 2019, on est allé encore plus loin, puisque les quatre ambitions que j'ai indiquées tout à l'heure, zéro émission de carbone, zéro déchet, consommation juste et énergie positive, dans tous ces domaines, on a agi depuis pour avancer vers ces objectifs très ambitieux.
- Speaker #1
Est-ce que parfois, vous avez, parce que je sais que pour le coup, l'entreprise est très justement dans chacun prend aussi ses décisions et on y reviendra. Mais est-ce qu'il a fallu plusieurs fois, j'imagine, faire des décisions difficiles qui sont peut-être moins rentables pour respecter vos valeurs ? Est-ce que du coup, tu as un exemple ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. En fait, dès qu'on a écrit la vision et notamment cet aspect consommation juste, Une de mes collègues est venue me voir en me disant, tu sais... on fait des promos, alors on en faisait pas beaucoup on en faisait 4 fois par an, les soldes 2 fois une promo au mois d'avril parce qu'on s'appelle Avril et puis on faisait le Black Friday qu'on appelait le Green Friday parce que nous on reversait 100% de notre chiffre d'affaires de la période pour planter des arbres, bref donc on faisait ces 4 opérations normales et elle me dit, tu sais quand on fait une promo ça peut engendrer des comportements d'achat compulsifs c'est à dire vite, j'achète le produit parce que cette semaine, il est en promo, et non pas, est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Et donc, faire des promos, c'est contradictoire avec ce qu'on a écrit dans notre vision, promouvoir mon consommation juste. Et donc, on ne devrait plus faire de promos. Voilà ce qu'elle me dit. Et donc, je lui dis, oui, mais sauf que, comme tu sais, on n'a pas de budget pour se faire connaître. Les promos, c'est un moyen qu'on a pour faire un peu de bouche à oreille, un peu de buzz. Et si en plus on se prive de ça, qu'est-ce qui va nous rester pour que les gens parlent d'avril et autour d'eux, etc. Mais en même temps, je me dis que c'est vrai que sur le fond, je comprends ce que tu dis et je pense que tu as raison. Donc, on a organisé une consultation. On a posé les termes de la problématique à l'ensemble de nos collègues. Et on a dit, d'un côté, ça nous fait connaître la promo. D'un autre côté, ça crée des comportements d'achat compulsifs qui sont contraires à ce qu'on a écrit dans l'avisant. Qu'est-ce qu'on décide ? Et puis, deux semaines après, on s'est tous réunis, après avoir bien réfléchi, et on a décidé collectivement d'arrêter la promo. Alors, évidemment, ce n'était pas une décision facile à prendre pour les avantages que j'ai décrits tout à l'heure de faire des opérations. Et puis... Aussi parce que ça nous a porté du chiffre d'affaires, évidemment. On n'a, je crois, jamais retrouvé les chiffres d'affaires qu'on faisait le premier jour des soldes sur notre site internet. Jamais on n'a connu, depuis qu'on a arrêté, les mêmes chiffres d'affaires. Donc c'est quand même un peu un sacrifice parfois. Mais si c'est cohérent, c'est tout, on le fait et on assume et on est heureux de le faire.
- Speaker #1
Génial. Et quand tu dis collègues, donc c'est j'imagine les personnes qui travaillent chez Avril, mais aussi les responsables boutiques qui travaillent chez Avril. Mais je veux dire, ça a été pris une décision très commune, quoi. En fait, chacun s'est concerté.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors la personne qui a eu l'idée, c'était une personne qui travaillait à ce moment-là au service client, donc qui répondait aux demandes de nos clients. Et les personnes qu'on a consultées, c'est tout le monde, y compris en particulier les personnes du réseau de boutique.
- Speaker #1
C'est quoi les prochaines étapes, les prochains projets d'avril pour réduire cet impact écologique ?
- Speaker #0
Oui, alors ça c'est toujours ce qui nous guide effectivement. Parce que déjà les quatre ambitions qu'on avait fixées lors de notre vision en 2019, à deux, les plus ambitieuses, c'est-à-dire zéro émission de carbone et zéro déchet, on n'est pas du tout arrivé à ça. Alors ça nous guide toujours, donc on continue. à réduire nos déchets et à réduire nos émissions de carbone. Donc il y a encore plein de projets. Par exemple, récemment, on a encore réduit le poids de l'emballage de notre mousse nettoyante pour le visage. On l'a réduit de 45%. Ça fait une économie de 4 tonnes sur l'année. C'est énorme. Donc on continue toujours dans cette veine parce qu'on a encore du pain sur la planche. On a encore beaucoup à faire pour arriver à cette ambition. Donc il y a encore plein de projets de cet ordre. Et il y a aussi un projet qui est extrêmement important pour nous, puisqu'on réalise maintenant les analyses de cycles de vie de tous nos produits. C'est-à-dire que pour un produit donné, on va être capable d'identifier quels sont les ingrédients qui ont le plus d'empreintes. Et du coup, ces ingrédients, on va les remettre en question. On va se dire, voilà tel ingrédient, on voit qu'il pèse lourd dans l'empreinte. carbone et environnemental en général, pas que carbone, il y a 16 critères qui sont passés en revue dans ces analyses de cycle de vie. Donc est-ce qu'on peut le remplacer par un autre qui pèsera moins lourd sur la planète et qui apportera toujours la même efficacité du produit, la même sensorialité, etc. Donc ça c'est un chantier qui est énorme, qu'on vient de commencer et qui va nous emmener sur plusieurs années, parce qu'on a 500 références. Oui, c'est ce que j'allais dire,
- Speaker #1
il y a combien de références ? 500, ok.
- Speaker #0
Et donc, voilà. Mais ça, ça nous mobilise beaucoup, ça nous réjouit beaucoup. Et donc, ça remet dans le chantier.
- Speaker #1
Parce qu'il y a combien de produits vendus à l'année, à peu près ?
- Speaker #0
Oh là, bonne question, mais on va faire une division. En 2025, on a fait 40 millions de chiffres d'affaires. Le prix de vente moyen d'un produit hors taxe en moyenne entre B2B et prix de vente publique, ça doit être... J'ai à peu près 5 euros, donc l'ordre de grandeur c'est du million de produits.
- Speaker #1
Ah oui d'accord, ok, c'est énorme, donc oui il y a pas mal de choses, je comprends.
- Speaker #0
Non mais ce qui est génial c'est que comme on vend beaucoup de produits, dès qu'on agit un petit peu sur quelque chose, ça a un impact sur l'environnement. Donc c'est pour ça que les entreprises ont une responsabilité énorme de faire leurs actions sur l'environnement, parce que ce qu'elles font ça a un impact.
- Speaker #1
énorme et c'est clair et juste je me posais aussi cette question les produits finalement sont tous produits en interne d'avril ou en fait après vous travaillez tous avec des laboratoires enfin comment j'avoue que j'ai alors nous parce que quand tu parles d'ingrédients du coup je me dis l'ingrédient
- Speaker #0
va dans chacun des labos enfin comment ça se passe nous on fabrique rien parce que quand on a une gamme qui est très large c'est pas du tout les mêmes usines qui sont capables de fabriquer par exemple un crayon pour les yeux ou un déodorant ou une crème c'est des Merci. C'est des machines différentes. Ben ouais,
- Speaker #1
ouais.
- Speaker #0
Donc, on a 40 sous-traitants. Ah ouais, quand même, d'accord. Dans toute la France, qui fabriquent les produits pour nous. Et du coup, ça fait que ce travail sur l'analyse de cycle de vie des produits, c'est un travail énorme parce que chaque produit a une formule qui est spécifique et qui est très différente de celle du produit d'à côté. Donc, ça fait un travail qui est énorme.
- Speaker #1
Ah oui, d'accord. Il y a encore pas mal de belles années. Génial. Et il y a un autre pilier qui est très important chez Avril, c'est le management. Il y a un management qui n'est pas du tout comme on peut voir d'habitude, mais qu'aujourd'hui, moi, j'admire profondément. Et d'ailleurs, j'ai fondé aussi RévoClavie en ce sens. C'est le management libéré. Est-ce que tu peux nous en parler ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Le management classique, dans la plupart des entreprises, des administrations, etc., Il y a une équipe, il y a un... Le chef d'équipe, le chef décide et s'assure que les membres de son équipe respectent ses décisions, enfin, exécutent ses ordres. Dans une entreprise libérée, ce n'est pas comme ça. Il y a aussi des équipes et des chefs d'équipe, sauf que c'est les équipes qui décident et pas le chef. Donc c'est quand même très différent. Donc, moi en fait, j'ai connu ce concept d'entreprise libérée en 2018. c'est à dire que avant quand j'ai créé Agile en 2012 je ne savais pas que ça existait mais sans savoir que ça existait c'était quand même plutôt déjà alors on n'était que 3 c'était peut-être plus facile à faire que à 300 mais c'était quand même déjà un peu notre mode de fonctionnement parce que la responsable du web dont on a parlé tout à l'heure qui était la première personne que j'ai embauchée elle travaillait dans un domaine web que je ne connaissais pas du tout Hmm Et donc, naturellement, elle était complètement autonome puisque je n'avais rien à lui apprendre. Et voilà, donc on a fonctionné dès le début comme ça. Et quand j'ai pris connaissance de ce concept d'entreprise libérée, ça m'a beaucoup parlé. Je me suis dit, mais moi, c'est vraiment comme ça que je veux qu'on continue à fonctionner. Et donc, on l'a plus formalisé, on est allé plus loin dans cet esprit. Et aujourd'hui, on est officiellement entreprise libérée et entreprise libérée.
- Speaker #1
Alors, on va creuser ce sujet, parce que c'est un sujet qui parle beaucoup, qui peut effrayer d'ailleurs certains dirigeants, on le voit via réseau Clavis quand on échange avec eux, et en même temps qui attire beaucoup, notamment la nouvelle génération sur le marché du travail. Quand tu parles d'autonomie dans les prises de décision, est-ce que tu peux nous citer des exemples ?
- Speaker #0
Oui. Alors, je vais donner des exemples, mais avant de donner des exemples, je vais quand même préciser une chose. En fait, le terme d'entreprise libérée, il n'est pas très adapté, parce que quand on entend ça... On se dit, c'est la foire, tout le monde fait ce qu'il veut, etc. Et c'est une grande difficulté de la compréhension de ce concept, c'est ce terme qu'il ne décrit pas très très bien. Et d'ailleurs, tout à l'heure, j'étais avec une responsable régionale de notre réseau de boutiques du Sud, qui me disait qu'avec une nouvelle responsable de boutique, elle constatait que cette nouvelle responsable avait du mal à fixer un cadre à ces collaboratrices parce qu'on était une entreprise libérée. Et donc, ce qu'il faut préciser tout de suite, c'est qu'une entreprise libérée, ça ne veut pas dire qu'on agit comme on veut. Voilà, il y a un cadre. On est libre à l'intérieur d'un cadre. Et le manager a cette faculté et cette obligation de définir le cadre à l'intérieur duquel ses collègues, ses coéquipiers vont être libres d'agir. Voilà, donc ça, il faut quand même le préciser tout de suite. Alors, des exemples, oui, il y en a plein. Il y en a un que j'aime beaucoup donner parce qu'il est assez facile à comprendre et révélateur de ce que c'est qu'une entreprise virée et comment on fonctionne chez nous. Sous ma responsabilité hiérarchique directe, il y a plusieurs personnes, dont la responsable de la marque. Donc, la responsable de la marque, c'est elle qui définit notamment l'offre produit. C'est-à-dire nos gammes de produits. Bon, ça m'arrive très fréquemment de découvrir... en magasin, quand j'y vais, quand je visite mes collègues des boutiques, des nouveaux produits qu'elle a décidé de lancer, dont je n'étais pas au courant.
- Speaker #1
Belle découverte !
- Speaker #0
Voilà, ça m'arrive tout le temps. Alors, je m'en réjouis à chaque fois, parce que je me dis, elle a parfaitement compris que c'était son autonomie, sa liberté de prendre ses décisions et qu'elle est beaucoup plus légitime que moi pour les prendre. Ça n'aurait aucun sens. Que ce soit moi qui décide et non pas elle, Parce que c'est son métier à elle, c'est pas le mien. Parce qu'elle fait de la veille concurrentielle. Parce qu'elle est au courant des tendances. Parce qu'elle va à des salons professionnels. Parce qu'elle est en contact de nos 40 sous-traitants qui lui proposent des innovations, des nouvelles formules, des nouveaux concepts. Et donc pourquoi moi, qui ne fais rien de tout ça, je saurais mieux qu'elle quels sont les produits qu'on doit lancer. Ça n'aurait aucun sens. Donc c'est tout à fait normal que ce soit elle qui décide. Bien évidemment, le cadre... Elle l'a parfaitement en tête, il est très clair, les produits doivent être bio, ils doivent être fabriqués en France, ils doivent être de super qualité, ils doivent être à un prix abordable et ils doivent bien se vendre.
- Speaker #1
Donc ça c'est le cadre que tu poses.
- Speaker #0
Ça c'est le cadre, exactement.
- Speaker #1
Ensuite elle fait ce qu'elle veut dans ce cadre là. Oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
Génial. Et ce cadre, du coup chacun j'imagine a un cadre que toi t'as posé en fait, t'as posé le cadre de la société, le cadre pour chacun. Oui,
- Speaker #0
que moi ou son manager.
- Speaker #1
Ou son manager, ok. Donc il y a quand même ce système un peu pire. pas pyramidal, du coup, j'aime pas le dire ça, mais il y a quand même les managers, responsables de pôles, etc.
- Speaker #0
Non, mais on peut croire que dans une entreprise libérée, il n'y a pas de hiérarchie. Oui, il y a une hiérarchie. Tu vois, dans cette boutique, il y a des conseillères de vente, elles ont... Ils ont une chef qui est la responsable des boutiques, qui a une chef qui est la responsable régionale de toutes les boutiques du Nord, qui a un chef qui est moi. Donc oui, il y a une hiérarchie, tout à fait. Mais sauf que cette hiérarchie, elle n'est pas décisionnaire sur les actions du quotidien, elle est décisionnaire sur le cadre qu'on donne.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux me donner les vertus de ce management libéré que tu as pu voir, justement, auprès de tes collègues ?
- Speaker #0
Oui, il y en a plein. La première vertu, c'est pour les salariés. Il y a eux-mêmes qui se sentent plus libres, donc plus épanouis dans ce contexte de travail que dans un contexte classique où elles seraient juste à exécuter des ordres. Parce qu'il n'y a rien de plus frustrant que d'avoir des bonnes idées et de ne pas pouvoir les mettre en œuvre parce qu'on attend la validation de son chef qui n'est pas forcément bien au courant des tenants et des aboutissants, qui ne prend pas forcément les bonnes décisions. Alors que là, quand on a une bonne idée, chez Avril, on peut la mettre en œuvre tout de suite. Donc c'est quand même beaucoup plus motivant. Donc ça, c'est un premier avantage. Un deuxième avantage qui est le corollaire du premier, c'est que du coup, dans notre entreprise, ça foisonne l'idée, ça foisonne l'initiative et ça permet d'améliorer nos performances. Ça permet d'améliorer le produit, notre relation avec nos clients, notre préparation de commandes, nos expéditions. Il y a toujours plein de trucs qu'on améliore parce que les gens sont libres de changer les choses pour qu'elles aillent mieux. Donc ça, c'est le deuxième gros avantage. Un corollaire aussi de tout ça, c'est qu'on a un turnover qui est beaucoup plus faible que dans une entreprise classique. Moi, j'ai plein de collègues qui me disent « Maintenant que je vois et que je goûte le fonctionnement de l'entreprise libérée, je ne retournerai pas dans une entreprise qui fonctionne de façon classique. » Donc ça nous assure une fidélité de nos salariés qui est évidemment précieuse. Pas envie de tout le temps devoir recruter, reformer, etc. Donc ça, c'est un troisième avantage. Et le quatrième avantage, qui est vrai pour tous les managers et notamment pour moi, c'est qu'on n'a pas la pression de prendre toutes les décisions. Et moi, en tant que dirigeant de cette entreprise, j'adore ne pas être décisionnaire de tout. Parce que si je devais être décisionnaire de tout, ma vie professionnelle serait un enfer. je serais en bonne avance je serais surmené et je n'ai pas du tout envie de l'être donc ça me va très bien de faire confiance à mes collègues et de leur dire c'est toi qui décide et donc voilà plein d'avantages est-ce que tu penses que c'est fait pour tout le monde ou
- Speaker #1
pas ?
- Speaker #0
alors fait pour tout le monde il y a manager et équipier est-ce que c'est fait pour tous les salariés je ne vois pas trop d'inconvénients parce que Ce n'est pas parce qu'on est dans une entreprise libérée qu'on est obligé de prendre des initiatives, d'avoir des idées, etc. Si on n'en a pas, on n'en a pas et c'est OK aussi. Donc, il n'y a pas trop d'inconvénients pour les services. Pour les managers, est-ce que tout le monde est fait pour ça ? Pas forcément parce qu'il peut y avoir des gens qui sont un peu stressés et qui ont envie de tout contrôler pour se rassurer. Et bien ça, c'est complètement contradictoire. Avec l'entreprise libérée. Je pense qu'il y a plein de gens, notamment des dirigeants d'entreprise, qui sont comme ça, qui ont envie de contrôler. Ça se comprend tout à fait. L'enjeu, c'est la pérennité de l'entreprise. Ils ont envie de s'assurer que leur entreprise va durer dans le temps. Ils se disent, pour en être sûr, il faut que je contrôle. Ça se comprend tout à fait. Eux, ils ne sont pas faits pour l'entreprise libérée.
- Speaker #1
Est-ce qu'ils ne sont pas faits ou est-ce qu'avec un certain travail sur soi, C'est possible d'enlever un petit peu ça ?
- Speaker #0
Déjà, il faut en avoir envie spontanément. Oui, forcément. Parce que si on se force pour le faire, ça ne va pas marcher. Donc voilà. Après, je dis, c'est un peu provocateur que la première chose à faire pour mettre en place l'entreprise libérée quand on est dirigeant d'entreprise, c'est de se débarrasser de son égo. Mais ce n'est pas... J'exagère un petit peu. Oui, ce n'est pas méchant dans le terme. Ce n'est pas uniquement parce qu'on croit qu'on est le plus fort, le meilleur, etc. qu'on a envie de contrôler. Ça peut être aussi parce qu'on est angoissé.
- Speaker #1
Bien sûr, c'est pour ça que je parlais de travail sur soi, parce que ça évoque des peurs, des peurs liées à l'argent, plein d'autres choses. Donc bien sûr, mais c'est très inspirant en tout cas. Et c'est vrai que moi, je le vois rien que d'être dans la boutique. On sent qu'il y a des belles valeurs, que les gens sont heureux d'être là, etc. Et ça se ressent, et ça se ressent même dans toutes les boutiques et j'imagine dans les bureaux avec toutes les personnes. Donc c'est hyper inspirant. Quel conseil, toi, tu donnerais à un dirigeant qui peut nous écouter ou à un manager qui aurait envie de développer cette vision mais qui ne sait pas trop par quel bout s'y prendre ?
- Speaker #0
Alors, le premier conseil que je lui donnerais, ce serait de lire l'excellent bouquin de Frédéric Lalou. qui s'appelle « Reinventing Organizations » , qui décrit les différents types d'organisations, dont en particulier ce qu'il appelle l'organisation OPAL, qui est un autre terme pour dire « entreprise libérée » , et qui donne plein d'exemples d'entreprises qui fonctionnent sur ce modèle. Moi, je l'ai lu en 2018, et c'est extrêmement enthousiasmant. J'ai adoré lire ce livre parce que chaque page, je me suis réjoui. Les exemples qu'ils donnaient en me disant « Ah bah génial, il faut que nous on fasse pareil » ou « Ah bah tiens, on le fait déjà, je ne savais pas trop pourquoi, c'était juste une intuition mais je vois bien maintenant le sens » . Et donc ça, ça donne vraiment une base très solide pour comprendre ce que c'est que ce concept.
- Speaker #1
Génial, je le mettrai dans la bio. Est-ce que tu sais, toi, là c'est une question qui me vient, le pourcentage d'entreprises aujourd'hui en France qui est libéré ?
- Speaker #0
Alors j'en ai aucune idée mais à mon avis c'est extrêmement faible, c'est même pas important.
- Speaker #1
Je pense aussi parce qu'on a du mal à échanger avec des exemples concrets comme toi tu peux apporter. Mais je me dis qu'à l'avenir, est-ce que toi tu penses que l'avenir c'est là ou ce sera un pan parmi d'autres typologies de management ?
- Speaker #0
Comme je suis optimiste, je me dis que ça va se développer un peu. Après franchement, je n'en sais rien. Je n'en sais rien, mais je souhaite que ce soit le cas parce qu'en fait, à l'opposé de ça, moi je vois, je constate beaucoup en entendant des gens parler de leur boulot, des comportements managériaux vraiment toxiques. Et moi, ça me fait de la peine pour les gens qui les subissent. Je me dis, mais ce n'est pas possible. Ces managers-là, ils n'ont rien compris. D'abord, de où on peut se permettre de parler mal à des collègues ? Et puis ensuite, en quoi c'est l'intérêt de l'entreprise que ça se passe comme ça ? C'est n'importe quoi. Et donc, j'espère vraiment que des choses pourront changer, parce que j'ai l'impression que c'est souvent pas terrible.
- Speaker #1
Oui. Mais bon, on est tous à œuvrer pour ça, en tout cas déjà là, tous les deux. Qu'est-ce qu'un collaborateur heureux apporte dans ton entreprise ?
- Speaker #0
Ah ben, un collaborateur...
- Speaker #1
Ou dans une entreprise, parce que du coup, ils sont tous heureux là.
- Speaker #0
Il apporte justement la joie autour de lui. Moi, je me réjouis tous les jours d'aller... d'avril ou dans nos boutiques, parce que je sais que je vais passer un bon moment avec mes collègues qui sont sympas, qui sont joyeuses, qui sont impliquées, qui sont enthousiastes, qui ont des idées. Et c'est ça, je pense. portent des gens qui se sentent bien dans leur boulot, c'est de réunir autour d'eux.
- Speaker #1
Et d'ailleurs, juste, une autre question qui me vient, est-ce que tu as cadré, par exemple, sur les horaires, sur télétravail, pas télétravail, c'est une grande question en ce moment en entreprise. Le télétravail, avant on en parlait tout le temps, maintenant ils reviennent en arrière.
- Speaker #0
C'est une très bonne question, parce que c'est un exemple type de cadre.
- Speaker #1
Les vacances, tu vois.
- Speaker #0
Mais donc, Comme je disais tout à l'heure, l'entreprise libérée, ça ne veut pas dire que tout le monde fait comme il veut. C'est à l'intérieur d'un cadre. Donc, le cadre, on peut le définir. Prenons l'exemple du télétravail. Au moment du Covid, évidemment, tout le monde était en télétravail puisqu'on n'avait plus le droit de venir. Et dans la foulée, après, on a continué sur ce mode-là. C'est-à-dire que tout le monde avait le droit d'être en full télétravail. Et donc, il y avait des personnes qui, effectivement, ne venaient plus au bureau parce qu'elles travaillaient chez elles. Et c'était OK. On avait dit que c'était d'accord comme ça. OU de quelques mois, à la fin du Covid, genre 2021-2022, moi j'étais extrêmement frustré, parce que moi je venais au bureau tous les jours, parce que j'adore mes collègues, et puis il y en avait que je ne voyais jamais. Et je trouvais, alors d'une part, ça me désolait de ne pas les voir parce que je les aime beaucoup. Et d'autre part, je trouvais que c'était moins efficace. Parce que parler en vrai à des gens, ça permet plein de discussions informelles, aux pieds levés, qui permettent d'avoir des idées, de fonctionner un peu en mode brainstorming, ou de prendre des décisions de façon rapide et efficace. Et je trouvais qu'on perdait en efficacité à cause de cette possibilité d'être plus en télétravail. Et en plus, on perdait aussi en esprit d'équipe. On perdait en cohésion, on perdait en plaisir d'être ensemble. ensemble parce qu'on n'était plus autant ensemble. Et donc, on s'est dit il faut revoir cette règle. Donc on s'est réunis. On s'est dit, aujourd'hui, on a le droit d'être télétravail à 100%. Moi, voilà les inconvénients que j'y trouve. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on garde cette règle ou est-ce qu'on change ? Et en fait, tout le monde était d'accord pour dire, oui, ça ne va pas du tout, effectivement. Moi, je viens, mais comme mes collègues ne sont pas là, je ne viens plus. Parce que si c'est pour ne pas les voir, je reste chez moi. et du coup on a dit bah non il faut qu'on soit au moins trois jours par semaine ensemble au bureau et que parmi ces trois jours il y en ait un qui est en train de se faire un petit peu de travail Les deux, où on est tous là, c'est le lundi et le jeudi.
- Speaker #1
D'accord, là c'est les deux qui sont là dans le cadre. Voilà,
- Speaker #0
exactement. Et donc on va changer le cadre.
- Speaker #1
Mais une décision qui s'est concertée tous ensemble, en fonction de chacun.
- Speaker #0
Mais j'aurais pu la prendre seule, parce que je suis le dirigeant, j'ai le droit de prendre des décisions. Oui,
- Speaker #1
mais dans ton management libéré, là pour le coup...
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Très bien. Et qu'est-ce qui t'épanouit le plus aujourd'hui dans l'aventure d'avril ?
- Speaker #0
Alors, il y a plusieurs choses qui m'épanouissent. La première chose, comme je l'ai dit à l'instant, c'est la relation que j'ai avec mes collègues, qui est très épanouissante. Moi, je suis très heureux de travailler chez Adril parce que j'ai des bonnes relations avec tout le monde. Et vraiment, ça m'apporte beaucoup de joie. Une deuxième chose, c'est le sens qu'apporte l'entreprise à ma vie professionnelle, puisque, comme je l'ai expliqué tout à l'heure, on agit pour l'environnement. Et la deuxième chose, parce qu'on a parlé de notre vision de 2019, mais je voudrais préciser qu'on a réécrit notre vision l'année dernière en 2025. Et dans cette vision, on a réaffirmé évidemment notre engagement pour l'environnement. Mais on a affirmé une deuxième chose, c'est cultiver le bien-être soi. Donc moi, j'aime beaucoup ce concept qu'on a imaginé à ce moment-là, parce que ça signifie qu'on veut apporter du bien-être, alors déjà à nos collègues dans l'entreprise, du bien-être dans le sens... où on peut être soi-même. C'est ça que veut dire bien-être-soi. Et apporter ce bien-être-soi aussi à nos clientes. Et donc voilà, ça, ça donne aussi beaucoup de sens. Donc c'est ces deux piliers, environnement et bien-être-soi, qui me réjouissent beaucoup quand je travaille chez Avil.
- Speaker #1
Quand tu parles de bien-être-soi, tu as des exemples ?
- Speaker #0
Je viens de lancer une nouvelle gamme qui s'appelle ProAge. Et cette gamme, elle vise à dire aux femmes en particulier... qu'avec ces produits, ces produits de soins pour le visage, on s'assume comme on est, même si on a 50 ans, même si on en est à la ménopause, et on n'est pas là pour corriger, pour effacer les rides, mais pour sublimer sa peau et être bien comme on est. Et voilà, c'est un peu ça le bien-être-soi, c'est on se sent bien. en assumant qui on est et pas en voulant absolument corriger les signes de l'âge parce que l'âge, la peau qu'on a à 50 ans, elle raconte l'histoire de sa vie, elle raconte les chagrins qu'on a eus les bonheurs qu'on a portés les larmes qui ont coulé et donc pourquoi il faudrait corriger ça maintenant affichons-le assumons-le et serons heureux avec ça c'est vrai,
- Speaker #1
c'est très beau très belle cette gamme aussi et on a aussi Et on parle souvent aussi, en ce moment, c'est un sujet. Et en tout cas, j'ai l'impression que toi, tu respires la joie de vivre, sincèrement. Ça fait plaisir de faire ce podcast. C'est très inspirant. Mais on parle souvent de l'équilibre un peu pro-perso des dirigeants d'entreprises, notamment de tout le monde. Mais là, du coup, étant toi un dirigeant, est-ce que toi, tu arrives à trouver un équilibre ? Tu l'as dit, tu as quatre enfants. Je l'ai bien retenu. J'imagine ta femme aussi. Comment tu arrives à garder tout cet équilibre-là ?
- Speaker #0
Oui, alors... En fait, comme je l'ai dit tout à l'heure...
- Speaker #1
Et deux petits-enfants, pardon, je sais, quand même c'est important.
- Speaker #0
Un des avantages de l'entreprise libérée, c'est que le manager n'est pas surchargé de décisions à prendre. Et donc ça, ça me permet vraiment d'avoir cet équilibre entre le pro... et le perso. Je vais donner un exemple très concret. Lundi, ce lundi-là, je suis revenu de quatre semaines de déplacement et vacances. Donc, en plein mois d'avril-mai. Et ça a été possible. parce que ce n'est pas sur moi que reposent toutes les décisions. Mes collègues, pendant mon absence, ils ont été tout à fait en mesure d'avancer, de prendre leurs décisions, etc. Et donc, ça veut dire que... Alors, dans les quatre semaines, il y avait une partie de déplacement professionnel, il y avait aussi une partie de vacances. Et voilà, donc, ça permet cet équilibre pro-perso d'être dans ce mode d'organisation.
- Speaker #1
Trop bien. Aujourd'hui, Avril Cosmétiques, elle connaît une belle croissance, sincèrement. tu l'as dit tout à l'heure mais est-ce que tu peux nous redire quelques chiffres notamment le nombre de boutiques je sais qu'il y a des boutiques maintenant qui sont à l'international est-ce que tu peux nous en dire un peu plus là-dessus oui tout à fait aujourd'hui au mois de mai on a 71 boutiques on
- Speaker #0
en ouvre 2 ce mois-ci donc on aura déjà 73 par mai je crois qu'on en ouvre encore une En juin, donc bref, et d'ici la fin de l'année, on va en avoir plus de 80. Donc cette année, on aura ouvert une quinzaine de boutiques. Et on va être sur un rythme à peu près similaire. dans les 2-3 ans à venir. Alors, l'essentiel, c'est en France. Aujourd'hui, on a 5 boutiques seulement à l'étranger. On en a 2 en Belgique, mais on va en ouvrir 2 de plus cette année. On en a une à Madrid, mais on va en ouvrir... d'ouvrir une à Bilbao à la rentrée en septembre-octobre. On en a une au Maroc et on en a une à l'Inde en Espagne. Donc, on a évidemment l'ambition, puisque au départ, j'ai créé Avril pour rendre le bio accessible à tout le monde. On a l'ambition de continuer à se développer, à s'inventer dans plus de... possible pour que tout le monde puisse trouver nos produits bio de super qualité à un prix abordable. Donc voilà, on devrait continuer notre développement commercial.
- Speaker #1
Ça a toujours été dans ta vision de développer aussi au plus grand nombre. Oui, oui,
- Speaker #0
tout à fait.
- Speaker #1
C'est quoi, du coup, ta vision sur les prochaines années ? Votre vision, parce que vous êtes tous ensemble. Il y a 340 personnes, c'est ça, aujourd'hui ?
- Speaker #0
300.
- Speaker #1
300, oui.
- Speaker #0
La vision, comme je l'ai dit tout à l'heure, il y a cette vision... d'engagement pour l'environnement qui est extrêmement moteur chez nous tout le monde est très engagé là-dessus tout le monde agit pour réduire au maximum notre empreinte environnementale et donc ça continue à nous porter pour encore des années et puis il y a cette vision du bien-être soi qui continue aussi à nous porter, à nous motiver donc voilà après moi je ne suis pas très boule de cristal chiffre quel chiffre d'affaires on fera dans 5 ans, dans 10 ans, combien de boutiques on aura. Franchement, je n'en sais rien. On fait notre maximum. Et puis, on verra bien où on sera du point de vue économique. Mais ce n'est pas ça le moteur principal.
- Speaker #1
Oui, c'est plutôt la vision dans laquelle vous êtes tous pour l'environnement. En fait,
- Speaker #0
l'économique, c'est un moyen pour réaliser ce en quoi on croit. Et ça, on partage beaucoup chez Avril. C'est bon. on trouve très important que l'entreprise soit rentable parce que cette rentabilité, elle nous donne la liberté de prendre des décisions qu'on ne pourrait peut-être pas prendre si on dépendait d'investisseurs ou de banques qui ne seraient peut-être pas d'accord pour qu'on reverse un. de notre chiffre d'affaires à des associations de protection de l'environnement parce que c'est beaucoup d'argent. Elle dirait peut-être, non, on veut garder cet argent plutôt que de le donner. Et donc, c'est important qu'on ait cette rentabilité pour avoir la liberté d'aller où on a envie d'aller.
- Speaker #1
Oui, parce qu'aujourd'hui, tu restes toi et les personnes qui t'ont accompagné, tes amis qui t'ont accompagné au départ.
- Speaker #0
Alors plus les salariés qui veulent acheter des actions à l'avril puisqu'on a ouvert le capital aux salariés.
- Speaker #1
Génial. et pour finir parce que là je vois que franchement c'était hyper inspirant j'aurai encore beaucoup de questions mais tu vas rentrer rendez-vous quel message tu aimerais transmettre aux personnes qui nous écoutent, qui peuvent être salariés indépendantes,
- Speaker #0
managers et qui se reconnaissent dans tes valeurs ce que je dirais c'est L'important dans le travail, c'est d'y trouver de la joie parce qu'on y voit du sens et parce qu'on a des bonnes relations avec ses collègues, avec ses clients, avec ses interlocuteurs, etc. Il me semble que ça, c'est vraiment... fondamentales, donc cultivons ça parce que c'est précieux c'est vrai,
- Speaker #1
cultivons ça, c'est précieux merci beaucoup Alexis pour tout et au plaisir d'échanger à nouveau, peut-être dans quelques années, voir où en est Avril Cosmetics merci J'espère que cet épisode t'a plu autant qu'il m'a plu de le tourner. Et si t'as plu, je t'invite à laisser une note de 5 étoiles et de laisser même un commentaire sur n'importe quelle plateforme d'écoute. Ça me fera d'une très chaud au cœur et de deux, ça permettra au podcast de se faire connaître. Alors, merci beaucoup pour ça et je te dis à très vite pour un prochain épisode.