- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Sold Out. Bonjour Marie.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'être là parce qu'il faut dire qu'on enregistre cet épisode à chaud, le mercredi qui suit We Love Green.
- Speaker #1
Effectivement, c'était hier.
- Speaker #0
C'était hier presque, vous avez dormi depuis.
- Speaker #1
J'ai bien dormi, j'ai profité un petit peu de ce moment assez agréable post-festival.
- Speaker #0
J'imagine, j'imagine. Donc We Love Green, c'était vendredi, samedi, dimanche dernier, trois jours. Dans quel état vous êtes à la suite de cette édition 2026 ?
- Speaker #1
Eh bien, un festival assez rayonnant, un festival vraiment qui s'est déroulé de façon assez impeccable, pour moi en tant que gérée sur la production, avec les équipes, l'écosystème autour du festival, ça a marché assez parfaitement, en tous les cas à la satisfaction d'un outil qui marche bien, avec un accueil artiste qui est parfait, avec une collaboration vraiment avec le territoire qui est cool. Une satisfaction d'un outil qui commence à vraiment s'ancrer dans ces marques.
- Speaker #0
Moi, j'ai lu des interviews que vous aviez données, évidemment, pour préparer avant l'édition. Et quand on a assisté à cette édition-là, on a l'impression que c'est un peu un rêve, une sorte de showcase. Tout s'est passé un peu comme prévu, c'est-à-dire à la fois de la découverte, à la fois des artistes, des très grosses pointures, des publics qui se mélangent, une météo parfaite. Globalement, c'était une édition, après coup, qu'on peut dire sereine.
- Speaker #1
En tous les cas, c'est le sentiment qu'on a vraiment ressenti à plein d'étages différents, c'est-à-dire à la fois backstage, à la fois dans le festival, dans le mood global du festival, et du coup dans ce que les artistes ont lancé un peu sur scène. Et ça, c'est assez satisfaisant.
- Speaker #0
Douceur de vivre.
- Speaker #1
Oui, voilà. Et des fois, on a eu des festivals beaucoup plus électriques, mais là, dans le ton même, sur les premiers anniversaires du concert de Gorillaz, quand ils ont démarré avec The Mountain, c'était The Contine, qui démarrait à la Citar, Il y a eu des... Plein de petits moments suspendus comme ça dans le festival, qu'on a gardés même sur des sets beaucoup plus énervés comme la clôture avec Charlotte Devid, quand même il y avait un moment sonore très fort, très enveloppant en même temps, il y avait les anglais qui étaient à côté de moi en disant « le son est parfait là » . Voilà, encore petits moments suspendus même si la musique était assez puissante.
- Speaker #0
Et toujours ce grand sourire, 15 ans après la première édition. Donc on va parler de comment on arrive à ça, comment on arrive à livrer une telle édition. On va parler aussi évidemment des péripéties qu'on peut rencontrer, des modèles des festivals, de toutes les questions que vous avez en tête. Et tout ça, si vous voulez bien, Marie, dans cet épisode de Sold Out qui commence maintenant. Est-ce que tu es prêt ? Oui,
- Speaker #2
monsieur le directeur. Bon, alors je vais faire commencer.
- Speaker #3
On parle de trajectoire de vie, on parle de carrière, on parle de choses vécues par des professionnels du spectacle vivant.
- Speaker #2
Il y a un tas de chocs.
- Speaker #1
Il pleut.
- Speaker #0
On parle de spectacle, on parle de spectateur, on parle de producteur, on parle de billets vendus. On parle d'humain. On peut vous dire que Johnny Hallyday au Stade de France, à côté, c'est un flé mobile dans un lévière.
- Speaker #3
Sold Out. Sold Out.
- Speaker #0
Le podcast de Delight.
- Speaker #3
Le podcast de Delight.
- Speaker #1
Bonjour, je suis Marie Sabaud, je dirige le festival Will of Green, mais à côté de moi, il y a une très grande équipe. Je voudrais quand même dire avant tout que, comme je vous disais tout à l'heure, on est un peu une troupe. Un festival, c'est quand même une compagnie de spectacle. où il y a vraiment beaucoup de talent autour de ce festival qui part avec moi sur ce projet et qui coproduit avec moi ce projet. Donc je suis un petit peu le maître des horloges un petit peu sur l'affaire, mais on est quand même une équipe qui s'est construite vraiment petit à petit et qui est partie, qui est revenue, c'est une maison mère de beaucoup de talent du monde du spectacle qui travaille dans d'autres événements, dans des tournées, sur des gros artistes. qui ont fait des scénos de gros artistes aussi. Donc on est un peu au cœur de cet écosystème. Et moi, je suis un peu le produit de ce système-là, qui a appris un petit peu à beaucoup d'endroits avant ça.
- Speaker #0
Premier billet vendu ?
- Speaker #1
Alors premier billet vendu, je débarque en stage à l'Élysée Montmartre. En fin d'études, j'ai la chance d'arriver dans cet endroit avec beaucoup d'effervescence, où il y a la production internationale. Et la production nationale, donc l'Illusion en marbre à ce moment-là, c'est de l'Indie, vraiment très fort. Et puis dernier billet vendu dimanche avec des XX en tête d'affiche.
- Speaker #0
J'ai même pas besoin de vous demander. Sold Out, saison 7, épisode 21, avec Marie Sabo, directrice générale de Wheel of Green, enregistrée à D-Light mi-juin 2026, juste après la clôture de l'édition 2026 de Wheel of Green. Alors Marie, j'ai enquêté, j'ai sorti en imperméable mes lunettes, ma loupe, mais alors j'ai pas réussi à trouver ce que vous aviez fait avant 2004. Donc est-ce que je peux me permettre déjà de vous demander si vous aviez une pratique artistique ? Quand vous étiez jeune, très jeune, étudiante, lycéenne, collégienne, pratique artistique ou pas ?
- Speaker #1
Alors artistique non, mais j'ai été gymnaste, j'ai fait beaucoup beaucoup de gym, j'ai fait... J'ai fait de la gym assez intense, avec toute cette dynamique qui va autour de la compétition, des entraînements une fois par jour. J'ai fait ça jusqu'à les riqueurs, mouvements, compétitions, risques, parce qu'acrobatie, tout ça, etc. J'ai eu des super profs, j'ai eu des gens qui m'ont accompagné, on garde en tête des gens encore une fois du coach. qui te fait recommencer, Et les compétitions, et le bus, et partir, et partir le week-end en compétition, et tous les week-ends en compétition. Et donc voilà, cet effet déjà de cette vie un peu haletante.
- Speaker #0
Pourquoi la gym ? Parce que de l'extérieur, on a l'impression que ce n'est pas le sport le plus fun quand même. C'est un sport moins rigolo que le ping-pong par exemple.
- Speaker #1
Non, parce que c'est beau, c'est exigeant, c'est émotionnant, ça fait des pirouettes. Et ça m'a suivi parce que j'ai décompagné une spectacle après. Donc après, j'ai transformé ça par le cirque. J'ai travaillé pas mal avec les circassiens.
- Speaker #0
Ah oui, c'est marrant ça. Donc tu as réussi à transformer la pratique de la gym en art finalement.
- Speaker #1
Complètement. Dans ce côté du spectacle, ça vient aussi beaucoup de là. Parce qu'à un moment donné, on rentre sur scène. Et il y a une musique qui se met en place, ou pas. Mais on démarre un mouvement qui est timé, qui a un début et une fin. Et c'est un show.
- Speaker #0
Et parallèlement à ça, études sérieuses, études complexes ?
- Speaker #1
Pas trop d'études ? Études sérieuses, effectivement, puis j'ai fait du droit, j'ai fait du droit, j'ai fait beaucoup le droit public, le droit constitutionnel, etc. Et après, j'ai plutôt fait d'années modules en communication et en production. Quant à un moment donné, ça s'est abasculé et qu'à la fin de mes études de droit où j'étais à Montpellier, je traînais beaucoup au Rockstar à Montpellier, dans le cœur de l'écosystème. C'est une salle de spectacle où j'ai beaucoup été et beaucoup appris. Et du coup, je trouve un stage justement à l'Élysée en Marthe, où je débarque directement les deux pieds dans le spectacle.
- Speaker #0
Et on est à quel moment là ?
- Speaker #1
On est en 92.
- Speaker #0
Ah oui !
- Speaker #1
Ça fait un petit moment, effectivement.
- Speaker #0
92 ? D'accord, d'accord. Donc, entre 92 et 2004, le moment où Will of Art, dont on va parler, arrive. Il s'est passé quoi ? C'est l'Élysée Montmartre, c'est l'époque avec Salomon.
- Speaker #1
Effectivement, moi j'apprends à l'Élysée Montmartre. J'arrive à la production internationale avec Salomon.
- Speaker #0
On parle bien de Salomon Azo, qu'on a reçu dans ce podcast avec deux épisodes il y a deux ou trois saisons. Tout à fait,
- Speaker #1
nécessairement le légendaire, qui a appris à des générations et des générations, dont je fais partie. Il y avait aussi Michel Bossot, qui est le directeur de production à ce moment-là, et qui a monté Isoudan. après, les formations du Soudan et qui était hyper pédagogue la formation du Soudan,
- Speaker #0
juste c'est une des rares formations sur les métiers du spectacle vivant mais plutôt les métiers de la scène,
- Speaker #1
plus que les métiers du management c'est un truc de référence c'était très important effectivement qu'il y ait des formations pré-fondationnelles parce que souvent, et c'était le cas quand on m'a dit tiens mets-toi là tu vas passer à la production et tu vas monter les tournées avec Michel Bossot, Michel Bossot il a levé il y a aussi un disant ah non Il fallait qu'il forme encore une fois, encore quelqu'un, à un budget de tournée, à qu'est-ce qu'on allait faire, quoi, comment, et je me souviens que le premier déjeuner avec Michel, il a dessiné sur un bout de papier de la nappe, avec des bulles, en me disant voilà bon, je t'explique, l'effort en présence, qui a pouvoir sur qui, où c'est que se passent les flux financiers, et comment on va naviguer dans tout ça. Et du coup, ce petit récap, eh bien, il était important pour moi, parce que j'allais l'assister sur le budget de toutes les tournées, les budgets des... des concerts qui se passent à l'Elysée. Et voilà, il fallait que je comprenne tout de suite, très vite, et que je sois opérationnel. Le club,
- Speaker #0
il a une valeur phénoménale. C'est tellement compliqué en France, les rapports entre les uns ou les autres, ou un promoteur local, peut-être aussi producteur. Absolument, et en plus,
- Speaker #1
c'est différent de l'étranger.
- Speaker #0
Alors, très différent.
- Speaker #1
Puisqu'on me dit que le promoteur n'existe pas à l'étranger, ou c'est des sociétés d'artistes. Et tout de suite, là, j'apprends ces forces en présence. Et puis, finalement, À ce moment-là, il y a un moment, j'ai beaucoup de chance, j'arrive à un moment assez charnière et pendant presque un an ou deux, à l'Elysée, je vois passer beaucoup de groupes et c'est un peu le son de l'époque qui m'a forcément marqué très fort puisque je vois passer Björk avec sa robe en papier, je vois passer Massive Attack et à ce moment-là, c'est le centre système de Massive Attack avec les camions, avec toute la déco en... en, comment dire, un camouflage qui arrive et qui joue toute la nuit à l'Elysée, avec Everything But The Girls, avec Tricky, tout ça. Je vois passer Soundgarden, je vois passer Nirvana avec Radical, on voit passer les Scratch Perry, George Clinton au Zénith, enfin, énormément de concerts. qui ont marqué une époque et qui font un peu l'indie de ce moment-là. Et Salomon, à ce moment-là, il a toute une carrière de producteur, et beaucoup de producteurs de reggae aussi, ils font le son de ce que personne ne veut faire. Tous les groupes que finalement sont difficiles à faire tourner, et il y a tout un nouveau métier de producteur qui se crée, parce qu'il y avait beaucoup de producteurs à ce moment-là de pop, de variété française, et tout d'un coup, il y a toute une frange de promoteurs qui arrive, nouvelle génération qui... vont chercher à l'étranger le son de Doudou de Radical, Salomon, Laurent Castagné de Warhead, c'est le moment de la rapao qui se crée dans le 13ème avec toute la scène hardcore avec Henry Rollins, etc. Donc je baigne totalement dans cette scène-là à même hardcore. Et puis à l'Elysée, il y a vraiment des personnages avec des tour managers, etc. qui ont fait toutes les grosses tournées. Et puis même, je fais un concert un peu mythique qui est le premier concert de... Rage Against the Machine au Zenith, où il y a Rage Against, il y a Living Color, et il y a le troisième du Hardcore, je ne me souviens plus, j'ai l'air non sur la langue, où il y a ces trois groupes, qui sont tout ce qui est le rock du moment, tout le Hardcore qui arrive. Et voilà, donc ça forcément, en très peu de temps, je comprends beaucoup de choses.
- Speaker #0
Et si on résume, tu te retrouves avec ces producteurs qui produisent ces artistes, finalement que les producteurs installés ne veulent pas trop produire. Parce que c'est un peu la scène alternative.
- Speaker #1
Il n'y a pas encore de réseau pour eux.
- Speaker #0
Mais sans le savoir, finalement, ou peut-être en le sachant, je ne sais pas, mais tu es en train finalement de côtoyer des artistes qui vont devenir une référence incroyable et la scène principale dans les années qui viennent.
- Speaker #1
Eh bien, effectivement, je vois l'éclosion de cette scène-là qui s'accroche avec L7, avec Hall, enfin tout ça, tout ça, ça passe à ce moment-là et on a cette espèce d'énergie aussi qui va nous nourrir. qui va nous donner une force très forte pour toute une nouvelle génération qui s'est créée et plein de métiers, plein de nouveaux professionnels et de lieux qui sont créés à ce moment-là.
- Speaker #0
Donc à ce moment-là, ton métier, c'est vraiment d'être dans la production. C'est la production. Tu fabriques les concerts, tu fais en sorte qu'ils existent, tu tiens des budgets.
- Speaker #1
J'aide les producteurs, je tiens des classeurs avec des factures, je regarde le monde du spectacle.
- Speaker #0
Mais tu as raison de le rappeler parce que le spectacle, c'est ça aussi.
- Speaker #1
Oui. J'ai 23 ans et du coup je fais en sorte que quand on arrive en backstage auprès d'un manager, et bien moi j'arrive avec un classeur qui à l'époque n'est pas numérisé et qui fait un certain nombre de factures très importantes. Et on défend le budget.
- Speaker #0
Montrer 30 centimètres, c'est un énorme plaisir.
- Speaker #1
Et on arrive et on défend auprès du manager combien le concert a coûté pour après dispatcher la recette. Qui paye quoi ? Et faire le compte d'après concert. Faire le compte de qui paye quoi et comment on partage l'argent. Voilà, la production c'est ça, et un manager qui est content, qui est moins content.
- Speaker #0
Il faut apprendre à négocier aussi,
- Speaker #1
à se faire respecter j'imagine. Je croise des personnages, effectivement.
- Speaker #0
Tu as du mal à te faire respecter une jeune femme de 23 ans ?
- Speaker #1
Alors j'ai eu beaucoup de chance. J'ai eu beaucoup de chance parce qu'effectivement là j'arrive dans ce monde-là et je suis un peu une petite mascotte. Il n'y a pas beaucoup de femmes, mais il y en a, il y en a à ce moment-là, et on travaille beaucoup. On travaille beaucoup, on a des rythmes assez foufous, puisqu'on est au bureau le matin à 10h, on fait la journée de production, le soir moi je descends, je déchire les tickets et j'ai 20 francs de plus pour pouvoir mettre du beurre dans les épinards, parce que 20 francs tous les soirs c'est quand même pas mal sur un mois. Et le soir on aide au bar, on regarde des concerts, il y en a beaucoup tous les soirs et ouf, le lendemain on redémarre, puis on sort, on va aussi à Metallic Jungle, au Rex, on apprend plein de choses, on découvre plein plein de concerts. Donc du coup, on se fait respecter parce qu'on travaille beaucoup, j'avoue.
- Speaker #0
On se fait voir tout le temps. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on est dedans, on est avec tous les techniciens, on est dans tous les moods, tout ça. Et j'avoue que ça a permis aussi de pouvoir créer une troupe, encore une fois, un mouvement des gens que j'ai croisés partout.
- Speaker #0
C'est des gens avec qui tu n'as jamais cessé de travailler.
- Speaker #1
Oui, que j'ai croisés partout.
- Speaker #0
Bon, allez, on saute. Il y a d'autres étapes avant Willow Art ou pas ?
- Speaker #1
Oui, carrément, bien sûr. En fait, pour aller vite, effectivement, au bout de deux ans, là-bas presque, il y a un poste qui s'ouvre à l'ouverture d'une nouvelle salle qui s'appelle le Divan du Monde. Et ils cherchent la coordination de programmation. Donc, j'arrive au Divan du Monde, c'est une salle qui s'ouvre. Donc là, il y a tout qu'il y a à faire. Et à ce moment-là, j'arrive avec des gens qui ne connaissent pas le milieu du spectacle et qui, moi, me débauchent de là où je suis, puisque je les rencontre. par différents biais. Et il y a tout à faire et c'est assez excitant. Donc, on monte une grille de programmation, on monte des formats. Moi, j'appelle les producteurs français que je connais. Donc, du coup, j'essaie de faire en sorte que cette salle soit louée par tous ces producteurs avec qui j'ai été en contact. Et puis après, on crée des soirées, on crée des événements. Et moi, à ce moment-là... C'est le moment où la musique électronique est partout dans Paris et où je tombe dedans, clairement, purement et simplement. Et c'est le moment où je fais les raves pendant tous les week-ends au Nifero, dans tous les endroits, dans tout l'écosystème parisien, de banlieue, etc. Et je deviens complètement partie prenante de cette scène électronique. Je suis dedans, je vais partout, je suis un petit peu avec toute une bande forcément de... D'Aficionados, on est complètement partie prenante de cette scène. On sent le son de l'époque et dans le divan du monde, je commence à faire venir les grands collectifs qui font de l'électro, des soirées de tous types, etc. Et puis, à ce moment-là, ça commence à prendre beaucoup de place. Et avec ma bande de l'époque, on décide de monter une compagnie de spectacle qui s'appelle Les Astéroïdes. Et on monte une troupe de spectacle de rave. Pas de spectacle de rue, mais de spectacle de rave. Et très vite, ce truc-là a du succès. Donc j'ai un peu une double vie entre ce que je fais au divan du monde et ce que je fais le week-end. Puisque le week-end, on commence à avoir beaucoup de dates. On commence à monter avec des troupes de cirques assiens. C'est là le cirque, j'allais te demander. C'est là le cirque, effectivement. Et c'est le moment de l'explosion de Archaos, de Cirque du Soleil, de tout ça. Et donc finalement, il y a des talents. Il y a des talents qui bossent pour le Cirque du Soleil qui est basé à Amsterdam. À Amsterdam, moi je connais beaucoup de monde parce que du coup, je fais partie de... d'Anne Vallée, de tous. Déjà, les grosses raves qui commencent à exploser aux Pays-Bas et en Suisse, qui est un marché qui devient beaucoup plus fort que les raves en France, qui ont toujours été harcelées par les pouvoirs publics, alors qu'aux Pays-Bas et en Suisse, pas du tout. Donc, du coup, la scène est beaucoup plus forte. Donc, du coup, je trouve des dates. Je voyage pas mal dans tous ces pays-là et je vois l'explosion de la scène. L'Angleterre est plus compliquée à ce moment-là parce qu'il y a le criminal bill. Donc, du coup, pareil, la scène anglaise. Après une épopée où on va être écrasé, donc ça rentre dans les clubs. Et puis du coup, ça trompe très vite, on a du succès. On arrive au bon endroit au bon moment, on a des designers de costumes qui sont dans l'époque, ces époques un peu cyberpunk, avec du coup 4-5 styles de costumes ou en lumière ou en métal. Et on part très vite avec 2, 4, 5, 10, 30 performeurs. Parfois des véhicules, parfois des chevaux, et pendant comme ça 5-6 ans, on va avoir vraiment un marché européen assez fort. Et du coup, je commence à monter de cette troupe et je lâche le divan du monde, et cette troupe devient vraiment quelque chose d'assez important pour moi. Et je parcours un peu l'Europe, là-dessus, on a même une résidence au Twylo à New York, et ça devient un peu une espèce d'aventure assez dingue. Quand on est dans des clubs à Barcelone, On est en résidence aussi. Et ça tient de façon assez importante. Et puis, moi, à ce moment-là, je deviens maman. Et donc, je suis maman assez jeune, vers 26, 27 ans, 28 ans. J'ai tout ce voyage que je n'ai plus envie forcément de faire tous les week-ends. Et je me pose, je suis posée en dehors de Paris, où on a tous nos costumes, des véhicules, des chevaux et tout. C'est une grosse équipe. Et à ce moment-là, on commence à monter plutôt des shows, on a fait des parades pour l'ouverture des francophiles de La Rochelle, pour les Transmusicales de Rennes ou pour le Printemps de Vosges à cette époque-là. C'est un peu les années 2000 à ce moment-là, on fait la couve de Party News en Suisse. Et puis cette troupe, elle split, comme ça peut arriver. C'est beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie, c'est toute une équipe qui va après monter plein d'autres troupes. Et moi, j'ai envie à ce moment-là de revenir dans le milieu de la production. Et je rentre dans une agence de com' pour laquelle je faisais des spectacles, pour lequel je bookais des performeurs, qui a besoin d'une directrice de production, et qui me dit « Ouais, il me faut un dire prod dans ma grosse agence. » Et je dis « Pourquoi pas un dire prod ? » Et il me dit « Carrément. » Et du coup, ils me prennent à l'essai, et là j'ai 30 ans, et c'est une agence de com' assez importante. qui fait à la fois des événements pour des grosses marques, donc là c'est le début de l'ère internet, c'est 2001, 2002 et il y a de l'argent dans l'événementiel.
- Speaker #0
Donc c'est un moment où tu te sédentarises un peu, tu arrêtes de bouger tout le temps, tu es moins dans le monde purement électro, tu es plus dans le monde de la fabrication d'événements.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et tu apprends le métier d'agence.
- Speaker #1
Exactement, et là j'ai des budgets.
- Speaker #0
Et donc j'imagine que c'est cette expérience-là en agence qui te donne l'idée de fonder ta propre agence Willow Art en 2004 ou pas ?
- Speaker #1
Complètement, parce qu'en fait, en faisant comme ça plusieurs agences, parce que du coup je rentre chez Templier, qui faisait des très gros événements, très produits, costumés, scénographiés, dans des lieux totalement insolites. Après je travaille pour d'autres grosses agences, donc je viens free en directrice de production ou directrice de projet. Et je commence à comprendre des modèles économiques qui peuvent s'équilibrer.
- Speaker #0
Et ça te plaît aussi peut-être qu'il y ait un peu d'argent, alors que dans le monde du spectacle, à chaque fois, il faut aller en chercher.
- Speaker #1
Mais totalement.
- Speaker #0
Là,
- Speaker #1
je sors du rock où je vous passe les détails de combien tu gagnes d'argent quand tu remplis l'Elysée Omar de l'Escrache Pays-Riz, c'est-à-dire à peu près à l'époque 1 500 francs. Donc, c'est là que tu te rends compte que vraiment...
- Speaker #0
Travailler dans la musique, c'est un sacerdoce. On ne va pas se le cacher. C'est quelque chose où maintenant, hier et demain, travailler dans la musique, c'est un sacerdoce. On ne va pas se le cacher, c'est ça.
- Speaker #1
Et là, tu es dans un moment de ta vie où tu te dis il y a des marques qui filent de l'argent et on peut faire des événements costumés, invraisemblables, sublimes, avec beaucoup de beauté. Et ça fait un peu de j'apprends autre chose.
- Speaker #0
Oui, et j'apprends à faire du détail, j'apprends à faire du luxe, j'apprends à faire beaucoup plus de contenu. et de pouvoir aussi équilibrer des événements dans lesquels tu es maître de ta programmation et tu es en ticketing. Les Templiers, c'était des événements qui étaient sur ticketing, avec un ticketing très cher, qui étaient à une certaine population qui n'était pas moi, mon milieu, mais que je suis appris à connaître. Et du coup, j'ai grandi un réseau.
- Speaker #1
C'est quoi les avocats ?
- Speaker #0
C'est une espèce de jet set parisienne, avec des milieux qui ne sont pas du tout les miens. Les miens non plus. Et qui du coup, je rencontre plein de gens très intéressants. Une autre culture, un autre réseau et une façon de produire intéressante. Mais aussi, on travaille pour des marques, des événements sur le budget, sur lequel on a un budget qui est défini, avec une production dans des lieux beaucoup plus corporate. Et tout ça, j'arrive à voir que ça peut s'équilibrer quand on veut devenir producteur.
- Speaker #1
Donc du coup, tu te dis à un moment, c'est bon, je l'ai fait avec les Templiers, je l'ai fait dans d'autres agences, maintenant je vais le faire moi-même.
- Speaker #0
Voilà, pendant quelques temps, je navigue comme ça, je produis pour... pour Auditoire, pour Obscotch. J'ai une chance aussi assez intéressante. En 2004, on propose de travailler sur les Jeux Olympiques à Athènes. Et je travaille pour ECA2, une très grosse agence de show, en fait. Et parce que ça faisait quelques années que je tapais à leur porte et qu'ils n'avaient pas de job pour moi. Et là, ils me disent, ça y est, il y a un poste à la production artistique. Et je passe quatre mois à Athènes sur la production du gros show dans le stade. Et donc, là c'est pareil, on travaille jour-nuit et les dernières semaines carrément on dort dans le stade. Et c'est une expérience folle puisqu'on crée le ballet, on crée le show multimédia, le show pyrotechnique. Et moi je suis un maillon au milieu de cette équipe artistique où on est 30. T'as les mains quand même dans la prod. Ah j'ai les mains dans la prod complètement. Et plus seulement dans les classeurs. Et dans le budget, dans la logistique, dans le planning de répétition, dans tout. Et pareil, c'est vraiment une expérience très forte. Et forcément j'en sors, là ouais je me sens prête.
- Speaker #1
D'où vient le déclic ? C'est après Athènes ? Tu t'es dit ça y est, j'ai tout vu. l'entrepreneuriat est plus fort ?
- Speaker #0
En fait, à ce moment-là, j'ai des sujets personnels assez importants. Je suis maman d'une petite fille, je suis célibataire et je perds ma maman. Et j'ai une force qui est un peu décuplée, qui est mélangée avec une forme de... J'ai un peu de sous, un tout petit peu. J'ai 50 000 euros devant moi. Et je me dis, je peux me lancer seule, même si je suis une femme. Et du coup, il y a beaucoup de choses qui se mettent en place. Et voilà, ma mère était quelqu'un de très important pour moi. Elle a une assistante sociale avec une énergie très forte. Elle m'a donné beaucoup d'énergie. Et j'ai envie de prendre ce témoin. C'est le bon moment. C'est maintenant. Ouais, c'est un peu ça. C'est maintenant. C'est maintenant, je me sens prête. Et je lance le truc avec une copine, une journaliste qui s'appelle Eva. Et avant toute chose... Je fais de la prod pour d'autres événements. Et je le mets dans mon agence.
- Speaker #1
Ton agence s'appelle We Love Art.
- Speaker #0
Exactement. Et dans d'autres endroits, je fais les We Love. Je fais les événements de musique électronique qui sont plutôt cachés. We Love Parties. Exactement. Je crée des événements de musique électronique. Je fais des raves, effectivement, assez produites. Assez... dans des endroits assez incongrus et insolites, dans des studios de télé, dans des usines, dans des lieux plus institutionnels. Et ça démarre avec un projet avec Afextwin. Et ça part de là. C'est-à-dire qu'Eva me dit, écoute, je crois qu'on peut rencontrer Afextwin à Londres. Je crois qu'on pourrait aller le pitcher l'idée d'un événement un peu insolite à Paris. Je pense qu'elle peut avoir confiance en nous. Et on rencontre Richard D. James à... à une fête chez une copine, j'ai une journaliste à Londres, et on lui dit voilà on a cette opportunité, ce lieu, cette usine, voilà qui on est, voilà ce qu'on peut faire, est-ce que tu le sens de travailler avec nous ? Et le lendemain Richard Hidjian nous dit oui. Et on a du coup l'opportunité de proposer le projet au Palais de Tokyo, le Palais de Tokyo ouvre à ce moment-là, Nicolas Borio, Jérôme Sens ouvrent ce lieu-là. Et on fait cet événement bicéphale qui est la journée dans le Palais de Tokyo pour le lancement du Palais de Tokyo, l'exposition live. On fait une performance de Richard D. James dans le Palais de Tokyo et la nuit, on fait une rêve dans une usine à Ivry qui est assez dingue et assez mythique. Et ça signe un peu le kick-off de We Love Art qui fait ces soirées We Love Acid un peu. un peu en sous-marin. Donc déjà le côté bicéphale qu'on reprend, mais qu'on fait à notre sauce.
- Speaker #1
C'est rigolo parce que j'ai l'impression que tu as besoin de t'appuyer sur deux jambes. En fait, la première, c'est un modèle économique qui tourne, donc avec des marques, un modèle d'agence, du business. Et puis il y a un petit peu quand même l'underground et quelque chose d'un peu très musical, très passionnel, dans lequel il y a peut-être moins d'économie.
- Speaker #0
C'est cet équilibre qui nous semble tout de suite nous sauter aux yeux parce qu'on voit très bien qu'en termes de musique, tu prends trop de risques. Et puis, en plus, souvent, tu craques trop d'argent parce que Parce que ça te plaît, parce que t'es parti dans ton projet qu'il faut raisonner. Et donc finalement, ce côté de production, il devient indispensable dans ton modèle économique.
- Speaker #1
Mais tes rêves très pointus, t'as quand même besoin de les faire pour vivre. Ouais,
- Speaker #0
et pas que pour moi, pour mes équipes aussi, pour les gens qui travaillent avec moi. Ça nourrit une équipe de production, ça nourrit une équipe de projet, une équipe de communication. Ça permet qu'ils s'y retrouvent même créativement parlant, ça les nourrit.
- Speaker #1
Et pourquoi plus les raves que l'indie que tu as appris aux côtés de ça ?
- Speaker #0
Je mélange en fait, on mélange très vite. D'ailleurs nos raves, elles ont tout assez rapidement... En fait, je viens de la musique électronique, mais je viens de la musique... Par exemple, la scène club, ça n'a jamais été forcément ma culture. Je ne suis pas de la nuit. Et d'ailleurs, ce qui se passe là au début de Will of Art, c'est parce que pendant un moment, tout le moment de la French Touch, c'est une scène très club. Donc toutes les raves ont disparu en France, à Paris, et c'est les clubs qui sont très puissants à ce moment-là. Il n'y a plus ça. Et c'était un peu cette idée qu'on avait, enfin cette envie qu'on avait avec Eva, qui me dit il y a quelque chose, il y a une brèche à réouvrir, et toi la production et moi dans le contexte, on peut arriver à essayer de remettre ça sur le devant de la scène, et c'est ce qu'on a fait pendant 2-3 ans. Et puis après on est passé, on a monté cette boîte et on est revenu vraiment une agence.
- Speaker #1
Mais qui a l'idée de cette marque géniale, Will of Art ?
- Speaker #0
C'est toute une équipe, c'est cette équipe avec Eva, avec moi, avec Alex Jaillon qui me rejoint très vite, qui arrive de chez Trax, qui quitte Trax au bout de 10 ans et bon loyer service, ce magazine qui fait la scène de la musique électronique, donc c'est un acteur très très important de la scène. Et Alex, qui est mon compagnon à ce moment-là, me rejoint et rejoint l'équipe de Will of Art et du coup on devient un pôle d'une petite dizaine de personnes. Et du coup, We Love Art devient l'avatar de We Love Acide, ou après de We Love Green, et on devient comme ça toutes ces marques. Puisque ça va être We Love Compact, puisque ça va être We Love Playhouse, puisque ça va être We Love LFO, et ça va être We Love, on va mettre une carte blanche à l'honneur, ou d'un label, ou d'un artiste, ou d'un lieu, ou d'un concept, et ça, ça va se décliner pendant au moins 5 ou 6 ans.
- Speaker #1
We Love Art est né en 2004, mais existe encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
Willa Wart existe encore aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est une agence qui existe encore aujourd'hui ?
- Speaker #0
C'est un studio créatif, oui.
- Speaker #1
C'est un studio créatif ? Tu le diriges toujours ?
- Speaker #0
J'ai une grosse équipe et une directrice générale maintenant qui s'appelle Sarah Cheyenne et qui était la directrice de création de Willa Green, de Willa Wart, etc. Mais c'est une agence qui existe et on a encore plein de projets dedans.
- Speaker #1
Mais oui, ça, ça vit complètement en parallèle du festival, ça n'a rien à voir.
- Speaker #0
Complètement. C'est le pôle créatif de la scénographie, par exemple, du pôle aussi de certains partenaires, de certaines... activations qui sont dans ce festival. Oui,
- Speaker #1
j'imagine qu'il y a des liens, bien sûr. Mais ça vit aussi à part.
- Speaker #0
C'est un écosystème.
- Speaker #1
Bon, alors ça, c'est en 2004. On pourrait en parler pendant des heures. Mais on est dans Sold Out et c'est aussi Willow Green qui nous intéresse. Donc, je fais un fast forward honteux et j'avance jusqu'à 2011. Parce qu'en 2011, c'est la naissance de Willow Green.
- Speaker #0
Et Willow Green, à un moment donné, il arrive où on a fait une cinquantaine de lieux dans Paris. on a fait un petit Une réouverture de la Villette avec Éric Herville et Le Boss. On a fait Plastic Man avec Anish Kapoor au Grand Palais. On a fait...
- Speaker #1
Carousel du Louvre, la grande arche de la Défense. Vous êtes plutôt adaptable.
- Speaker #0
On se dit qu'on est prêts pour faire des productions plus compliquées. On est plus âgés, on a des enfants, on a envie de partir à l'extérieur, on a envie de faire des festivals de jour. Et puis, on sent qu'il n'y a pas de festival qui nous ressemble. On en voit plein à l'étranger. On visite, moi, les équipes, les directeurs qui sont avec nous, nous rapportent des choses un peu partout. On se dit, mais il n'y a pas le festival qu'on a envie actuellement à Paris, en France, qui a beaucoup d'électronique, qui a beaucoup d'urbains, qui est très scénographié, qui raconte d'autres choses que de la musique. Et on se dit, on est prêts pour essayer de monter un nouveau projet. Et on l'écrit avec les équipes, à la production à cette époque-là, et la communication il y a Il y a une fille qui s'appelle Julie Ganter qui est chez Believe maintenant, qui écrit avec nous Will of Green, qui a la communication de Will of depuis très longtemps.
- Speaker #1
Quand tu dis qu'il écrit, il écrit le projet. Tout commence comme ce podcast d'ailleurs par une note d'intention. Tout s'écrit.
- Speaker #0
On pose des mots, tout s'écrit. On a des decks. De toute façon, on a plein de projets dans les... Un tiroir qu'on n'a pas fait. On avait justement un projet qui s'appelait Skylab au musée de l'air et de l'espace qui est dans nos tiroirs et qu'on a pitché au musée de l'air et de l'espace et finalement on n'a pas réussi à le produire. C'est ça qu'il a produit. Et voilà, c'est des équipes qui ont traîné ensemble avec nous. Tout se recycle. Et Will Avery, on l'écrit. Et on l'écrit parce qu'on l'écrit comme des artistes qu'on pourrait programmer, comme des... des installations artistiques qu'on pourrait mettre dedans. Et du coup, quand on va le pitcher à des financeurs, à des coproducteurs, on a une histoire.
- Speaker #1
Et celui que vous retenez ?
- Speaker #0
C'est Emmanuel Debertel.
- Speaker #1
C'est un génie que j'espère qu'on aura un jour dans Sold Out. Je ne désespère pas, mais c'est Emmanuel Debertel.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Qui est donc le patron de Bicose, une musique, du groupe. Et du coup, lui, il se dit aller banco.
- Speaker #0
Oui, complètement. En fait, on croise Nadege Winter. qui est du coup copine de copain de machin, etc. Parce qu'on cherche à pouvoir se mélanger avec une entité qui fait de l'indie complètement, puisque nous, on a vraiment ce caractère électronique. Et même si on fait de l'indie, elle est souvent très, très underground. Et on se dit, il faut qu'on s'associe avec un grand producteur. Et que nous, on connaît bien la mairie de Paris, et beaucoup le lieu parisien, puisqu'on a fait beaucoup d'événements. Et on va voir l'équipe de Bicose, on va voir Emmanuel, Nadej nous... qui fait partie un petit peu de l'aventure au départ, nous fait rencontrer Emmanuel. Et Emmanuel, à la fin du rendez-vous, ça y est, il est on board, il a envie de le produire avec nous, et on part avec l'équipe de Be Cause à la recherche d'avoir l'autorisation finale de la ville de Paris pour trouver un lieu. Puisqu'un festival, c'est un lieu, Et puis une bonne idée, et une bonne équipe. Mais franchement, le lieu, il est primordial, et l'autorisation de faire un nouveau festival dans Paris. Donc c'est un peu un sacerdoce, et puis on y arrive. Et on fait la première édition 2011 à Bagatelle.
- Speaker #1
Première édition 2011 à Bagatelle. Il a changé combien de fois de site ce festival ?
- Speaker #0
Il a changé trois fois de site.
- Speaker #1
Trois fois de site.
- Speaker #0
Mais c'était un biphénomène. On est arrivé dans un endroit, une clairière en 2011 à Vincennes où on n'a pas pu continuer. Elle était trop arborée, trop fragile. Donc principalement à Bagatelle et maintenant dans la grande plaine de jeu du Polygone Bois de Vincennes.
- Speaker #1
Il a grandi.
- Speaker #0
Il a beaucoup grandi.
- Speaker #1
Il a beaucoup grandi aussi. Donc ce festival, il fête ses 15 ans. Exactement. En 2026. Exactement. C'est le plus jeune des grands festivals.
- Speaker #0
C'est le plus jeune des grands festivals. À la fois,
- Speaker #1
c'est un grand bébé, ou c'est un ado.
- Speaker #0
Ouais, c'est un ado, ouais. Tout à fait.
- Speaker #1
Est-ce qu'on quitte jamais l'adolescence, en fait ?
- Speaker #0
Non, mais cette année, on a l'impression qu'il est devenu adulte.
- Speaker #1
On parle quand même du modèle du festival. On est dans le moment du podcast. On essaie de se dire, tiens, c'est quoi être directrice générale de We Love Green ? Parce que, tu sais, c'est comme quand on dit être producteur. On ne comprend pas bien ce que ça veut dire forcément. Et alors moi, déjà, c'est avoir écrit cette vision où au fond, le rôle social et environnemental du festival est essentiel.
- Speaker #0
Oui, complètement. C'est-à-dire qu'en fait, le festival, encore plus maintenant qu'il y a 15 ans, quand on monte ce festival, il y a une forme d'optimisme sociétal à ce moment-là. La société, toute la partie développement durable est en train de se structurer dans tous les axes de la société. Il y a des nouvelles entreprises, des nouvelles générations qui arrivent en main dans beaucoup de corps de métier. On va dire l'agriculture, la restauration, la technologie, la tech en globalité. Et on se dit, voilà, la société va bouger et nous, on va bouger avec elle. On va moderniser nos métiers du spectacle. C'est comme ça que finalement, on l'a vu et on va moderniser le fait de faire un festival. On part avec cette ambition. mais finalement, à 15 ans plus tard, la société... elle est en difficulté. Elle est en difficulté dans tous les corps de métier. Donc, ce n'est pas du tout le même paradigme qui s'offre à nous en termes de producteurs. On a accompagné une espèce d'embellissement et d'une ambition de tous les corps de métier. Et là, on est un peu dans un moment où tout est coincé, tout est un petit peu difficile.
- Speaker #1
Il y a un plafond de verre.
- Speaker #0
Il y a un plafond de verre et il y a aussi ce besoin de se dire où vont nos métiers. Et on est un peu à la croisée des chemins entre les festivals et le land show. On l'en témoigne en fait, en quelque sorte.
- Speaker #1
On sait qu'en gros, si on veut respecter le plus la planète, il vaut mieux rien faire.
- Speaker #0
C'est-à-dire que c'est plutôt de l'économie des festivals et du concert dont je parle. C'est plutôt ce problème effectivement de l'équilibre dans le milieu de la musique entre le disque, les concerts, les festivals, où beaucoup... de choses ont changé en termes de centres de profit et de modèles économiques sur les artistes et les producteurs. Sur la partie développement durable, effectivement, par contre, il y a eu beaucoup d'avancées. Et nous, sur les festivals, je pense qu'on arrive à un endroit où on est vraiment solide. Mais pas que nous. Tous les festivals, vraiment. On fait des efforts qui sont considérables et je pense qu'on peut dire que tous les festivals maintenant se sont modernisés et on a créé plein de nouveaux métiers, plein de nouveaux prestataires, plein de nouvelles entreprises qui aident les festivals à être de plus en plus modernes et bas en carbone. Et je pense que là, si les finances en public n'avaient pas disparu ou n'étaient pas en train de disparaître, on pourrait vraiment encore avancer. Mais là, on est un peu coincé.
- Speaker #1
Parce que c'est des investissements à chaque fois.
- Speaker #0
C'est des investissements. Et c'est aussi des soutiens. On demande beaucoup au monde du spectacle d'être rentable, d'être un modèle économique parfait. Mais l'agriculture est hautement subventionnée, l'aviation est hautement subventionnée, le train est hautement subventionné, on a la pêche est hautement subventionnée. Donc il faudrait essayer de mettre un espèce de recul par rapport à ce qu'on demande au monde du spectacle et notamment quand on a cet objet social dont vous disiez, dont les festivals sont l'écosystème. Nous, d'autant plus maintenant, et avec la force des Headline Shows, où le public va avoir cette envie d'aller voir plutôt des concerts, puisqu'il y a vraiment le format concert qui n'est pas dégradé, par exemple, parce qu'un festival, c'est une aventure. On n'a pas le show de l'artiste dont on est fan qui est parfait. On a beaucoup d'aléas. Donc, le festival devient finalement un objet culturel, un objet social, un objet de rencontre. C'est une plateforme. Ça devient vraiment une plateforme culturelle, sociétale et une plateforme de production. C'est un outil pour les producteurs de concerts, pour les maisons de disques qui vont y positionner leurs artistes. On devient cette espèce de base de lancement de beaucoup de choses.
- Speaker #1
D'ailleurs, vous êtes très proche du Festival Primavera à Barcelone. Et Olivia Rodrigo, qui est une artiste internationale, a lancé son album en arrivant comme ça par hasard, sans être annoncé. On sent même que les festivals peuvent être utilisés comme une caisse de résonance mondiale aujourd'hui.
- Speaker #0
C'est un très bon exemple, effectivement, parce que, par exemple, là, sur le festival cette année, on voit qu'on a mis sur orbite 2XX.
- Speaker #1
Ah, totalement.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Avec d'ailleurs la production qu'on aurait pu voir en arène. Enfin, il y avait une énorme prod. Ils n'étaient pas venus juste avec trois lumières, quoi.
- Speaker #0
Donc, nous, on devient finalement le tremplin pour le lancement d'un artiste qui a besoin de se repositionner sur l'écosystème de la musique. Et cet artiste, on le paye bien. Je pense qu'ils arrivent, ils n'ont pas d'album. Nous, on les met en clôture du festival. Ils ont l'intelligence de faire un deal avec France Télévision. Du coup, ils sont en direct aussi France Télé. Ils vont avoir touché un public en dehors du festival. Sur la plateforme. Exactement, qui va être très importante. Ils acceptent aussi la rediffusion par la radio. Donc du coup, finalement, l'outil pour 2XX, ça va être de toucher un public qui est incroyable. Donc du coup, ils ont une caisse de résonance qui est très forte.
- Speaker #1
C'est là où tu parles de plateforme. Oui, totalement. Parce que ce mot plateforme, il veut tout dire, rien dire. Ce n'est pas seulement les... 35 000 personnes qu'il y a devant eux. C'est tous les gens qui vont regarder à la télé, c'est des gens de la radio, les articles qu'on a vus, les réseaux sociaux où on a été inondés d'images sublimes. Qui mangent, voilà, exactement. Très graphique.
- Speaker #0
Très graphique. Le show de Pierre-Claude, ce designer lumière que la France s'arrache, qui signe le show de 2XX, qui a fait Dieu est hermané, qui a fait Gustave Elstein l'année dernière. Et donc, Pierre-Claude, il fait quelque chose qui est sublime là et qui a fait le tour des... Et 2XX va sortir son album fin d'année. Et puis après, il y a des arénas qui vont se mettre en route. Et là, boum, c'est parti.
- Speaker #1
Mais donc, pour faire un peu le ménage dans tout ça, on parlera de développement durable plus tard. Mais ce que tu dis, c'est que vous, vous avez un rôle de plateforme en faisant ça. Et que par rapport à d'autres plateformes culturelles, vous n'êtes pas soutenu, en gros. Et pour autant, vous devriez investir.
- Speaker #0
C'est toi qui le dis.
- Speaker #1
Je paraphrase ce que tu dis. Mais évidemment, je suis d'accord. Je suis d'accord, moi aussi. Et notamment, ce qui est intéressant, c'est que tu dis qu'on aurait besoin d'être soutenus parce qu'on est à peine rentable et que si on veut continuer à investir, notamment dans le développement durable, on a besoin d'aide. Parce que ça ne se fait pas gratuitement.
- Speaker #0
Disons que je dis que les aides ont disparu. Ça, c'est certain.
- Speaker #1
Et toi, tu n'en as jamais eu beaucoup non plus.
- Speaker #0
Moi, je n'ai jamais eu beaucoup. On est un gros événement, c'est certain. Le festival a navigué. On avait parfois 4%, 5% de financement public. Là, on est à 1,8.
- Speaker #1
Ah oui, 1,8.
- Speaker #0
1,8.
- Speaker #1
Sur 14 millions de budget.
- Speaker #0
Sur 14 millions de budget. Donc effectivement, c'est Pinesse. Maintenant, cette année, la région Île-de-France a décidé qu'ils arrêtaient de nous soutenir. Le ministère de la Culture a décidé qu'ils arrêtaient de nous soutenir pour des raisons qui sont les leurs.
- Speaker #1
D'aucuns vont dire qu'il y a AEG et Mathieu Pigasse maintenant au capital.
- Speaker #0
En fait, j'ai envie de dire, heureusement qu'il y a des producteurs qui misent encore sur nos projets. Et qui se disent, ok, moi je rentre dans l'écosystème, je rentre avec vous, je rejoins Willavart et Bicose pour venir à la table de poker. Parce que là, on arrive à un endroit, on en revoit, on arrive à un endroit dans des festivals comme celui-ci. Moi, je n'ai pas de fortune personnelle, j'ai une PME qui s'appelle Willow Art. Je ne peux plus jouer à cette table-là. Je n'ai plus la surface financière.
- Speaker #1
Si on était dans un James Bond, la mise de départ... Exactement. Au début, elle était de quelques milliers d'euros et maintenant, on commence avec des cartes de 50 000. Donc, tu as besoin de gens qui ont des plus... C'est intéressant ça.
- Speaker #0
Moi, je ne peux plus être à cette table de poker. Je me couche.
- Speaker #1
Comment les famarilles, les indépendants, pourquoi les vieilles... Je prends toujours cet exemple, je suis désolé, mais bon, je les connais bien ici chez Direct. Pourquoi les vieilles charrues y arrivent ? Pourquoi...
- Speaker #0
Moi, j'ai un festival dans une mégalopole. Donc je suis dans une mégalopole, dans cette mégalopole qui est Paris, et qui du coup a déjà énormément d'offres culturelles avec des vaisseaux amiraux qui sont ces énormes salles de spectacle, des grands festivals. Et du coup, on ne peut pas du tout imaginer...
- Speaker #1
Une surabondance de l'offre.
- Speaker #0
Voilà. Et évidemment, ce week-end, il y avait Doja Cat à l'UARENA. Avant-hier, il y avait trois Stades de France avec Aya, qui a été une tête d'affiche chez nous. Il y avait Damso, qui était une tête d'affiche chez nous, qui était à l'UARENA. Il y avait F4 Weeks, qui était de Landman Willow Green. Il y a Brunch Electronics, qui est demain. Il y avait Sark, qui était avant-hier. On est dans cet écosystème de propositions. Mais on a, du coup, on le voit, un public qui est au rendez-vous. Mais par contre, un budget artistique est très cher. Donc voilà, c'est comment en tous les cas, j'ai besoin que ce soit en public ou en privé, et on a des visibles en privé qui sont maintenant très importants, puisque du coup on a jusqu'à 4 millions de financements privés avec des partenaires, des mécènes, etc.
- Speaker #1
Ça n'arrête pas d'exploser, j'imagine. Voilà,
- Speaker #0
par contre moi j'ai 30% de financements privés, et heureusement que j'ai des partenaires pour me soutenir le festival, et c'est eux vraiment qui font tourner le projet du festival de façon... de façon plus stable. Sold out. Le podcast de Delight.
- Speaker #1
Pour rebondir sur ce qu'on disait tout à l'heure, Marie, s'il y avait quelques financements publics ou un million de mécènes supplémentaires ou je ne sais quoi, qu'est-ce qu'on pourrait faire de plus en environnement ? Parce que dans We Love Green, il y a quand même Green et tout le monde identifie ce festival pour ça. Qu'est-ce qu'on pourrait faire de mieux pour casser ce plafond de verre ?
- Speaker #0
Alors... Moi, à mon échelle, là, par exemple, cet hiver, ces derniers financements qu'on a mis en place, on a eu le soutien du plan lieu. Donc le plan lieu, c'est quelque chose qui nous a permis de pouvoir électrifier notre site et construire une route. Et donc cette route, elle est totalement naturelle. Elle est en terre-pierre, c'est-à-dire que c'est une forme de... Parce que le bois de Vincennes, il est charté ISO 14001, donc c'est la minéralité qu'on met dans le sol, dans ce bois. Elle est, on ne peut pas mettre n'importe quel caillou, n'importe quelle écorce, n'importe quel sable, etc. Et donc, on a construit cette route comme des exploitants agricoles en terre-pierre, c'est-à-dire qu'on met des espèces de graviers très compacts dans le fond du sol et de moins en moins gros jusqu'à la surface. L'eau, du coup, elle ruisselle entre ces graviers, puisque du coup, c'est de la terre. Et on ne peut pas mettre ni de ciment, ni d'enrobés, ni ce genre de choses. Mais du coup, on a vraiment sécurisé le site pour qu'on ait, du coup, pas de problématique d'abîmer, je dirais, ce bois. Et on électrifiait tout le tour du site. C'était magnifique, ces travaux qu'on a faits. Et ça nous permet d'économiser énormément de camions, de plots lourds, de poteaux, etc. Et à notre échelle, c'est vraiment beaucoup d'allers-retours et beaucoup de carbone. Et beaucoup de temps homme aussi. Et ça nous a permis de faire une scénographie beaucoup plus belle. Et une sortie aussi. On avait une guirlande qui faisait un kilomètre à l'extérieur de Willavine qui était magnifique et qui nous a permis de... de sortir les festivaliers en toute sécurité et de magnifier le bois de Vincennes. Ce plan lieu, moi, j'en ai bénéficié. Il est en train de partir au CNM. Il n'y aura plus les fonds pour ça. Et donc, je ne parle pas pour moi. Je parle pour des salles de spectacle en région. Je parle pour d'autres festivals qui ont besoin de s'équiper. Ce plan lieu, s'il est coupé, c'est un vrai problème pour le monde du spectacle. Je pense que vraiment, les professionnels du spectacle commençaient à le comprendre et c'est dommage s'il disparaît. Donc, je parle vraiment de hardware, en quelque sorte. Oui,
- Speaker #1
je l'adore parce que c'est très concret.
- Speaker #0
C'est pas théorique,
- Speaker #1
c'est la preuve que l'un, pour le coup, c'est pas un argument marketing. T'es en train de parler de ce qu'on met sur le sol, des types de minéraux, etc. C'est extrêmement concret.
- Speaker #0
Et c'est aussi des salles de spectacle qui ne peuvent pas se payer la clim ou le chauffage, ou les panneaux solaires qui vont sur le toit, qui vont permettre de payer la clim et le chauffage dans toutes les salles de région. Et on est là, on sait qu'effectivement, ou froid, ou carrément la lumière qui est coupée, parce que L'électricité qui est coupée dans des régions. On a vu qu'en région, cette année, on avait des salles qui n'avaient pas d'électricité parce qu'il y a eu des tempêtes, notamment dans toute la région sud-ouest, pendant quelques jours. Donc, tous ces sujets-là d'adaptation des salles et des festivals au changement climatique et de s'équiper.
- Speaker #1
Il faut avoir envie quand même pour faire un festival. C'est acrobatique. Entre les cachets qui explosent, la réglementation, la baisse des aides publiques et le fait qu'on doit toujours être plus vert, il faut quand même que la passion soit viscérale.
- Speaker #0
Effectivement, les desserts cassiens.
- Speaker #1
C'est ça, en fait, on en est toujours là.
- Speaker #0
On en est toujours là.
- Speaker #1
On jongle.
- Speaker #0
On est une troupe de spectacle qui affrontons qu'est-ce qui va arriver et comme prévu, rien ne s'est passé comme prévu.
- Speaker #1
En même temps, toujours le sourire. Il n'y a pas que les circassiens français, la bonne nouvelle, et ça c'est un des trucs qui caractérise particulièrement d'ailleurs We Love Green, c'est que tu fonctionnes un petit peu en réseau. Vous êtes proche notamment de festivals en Espagne, au Danemark, et vous discutez beaucoup.
- Speaker #0
Oui, on a vite compris, il y a une dizaine d'années, qu'il était indispensable qu'on arrête d'être... Enfin, pas qu'on arrête, que le milieu arrête d'être concurrent les uns entre les autres avec les festivals qui étaient dans notre période. Donc très vite, on a collaboré. Et on est venus se voir les uns les autres en dehors du moment du festival et se mettre d'accord sur les têtes d'affiches, les middles. et voire même les newcomers qu'on a envie de programmer.
- Speaker #1
Pour faire des offres communes ?
- Speaker #0
Pour faire des offres communes. Parce que...
- Speaker #1
Parce que c'est vrai qu'il y a des gorillas chez toi et à Primavera cette année.
- Speaker #0
Exactement. Et de ne pas se dire, nous, avec des offres qui vont être concurrentes, pour se batailler sur des jours. Nous, on va accepter que, par exemple, le grand du festival de la période qui est Primavera va choisir son jour, en quelque sorte. Puisque c'est lui qui va tirer, je dirais, l'offre la plus importante. C'est génial. Et nous, on va se caler sur eux et on va du coup se parler pour se dire, tiens Et lui, qu'est-ce que t'en penses ? Et lui, qu'est-ce que t'en penses ? Et on va offrir à peu près tous au même moment pour que finalement le run de l'artiste, au lieu de basculer sur le mois de juillet, il bascule sur le mois de juin. Et arriver à proposer à un agent une tournée cohérente entre Forbidden Fruit en Irlande, entre Best Club Secret aux Pays-Bas, entre Dark Side au Danemark, voire même entre Rosekilde, derrière encore au Danemark, mais pas le même territoire, voilà, Parklife à Manchester. Donc c'est des discussions qui sont sans fin. Et puis des gens que tu rencontres, qui deviennent tes proches, que tu vois dans d'autres festivals, que j'ai vu aux Etats-Unis quand je suis allée à Coachella, on est allé voir les mêmes groupes, on s'est débriefé du festival, c'est vraiment un échange.
- Speaker #1
On est toujours plus fort à plusieurs en fait.
- Speaker #0
Ouais et puis on s'apprend de qu'est-ce que t'as vu, qu'est-ce que j'ai pas vu, t'as vu celle-ci, t'as vu ce track qui est sorti, je l'ai vu en concert à l'autre bout du site, est-ce que tu l'as vu ? Et puis du coup de parler à plusieurs, à des agents.
- Speaker #1
Et du coup, avec l'arrivée de Combat Rock, de Mathieu Picasse, d'AEG au Capital, vous avez des festivals maintenant frères, sœurs, enfin Rock en scène par exemple.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Mais est-ce que, par exemple, Rock en scène est sur un modèle de 5 jours, je crois. Enfin, j'en suis bien sûr, on en recevait il y a 15 jours Mathieu Ducos. Là, vous, vous êtes 3 jours. Est-ce que, pour le coup, il y a des discussions sur homogénéiser les modèles, ça où chacun vit sa vie et c'est super comme ça et on essaie de s'apprendre des trucs mutuellement ?
- Speaker #0
On est complètement en train de s'apprendre des trucs mutuellement et de collaborer. Parce qu'effectivement, il faut être plus fort et plus nombreux. Donc effectivement, on est vraiment dans cette approche de ne pas, on n'est pas en train de lisser des choses ou de changer des choses, on est en train de s'entraider pour enlever une forme de concurrence qui finalement nous fragilise tous. Donc l'équipe de Rock'n'Scenes qu'on connaît très bien, maintenant on va s'échanger des savoir-faire, on va s'échanger des tips, des équipes. on va être plus fort pour négocier du son, des scènes, ce genre de choses. On va demander l'avis à des dirtecs qui sont chez eux, qui ont travaillé pour nous. On est vraiment dans cet échange. Et puis, on va aussi voir, quand on parlait de concerts là, qu'on est face à une problématique. Ces grandes têtes d'affiches qu'on connaît tous, actuellement, les shows qui tournent, ils n'ont plus tellement envie de faire des festivals. Ils n'ont plus Merci. tellement envie de rentrer des ronds dans des carrés pour rentrer dans nos scènes. Ils ont envie de délivrer un show, un projet, comme ils disent. Et finalement, c'est là où finalement arrivent les concerts headlines qui sont en ouverture de festivals sur lesquels peut-être qu'on va essayer de voir on va devoir arriver.
- Speaker #1
Je fais des sous-titres peut-être pour celles et ceux qui ont moins l'habitude d'aller en festival et en aréna. Les grandes têtes d'affiches internationales, aujourd'hui, elles préfèrent jouer en stade ou en aréna pour... pouvoir avoir en effet un projet, toutes leurs scénographies, leurs écrans, qui ont tous maintenant des formes invraisemblables, des éléments de décor énormes, etc., plutôt que d'aller sur une scène de festival où avant, il y a un autre artiste, et après, il y a un autre artiste, où ils ne peuvent pas tout accrocher. C'est ça que tu es en train de nous dire. C'est exactement ça. Donc toi, tu dis que peut-être qu'on peut faire un jour en avance, inventer d'autres trucs pour leur permettre d'avoir un écran sur votre propre festival.
- Speaker #0
Exactement, puisque sinon, un artiste comme ça va finalement choisir de faire un aréna. Et aussi, peut-être que parfois, il a envie de jouer 2h30.
- Speaker #1
Tu sais que moi, j'adore... Enfin, tu sais pas, tu t'en fous, t'as bien raison, mais moi, j'adore Nick Cave. Il fait une tournée des festivals cette année. Là, hier, il a joué 2h45.
- Speaker #0
Voilà. Donc, c'est un vrai sujet.
- Speaker #1
Il veut pas aller à 1h30 comme au festival.
- Speaker #0
Même. Même parfois 75 minutes. Même parfois 50 minutes.
- Speaker #1
Donc, faut s'adapter là encore.
- Speaker #0
Et là, effectivement, faut s'adapter. Faut s'adapter là où des artistes comme...
- Speaker #1
Mais Cure a joué 2h30 à Primavera.
- Speaker #0
et on voit bien que le show de Rosalia il peut pas rentrer dans un festival on voit bien que certains shows qui vont tourner comme une Taïm Impala vont pas rentrer dans le festival et la Taïm Impala finalement la discussion pour l'année prochaine elle a duré deux mois et finalement ils ont pas envie de faire de festival T'es en train de nous dire que t'auras Rosalia l'an prochain ? J'espère mais je crois pas on va voir je pense que là dessus mais par contre on est sûr que Taïm Impala c'est certain que là ils disent on pourra pas tourner en festival l'année prochaine ils ont hésité, ils ont voulu Dieu. Essayer de voir s'ils arrivent à faire Antoine Ayrone dans des carrés, mais ça n'en fait pas.
- Speaker #1
Il y a trois ans, ils étaient à Rapenseul.
- Speaker #0
Et oui, et il y a encore l'année d'avant, ils étaient chez nous. Et là, l'année prochaine, ils ne pourront pas rentrer dans un festival. Leur projet, comme on dit, ne peut pas rentrer pour le moment dans un festival. Donc,
- Speaker #1
il faut que vous inventiez.
- Speaker #0
Et il faut qu'on invente une autre manière de les recevoir pour que finalement, ils n'aillent pas dans un aréna en face de nous. où finalement, ils vont nous faire du mal. Donc finalement, il faut trouver des solutions pour merger ces problématiques.
- Speaker #1
Donc le format de We Love Green, il peut évoluer pour trouver des solutions à ça un jour ?
- Speaker #0
On peut devenir une salle de spectacle, comme disent les Anglais, un greenfield.
- Speaker #1
Mais c'est marrant parce qu'en t'écoutant, j'ai pas voulu le dire tout à l'heure parce qu'on a plein de choses à se raconter, mais c'est exactement ça que je comprenais. C'est-à-dire qu'en fait, les sites de festivals, en devenant plus pérennes, en s'électrifiant, finalement, commencent à s'apparenter à un site ouvert.
- Speaker #0
Exactement, on devient une aréna en plein air C'est vachement intéressant Et du coup, souvent des artistes disent Bon, j'aimerais bien faire un greenfield Comme disent les agents internationaux Donc c'est-à-dire un greenfield C'est-à-dire Avec outdoor
- Speaker #1
Et avec de l'herbe Un peu comme à Berlin, cette espèce d'antithéâtre
- Speaker #0
Et Plutôt qu'une aréna, c'est-à-dire fermée Avoir cette sensation d'été Pour que le show ait Cette voie lactée, la sensation de respirer, d'être à l'extérieur, de ne pas être dans une aréna en plein mois de juillet. Donc ils veulent ce Greenfield, mais ce n'est pas toutes les capitales européennes qui ont ce Greenfield. Et là, du coup, on est en train de se dire que peut-être c'est pertinent pour le futur du festival.
- Speaker #1
Mais si on se dit tout, alors si c'est un Greenfield, il faut aussi peut-être simplifier l'accès entre le métro et le site du festival. C'est encore un peu loin peut-être.
- Speaker #0
Et c'est pour ça que cette année, on a revu intégralement ce qu'on appelle notre plan de circulation. Avec des petites navettes peut-être. Voilà. Et cette année, on a créé plein de nouvelles choses. On a créé effectivement une navette qui fait, si nos festivaliers se perdent dans le bois de Vincennes ou ont envie de traîner dans le bois de Vincennes après une heure du matin, on les accompagne. On a fait des navettes qui vont jusque dans Paris cette édition. On a augmenté la capacité des métros. On a fait en sorte que ce soit encore plus facile, plus agréable de venir dans le festival. On les a accompagnés avec une grande guirlande dans le bois pour que ce soit très beau. pour que ce pèlerinage, pour des gens qui ont... Pas forcément le courage d'aller au fond des bois, c'est ça, on sait que c'est dur de faire une demi-heure pour venir dans le bois, de marcher encore 20 minutes, mais dans quel environnement magnifique, c'est-à-dire au cœur du bois de Vincennes, on a envie de prendre les gens par la main pour dire si si, tu peux venir voir un grand concert dans le festival, ça demande un peu d'énergie, mais par contre, quelle sensation ?
- Speaker #1
Bon, on a encore mille sujets à aborder, mais on... On tutoie l'heure. Ça fait presque une heure déjà, Marie, qu'on est ensemble. Donc, je vais te poser la dernière question rituelle du podcast, si tu veux bien. Et pour d'autres personnes qui auraient envie de rejoindre les équipes de We Love, quel conseil on donne pour quelqu'un qui aurait envie de débuter dans ces métiers ?
- Speaker #0
Je crois que vraiment, c'est un métier aux mille métiers. Et souvent, quand on démarre, on est obligé de démystifier et de comprendre tous les pôles du spectacle. et qui vont être ceux qui vont les faire vibrer les plus. Moi, je vois des gens qui ont démarré, par exemple, à l'administratif, au cashless, dans les équipes de tout ce qui était logistique, technique. Et c'est marrant, j'ai vu une pause de cette fille qui s'appelait Violaine. Et hier, j'ai vu qu'elle était sur la scène 1 de Willavrine et qu'elle était à la technique maintenant, avec vraiment tous les stage managers. Et finalement, elle a navigué au milieu de tout ça pour voir où était sa place. Donc finalement, quand on rentre dans un festival en étant bénévole, en étant stagiaire, en étant à la prod, et d'être dans l'écosystème, très vite, on voit...
- Speaker #1
À la com, à la billetterie, n'importe où. Voilà,
- Speaker #0
on est partout. Et du coup, très vite, on voit vers où on est légitime, vers où est-ce qui nous fait vibrer, parce qu'il y a beaucoup d'énergie à avoir. Et c'est vraiment plein de métiers qui s'ouvrent à toi et qui, du coup, ça te guide. Finalement, tu es happé par quelque chose, tu te sens en adéquation.
- Speaker #1
Donc, ton conseil, c'est essayer,
- Speaker #0
Pour le plonger. Il faut plonger, il faut rentrer comme bénévole, il faut être à l'accueil, il faut être au scan. Et quand on a fait trois festivals en bénévole, on postule pour un stage. Parce que du coup, les gens qui arrivent, on dit « Ah bah tiens, il a fait trois fois bénévole ! » Eh bien lui, il a démystifié le festival. Il n'est plus en mode fan, il est en mode « Je sais comment je peux, moi, donner de mon énergie. » Et du coup, après faire les trois jours d'un événement, et puis après rentrer en alternance et après mettre le pied à l'étrier.
- Speaker #1
Allez, voilà un super conseil. Merci Marie de t'être arrêtée au micro de Sold Out.
- Speaker #0
Merci beaucoup de m'avoir recevue.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
A très bientôt.
- Speaker #1
Et cette fois, moi, je ne vous dis pas à l'an 15 jours, puisque Sold Out prend un petit peu de vacances. On se retrouve à la rentrée pour la saison 8. Je vous embrasse très fort, passez un super bel été et à bientôt. Ciao.