- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Sold Out. Alors si vous êtes fidèles du podcast, vous vous souviendrez peut-être qu'on a ouvert la saison 7, cette nouvelle saison avec Mathieu Pigasse et on avait parlé avec lui notamment de son rachat et de sa passion et du fait qu'il a des actions et qu'il possède, co-possède, Rock en scène, ce festival. Donc c'est pas le président, c'est un des actionnaires. Et là aujourd'hui, on finit presque la saison de Sold Out, cette saison 7. On aime bien le parallélisme des formes avec le directeur général du festival, celui qui est vraiment un... a les mains sur le guidon, qui a les manettes de Rock'n'Scenes. Salut Mathieu.
- Speaker #1
Salut Marc.
- Speaker #0
Bienvenue dans cet épisode.
- Speaker #1
Merci de m'accueillir.
- Speaker #0
Ça fait très plaisir en tout cas. Ça fait très plaisir, ça fait longtemps qu'on a envie de le faire. Je suis content d'être là. C'est formidable. Comment se présente cette édition de Rock'n'Scenes en 2026 ? Là, on enregistre le podcast dans la première quinzaine du mois de juin 2026. C'était comment là ?
- Speaker #1
Eh bien là, les choses se précisent, sérieusement. On a annoncé nos tout derniers artistes. Ce midi, on avait quelques artistes, notamment nos jeunes artistes Club Avancène, qui sont les jeunes artistes français qu'on spot et qu'on essaie d'exposer et d'aider à faire un peu bouger leur carrière à travers le festival, qu'on a annoncé hier, et puis les deux derniers artistes aussi de la programmation officielle. qui ont été annoncées ce midi, donc ça s'est bouclé et on se projette maintenant vraiment dans la réalisation, on va dire, opérationnelle, technique du festival qui n'est pas une mince affaire. On commence le montage fin juillet, donc ça va arriver très vite, on sait que cette période est très intense pour nous.
- Speaker #0
T'as des vacances d'été toi quand même ou interdit ?
- Speaker #1
Non, une petite semaine en général hors de Paris pour recharger un tout petit peu les batteries, mais c'est court et souvent... ponctué de pas mal de coups de fil et de mails.
- Speaker #0
Oui, donc les vraies vacances, c'est après le festival.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Festival qui se tient généralement à la fin du mois d'août à Paris. Enfin, Paris, techniquement, on ne dit pas. Alors,
- Speaker #1
techniquement, sur la commune de Saint-Cloud, au domaine national de Saint-Cloud, qui est un domaine national. Mais bon, effectivement, on raccourcit beaucoup en disant Paris, oui.
- Speaker #0
Alors, on va parler de tous les secrets, des souvenirs, et puis surtout de Rock en Seine, parce que toi, tu as une particularité, on va en parler, c'est que tu es très fidèle à ce festival. Ça fait très longtemps que tu es là-bas. Donc tu connais bien son histoire.
- Speaker #1
Je connais assez bien son histoire, oui. Sûrement, en tout cas dans l'équipe actuelle, le mieux. Voilà, le mieux d'histoire. Après, une histoire partagée avec des acteurs qui ont débuté et sont à l'origine du festival. D'autres qui ont passé dans l'équipe pas mal de temps. Mais effectivement, j'incarne la continuité d'une certaine manière.
- Speaker #0
Allez, cette continuité, toute cette histoire de rock en scène et plein d'autres choses sont au menu de cet épisode de Sold Out qui commence maintenant. Bonjour, je suis Mathieu Ducot, directeur du festival Rock en Seine.
- Speaker #1
Premier billet vendu Mathieu !
- Speaker #0
Alors ça date, c'était une époque où j'étais effectivement à l'organisation d'événements, mais surtout sur scène, dans mes jeunes années adolescentes, quand je commençais à faire de la musique.
- Speaker #1
Quand j'étais tout fou !
- Speaker #0
Voilà, j'étais foufou, plein d'espoir sur une peut-être future carrière musicale qui s'est avérée médiocre, mais en tout cas très content d'être accompagné d'amis pour partager une aventure longue de musicien amateur et d'organisateur de faits de concerts, puisqu'on produisait entre guillemets nos propres concerts à l'époque. C'était dans les années 90, autour de 94-95 pour les premiers concerts.
- Speaker #1
Et dernier billet vendu ?
- Speaker #0
Et dernier billet vendu, j'espère que c'est à la seconde là, puisque la billetterie de Rock'n'Scenes, il en reste à vendre. Donc j'espère que les gens encore aujourd'hui, avec les annonces, comme j'en ai parlé tout à l'heure, des derniers artistes confirmés, ont suscité quelques envies à certains.
- Speaker #1
Sold Out, saison 7, épisode 20, avec Mathieu Ducot, directeur général du festival Rock en scène, enregistré dans les bureaux de Delight en juin 2026. On peut ne commencer qu'avec ça Mathieu, donc t'as commencé sur scène toi, pendant tes études, pendant le bac et tout ça. T'étais musicien, enfin t'étais musicien amateur. Oui,
- Speaker #0
oui, alors modestement.
- Speaker #1
C'est intéressant quand même toujours pour comprendre. Non,
- Speaker #0
mais c'est vrai que j'ai fait de la musique pendant longtemps, avec un groupe d'amis pendant très longtemps. Beaucoup de fidélité en amitié, on verra que la fidélité me poursuit. Mais oui, j'ai passé beaucoup de temps à répéter dans la cave chez mes parents et à faire des concerts à droite à gauche. T'es quoi ton instrument ? Je faisais de la guitare et des claviers.
- Speaker #1
Ah, d'accord.
- Speaker #0
Pas de chant ? Ah non, pas de chant, surtout pas.
- Speaker #1
Tu te planquais un peu derrière toi. Alors,
- Speaker #0
je me planquais totalement sur le chant, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Et du coup, c'était sérieux quand même cette histoire ? En vrai, vous avez fait beaucoup de concerts ? C'était essentiellement des répètes entre potes ?
- Speaker #0
Non, pas mal de concerts, mais surtout, moi, ce qui me plaisait, c'était de partager un truc avec des amis, quoi. Vraiment, il y avait vraiment ce côté-là. J'étais un musicien très médiocre et surtout très peu bosseur, donc ça aide pas. ni des qualités intrinsèques ni la volonté de beaucoup travailler ça donne jamais des choses merveilleuses j'en avais conscience mais il n'empêche que je prenais beaucoup de plaisir à passer du temps à répéter à travailler des chansons avec mes potes et évidemment à être sur scène aussi même si c'est un exercice qui me faisait toujours un peu peur avec beaucoup de trac et tout ça mais ça a duré Oui, de... Aller de 13 à 25-26 ans.
- Speaker #1
25-26 ans, c'est à peu près le moment où tu finis tes études.
- Speaker #0
Oui, je commence rock en scène. À ce moment-là, vraiment le... Moins de temps. Oui, moins de temps. Et puis, j'ai les pieds sur terre à ce moment-là, que ce n'est pas forcément ma carrière de musicien qui m'attend, mais en tout cas, encore le plaisir de jouer avec des amis toujours.
- Speaker #1
Alors toi, ton parcours, il est assez simple. Parce qu'il y a ça, évidemment, il y a le lycée, tout ça. Et puis, une école de commerce, l'EDEC. Après l'EDEC, Dauphine pour la gestion des institutions culturelles, un master. Et après, en posant tout ça, évidemment, des stages. Il y a des choses à en dire de ces stages, d'ailleurs, ou pas ? Ou c'est un stage chez Universal, un stage dans une agence de design, carrément ? Non,
- Speaker #0
mais des expériences intéressantes. Je veux dire, à cette époque-là, de toute façon, on t'apprend beaucoup. Tu es une éponge et puis tu découvres le milieu de l'entreprise, ce qu'est de travailler. dans un milieu professionnel avec des collègues, à répondre à des exigences de clients. Voilà, c'est des choses nouvelles, en tout cas pour un étudiant qui, effectivement, a l'habitude éventuellement de travailler, de réviser, de faire des dossiers, des projets avec d'autres étudiants. Mais ce n'est pas pareil de se confronter à la vie professionnelle. Donc, c'est forcément très instructif. L'envie, effectivement, tout de suite, tu mentionnes un stage chez Universal Music, de voir ce que la musique peut m'offrir professionnellement, si ce n'est en tant que musicien. Tu voulais aller sous-doyer un directeur artistique ? Non, non, non, pas du tout. J'étais très modeste par rapport, encore une fois, à cette perspective de carrière de musicien. Donc non, non, mais plutôt l'envie, effectivement, d'essayer de graviter. dans cet univers. Et ce stage a été intéressant, bien sûr, en maison de disque, même si c'était un stage court.
- Speaker #1
Donc on avance. Quand je disais que ton parcours était simple, c'était pas du tout un jugement. Mais ce qui est génial, c'est qu'au-delà de ces stages et l'école de commerce et Dauphine, tu rentres direct à Rock'n'San en 2004.
- Speaker #0
Bah ouais, c'est mon dernier stage, en fait. C'est ça, c'est mon stage de fin de DESS. C'est comme ça qu'on appelait le Master 2 de l'époque. Voilà, que je fais après l'école de commerce. en me disant que j'ai une formation assez généraliste et que ça me semble intéressant d'aller creuser ce qu'est le milieu culturel, ses particularités sur des sujets plus de droit, d'économie, de gestion. M'intéresser aussi à divers univers, pas seulement la musique, mais aussi le théâtre, mais aussi l'art contemporain. l'édition littéraire, enfin voilà, c'est des choses qu'on a abordées et que j'ai abordées pendant cette année d'études à Dauphine. Mais bon, la musique m'a rattrapé et l'amour de la musique m'a rattrapé et au moment de faire un stage, je postule à Rock en scène. Pourquoi Rock en scène ? Parce que j'avais été à la toute première édition du festival qui avait démarré l'été précédent, en 2003 exactement. Et moi, je cherche un stage pour... entre mars et septembre 2004. Et comme l'expérience a été particulièrement sympa et plaisante, je me suis évidemment dit qu'il ne fallait pas que je loupe l'occasion de postuler à travers vraiment une candidature spontanée, mail contact à l'époque du festival. Mais oui, même pas de réseau,
- Speaker #1
même pas un grand-oncle qui connaît derrière le paire du fondateur. Non,
- Speaker #0
écoute...
- Speaker #1
C'est génial, c'est-à-dire que ça peut marcher.
- Speaker #0
Ça peut marcher, bien sûr.
- Speaker #1
Et on peut même devenir directeur général du festival à la fin.
- Speaker #0
On peut, la preuve.
- Speaker #1
C'est dingue, c'est génial. T'as envoyé un mail à l'adresse contact de Rock en Seine et t'es devenu, des années après, directeur général du festival. Ah, j'adore, c'est génial. Écoute, c'est fantastique, ça. Et le recrutement se passe normalement ? C'était la guerre, il y avait plein de gens qui...
- Speaker #0
Écoute, je sais pas, il faudrait poser la question s'il s'en rappelle à François Missonnier, qui était à l'origine du festival et directeur, à cette époque et pendant longtemps. Mais oui, il a dû avoir quelques candidatures, mais bon, je devais avoir dans mon CV peut-être quelques arguments qui l'ont poussé à me recevoir et à me donner l'opportunité de faire ce stage. En tout cas, voilà, c'est le début d'une très longue histoire, effectivement.
- Speaker #1
Eh oui, parce que donc, en 2004, tu rentres en stage. J'imagine que le stage derrière se transforme en CDD, sans doute, puis le CDD en CDI. ça tu ne me l'as pas dit mais je le devine très classique est-ce que tu as eu 35 CDD ?
- Speaker #0
non non non là dessus les choses se sont faites tout à fait bien j'ai eu un CDD d'un an je crois à l'issue de mon stage et puis c'est vrai que je suis arrivé c'est ça la magie de cette histoire c'est que je suis arrivé au tout début du festival François Euh... François préparait la deuxième édition, il avait besoin d'étoffer l'équipe qui était vraiment minuscule à l'époque. Les stagiaires faisaient office à ce moment-là de... De permanents quasiment. Pas de permanents, mais en tout cas de personnel qui avait des responsabilités, même si c'était évidemment sous le contrôle sérieux de François. Mais il n'y avait pas d'équipe constituée autour de lui, en tout cas, à ce moment-là. Il y avait une directrice de production qui était en intermittente, donc qui a bossé plusieurs mois sur les deux premières éditions. Mais il a fallu qu'on commençait à constituer une équipe.
- Speaker #1
Et j'ai fait partie des tout premiers à rejoindre une équipe permanente pour le festival. Alors, tu as eu plein de missions pendant ces 22 ans. Parce que tu peux nous raconter un petit peu. Ça a commencé par la com. Enfin, un peu d'administratif au début, tu nous le racontais.
- Speaker #0
Ouais, non, mais tout de suite, assez vite, la com. Ensuite, les partenariats. logique de sponsoring d'aller chercher des ressources auprès des marques qui a été très très vite un vrai sujet pour
- Speaker #1
Rock'n'Scène Vous avez été sans doute en avance là-dessus Sûrement,
- Speaker #0
en tout cas pas les derniers François avait très clairement des ambitions très fortes de ce côté-là et donc il a recruté et je me suis notamment occupé de ça pendant un long moment je trouvais ça Euh... particulièrement passionnant et ça a plutôt bien marché.
- Speaker #1
On peut s'en dire deux mots, c'est intéressant. C'est un boulot commercial, ça ou quoi ? Il fallait aller voir des marques et leur dire, tiens, il est génial ce festival, il y a plein de 25-34 ans, c'est quoi l'histoire ? Oui,
- Speaker #0
on peut raconter ça comme ça de manière assez basique, mais effectivement, c'est aller séduire des marques qui à l'époque, la musique n'est pas forcément un vecteur de commerce. communication ou un univers sur lequel les marques ont l'habitude de s'associer pour créer des histoires, pour étendre leur univers de marque ou en tout cas s'insérer dans des environnements festifs qui peuvent plaire à une certaine cible. Et nous, on essaie beaucoup à ce moment-là de les convaincre que c'est une très bonne manière d'aller parler à une cible plutôt jeune. Le festival en tant que tel est un moment où se partagent des émotions et se créent des souvenirs particulièrement puissants pour le public. Et qu'en faire partie à travers une marque partenaire qui propose des expériences complémentaires et sincères dans cet univers, c'est extrêmement puissant et valorisant. Donc voilà, c'est une opportunité à ne pas rater.
- Speaker #1
C'est ça qui est génial en plus quand on a un festival, parce qu'en effet, c'est les différentes formes d'activation des marques. La création, la créativité est sans limite. On peut vraiment inventer des trucs un peu fous. Ce n'est pas juste un logo sur un stand. Oui,
- Speaker #0
voilà, exactement. Et donc, pour poursuivre ce que tu disais, effectivement, c'est aller faire le commercial. Et puis après, au-delà de ça, à partir du moment où on sent qu'il y a de l'intérêt, c'est aussi d'essayer d'accompagner les marques pour trouver exactement le bon moyen euh de s'insérer dans le festival, de proposer au public des choses attendues ou des choses étonnantes, mais des choses qui vont à la fois servir ce qu'est l'expérience du festivalier, et puis créer des souvenirs additionnels, tout simplement.
- Speaker #1
Il y a aussi, tu passes par la direction commerciale ? Oui,
- Speaker #0
on va dire de manière un peu plus globale, je reprends la gestion, enfin la gestion en tout cas la supervision de toutes les activités bars, restaurations, parce qu'elles sont... Souvent lié à des logiques de partenariat, le merchandising et puis la billetterie. C'est quand même des gros sujets. C'est en gros tout ce qui est ressources financières. Peut-être moins les subventions qui étaient un sujet qui n'était pas entre mes mains et plus politique. Mais sur le reste, effectivement, ça a été le... mon scope après quelques années et avant de prendre la direction adjointe et la direction du festival.
- Speaker #1
La direction adjointe en 2017 et la direction du festival en 2020.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Si on fait un peu le compte, pendant ces années-là, tu es chargé de la com des ressources propres et tu t'aères un peu de temps en temps sur le festival Europe AVOX ?
- Speaker #0
Oui, je m'aère comme beaucoup de l'équipe. J'imagine que c'est beaucoup de travail aussi. Oui, effectivement. En fait, François Missonnier a... En 2006, lance un nouveau festival, donc en région Auvergne, à Clermont-Ferrand, et un peu au-delà d'ailleurs, parce qu'effectivement les premières éditions sont diffuses sur le territoire auvergnat et du Massif central. Bref, l'équipe qui est autour de lui et qui s'occupe de Rock en Seine est mécaniquement amenée à travailler et à organiser ce festival. à Clermont avec les équipes de la COPPE, la coopérative de mai, la SMAC de Clermont-Ferrand.
- Speaker #1
Donc tu n'as déjà pas été dans le podcast avec son précédent patron qui était Didier Veillot et Sarah Schmid qui était la directrice générale de Reconseil aussi.
- Speaker #0
Exactement, et qui effectivement est arrivée à la coopérative de mai il y a quelques années.
- Speaker #1
Ça a été un petit monde.
- Speaker #0
Voilà, exactement.
- Speaker #1
Donc il se passe plein plein de choses. C'est vrai qu'en 2017, tu es nommé directeur général adjoint. Est-ce que c'est le moment où Mathieu Péguet s'arrive dans l'équation ?
- Speaker #0
Oui, en fait, c'est vraiment lié à ça. François Missonnier part. Voilà, exactement. François Missonnier part. Sarah Schmitt, dont on a parlé, prend la direction. Elle était directrice adjointe. Elle était directrice adjointe quand j'étais directeur commercial, que François était directeur. Elle prend la direction. Tout le monde demande un peu d'une échec. Voilà.
- Speaker #1
Et te voilà patron en 2020. Ça doit faire drôle quand même, non, de te dire...
- Speaker #0
Un peu, un petit Mais c'est vrai que ces 20 années à la fois sont passées très vite, je trouve aussi. Et en même temps, il y a forcément l'impression de sauter un peu dans l'inconnu, parce qu'on sait qu'effectivement, le rôle de directeur est forcément assez différent, y compris d'un adjoint ou de quelqu'un de l'équipe, puisque les responsabilités sont évidemment beaucoup plus sur tes épaules. Mais voilà, je sens que c'est évidemment pour moi une opportunité unique de le faire. Et assez naturelle en même temps, même s'il faut quelques jours pour me dire « Allez, c'est bon, tu sautes le pas. »
- Speaker #1
Ça fait quelques jours que tu es directeur général, parce que maintenant ça fait six ans presque. On va parler justement de ce grand saut dans le vide. de ce que ça implique. Alors on a beaucoup, beaucoup, beaucoup déjà parlé de Rock'n'San dans ce podcast, mais toujours de manière un petit peu indirecte, et je me rends compte d'ailleurs qu'on n'a toujours pas interrogé François Missonnier, il faudra absolument qu'on aille le temps de le micro un jour, parce que ça reste, enfin c'est un gars qui a inventé plein de choses en fait.
- Speaker #0
Bien sûr, je pense qu'il aura plein de choses à dire intéressantes.
- Speaker #1
J'espère qu'on pourra le faire pour la saison 8. Et bon, on a entendu Mathieu Pigassi, on a entendu Salomon Azo, on a entendu Sarah et Schmitt, on a entendu plein de gens, même qui ont parlé de Rock'n'San, et je crois que j'ai eu 23 versions différentes de la séparation d'Oasis. Mais moi ce qui m'intéresse c'est toi là, c'est vraiment C'est quoi être patron de Rock'n'Scenes ? Tu sais le résumé ? Ça veut dire quoi être directeur général de Rock'n'Scenes ?
- Speaker #0
En fait, un festival, c'est simple, c'est fédérer énormément de savoir-faire, de compétences, de gens différents, pour qu'à un moment, une petite équipe, puisqu'on est neuf, permanent à l'année, réussisse à assumer... Avec l'aide de plein d'autres, la construction d'une ville pour 40 000 personnes pendant 5 jours, dans lequel il se passe quand même pas mal de choses et avec pas mal de techniques à installer, etc. Donc c'est énormément de coordination. Voilà, une manière de fédérer des énergies, de les coordonner et de faire en sorte que les uns et les autres, à la fois, trouvent leur palace, puissent exprimer leurs talents, leurs savoir-faire. Et ont envie de bosser ensemble. Et ont envie de bosser ensemble et bossent ensemble le mieux possible. Et tout ça dans une ambiance la plus joyeuse possible, parce que j'y suis particulièrement attaché.
- Speaker #1
Alors, il y a un truc de dingue dans ce festival, c'est que la première année est un peu légendaire pour celles et ceux qui ont... qui ont assisté à ça, il y avait une seule journée de festival, une seule journée de festival, et qu'aujourd'hui on est à 5 jours. Donc ça c'est des décisions que vous avez prises au fur et à mesure de la vie de Rock'n'Scenes. J'imagine que celle de passer de 4 à 5 jours, par exemple, c'était toi le patron.
- Speaker #0
Ouais, effectivement la logique de croissance a été celle du festival au départ. C'est-à-dire que la toute première édition en 2003, effectivement, c'est un jour.
- Speaker #1
Je crois que juste après ces deux jours. Voilà, mais dès la deuxième édition,
- Speaker #0
il y a un deuxième jour qui arrive. Le troisième jour arrive, je crois, enfin, je ne sais pas, je crois, je le sais, en 2007. Voilà, donc pour la quatrième édition ou cinquième édition. Voilà, donc là, il y a une progression, une croissance, on va dire, naturelle qui se fait dans les premières années du festival. Et puis après, un rythme de croisière qui s'installe de trois jours qui reste celui du festival jusqu'en 2019. Et effectivement, la parenthèse Covid, on va dire, effectivement, mon arrivée à la direction du festival fait qu'il y a des questions qui se posent. Un contexte aussi qui change pour les festivals, dont on pourra peut-être reparler, et qui nous pousse à re-réfléchir, à comment faire de rock en scène l'événement qui, selon nous, doit être un événement. Fédérateur, un festival évidemment totem pour Paris et pour la France, qui doit trouver sa place dans la galaxie des grands festivals européens. Et parmi les décisions qu'on prend, mûrement réfléchies, c'est notamment de faire un festival avec encore plus d'ambition, plus long, avec de fait une programmation... plus importante en termes de nombre de groupes, mais aussi avec aller chercher encore des artistes encore plus attendus. Mais au départ,
- Speaker #1
ce cinquième jour qui est le mercredi en fait. Oui,
- Speaker #0
en fait on est traditionnellement sur trois jours de week-end, vendredi, samedi, dimanche, donc effectivement pour allonger le festival, on anticipe un peu dans la semaine, donc le jeudi et le mercredi.
- Speaker #1
Mais est-ce que ce n'est pas amené au début parce qu'il y avait la possibilité d'avoir un grand artiste ou une grande artiste ? Ce n'est pas Billy Eilish qui a amené ça ? Non, pas vraiment. Ce n'est pas ça, c'est vraiment réfléchi. Ce n'est pas une opportunité. On va monter la scène un peu plus tôt.
- Speaker #0
On a des logiques très opportunistes sur la programmation. Là-dessus, on ne s'en cache pas. En 2022, première édition où j'ai... à ma charge, la direction du festival et que l'édition a lieu, on devait avoir Rage Against the Machine le mardi suivant le week-end. Donc on avait un festival de 4 jours, jeudi, vendredi, samedi, dimanche, et puis un jour off, et Rage Against the Machine devait jouer le mardi soir. Donc c'était 5 jours avec, on va dire un festival en 2 temps, mais c'était 5 jours de festival, donc ça c'était un peu la nouvelle logique qu'on voulait imposer. On ne l'a pas fait parce que le groupe a annulé quelques jours avant, Bon... Parce que, enfin quelques semaines avant, je ne sais plus, 15 jours avant peut-être, parce que le chanteur s'est blessé et donc ils ont annulé toute une partie de leur tournée. Donc le festival n'a duré que 4 jours mais le projet était vraiment monté pour durer 5 jours.
- Speaker #1
Et après boum c'est passé sur 5 jours.
- Speaker #0
Et après c'est le cas en 2023, en 2024 je crois qu'on est que sur 4 jours mais là aussi parce que tout simplement on ne trouve pas les opportunités artistiques. pour venir nourrir un cinquième jour et puis cinq jours en 2025, cinq jours en 2026. C'est notre format, on va dire, notre objectif de format pour Rock en Seine aujourd'hui. Mais encore une fois, on est dans un principe de réalité, donc il faut faire des jours de festival si on a les artistes pour assumer ces jours de festival.
- Speaker #1
Et comme Sold Out est un podcast un peu de spécialiste, un peu d'expert, est-ce qu'il y a une dose là-dedans un peu de petit côté malin en se disant, tiens là, Le mercredi, c'est peut-être un jour où ça joue moins, certains artistes vont être en transit entre l'Espagne et la Belgique. On va aller choper le mercredi des artistes invraisemblables qu'on n'aurait pas pu avoir le samedi.
- Speaker #0
Non mais effectivement, avoir un format de 5 jours qui n'est pas extrêmement courant fait que... Tu joues des jours de semaine qui sont des jours où en général les artistes sont un petit peu moins sollicités par les festivals. Donc de fait, ce que tu dis sur Billie Eilish, effectivement, est une réalité. Mais pareil pour Lana Del Rey, pareil pour Rage Against the Machine en 2022. Voilà, pour Tyler, The Creator cette année, effectivement, le mercredi. On arrive plus facilement à convaincre ces artistes de venir chez nous parce que c'est un jour où ils ont peu de sollicitations par les autres gros festivals européens qui, pour beaucoup, ont encore plus de moyens que nous pour convaincre les artistes de venir jouer chez eux. Donc voilà, c'est un peu plus facile.
- Speaker #1
Et c'est tout bête, mais être directeur de festival, c'est aussi s'intéresser énormément au site lui-même du festival, à ce qui va l'impacter, à la voirie. C'est très concret aussi.
- Speaker #0
La partie artistique est ultra importante parce que c'est ça qui fait l'aura du festival, qui donne envie aux gens de venir et qui reste dans les mémoires. Parce que les souvenirs que tu as, c'est ceux des artistes sur scène. Assez peu du portique d'entrée, quand bien même il est très beau.
- Speaker #1
Ou même du rond-point, ce qui va te permettre de te gagner à peu près proprement.
- Speaker #0
Donc ça c'est évidemment crucial. Mais dans le temps de travail qui est le mien et celui de l'équipe en général, C'est très peu, c'est très peu. L'artistique ? Oui, l'artistique. Effectivement, tous les sujets organisationnels, techniques, logistiques, de production générale, sont des sujets qui, évidemment, nous prennent beaucoup plus de temps dans l'année et occupent la très grande majorité de l'équipe.
- Speaker #1
Alors, ça fait longtemps que tu fais ça, on l'a vu. Est-ce que tu as de l'assitude, parfois ?
- Speaker #0
est-ce qu'il y a des choses que tu te dis bon ça si quelqu'un d'autre peut s'en occuper ou est-ce qu'au contraire non je n'ai pas l'impression d'être lassé en tout cas peut-être par des petites choses mais non je garde une flamme assez ardente en moi pour continuer à essayer de faire que ce festival évolue donne toujours le meilleur de lui-même et offre toujours la plus belle expérience au festivalier t'es jamais content en fait Je trouve qu'il y a surtout, en fait, ce qui est extrêmement frustrant, c'est que tu passes un an à préparer un festival, tu essaies de préparer les choses du mieux possible, de te poser les bonnes questions, de répondre aux problématiques de l'année d'avant de la meilleure façon possible, mais tu n'as qu'une possibilité de t'améliorer par an. Si tu fais les mauvais choix pendant l'année ou pas les meilleurs, c'est très difficile de corriger. au moment du festival. Donc il faut attendre un an de plus pour être meilleur et pour prouver que tu peux être meilleur. Et ça, à la fois c'est frustrant parce que tu as l'impression parfois de faire des petits pas alors que tu aimerais aller beaucoup plus vite. Et en même temps, c'est ça qui garde d'une certaine manière l'intérêt année après année, c'est qu'il y a toujours des choses à revoir, à réinventer, à requestionner.
- Speaker #1
On peut reparler deux secondes de cet épisode ? C'est moi, ça m'avait servi pour le coup. de l'année où il y avait Nick Cave, etc., la dernière fois, donc il y a 3 ans, c'est ça ?
- Speaker #0
22,
- Speaker #1
4 ans. 4 ans, il faut la prendre en compte. Je suis désolé. Il y a 4 ans, et vous savez, vous avez mis en place cette fosse premium devant une... Ce qui est très courant maintenant dans les concerts, d'avoir une fosse or, dans une aréna, quasiment tous les concerts maintenant vendent une fosse or, qui est la fosse la plus près de la scène, et une fosse normale. Vous, vous l'avez fait, ça a fait directement sur Internet, il y a eu une bronca, après c'était l'époque où Twitter était encore fréquentable. Donc maintenant sans Twitter, peut-être que ça ferait moins de moins cas, mais toi tout de suite, tu t'es dit qu'on a fait une connerie, ou tu t'es dit qu'il faut qu'on apprenne, ou au contraire c'est bien qu'on teste ? C'est quoi ta posture dans ça ?
- Speaker #0
Alors, effectivement, je me dis qu'on n'a pas fait tout à fait les bons choix. C'est-à-dire qu'à un moment, si ça suscite autant de réactions négatives, c'est qu'il y a un problème quelque part. On avait néanmoins l'impression de répondre à une demande d'un certain nombre de... de festivaliers qui, eux, ont envie d'un niveau de confort supplémentaire, qui sont prêts aussi à vieillir, qui sont prêts à payer plus. Les logiques qui sont les nôtres, c'est aussi de faire en sorte que nos recettes de billetterie, on arrive à les maximiser. Donc, créer d'autres catégories de billets avec d'autres services associés, c'est évidemment une stratégie très simple et évidente.
- Speaker #1
Mais surtout qu'il y avait quand même une fosse qui était près de la scène. Ce n'était pas 100% de la fausse,
- Speaker #0
c'était la moitié du devant de scène, mais ça a créé énormément d'insatisfaction.
- Speaker #1
Donc vous avez revu votre copie ?
- Speaker #0
On a revu notre copie, on n'a pas arrêté de faire cette proposition à ceux pour qui c'était attendu. Donc on continue et on a depuis 2022 toujours... une fosse or mais elle est moins centrale, elle est un peu moins grande, on l'a revue. Et voilà, on a trouvé à la deuxième année une formule qui était plus équilibrée, qui était toujours aussi intéressante pour ceux qui cherchent ce niveau de confort et ce type de service et qui n'était pas vécue comme dépossédant pour tous ceux qui effectivement veulent absolument être devant le crash barrière et qui avaient l'impression qu'il n'y avait plus qu'un quart du devant de la scène pour... pour se poster devant leurs artistes fétiches. Ça fait partie des corrections que tu fais d'une année sur l'autre. Là, ça avait pris pas mal d'ampleur. Il était évident qu'on n'allait pas persister et s'arc-bouter sur ce point. C'était de trouver les bons ajustements.
- Speaker #1
Je t'ai demandé tout à l'heure si tu étais lassé sur un truc. Forcément, il faut aussi que je te demande ce que tu aimes encore éperdument, comme au premier jour. Qu'est-ce que tu préfères dans ce job-là ?
- Speaker #0
Moi, ce que j'adore, c'est... Pas être maître de tout, parce que loin de là, mais être maître de beaucoup de choses.
- Speaker #1
T'aimes bien contrôler.
- Speaker #0
Non, mais de se dire que t'as la capacité d'agir à tous les endroits. Et ça, je trouve ça extrêmement satisfaisant. Pas tout seul, avec une équipe, avec des gens sur qui compter, évidemment. Mais en fait, t'es en capacité de te poser toutes les questions que tu veux, à tous les endroits que tu veux, pour faire évoluer les choses. Voilà, donc ça, c'est très satisfaisant.
- Speaker #1
Un exemple d'un truc que vous avez changé, par exemple, que tu adores cette année, tu es content d'avoir changé ça, ou l'an dernier ?
- Speaker #0
L'année dernière, c'est la première fois qu'on s'est beaucoup posé la question et qu'on a travaillé à l'éclairage du site. L'éclairage, non pas technique, mais l'éclairage pour mettre en valeur le site. Les arbres. Les arbres, les bosquets, etc. On le faisait de manière pas du tout coordonnée, pensée. Nos prestataires, voilà, Lumière, faisaient les choses un peu dans leur coin, avec beaucoup de bonne volonté et sans guidelines précis de notre part. Donc c'était déjà super de pouvoir compter sur eux pour avoir justement l'envie et mettre en place des choses. Mais l'année dernière, on s'est vraiment posé pour réfléchir à un plan de feu concret, construit. Le plan de feu, c'est le plan de lumière,
- Speaker #1
c'est le plan d'accrochage de lumière. C'est pour ça que cette expression était sublime. ça vous l'avez fait l'an dernier ?
- Speaker #0
ça se remarquait vachement la mise en scène du parc c'est vrai que l'endroit est un écrin on a la chance d'être dans un lieu qui est un domaine national classé monument historique avec la particularité d'être très présent des arbres beaucoup d'arbres dans la partie où on est mais qui crée effectivement avec des alignements avec des formes géométriques quand on regarde le plan du domaine d'en haut On... On se rend compte qu'on est comme dans un jardin à la française, c'est-à-dire comme on peut imaginer un château de la Renaissance avec des bordures de buis qui créent des dessins. On l'a, mais à l'échelle beaucoup plus grande puisque ce ne sont pas des buis qui font les formes géométriques, mais des arbres, des marronniers ou des tilleuls. Ça, ça crée beaucoup de patrimoine végétal avec lequel on peut jouer, notamment grâce à la lumière la nuit. et puis surtout, ça crée ces... Dans le festival, ces petits endroits qui sont comme des petits cocons où on n'a pas l'impression d'être pris par le gigantisme du festival, mais au contraire, on arrive à créer des ambiances un peu intimistes dans le parc. Sold Out, le podcast de Delight.
- Speaker #1
Bon alors Mathieu, on est obligé forcément de poser cette question parce qu'il y a eu beaucoup de changements dans Rock'n'Scenes. Au départ, c'était un festival fondé par François Missionnier. L'Île-de-France était aussi... très très présente, il y avait, il faut le citer parce que moi c'est un personnage que j'aime énormément que je vois d'ailleurs tout le temps dans le festival Jean Paul Huchon qui était le président de la région Île-de-France et qui est un fou de rock et qui vous avait beaucoup aidé aussi au début.
- Speaker #0
Bien sûr, au moment où François démarre le festival il va voir la région Île-de-France, je ne sais pas s'il sait à ce moment-là et s'il a dans l'idée de... d'aller justement séduire le président de la région Île-de-France de l'époque, Jean-Paul Huchon, avec une idée de festival de rock. Mais en tout cas, il trouve avec Jean-Paul Huchon un défenseur ardent de la musique rock, un passionné. Et donc, effectivement, il se reconnaît très bien dans cette initiative d'installer enfin à Paris un grand festival dédié au rock et puis aux musiques actuelles de manière un peu plus large. Mais effectivement, l'Allier est tout trouvé et la région est un financeur et un soutien du festival dès la première édition.
- Speaker #1
C'est bien de parler de ce monsieur parce que d'abord il vient avec passion tous les ans.
- Speaker #0
Encore tous les ans.
- Speaker #1
Je le vois à chaque fois que je suis en scène et c'est un peu son bébé aussi.
- Speaker #0
Oui ! Oui, il est très attaché au festival, il vient tous les ans, on s'appelle de temps en temps parce qu'il prend des nouvelles du projet, il s'intéresse effectivement à cet événement qu'il a grandement contribué à faire naître.
- Speaker #1
Il y a eu plein d'évolutions, mais on va directement avancer à celles qui nous intéressent, puisque en 2017, Mathieu Pigasse rachète le festival, très rapidement il revoit une partie des parts à AEG, donc l'actionnariat bouge beaucoup. Et on passe de quelque chose d'assez indépendant et financé par la région à quelque chose qui recommence à ressembler à des gros festivals internationaux. Alors avec Mathieu Pigasse, qui est quand même un groupe indépendant, depuis le groupe de Mathieu Pigasse a acheté d'autres festivals. Ça s'est fait longtemps après, avec notamment Wheel of Green l'an dernier. Concrètement, est-ce que ça change des choses pour toi ? Beaucoup, beaucoup. Ce n'est pas forcément facile d'en parler avec du recul.
- Speaker #0
Le changement d'actionnaire ? Oui, le changement d'actionnaire. Ou l'arrivée de nouveaux festivals ?
- Speaker #1
Le changement d'actionnaire, l'arrivée d'un gros groupe international aussi comme AEG. Ce n'est plus exactement la même ambiance, j'imagine.
- Speaker #0
Non, c'est différent. Déjà, effectivement, ce changement d'actionnaire, il entraîne des bouleversements au sein de l'équipe et à la direction du festival. Puisque Sarah Schmitt, on l'a rappelé tout à l'heure, reprend la direction. Puis moi, de fait, effectivement, ça... Ça change un peu les choses. On avait un directeur, fondateur, actionnaire majoritaire qui était François Missonnier à la tête du festival pendant 13 ou 14 ans.
- Speaker #1
C'est une vraie page qui se tourne.
- Speaker #0
Oui, c'est une vraie page qui se tourne. Mais néanmoins, je parlais de continuité avec Sarah, puis avec moi. Il y a une forme de continuité revendiquée et assumée par les actionnaires. sur ce que... que doit être le projet et le festival, même si, effectivement, l'arrivée des deux co-actionnaires que sont Combat et AEG donnent des perspectives qui sont évidemment très différentes. AEG, par leur capacité à nous aider dans... à la fois la partie artistique, la négociation avec les artistes, les agents internationaux. Oui, c'est un acteur évidemment mondial et puissant. Donc les discussions avec les agents des artistes internationaux et anglo-saxons qu'on espère séduire et faire venir sont forcément facilitées. Et puis ils ont un savoir-faire qui est évidemment très important dans l'organisation de festivals puisqu'ils ont énormément de festivals. aux États-Unis, en Angleterre. Donc c'est aussi pour nous l'occasion d'aller se confronter avec des manières de faire sur d'autres territoires, avec d'autres professionnels qui ont évidemment beaucoup d'expérience, dont beaucoup d'échanges riches.
- Speaker #1
Mais j'imagine qu'avec des actionnaires comme ça, on peut pas parler par exemple du modèle en se disant « Tiens, est-ce que finalement, il faudrait pas qu'on décroisse et qu'on revienne à 3 jours ? » Est-ce qu'il y a des tabous avec des actionnaires pareils ou est-ce qu'on peut tout mettre sur la table ? Tu parlais tout à l'heure de dire « J'aime que tout soit possible » . Est-ce que toutes les questions sont possibles ?
- Speaker #0
Si elles sont... Oui, en tout cas, je sens beaucoup de confiance de la part des actionnaires à mon égard. Donc je ne m'interdis pas d'évoquer des sujets qui sont éventuellement des sujets qui peuvent paraître étonnants. Ce qu'il faut, c'est aborder les sujets, mais surtout amener des éléments pour analyser la question. tant qu'il y a des éléments tangibles et intéressants qui sont amenés, je pense que tout le monde est intelligent pour les écouter. Après, ça ne veut pas dire que toutes mes idées sont retenues. De toute façon, les relations avec AEG et Combat sont très bonnes et sont très saines.
- Speaker #1
Tu ne serais pas là, Manu, disons les choses telles qu'elles sont.
- Speaker #0
Oui, oui, je pense qu'effectivement, on pourrait se débarrasser de moi assez simplement.
- Speaker #1
Comme de moi-même dans ma boîte, comme de n'importe qui. Exactement, exactement.
- Speaker #0
Non, non, mais... Mais effectivement, pour reprendre le sujet de la décroissance, ce n'est pas la stratégie qu'on a eue clairement.
- Speaker #1
Je me permettais d'évoquer ce sujet de décroissance, parce que je sais que toi, tu as l'hantise d'être prisonnier d'un modèle. Tu veux être capable d'agir en fait.
- Speaker #0
Je veux être capable d'agir. Non, ce n'est pas que j'ai peur d'être prisonnier d'un modèle. Je pense que c'est très compliqué de ne pas être prisonnier d'un modèle. Ça, c'est une réalité. Faire bouger les lignes de manière importante d'un festival comme Rock en Seine me paraît très difficile. Parce que les contingences sont telles... que...
- Speaker #1
Même économiquement, il n'y a pas de marge de manœuvre de l'année.
- Speaker #0
Bien sûr, notamment économiquement.
- Speaker #1
Tu peux pas dire tu vas jouer un jour, c'est super.
- Speaker #0
Ça marche pas. Encore une fois, la logique de passer de 3 à 5, c'est une logique qui est évidemment pour donner du souffle au festival, lui redonner l'aura dont on pense qu'il est légitime de lui donner, mais c'est surtout aussi trouver une résolution à une équation économique qui est impossible à trouver sur 3 jours.
- Speaker #1
Exactement, on va le dire clairement, un festival sur trois jours avec les coûts que ça suppose, même si tu vends 100% de la billetterie, tu perds de l'argent.
- Speaker #0
Bah en tout cas, nous c'est ça l'histoire. On n'est pas les seuls en gros. Ouais, bien sûr. Ouais. Alors après, certains y arrivent, heureusement, mais voilà, chacun a son histoire, chacun a son environnement, voilà.
- Speaker #1
Mais c'est dire aussi la passion des gens comme vous qui faites ça toute l'année. C'est faire quelque chose pour se dire même si on arrive à être géniaux et à vendre 100%, on risque de perdre de l'argent. C'est fou quoi, ça veut dire qu'il faut vraiment aimer ça aussi.
- Speaker #0
Ouais, il faut trouver de la satisfaction, pas que dans la réussite économique, ça c'est sûr.
- Speaker #1
Ouais mais là maintenant vous en avez trouvé si je dois dire, parce qu'en passant à 5 jours, en équipant les mécènes, même s'il y a des petits problèmes de subventions qu'on a cru comprendre, puisque l'Île-de-France maintenant s'est désengagée. Mais voilà, le modèle a tourné, mais aujourd'hui il y a quand même une équation économique qui est correcte. Non mais évidemment,
- Speaker #0
sinon le festival s'arrêterait. Mais effectivement, c'est beaucoup d'incertitudes sur ce sujet économique. Donc, si tu ne vis ton expérience de patron de festival qu'à travers ça, je pense que c'est louper une partie de l'histoire. Oui,
- Speaker #1
il n'y a pas que l'économie, il n'y a pas que l'équation économique.
- Speaker #0
Elle est extrêmement importante, mais en tout cas, moi, j'arrive à trouver de la satisfaction dans autre chose.
- Speaker #1
Tu parlais tout à l'heure, et je ne t'ai pas relancé là-dessus, parce que je me disais qu'on allait en parler à la fin, du contexte qu'on connaissait. C'est quoi pour toi le contexte ? Comment tu le regardes ? Parce que finalement tous les patrons et patronnes de festivals ne le regardent pas de la même manière.
- Speaker #0
Non mais le contexte, j'ai l'impression de dire des banalités parce que c'est des choses que je répète et que mes collègues patrons de festivals et que les organismes représentatifs de la filière évoquent extrêmement régulièrement. Mais les logiques d'inflation de coûts, les logiques de problématiques... assurancielles liées au changement climatique, les problématiques d'accès aux artistes, d'augmentation des cachets artistiques, les problématiques de concurrence entre festivals et grands équipements qui accueillent des concerts, stadiums et arénas. Ça, c'est des sujets qui se posent à nous.
- Speaker #1
Même quand on a un EG comme actionnaire ?
- Speaker #0
Mais bien sûr,
- Speaker #1
oui. Pourquoi ? Si je mets les pieds dans le plat, je pourrais dire quand on a un festival associatif, n'importe où, on a peut-être un petit peu moins de chance d'avoir des très grandes têtes d'affiche que quand on a AEG qui a d'autres festivals et qui parfois fait même tourner ces talents-là. Oui,
- Speaker #0
évidemment. Et je l'ai dit que l'arrivée d'AEG, effectivement, a été clairement un atout dans notre manche. Mais il faut quand même se battre. Mais il faut se battre. Et puis, un, on n'accueille pas que des artistes AEG. Deux, les artistes AEG, quand bien même ils sont producteurs, ou en tout cas représentent des artistes. Ils ont des artistes qui ont leur propre vision des choses. Ils ont des agents qui ne veulent pas privilégier forcément une présence en festival, mais plutôt faire un headline show dans un aréna ou dans un stade. Enfin voilà, on sait qu'aujourd'hui, les grands artistes, un, ils sont difficiles à avoir parce qu'il faut mettre beaucoup d'argent sur la table. Et surtout, il faut trouver les bons arguments pour leur dire que le festival est un bon moyen pour eux de s'exprimer à ce moment-là. Et d'une certaine manière, potentiellement les détourner d'un Headline Show, encore une fois, et d'un spectacle centré sur leur nom à la Défense Arena.
- Speaker #1
C'est très intéressant. C'est-à-dire qu'on est quand même aussi dans un monde où rien n'est jamais acquis. Il faut en permanence se battre.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
C'est marrant. Et est-ce que tu viens nous annoncer ici l'an prochain, un sixième jour ?
- Speaker #0
Alors non, pas pour l'instant. Mais bon, encore une fois... Tout est possible. Tout est possible. Tout est possible. Encore une fois, il n'y a pas de course au gigantisme. L'idée, c'est d'être rationnel. Donc encore une fois, l'équation économique, c'est de trouver le bon modèle. Et puis c'est d'être opportuniste, très clairement. Opportuniste dans nos choix de programmation, opportuniste dans l'évolution en fonction des contingences. d'une année ou d'une autre.
- Speaker #1
Je crois que tu connais bien ce podcast, tu sais que la dernière question, la question rituelle, c'est un peu le conseil que tu pourrais donner à soit un jeune Mathieu Ducot qui aimerait, qui s'interroge sur comment rentrer dans ce milieu, soit tout simplement une jeune personne aujourd'hui qui serait passionnée et qui ne saurait pas comment s'y prendre pour rentrer dans une équipe de festival.
- Speaker #0
Il faut manifester de l'envie, je pense que ça part quand même beaucoup de là. Ne pas avoir peur de de l'exprimer. On voit beaucoup de gens et de jeunes passer, nous, au sein de l'équipe du festival, puisqu'on a des gens qui nous rejoignent pour quelques mois tous les ans. Et on voit les gens qui ont envie, qui sont animés par une vraie passion, et puis d'autres qui, vraisemblablement, s'intéressent suffisamment au sujet pour passer quelques mois dans une équipe comme celle de Rock'n'Scène, mais dont on ne sent pas que... C'est une urgence et un feu sacré intérieur qui fait qu'ils sont là et qu'ils veulent continuer dans cette voie. Moi, je ressens très fortement par la manière dont les gens se comportent et expriment clairement leurs envies et leurs passions. Et ces gens, en tout cas, j'ai envie de les aider. Je pense que je ne suis pas le seul. On est tous des passionnés.
- Speaker #1
Montrez-le. Voilà,
- Speaker #0
montrez-le. Montrez-le et ça de toute façon résonnera auprès de beaucoup dans l'industrie parce qu'on est quand même beaucoup à avoir eu cette envie. J'espère qu'on l'a beaucoup conservée mais je pense que ça nous rappelle nos propres jeunes années sûrement. Exactement. Merci beaucoup Mathieu de t'être arrêté à ce micro de sold-out. Avec grand plaisir Marc.
- Speaker #1
Et puis à très vite dans les années du festival parce que cette année c'est dingue.
- Speaker #0
On vous accueille avec plaisir. La programmation est effectivement très belle. En tout cas, moi, elle me fait très envie. Voilà, je n'aurai peut-être pas l'occasion d'en profiter beaucoup. Comme je le disais, ce n'est pas très évident, mais venez parce qu'il y a vraiment des belles choses. Merci beaucoup, Mathieu, et à très vite. À bientôt. Et à dans 15 jours.