- Speaker #0
SOMME WHERE, plongée auditive pour expérience addictive.
- Speaker #1
1987, au cœur du quartier Saint-Leu à Amiens, une bande de potes, baptisés les Indiens Picards, investissent un ancien entrepôt de bananes et créent une salle de concert indépendante. Depuis près de 40 ans, cette incontournable de la scène musicale amiennoise a reçu des centaines d'artistes. Albin de la Simone, Miossec, Dominica, Clara Luciani, Ausha Ayrton... Les têtes raides et bien d'autres ont fait résonner les murs de briques rouges de la Lune. Les pouvoirs magiques et universels de la musique sont ici amplifiés par l'âme des lieux. Dans quelques semaines, la galaxie Lune des Pirates contraint une nouvelle planète avec l'ouverture d'une deuxième salle. Et dans quelques semaines, plus de 15 000 festivaliers sont attendus au Parc Saint-Pierre pour applaudir 27 groupes et artistes lors de la 7e édition de Minuit avant la nuit. Je suis Aurélie Ouellet de Somme Tourisme et vous écoutez Sommware, le podcast de Somme Tourisme. qui vous emmène à la rencontre de celles et ceux qui font vibrer la somme. Et avec nous aujourd'hui pour parler de tous ces projets, nous avons le plaisir d'accueillir le capitaine des Pirates, Antoine Grillon, directeur et programmateur de La Lune et du Festival Minuit avant la Nuit. Bonjour Antoine.
- Speaker #0
Bonjour, merci de m'accueillir.
- Speaker #1
Merci à toi de nous accueillir ici à La Lune. Alors justement, pour commencer, on va revenir aux origines. Tu nous emmènes au 17 Quai Bellu, dans une petite salle iconique qui a vu défiler des centaines d'artistes, des milliers de spectateurs. Est-ce que tu veux bien nous écrire un peu les lieux ?
- Speaker #0
C'est une salle très atypique, la Lune des Pirates. Je me rappelle d'ailleurs la première fois que je suis arrivé dans ce lieu, que j'y ai mis les pieds, c'était en février 2014, au moment de ma prise de fonction. Et tout de suite, il s'est passé quelque chose. J'ai senti qu'il y avait une atmosphère particulière dans ces espaces, qu'il y avait une histoire aussi qui était là, qui était très présente. La Lune des Pirates, c'est un lieu qui existe depuis 1987. L'association et la salle vont fêter ses 40 ans l'année prochaine. C'est vrai qu'il y a une atmosphère particulière. Déjà la brique rouge à l'intérieur, un peu façon un club de rock à l'anglaise. Il y a ces gradins aussi en dur, ce qui fait aussi que le public se retrouve avec une vraie proximité avec les artistes. Et les artistes ont le public face à eux, un public un peu... Sous forme de mur, vous savez, il y a la fosse où les gens sont debout, il y a les gradins et puis il y a encore la régie au-dessus. Encore au-dessus de la régie, il y a des gens qui peuvent venir. Donc voilà, c'est un lieu très particulier et les artistes s'en souviennent et en parlent beaucoup. On sait, par exemple, qu'un M, un Mathieu Chédide, quand il vient jouer au Zénith régulièrement, il reparle de ses souvenirs, la Lune des Pirates, etc. Donc voilà, il n'y a pas beaucoup de lieux comme ça en France. Je dirais même que la Lune des Pirates est un lieu unique. surtout quand on sait où la salle se situe, au cœur d'un quartier historique, vraiment qui est plutôt très sympa à vivre. On aime venir dans ce quartier, on aime passer des bons moments et de fait, d'avoir un lieu comme ça de culture et de musique au cœur de ce quartier, c'est une vraie plus-value aussi pour nous.
- Speaker #1
Depuis 2014, comme tu le disais, tu tiens la barre. Comment est-ce que tu définis ta programmation ? Comment est-ce que tu repères, tu choisis les artistes qui vont venir ici ?
- Speaker #0
J'ai fait le choix à mon arrivée de plutôt orienter la programmation sur vraiment ce qu'on appelle l'émergence et sur les nouveaux courants artistiques. Comme la Lune des Pirates a une capacité d'accueil, ce qu'on appelle une jauge plutôt réduite à 200 places, forcément on ne va pas cibler des grands artistes qui sont des têtes d'affiches avec une grande notoriété, etc. De toute façon, on n'aurait pas les moyens et puis on n'aurait pas la capacité d'accueillir autant de public dans le lieu. et donc nous on est plutôt sur l'émergence, les premiers albums, ce qui fait la musique à l'instant T où on programme les choses. Voilà, c'est vraiment, je dirais, la marque de fabrique de la Lune des Pirates plutôt que des programmations où on va regarder dans le rétroviseur. Alors parfois, il en faut, il faut faire un peu plaisir à plein de publics différents et certains qui sont un peu plus dans la nostalgie. Mais je dirais que si je dois définir la démarche, elle se situe plutôt là, d'être vraiment sans cesse dans l'actualité et sans cesse essayer de se mettre un peu en danger et de se dire, bon, ben voilà, qu'est-ce que... qui se passe aujourd'hui et qu'est-ce qui se passera demain et toujours être un peu dans l'actualité, voire même dans le futur et c'est ce qui nous a permis aussi de faire des coups et de révéler des artistes qui plus tard deviendront des grands artistes et joueront dans des grandes salles et des grands festivals.
- Speaker #1
La Lune des Pirates est labellisée SMAC. Ça signifie quoi exactement ?
- Speaker #0
SMAC, ça veut dire scène de musique actuelle. C'est un label qui est délivré par le ministère de la Culture pour encadrer Merci. le milieu des musiques actuelles, et notamment les salles de musique actuelles, autour d'un cahier des charges. Et donc, pour avoir ce label SMAC, il faut qu'il y ait plusieurs partenaires institutionnels qui se mettent d'accord autour d'un projet. Et le projet tourne autour de 3-4 grands axes. Ces axes sont la diffusion de concerts, La mise en place d'actions culturelles, donc en direction des ateliers, en direction de publics spécifiques, des publics qui sont éloignés de l'offre culturelle. Il y a un volet médiation, sensibilisation, éducation artistique et culturelle qui est très présent. Il y a un axe aussi accompagnement. Donc là, c'est ce qu'on appelle l'accompagnement, c'est le soutien à la scène locale, faire en sorte que nos artistes du territoire puissent émerger, avoir un cadre aussi de travail qui soit professionnel, qui puisse aussi comprendre comment marche l'écosystème de la musique en France. pour qu'ils puissent se structurer, se professionnaliser, puis pourquoi pas s'exporter plus tard. Donc diffusion, action culturelle, accompagnement et partenariat, tout ce qui est l'ancrage local, vraiment faire en sorte qu'une SMAC puisse fédérer aussi sur son territoire et que les acteurs et les actrices de la musique sur le territoire puissent trouver dans sa SMAC de son département. Toutes les réponses aux questions, les structures se posent. Généralement, il y a une SMAC par département. Il y a à peu près 90 MAC en France. Et voilà, c'est vraiment le label par rapport aux musiques actuelles, en lien avec le champ des musiques actuelles, comme il peut y avoir par exemple un label scène nationale dont dispose la Musée de la Culture d'Amiens.
- Speaker #1
L'ambiance de la Lune, comme tu le disais, elle est particulière, assez unique. Elle a ce supplément d'âme qui crée une proximité particulière au sein du public et entre le public et les artistes, qui traversent même la salle pour rejoindre la scène et les loges. Tu l'évoquais déjà tout à l'heure, est-ce que tu peux nous en dire encore un petit peu plus sur l'esprit des lieux ?
- Speaker #0
C'est difficile d'évoquer et de mettre des mots sur ce qui se passe dans ce lieu. La Lune des Pirates, c'est la définition même d'un lieu chaleureux et d'une convivialité, et aussi quelque chose de très très humain qui peut se passer dans ces locaux. La proximité, le rapport scène-public-artiste-public y est pour beaucoup, mais il y a aussi... Le bar, avec son esprit qui est tout de suite très particulier. Et puis, j'ai envie de dire qu'au-delà de ça, c'est aussi des bénévoles. C'est un staff qui accueille le public, qui accueille les artistes d'une certaine façon. Et on sent vraiment à la Lune une ambiance particulière et une ambiance aussi très bienveillante. Et on a beaucoup travaillé là-dessus. C'est quelque chose qui est très important pour moi. C'est de faire en sorte que chacun, chacune puisse se sentir bien dans les locaux de la Lune. On sait que ça peut être un peu intimidant la première fois qu'on vient, quand on n'a pas les repères, parce qu'on peut avoir aussi cette image d'un lieu un peu fermé, d'entre-soi. Je le dis, mais je me bagarre vraiment contre ça. Je ne suis pas d'accord avec ça, mais j'ai conscience qu'on peut avoir cette image-là. Parce que, aussi, quand on regarde la programmation, on ne connaît pas forcément les noms de la programmation. C'est très émergent, je l'ai évoqué tout à l'heure, mais je veux qu'une fois que le public rentre dans ces espaces, ces barrières qu'il pouvait y avoir... puissent s'estomper et qu'on se dise finalement, mais c'est super, c'est fait pour moi, c'est facile, il n'y a que des gens sympas. Cet esprit associatif, on le sent. Voilà. On travaille beaucoup là-dessus et je crois ne pas me tromper en disant que les gens aussi, une fois qu'ils ont franchi cette première barrière, ils sont ravis d'être là et ils reviennent volontiers.
- Speaker #1
Entre la Lune des Pirates de 250 places, la Jauge du Cirque 1600 places, le Zénith 6000 places, il manquait un lieu intermédiaire et une nouvelle Lune pouvant accueillir 500 personnes, ouvrir à ses portes en septembre, toujours au cœur du quartier Saint-Leu. Alors à quoi elle va ressembler cette grande salle ?
- Speaker #0
L'architecte qui a dessiné ce lieu, il s'appelle Thomas Corbasson. C'est un Amiénois d'origine, maintenant qui est sur Paris et qui mène des projets dans le monde entier. Il a une grande réputation, Thomas Corbasson. et en fait, le parti pris... architectural, c'est de dire on va créer une sorte de monolithe de béton et sur la partie rez-de-chaussée, il y aura un grand linéaire de verre et les soirs de concert ce verre sera allumé parce que le lieu vivra la nuit et ça donnera un effet d'un bâtiment en lévitation. Donc ça c'est vraiment le parti pris avec aussi l'idée de représenter les toits traditionnels des usines du quartier Saint-Leu, donc les toits pointus. Vraiment ce clin d'œil aussi au passé industriel du quartier. Et il y avait aussi cette volonté de bien inscrire ce bâtiment au cœur même du quartier, qui se fonde dans le décor, donc de ne pas le rendre trop monumental, qui ne dépasse pas la fac de sciences de Godin, de Crouse, qui est juste à côté, c'est même plus haut. Donc ça s'inscrit vraiment dans le quartier Saint-Leu. Donc voilà à quoi ça va ressembler. Et après, pour les parties plus fonctionnelles, donc effectivement, une salle de 500 places, 489 exactement, un grand studio de création pour avoir aussi un nouvel outil pour ce que j'évoquais tout à l'heure, pour les artistes accompagnés du territoire qui puissent se créer. Leurs morceaux, leurs répertoires, bien sûr, des bureaux, des espaces administratifs, de loges, une grande salle de réunion et de restauration, un espace bar, etc.
- Speaker #1
Toujours une salle où on est debout ?
- Speaker #0
Une salle où on est effectivement complètement debout. Ce projet, il a des atouts, son parti préarchitectural, son emplacement au cœur du quartier Saint-Leu, là où d'ailleurs beaucoup de salles de concert se construisaient plutôt dans les périphéries des villes pour ne pas trop déranger le voisinage. Avec les contraintes aussi de devoir y aller en voiture, où il fallait que ça soit très bien desservi en termes de transport en commun. Et puis souvent, les périphéries des villes manquent un peu de charme aussi. Donc là, il y a quand même un vrai parti pris de mettre cette salle au cœur du quartier Saint-Leu. Le quartier historique, c'est un vrai choix qui a été fait. Et puis, j'ai reçu les atouts, c'est que ce bâtiment viendra en complémentarité du lieu historique. Ça, c'était vraiment très important pour nous de pouvoir garder cette histoire qu'on évoquait juste avant. de cette lune des pirates qui va devenir le club, et de pouvoir poursuivre, et notamment ce travail qu'on mène auprès des artistes très émergents et des musiques plus de niche. Et donc, effectivement, debout, les contraintes, c'est que le bâtiment, il est finalement assez petit, assez restreint en termes de foncier disponible, de terrain disponible. En fait, il va faire 1000 m². Si on voulait faire de la scie, ça voulait dire aussi avoir du recul pour inscrire un gradin qui puisse se refermer, se réouvrir. et donc on n'y arrivait pas. Et puis on s'est dit aussi que l'Histoire de la Lune, c'est une salle entre guillemets de rock et qu'on voulait rester là-dedans. Une salle debout qui pourra devenir assise ponctuellement. Je pense notamment par exemple à la semaine d'inauguration du 12 au 19 septembre et au cœur de cette semaine, on fait par exemple un spectacle, l'Albin de la Simone avec l'orchestre de Picardie, là où le concert sera assis sur une double représentation. Donc, on aura cette possibilité-là pour certains concerts spécifiques, mais on n'aura pas la dimension où on fait les deux, à la fois l'assis debout, comme on peut le connaître, par exemple, sur le lieu historique avec ce gradin qui est un gradin en dur.
- Speaker #1
Et du coup, la programmation, elle va aussi s'élargir. Vous conservez la petite salle, enfin le club, avec sa programmation actuelle. Et cette grande salle, elle va permettre d'accueillir des artistes.
- Speaker #0
Tout à fait. On va même faire évoluer la programmation de la salle historique. On va être encore plus dans l'émergence et encore plus dans les musiques de niche et aussi les concepts. Si je dois citer un exemple ou deux, il y a les Bruits de Lune, qui est un projet radiophonique qu'on mène en partenariat avec Radio Campus Amiens, qui existe depuis plus de 20 ans. C'est vraiment un marqueur du projet de la Lune des Pirates, qui met en valeur des artistes amateurs. Donc ça, c'est un format particulier. On veut aussi que cette salle, ce club, devienne la salle des formats. Mais aussi, on va en créer des nouveaux. Par exemple, pour la première fois, on s'associe avec la Maison de la Culture d'Amiens autour des soirées Amiens Jazz Club. Donc on revient avec une programmation jazz régulière à Amiens et à la Lune des Pirates avec des artistes émergents. On fait la programmation conjointement avec Benoît Delacaisse de la Maison de la Culture. Et donc, il y aura un concert du format Amiens Jazz Club par trimestre, donc trois par an, etc. Donc encore plus sur les musiques de niche et les nouveaux artistes, les musiques émergentes et les mises à disposition aux structures du territoire aussi. C'est très important pour nous. Sur le club et sur la grande salle, là, on ira vraiment dans des programmations plus avec des têtes d'affiches et des premières parties où on pourra considérer que le public viendra avant tout. tout voir son artiste ou ses artistes favoris, peut-être moins dans un rapport de curiosité comme on peut avoir sur la programmation actuelle, mais plus sur un rapport de venue un peu au compte-gouttes en fonction de la programmation et des têtes d'affiches programmées. Donc on ne sera pas tout à fait dans la même chose, mais à la fois c'est l'idée d'être complémentaire, d'avoir une offre sur un lieu qui soit parfaitement complémentaire de l'offre sur l'autre lieu et l'enjeu pour nous, c'est à la fois de... continuer à fidéliser, à garder les publics qui sont les nôtres et nos plus de 500 abonnés qui sont actuels à la lune des pirates, de faire en sorte qu'ils s'y retrouvent aussi dans ce nouveau projet, tout en allant chercher des nouveaux publics, parce que demain, le projet accueillera entre 80 et 90 concerts par an, là où aujourd'hui on est plutôt entre 50 et 60 concerts, et une salle de 500 places, ce n'est pas une salle de 200, il faut aussi la remplir, donc voilà, il faudra qu'on aille chercher aussi de nouveaux publics, mais c'est absolument... stimulant et je suis sûr que l'équipe répondra haut la main à ses objectifs. On a tous conscience de ce travail qui nous attend et on est tous impatients.
- Speaker #1
Pour célébrer cet événement, on se met tous en orbite du 12 au 19 septembre pour une semaine de concerts et de fêtes qui va nous faire vibrer lors de cette semaine.
- Speaker #0
Programmation dense, puisque finalement on organise un deuxième festival après minuit avant la nuit en 2026. Donc on démarre cette grande inauguration avec une soirée gratuite. On ne pouvait pas commencer par autre chose qu'une soirée gratuite pour ce premier soir, avec l'artiste Mickey qui est venu d'ailleurs sur le festival l'année dernière. artiste de pop française, qui va démarrer. C'est la soirée, on va dire, la plus institutionnelle de la semaine. C'est aussi là où il y aura la présence des financeurs, des institutionnels, où il y aura les discours, le coupage de ruban, le cocktail d'accueil, etc. Une étape importante quand même dans notre histoire. On se mettra sur notre 31 ce jour-là. Et puis le lendemain, on enchaîne avec... Là, on sera le dimanche 13 septembre. avec une journée dédiée plutôt aux familles, avec notamment un concert plein de stands et puis un concert de Mercure Nitro, qui est l'artiste qui a représenté d'ailleurs la Picardie aux Inuits du Printemps de Bourges cette année, dans un registre plutôt électro-rap. Ensuite, on va avoir une création avec la scène locale. On réunit plusieurs musiciens et musiciennes du territoire. On va leur demander de créer un spectacle pour l'occasion, avec en fil rouge la lune. Donc aussi, ça va être des reprises qui parlent de la lune. Ça va être aussi travailler sur des morceaux de la scène locale. Donc des reprises, de reprises. Et même la création d'un répertoire et d'une ou deux chansons originales inédites pour ce moment. On va avoir, je l'évoquais, la double représentation d'Albin de la Simone. On a également un format spécial autour de la scène rap. On aura le vendredi 18 une grande rock party avec notamment le groupe Astéro Tipeee. qui se produira dans la grande salle. Et puis, on va clôturer cette grande semaine autour des Journées européennes du patrimoine. Il y aura un focus cette année, d'ailleurs, en lien avec le service culture de la métropole d'Amiens sur le quartier Saint-Leu. Donc, il y aura plusieurs structures aussi qui feront vivre leur lieu sur ce samedi 19 septembre dans le quartier. Et notamment, une nocturne dans le quartier. Et nous, on terminera avec une grande fête en musique électronique dans le club. pour terminer cette semaine inaugurale. Cette inauguration raconte aussi notre histoire. Je ne voulais pas qu'on réduise ce temps à, entre guillemets, simplement une fête avec un coup à boire. Je pense qu'on a beaucoup à raconter et beaucoup de choses à dévoiler sur ce que sera le futur projet. Et donc, par exemple, je trouvais important que le lieu historique soit associé à cette inauguration. Finalement, qu'on inaugure... pas une nouvelle salle, mais qu'on inaugure un projet. Je voulais que ça raconte aussi ce qu'est une SMAC et l'histoire d'une SMAC, donc toute la diversité des publics, toute la diversité des partenaires, la diversité de la musique, des esthétiques musicales et donc des publics. Voilà, tout ça. Et ça, on ne pouvait pas le faire en un soir ou deux, donc il fallait qu'on prenne le temps et c'est aussi ce qui a motivé ce choix de faire cette inauguration sur une semaine. Le festival minuit avant la nuit.
- Speaker #1
Un festival merveilleux. qui s'appelle Minuit avant la nuit.
- Speaker #0
Le festival Minuit avant la nuit. Le festival Minuit avant la nuit au Parc
- Speaker #1
Saint-Pierre. Autre temps fort à venir, tout l'équipage sera sur le pont du 11 au 14 juin pour la 7e édition du festival Minuit avant la nuit. En plus d'une programmation de folie chaque année, on aime aussi ce festival pour son atmosphère, son ambiance, son cadre. Comme vous le dites, entre Herbe et Eau, c'est quoi l'ADN de Minuit avant la nuit ?
- Speaker #0
L'ADN de Minuit avant la nuit, c'est un festival qui... On peut brasser des publics extrêmement différents, de 7 à 77 ans. Ce cadre entre RBO contribue aussi à cet ADN spécifique, parce qu'on se retrouve finalement à la fois dans le cœur de la ville, avec une accessibilité extrêmement facilitée, mais à la fois on est complètement déconnecté de la réalité, comme à mon sens doit être un festival, c'est-à-dire on rentre dans une atmosphère. On oublie un peu ses soucis du quotidien et on déconnecte, on passe un bon moment, on retrouve des amis, on fait des nouvelles rencontres, on fait des découvertes musicales. Ensuite, sur la partie musicale, c'est un festival qui n'a pas peur de valoriser les artistes émergents. Bien sûr, il y a des têtes d'affiches et elles sont indispensables et on est très fiers des têtes d'affiches qu'on a cette année. Je pense notamment à Gaël Fay, à Bonentendeur, à Thilacine, Last Train, Sébastien Tellier. Solane, qu'on a vu briller aux Victoires de la Musique. Mais c'est aussi des artistes plus intermédiaires et des artistes très émergents, et notamment aussi des artistes du territoire. Et puis je dirais aussi pour... caractériser l'ADN du festival, ce sont des engagements, des valeurs qui sont portées par l'association, notamment autour du développement du RAM et aussi autour de l'égalité de genre. On est très peu de festivals en France à avoir une programmation paritaire sur les leads des groupes et c'est notre cas, ça a toujours été le cas d'ailleurs au sein de Minuit avant la nuit. C'est aussi un festival résumément accessible, avec deux temps gratuits, avec une politique tarifaire qu'on considère comme accessible. Voilà, et puis la petite plus-value, des balades en barque aussi dans les ortillonnages. Pour l'instant, Bucolique aussi, qui cartonne chaque année, ça a été plein en quelques heures, en partenariat avec Arrêt Jardin Hauts-de-France. Voilà tout ce qui fait que ce festival n'est pas un festival tout à fait comme les autres.
- Speaker #1
« En minuit avant la nuit » est un festival engagé et co-responsable. Quelles actions vous avez mises en place pour limiter l'impact du festival sur l'environnement ?
- Speaker #0
Déjà, on a mis en place un bilan carbone depuis deux ans, 2024 et 2025. C'est un gros travail qui a été fait en interne et on s'est fait accompagner pour ça. Donc ça permet vraiment de bien prendre conscience quels sont nos impacts et quelles sont nos marges d'amélioration sur ce sujet-là. Dans les festivals, la première source d'impact carbone, c'est la mobilité. Parce que ça brasse des milliers de spectateurs et spectatrices. Il y a aussi beaucoup de bénévoles. Chez nous, c'est plus de 300 bénévoles. C'est aussi 70 intermittents, des prestataires. les artistes évidemment, donc il y a beaucoup d'allées et venues. Et donc l'idée c'est quand même de limiter les transports polluants. Par exemple, très concrètement, on travaille sur la mise en place d'un gros parking à vélo qui est surveillé pour encourager les festivaliers et les festivalières à venir avec leur vélo. On met en place des navettes, on met en place une plateforme de covoiturage par exemple. et puis on va... encourager ses pratiques avec un petit goodie, etc. On travaille aussi beaucoup sur le circuit court, sur les produits aussi qui sont autant que possible bio. Et par exemple, ce n'est pas forcément visible de tout le public, mais en backstage, cette année, pour la première fois, on va mettre l'impact carbone de chaque repas. Donc en fait, sans être moralisateur, Si les artistes ou les staffs veulent manger un gros hamburger et se faire plaisir, il n'y a évidemment aucun souci. Moi-même, je suis le premier à en profiter. Mais c'est pour avoir quand même une conscience de, si vous prenez tel plat, l'impact s'étend. Si vous prenez tel plat, l'impact s'étend. Peut-être juste sur une semaine, essayer d'équilibrer, mesurer un peu tout ça. C'est aussi de l'ordre de la sensibilisation. Et puis, un dernier exemple très rapide aussi sur cette partie développement durable. Il faut savoir que... tous les déchets sont pesés et triés, valorisés. Et donc, c'est des données un peu qui peuvent paraître étonnantes, mais d'une année sur l'autre, on sait combien on a de chaque type de déchets. Il y a neuf types de déchets différents et donc, forcément aussi, l'idée, c'est de s'améliorer d'une année sur l'autre. Par exemple, il n'y a pas du tout de plastique au bar. Des choses comme ça. Il y a une grande liste que je pourrais faire sur les engagements en termes de développement durable, mais on est très... très engagé là-dessus depuis le début. Et puis, on a un responsable aussi du développement durable dans l'équipe qui porte avec beaucoup de conviction tous ces engagements et ces valeurs et qui guide aussi tout le monde pour avoir des bonnes pratiques.
- Speaker #1
Tous ces engagements, on les retrouve sur le site internet de Minuit avant la nuit. Et justement, j'allais te demander, est-ce que tu peux nous donner un peu toutes les informations pratiques, rappeler les dates, le lieu, les horaires, les tarifs, comment réserver, etc.
- Speaker #0
Alors, tout se passe en ligne, mais pas tant que ça finalement, parce qu'en fait, les bureaux de la Lune des Pirates sont ouverts et on peut répondre aux questions chaque jour entre 14h et 18h, donc aux cinq passages Bélu. Ça peut être pour avoir des renseignements. Il y a aussi le standard téléphonique. Ne pas hésiter à appeler. On peut vendre des billets, bien sûr, au bureau. Et sinon, sur www.minuavanslanuit.fr, il y a tout. Toutes les informations nécessaires, que ce soit en termes de programmation, d'accès, d'engagement, comme on vient d'évoquer. Il reste des billets, il n'y a pas de souci là-dessus. On est sur un tarif à 66 euros en tarif plein pour le pass de jour, donc sur le vendredi 12 et le samedi 13 juin. 55 euros en tarif réduit. Et par soir, on est à 40 euros en plein tarif et à 34 euros en tarif réduit.
- Speaker #1
Parfait. Et donc, ça démarre le 11.
- Speaker #0
le jeudi 11 juin sur un concert gratuit en centre-ville, juste en contrebas de la cathédrale, avec l'artiste Saint-Graal. qui est un artiste qui est passé par les Inuits du Printemps de Bourges, un artiste de pop française. On aura aussi le projet de pop psychédélique Cantum Cantum, qui sera accompagné de la chanteuse Cléa Vincent, une chanteuse qu'on connaît bien sur Amiens. Et c'est la chorale rock de la Lune des Pirates qui démarrera le festival de manière tout à fait conviviale à 18h45 pour lancer les hostilités sur ce jeudi 11 juin, qui est un soir, je le rappelle, gratuit.
- Speaker #1
Et rendez-vous le lendemain, donc le 12 au Parc Saint-Pierre, pour un premier concert qui aura lieu à ?
- Speaker #0
Ça démarre autour de 18h pour le premier concert et on ouvre les portes à 16h45.
- Speaker #1
Côté pratique également, les adresses des deux salles de la Lune, le Club et la Grande Salle ?
- Speaker #0
Alors l'adresse du lieu historique qu'on appelle désormais le Club, donc 17 Quai Bellu, et sur la Grande Salle, on se situera au 58 rue Saint-Leu. De toute façon, on travaille aussi sur une communication qui soit à la... plus clair possible, de manière à qu'on puisse identifier du mieux possible les deux lieux, notamment avec un système de pictogramme. On a eu l'occasion ces dernières semaines de lancer le nouveau logo, puisque qui dit nouveau projet dit lancement d'une nouvelle charte pour identifier ce nouveau projet et donc c'est un nouveau logo qui rassemble finalement trois logos, celui du club, celui de la grande salle et celui du bâtiment studio. Donc voilà, c'est un peu un trois en un. Ces sous-logos seront aussi largement utilisés dans notre communication pour bien qu'on identifie où se passent les choses. Et bon, puis si jamais ce soir on se trompe, c'est à 300 mètres, on y est en 3-4 minutes à pied, il n'y a pas de souci.
- Speaker #1
Et pour se tenir au courant, ce sont les mêmes outils, le même site internet ?
- Speaker #0
Non, c'est le site de la Lune, du coup www.lalune-tout-attaché.net.
- Speaker #1
Et sur les réseaux sociaux ?
- Speaker #0
Évidemment sur Instagram et Facebook notamment.
- Speaker #1
Alors Antoine, pour conclure, une question plus personnelle Quel est le concert qui t'a le plus marqué ?
- Speaker #0
J'en ai fait quelques-uns des concerts depuis toutes ces années alors j'ai le droit d'en citer deux ou trois quand même Non, je voudrais peut-être me rappeler en 2015 le concert d'un jeune rappeur qui venait en première partie d'un projet à l'époque qui n'existe plus qui s'appelle A Social Club. Et le jeune rappeur, c'était Vald, qui aujourd'hui remplit des stades. Et je me rappelle vraiment, j'avais programmé cet artiste en me disant, on va donner un coup de main, un coup de pouce à ce jeune rappeur. Et déjà, entre le moment où on programme et le moment où la date se passe. Il y avait 90 jeunes spectateurs qui étaient venus que pour lui. Et voilà, c'était le début un peu d'un phénomène. J'ai envie de me rappeler aussi l'année suivante, en 2016, d'un projet international qui s'appelle Cigarette After Sex, qui a un succès mondial. Et on a fait la première date en France de ce groupe-là. Donc ça, ça fait partie des souvenirs quand même et des coups qu'on a pu réaliser dans ce lieu. Et puis peut-être plus récemment, en 2023, le premier concert de Zahoud Sagazan à la Lune des Pirates. Là, il y a ce sentiment de vivre la découverte d'une artiste hors du commun. Et avec tout ce qu'on a évoqué aussi de ce lieu, la proximité, de ce qu'on peut ressentir, il y avait quand même quelque chose de très, très fort, très magique. Et on se sent privilégié aussi de vivre ces moments-là. C'est aussi toute la force de notre lieu.
- Speaker #1
Antoine, merci beaucoup d'avoir partagé avec nous les coulisses de la Lune des Pirates et de l'organisation du Festival Minuit avant la Nuit.
- Speaker #0
Avec plaisir, merci à vous.
- Speaker #1
A Amiens, il existe des escales où la musique nous embarque, des lieux et des événements qui nous permettent de vivre et de partager avec les artistes et le public des frissons et un tourbillon d'émotions. Alors largons les amarres et rendez-vous du 11 au 14 juin pour le festival Minuit avant la nuit au Parc Saint-Pierre à Amiens, puis du 12 au 19 septembre pour une semaine de concert à l'occasion de l'ouverture de la grande salle pour un grand shoot de sérotonine. Vous venez d'écouter Somme Where, le podcast de Somme Tourisme. Si cet épisode vous a plu, laissez-nous des étoiles et partagez-le autour de vous. A très bientôt pour une nouvelle rencontre dans la Somme.