IvaJe me souviens de la première fois où j'ai entendu parler de ma toute première histoire biblique. J'avais 4 ans. Ma maman me bordait et elle m'avait raconté l'histoire du grand roi Salomon et de cette histoire du bébé coupé en deux. En tout cas dans mon esprit, c'est comme ça que je m'en souvenais. Un roi qui voulait couper un enfant en deux pour le donner à une des mamans, présente à sa cour. Cette histoire-là, elle m'a poursuivie pendant des années, elle m'a traumatisée. Jusqu'à ce que je comprenne la véritable histoire du grand roi Salomon, Salomon le sage, qui en fait avait usé de cette ruse, faire semblant, faire croire qu'il allait coupé un bébé en deux, pour découvrir qui était la vraie mère du seul enfant encore vivant. Puisque ces deux mamans avaient accouché la même nuit d'un bébé et l'une d'entre elles avait accouché d'un enfant mort né. Et elles étaient toutes deux venues réclamer le seul enfant vivant. Et si je te raconte tout ça, c'est parce que, à travers ce rêve que je ferai après avoir passé cette échographie, j'allais m'intéresser à une toute autre histoire biblique, et qui marquerait à tout jamais mon esprit.
Cette histoire, c'est celle de Joseph, fils de Jacob, et du songe de Pharaon. Alors, je te laisserai la découvrir par toi-même dans Genèse 41. Ouais, t'inquiète, je ne connais pas par cœur, j'ai juste ouvert ma bible pour te la retrouver. Bon, mais en tout cas, pour te la faire courte, dans le songe de Pharaon, il est question de sept vaches grasses et de sept vaches maigres, et de la signification que Joseph donnera au songe de Pharaon. Alors tu comprendras plus tard pourquoi cette histoire biblique-là, marquera un véritable tournant dans mon existence.
Mais pour l'heue, revenons au rêve que je ferai après m'être complètement remise entre les mains de Dieu. D'ailleurs, je m'endormirai d'un sommeil beaucoup plus profond que d'ordinaire. Pour me retrouver sur une plage, seule. Je peux encore ressentir le sable chaud sous mes pieds, d'une couleur dorée, très vivace, presque comme si le sable était vivant et se mouvait sous mes pieds. Et en face de moi l'océan, l'océan à perte de vue d'une couleur bleu, bleu magique avec une eau très calme. Et très vite mon attention a été attirée par un phénomène étrange. En levant les yeux au ciel, j'ai remarqué à ma gauche une lune immense, blanche et scintillante dans un ciel sombre sans étoiles. Et à ma droite, Je pouvais observer le jour et un soleil brillant dans un ciel bleu sans nuages. Et chose encore plus étrange, c'est que je voyais ce soleil brûler de mille feux, grandir de plus en plus, grossir et s'avancer vers moi, jusqu'à complètement dégager la lune qui disparaissait sur ma gauche, ne laissant qu'un ciel obscur. Et soudain, une voix retentit, la voix de ma sœur, ma sœur cadette. Je l'entendais me dire « Iva, ne regarde pas le soleil, il va te brûler les yeux ! » Mais moi je restais statique, stoïque, complètement hypnotisée par ce soleil qui brûlait et qui s'avançait de plus en plus vers moi, sans même chercher à comprendre d'où venait la voix. Je lui ai répondu « Non, non, t'inquiète, ça ne brûlera pas les yeux, ça ne me fera pas mal!», et ça ne m'a pas fait mal, ça ne m'a pas brûlé. Au contraire, je suis restée là. à observer ce soleil immense qui brûlait de mille feux et qui me réchauffait le visage. Je pouvais même ressentir qu'il m'enveloppait d'amour. Je me sentais apaisée, sereine, et je me suis réveillée.
Mon Dieu, l'état dans lequel j'étais. Je restais un bon moment là, allongée, les yeux écarquillés, à me demander, mais c'était quoi ça ? Attends, je viens de rêver du jour et de la nuit, en même temps. J'essayais de décortiquer tous les éléments de ce rêve pour essayer de le comprendre. Mais tout ce qu'il m'en restait, c'était un sentiment d'amour, de plénitude, de calme, de sécurité. Oh, j'avais juste envie de me rendormir. Mais la sonnerie de mon téléphone a retenti et là, j'étais bien réveillée pour le coup. C'était mon médecin qui m'appelait pour m'annoncer les résultats de mon échographie. Il s'était avéré que l'œuf dans l'aine était en réalité une tumeur et qu'il fallait maintenant déceler si elle était maligne ou bénigne.
Je me disais à mon fort intérieur. C'était donc ça, la peur que je ressentais grandir en moi.
Dieu dit que la lumière soit et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne et Dieu sépara la lumière des ténèbres. Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. Ainsi il y eut un soir et il y eut un matin. Ce fut le premier jour. Nous étions à la mi-juin 2016 et le tournage touchait à sa fin. Ce qui allait me laisser pas mal de temps pour passer une batterie d'examens dans un hôpital proche de chez moi, en banlieue parisienne. Bon, j'essayais de ne pas trop donner d'importance à tout ce qui se passait. D'ailleurs, la peur m'avait complètement quitté. À la place, j'avais l'impression d'être dans un sas de décompression, d'où je pouvais observer tous ces médecins s'affairer autour de moi. À me prendre mon sang, à me faire passer des radios, des scans. Mais alors l'examen qui m'a marqué au fer rouge... et qui me marquera toute ma vie, c'est cette ponction-là de la moelle osseuse, appelée biopsie. Oh, Seigneur ! Et moi qui pensais que la torture avait été abolie ? Non ! Le pire, c'est que j'avais été anesthésié. Ouais, ça vous fera pas mal. Tu parles. Ouais, si, wesh ! Tu ressens tout ! L'aiguille qui s'enfonce à l'intérieur, il y a un petit pincement, vous ressentirez. Non, non, moi je pleurais à l'intérieur. Tu peux rien faire, t'es paralysé. Je... hurlais intérieurement. Je me revois dans la position du fœtus à ressentir cette aiguille qui s'enfonce dans mon dos. Et la médecin qui dit « ça va ? Vous allez bien ? Tout va bien ? »,... Je ne peux rien dire. Bon, crois-moi que cette doctoresse-là aussi a marqué mon esprit. Mais pas en bien.
Bon, le temps filait, courait, on arrivait maintenant juillet 2016. L'été était à préparer, le tournage était bouclé, les examens médicaux terminés, et les beaux jours étaient enfin arrivés. Et la seule chose à laquelle je n'avais envie de penser, c'était passer un bel été, mettre tout ça de côté, et retrouver peut-être ma sœur en Australie. Elle y vivait depuis 2011 et je n'y avais pas foutu les pieds depuis lors. Oh mon Dieu, l'Australie, rien que d'y penser, c'était une bouffée d'oxygène. Je ne sais pas si tu as déjà connu cette sensation. Tu vas dans une ville, un pays, tu n'y a jamais été, c'est la première fois et tu as l'impression d'y avoir déjà vécu. Cette sensation de déjà-vu, mais plus qu'un déjà-vu, dans ton corps, dans tes tripes, tu connais ce lieu. C'est exactement ce qui m'est arrivé le jour où j'ai mis les pieds, pour la première fois, en Australie. Mon cœur a l'atterrissage, mais il a juste explosé. Mais dans le bon sens. J'ai regardé ce ciel, pourtant c'est le même partout dans le monde entier, mais là, il m'a paru... Je ne sais pas, je revivais, je ressentais l'air dans mes poumons, je respirais pour de vrai. Comme le bébé qui vient de naître, je respirais. Et j'avais qu'une envie, c'est de ressentir à nouveau cette sensation, depuis l'annonce, l'énoncé de cette tumeur. Et donc, c'est dans cet état d'esprit-là que je me trouvais le 24 juillet, veille de mon rendez-vous à l'hôpital pour l'énoncé des résultats de mes examens. Ce soir-là, j'avais choisi de ne pas prier toute seule, mais d'être accompagnée d'un pasteur qui vivait en Angleterre, que j'avais connu de ma mère, après qu'on ait toutes les deux écumé pas mal de groupements évangéliques. Il faut dire que j'étais un peu fâchée avec les catholiques et les prêtres, et je me sentais un peu plus proche, enfin j'arrivais à me sentir un peu plus proche de Dieu, du dieu vivant dans ces groupements-là. Mais en particulier avec ce pasteur-là, et à distance. Ce qui m'évitait de parler de la Vierge Marie et des saints, parce qu'on sait très bien que c'est pas trop leur came. Mais avec lui ça allait, il était plutôt d'un esprit ouvert, je pouvais vraiment parler librement. D'autant que je me sentais beaucoup plus proche de Maman Marie que de son fils Jésus. Et que toute ma vie de catholique, je vivais dans la crainte de Dieu, mais alors la crainte, la vraie crainte, la peur, pas l'amour. Combien de fois je m'étais dit... Hum, attends, t'as vu comment Dieu a traité son fils ? Que crois-tu qu'il te fera à toi si tu vas à l'encontre de ses lois ? Hum, ouais non, c'était pas de l'amour, c'était de la peur, clairement. Mais à travers ce pasteur, j'arrivais à, je sais pas, à ressentir un peu plus ce Dieu d'amour qui est décrit dans certains passages de la Bible. Il avait même réussi à me convaincre qu'un vrai Dieu, un Dieu d'amour, un Dieu vivant, n'accepterait certainement pas que ses enfants traversent l'épreuve de la maladie. Et donc, que je n'avais rien à craindre, que demain je verrais à quel point dieu m'aime et que je pouvais avoir confiance. C'est sur ces paroles très réconfortantes que pour la première fois depuis très longtemps, je m'étais endormi paisiblement.
je marchais calmement dans ce grand couloir blanc de cet hôpital que, sérieusement je commençais à voir en horreur, pour me rendre, à mon invitation officielle, au service hématologie. Hématologie. Un nom que je n'avais jamais entendu de toute ma vie. Et là, debout, face à une porte blanche, j'inspirais profondément, en me rappelant les paroles du pasteur hier soir. Dieu t'aime. Dieu t'aime, ne crains rien. Et en une lente expiration, j'entrais, pour découvrir une hématologue en blouse blanche, avec un air très austère. Sur son bureau, un tas de dossiers, dont le mien, j'imagine. Elle m'a invité à m'asseoir, je me suis exécuté. Et en ni une ni deux, comme si elle te disait « passe-moi le beurre » , sans même franchement me regarder droit dans les yeux, Elle me dit, « Malheureusement madame, votre tumeur est maligne, vous avez un cancer des gonglions lymphatiques, appelé aussi lymphome hodgkinien.»
Un cancer. Vous avez un cancer. Ouais, j'ai répété cette phrase dans ma tête, qui résonnait encore et encore jusqu'à ce que je sorte complètement de mon corps. J'avais l'impression de m'enfoncer dans mon siège, d'être lourde. Comme ça, on m'avait donné un gros coup de massue et d'un seul coup, je suis revenue à ma place. Et là, toujours très calme, je lui réponds. « Vous êtes sûre ? Vous ne vous êtes pas trompée de dossier ? », « Non, non, non, non, » me dira-t-elle. « Voyez vous-même. », Elle me montre tous les documents. Et là, elle va me sortir tout son jargon médical. J'entends les mots, des mots tels que chimiothérapie, radiothérapie, cathéter. Dans ma tête, je me dis, mais elle se fout de moi ? Mais ils se sont plantés de dossier ! Je me souviens l'avoir regardé droit dans les yeux. Et lui avoir dit, « Mais moi, je pars en vacances, madame. Je pars en Australie. » Ah, ça ne l'a même pas fait sourciller. Elle a continué dans son délire. « Alors, c'est un cancer localisé, vous avez de la chance, hein. ». Et là, je l'ai vu sourire. Je l'ai vu sourire, la nana. Enfin, l'hématologue. « Oui, vous êtes chanceuse dans votre malheur, car c'est le cancer dont on guérit le mieux au monde. ». Non mais, plus je l'écoutais, plus je voyais ses lèvres remuer, là, et ces mots sortirent de sa bouche et moins j'y croyais. Et surtout, je me demandais mais comment j'ai pu choper un cancer sérieux. Alors elle me répondra que, qu'on ne sait pas. Ça pouvait arriver dans l'évolution d'une femme à n'importe quel âge. On pouvait avoir ce cancer jeune comme l'avoir en étant beaucoup plus âgé. J'étais sidérée. J'en revenais pas. Je la regardais complètement dubitative et je ne sais pas comment, j'ai réussi à sortir de son bureau et à me retrouver dans le bus. Et là, une fois assise sur une banquette, mécaniquement j'ai pris mon téléphone et j'ai composé le numéro de ma mère pour lui annoncer la nouvelle. Je me souviens après avoir raccroché d'avec ma mère, j'ai pensé au passage que m'avait donné le pasteur, la veille au soir, pendant notre prière. Et j'ai tapé dans Google, Deutéronome 31, verset 8. L'Éternel lui-même marchera devant toi. Il sera avec toi. Il ne te délaissera pas. Il ne t'abandonnera pas. Ne crains rien et ne t'effraie point.
Je suis restée un moment les yeux plongés dans ce passage... songeuse. Demain ce sera le 26 juillet, jour de mon anniversaire. Le seigneur a un drôle de sens de l'humour. Ou peut-être que le pasteur s'est planté dans son passage. Il aurait dû me donner le psaume 22: « Mon dieu, mon dieu pourquoi m'as-tu abandonné. ».
Voilà, je te retrouve très très vite pour la suite d'une découverte extraordinaire... une découverte inattendue.
Mais en attendant, n'oublie pas, il est aussi dit dans la Bible que, nous sommes tous le sel de la terre et la lumière du monde.
Sois béni.
C'était Iva, de mon âme à ton cœur. Bisous.