Speaker #0Salut à tous et bienvenue dans un nouvel épisode de Sous le Cadran, le temps raconté autrement. Je suis très content de vous retrouver et comme vous le savez ici, on prend le temps, le temps de parler d'horlogerie autrement, de raconter des histoires, de décrypter l'actualité, de comprendre les montres, mais surtout de comprendre pourquoi elles nous fascinent autant. Que vous soyez collectionneur, amateur curieux ou simplement sensible aux beaux objets, ce podcast est fait pour vous. Ici, pas de discours élitiste, pas de jargon inutile. Juste une passion commune racontée avec sincérité. Vous le savez, l'épisode est structuré simplement. Un petit tour de l'actualité horlogère, une micro-rubrique, puis un sujet principal. Allez, c'est parti ! On démarre avec une sortie qui a provoqué un véritable coup de cœur chez les amateurs de montres à thème vintage. La C60 Clipper GMT de Christopher Ward. Développée en collaboration avec l'iconique compagnie aérienne Panam. Pour ceux qui ne connaîtraient pas la Panam, et oui, certains d'entre vous n'étaient peut-être pas nés à l'époque, on parle ici d'une véritable institution. La Panamerica World Airways, c'est la compagnie qui incarnait le glamour du voyage international. Dans les années 50 et 60, prendre un vol Panam, c'était embarquer dans un palace volant. Des hôtesses en uniforme Dior, du champagne servi dans des vraies flûtes, des sièges spacieux, un monde complètement révolu. Christopher Ward rend hommage à cette époque dorée, avec un boîtier Light Catcher de 42 mm. Vous savez, cette signature de la marque britannique avec des flancs polis qui captent la lumière de façon spectaculaire. Le cadran, un sublime coloris coquille d'œuf, ce blanc cassé légèrement crémeux qui évoque immédiatement les cockpits des Boeing 707 de l'époque. Mais le vrai génie de cette montre, c'est sa lunette bidirectionnelle en aluminium bleu. Au lieu des classiques graduations horaires des GMT, Christopher Ward a gravé des codes IATA de 24 destinations historiques desservies par la Paname. On parle de Londres, Paris, Tokyo. Et un détail absolument génial, KOS Code est marqué en rouge. Pourquoi ? Parce que c'était la première destination de la toute première ligne commerciale de la Paname en 1927. Ce genre de petit clin d'œil, ça fait toute la différence entre une montre à thème et un véritable hommage. Sous le cadran, on trouve le mouvement Celita SW332GMT. Un calibre suisse robuste et éprouvé avec 56 heures de réserve de marche. Franchement, pour une GMT Asprit, c'est le choix le plus sensé. Fiable, précis, facilement réparable partout dans le monde. Et tenez-vous bien, le contrepoids de la trotteuse des secondes représente une silhouette miniature du Boeing 707. C'est ce genre de détail qu'on découvre au bout de quelques jours de port en observant sa montre sur certains angles, qui provoque un petit sourire. L'horlogerie, c'est aussi des petits plaisirs cachés. Côté dispo et prix, Christopher Ward a limité cette édition à 707 exemplaires. Encore un clin d'œil au Boeing 707. Vendue au prix d'environ 1995 dollars, soit dans les 1850 euros. Et voilà le tour de force de cette montre. Elle réussit à allier l'esthétique vintage d'une époque révolue avec les caractéristiques d'une véritable tool watch. Elle est étanche à 300 mètres avec un verre saphir bombé et une construction qui ne craint pas le quotidien. C'est une montre pour les nostalgiques, oui, mais aussi pour ceux qui cherchent une GMT originale. différentes des éternels Rolex GMT ou Tudor BlackBell GMT. Une pièce qui raconte une histoire à chaque fois qu'on consulte l'heure. Petit détail également, la montre est fournie sur bracelet acier ou sur un ato gris qui lui va magnifiquement bien. Le packaging aussi a été énormément travaillé par Christopher Ward. On retrouve un packaging bleu gravé du logo de la Paname. Passons maintenant à l'actualité qui fait beaucoup de bruit dans les coulisses de l'industrie horlogère suisse. Le géant Richemont vient de vendre 100% de Beaumé Mercier au groupe italien Damiani. Pour bien comprendre la portée de cette annonce, revenons quelques instants sur le contexte. Le groupe Richemont, c'est un mastodonte qui possède Cartier, Vacheron Constantin, IWC, Jager Lecoultre, Piaget, enfin bref, un portefeuille de marque horlogère de prestige. Mais voilà, toutes ces marques ne jouent pas dans la même cour. Cartier et Vacheron, ce sont des mastodontes de marge colossale. A l'inverse, Beaumé Mercier, malgré une histoire vénérable, la maison a été fondée en 1830 quand même. peinaient ces dernières années sur le segment ultra concurrentiel des montres entre 2000 et 5000 euros. Ce segment-là, c'est le champ de bataille où se croisent Tudor, Longines, Oris, Tissot, des marques avec des identités fortes, des prix agressifs. Beaumé Mercier, avec ses collections Clifton très classiques et Riviera plus sportives, avait du mal à se démarquer. Richemont a donc décidé de tailler dans le vif, pour se concentrer sur les marques les plus rentables. C'est brutal, mais c'est le jeu du luxe moderne. La concentration sur quelques marques ultra puissantes plutôt que sur la dispersion. Et là, qui rachète ? Damiani. Damiani, c'est un groupe familial italien, géant de la joaillerie, fondé en 1924. Ils possèdent aussi les véritables verriers Venini et le distributeur Roca 1794. Leur plan ? Utiliser leur expertise en joaillerie et leur réseau de distribution particulièrement fort en Italie pour relancer la marque Bommé Mercier. Et l'Italie, justement, c'est un marché où la marque possède encore une image positive et une certaine notoriété. Richemont ne claque pas la porte brutalement néanmoins. Le groupe assurera un support opérationnel pendant environ 12 mois après la finalisation de la vente, prévue pour l'été 2026. Cela permettrait une transition douce pour les employés, les fournisseurs et les détaillants. Alors, renaissance ou agonie ? L'avenir nous le dira. Mais une chose est sûre, c'est un nouveau chapitre qui s'ouvre pour cette maison presque bicentenaire. Et franchement, voir un groupe familial italien prendre une marque plutôt qu'un fonds d'investissement, ça reste rassurant. Passons maintenant à notre rubrique « Le saviez-vous ? » . Alors cette semaine, on parle d'une convention la plus respectée du monde horloger. Le fameux 10h10. Observez n'importe quelle publicité de montre. n'importe quel catalogue horloger, n'importe quelle vitrine de bijouterie, les aiguilles affichent systématiquement 10h10. Rolex, Patek Philippe, Omega, Seiko, de la marque de luxe la plus élitiste à la montre d'entrée de gamme, toutes respectent cette convention mystérieuse. Mais alors pourquoi ? La raison principale est psychologique et étonnamment efficace. À 10h10, les aiguilles forment un sourire. Des chercheurs ont démontré scientifiquement ce phénomène dans une étude publiée en 2017 dans la revue Frontier & Psychologie. Ils ont testé directement l'hypothèse selon laquelle une montre réglée à 10h10 ressemble à un visage souriant, une montre réglée à 8h20 ressemble à un visage triste. Résultat, les participants exposés à des montres affichant 10h10 ont exprimé des émotions plus positives et une meilleure disposition à l'achat que ceux exposés à d'autres heures. C'est ce qu'on appelle la pareidolie. Notre cerveau cherche instinctivement des visages et des expressions humaines partout, même sur le cadran d'une montre. Les aiguilles pointés vers le haut évoquent inconsciemment la joie, l'optimisme, le dynamisme. A l'inverse, une montre réglée à 8h20, les aiguilles pointées vers le bas, ressemblent à une bouche triste, un visage abattu. Pas vraiment vendeur. Au-delà de la psychologie, la position 10h10 offre des avantages visuels indéniables. La plupart des marques placent leur nom et leur logo entre 11h et 1h, juste sous le 12. A 10h10, les aiguilles encadrent élégamment cette zone, créant un effet de mise en valeur naturelle. Le regard est... immédiatement attiré vers le nom de la marque. Deuxièmement, cela crée une symétrie parfaite. Les aiguilles forment un V harmonieux ou V rééquilibré. Cette symétrie est visuellement apaisante et donne une impression d'ordre et de qualité. Numéro 3, une visibilité totale. Les aiguilles ne se chevauchent jamais à 10h10, ce qui permet d'apprécier leur design respectif. Formes, longueurs, finitions, matériaux, chaque détail est visible. Numéro 4, les complications accessibles. Sur une montre avec des complications, chronographe, phase de lune, guichet de date. La position 10h10 laisse les sous-cadrans parfaitement dégagés, notamment celui à 6h qui devient visible avec la trotteuse des secondes pointée vers le bas. Niveau histoire, c'est une convention née dans les années 50. Contrairement aux légendes urbaines qui circulent, la tradition du 10h10 ne remonte pas à la mort de Louis XVI, guillotiné à 10h22, pas à 10h10, ni à quelconque événement tragique. Selon les chercheurs historiques, avant les années 50, les montres publicitaires étaient souvent réglées à 8h20, une disposition qui laissait le cadran dégagé Merci. mais créait cet effet bouche triste. Dans les années 20-30, différentes heures étaient utilisées sans convention claire. A partir des années 50, l'industrie horlogère standardise progressivement le 10h10, comprenant intuitivement son impact visuel positif. Cette convention devient si forte qu'elle traverse toutes les frontières. Apple, lors du lancement de l'Apple Watch en 2015, affiche 10h09, une légère variation pour se démarquer tout en respectant le principe. Les fabricants japonais, chinois, européens, tous adoptent le 10h10. Même les horloges murales dans les publicités respectent cette règle. C'est devenu un code universel du marketing horloger. Une règle non écrite, mais scrupuleusement respectée. Alors, il y avait quelques mythes autour de ce 10h10. Et on va les démonter. Mythe numéro 1, c'est l'heure de la mort de Louis XVI. On en a parlé précédemment, c'est totalement faux. Mythe numéro 2, c'est l'heure du Méridien de Greenwich. Certains racontent que la convention du Méridien de Washington signé en 1884, aurait établi le méridien de référence à 10h10. En réalité, il n'y a aucune source fiable confirmant ce lien. Mythe numéro 3, c'est l'heure de naissance de l'horlogerie moderne. C'est une légende, aucun horloger historique célèbre n'est né ou mort à 10h10. C'est une pure invention romantique. La vérité est bien plus prosaïque. C'est du marketing intelligent. Point final. On peut noter quelques exceptions notables. Toutes les marques ne suivent pas aveuglément la règle. Timex a parfois utilisé 11h43 dans certaines publicités pour se différencier. L'Apple Watch préfère 10h10 avec 30 secondes, créant une légère asymétrie distinctive. Certaines marques indépendantes utilisent des heures aléatoires pour affirmer leur indépendance créative. Mais ces exceptions restent rares, le 10h10 règne en maître absolu depuis plus de 70 ans. En conclusion, le mystère du 10h10 n'en est au final pas vraiment un. C'est une stratégie marketing brillante, basée sur la psychologie humaine, l'esthétique et la lisibilité. Chaque fois que vous admirerez une montre en vitrine ou dans un magazine, vous verrez inconsciemment ce sourire. Ce sourire vous met de bonne humeur, évoque des émotions... positive et subtile, et vous donne envie d'acheter. C'est discret, élégant, universel et terriblement efficace. Alors la prochaine fois que vous passez devant une bijouterie, jetez un oeil aux montres exposées, elles vous sourient toutes, et maintenant vous savez pourquoi. Passons à notre thème principal. Bien, on arrive maintenant au cœur de notre émission, notre grand dossier de la semaine. Et aujourd'hui, on s'attaque à un sujet qui frustre, interroge, et parfois en fout les amateurs de montre. Les fameuses listes d'attente. Si vous avez déjà poussé la porte d'une boutique Rolex, Patek, Haute-Marpiguée, vous connaissez la chanson. Excusez-moi monsieur, auriez-vous un Daytona acier ? Malheureusement non, je peux vous inscrire sur notre liste. Super, combien de temps d'attente ? Difficile à dire, nous n'avons pas de visibilité. Entre quelques mois et plusieurs années. Voilà, bienvenue dans l'univers parfois absurde. des listes d'attente horlogères. Alors réalité économique incontournable ou stratégie marketing bien huilée ? On va démêler tout ça ensemble. Alors déjà, qu'est-ce que c'est qu'une liste d'attente vraiment ? La première chose à comprendre, le terme « liste d'attente » est profondément trompeur. Dans la réalité, on devrait plutôt parler de liste d'intérêt ou de liste de souhait. Pourquoi cette nuance est-elle cruciale ? Parce que contrairement à ce que le terme suggère, ce n'est pas une file d'attente ordonnée. Ce n'est pas le système du boulanger où la dixième personne dans la queue reçoit la dixième baguette. Dans le monde de l'horlogerie de luxe, les détaillants sont totalement libres de choisir à qui ils vendent. Vous pouvez vous inscrire depuis deux ans et voir quelqu'un arriver la semaine dernière repartir avec la montre que vous convoitiez. Frustrant ? Absolument. Légal ? Tout à fait. Les marques donnent des guidelines à leurs détaillants. Privilégiez les clients fidèles, évitez les revendeurs. Mais au final, c'est le vendeur qui décide. Et cette décision repose sur des critères que nous allons explorer. Alors pourquoi ce système existe-t-il ? Est-ce que les marques se font plaisir à frustrer les clients ? Pas exactement. Il y a des raisons structurelles et stratégiques. Prenons Rolex. La marque produit plus d'un million de montres par an. Impressionnant. Sauf que, une fois ce volume réparti entre tous les modèles de la gamme, Submariner, GMT, Daytona, Day-Day, Datejust, toutes les références, acier, or, platine, les différents cadrans, Et sans oublier tous les pays détaillants du monde. Un détaillant moyen, même dans une grande ville, ne reçoit parfois qu'un ou deux exemplaires d'un modèle très demandé par an. Une Daytona Platine ? Certaines boutiques n'en voient qu'une tous les deux ans. Imaginez maintenant qu'il y ait 50 personnes sur la liste pour ce modèle. Vous comprenez le problème. Deuxième raison plus cynique, l'exclusivité volontaire. Des marques comme Aude Marpiguier ou Patek Philippe pourraient techniquement produire davantage. Elles en ont les capacités, le savoir-faire, les moyens financiers. Mais elles choisissent délibérément de ne pas répondre à toute la demande. Pourquoi ? Parce que la rareté crée le désir. C'est le principe du luxe. Ce qui est accessible à tous perd immédiatement sa valeur symbolique. Jean-Claude Biver, l'ancien patron de Tag et Hublot, disait « Le luxe, c'est ce qu'on ne peut pas avoir » . Cette rareté artificielle maintient les prix, préserve l'image de marque et crée cet effet fil d'attente, qui paradoxalement renforce encore plus le désir. La troisième raison, c'est la lutte contre la spéculation. Un flipper, dans le jargon horloger, c'est quelqu'un qui achète une montre très demandée, au prix boutique, puis la revend immédiatement sur le marché de l'occasion avec une prime parfois considérable. Pendant la folie spéculative de 2022, certaines Rolex Daytona en acier se revendaient avec 100% de prime par rapport au prix boutique. Des gens faisaient littéralement la queue devant les boutiques, non par passion, mais par pur opportunisme financier. Et les marques, elles détestent ce phénomène. Pourquoi ? Parce que ça énerve les vrais clients passionnés, ça alimente un marché gris sur lequel la marque ne contrôle rien, ça donne une image spéculative plutôt qu'artisanale. Du coup, les détaillants ont développé des stratégies pour filtrer. Historique d'achat, profil du client, réseaux sociaux. Oui, certains vont jusqu'à checker les réseaux sociaux si vous avez des photos de revente sur votre Instagram. Bon, maintenant qu'on a compris le pourquoi, parlons du comment. Comment maximiser vos chances d'obtenir la montre de vos rêves ? Parce que oui, il y a des codes, des stratégies, presque des rituels selon les marques. Chez Rolex, par exemple, le mot d'ordre, c'est la fidélité. La marque à la couronne privilégie les clients qui fréquentent régulièrement la boutique, sans forcément acheter à chaque fois, ont un historique d'achat chez les détaillants, et pas forcément que des montres, une paire de boucles d'oreilles pour votre compagne, ça, ça compte. Et montre un intérêt authentique pour l'horlogerie. Concrètement, passez de temps en temps, discutez avec le vendeur, montrez que vous connaissez les modèles, l'histoire de la marque, et créez une relation. Un conseil, surtout soyez patient et réaliste. Si vous débarquez en demandant une Daytona sans jamais avoir mis les pieds dans la boutique, vous risquez d'attendre très très longtemps. Commencez peut-être par un modèle plus accessible, une Oyster Perpetuelle, et construisez votre relation avec la boutique en même temps que votre collection. Chez Patek Philippe, l'approche est encore plus particulière. Pour certains modèles ultra-demandés, comme la Nautilus 5711, bon, elle a été discontinuée, mais prenons-la en exemple. Certains collectionneurs sont allés jusqu'à écrire une lettre manuscrite au directeur général de leur boutique. C'est presque un entretien d'embauche pour avoir le droit d'acheter une montre à 30 000 euros. Absurde, peut-être, mais ça a fonctionné pour certaines personnes. Patek Philippe se considère comme une manufacture familiale qui vend à des familles. Ils veulent que leurs montres soient transmises de génération en génération, pas revendues sur Chrono24 trois mois plus tard. Potentiellement, si vous voulez entrer par la maison, passez par du vintage sur le marché du gris. Faites entretenir votre modèle chez Patek Philippe. Cela vous donnera un historique d'achat, même si les montres n'ont pas été achetées à l'origine chez eux. Ça montrera aussi que vous attachez beaucoup d'importance à la transmission, à garder des modèles vintage et ça peut vous favoriser. D'autre part, n'hésitez pas à discuter. Les salons sont parfois impressionnants, mais n'hésitez pas à rentrer et à discuter avec votre vendeur. Vous seriez parfois très surpris. Passons à Audemars Piguet, qui a une approche très différente, plus axée sur l'expérience de la communauté. La marque organise régulièrement des événements, visites de la manufacture, lancements de collections, dîners exclusifs, rencontres avec des ambassadeurs. Participez à ces événements, montrez votre visage, échangez avec les représentants de la marque, ça compte énormément. AP veut des clients qui vivent la marque, pas juste ceux qui achètent un produit. Il privilégie aussi les collectionneurs qui s'intéressent aux modèles moins évidents, pas seulement la Royal Oak classique, mais aussi les complications, les éditions spéciales, les pièces historiques. Là encore, acheter un modèle vintage, ou en tout cas sur le marché du gris, le faire entretenir chez Audemars Piguet, ou pour certains modèles un peu plus récents, l'enregistrer sur le site d'Audemars Piguet et vous mettant propriétaire de ce modèle, même si vous ne l'avez pas acheté chez Audemars, permet de faire un historique d'achat. Chez Vacheron, la plus ancienne manufacture horlogère du monde, fondée en 1755, l'approche est plus intellectuelle, plus discrète. La marque apprécie des clients qui connaissent vraiment l'histoire horlogère de la maison, qui s'intéressent aux complications et à la très haute horlogerie. On a une approche de collectionneur éclairé. Beaucoup moins bling, beaucoup moins show-off, plus de connaissances. Vacheron, c'est pour les amateurs qui savent reconnaître le poinçon de Genève, comprendre ce qu'est un tourbillon, une répétition minute, et admirer des magnifiques finitions sur un mouvement. En somme, pas de secret, allez dans les boutiques, régulièrement, renseignez-vous sur la marque, montrez aux détaillants que vous connaissez la valeur de ces pièces. Maintenant, la bonne nouvelle, et elle est taille, c'est les listes d'attente commencent à se raccourcir. Après des années de folie spéculative, où certaines montres étaient virtuellement introuvables, le marché se normalise enfin en ce début d'année 2026. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La prime à la revente sur le marché d'occasion, c'est-à-dire la différence entre le prix boutique et le prix sur le marché secondaire, s'effondre. En exemple concret, la prime moyenne pour une Rolex est passée de 38% en 2024 à environ 7%. Encore une fois, c'est une moyenne. Certains modèles qui se vendaient avec 50% de prime se trouvent maintenant au prix boutique, voire en dessous. Les Patek Nautilus qui atteignaient des sommets stratosphériques redescendent sur Terre. Alors, oubliez pour en avoir une au prix boutique. Mais les prix commencent à être raisonnables. Il y a toujours un trio de tête, Vacheron, Patek, Haute-Marpillée, qui maintient un prix gris supérieur sur la plupart de ces modèles au prix de l'occasion. Mais pour des Rolex, ce n'est pas trop difficile aujourd'hui de trouver des prix boutiques, voire un tout petit peu en dessous. Alors pourquoi ce changement ? La normalisation post-Covid. Pendant la pandémie, avec l'argent, des plans de relance, l'impossibilité de voyager et de dépenser ailleurs, le marché des montres de luxe a connu une bulle spéculative. Cette bulle se dégonfle progressivement. En deux, l'augmentation de la production. Rolex notamment a augmenté ses capacités de production. La nouvelle manufacture de bulles en Suisse permet de produire davantage sans sacrifier la qualité. La pseudo fin de spéculation. Les flippers ont compris que l'arbitrage n'est plus aussi juteux. Beaucoup ont revendu leurs stocks, inondant temporairement le marché secondaire. En 4, la hausse des taux d'intérêt. Avec des taux d'intérêt plus élevés, l'argent placé en obligation au livret rapporte à nouveau. Les actifs alternatifs comme les mondes de luxe deviennent donc moins attractifs. Concrètement, qu'est-ce que ça signifie pour vous ? C'est le meilleur moyen depuis des années pour essayer d'obtenir la montre de vos rêves. Les détaillants ont moins de pression, moins de clients qui font la queue, et donc sont plus enclins à écouter vos demandes. Si vous êtes un vrai passionné et non un spéculateur, c'est votre fenêtre d'opportunité. Et même sur le marché de l'occasion certifiée, les prix deviennent enfin raisonnables. Des plateformes comme Chrono24, Watchbox ou Watchfinder proposent des pièces avec certificat d'authenticité garantie et surtout disponible immédiatement. Nous arrivons au terme de cet épisode. Que retenir de tout ça ? D'abord, que vous soyez tenté par... la superbe Christopher Ward C60 Clipper GMT qui nous ramène à l'âge d'or de la Paname, ou que vous fassiez le pied de grue devant une boutique Rolex en espérant décrocher une Daytona, gardez une chose en tête, l'horlogerie doit rester un plaisir. Les listes d'attente font partie du jeu dans l'univers du luxe horloger. Elles sont frustrantes, parfois absurdes, mais elles reflètent aussi une réalité économique et une stratégie de marque. Comprendre ces mécanismes, c'est déjà mieux les accepter, ou choisir de ne pas y jouer. Si une liste d'attente vous semble insupportable, Rappelez-vous qu'il existe des alternatives. Le marché de l'occasion certifié, avec des pièces authentifiées et garanties. Des marques indépendantes, comme Mother, MBNF, Recense, qui offrent une créativité folle et une disponibilité immédiate. Les marques plus accessibles comme Tudor, Auris, Christopher Ward justement, qui proposent des montres de très haute qualité sans le jeu psychologique. Et avec la baisse actuelle des prix spéculatifs et le raccourcissement des listes d'attente, il n'y a jamais eu de meilleur moment pour devenir un simple amateur de belles mécaniques. plutôt qu'un investisseur obsédé par la vente. L'horlogerie, au fond, c'est l'art de mesurer le temps. Alors prenons justement le temps. Le temps d'apprécier, le temps d'apprendre, le temps de choisir la pièce qui nous fait vraiment vibrer. Merci infiniment de m'avoir écouté jusqu'au bout. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à nous laisser un commentaire pour nous raconter votre expérience avec les listes d'attente. Avez-vous déjà obtenu la montre de vos rêves ? Ou au contraire, avez-vous jeté l'éponge ? N'hésitez pas à partager ce podcast autour de vous. nous suggérez les sujets dans les prochains épisodes. N'oubliez pas le compte Instagram et TikTok, j'échange déjà pas mal de MP avec la communauté et c'est un plaisir d'avoir de vos retours. Pensez également à jeter un oeil aux shorts YouTube, des nouveautés s'y trouvent toutes les semaines. D'ici là, prenez soin de vous, profitez de chaque instant, et surtout, soyez à l'heure !