- Anouck GRAU
Je me retrouve, il faut tout que j'annule. J'avais une équipe de 15 personnes qui travaillaient sur le projet, des bénévoles et tout. Et là je me suis dit ok, bon c'est fini, qu'est-ce que je fais ? Et bien je me suis barrée en Californie, je me suis dit je commence la cuisine et je commence un bloc de cuisine. Il goûte et il me dit mais c'est quoi ton truc ? Je lui dis bah c'est ma petite purée de pois chiches et tout. Et c'est là que Yana est née. Il n'y a pas eu plus de questions, il n'y a pas eu plus. Il a dit mais il faut absolument faire quelque chose avec ça.
- Chris Bellamy
Le plus grand défi c'est d'éduquer les gens, de penser de leur corps. Comme un humain, un organisme vivant, et pas comme une machine. Si tu as une voiture qui ne marche pas très bien, la solution ce n'est pas de mettre encore du carburant dans la voiture qui est cassée. L'approche c'est de réparer le moteur de la voiture.
- Anouck GRAU
Réduire le discours d'il faut des glucides pour fournir de l'énergie et des protéines pour la récupération musculaire, ça marche à un temps, à un moment donné certes, mais ça ne marche pas dans une vision globale.
- Chris Bellamy
Notre ambition pour l'entreprise à long terme, c'est de créer une communauté, un écosystème qui promouvoit une approche plus durable pour le sport.
- SUEUR D'ESPOIR
Le point de départ de cet épisode, c'est une réflexion que je me suis faite lors de ma dernière course quand en passant devant l'un des ravitaux, j'ai vu cette assiette remplie de bananes et d'abricots secs. Je me suis alors dit que ça faisait bien longtemps que je n'en prenais plus lors de mes courses. En effet, aujourd'hui, je n'achète plus mes ravitaillements sur les étals de marché. Et pour cause, quand j'ai demandé à mon maraîcher s'il avait des gels avec un ratio fructose-glucose optimisé, il m'a regardé bizarrement. Mais en regardant le Tour de France sous la diagonale des fous, lorsque je me suis aperçu que les pros ne mangeaient pas que des gels, mais aussi des vrais aliments comme du riz, des compotes ou des purées, je me suis demandé si je n'étais pas parti... un peu trop loin, à vouloir soi-disant tout optimiser, pour au final finir souvent écœuré. D'ailleurs, en regardant les chiffres, 50% des abandons sur Ultra Trail sont liés à des problèmes digestifs. Un abandon sur deux. L'enjeu de réussir à se nourrir correctement et longtemps sur Ultra Trail est donc un enjeu de taille tout de même. Sur l'UTMB, j'ai découvert une marque, Yanaa, qui est sortie de terre, comme les aliments qu'ils mettent dans leur purée. Leur objectif, proposer des alternatives salées, mais surtout naturelles et digestes, à incorporer dans la diversification de ces plans de nutrition. Quelques mois après, je me suis dit qu'il serait sympa de les rencontrer. Avant d'être l'histoire d'une nutrition sportive qui se veut plus naturelle, Yana c'est surtout l'histoire d'Anouk et Chris, les deux fondateurs de la marque. Entre jeunesse en Inde, robe d'algues bioluminescentes pour une marque de haute couture en Polynésie française, exposition d'art urbain en Suisse ou surf trip en Californie, leurs histoires respectives vaut le détour. À la fin, en plus d'en apprendre davantage sur la nutrition, vous aurez fait un vrai tour du monde en moins d'une heure. C'est gratuit et ça ne représente aucun gramme de CO2.
- Chris Bellamy
Le nom YANAA, c'est un acronyme pour You Are Not An Astronaut. Et ça c'est sur plusieurs principes, mais le premier principe c'est de ne pas manger les aliments spatials. Parce que moi quand je suis athlète, j'ai développé pas mal de problèmes de santé à cause de l'alimentation sportive. J'ai les problèmes dentaires, j'ai les problèmes digestifs et aussi je suis pré-débête à cause de l'alimentation sportive. Et ça c'est à cause de toutes les choses sucrées et ultra-transformées que j'ai mangé pendant plusieurs heures par jour. Le deuxième principe c'est de ne pas être trop sérieux. Et la dernière raison, c'est de garder cette planète. Et pour nous, ça c'est vraiment le principe de Yanaa. C'est pas juste un projet d'alimentation sportive, c'est un projet qui aligne toutes nos valeurs.
- SUEUR D'ESPOIR
Pour comprendre comment les chemins d'Anouk et Chris se sont croisés, il me faut remonter le fil de leur histoire respective, car vous verrez, l'histoire de Yanaa regroupe plusieurs rubriques de leur parcours.
- Anouck GRAU
Si je le regarde en arrière, je pense que le sport m'a sauvée et ça a été un moyen, ça a été un échappatoire. J'ai grandi en Inde, entre l'Inde et la France, avec une mère triathlète, backpacker, un peu baba cool, et ce qui fait qu'on passait nos étés en France où elle s'entraînait pour ses triathlons, elle gagna absolument tout à l'époque. Et le reste de l'année, on était en Inde, en Himalaya, à faire des treks, à nager et tout. Donc j'ai toujours été très active, petite, mais je n'ai jamais eu de structure ni d'infrastructure. Et ma mère a toujours été anti-club et anti-tout. Ça a été une des premières femmes en France à s'acheter une planche de snowboard, à être une snowboardeuse sur les pistes au début des années 90. Ce qui fait que... Ça aussi, je pense que c'est ça qui m'a inspirée, c'est que je voulais faire comme maman.
- SUEUR D'ESPOIR
N'ayant jamais pu aller dans des grandes stations, à 16 ans et pleine de candeur, elle fait part de son rêve que le snowboard ait aussi des aménagements spécifiques, comme le skate. Provoquant le rire de son copain de l'époque, elle apprend que cela existe déjà et que ça a un nom, les snowparks.
- Anouck GRAU
Et là, j'ai fait, ah ouais, il y a des snowparks, ça existe. Et le soir même, il me montre une vidéo de snow. Donc avec des mecs qui faisaient des tricks et tout. C'était une vidéo de Divide à l'époque. Et en fait, je découvre ça en live à 16 ans et demi que le freestyle existe. Et en fait, c'est ça. J'ai vu cette vidéo et je me suis dit je veux faire ça de ma vie et je veux être professionnelle et ça va être ça. J'avais aucun moyen financier parce que c'est quand même une pratique qui coûte cher. Je ne viens pas d'une famille qui a les moyens, en tout cas pas de parents qui ont les moyens. Et en fait, j'ai trouvé un snowboard dans un vide-grenier à 30 euros. Mais un truc, si je retrouve des photos de ce snowboard, j'ai trouvé des habits. On m'a donné des habits, je ne ressemblais vraiment à rien. Et j'ai commencé mes premières sessions de snowboard à faire du stop pour monter à Avoria et à passer sous les tourniquets pour pouvoir faire du snowpark. Et la chance que j'ai eue, c'est que j'étais pas si mauvaise, je crois que j'avais pas peur. Et en quelques mois, je me suis retrouvée avec des sponsors à gagner les championnats de France et à pouvoir avoir une board décente, des fringues décentes et un forfait gratuit parce que la station m'a sponsorisée. Donc j'ai commencé un petit peu ma carrière comme ça dans le sport et c'est là où je pense qu'à travers le snowboard, j'ai trouvé une communauté, une communauté sportive. sportive mais aussi créative, parce que c'est aussi un sport qui a des connotations artistiques. Et grâce à cette communauté, je me suis rattachée à ça, et c'est un petit peu ça qui a guidé après tout le reste de ma vie. C'est des amis que j'ai eus, c'est une manière de voir le monde, c'est une manière d'appréhender aussi l'art et ma pratique de tous les jours. Voilà, ça m'a vraiment inspirée.
- Chris Bellamy
J'ai grandi en Angleterre. On plane nature dans une petite ferme et j'ai une famille de médecins, vétérinaires et fermiers. Mais quand j'ai fait le choix pour mes études à l'université, j'ai décidé de faire les études d'ingénierie. Mais ça c'est un peu bizarre parce que je suis un enfant qui est passionné par la nature et un enfant qui est vraiment intéressé par le but de la vie. Quel est le sens d'être vivant ? Je suis parti à l'université de Cambridge pour faire des études en ingénierie. J'ai adoré ça parce que j'adore la simplicité de la mathématique, de la physique. Et pour les prochaines 14 années, j'ai suivi une carrière en ingénierie. Le développement des produits et de créer les produits. mais je suis toujours intéressé par la durabilité. À côté de mon carrière professionnelle en ingénierie et design, je suis athlète de haut niveau et j'ai fait du labyrinthe pour l'équipe de Cambridge et pour l'équipe nationale. C'est un sport où ce n'est pas possible d'avoir les métriques sur toutes les performances. Quand tu es dans un bateau avec 7 autres rameurs, c'est nécessaire d'utiliser les sens. d'être en rythme avec les autres gens, de sentir ton corps et ta limite, et de pousser ta limite personnelle. Après, je suis sorti, j'ai quitté l'Angleterre pour travailler au Canada, et ce n'est pas possible pour moi de continuer de faire du labyrinthe, et j'ai commencé à faire du triathlon à haut niveau. Et c'est un sport que j'adore, l'entourance est super intéressante pour moi, mais... À la fin, quand je suis champion du monde à Hawaï pour Ironman, j'ai réalisé que je n'aime pas du tout ce sport parce que c'est trop sérieux. Et l'esprit du triathlon a commencé à être de plus en plus comme l'humain c'est une machine, l'alimentation c'est un carburant. C'est seulement de penser à la vitesse du battement du corps, vraiment de voir l'humain comme une machine. le corps comme une machine. Et pour cette raison, j'ai décidé de quitter le triathlon pour faire du trail parce que c'est un esprit beaucoup plus humain. C'est un esprit où si un jambe tombe à côté du chemin, tous les gens arrêtent pour aider lui. Et pour moi, j'ai adoré ça.
- SUEUR D'ESPOIR
Le chapitre sport est un passage majeur de l'histoire d'Anouk et Chris. Mais leur curiosité et leur passion pour le monde qui les entoure vont les emmener découvrir d'autres domaines d'expression.
- Anouck GRAU
En quelques années, je suis arrivée à l'âge où je voulais toujours arriver en snowboard. Et je me suis retrouvée à 23, 24 ans où finalement je me suis rendue compte que je tournais en rond, que je me réveillais le matin pour... pour m'entraîner, pour aller sauter des sauts, de faire des figures et tout. En fait, je commençais à m'embêter et pour moi, ça n'avait plus de sens. Et au final, je me suis dit, mais en fait, pourquoi je fais ça ? Pourquoi je suis là ? Et je m'embête, quoi. Et au final, c'était une période de transition où soit je continuais le snowboard à haut niveau et j'essayais d'avoir accès au Freeride World Tour où il y a tous mes amis maintenant qui sont sur le tour et qui gagnent et je suis hyper fière d'eux. Et finalement, il y a une partie de moi où je me suis dit, non mais en fait j'ai besoin de plus que ça.
- SUEUR D'ESPOIR
Les étés, quand elle n'est pas sur sa planche de snow, Anouk travaille dans un lieu d'art et de création à Genève. Une manière pour elle de s'exprimer différemment qu'à travers le sport, et l'occasion aussi de préparer l'après-carrière de sportif de haut niveau.
- Anouck GRAU
Et de fil en aiguille, dans cet espace d'art, j'ai créé une exposition qui mettait en avant la culture urbaine et la board culture à travers l'art, parce que pour moi ça a toujours été des sports créatifs. Et finalement, c'est une exposition qui a eu beaucoup de succès et j'ai décidé d'arrêter le snowboard parce que j'ai trouvé d'autres intérêts ailleurs. J'ai un peu dirigé ma vie toujours avec des concours de circonstances et des passions que j'ai fait à 100% pendant plusieurs années jusqu'à arriver à d'autres passions. Franchement c'était dingue, j'avais 24 ans, première exposition, il y avait 1500 personnes au vernissage. Je pensais qu'il y allait... En plus j'avais même fait un thème avec une... Le thème c'était d'arriver déguisé. Je me suis dit j'ai tous mes potes qui vont arriver déguisés en haute... dog, ça va être super drôle, il y avait une mini, on allait faire du skate, on allait boire de la vodka, et voilà. Et là, tu te retrouves avec 1500 personnes, avec des collectionneurs, avec des personnalités publiques, politiques de la vie de Genevoise, et du coup, j'ai trouvé un autre intérêt, donc j'ai vraiment, le snowboard est parti de manière hyper fluide, et j'ai pas eu de deuil vis-à-vis de ma carrière sportive. J'ai... toujours eu une part de moi de frustration parce que ma vraie passion, c'est la nourriture, c'est la cuisine. Depuis petite, le premier truc que j'arrivais quand j'allais chez ma grand-mère, je courais dans la cuisine, je regardais ce qu'elle faisait et je piochais dedans et j'ai vraiment une appétence, je mange comme quatre, plus que mon mec, plus que mes potes et ma passion c'est ça, c'est de cuisiner. Et du coup je me suis dit, waouh, j'ai arrêté le snowboard, je me retrouve dans une... carrière où je suis curatrice, où je mets des expositions, je fais de la gestion de projets. Mais finalement, je fais venir des artistes, je fais venir des créateurs et je me retrouve où moi, je ne peux pas créer. Mais ce qui me plaît, c'est de créer. C'était des super années, mais toujours, voilà, cette petite frustration. Il y a des votations qui se passent à Genève. Ils suppriment absolument toutes les subventions et le budget culturel de la ville. Et du jour au lendemain, à un mois de notre... troisième édition, on avait un bâtiment entier de plusieurs étages, on allait faire du street art, on avait une cinquantaine d'artistes qui étaient prévus, je me retrouve, il faut tout que j'annule, j'avais une équipe de 15 personnes qui travaillaient sur le projet, des bénévoles et tout, et là je me suis dit ok, bon, c'est fini, qu'est-ce que je fais ? Et moi je me suis barrée en Californie, je me suis dit je commence la cuisine et je commence un bloc de cuisine. Parce que je n'ai pas de formation, donc je ne peux pas travailler dans un resto. Je n'en avais pas forcément l'envie. J'avais le luxe de pouvoir me dire, ok, j'ai quelques mois de battement financièrement et tout. Et du coup, je pars surfer en Cali. Et je cuisine,
- Chris Bellamy
Le même moment dans mon carrière professionnelle, quitter l'ingénierie, commencer de faire du marketing. Et je suis arrivé chez Salomon. Et j'ai un poste chez Salomon où je suis responsable marketing et responsable d'innovation de produits. Et pour moi, j'ai réalisé qu'il y a un problème, tous les problèmes avec les produits que j'ai développés, c'est les produits qui rationnellement sont bons, mais les projets n'ont toujours pas marché à cause d'un côté humain, un côté émotionnel. Par exemple, les voitures électriques. Ils ont très fun de conduire un voiture électrique et la vitesse de perdre les pneus. C'est deux fois plus vite dans une voiture électrique qu'une voiture normale. C'est le mode à conduire d'une voiture électrique qui arrive à... C'est le même impact qu'une voiture normale. Aussi, avec les chaussures recyclables, nous avons créé les chaussures recyclables, mais il n'y a pas un personne qui a retourné les chaussures recyclables pour être recyclé. On peut recycler les chaussures, mais de côté émotionnel... Les gens ne veulent pas faire ça. Il n'y a pas une motivation émotionnelle pour les gens. Et quand j'ai commencé à travailler sur le marketing, j'ai réalisé que c'est possible de convaincre les gens de faire les choses irrationnelles avec les émotions. Et par exemple, quand on fait du sport, de courir à 100 km ou de faire un VTT sur une montagne à 80 km par heure entre les arbres, ça, ce n'est pas un choix rationnel. Et pour moi, j'ai réalisé que... Si je peux travailler sur ça, je prouverai la solution pour tous les projets que j'essaie de faire. Et pour cette raison, j'ai quitté Salomon et j'ai fait mes études à une université des arts. C'est à Central Saint-Martin à Londres. Et c'est une université qui est assez radicale de la mode. J'ai fait une immersion dans ce monde artistique. Et j'ai réalisé que le mont Lézard peut aider à convaincre les gens de changer leur habitude. Et comme ça, ils peuvent faire des choix qui sont mieux pour l'environnement.
- SUEUR D'ESPOIR
Il part même en Polynésie française rencontrer les scientifiques et les populations locales pour s'intéresser aux vivants. Il se spécialise en biodesign et se retrouve à réaliser un projet pour la marque de haute couture Iris Van Erpen. Élu jeune ingénieur de l'année pour l'implémentation des moteurs électriques dans les voitures Jaguar Land Rover, puis à l'initiative de la création des chaussures recyclables, le voici désormais en train de créer une robe d'algue bioluminescente à l'autre bout du monde pour l'une des plus prestigieuses maisons de mode. 1000 vies en une qui lui ont permis petit à petit de trouver sa mission et de bientôt rencontrer sa future associée. En Californie, entre session de surf et test culinaire, Anou cuisine encore et encore et elle adore ça. Son bloc d'école, et pour elle, c'est la révélation.
- Anouck GRAU
Et là, avec cette expertise sportive et dans l'art et dans la food, je me suis dit ok, c'est cool, il y a tout qui fait sens, c'est toute la créativité, c'est de la création et tout, mais il me manquait le lien entre tout ça. Et un jour je me réveille et je me suis dit mais en fait c'est ça qu'il faut que je fasse, il faut que je fasse des études de nutrition. Parce que la nutrition, c'est le lien et ça me permettra de faire les ponts entre tout ce que j'aime. Et voilà que trois mois plus tard, je m'embarque pour trois ans d'école de nutrition extrêmement passionnante. Et pourtant, ce qui est fou, c'est que je n'ai jamais été une scientifique. Je n'ai jamais eu d'appétence et surtout, je n'ai jamais été très forte dans tout ce qui est équation et tout le machin. Mais j'ai trouvé que du coup, la nutrition était extrêmement... Voilà, c'était hyper intéressant. Et sans m'en rendre compte... Plutôt que de faire des études de nutrition normale, je me suis inscrite dans une école de nutrition holistique.
- SUEUR D'ESPOIR
La nutrition holistique, à ce moment-là pour Anouk, ça ne veut rien dire. Elle n'en a jamais entendu parler et si vous non plus vous ne connaissez pas, le principe de la nutrition holistique est de considérer la personne dans son ensemble. La relation nutrition santé ne peut pas tout le temps être modélisée sur la base d'une relation de cause à effet linéaire. entre un composé et un effet physiologique. Ainsi, l'approche holistique de la nutrition invite à adopter une vue d'ensemble plus large que ça.
- Anouck GRAU
D'avoir fait des écoles de nutrition holistique, c'est là où tu te dis « Ok, il y a tout un travail mental aussi à faire. Tu nourris ton corps, certes, mais comment est-ce que tu le nourris ? Tu es à la recherche de quoi, en fait, dans ta vie ? Après quoi tu cours ? » Du coup, je pense que c'est vraiment ça qui m'a permis justement de réaliser que... c'est important d'avoir une vision un petit peu plus globale. Mais à ce stade-là, moi, j'avais encore aucune idée que quelques années plus tard, j'allais lancer un business dans la food et encore moins dans l'alimentation sportive. Et du coup, par rapport à ces études de nutrition, je pense que ce qui a été hyper intéressant, c'est que grâce au blog que j'avais et au compte Instagram, je n'ai jamais eu une très grosse communauté. Mais en Suisse, vu que c'est un petit marché, la partie suisse romande... Je me suis retrouvée assez rapidement à avoir des contrats, des demandes. J'ai été consultante pour certaines entités. chaîne une autre, de par le background en nutrition où je me suis spécialisée en nutrition sportive, de par le fait d'avoir été athlète de haut niveau, et bien là j'ai été contactée par la plus grosse équipe de vélo de descente au monde, donc Commencal Muc Off, et ce qui est fou c'est que je n'étais pas du tout familière avec ce domaine-là, où je me suis retrouvée finalement propulsée avec la meilleure équipe au monde. mais sans savoir. C'est-à-dire que j'étais dans le... Donc en fait, quand tu pars en Coupe du Monde, tu as des gros pits et des gros camions avec les équipes. C'est exactement pareil sur le Tour de France. Et puis moi, je suis dans mon pit. De toute façon, quand tu es chef privé, tu travailles 12 heures par jour. C'est un boulot... Je crois que c'est un des boulots les plus ingrats, à mon sens, de tout le corps de métier qu'il peut y avoir dans ces teams-là. J'avais jamais réalisé que ces mecs-là, avec qui je travaille, c'était des superstars. Et à un moment, ils me disent « Ah, tu viens, va regarder Armise des Prix et tout. » Moi, la première Coupe du Monde, « Bah non, je vais pas regarder l'Armise des Prix, il faut que je lave ma cuisine. » Puis deuxième Coupe du Monde, « Non, mais viens et tout. » Et là, je vais, je vais dans la fosse, puis tu te rends compte qu'il y a 50 000 personnes et que tu cuisines pour le mec qui monte sur le podium. Et là, après toute cette ferveur, là, j'ai quand même vraiment pris une claque. Et là, je me suis dit, waouh, en fait, tu cuisines à des personnes, tu as toujours cuisiné de manière instinctive parce que j'alliais, en fait, je leur faisais à manger ce que j'avais aussi appris. C'est que bien sûr, il y a la partie instinctive dans la cuisine, mais j'avais les bases de nutrition sportive. J'en faisais suivre un régime alimentaire qui était en adéquation avec leurs besoins. Mais là, tout de suite, ça prend sens. Je me suis dit, OK, en fait, je cuisine pour un mec qui est là, qui est sur le podium. Et je ne me suis jamais mis la pression de me dire... est-ce qu'il a tout ce qu'il faut et tout machin mais en fait oui ça marche parce que déjà il a eu du plaisir à manger et tu contribues d'une certaine manière à ce succès et ça c'était assez ouf quand même de réaliser un petit peu tout ça et de voir l'impact que tu peux avoir avec l'alimentation aussi pendant les courses auprès de ces athlètes là
- Chris Bellamy
C'est le premier jour de Covid C'est le 16 mars 2020 que j'ai arrivé en France, à Annecy, pour travailler chez Salamon. Et c'est à ce moment que j'ai rencontré Anouk. C'est intéressant pour moi parce qu'Anouk, elle est athlète. Et pour moi, tout le monde d'athlétisme que je connais, c'est un monde de performance. Et quand j'ai rencontré Anouk, elle est une athlète, mais elle est une athlète où... Le vainqueur, c'est le plus créatif. Pour moi, c'est trouver une personne qui m'inspire beaucoup parce que c'est une personne qui mélange la créativité, la communauté et le sport.
- Anouck GRAU
Et du coup, on se rend compte, on part faire deux jours de vélo au Diablo Rest, un projet pour Nescafé, quand j'étais consultante aussi pour des trucs, donc il était venu faire les photos, vidéos. Là, je lui dis, t'inquiète, je m'occupe des ravitaux. Et là... En fait, vu que j'avais toujours eu des problèmes d'alimentation à l'effort et que je supportais pas les glucides, et comme j'étais passionnée de cuisine et que j'avais fait des études de nutrition, ce que je trouvais dans le commerce, ça faisait pas du tout écho avec ce que j'avais appris. Et du coup, de fil en aiguille, je me faisais mes petites purées de pois chiches. Donc là, on était en camping, j'avais acheté dans un magasin bio des pois chiches en conserve. T'écrases ça avec ta fourchette, de l'huile d'olive, du citron. Et puis je fais deux sachets zippés, bim, et je file ça à Chris. Et il me dit, mais c'est quoi ton truc ? Je dis, bah goûte, tiens, c'est un truc salé, quoi. Et c'est là qu'en goûtant, il me dit, mais c'est quoi ton truc ? Je dis, bah c'est ma petite purée de pois chiches et tout. Et c'est là que Yana est née. Il n'y a pas eu plus de questions, il n'y a pas eu plus. Il a dit, mais il faut absolument faire quelque chose avec ça. Et justement, je pense que moi, la vie professionnelle que j'ai eue depuis le début, c'est surtout un concours de circonstances, de choses où je ne me suis pas posé 50 000 questions. C'est OK, d'accord, on fait ça. Et après, on est arrivé à un stade où en 2023, il a fallu prendre une décision. Et j'ai arrêté d'être consultante. J'ai tout arrêté. J'ai arrêté les World Cup avec Commencal Muc Off. Parce que Yana allait me prendre beaucoup de temps. Et là, ça a été un choix. Mais jusque-là, ça a été toujours hyper logique. Et oui, on crée une boîte.
- SUEUR D'ESPOIR
Ce qui me fascine personnellement dans les parcours d'Anouk et Chris, c'est cette facilité à changer de voie sans trop se poser de questions. Dès que quelque chose leur plaît, ils s'investissent à fond et tout ce qu'ils touchent semble se transformer en or.
- Anouck GRAU
Bien sûr que je pense que j'avais pas conscience de tout ce que ça allait impliquer sur le long terme et heureusement, ne pensez pas à l'après parce que chaque histoire est différente et surtout, quand vous êtes dans le process, vous y pensez pas et c'est bon, mais si vous pensez déjà à... Tous les scénarios, peut-être que vous ne commencerez pas de boîte. Il y a des choses, je sais dans lesquelles je suis nulle et je ne suis pas forte et je ne me suis pas dirigée là-dedans. Mais je pense que quand on est passionné par des choses, quand vraiment ça nous habite et qu'on le fait à 250%, du coup tu es fort dans ton truc. Et qu'un cuisinier passionné, c'est souvent quelqu'un qui va finir par avoir une étoile. Parce que ça l'habite. parce qu'il est constamment en train d'y penser, il est constamment à essayer de progresser, parce que c'est sa passion. Demain, tu m'aurais mis un autre travail dans les mains, je pense que j'aurais peut-être moins, entre guillemets, excès, et encore une fois, je ne veux pas du tout paraître prétentieuse là-dedans, mais voilà, et du coup, pareil en marketing, bien sûr que le marketing c'est bouché, c'est une vérité, mais si tu es fort en marketing, il y aura toujours une place pour toi. Si tu es un bon écrivain, il y aura toujours une place pour toi. Si t'es un bon cuisinier, il y aura toujours une place pour toi.
- SUEUR D'ESPOIR
Entre l'Inde, la Suisse, la Grande-Bretagne, le Canada, la Californie ou la Polynésie française, c'est donc à Annecy que l'aventure Yana commence. À Annecy, des marques de sport, ce n'est pas ce qui manque. Et pour la nutrition sportive, c'est un peu pareil.
- Anouck GRAU
Il n'y a pas eu 36 questions qui se sont posées et c'est quelque chose de très très drôle. On nous a posé dernièrement la question de comment est-ce que vous voyez votre entreprise sachant que dans la nutrition sportive, il y a énormément de concurrence. Pour être tout à fait honnête, on a lancé un produit en nutrition sportive sans même goûter ce que faisait la concurrence. Pas parce qu'on ne s'est pas posé la question, mais c'est qu'on arrivait avec quelque chose de tellement différenciant con on On ne s'est même pas dit, tiens, on va voir ce qui se fait ailleurs. Nos concurrents, qui ne sont même pas des concurrents, mais je vais les citer, qui sont full naturels, ils ont des produits aussi super bons. Il y a deux, trois compotes qu'ils font que j'adore. Je ne les avais même jamais goûtés avant, alors qu'on est danse aussi. Et parce que je n'ai jamais mangé d'alimentation sportive pour moi, parce que je suis passionnée de cuisine et je cuisinais mes ravitos. Mais ouais, en fait, la question de la concurrence, elle s'est... jamais posé.
- Chris Bellamy
Je pense qu'on essaie de créer des choses qui sont plus grandes que ça. On essaie de créer un espace et une marque et une approche qui sont là pour la plupart des athlètes qui font du sport pour la santé et pour le fun.
- Anouck GRAU
C'est vrai que le produit qu'on a s'adresse à tout le monde et ça c'est une évidence d'un point de vue. hyper terre-à-terre, c'est qu'il y a quand même entre guillemets une problématique marketing et une problématique budétaire et il y a différents aspects à ça, je m'explique déjà, les personnes qui font du sport à très haut niveau, ce sont des personnes qui ont des connaissances en nutrition qui sont entourées, qui ont des nutritionnistes, qui ont des chefs, qui ont des tests sur leur microbiote et du coup, c'est des personnes qui se connaissent peut-être mieux qu'une personne dont c'est pas le métier donc quelqu'un dont c'est le métier il sait que Merci. Il peut incurgiter tant de grammes de glucides par heure, il connaît son intensité, il connaît son niveau, et que du coup il sait qu'il peut compléter ça avec de l'alimentation naturelle. Le commun des mortels, ils n'ont pas forcément toutes ces connaissances-là, ils ne sont pas forcément au courant que les athlètes professionnels sont encadrés de cette manière-là. Ils se disent, oh là là, il y a telle personne qui est sponsorisée par telle marque, donc ce que je lis, c'est qu'il faut 60 à 90 grammes de glucides par heure, je vais prendre le shortcut, je prends juste les gels, mais je ne prends pas ce qu'il y a autour. Donc ça, c'est déjà une chose. Ensuite, la deuxième chose, et ça aussi, c'est un souci, c'est pour ça que c'est intéressant, c'est qu'on se rend compte à l'heure actuelle, les personnes qui achètent nos produits, On a fait différents questionnaires. C'est des gens qui vont s'entraîner 4 à 5 fois par semaine. Alors que notre produit marche très bien pour les gens qui n'ont pas aussi une telle intensité et des moins sportifs. Les personnes qui s'entraînent énormément, ils nous consomment parce qu'ils ont ces connaissances et parce qu'ils font beaucoup d'entraînement d'endurance fondamentale où ils sont à moins d'intensité. et aussi ils permettent d'avoir IANA parce que notre première gamme est exclusivement salée. Ça leur permet de couper du sucre. Quand tu es écoeuré, c'est absolument génial et là, c'est intéressant. Tous ces consensus qui parlent de 60 à 90 grammes de glucides au-delà de 3 heures d'effort, c'est un fait, ça a été validé scientifiquement, il y a des médecins qui sont derrière. Sauf qu'en fait, c'est étudié sur des gens qui sont capables de tenir 70% de leur VO2 max au-delà de 3 heures. Donc ça, c'est des gens qui ont un très bon niveau. Et le problème, c'est que les gens normaux qui font du sport pour le plaisir, ils ne sont pas au courant de ce biais dans ces études. Et du coup, ils vont écouter ce que l'alimentation sportive dit et ils vont se blinder de 60 à 90 grammes de glucides. Sauf qu'ils n'ont pas ce niveau-là. Et du coup, quand tu es au-delà de 70% de ta VO2 max, tu vas taper dans tes réserves de glycogène. Tu as à peu près 80 minutes de réserve de glycogène. Si tu ne remplis pas tes réserves au fur et à mesure, quand tu n'as plus de glycogène, tu ne peux plus rien faire. Tu es au bout, ta séance est finie, c'est fini. D'où l'intérêt de manger des glucides. Si tu es en dessous de cette intensité-là, tu vas avoir besoin de sucre pour produire de l'énergie, mais ton corps va utiliser le gras. Si tu lui donnes du sucre, il va se servir du sucre, même si tu es à une intensité moins élevée, mais du coup, tu ne travailles pas ta flexibilité métabolique. Donc c'est beaucoup plus smart quand tu es à moins forte intensité de moins consommer de glucides et laisser ton corps faire et d'utiliser les lipides. Et au-delà de ça, c'est là où on apporte aussi cette vision holistique. C'est que réduire le discours d'il faut des glucides pour fournir de l'énergie et des protéines pour la récupération musculaire, ça marche à un temps, à un moment donné, certes. Mais ça ne marche pas dans une vision globale, ça ne marche pas sur le long terme. ton corps en fait, il a besoin de vitamines, de minéraux, il a besoin de bon gras, de tout et c'est là où effectivement notre produit il serait idéal pour tout le monde, parce qu'en fait, les gens n'ont pas le niveau pour consommer du pur sucre au-delà de 3 heures d'effort. Ils devraient manger justement plus de glucides indiglycéniques bas, des choses peut-être un peu avec plus de gras, et réduire leur consommation de glucides. Donc oui, les sportifs de haut niveau, pour compléter leurs apports et casser du sucre, et aussi quand tu fais du très très très long, tu as besoin de te nourrir vraiment et les sportifs de moins haut niveau parce qu'en fait, ils n'ont pas besoin d'autant de sucre. Mais ça, c'est de l'éducation. Et quand toute l'industrie communique avec un certain message, c'est difficile d'arriver à l'encontre de ça.
- Chris Bellamy
C'est pendant les derniers 200 ans, depuis René Descartes. que le monde a commencé à avoir cet esprit reductionniste, de réduire notre monde et notre corps humain dans une équation, de simplifier toutes les choses. Parce qu'avec l'esprit scientifique, si on peut simplifier les choses, on peut essayer de comprendre mieux le monde. Et ça aide beaucoup. Mais si on fait ça trop, on perd la grande picture, on perd la vue holistique. de la situation. Par exemple, oui, c'est vrai que si tu manges 120 grammes de glucides par heure, peut-être que c'est optimal pour aller le plus vite. Mais l'équation sur ça, c'est beaucoup plus complexe. Est-ce que tu as envie de manger ? Est-ce que tu peux garder 120 grammes de glucides par heure dans ton estomac ? Est-ce que votre système digestif est prêt ? de transporter ce volume de glucides. Est-ce que votre métabolisme est adapté à cette approche glucidique ? Donc pour nous, le plus grand défi c'est d'éduquer les gens de penser de leur corps comme un humain, un organisme vivant, et pas comme une machine. Parce que pour le moment, les gens pensent comme une machine et ils pensent, si je mets du carburant, je vais aller vite. Mais ce n'est pas comme ça. Si tu as une voiture qui ne marche pas très bien, la solution n'est pas de mettre encore du carburant dans la voiture qui est cassée. L'approche, c'est de réparer le moteur de la voiture. Et à ce moment, nous avons une grande crise dans les athlètes. Nous avons beaucoup d'athlètes avec un moteur qui est cassé. Et la solution qui est proposée, c'est de mettre encore du carburant. Dans la voiture cassée, on adore simplifier les choses. La plus grande simplification que je vois à ce moment, c'est quand on parle de glucides. Les gens pensent que les glucides sont des sucres, mais ce n'est pas vrai. Nous avons les glucides de formes différentes. Par exemple, la pomme de terre, ça c'est presque 100% glucides. Et les études scientifiques qui ont fait un test entre les gels énergétiques et le purée de pommes de terre, ils ont trouvé exactement la même performance entre les deux. Ils ont trouvé que les gens ont plus envie de manger un purée de pommes de terre qu'un gel. Donc ça c'est, pour moi, cette simplification, ça c'est une habitude humaine. Nous avons évolué de simplifier les choses. Et la plus grande demande que nous avons avec notre SAV, c'est les gens qui demandent à nous, j'ai besoin de combien de yannas par heure. Donc pour nous, on ne veut pas dire qu'on consomme combien de yannas par heure. Pour nous, on veut fournir les gens avec l'information. Après, ils peuvent faire leur propre choix.
- SUEUR D'ESPOIR
Curry madras, petits pois menthe, olives méditerranéennes, citron huile d'olive, voilà les quatre saveurs que vous pouvez retrouver dans la gamme actuelle de Yana. Des parfaits mélanges de saveurs et d'épices qui ont, en partie, été influencés par l'enfance d'Anouk en Asie.
- Anouck GRAU
Je pense que ma cuisine est hyper influencée de mon enfance en Inde, en Asie et en Thaïlande. Ça c'est évident, d'autant plus que l'Asie a un patrimoine culinaire. notamment en street food, qui est absolument hallucinant. Et je pense que c'est aussi pour ça que je suis autant passionnée de cuisine aussi. C'est que depuis petite, tu goûtes des trucs qu'il n'y a pas chez nous. Et ouais, ouais, donc ça, c'est évident. Je suis influencée par ça, ça ne veut pas dire que je fais des curés tous les jours, pas du tout, mais les mélanges d'épices, les différents ingrédients, mélanger différentes cuissons, mélanger l'alimentation vivante et tout, ça c'est évident. Et ce qui est assez drôle, c'est que j'ai développé les recettes, le goût, surtout par rapport à ce que j'aimais et pas forcément par rapport à ce que les clients auraient attendu. On a... C'est assez drôle, on n'a pas fait de questionnaire. On aurait dû faire un questionnaire de dire, on lance un produit en alimentation sportive, quels sont vos 10 goûts préférés ? On a validé les recettes, on a fait le packaging, et seulement après, on a fait un questionnaire. Et en fait, dans le questionnaire, il s'avère que le goût curry et le goût houmous, ça a été les réponses qui avaient été le moins sélectionnées.
- SUEUR D'ESPOIR
Résultat, ce sont les purées les plus vendues. Contre-intuitif au vu des réponses du questionnaire, mais la preuve que parfois, il faut se faire confiance et ne pas avoir peur d'innover.
- Anouck GRAU
Je pense que c'est hyper important aussi de suivre son instinct parce que vu qu'on a un produit qui n'existe pas sur le marché, bien sûr que tu dis à quelqu'un est-ce que ça te dit une purée au curry quand tu fais du sport, les gens ils n'ont jamais goûté ça, ils disent bien sûr que non ça ne va pas aller, ça va être hyper écœurant, je ne vais pas réussir. et alors qu'en fait... c'est quand même tellement bon, le mélange de pois chiches et tout, la subtilité des goûts qu'on a réussi à trouver, que ça en devient un plaisir pour les gens quand ils sont en train de faire leur session.
- SUEUR D'ESPOIR
Aujourd'hui en pleine croissance, Chris et Anouk poursuivent l'aventure Yana, avec toujours le même but, éduquer et s'amuser. Deux missions qu'ils ont même posées sur le papier lors de la création des statuts de l'entreprise.
- Chris Bellamy
Avec les statuts... qui sont là pour le B Corp. Le B Corp, c'est une certification que les entreprises peuvent gagner s'il a des ambitions durables. Et une des choses qui sont mandatées par le B Corp, c'est de mettre dans le statut de l'entreprise de considérer l'environnement dans tout le choix que l'entreprise va faire. Donc quand nous avons ajouté ça, nous avons aussi ajouté de toujours... s'amusent dans le projet. Parce que pour nous, si il y en a, on ne s'amuse pas. Pour nous, nous ne sommes pas intéressés. Donc pour nous, la durabilité de l'entreprise, ça dépend de notre plaisir de travailler sur le projet. Parce que la durabilité, ce n'est pas seulement l'impact sur l'environnement, c'est aussi la durabilité financière, c'est la durabilité de notre intéressement dans le projet. Et ça c'est la raison qu'on pense à la durabilité dans une moyenne un peu holistique. Notre ambition pour l'entreprise à long terme, c'est de créer une communauté, un écosystème qui promouvoit une approche plus durable pour le sport. Une approche qui mélange le plaisir, la santé. Donc ça c'est notre ambition. On va faire ça avec encore des produits. qui a le même esprit de gastronomie sportive, le même esprit de ce qu'on peut faire pour nourrir les gens avec les vrais aliments. Aussi, le développement sur ça, c'est de développer les vrais aliments avec les techniques et le savoir-faire traditionnel pour améliorer la performance et la santé des personnes. Par exemple, le Ram Ramui, c'est la communauté mexicaine qui court à pieds nus. pieds nus à l'énorme distance, ils mangent le pinot-lait. Il y a plusieurs exemples de recettes traditionnelles qui peuvent nourrir les gens pour l'énorme effort. Et aussi, il y a les techniques de gastronomie, par exemple la fermentation ou la gastronomie moléculaire, qui nous pouvons utiliser pour prendre les vrais aliments. Pour nous, c'est vraiment mélanger la gastronomie, le sport. et un peu la biotechnologie pour avoir les produits qui peuvent mieux nourrir et donner le plus de plaisir possible pour les gens. Mais aussi d'un côté plus holistique, c'est d'éduquer les gens. Et pour nous, si ça c'est de créer un livre de recettes pour les gens de cuisiner leur propre snack à la maison, c'est de faire ça. Ou si c'est de créer un marché. où les gens peuvent acheter les produits qui sont bons pour le sport. Ça s'est aligné à nos objectifs.
- SUEUR D'ESPOIR
En écoutant Chris et Anouck, je me dis que j'ai peut-être oublié sur le chemin. L'importance de jouer et de prendre du plaisir. Que la performance n'a de sens que si elle provient de fondations saines et durables. L'idée n'est pas de pointer du doigt, mais d'offrir à chacun la possibilité de faire ses propres choix. Nous sommes tous différents, c'est la beauté de l'humanité, alors cultivons cette singularité, plutôt que de reproduire des ctrl+ C ctrl+ V. La science est du bon sens, voilà finalement comment je résumerais simplement mon échange avec Chris et Anouck sur Yanaa. Fruit de toutes leurs expériences passées, Vous l'aurez compris, l'ambition de You are not an astronaut n'est aujourd'hui pas de viser la Lune, mais plutôt de garder les pieds bien ancrés sur Terre. C'est la fin de cet épisode, et si vous non plus vous n'êtes pas un astronaute, je vous invite à mettre 5 étoiles à l'épisode et vous abonner au podcast s'il vous a plu. C'était Sueur d'Espoir, merci pour votre écoute, et à bientôt pour un prochain épisode.