- Adrien BRIFFOD
Je m'en souviens, à la fin de la course, j'étais en pleurs quand je suis passé à l'arrivée. Je n'aurais jamais fait de podium en série mondiale, mais j'ai réussi à avoir un niveau que, en me repassant, pour moi, c'était presque normal. Mais parce qu'en fait, je le faisais tout le temps, j'étais tout le temps avec ces personnes. Maintenant, en fait, j'apprends à apprécier les résultats, même si, au fond de moi, je sais qu'il y aurait eu des choses à améliorer. Si je repense au petit Adrien de 12 ans qui faisait du triathlon et qui se dit qu'il a été aux Jeux, le petit Adrien, il serait super fier. J'ai perdu au fur et à mesure ce plaisir que j'avais, cette joie, cet esprit de jeu en allant sur les courses. À un moment, il y a aussi l'esprit où je fais du sport pour me vider la tête. Des fois, c'est bien d'avoir du contrôle de se pacer, de garder ses zones. Mais des fois, il faut aussi relâcher et laisser aller. Je ne pourrais jamais être comme un... Kristian Blummenfelt ou comme ça, où il contrôle tout. En 2025, je n'ai plus rien de stable. Je n'ai plus rien. Je vais arrêter. Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Et puis, en fait, j'étais perdu. Plein de personnes ne voyaient pas que je n'étais pas bien au fond de moi parce que je suis quelqu'un qui sourit très souvent, qui est très souvent en train de sourire et tout ça, qui arrive assez à trouver un peu des petits bonheurs. Ce n'est pas tout le temps joyeux, en fait, le sport de haut niveau parce que ce qu'on voit, c'est que peut-être 5% de ce qu'on montre et puis beaucoup de gens y montent. que les côtés positifs. C'est à la ligne d'arrivée, en fait, je ne parle pas directement tout de suite, mais c'est quand les gens vont commencer à me dire « En fait, tu as battu le meilleur temps en Suisse de tous les temps, tu es dans les 15e performeurs de tous les temps sur la course. » Et puis, c'est vraiment là où j'ai pris conscience que j'avais fait quelque chose d'incroyable.
- SUEUR D'ESPOIR
Bienvenue dans le podcast « Sueur d'espoir » . Ici, pas d'interview, pas de questions. Écoutez un format narratif dans lequel les meilleurs athlètes vous raconteront leur parcours et les défis qu'ils rencontrent au quotidien. Le sport de haut niveau, comme si vous y étiez. Je suis Martin Gauthier et je vous souhaite un bon épisode. Les Jeux Olympiques sont le graal de beaucoup d'athlètes et je les comprends. En tant que sportif, il n'existe pas d'événement aussi gros que les JO. La joie d'obtenir son sésame doit évidemment être immense et associée à une grande fierté, celle de pouvoir porter les couleurs de tout un pays. Il faut dire que pour arriver sur la ligne de départ des Jeux Olympiques, cela relève d'une quête effrénée de plusieurs années, à devoir valider des critères fédéraux et des niveaux de performance toujours plus compétitifs. Alors voir son nom apparaître sur la liste des sélectionnés est un soulagement et l'aboutissement d'années de travail. Si durant cette période, l'engouement est à la hauteur de l'événement, Une fois cette quinzaine terminée, l'effervescence mondiale retombe, la fête est finie. Le calme de l'été et des vacances reprend le dessus, la vie continue. Merci les Jeux et à dans 4 ans. Mais si chez nous, supporters, le spleen des Jeux n'est qu'une passade, un bel amour d'été. Chez les athlètes, l'année post-olympique est souvent compliquée à gérer. Si vous n'avez pas réussi vos objectifs, il faut réussir à se projeter à nouveau sur 4 ans d'Olympiade. Et si vous avez atteint votre rêve, Alors quelle est la suite à donner ? Vous l'aurez compris, cette année post JO sert souvent d'année tampon pour laisser place à l'introspection. Bon nombre d'athlètes en profitent pour casser leur routine et explorer de nouvelles choses. Le 9 août 2025, c'est le moment de Sierre-Zinal, course mythique du calendrier trail, souvent menée par les Africains ou par Kilian Jornet. Mais là, le monde du trail s'emballe, car c'est Adrien Briffod, un triathlète suisse qui mène la course depuis deux heures. Loin d'être n'importe qui, un mois avant, il faisait un top 10 à la WTCS de Hambourg, le plus gros niveau de course en tri à son courte distance. Et un an plus tôt, il réalisait son rêve en prenant le départ des Jeux Olympiques de Paris 2024. Au milieu des cris et des encouragements, Adrien profite de cette parenthèse enchantée, car depuis plusieurs années, il combat un esprit tourmenté. Personne ne le sait encore, mais dans un mois à Karlovy Vary, Adrien va mettre un terme à sa carrière de triathlète professionnel. Alors pour comprendre ce point de bascule, je vous propose de remonter au tout début. Pas le début de la course, non. Le début de la relation entre Adrien et triathlon. Bonne écoute.
- Adrien BRIFFOD
J'ai commencé à l'âge de 10 ans au club local à Vevey chez moi. J'ai commencé avec mes deux sœurs et on faisait les entraînements du club. On allait nager deux ou trois fois, on faisait un entraînement de vélo. Après, je faisais les courses en Suisse tranquille. Je me débrouillais bien sans être plus performant que les autres. Je n'étais même pas dans l'équipe régionale parce que je n'avais pas forcément... le meilleur niveau, je n'étais jamais super bon en natation. Vers l'âge de 16 ans, j'ai dit que je me débrouillais bien. J'étais là, j'ai peut-être la motive au fond de moi d'essayer de voir si j'arrive à être plus performant et essayer de me faire une qualif sur les championnats d'Europe, Yous ou comme ça. Et puis en fait, l'année où je commence à m'entraîner un peu plus, j'arrive à faire un peu de motion à la Suisse quand j'avais 17 ans. Je crois que je fais le champion suisse de duathlon. Je me qualifie pour les chevaux d'Europe Youth, donc c'était un peu le premier step. Et comme ça, ce qui me permet d'aller dans l'équipe nationale. Ma première année junior en Suisse, à 17-18 ans, sur toutes les courses que je vais, malgré que je suis le plus jeune en Suisse, je gagne toutes les courses en Suisse. Ça m'a permis la deuxième année junior de gagner l'Europe Junior, me requalifier pour les chevaux d'Europe du monde et tout ça. Et puis, je finissais le baccalauréat, nous, notre maturité. Il y a eu cette possibilité, en fait, quand je passais au... en élite, que je puisse aller à l'armée en sportif d'élite, comme nous l'armée c'est obligatoire. Et en fait l'armée m'a recruté pour aller en sportif d'élite. Je ne sais plus si c'est la première ou la deuxième année, mais vraiment assez vite, parce qu'il n'y avait pas vraiment, en fait, entre Sven Riederer et puis les Salvisberg, il n'y avait pas vraiment de personnes avant moi, donc il y avait vraiment un gap. générationnelle et puis en fait j'ai eu la possibilité parce que il y avait la place en fait sur certaines WTCS avec des names change d'aller sur WTCS alors j'avais j'ai je me suis pris une branlée on va dire j'ai fini dans les dernières positions mais ça m'a commencé à me donner de l'expérience après je pense que par la suite en faisant mes études d'un côté ben ça a un peu été des fois des hauts des bas parce que des fois peut-être j'ai un peu priorisé les études et des fois je voulais trop faire parce que je vais avancer dans mes études bien entraîné tout ça Et puis, il y a peut-être certaines périodes où je ne récupérais peut-être pas assez. En 2016, j'ai eu la possibilité d'être remplaçant aux Jeux parce que j'avais fait les résultats sur Série Mondiale. Ça m'a dit, maintenant, je n'avais pas du tout prévu d'être remplaçant. Et puis, j'étais là, tu as réussi à être remplaçant. En fait, ça veut dire que tu as clairement le potentiel d'avoir ta place pour les prochains jeux. Donc, moi, vraiment, c'était vraiment, dès 2016, on va mettre les trucs en place.
- SUEUR D'ESPOIR
Étudiant en génie civil à l'EPFL, une des écoles les plus prestigieuses du monde qui se situe à Lausanne, Adrien partage ses heures entre projet olympique et projet scolaire avec un aménagement qui lui permet de prendre plus de temps pour valider ses études, mais n'enlève en rien toute la difficulté.
- Adrien BRIFFOD
Il faut qu'il y ait quelque chose pour que ce soit dans les meilleures écoles du monde. En fait, il y a un certain niveau, il y a un certain level et puis c'est pas parce que... On fait du sport à côté, oui, on peut avoir des facilités parce qu'on a peut-être plus de temps pour faire nos études, mais ça ne veut pas dire que c'est grâce à ça qu'on peut louper les examens comme ça. On nous dit, voilà, tu te démerdes, tu essaies de passer, et puis voilà, tu as plus de temps, donc tu peux prendre moins de cours, mais tu vas quand même passer. Donc, tu dois quand même bosser. Et puis, à certaines périodes, quand tu as les examens, si tu veux quand même t'entraîner à côté, au final, en fait, tu bosses quand même pas mal parce que selon comment les autres étudiants à... Quand il doit faire à 100%, pendant deux semaines, il bosse 8 à 9 heures par jour. Toi, tu vas quand même bosser 5 heures par jour pour pouvoir passer.
- SUEUR D'ESPOIR
En 2020, ce sont les JO de Tokyo. Du moins, ça devait l'être, car avec le Covid, cette édition sera reportée d'un an. Un vrai casse-tête pour organiser cette double vie étudiant-athlète.
- Adrien BRIFFOD
Avant les JO de Tokyo, c'était en 2019, j'avais vraiment fait beaucoup de courses. pour essayer de faire les premiers critères. Finalement, j'avais loupé assez proche les premiers critères en 2019, mais j'avais fait beaucoup de bons résultats. Et puis, en fait, j'étais vraiment là, maintenant, on va stopper les études, on ne prend pas de cours en 2020. Et puis, même s'il me restait peut-être 3 ou 4 cours pour finir mon bachelor, j'étais vraiment, on ne prend pas de cours, c'est 100% focus pour les Jeux, 100% focus pour la qualif', et puis je finirais mon bachelor après les Jeux. Finalement, il y a eu le Covid, donc en fait... Trois semaines après ou quatre semaines après le début des cours à l'EPFL, j'ai eu la chance de pouvoir redemander à l'EPFL si je pouvais prendre les cours pour pouvoir terminer mon bachelor. Parce que je me suis dit qu'il n'y a rien à faire, autant finir mes cours, autant finir mon bachelor. J'ai fini mon bachelor fin 2021 et fin 2020, j'ai une année complète pour préparer les Jeux de Tokyo et mettre tout en place parce qu'il y aura les Jeux.
- SUEUR D'ESPOIR
Dans tous les sports, ce sont les fédérations qui ont le fin mot pour sélectionner les athlètes qui représenteront leur nation. lors des compétitions internationales. Et ces choix font souvent couler de l'encre. La Suisse n'en fait pas exception et Adrien en a fait les frais en 2021. Malgré de super résultats toute l'année, la Fédération décide de ne pas le sélectionner. Lui qui avait entrevu les JO en étant remplaçant à Rio en 2016, n'aura cette fois aucune chance de faire partie de l'équipe.
- Adrien BRIFFOD
Il y avait vraiment un problème derrière de sélection. Et puis qu'ils avaient déjà, je pense déjà depuis le début de l'année, ils avaient décidé qui ils prenaient. Et puis après, cette année là, moi, j'étais vraiment dans ma tête. J'étais là, mais en fait, je vais prouver à la Fédération que je suis en pleine forme. Autant aller faire des courses en fin de saison et puis être performant. Et puis un peu me montrer en fait que j'avais vraiment le niveau d'être au jeu. Et puis c'est là, à la grande finale où je fais cinquième. en courant, en menant l'allure avec Blummenfelt et tout ça. J'aurais eu ma place aux Jeux et je voyais que j'étais prêt. Mais voilà, après, c'était quelque chose comme ça. J'ai mis quand même 6-8 mois à digérer après, par la suite, une fois que j'ai coupé la saison.
- SUEUR D'ESPOIR
Ces JO sont un vrai rêve pour Adrien, et ce, depuis l'enfance. S'il s'est senti lésé pour Tokyo, il ne veut donner aucune chance à la fédération de ne pas le sélectionner à Paris dans trois ans. Alors il se remet au travail, à fond. Évidemment, le chemin n'est jamais tout droit. Et lors d'une étape de Coupe du Monde en Sardaigne, il fait une lourde chute à vélo. Un vrai coup dur, car la première course de qualification dans le processus suisse arrive bientôt.
- Adrien BRIFFOD
Il y a eu 2022 où je me suis cassé l'homoplate. Vraiment, heureusement que moi dans ma tête, j'avais un objectif de fin de saison, première course de qualif, j'ai nouveau fait un top 20 en série mondiale, la natation m'a un peu péjoré, après je fais... je fais 13 ou 14 à la grande finale, ce qui est vraiment bien parce qu'en fait, je n'avais pas nagé pendant trois mois. Puis j'avais dû reprendre la mobilité de l'épaule et puis je m'étais entraîné et puis j'avais eu ce mental à me dire en fait, je passe tout mon été sur le home trainer parce que pendant une semaine, c'est que ce que je pouvais faire, c'était du home trainer avant que je puisse vraiment recommencer à faire autre chose. Fin 2023, j'ai... J'étais tout focus sur les Jeux. J'avais plus ce qu'être toutes les courses que je voulais être, tout ce que je voulais être sur l'année, c'était préparation pour les Jeux. Et puis en fait, en 2023, j'avais envie d'arriver sur les courses, d'être performant, de revenir et de montrer aussi à moi-même que j'arrivais, malgré que j'ai eu ce mope-là de cassé, que j'arrivais à reprendre un niveau vraiment que j'avais eu avant.
- SUEUR D'ESPOIR
Dans cette longue course à la qualification, entretenir le rêve laisse peu de place à d'autres activités que le triathlon. Et petit à petit, cela pèse sur le moral d'Adrien. L'excitation avant de prendre le départ des courses se transforme en pression de ne laisser aucune faille qui pourrait le priver des JO.
- Adrien BRIFFOD
Ce moment-là, en fait, fin 2023, où j'étais là, dans ma tête, ça a commencé à trotter, à me dire, ouais, j'ai envie d'aller aux Jeux, mon objectif c'est les Jeux, mais je ne sais pas ce que je veux faire après les Jeux. J'étais vraiment, j'avais, je voyais que ça commençait à me trotter petit à petit dans ma tête, me dire, mais en fait, il y a plein d'activités que je ne fais pas avec mes potes d'aller en montagne, qui me proposent d'aller en montagne, parce qu'en fait, j'ai envie, mais c'était aussi en 2024, début 2024, où des potes, ils me proposaient d'aller faire des longues randos à ski et tout ça. Et puis moi, j'étais là, j'ai envie d'aller, mais en fait, il y a cette course, où dans deux semaines, j'ai une course, et puis ce n'est pas bien, c'est censé être mon jour de pause. Et puis, je voulais vraiment être focus pour les Jeux, donc j'étais vraiment mis tout ce que j'avais pour mon côté pour être. Focus pour les jeux.
- SUEUR D'ESPOIR
Voyage à répétition, obligation de prendre les vols et hôtels que la fédération impose, incapacité à être écouté pour faire avancer certaines choses, Adrien s'essouffle, à la fois de ce système fédéral rigide et de ce calendrier effréné qui commence à ne plus faire sens pour lui.
- Adrien BRIFFOD
En année 2019, j'ai aligné des courses où j'ai fait Corée-Japon, je suis revenu une semaine en Europe. pour repartir en République dominicaine et finir la saison, alors que j'avais déjà été, après la grande finale à Lausanne, j'avais été en Chine pour revenir en Europe, pour repartir en Asie, alors qu'en début d'année 2019, j'étais déjà allé au Japon pour la WTCS. Je pense que c'est là le premier conscience de me dire, mais en fait, il faut que j'essaie d'organiser plus ma saison, d'éviter des fois de trop surcharger, puis d'éviter de faire trop d'allers-retours, et puis des fois de condenser les courses à certains endroits, Parce que sinon, ça fait trop de... tout le temps se déplacer. J'ai dû aller parce que j'avais envie de faire toutes ces courses, mais à un moment, il faut essayer aussi de revenir à l'évidence. Et puis, on peut faire du sport de haut niveau sans forcément en choisissant mieux ses courses et puis en planifiant un peu différemment. Mais après, moi, je ne critique rien les jeunes qui ont envie de faire tous ces déplacements, qui ont envie d'aller faire toutes ces courses parce que moi, je l'ai fait et puis j'ai laissé ce fervor-là à un moment-là. En fait, je n'ai plus envie de voyager à l'autre bout de la planète. C'est un peu une conscience écologique. Oui, j'ai encore envie de visiter certains pays, mais j'ai envie d'aller visiter. Je n'ai pas envie de faire un saut de puce pour aller faire une course ou comme ça. Tout ce que je peux avoir en impact qui ne me donne pas trop de contraintes et qui me permet quand même de vivre à peu près normalement, je le fais. J'essaie de le faire. J'essaie de trouver les solutions, de me dire, en fait, OK, c'est plus long le train, ben, on prend quand même le train. Si on vient sur les critères de la fédération, moi, j'ai toujours essayé de me battre, pas de me battre avec la fédération, mais essayer de travailler avec la fédération, de poser des questions, d'essayer de mettre en avant, de dire ce que je trouvais qui ne fonctionnait pas, qui ne jouait pas, que je trouvais un peu injuste au niveau de la fédération pour essayer de travailler, de mettre en place. J'ai été responsable des athlètes pendant un moment, mais à un certain moment, on va contre un mur quand on parle, où il n'y a aucun moyen de discussion. Ils sont là, oui, alors on peut discuter, mais en fait, ils sont fermés à tout, toutes les propositions. Et la fédé en elle-même, elle me soutenait même c'est pas elle qui me soutenait le plus comme ils ont fait des médailles, ils ont eu plus d'argent de Suisse Olympique, ils pouvaient plus nous soutenir pour les déplacements, mais comme j'ai pas fait les résultats pour les cadres A et j'étais cadre B, sur les courses, les cadres A ils payaient rien sur les séries mondiales, et les cadres B on payait quelque chose et puis moi qui ai voulu un peu voyager un peu plus, on va dire écologiquement sur certaines courses, comme par exemple quand j'étais en Sardine et j'ai dit, j'ai envie de voyager en voiture jusqu'à Gênes et prendre le bateau pour aller en Sardaigne. Ils m'ont dit, ah non, mais tu réserves tout et on te réduit la franchise de 500 à 400. Et puis moi, je leur ai dit, je m'organise tout mon déplacement tout seul parce que je vais trouver un hôtel moins cher que 400 balles et puis je vais me payer ma nourriture, tout ça. Ils m'ont dit, ah mais non, c'est un déplacement officiel. T'es obligé de voyager avec la fédé, t'es obligé de prendre l'hôtel de la fédé. Et puis après, ça arrivait que en voyage en business à Abu Dhabi, parce qu'en fait, ils ont décidé que les vols intercontinentaux, c'était soit prime économie, soit business. Moi, je sais que le segment Genève ou Zurich, Dubaï, Abu Dhabi, c'est le segment le plus cher qui existe. Moi, ça m'aurait très bien été un vol de six heures de jour en économie et qui me paye tous les déplacements de la saison. Mais c'est tous les trucs, en fait, que chaque année, ça a commencé de plus en plus à m'énerver au niveau de la fédération. Et je voyais qu'en fait, même si je donnais des feedbacks comme ça, ça ne bougeait pas. Et puis en fait, j'étais plus énervé contre ça. Et en fait, à un moment, j'étais là, mais en fait, je ne peux rien changer.
- SUEUR D'ESPOIR
En 2024, malgré une année compliquée d'un point de vue santé, tous les efforts d'Adrien sont récompensés, car il réalise tous les critères de qualification et est officiellement sélectionné pour ses premiers Jeux Olympiques. Une immense fierté qui, le jour J, va laisser place à la déception d'être passé à côté de sa course. Des années d'efforts pour voir s'envoler un rêve en quelques minutes seulement.
- Adrien BRIFFOD
Oui, il y a une perte de sens. Après les Jeux, j'étais là, oui, c'est un accomplissement. Moi, je me voyais faire un résultat au Jeux et puis en fait, j'étais prêt, j'étais là, j'avais mis tout en place pour être prêt. Il y a peut-être la crise de la trentaine, je n'en sais rien, mais en fait, à 30 ans, on commence à réfléchir parce qu'on est là, oui, on peut encore continuer. Et en fait, c'était aussi à se demander... Je me suis toujours posé la question, est-ce que j'ai envie de repartir pour une Olympiade ? Est-ce que j'ai envie de me remettre dans un processus de qualification, de se dire qu'on fait ça, que tous les jours, 6 fois par semaine, on va en piscine, 5 à 6 fois par semaine, on va en piscine, que tous les jours, tu fais les 3 sports et que tous les jours, tu réfléchis àtriathlon, tu penses triathlon quasiment toute l'année, à part 2 semaines quand tu fais une coupure, mais tu es tout le temps en train de réfléchir à ton. Est-ce que ça a du sens de retourner en 2028 pour qu'il me réarrive la même chose ? Non, je crois que je n'ai plus la motive. Et puis, il y a eu une perte de sens, il y a eu tout ça. Et puis, il y a un moment, en septembre l'année passée, j'ai vu que d'enchaîner les courses, ça n'allait plus. Je m'étais même laissé la possibilité d'aller faire la finale en Australie parce que j'avais un bon classement, un ranking. J'aurais pu jouer le top 8, je pense, mondial, voire même le top 5. Le podium, c'était trop loin. Je n'avais pas fait assez de bonnes courses. Tout ça, je n'avais pas assez de courses, mais je ne me vois pas aller parce que j'avais besoin d'une grosse coupure.
- SUEUR D'ESPOIR
Adrien revient finalement sur le circuit, mais avec une approche totalement différente. Il ne veut faire que des courses qui lui font envie et remettent du plaisir à l'entraînement.
- Adrien BRIFFOD
Il me reste 6 mois de stage et 6 mois pour faire mon travail de master, donc de toute façon il me reste encore une année. Autant essayer de faire encore une année, mais d'essayer de cibler les courses et de me dire en 2025, il y a quelles courses qui me donnent envie. Je sais qu'à bout d'avis, j'aime bien toujours avoir une course en début de saison. Je ne sais pas, c'était sur un nouveau circuit, donc j'étais là, autant essayer. On va faire une préparation complètement autre. Je n'avais pas envie de partir en camp avec la fédération. Je n'avais pas envie de me mettre trois semaines en camp. En plus, j'avais un stage, je bossais à 50%. Donc, j'étais là. En fait, je n'ai pas envie de prendre tous mes jours de vacances pour aller faire un camp d'entraînement. Avant mon stage, j'étais parti avec ma mère. Pour ses 60 ans, elle avait envie qu'on parte avec elle en Laponie. Donc, on est parti en Finlande, en Laponie. pendant la nuit polaire, donc c'était aussi sympa. Et puis, c'était une autre manière de se préparer. Je n'ai pas nagé beaucoup. Je me suis préparé à moins 30 degrés pour aller courir à plus 30. 3-4 semaines après, mais voilà. 2024, j'avais tout focus sur les Jeux et je ne prenais plus du plaisir à chaque course à me dire que ce cours, ça me donne parce que c'était tout en préparation pour les Jeux. Et puis en fait, 2025, j'étais là, mais j'ai envie d'avoir du plaisir à l'entraînement, j'ai envie d'avoir du plaisir sur les courses. Moi, j'ai été très clair. J'ai vu que j'avais mon stage, j'ai vu que je n'arrivais pas à m'entraîner plus de 22 heures parce que sinon, j'étais fatigué. Donc moi, on a discuté avec mon entraîneur. Et puis on a refait. Et puis au final, je me suis quand même entraîné pour des Simi Ironman comme ça, où j'ai fait troisième à Valence. Étant scientifique, j'adore un peu contrôler, pas contrôler, mais voir un peu plein de data, tout ça. Mais à un moment, il y a aussi l'esprit où en fait, je fais du sport pour me vider la tête. Et puis, il y a besoin d'avoir cet esprit un peu de jeu. Et moi, l'entraînement, des fois, en fait, ça me donne juste envie de faire une montée à bloc. Et puis voilà, je vais me faire une petite montée à bloc. Mais aussi à la fin de l'entraînement, qu'on va se tirer la bourre à pied parce qu'on fait une série et puis sur le dernier speu qu'on se donne. Des fois, c'est bien d'avoir du contrôle, de se baisser, de garder ses zones et tout ça. Mais des fois, il faut aussi relâcher et laisser aller.
- SUEUR D'ESPOIR
En 2025, le calendrier d'Adrien se résume à peu de courses, mais l'envie de performer reste malgré tout présente. Surtout qu'Abu Dhabi a bien commencé et le séjour en Laponie ne semble pas... pas lui avoir porté préjudice car il termine 5e. Il lui reste donc trois courses. Alghero en Sardaigne, Hambourg en Allemagne et enfin Karlovy Vary en République Tchèque. Mais mi-2025, pour ne rien arranger, Adrien connaît une rupture amoureuse. La dernière carte d'un château déjà bien endommagé s'envole et tout le château avec.
- Adrien BRIFFOD
J'ai eu une rupture amoureuse alors que moi j'ai l'impression que tout allait bien. On ne connaît pas et puis en fait là c'est vraiment... Il y a tout qui est ressorti dans ma vie. Je crois que c'était le seul truc qui me maintenait un peu à flot parce que le triathlon, je me motivais parce que j'avais envie de prendre du plaisir pour les courses, mais je voyais que je n'avais pas envie de faire sur du plus long terme. Mais en fait, dans ma tête, je crois que c'était déjà planifié qu'à la fin de l'année, j'allais arrêter ma carrière, même si je ne le disais pas officiellement, je ne le transmettais pas aux gens. Ça a fait ressortir assez vite que j'avais envie d'arrêter le sport de haut niveau. Je voyais que le stage que je faisais, en fait, ce n'était pas... Ce n'était pas vraiment le milieu où je voulais aller travailler après. Ça ne me plaisait pas assez. J'ai eu des doutes. Ça a fait ressortir que j'avais des doutes sur est-ce que j'avais fait les bonnes études. J'avais encore mon travail de master. Je ne savais pas exactement si mon travail de master, ça m'allait me plaire. Mais c'était aussi me dire qu'en 2025, je n'ai plus rien de stable. Je n'ai plus rien. Je vais arrêter. Qu'est-ce que je vais faire de ma vie ? Et puis, en fait, j'ai été perdu. Ça m'est aussi arrivé d'arriver dans des périodes d'angoissement où par exemple on était au chemin du monde à Hambourg de relais ou la WTCS à Hambourg. Au final je fais 10 et puis on fait 5ème au relais. Mais je suis arrivé le mercredi soir sur place et en fait je me suis demandé qu'est-ce que je faisais dans une chambre d'hôtel à manger un repas commandé sur Uber Eats. Alors que j'aurais pu aller manger dehors mais parce que j'étais focus et j'étais là mais en fait j'ai envie d'aller visiter la ville. Et puis c'est vraiment ça m'a dit mais en fait. Qu'est-ce que j'ai encore envie de faire ? Et est-ce que je suis assez bien pour continuer jusqu'à la fin de la saison ? Et à ce moment-là, je me suis dit, je suis rentré, j'ai été discuter avec mon entraîneur. Déjà, je suis rentré, j'ai été au Montreux Jazz Festival, j'ai été faire la fête pendant une semaine. J'avais besoin de couper tout. Je me suis entraîné parce que le dimanche, j'ai fait une course de vélo où j'ai fait deux, où j'ai mis 308 nonante watt sur une heure de course. Après, j'étais performant, mais c'est juste que j'avais envie d'aller au fun et faire des choses au fun. Moi, j'avais envie de faire encore Karlovy Vary, j'avais encore envie de faire un Semi Ironman. C'était mes objectifs de fin de saison et puis je n'avais pas envie d'aller aux championnats du monde. Qu'est-ce qu'il faut que je mette en place pour arriver à ces objectifs ? Pour ne pas que je pète un câble avant, pour ne pas que j'étais clairement en dépression, voire on va dire burn-out. d'être avec la fédération en fait ça va me faire trop trop penser au sport et tout ça. Donc en fait, je suis parti sur les courses. Finalement, on est parti en van avec mon père et ma sœur à Karlovy Vary. Finalement, les jours d'avant, j'ai fait des activités avec eux. Je m'entraînais un peu, mais j'ai fait des activités avec eux.
- SUEUR D'ESPOIR
En arrivant à Karlovy Vary, un mois après Sierre-Zinal, il sait que ce sera sa dernière course. Il ne l'a encore annoncé à personne. Alors pour cette dernière course au plus haut niveau mondial, il souhaite finir sur une bonne note et tout tenter. pour décrocher ce podium dont il s'est souvent rapproché sans jamais parvenir à le concrétiser.
- Adrien BRIFFOD
En arrivant à la fin de ce WTCS, même si je n'avais pas annoncé la fédération, ma soeur, mon entraîneur, mon entraîneur étaient venus me voir. Eux, ils savaient que c'était ma dernière course internationale à ce niveau-là. J'allais encore faire le semi-Aronman la semaine suivante, mais moi, je savais que c'était ma dernière course à ce niveau-là. Moi, j'étais émotif. Eux, ils étaient ultra heureux d'être là. Finalement, je fais cinquième. Et puis en fait, moi, je m'en souviens à la fin de la course, j'étais en pleurs quand je suis passé à l'arrivée parce que j'arrive, je fais encore un super bon résultat, j'ai failli jouer le podium. C'est comme ça, j'ai tenté le podium, je n'ai pas réussi. Je n'aurais jamais fait de podium en série mondiale, mais j'ai réussi à avoir un niveau que j'imagine. En fait, en me repassant, pour moi, c'était presque normal, mais parce qu'en fait, je le faisais tout le temps, j'étais tout le temps avec ces personnes. Mais en fait, en réfléchissant, le niveau que j'ai eu. C'était juste incroyable. J'étais dans les 10 meilleurs du monde. Même l'année passée, malgré que je n'étais pas bien mentalement, j'arrivais encore à trouver la force pour focaliser sur les courses, à être performant et à prendre un peu près du plaisir sur les courses. Je ne suis pas quelqu'un qui est très expressif. Plein de personnes ne voyaient pas que je n'étais pas bien au fond de moi parce que je suis quelqu'un qui sourit très souvent, qui est très souvent en train de sourire et tout ça. assez à trouver un peu des petits bonheurs mais en fait les gens autour de moi ils voyaient que j'avais pas bien. Après des années à vivre pour le triathlon et à courir derrière ce rêve olympique adrien se rend compte qu'il a perdu sa joie de vivre en route me suis pris en main parce qu'en septembre en fait un certain moment j'étais à deux doigts et ça j'avais dit à ma à mes soeurs j'étais à deux doigts d'aller à l'hôpital psy et puis ça Moi, je savais parce que j'étais là, mais en fait, ça ne va pas. Je n'arrive pas à avancer dans ma vie, donc il faut vraiment que je fasse quelque chose. Et puis, j'ai essayé vraiment de trouver les aspects et de mettre en place des aspects que j'ai mieux. Parce qu'en fait, même si physiquement, ça allait très bien, mentalement, ça n'allait pas. Et puis, le mental, c'est un peu quelque chose qui est un peu caché parce qu'on ne voit pas directement. C'est des fois aussi dur de trouver les mots, d'expliquer les mots. et puis en fait Là, maintenant d'avoir fait le processus, je vois très bien qu'est-ce qui n'allait pas et qu'est-ce qui n'allait pas à cette période-là. Je n'ai pas du tout été médiqué, mais c'est aussi le fait, là je suis encore suivi par les psychiatres, ce n'est pas tout le temps joyeux le sport de haut niveau parce que ce qu'on voit, c'est que peut-être 5% de ce qu'on montre. Et puis, beaucoup de gens ne montrent que les côtés positifs et en fait, il y a beaucoup de doutes. Là, c'est les gros doutes. Oui, là maintenant, je commence à kiffer parce qu'en fait, à nouveau, je le vois comme un jeu.
- SUEUR D'ESPOIR
Sierre Zinal l'a été une bonne bouffée d'oxygène dans une atmosphère qui était saturée de questionnements. Entre la WTCS d'Hambourg et Karlovy Vary, il décide de s'aligner sur cette course mythique. Une course dans les montagnes, à côté de chez lui, et un pas de côté, avec comme seul but de kiffer le moment. Vu le résultat, Sierre Zinal se demandait s'il n'avait pas couru en montagne toute sa vie, car il termine la course à la 4ème place en 2h32, après avoir mené la course pendant 2h. Une grosse dose de plaisir prise dans les montagnes suisses, avec un public survolté, totalement acquis à sa cause.
- Adrien BRIFFOD
J'étais rentré de Sardaigne en fin mai, début juin, et je m'étais dit, allez, je vais faire une longue sortie pour préparer Sierre-Zinal, où je m'étais fait 23, 24km, 3 heures, mais juste comme ça en montagne, pour un peu couper une semaine de coupure, sans mettre plus de focus. Et puis, moi, j'étais là, en fait, mon objectif, c'est sous 2h40, je serai content. Si je peux être obligé. incroyable, mais en fait, en partant sur la course, moi, j'étais, je n'avais pas de pression, moi, je suis arrivé sur la course, je suis arrivé le matin, il y a mon père qui m'a posé au départ, j'ai été chercher mon dossard, je voyais que c'était trop tôt, j'ai été prendre le café sur une petite terrasse, je suis parti la fleur au fusil, on va dire, et puis, moi, je m'en souviens très bien de mon pote, un de mes meilleurs potes qui fait du triathlon, il m'a dit, il me disait deux jours avant, Tu pars pas avec les kenyans, Adrien. Tu pars pas avec les Africains. De toute façon, tu peux revenir par la suite. Et en fait, un moment, je me suis retrouvé seul devant. Et quand je suis arrivé en haut, au premier point intermédiaire à 49 minutes, 50 minutes, j'étais là, bon, c'est encore 1 minute 30, plus lent que Kilian Jornet sur son record. Bon, ça va, je suis pas parti comme un con. Ils vont me revenir, les kenyans. Ils sont derrière, ils vont me revenir. Et puis après, j'étais juste là, bon, il faut que je sois à 100. J'espère encore à une heure que je vais être devant parce qu'il y a la télé suisse qui prend live. Au moins que mes potes me voient et que je n'ai pas fait rien. Je pense que cette course est vraiment arrivée parce que je n'avais pas de pression. Et puis, en fait, c'est un environnement qui me convenait. Quand ils ont commencé à me dépasser, moi, j'étais là. Ma course, elle est réussie. Je ne vais pas cracher sur ce que j'ai fait. Si je finis dixième, c'est à la ligne d'arrivée. En fait, pas directement tout de suite, mais c'est quand les gens... Ils ont commencé à me dire, en fait, tu as battu le meilleur temps suisse de tous les temps, tu es dans les 15e performers de tous les temps sur la course et tout ça. J'ai commencé à dire, je suis loin peut-être du record qu'il a une journée, mais il y a des années avant 2020, en fait, avec le temps que j'ai fait, ça se gagnait la course. Et puis, c'est vraiment là où j'ai pris conscience que j'avais fait quelque chose d'incroyable. Il n'y a pas qu'une façon de faire, tu peux aborder autrement. Moi aussi, je suis peut-être très bon en montée, en course à pied, parce que je suis très puissant à vélo. J'ai développé beaucoup de puissance sur les cuisses en vélo, de force en montée à en vélo, parce que j'étais dans les meilleurs cyclistes du circuit en WTCS. Je pense que j'ai des puissances sur 20 minutes en watts par kilo qui pourraient me permettre d'aller faire du cyclisme pro, mais ce n'est pas quelque chose qui m'intéresse. Mon pic de puissance sur 20 minutes, il est à 425 watts. Quand je faisais 65 kg, 67 kg, ce qui fait quand même pas mal. Je pense qu'il y a beaucoup de manières de s'entraîner. C'est aussi de voir, moi, j'adore la pluridisciplinarité dans l'entraînement. Je ne vais pas me dire que je me mets à la course à pied pour faire que de la course à pied. Finalement, je n'ai pas décidé d'augmenter et de commencer à courir 120, 130 km par semaine. Pour moi, je vais garder mes 90, 100 km max par semaine et ça me va très bien. Et je vais continuer à faire du vélo parce que j'adore aller faire du vélo avec des potes. Ce n'est pas à me dire que j'ai choisi le mauvais sport parce que j'ai eu un des meilleurs niveaux du monde en triathlon. Mais j'avais un potentiel pour être bon dans plusieurs sports différents en sport d'endurance. Et puis peut-être que j'ai choisi le sport au moment qui me convenait le plus. Et puis maintenant, je fais un autre sport. Mais comme je l'ai dit avant, pour moi, c'est du bonus.
- SUEUR D'ESPOIR
Cette performance incroyable ne reste pas sans conséquences. Et il n'a pas fallu longtemps. pour que le téléphone d'Adrien se mette à vibrer.
- Adrien BRIFFOD
Quand les marques sont venues me proposer pour faire du thrill, en fait, moi, j'ai réfléchi, j'étais là, ben, ouais, ça peut être sympa. Mais je n'ai pas envie de retourner dans un truc où c'est trop de contrôle, trop de faire tout ça. Et j'ai envie d'avoir cette liberté de pouvoir un peu faire des choses qui me donnent envie. J'ai arrêté de réfléchir en disant, ben, en fait, il faut vraiment que je fasse ça, il faut que je fasse ça, il faut que je fasse ça. Je ne pourrais jamais être comme un... Christian Blumenfeld ou comme ça, où il contrôle tout. Je suis arrivé vers les marques et je leur ai dit « En fait, moi, avant que vous avant Sierre Zinal et tout ça, et avant que vous me proposiez, moi, j'arrêtais ma carrière de sportif de haut niveau en septembre. En septembre, c'était la fin de ma carrière. Si je viens vers vous, ce n'est pas que j'ai envie de m'amuser à faire 50 000 courses dans l'année, à voyager à l'autre bout de la planète pour aller faire des courses. Moi, j'ai envie de m'entraîner chez moi, j'ai envie de m'entraîner comme j'ai envie chez moi. » Je veux être performant parce que je sais comment me préparer pour les courses. J'ai envie de faire Zegama, Marathon du Mont Blanc, Sierre Zinal, peut-être d'autres courses pour préparer ça, mais j'ai envie d'être performant. Les jeunes, ils arrivent, ils sont très performants. Je pense qu'on peut toujours être très performant à notre âge parce qu'on a appris de la maturité. Moi, j'ai aussi une très grosse base d'entraînement. Pendant plein d'années, je me suis envoyé des semaines à 25-30 heures et tout ça d'entraînement. Donc, le faire moi, j'ai la base, j'ai l'expérience et je sais ce qui fonctionne pour moi. Et qu'est-ce qui ne fonctionne pas ? Est-ce que j'ai envie d'aller faire des entraînements d'altitude ? Non, en fait, je n'ai pas envie d'aller trois semaines faire le moine, même si je sais que ça peut apporter de l'avantage. Mais si je vais faire ça, tu es obligé d'aller deux fois trois semaines dans l'année. Donc voilà, moi, c'est mettre en place des choses, oui, pour améliorer ma performance, pour être plus performant, mais des choses qui ne me demandent pas trop mentalement, puis de pouvoir faire quand même plus d'autres activités à côté.
- SUEUR D'ESPOIR
Après avoir annoncé fin 2025 qu'il mettait officiellement un terme à sa carrière de triathlète pour passer plus de temps à courir en montagne, Adrien annonce début 2026 que l'aventure en trail se ferait aux côtés d'Asics.
- Adrien BRIFFOD
On va dire les objectifs que j'ai choisis cette année, c'est un peu les courses où ils ont envie d'avoir des gens performants. J'ai envie de faire des courses connues. Et en fait, les courses connues, c'est les courses où il y a le plus de niveaux. Donc voilà, c'est aussi ça. Moi, je suis là-bas. En fait, là, j'ai été qualifié pour les cheminades d'Europe de course de montagne qui sont en Slovénie début juin. Mais en fait, j'ai refusé la qualification. Moi, j'ai dit, mais en fait, ce n'était pas dans mes objectifs en début d'année. Peut-être l'année prochaine, les chemins du Grand Monde, si je continue la course de montagne, ça me dira bien. Mais cette année, même si je sais que j'aurais le potentiel d'aller chercher quelque chose et faire un résultat, non, je n'ai pas envie. Ce n'est pas dans mes objectifs et priorités de l'année. Je n'ai jamais eu un contrat en triathlon avec une marque autant élevée. C'est un contrat qui me permet de bien vivre, en fait. Je pense que j'aurais pu trouver d'autres marques à côté pour compléter si j'avais envie d'être que à 100%, mais ce n'est pas ça qui m'a fait. J'ai envie de travailler, mais oui, ça me permet de vivre.
- SUEUR D'ESPOIR
L'horizon est maintenant beaucoup plus clair pour Adrien. Master en poche après 10 ans passé à l'EPFL, il a tout récemment décroché un job à la CFF, les chemins de fer fédéraux suisses. L'occasion de réaliser tout le chemin qu'il a parcouru, et que oui, Le sport de haut niveau est une expérience qui est très largement valorisée dans le milieu du travail.
- Adrien BRIFFOD
Quand j'étais aussi engagé par les CFF, moi je ne m'attendais pas parce que je n'ai pas du tout l'expérience dans le milieu que j'ai bossé. Je n'ai quasiment rien bossé en fait. Après ce que j'ai compris, c'est aussi que j'ai un manque de confiance en moi. Parce que les gens m'ont dit clairement qu'on recherche plutôt la personne que vraiment quelqu'un qui a un certain type de diplôme. Oui le diplôme ça fait un plus, mais moi j'oublie de... de me dire des fois en fait j'ai travaillé et puis ça j'ai... Moi je sais que c'était mon job pendant plusieurs années parce que je vivais de ça, mais je vois que ma grand-mère des fois c'est toujours dur de lui faire comprendre qu'en fait c'est un job, je gagnais de l'argent.
- SUEUR D'ESPOIR
Désormais, l'heure est à reprendre une confiance fragilisée, retrouver le sens dans une pratique plus équilibrée et tout simplement remettre le plaisir au centre du projet.
- Adrien BRIFFOD
C'est aussi maintenant en fait j'apprends à... apprécier les résultats même en fait si au fond de moi je sais que j'aurais eu des choses à améliorer si en fait j'ai appris à apprécier les résultats et en fait les jeux en fait d'accepter de me dire mais en fait c'est déjà juste incroyable que je me suis qualifié pour les jeux j'ai apprécié le processus d'aller aux Jeux peut-être la course le résultat ben voilà c'est pas comme ça mais finalement ben j'ai apprécié faire la course des jeux parce que j'étais là ben en fait je suis pas bien on va pas s'arrêter c'est les Jeux autant finir et apprécier le public et puis se donner le maximum et puis se dire qu'en fait c'est juste incroyable ce que j'ai fait parce que moi c'est vraiment là en discutant avec mon groupe de potes de bébés, moi j'ai ma perspective avec moi-même qu'en fait j'ai toujours été en confrontation avec les meilleurs du monde, moi c'est les meilleurs du monde, là où je mets mon curseur alors qu'en fait j'étais dans les 10 et même certaines années les 5 meilleurs du monde triathlètes en courte distance. Il n'y a pas beaucoup... Ouais, c'est juste ça. Ouais, j'ai réussi à atteindre ce niveau-là. Si je repense au petit Adrien de 12 ans qui faisait du triathlon et qui se dit qu'il a été au jeu, le petit Adrien, il serait super fier.
- SUEUR D'ESPOIR
Ce samedi 25 avril, du côté de Samarkand, en Ouzbékistan, aura lieu la première WTCS de la saison. Le début d'une nouvelle campagne olympique de deux ans, avec en ligne de mire Los Angeles en 2028. Adrien, pour la première fois depuis bien longtemps, regardera ça de loin. Sans regret, la conscience tranquille et le cœur apaisé d'avoir su retrouver un équilibre qui lui avait trop longtemps échappé. Ce samedi 25 avril, lui aussi accrochera un dossard dans les sommets du Mont Ventoux. Il n'y aura pas de qualification pour Los Angeles à aller chercher. Mais qu'importe, avoir réussi à raviver une flamme qui peinait à briller vaut bien plus que n'importe quel métal doré. C'est la fin de cet épisode, j'espère qu'il vous aura plu, si c'est le cas pensez à évaluer le podcast sur vos plateformes d'écoute préférées, et abonnez-vous pour ne pas louper les prochaines histoires. Merci pour votre écoute, c'était Sueur d'Espoir, et à la prochaine.