- Emilie RESPAUT
Je pense qu'au début, je ne réalisais pas que j'étais en route pour les JO.
- Olivia Leray, Stade 2
Il y a Toulon qui est en difficulté, on ne compte même plus les clubs qui déposent le bilan.
- Journaliste La Provence
C'est une nouvelle qui secoue le monde du volet professionnel féminin. Le club du PAVVB disparaît après 19 ans de présence au plus haut niveau.
- Emilie RESPAUT
Avant de rentrer dans le milieu professionnel, je n'avais pas conscience de ça. Pour moi, ce n'était pas possible de fermer un club comme ça du jour au lendemain. Le marché était déjà fermé un peu partout, donc je n'avais pas trop le choix. C'était un peu stressant parce que je ne voulais pas finir sans club. Ça faisait six ans non-stop où j'étais avec l'équipe de France. De me retrouver là cet été et qu'on me dise « Désolée, mais on ne te prend pas pour la suite » . J'étais en mode « Mais je comprends pas » Et genre du jour au lendemain, j'étais plus en équipe de France.
- SUEUR D'ESPOIR
Bienvenue dans le podcast Sueur d'Espoir. Ici pas d'interviews, pas de questions. Écoutez un format narratif dans lequel les meilleurs athlètes vous raconteront leur parcours et les défis qu'ils rencontrent au quotidien. Le sport de haut niveau, comme si vous y étiez. Je suis Martin Gauthier et je vous souhaite un bon épisode. Le sport professionnel est parfois loin de l'image qu'on peut s'en faire. En France, ces dernières années, on ne compte même plus le nombre de clubs de première division qui ont dû déposer le bilan. Le hand et le volley féminin sont particulièrement touchés. Deux sports pourtant sur une super dynamique sportive. Dans quelques mois, il y aura l'Euro de volley. Un événement majeur qui sera l'occasion pour l'équipe de France de surfer sur sa bonne forme afin de, pourquoi pas, décrocher sa qualification pour les JO de 2028. Aujourd'hui, pour mieux comprendre la vie d'une joueuse de volet professionnel, je vous emmène découvrir le parcours d'Emilie Respaut, passeuse en équipe de France. Bienvenue dans Sûr d'espoir, bon épisode ! Lors des derniers JO de Paris, l'équipe de France masculine a... écraser la Pologne en finale pour conserver son titre olympique. Mais qu'en est-il chez les femmes ? Eh bien, en tant que pays haute, l'équipe de France féminine de volet a pu participer pour la première fois de son histoire aux Jeux Olympiques. Et Emilie y était. Sèchement battue pendant les phases de poule, cela a pour autant créé une véritable dynamique dans l'équipe qui, l'année d'après, a atteint les quarts de finale des championnats du monde. Une compétition pour laquelle la France ne s'était plus qualifiée depuis 51 ans.
- Emilie RESPAUT
On n'a pas performé, mais on peut dire que c'est une petite victoire pour nous quand même parce qu'on a réussi à évoluer en tant qu'équipe et parce qu'on partait de loin et du coup on est très fiers de ça aussi. Je dirais qu'on était quand même en dessous des équipes. On pouvait les accrocher. Mais c'était quand même compliqué de les battre, dans le sens où elles avaient beaucoup plus d'expérience. Elles savaient gérer ce genre de situation, ce genre de compétition. À partir de cet été, justement, on a commencé à gagner contre ce style d'équipe. Et je trouve qu'on est vraiment de plus en plus fortes et on peut vraiment rivaliser contre toutes les équipes internationales.
- SUEUR D'ESPOIR
Alors, à quel niveau se joue la différence entre la France et les meilleures nations mondiales ?
- Emilie RESPAUT
Les moyens. Oui, la fédération du pays a plus de moyens. Ensuite, pratiquement toutes les filles dans l'équipe d'Italie par exemple ou Turquie, enfin les meilleures nations, elles sont toutes dans les meilleurs clubs du monde aussi. Donc elles touchent au meilleur niveau chaque jour. au même niveau par rapport à ça. Mais c'est en train justement de changer un peu pour l'équipe de France. Le plus de filles jouent dans les meilleurs clubs du monde. Donc, c'est en train d'un peu changer.
- SUEUR D'ESPOIR
Émilie faisait partie du dispositif France Avenir 2024 il y a quelques années. Un dispositif dont le but a été de créer une équipe entièrement faite des jeunes joueuses les plus prometteuses de leur génération. Une équipe qui a commencé dans les championnats inférieurs jusqu'à arriver au... plus haut niveau français. Rapidement, Émilie est devenue une passeuse remarquée et a ainsi intégré l'équipe de France A. jusqu'à vivre ses premiers JO en juillet 2024.
- Emilie RESPAUT
Alors, quand il y a eu l'arrivée du nouveau coach, Émile Rousseau, en 2018, 2017-2018, je ne sais plus. En fait, il avait pour projet, du coup, en accord avec la fédération, de nous amener au JO 2024 et de faire progresser l'équipe, tout ça. Moi, j'ai été prise à ce moment-là en équipe de France senior. J'étais prise dans le projet, j'étais à ce moment-là la plus jeune. J'avais 18 ans. Et en fait, le projet s'est formé comme ça. Avec l'équipe de France, on a commencé à gagner des compétitions. On était partie de Silver League. On arrive dans la Golden League. Et après, on a réussi à gagner la Golden League et la Challenger Cup pour arriver en VNL. Et c'est là où on a grimpé d'un étage. Et on s'est retrouvés à jouer contre les meilleures équipes du monde. Et ça, ça a été une très bonne préparation, je pense, pour les JO aussi.
- SUEUR D'ESPOIR
Pour expliquer rapidement, la VNL c'est la Ligue des Nations de Volleyball, une compétition internationale qui se joue chaque année. Chez les femmes, elles rassemblent les 18 meilleures nations de volley. Et pour s'y qualifier, il faut remporter les ligues directement inférieures. Tout commence par la Silver League. La remporter permet d'accéder à la Golden League, qui permet elle d'accéder à la Challenger Cup. Et enfin, remporter la Challenger Cup permet de se qualifier en VNL. Chaque édition, la dernière équipe de VNL est rétrogradée en Challenger Cup tandis que la première équipe de Challenger Cup monte en VNL. C'est ainsi que depuis 2022, la France a opéré sa montée en puissance jusqu'à se qualifier en 2024 pour la première fois de son histoire en VNL. Avec leur premier JO quelques mois après, l'année 2024 fut une année riche de premières fois pour cette équipe de France.
- Emilie RESPAUT
Je pense qu'au début je ne réalisais pas que j'étais en route pour les JO. J'étais plus en mode « ouais, je vais m'entraîner avec l'équipe A, c'est cool » . Dans ma tête, j'étais pas en mode « c'est maintenant, il faut que je performe pour les JO, il faut qu'il y ait un 1 » . Pas du tout. Et c'est vrai qu'au début, c'était un peu compliqué pour moi parce que mon caractère est plutôt timide, introvertie. Et je me suis retrouvée avec des filles plus âgées que moi qui ont l'habitude du haut niveau. et qui sont là depuis longtemps, c'est déjà une équipe formée. Du coup, c'était un peu compliqué pour moi de m'intégrer, mais au final, ça s'est bien passé.
- SUEUR D'ESPOIR
Issue de parents volleyeurs, Émilie et son frère ont tous les deux emprunté la même voie avec autant de réussite.
- Emilie RESPAUT
Ils étaient tous les deux professionnels et ma mère a eu quelques sélections aussi en équipe de France. Donc voilà, on est une famille de voleilleurs. Et en plus de ça, maintenant, ils sont aussi coachs en dehors de leur travail à Fréjus. On est dans le volet, à fond dans le volet.
- SUEUR D'ESPOIR
Lorsqu'elle arrive en 2021 en équipe de France à seulement 18 ans, elle n'est alors même pas encore professionnelle. Ce n'est qu'un an plus tard, en 2022, qu'elle va paraffer son premier contrat pro au Neptune de Nantes où elle va connaître la Coupe d'Europe.
- Emilie RESPAUT
J'étais remplaçante à ce moment-là. C'était vraiment une expérience de fou. Même partir à l'étranger pour jouer contre des équipes, des clubs d'autres pays aussi. C'est vraiment trop bien. On est même arrivé jusqu'en finale. C'était quand même une expérience que j'aimerais revivre.
- SUEUR D'ESPOIR
En tant que passeuse au volley, on est la joueuse qui va un peu contrôler le jeu. Celle qui va faire des signes à ses coéquipières pour leur indiquer la stratégie prévue. Puis qui va faire la dernière passe pour l'attaque. Dans l'équipe, il y a généralement deux passeuses. Une passeuse titulaire puis une remplaçante.
- Emilie RESPAUT
En fonction de la réception, je sais le plan de base que j'aimerais appliquer. Si la réception n'arrive pas parfaitement ou comme je voudrais, je joue un peu là où j'en veux. Je ne réfléchis pas trop. J'essaye encore dans ces moments-là de surprendre l'adversaire. Donc j'essaie de faire des choses un peu compliquées à faire. Et c'est pour ça que des fois, je me fais un peu pourrir par l'entraîneur parce que je ne suis pas très propre. Mais voilà, moi j'aime bien jouer à l'instinct plutôt. Généralement, quand on change de passeuse, c'est quand l'équipe ne tourne plus et qu'on commence à se prendre une série de points. Que le coach a beau changer ses attaquantes, ça ne change pas grand-chose. Et c'est là où il décide justement de changer la passeuse pour changer la dynamique. Et aussi parce que généralement, l'équipe adverse étudie toujours la passeuse titulaire et moins la remplaçante. Donc la remplaçante, quand elle rentre, généralement, elle crée un peu la surprise et ça peut surprendre l'équipe adverse.
- SUEUR D'ESPOIR
En 2024, elle quitte après deux ans les Neptunes de Nantes pour rejoindre le pays d'Aix-Venelles en tant que passeuse titulaire.
- Emilie RESPAUT
Pour moi, le club de Venelles, c'était le club parfait. Dans le sens où le cadre de vie, il est incroyable. Notre équipe a été incroyable, le staff est incroyable. En plus, on avait décroché une place pour la CEV, la Coupe d'Europe. Donc tout était parfait en fait et au final, le destin a décidé autrement.
- Journaliste La Provence
C'est une nouvelle qui secoue le monde du volet professionnel féminin. Le club du PAVVB disparaît après 19 ans de présence au plus haut niveau.
- SUEUR D'ESPOIR
Malgré une saison formidable, le club dépose le bilan à la fin de saison et disparaît pour cause de liquidation judiciaire. Un choc pour les joueuses et pour Émilie, alors en Chine avec l'équipe de France.
- Emilie RESPAUT
Tout au long, ils nous ont caché la vérité. Donc on ne se doutait pas que ça allait carrément fermer. On savait qu'il y avait des problèmes d'argent parce qu'on n'avait pas été payés les derniers mois et c'était compliqué. Mais ils nous disaient que ça allait s'arranger, qu'ils allaient trouver l'argent, les sponsors, tout ça. Et du coup, dans ma tête, j'allais rester abonné l'année prochaine, peut-être avec moins d'argent, mais ça allait se faire. Et au final, en fait, ils nous ont caché la vérité parce que je pense qu'eux aussi, ils avaient de l'espoir de trouver de l'argent. Et ils ne voulaient pas nous dire « Bon, bah désolé, mais on ne peut plus vous payer et tout, vous pouvez partir » . Ils voulaient quand même nous garder sous le coude. C'est pour ça que le club a fermé, on va dire, tard et qu'on s'est retrouvés toutes les joueuses dans une situation compliquée, sans temps pour se trouver un autre club. J'ai un agent, donc ça m'a aidée aussi à trouver un autre club. Et à ce moment-là, j'étais en équipe de France, donc c'était un peu compliqué. J'étais en Chine et avec le décalage horaire et tout ça, pour rappeler les coachs, pour rappeler mon agent, tout ça, c'était un peu compliqué. J'ai eu, on va dire, trois propositions de club. C'est pas beaucoup en soi. Je n'ai pas eu énormément de choix, mais le marché était déjà fermé, on va dire, un peu partout, donc je n'avais pas trop de choix. C'était un peu stressant parce que je ne voulais pas finir sans club. Je voulais absolument trouver un club, mais un club aussi bien pour moi. C'est pour ça que j'ai choisi Erfurt.
- SUEUR D'ESPOIR
Au même moment, les Neptunes de Nantes, elles aussi auteurs d'une saison de rêve, sont reléguées administrativement suite au retrait de l'actionnaire principal du club. Une situation qui pose question sur la situation du sport professionnel en France. Et ça, quand on est jeune joueuse, ce ne sont pas des préoccupations auxquelles on pense.
- Emilie RESPAUT
Avant de rentrer dans le milieu professionnel, je n'avais pas conscience de ça. Pour moi, ce n'était pas possible de fermer un club du jour au lendemain. Et pourtant, les deux clubs où j'ai joué ont fermé. Je pense que ça dépend des clubs, mais il y a énormément de clubs où tu sens que c'est fragile, qu'il manque de l'argent ou alors qu'ils sont endettés. Et ça se reflète un peu aussi sur nos salaires. Soit nos salaires baissent, soit on est payé en retard ou moins payé. Et c'est vrai que du coup, c'est là où je me rends compte qu'il y a des clubs où c'est vraiment compliqué et où c'est précaire pour nous. J'ai appris à pas mal me méfier de ce qui était marqué dans le contrat sur la situation judiciaire du club. Donc je pense que ça m'a aidée aussi à comprendre plus le système et à me méfier des clubs par rapport à ça.
- SUEUR D'ESPOIR
Des situations parfois délicates pour les joueuses avec des retards ou des non-payements de salaire. Sachant que le salaire du club est le seul revenu pour l'immense majorité des joueuses, sans économie à côté, il est impossible de continuer à vivre correctement.
- Emilie RESPAUT
Pour tout te dire, au début de la saison, on n'a pas été payés octobre, novembre, décembre. Et du coup, on a attendu pendant trois mois notre salaire au début de la saison. Ce qui était compliqué aussi, si tu n'as pas d'économie, tu ne peux pas... Du coup, on demandait un peu au club de nous prêter de l'argent, enfin de nous donner de l'argent, genre une petite somme au moins pour pouvoir acheter à manger ou quoi, enfin le minimum. Après, c'est rentré dans l'ordre et après, on n'a pas été payés les derniers mois, les deux derniers mois. On a été payé du coup par l'assurance. Et moi, en fait, le truc, c'est que j'avais signé deux ans, donc j'étais à un contrat de deux ans. Donc j'ai pu aussi récupérer une partie de l'argent qui me devait cette saison-là, du coup, à ce moment même où je suis à Erfurt.
- SUEUR D'ESPOIR
Heureusement, Émilie a su rebondir et trouver un autre club dans le championnat allemand à Erfurt. Avec des contrats qui ne durent jamais des années, la vie de voléeuse est une vie faite de changements. Avec trois clubs en quatre ans, Émilie en est l'exemple parfait. Pour autant, ce n'est pas les changements de ville ou de pays qui la dérangent le plus là-dedans.
- Emilie RESPAUT
Je pense que plus tard, oui, à la fin de ma carrière, c'est sûr que j'aurais envie de me poser et de rester au même endroit et le plus proche possible de ma famille. Mais là pour l'instant, en vrai, ça ne me dérange pas, je pense, de changer chaque année. et de découvrir un nouveau club chaque année. C'est juste que ce qui me rend triste, c'est plutôt de changer de coéquipière à chaque fois parce qu'on s'attache forcément à nos coéquipières. Et c'est plutôt ça qui m'embête en fait, c'est de changer d'amis à chaque fois. J'aimerais bien aller jouer au Japon. Bon, je n'ai pas essayé d'avoir des contacts là-bas encore, mais le problème c'est que... Là-bas, au Japon, ils ne prennent pas beaucoup d'étrangères. Et s'ils prennent des étrangères, c'est justement des grandes joueuses et athlétiques, des choses qu'ils n'ont pas forcément dans leur pays. Et moi, je suis un peu dans le style japonais, donc je suis petite. Je suis passeuse et là-bas, ils ont tellement de passeuses. Donc je ne sais pas s'ils pourraient aller là-bas un jour. J'aimerais bien en tout cas. Et j'aimerais bien essayer les États-Unis aussi pour voir... Ça m'intéresse en fait de voir la mentalité là-bas, comment ils s'entraînent, tout ça. Parce que c'est quand même une très bonne nation aussi au volet. Donc j'aimerais bien découvrir ça.
- SUEUR D'ESPOIR
Quand on passe pro si jeune, c'est aussi parfois un frein pour se projeter dans des études lorsque l'on ne sait pas où on sera d'une année à l'autre.
- Emilie RESPAUT
Moi du coup je suis partie en club professionnel directement après avoir eu le bac. J'ai tenté de poursuivre mes études en psychologie mais c'était très compliqué. J'étais à Nantes à ce moment-là et en fait il n'y avait pas trop d'aménagements. Je pouvais aller que deux heures par semaine en cours. Et je me suis dit, c'est impossible. Je ne peux pas rattraper tous les cours à chaque fois. C'est impossible. Du coup, j'ai arrêté. Et depuis, je n'ai pas tenté de retrouver quelque chose d'autre. Cette année, j'ai essayé de trouver quelque chose 100% en ligne. Donc, j'avais trouvé un... Je voulais faire un BTS communication. Le problème, c'est qu'il faut faire des stages en présentiel et que c'est impossible aussi. Parce que je suis en Allemagne aussi, donc... Du coup, je n'arrive pas trop à trouver quelque chose qui me convienne et qui soit possible en même temps que le volet. Donc pour l'instant, je ne fais rien, mais le volet professionnel paye quand même assez bien et j'arrive à mettre assez d'argent de côté. Donc pour l'instant, ce n'est pas vraiment ma priorité, on va dire, devant mes études. Même si des fois, j'avoue que ça me stresse un peu parce que j'aimerais bien quand même avoir un truc à côté au cas où. Mais je pense que pour l'instant ça va, et puis je suis jeune, j'ai encore le temps.
- SUEUR D'ESPOIR
Appelée chaque année en équipe de France depuis 2021 avec un quart de finale en championnat d'Europe, une victoire en Golden League en 2022, puis une première au JO en 2024, cet été elle n'est pas retenue pour la fin de la Ligue des Nations.
- Emilie RESPAUT
J'ai fait la première partie de la VNL et après on m'a mis de côté parce que Nina, du coup la première passeuse, celle qui est là depuis longtemps, est revenue. Et du coup je me suis retrouvée sur le côté alors que pour moi je méritais aussi de rester et je trouvais que je faisais des bons trucs. C'est comme ça et je ne peux rien dire en fait, c'est le choix de l'entraîneur. Ça faisait six ans non-stop où j'étais avec l'équipe de France. C'est vrai que de me retrouver là cet été et qu'on me dise « bon, bah désolé mais on ne prend pas pour la suite » , c'était un moment de « mais je ne comprends pas » . Je me suis retrouvée un peu à la rue, j'avais l'impression du coup de « ouais, on m'a virée quoi » . Et genre du jour au lendemain, je n'étais plus en équipe de France. Et ça m'a fait vraiment bizarre parce que j'avais jamais connu les vacances. Et là, de me retrouver un mois et demi, deux mois en vacances, je me suis dit « mais qu'est-ce que je vais faire ? » Je vais m'ennuyer. Je le prenais plus comme quelque chose de négatif que comme quelque chose de positif. Alors qu'au final, il n'y a rien de mieux que des vacances. Ça m'a quand même fait du bien mentalement aussi. de faire un petit break.
- SUEUR D'ESPOIR
Dans un contexte compétitif comme celui de l'équipe de France, même si l'on joue bien, parfois il faut accepter des choix qui ne dépendent pas de nous. Après six ans à devoir faire sa place chaque année, parfois pouvoir souffler pendant l'été pour faire une pause du volet, ça fait aussi du bien.
- Emilie RESPAUT
Je pense que j'étais un peu fatiguée de tout ça. En fait, comme tu es arrivée très jeune en équipe de France, il y a eu quand même des moments très compliqués. Et je pense que là, je suis arrivée à un stade où en fait j'ai juste envie de... me reposer et de souffler un peu. Parce que j'enchaîne tout à chaque fois, club, équipe de France, club, équipe de France. Et au final, je pense que j'ai mérité une petite pause. Et après, j'espère que je serai quand même prise l'été prochain. Mais si je ne suis pas prise, ce n'est pas grave. J'ai une vie aussi et je peux vivre autrement. Forcément, je serais déçue parce que c'est quand même l'équipe de France. Mais si j'ai pas pris, c'est comme ça. C'est que l'entraîneur préfère une passeuse. J'ai pas envie de me pourrir le mental pour ça alors que c'est pas moi qui choisis. Généralement, entre la fin du club et le début de l'équipe de France, on a une semaine de repos. Puis après, on reprend directement les stages, les pétitions, tout ça. Et forcément, entre les stages et entre les compétitions, des fois on a 4-5 jours, mais on n'a jamais de vacances. Et on ne peut jamais non plus prévoir parce que ça dépend aussi des compétitions, si on va jusqu'en finale ou si on perd en pool. Ça dépend de plein de trucs, donc on n'est pas non plus très stable dans le calendrier, donc c'est pas trop.
- SUEUR D'ESPOIR
Encore peu médiatisé en France, le volet français ne fait que monter en niveau, avec notamment de plus en plus de choses françaises qui jouent dans les meilleures équipes mondiales. En 2026, ce sera l'Euro. La France sera dans le groupe de l'Italie, championne olympique en titre, avec un seul set perdu durant la compétition. Un avant-goût du chemin à parcourir avant Los Angeles, une Olympiade pour laquelle les Bleues comptent bien participer.
- Emilie RESPAUT
Notre objectif c'est de pouvoir se qualifier au JO. C'est un objectif ambitieux, mais je pense qu'on a quand même nos chances. J'espère faire une bonne saison à Erfurt pour pouvoir être vue par d'autres clubs et ensuite trouver un meilleur club l'année prochaine et être sélectionnée cet été. Là, ce serait parfait.
- SUEUR D'ESPOIR
A seulement 22 ans, Émilie fait déjà partie des meilleures passeuses françaises et a déjà su s'imposer dans des top équipes comme l'année dernière avec Aix-Venelles. La suite s'annonce prometteuse, encore plus avec une équipe de France qui ne cesse de monter en régime depuis les derniers Jeux Olympiques. C'est la fin de cet épisode, le premier sur un sport collectif, un épisode qui montre la réalité du sport professionnel, une image bien loin de ce que l'on peut imaginer quand on a pour référence les top clubs européens de football. Le volley féminin fait malgré tout son bout de chemin, jusqu'à on l'espère un jour, voir le collectif masculin et féminin au plus haut niveau mondial. Lorsque le gros du budget des clubs passe par les recettes des matchs, se déplacer dans sa ville pour aller soutenir son équipe devient en plus d'un super moment de sport, un acte de soutien envers le sport professionnel. Alors allons soutenir nos athlètes français, eux qui à chaque compétition nous font vibrer. Pensez à vous abonner au podcast et évaluer l'épisode s'il vous a plu. Je vous dis à bientôt pour un prochain épisode sur le sport de haut niveau. Merci pour votre écoute, c'était Sueur d'Espoir.