- Mathilde SENECHAL
La prépa, c'est plutôt très bien passé. Je n'ai jamais fait une prépa comme ça. Pas forcément en termes de kilométrage, mais en tout cas en termes de qualité de séance. Et voilà, j'espère une fois passer la ligne, être juste ultra satisfaite et me dire c'est bon, c'est fait. Et d'avoir vraiment ce sentiment de satisfaction.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
Il n'y avait pas de rôle à avoir parce que tout était planifié avant. C'est-à-dire qu'on avait un plan A, un plan B, un plan C. Plan C, on voit que les auteurs ne sont pas respectés. qu'elle est dans le dur et qu'elle arrive déjà au semi-marathon, les chronos ne sont pas forcément respectés. Et là, auquel cas, c'est arrêt directement. De toute façon, quels que soient les plans A, B ou C, c'était qu'il fallait partir sur des allures marathon qu'il fallait faire, tu vises 2h28, avec une marge d'erreur en 2h30. Et sa coach avait dit, il faut partir sur une allure de 3h30 au kilomètre et le tenir le plus longtemps possible. Ça, c'était quoi qu'il arrive, il fallait faire ça.
- Mathilde SENECHAL
C'est tellement une distance où il peut se passer beaucoup de choses sur 42 kilomètres que malgré tout, malgré une super prépa, bah parfois, le jour J, ça peut échouer. J'ai vraiment essayé de faire abstraction de la maladie et de comment j'étais les jours précédents. Et en soi, je n'avais pas de ressenti physique qui me laissait penser que ça n'allait pas. Passé le 15e, je commençais à vraiment charger anormalement. Et quand on charge au 15e kilomètre sur un marathon, c'est compliqué. On peut sentir pas très bien, mais charger à ce point-là, c'était anormal. Et en fait, le fait de savoir que oui, j'avais été malade et que je savais que potentiellement ça pouvait arriver, c'était notre pire plan, mais que ça pouvait arriver, du coup, on se dit, bon, on y est, c'est là. Et en fait, j'étais lucide et je comprenais ce qui se passait. mettons que Tant que mon copain ne m'avait pas dit d'arrêter, je ne comptais pas arrêter parce qu'arrêter de soi-même, c'est trop dur. Moi, je ne pouvais pas, surtout sur un marathon. Et en fait, arrivé au 20e kilomètre, on n'a encore rien vécu du marathon.
- SUEUR D'ESPOIR
Bienvenue dans le podcast Sueur d'Espoir. Ici, pas d'interview, pas de questions. Écoutez un format narratif dans lequel les meilleurs athlètes vous raconteront leur parcours et les défis qu'ils rencontrent au quotidien. Le sport de haut niveau, comme si vous y étiez. Je suis Martin Gauthier et je vous souhaite un bon épisode. Le marathon la distance reine. 42 km à osciller en tramouréenne. Si la course à pied est l'école de la vie, alors le marathon est ce prof qui t'a tant appris. Des semaines pour se préparer à danser sur un fil, le marathon est cette discipline d'humilité qui t'apprend à accepter que même bien préparé, la pièce ne tombe pas toujours sur pile. Dans l'épisode précédent, Mathilde Sénéchal était revenue sur ses dix dernières années à très haut niveau. Entre ses premières sélections bleu-blanc-rouge, son passage du 3000 m au marathon et ce rêve olympique qui a initié cette bascule. Tant d'apprentissages partagés et cette conclusion d'une prépa superbement exécutée qui devait l'amener dimanche 15 février au marathon de Séville a réalisé le chrono pour lequel elle s'était entraînée. Sauf que tout ne s'est pas passé comme prévu, un peu comme dans la vie après tout. Tombée malade les jours avant, elle a tout de même pris le départ avec la même envie. Un marathon qui n'en sera finalement pas un, puisqu'elle sera contrainte d'abandonner à Mikroos.
- Mathilde SENECHAL
A partir du moment où on est arrivé à Séville, je me suis conditionnée en me disant « j'oublie les jours passés et maintenant je suis une athlète élite et je vais faire mon maximum » . Donc j'ai vraiment essayé de faire abstraction de la maladie et de comment j'étais les jours précédents. Et en soi, je n'avais pas de ressenti physique qui me laissait penser que ça n'allait pas. Donc, non, j'ai tout fait comme il fallait jusqu'au jour du départ. Et puis, en fait, je suis directement partie sur les bonnes allures, voire même un peu plus rapide. Donc, ça m'a un petit peu rassurée. Je me suis dit, bon, bah, nickel, je suis fraîche. C'est vrai que j'avais de la fraîcheur physique parce que forcément, j'avais un petit peu diminué la charge d'entraînement. Et donc, direct, je pars sur les bonnes allures, ce qui me rassure. Et je vois que, voilà, 5, 10 kilomètres, je suis bien dans les temps sur 2h28. Mais je sentais que passé le 15e, je commençais à vraiment charger anormalement. Et quand on charge au 15e kilomètre sur un marathon, c'est compliqué. On peut sentir pas très bien, mais charger à ce point-là, c'était anormal. D'autant que j'avais fait des séances d'entraînement qui étaient beaucoup plus dures et beaucoup plus longues que juste 15 kilomètres à l'heure marathon. Moi, j'avais déjà fait ça, j'en avais déjà fait plusieurs fois dans des séances d'entraînement. alors que là en plus on avait des conditions météo parfaites donc en fait il n'y avait même pas de facteur extérieur qui pouvait expliquer que j'étais pas bien c'était vraiment les jours précédents et le reste de la maladie Je sens qu'au 15e, ça commence à trop charger. À partir du 15e, j'ai arrêté de regarder mes allures parce que je sentais que ça commençait à descendre un peu et je ne voulais pas me stresser de trop parce que j'avais quand même espoir qu'à un moment donné, ça revienne. Ça devenait vraiment de plus en plus dur. J'étais vraiment de plus en plus lourde. Je savais que potentiellement, ça pouvait arriver. C'était notre pire plan, mais que ça pouvait arriver. Du coup, on se dit qu'on y est, c'est là. J'étais lucide et je comprenais ce qui se passait. Mais tant que mon copain ne m'avait pas dit d'arrêter, je ne comptais pas arrêter. Parce qu'arrêter de soi-même, c'est trop dur. Je ne pouvais pas, surtout sur un marathon, arriver au 20e kilomètre. On n'a encore rien vécu du marathon. J'ai l'impression que je n'ai pas été dans ce moment du marathon où c'est dur, mais en même temps. on sait qu'on y est, on sait qu'on s'accroche. Il y a vraiment ce truc entre le 28 et le 35 où c'est trop bien dans le marathon, c'est en même temps trop dur, mais en même temps, c'est trop bien parce que c'est le cœur du marathon. Et après, les kilomètres 38 où là, on arrive jusqu'au 42, c'est génial parce qu'on sait qu'on l'a fait et tout ça. Et ça, forcément, je n'ai pas du tout vécu ça. Donc moi, j'étais encore... Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je vais quand même chercher ce truc-là où je voyais que ça se dégradait ? Mais j'ai tellement l'habitude de me battre. de jamais penser à arrêter, qu'il fallait qu'il y ait quelqu'un à l'extérieur pour me le dire. Et après, je le regardais en attendant qu'ils me disent « bon ben là, c'est mort » . Donc franchement, ça a été dur de se mettre sur le côté, de s'arrêter. Et vraiment, le fait de cliquer sur la montre, de se dire « je clique sur la montre, donc là, c'est mort. Si je l'ai arrêtée, c'est mort » . J'ai quand même eu une fraction de seconde où je me suis dit non mais je repars, je peux pas, je repars, je me remets dans la foule. Non ça n'aurait pas été raisonnable donc heureusement qu'il était là et de manière vraiment très lucide et carrée en me disant c'est bon, on savait que ça pouvait se passer, maintenant tu te mets sur le vélo, on rentre et tout. Mais c'était compliqué d'arrêter le chrono. Et donc voilà, après, c'est dur de se mettre à l'arrière du vélo et de retourner à la ligne d'arrivée, parce qu'il fallait chercher mon sac qui était à la ligne d'arrivée avec les athlètes élites. Et puis c'est dur parce qu'on passe à côté de tout le monde, t'as abandonné quoi. Alors j'aime pas dire abandonner, parce que moi je dis non, j'ai arrêté. J'ai pas abandonné, c'est pas pareil. Mais en soi, si, j'ai pas été jusqu'au bout. Mais ouais, franchement, c'était un moment dur où j'aurais bien aimé être sous terre à ce moment-là. J'ai pas aimé ce moment. Mais le lendemain, c'est bon. Des échecs dans une carrière, il y en a plein. C'est plus de la frustration que de la déception. Et j'avais direct envie de retrouver des courses et de recourir. Donc voilà, la vie, elle s'arrête pas pour autant. La plupart des athlètes mettent des années avant de sortir un gros chrono. Parce qu'en fait, chaque marathon est différent, chaque prépa est différent. Et puis, c'est tellement une distance où il peut se passer beaucoup de choses sur 42 km que malgré tout, malgré une super prépa, parfois le jour J, ça peut échouer. Et il y a des athlètes qui ont fait 10 marathons. Et les 10 marathons, ils étaient tous différents les uns des autres. Donc, c'est sûr. que c'est aussi un peu ce qui me rassure dans le sens où on voit qu'on peut encore performer sur ces distances-là 35 ans passés, voire même 40 ans. On voit aussi qu'avec les courses de fond, c'est quand même à un moment donné l'expérience qui va prendre le dessus. L'expérience et bien sûr les années d'entraînement qui s'accumulent, mais c'est aussi rassurant de se dire je me bonifie avec le temps normalement. Et c'est aussi ce qui fait que quand ça ne se passe pas forcément comme prévu sur le jour J d'un marathon, potentiellement je sais qu'il me reste encore de belles années devant moi, si tout va bien, pour pouvoir aller chercher les chronos que j'espère.
- SUEUR D'ESPOIR
Des marathons, elle en a fait avant, elle en refera après. Une carrière est longue, à condition de s'écouter.
- Mathilde SENECHAL
J'aurais pu aller jusqu'au bout, mais à quel risque en fait ? Moi derrière, il faut de retour travailler et travailler c'est aller m'entraîner. Donc si c'est aller jusqu'au bout pour finir complètement éclaté en ayant potentiellement des blessures et mettre trois semaines à m'en remettre, bah du coup moi c'est trois semaines où je peux pas travailler, je peux pas m'entraîner et et du coup forcément j'ai une autre approche du marathon et c'est plus une approche lucide de se dire ok bah faut pas que je grille non plus 50 mille cartouches parce que j'en ai j'en ai pas beaucoup et donc c'est pas si c'est pas aujourd'hui ben voilà il faut que je sois raisonnable pour pouvoir aller chercher ça à un autre moment et surtout pour pouvoir ne pas me blesser et retourner à l'entraînement donc quand c'est comme ça bah voilà il faut plutôt réfléchir avec son cerveau qu'avec son coeur mais c'est là aussi que le L'entourage et le staff sont là pour ça, parce que forcément, nous, en tant qu'athlètes, on a envie d'y aller et de le courir. Mais parfois, il faut reculer pour mieux sauter plus tard.
- SUEUR D'ESPOIR
Alors, plutôt que de s'attarder sur ses vies, dans cet épisode, je veux parler du marathon dans sa globalité. Les apprentissages de Mathilde au travers de toutes ses prépas, les leçons qu'elle en a retenues et les leviers qu'elle a actionnés pour progresser. Un épisode rendu possible grâce à Impulse Nutrition, qui accompagne Mathilde avant, pendant et après l'effort. Allez voir leur site, ils ont tout ce qu'il faut pour mener à bien vos projets sportifs. Avec le code ESPOIR, vous avez 15% de réduction sur toute commande. Je vous mets tout dans la description, maintenant on replonge dans l'aventure marathon.
- Mathilde SENECHAL
Mon premier marathon, c'était à Séville il y a 3 ans, je visais 2h34. J'avais fait 2h36, 2h37, je crois. Mais en fait, à la fin, quand je suis arrivée, je m'en fichais du temps. J'étais juste là, mais purée, je l'ai fait. C'était ultra dur. On passe par des émotions, mais un kilomètre, ça va. Puis deux kilomètres après, non, c'est horrible. En fait, non, c'est bon, ça va un petit peu mieux. Même là, ça me défonce les jambes, c'est horrible. Et juste le fait de passer la ligne, j'étais là, mais trop contente. Mais c'est trop bien, en fait. Juste, je l'ai fini, je l'ai fait. Eh bien, le chrono, on verra ça plus tard. Bon, maintenant, je me prends la tête sur le chrono. Donc bon, des fois, il faut aussi savoir revenir un peu en arrière et savourer le fait de se dire, ok, déjà, tu en as déjà fait quatre, tu as fait des super marathons. Mais ce qui fait vraiment la beauté de cette discipline, c'est que ça nous fait passer par des moments tellement durs et on est vraiment seul face à soi-même. Je trouve que dans le marathon, on ne court pas contre les autres. On est vraiment contre ou avec soi-même où on veut aller pousser jusqu'au bout, aller chercher. un chrono pour soi-même, on s'en fiche du classement. Et c'est ça aussi qui est génial, c'est que c'est vraiment pour moi une distance d'approfondissement de soi, d'apprentissage, où il va falloir avoir un discours interne pendant 42 kilomètres, ça peut représenter 4 heures. Donc voilà, pendant 4 heures, il faut réussir à trouver les bons mots pour soi-même. Et c'est ça aussi que j'adore dans cette distance-là. Sur un kilomètre, on peut se sentir bien, puis ensuite... on commence à avoir les jambes un peu lourdes, là, il ne faut pas douter. Il faut se dire, OK, ça va aller, ça va passer. Parce qu'en fait, ça passe à un moment donné. C'est vraiment ce truc de, oui, ça va être des vagues. L'allure, il faut qu'elle reste constante, une ligne droite. Mais par contre, effectivement, dans le cerveau, ça fait des vagues. Et c'est là où il faut réussir à temporiser. Mais c'est là aussi que les séances d'entraînement servent. Parce que quand on a déjà fait des sorties longues à l'entraînement, généralement, on vit un petit peu ces émotions-là aussi. C'est là que toute la préparation porte tout son sens, parce qu'il faut avoir déjà vécu ces moments de doute pendant les séances d'entraînement pour trouver les bons outils à ce moment-là et ensuite les réutiliser le jour J. Parce que le jour J, il y a forcément un petit peu plus de pression, on est un petit peu plus encore regardant sur le chrono. Donc il faut avoir déjà travaillé tout ça à l'entraînement. Et c'est pour ça qu'on ne peut pas forcément se présenter sur un marathon comme ça. Il faut avoir vécu ses semaines de prépa pour que le corps physiquement soit prêt, mais aussi que la tête mentalement soit prête. Et je trouve que ça forge énormément d'avoir couru un marathon, d'avoir fait toute la prépa en fait. Plus la prépa que le marathon en lui-même, parce qu'en fait on n'a pas les gens sur le bord de la route pour aller nous encourager tous les 1 km quand on est en prépa. Et du coup, forcément, il faut se trouver des leviers de motivation autres. Et ça peut être compliqué. Donc, c'est souvent, je pense, la prépa qui forge plus que le marathon en lui-même. Même si on va vivre des émotions sur le marathon qui sont aussi uniques. Mais l'un ne va pas sans l'autre.
- SUEUR D'ESPOIR
Une prépa marathon, ce sont des semaines d'entraînement avec bien souvent des sorties auxquelles on ne peut pas échapper, comme la fameuse sortie longue. Alors, pour tenir dans la durée, il vaut mieux trouver du plaisir lorsqu'il est question d'entraînement.
- Mathilde SENECHAL
C'est sûr que la notion de plaisir, au sens large, que ce soit sur cette distance du marathon ou sur ce qu'on fait au quotidien, ça joue d'une part. directement sur la longévité de la carrière parce que là effectivement quand on sort d'une prépa marathon, la prépa c'est quand même long, ça reste un peu rébarbatif parce que chaque semaine on a la sortie longue, on va augmenter, on va toujours travailler les allures marathon. Donc en fait on connaît nos allures mais d'un côté on n'est jamais sûr de pouvoir les tenir sur 42 km, il y a toujours un peu cette pression et jusqu'à la dernière semaine on s'est... Il y a toujours des signaux du corps. On s'écoute un peu. On se dit, je commence à avoir mal là. J'ai pas eu mal avant. C'est vraiment le propre de la prépa marathon. C'est sûr que mentalement, ça prend énormément d'énergie. Là, je le vois bien après ces vies. Alors que je n'ai pas fait le marathon en entier. J'ai mis la même intention que si je l'avais fait. La semaine qui suit, je suis complètement à plat. Plus à plat mentalement. C'est vraiment... Je sentais que les deux semaines avant le marathon, je commençais à monter en pression, je commençais à être un peu plus tendue, un peu plus stressée, mais c'est normal parce que le corps sait aussi que l'objectif arrive, donc il se conditionne et ça c'est normal. Et du coup forcément quand on monte, derrière il y a la rechute et en plus moi il n'y a pas eu la satisfaction attendue, donc en fait c'est rechute et puis voilà, juste maintenant le corps il lâche tout et on se régénère. Mais sans ce petit truc de folie où quand on a la satisfaction, on a un petit peu plus de jus malgré tout sur les jours qui suivent. Mais ces phases-là, justement, il faut les écouter. Et heureusement que j'ai du temps long devant moi et que je peux aller chercher d'autres objectifs parce que si j'avais le couteau sous la gorge et que je devais recourir un marathon dans les quelques semaines qui suivent, ce n'est pas possible. Je me rends bien compte que malgré la meilleure volonté et même avec le plus fort mental, ce n'est pas possible parce que le corps y parle et le corps a aussi besoin de ces moments de off. En fait, on ne peut pas tout le temps être au top et il faut savoir apprécier ces moments de creux, vraiment pouvoir les vivre pour ensuite remonter et qu'on soit frais physiquement et aussi psychologiquement.
- SUEUR D'ESPOIR
Avant pistarde, passer du groupe à des entraînements plus solitaires est un changement qui n'a pas été bouleversant pour Mathilde, mais qui à la longue peut vite devenir lassant.
- Mathilde SENECHAL
Je pense que ça m'allait bien dans le sens où c'est quand même génial au début, quand on est plus jeune, de pouvoir partager les entraînements avec un groupe, de retrouver plein de gens, etc. Et après, moi ça ne me dérangeait pas tant que ça. de gérer mes entraînements en fonction de mes horaires, de mon planning et aussi de mes ressentis. Parce que quand on est avec un groupe, on peut avoir tendance à se laisser embarquer et pas forcément faire en fonction de ses ressentis du jour. Ok, aujourd'hui, je me sens un peu moins bien. Je ne vais peut-être pas essayer d'aller accrocher la tête du groupe ou d'aller s'y aller devant. Et du coup, le fait de s'entraîner seul, ça apprend aussi à... un petit peu plus s'écouter, se connaître aussi. Donc globalement, moi, ça ne me gêne pas du tout. Par contre, effectivement, j'ai besoin quand même dans la semaine d'avoir des moments où je me retrouve avec quelques autres personnes parce que sinon, je pense que ce n'est pas possible de tenir quand même comme ça sur plusieurs semaines. Donc parfois, j'essaie de greffer une ou deux séances avec des gars qui essayent de modifier leur sens pour être un petit peu avec moi. Et sincèrement, ça change tout. À chaque fois, je leur dis merci, merci beaucoup, je n'aurais pas passé la séance sans vous. Alors potentiellement, si je l'aurais faite, mais ça aurait été vraiment plus dur, mentalement, ça aurait été plus compliqué, j'aurais dû plus m'impliquer. Moi, je considère qu'on a une... Comme si on avait un verre d'eau rempli, j'ai ce verre Ausha pour la semaine, ça, c'est ma capacité d'entraînement de la semaine. En fait, à chaque séance seule, je dois quand même mettre pas mal d'eau dans le verre. Et le fait à un moment donné qu'il y ait des gens avec moi, je vais un petit peu moins devoir, pas m'impliquer, mais me donner physiquement et mentalement. Parce que je vais un peu me laisser porter par le groupe, les gars vont m'encourager, ça va être sympa. Du coup je vais économiser un peu plus cette eau et à la fin de la semaine je pourrai en avoir pour tous les jours de la semaine.
- SUEUR D'ESPOIR
Si Mathilde faisait déjà quelques kilomètres avant, elle a forcément dû augmenter le volume hebdomadaire avec toujours un mot en tête, la progressivité.
- Mathilde SENECHAL
Forcément, quand on veut basculer sur le marathon, on a d'abord augmenté le volume, et vraiment de manière très progressive. Pour mon premier marathon, j'étais peut-être montée à 140-150 km sur une ou deux semaines, mais ça restait quand même assez raisonnable. On avait vraiment essayé d'être très progressif dans ça. Après, il faut aussi modifier un petit peu tout ce qui est prépa physique, au niveau de la muscu, parce que ce ne sont pas forcément les mêmes exercices à faire sur une distance plus longue de 42 km que sur une distance de 3000 m. Donc, on a un petit peu modifié tous ces paramètres-là. Mais c'est surtout le volume kilométrique qui augmente. Après, je suis quand même passée avant par le 10 km. et j'ai fait aussi un SMI, mais le SMI, je l'avais fait dans la prépa du marathon, donc je n'en avais pas forcément fait vraiment avant. Mais malgré tout, ça se fait bien parce que je l'ai fait aussi au bout de 10 ans d'athlétisme. Donc, j'avais quand même tout un passif d'entraînement où mon corps pouvait supporter une charge d'entraînement. Il savait ce que c'était d'aller couler tous les jours. Donc là, on a augmenté certains paramètres. mais Parce qu'il y avait quand même 10 ans d'athlètes derrière et que mon corps pouvait le supporter. Mais ça a vraiment été très progressif. Et entre ma première prépa marathon et la 4e, 5e maintenant, ce ne sont plus du tout les mêmes prépas. Mais ça, on l'apprend aussi avec le temps. Et après, il faut être aussi patient dans la bascule parce que forcément, le corps n'est pas... tout de suite habitués à courir aussi longtemps. Il y a de la casse musculaire qu'on n'avait pas avant. Et puis, ce ne sont pas les mêmes chaussures. Il faut passer des pointes aux chaussures carbone. Au tout début, ce n'étaient pas encore les super chaussures carbone de maintenant. Donc, il faut aussi adapter l'entraînement en fonction des outils qu'on a.
- SUEUR D'ESPOIR
Et à propos de la préparation physique, elle semble avoir trouvé la solution à des années jalonnées de blessures. La recette miracle se trouve dans son quotidien. Car son préparateur physique n'est autre que son compagnon.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
Je viens de l'athlétisme, mais j'ai beaucoup travaillé pour des tennismans et je suis beaucoup dans le milieu paralympique. J'ai entraîné une grande athlète qui est Marie-Amélie Le Fur, qui est maintenant la qualité présidente du comité paralympique et maintenant qui est présidente de l'ANS, l'Agence Internationale du Sport. Et en fait, ça m'a ouvert pas mal de portes pour des athlètes de paralympique dans tous les sports divers et variés. J'ai été responsable, et je le suis toujours, des meilleurs athlètes du département. En fait, le département avait créé le Team 41. Et le Team 41, ça a regroupé les meilleurs athlètes du département. Et il y avait une prise en charge pour ces athlètes-là. Et du coup, j'étais préparateur physique des athlètes du département qui avaient besoin d'un coup de pouce par rapport à ça. Et du coup, c'est comme ça que j'ai rencontré Mathilde. Ça a rapidement dévié de mon côté. Mathilde n'était pas du tout intéressée par moi d'un point de vue personnel. Donc voilà, après notre rencontre en temps de préparation physique, on va dire que 4-5 mois après, on a commencé à lier des liens autres que professionnels. Et du coup, ma posture par rapport à ça, c'était vraiment, je ne mélange pas le personnel et le professionnel. Donc je lui ai clairement dit à ce moment-là, non, j'arrête d'être en préparation physique, c'est pas possible. Je ne veux pas qu'on me mélange les deux. J'ai pas mal de retours d'expérience sur des personnes qui, les relations athlètes, athlète, entraîneur, conjoint, mais aussi également parent, puisqu'on voit beaucoup des profils de parents qui entraînent leur enfant, assez souvent, ça ne le fait pas. Il y a trop de conflits, trop d'implications émotionnelles.
- SUEUR D'ESPOIR
Puis Mathilde termine ses études. Elle rentre alors à Blois, avec un historique de blessures bien remplies. Finalement, la décision est prise de tenter la compatibilité compagnon-préparateur physique.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
forcément elle était en pôle France, là-bas c'était un pôle sport, un pôle France, donc la préparation physique c'était pour les demi-fondeurs, c'était assez global, assez général, sauf qu'elle avait besoin du spécifique, elle avait des petites blessures à droite à gauche, je savais très bien comment résoudre ces petits problèmes, mais il fallait un peu de temps, et ce qu'elle faisait là-bas ne me convenait pas du tout. Donc en fait ça m'émoustillait un petit peu, je ne voulais pas m'en mêler, mais d'un côté mon expertise faisait que je savais qu'il ne fallait pas forcément faire ça, mais bon, elle a été deux ans là-bas pour faire son master, et quand elle est revenue sur bois dans le coin, Bon, là, on s'est dit, bon, ok, je te reprends en main au niveau préparation physique. Mais par contre, c'est à nous de bien gérer la préparation physique dans le sens où, quand tu entres en préparation physique, je suis ton préparateur physique, on bosse dur, j'essaie de te mettre à part le côté relationnel. Et à côté de ça, après, on peut retrouver le côté conjoint, etc. et faire la part des choses. Et du coup, depuis qu'elle est revenue, trois mois après, une fois qu'on a mis les protocolles en place, l'exercice que je voulais absolument, elle n'a plus été baissée. Donc, je touche du bois. Enfin je touche du bois, je ne considère pas que ce soit de la chance, pour moi c'était des trucs pressés à travailler. On a réussi à les mettre en place et depuis maintenant, depuis maintenant deux ans, deux ans et demi qu'elle est rentrée, plus trop de blessures et elle arrive à progresser. Pour parler de Mathilde, depuis qu'elle a décidé de se mettre sur le marathon, ça allait revoir pas mal de choses dans sa préparation. Déjà, je considérais qu'elle ne faisait pas assez de travail de force. Mathilde n'en faisait pas du tout. D'ailleurs, on pourra revenir sur ses charges lourdes, parce que sur Instagram, moi, je vois des athlètes de haut niveau qui font des trucs avec des charges lourdes, ça me chauffe aussi, parce que pour moi, pour les athlètes de demi-fonds, c'est pas du tout ce qu'il faut faire. Mais bon, après, c'est que mon avis en tant que professionnel. Chaque professionnel va avoir un avis différent. Mais pour Mathilde, par rapport à la planification, alors on va dire que la planification se divise en plusieurs étapes. Il va y avoir d'abord une première étape où on va travailler l'endurance musculaire, ou un peu l'endurance de force. Beaucoup de répétitions, beaucoup de séries, peu de récupération. Vraiment préparer la fille musculaire à ce qu'elle fasse un effort endurant et répété. Par contre, ça c'est extrêmement énergivore. Donc on le met en début de préparation, voire un peu avant le début de la planification, de la préparation marathon, pour vraiment préparer le corps. Une fois que la planification commence, en début de planification, moi je fais vraiment un travail de force. Donc là, on va être sur des charges lourdes, peu de répétition, pas trop de séries, pas mal de récupération, vraiment un travail de force important. Énergivore, mais un peu moins que l'endurance musculaire ou l'endurance de force. Donc là, je crée vraiment une base. Alors, pourquoi travailler la force ? Ça d'ailleurs, on peut en parler parce que trop de personnes négligent le travail de force pour des personnes qui font du demi-fond. Or, si on prend les études qui sont sorties depuis les dix dernières années, la force, ça sert à quoi sur des personnes de demi-fond ? Ça sert à deux choses principales. Tout d'abord, ça va améliorer l'économie de course, mais vraiment de manière significative. C'est-à-dire que le muscle peut se contracter de manière plus violente grâce au travail de force. Du coup, une foulée ordinaire va lui demander beaucoup moins d'énergie, parce que le muscle est mieux préparé, et du coup, en termes d'économie, c'est vraiment important. Donc ça va jouer sur le marathon lui-même, mais ça va jouer aussi sur toute la préparation, la planification, la préparation du marathon, où là, il va pouvoir justement encaisser et digérer un peu plus l'essence musculairement. Ça c'est le facteur numéro 1. Et le facteur numéro 2, il est en termes de performance pure. Si les groupes musculaires sont capables de se contracter de manière un tout petit peu plus violente, et sont plus fortes, on va dire qu'on va gagner peut-être 1 à 2 cm par foulée, globalement. Alors 1 ou 2 cm, on va se dire, d'accord, on ne va pas se prendre la tête pour 1 ou 2 cm, mais sauf qu'on le multiplie par le nombre de foulées durant un marathon, c'est super significatif à l'arrivée, qu'on peut gratter 1 minute, 1 minute 30, juste à ne pas changer sa foulée, enfin la foulée est quasiment identique en soi. Mais ces petits centimètres de grappillés grâce au travail de force, l'arrivée, ça va faire une grosse différence. Donc c'est pour ça que le travail de force, il est vraiment important à mettre. Nous, en France, on n'est pas porté là-dessus. Alors moi, j'ai de la chance, je suis anglo-saxon, donc du coup, toutes les études qui sortent au Canada, États-Unis, Angleterre, je les lis sans problème et du coup, je peux me tenir à jour plus facilement qu'un Français qui n'a pas un niveau linguistique anglais élevé. Donc voilà, le travail de force a vraiment été prouvé qu'il y avait énormément de bénéfices là-dessus. et sauf que le public amateur ou même confirmé plus élite, ils ont tendance à ne pas trop le faire. Donc voilà, ça c'est pour la force en plein milieu du cycle. Donc ça c'est dur, c'est-à-dire qu'il y a un cycle de force en musculation. En préparation, c'est le dur aussi un peu des séances. Et ça forcément, je commets toujours avec sa coach, avec Sophie Duard, qui est une fille extraordinaire, je trouve, au niveau du coaching. Elle allie données scientifiques et son expertise personnelle en tant qu'athlète de haut niveau. Et ça, c'est super pour Mathilde. Je trouve ça vraiment, parmi tous les coachs qu'elle a connus, moi, vraiment, je considère que Sophie, là, c'est vraiment du haut niveau. C'est vraiment top. Donc forcément, on communique, on échange et on l'adapte. Et forcément, le dernier mois avant le marathon, ça devient beaucoup plus light. On passe sur des sens un peu plus explosifs, beaucoup plus dynamiques. Ça ne charge pas les jambes. On fait parfois des petits rappels de force pour que nerveusement, le corps ne s'endort pas et qu'il se rappelle toujours que la force est là. Mais ça devient beaucoup plus light. pour qu'elle arrive avec le marathon, avec le maximum de fraîcheur physique, et que ça se passe bien. Sauf pour Séville, là où elle a chopé la grippe. D'ailleurs, c'est moi qui lui ai filé, royal. Et en fait, c'est le problème des conjoints. Si j'ai chopé la grippe, je lui ai filé aussi. Elle aurait vécu seule dans un appartement, ça se trouve, elle n'aurait pas chopé, mais bon, c'est comme ça, c'est la vie.
- SUEUR D'ESPOIR
Je me posais alors la question d'à quoi ressemblaient, chez une marathonienne comme Mathilde, ces séances de renforcement musculaire.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
Pour revenir, moi, aux exos que je peux faire à Mathilde, le même de l'athlète, pour les protéger, un travail sur presse. par exemple, donc presse oblique ou presse inclinée ou presse horizontale on les installe et moi j'ai fait tous mes athlètes j'ai fait travailler en unipodal une seule jambe à la fois, parce qu'en fait tous les athlètes ont un déséquilibre membre droit ou gauche Il va y avoir des déséquilibres qui vont être importants, d'autres qui vont être moins importants. Mais tous les athlètes ont un déséquilibre. Personne n'est équilibré parfaitement droite-gauche, c'est impossible. Et donc du coup, en fait, je l'ai fait bosser sur une jambe. Typiquement, si on a un travail d'endurance musculaire, d'endurance de force, on va être sur la presse, je vais lui faire entre 15 et 20 répétitions à gauche, avec une charge qui peut passer. Elle va aller enchaîner 15 à gauche, 15 à droite, une minute de récupération, et on enchaîne sur 6 séries. Donc ça, typiquement, c'est d'endurance musculaire. Et quand on passera sur le cycle de force, là ça va être des charges très lourdes, donc elle va être capable de faire 5 répétitions à gauche, 5 répétitions à droite, et sur la cinquième, soit je l'aide un peu à pousser la charge, soit elle arrive à la rupture et elle n'est pas capable de la pousser. Et en général c'est un bon indicateur qu'on est sur de la force, et qu'arrivant à la cinquième, on est en rupture où il faut un petit coup de pouce. Et donc là par contre je fais 5 répétitions à gauche, 5 répétitions à droite. je vais prendre 1h30 voire 2 minutes de récupération, on peut même aller un peu plus au niveau de la force, mais je prends environ 2 minutes et on recommence, mais par contre là on va faire 5 séries maximum, vraiment lourd, peu de répétition, beaucoup de récupération, et ça on a vraiment des impacts, et d'arriver forcément à la rupture ou à l'aide. Voici un exemple typiquement que je peux faire sur de la presse, entre deux cycles différents. Et un autre point qu'on peut parler aussi, on parlait de déséquilibre droite-gauche, Les étates aussi ont des équilibres entéro-postérieurs, c'est-à-dire qu'ils peuvent avoir des quadriceps très forts et des eschios un peu faibles. Et ça, il faut s'assurer que le travail se fait aussi sur la chaîne postérieure et qu'il y a un équilibre entre les muscles agonistes et antagonistes. Et c'est d'ailleurs là-dessus, auprès de Mathilde, où on a limité ses blessures au niveau des eschios jambiers, notamment c'est qu'on a renforcé à fond les eschios jambiers en excentrique, en force, et depuis elle n'a plus trop de problèmes, elle est tranquille sur ce point-là. Par exemple, si je vais prendre un exo sur presse, je ne vais pas parler de squat, parce que tu vois typiquement ce que je vois comme erreur, ce que je considère comme une erreur. D'autres personnes, tu pourras interviewer d'autres professionnels, ils pourront avoir un autre avis. Mais typiquement, sur les athlètes de fond et de demi-fond, ils ont des membres inférieurs beaucoup plus forts que le tronc et le dos. Donc en fait, sur un squat, si tu veux leur mettre une charge qui va être significative pour les jambes, leur dos va s'effondrer. Ils vont avoir des problèmes de dos, c'est le cas de Mathilde. Mathilde, je vais lui mettre 80 kg au squat. En fait, à la fin de la séance, son dos est fracassé, ses jambes n'ont rien du tout. Parce qu'en fait, musculairement, les jambes peuvent tenir la charge, mais au niveau du dos, du gainage, de la posture, c'est pas assez solide en haut en fait. On est sur des marathoniens, on les attête de demi-fond, ils font pas un travail du haut du corps, et ils ont des jambes plus fortes que le tronc. Donc déjà, quand je vois moi des attêtes qui font des soulevés de terre à très lourd, des squats à très lourd etc. j'ai envie de leur dire mais trouvez une autre solution c'est pas possible vous allez vous fracasser le bénéfice, enfin le ratio bénéfice risque il est trop élevé vers le risque sur ces exodolars en fait on peut travailler d'une manière différente en force tout en protégeant l'athlète et en risquant pas de se faire mal surtout que c'est des athlètes, c'est pas des haltérophiles faire des mouvements d'althérophiles pour les athlètes qui sont pas armés pour ça moi je déconseille. Globalement il existe des grandes lignes à travailler qui ne peuvent faire que que du bien à son corps, mais toujours avec le même mot à garder en tête, la progressivité. Globalement, les marathoniens, ils ont des quadriceps assez solides. Là-dessus, il n'y a pas de problème. Et quand ça va flancher ou quand ça va cramper, on va peut-être souvent être sur des estiots ou sur des mollets qui vont se mettre à cramper. Et typiquement, le nombre de marathoniens de niveau confirmé qui ne travaillent jamais les mollets, puisqu'en fait, à côté, j'entraîne aussi des trailers, des ultra-trailers. Et en fait, ils ne font jamais du travail spécifique mollet en renforcement. C'est-à-dire qu'avec... Moi, ce que j'aime faire au niveau des mollets, c'est soit travailler sur le press ou sur le step, où tu vas charger, tu es sur le step, et tu viens descendre au-dessus de la normale, en excentrique, et remonter sur une jambe, et ainsi de suite. Travailler le mollet sur une amplitude maximale, on va recruter des fils musculaires qui vont nous servir à la course à pied. Donc je dirais les plus grosses cibles, c'est quand même la chaîne postérieure, donc mollet, esquio, et carré des lombes lombaires. C'est vraiment la partie lombaire-dos. En fait, vous faites tellement de bornes... que, au bout d'un moment, on ne va pas se mentir, la course à pied, c'est des micro-impacts au sol, c'est des répétitions au sol. Quand la foule est bonne, quand on est frais, il n'y a pas de souci, mais quand on commence à enchaîner des séances, quand on commence à être dans le dur, à être fatigué, la foule est moins bonne, qu'est-ce qui prend ? C'est les lombaires, les vertèbres lombaires qui viennent tasser, qui viennent taper. Forcément, la zone a ce contracte pour protéger, et du coup, en fait, là, si la zone n'est pas suffisamment forte, on va avoir des contractures, on va avoir des complications. Et ça, pour le travailler, c'est forcément carré des lombes d'eau. mais aussi avoir une bonne ceinture abdominale. Mais une bonne ceinture abdominale, ce n'est pas faire que du gainage H24 en fin de séance. Ça ne suffit pas. Le gainage, c'est intéressant, mais ça, je le vois depuis des années et des années. Même moi, quand j'étais jeune, on fait du gainage. Mais en vrai, la course à pied, c'est un mouvement dynamique. Les abdos, ils se détendent, ils se contractent un petit peu, ça bouge. Donc, gainage, oui, bien sûr. à 50%, mais le reste du travail, il faut faire un peu de travail dynamique, il faut se rapprocher de la course à pied pour que le bassin soit bien maintenu. Donc oui, il y a des grosses lignes vraiment pour les marathoniens qu'il faut travailler. Et c'est l'assiduité, la progressivité qui va amener à la performance aussi. Mathilde, si elle a autant progressé cette année, ça ne vient pas de cette année-là en fait, ça vient des deux dernières années où on a travaillé ensemble, où elle n'a pas été blessée. Qui dit pas de blessure, pas de pause. Et du coup, une continuité qui lui a permis de progresser. Et aussi le travail de force mine de rien, où elle a amélioré ses chronos sur 10 km de 1 minute, c'est clairement lié à ça, elle a une foulée qui est beaucoup plus aérienne, qui est plus performante, plus vers l'avant. Tu combines ça avec un absence de blessure depuis 2 ans, donc elle a pu enchaîner les kilomètres où tout va bien, donc forcément en fait ça progresse. Et c'est pour ça que c'est un peu rageur pour sa vie, parce qu'en fait durant sa prépa marathon, elle a claqué 2 records sur 10 km, une fois en 32'24, une fois en 32'14 si je dis pas de bêtises. Durant sa prépa marathon, Donc en fait, c'est frustrant que Séville, il y a eu la grippe qui l'a empêché. Mais voilà, tout ça pour te dire que progressivité, assiduité, continuité, c'est ce qui aussi amène la performance.
- SUEUR D'ESPOIR
Et au fait, qu'en est-il de cette dualité entre compagnon de vie et préparateur physique ? Car on le sait, la vie de sportif de haut niveau est une vie pour le moins atypique.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
De toute façon, toutes nos vacances sont conditionnées à la planification de Mathilde, très clairement. Là, Séville avait une course. On sait que Séville, normalement, il fait beau, etc. On s'est dit, allez, on part à Séville pour le marathon. On vient une journée avant, on repart une journée après pour se laisser un petit gap, pour se faire un petit week-end. Mais du coup, on combine les deux. C'est un peu un week-end amoureux, mais c'est un week-end performance. Mais ce qui est un petit peu chiant, c'est que si le week-end amoureux, on va dire, il est un peu conditionné aussi par la performance. Forcément, s'il n'y a pas de performance, ça va impacter. Pour Mathilde, c'est pratiquement toute sa vie. C'est son métier, c'est sa vie, c'est sa passion. Donc quand ça marche, c'est super, et quand ça ne marche pas, c'est un peu plus morose. Après, maintenant, elle arrive à switcher de manière plus facilement. La déception s'installe moins longtemps et puis elle rebondit. Mais avant, ça pouvait être un petit peu compliqué. En fait, vu qu'on est tous les deux sportifs, et moi je m'entraîne aussi à mon niveau, à mon échelle, on a tous les deux une vie qui est tournée vers le développement personnel et le développement physique. On a une bonne hygiène de vie. On ne sort pas le soir. Le week-end... Le week-end on se fait un petit plateau sushi devant une série ou un Netflix, on est très content. De toute façon on est cramé de la semaine de l'entraînement et le dimanche matin Mathilde va devoir se manger une grosse sortie longue. Donc en fait hors de question de sortir. On est un petit peu des ermites en fait, on est un petit peu centré sur nous-mêmes. Ça parait un peu égoïste mais on ne peut pas se permettre en fait. On a les objectifs tellement ciblés et surtout elle qu'en fait il faut être focus là-dessus. Et on n'a pas le choix donc on ne sort pas trop. On a une vie sociale n'est pas extrêmement développée mais on est heureux comme ça, il n'y a pas de soucis.
- SUEUR D'ESPOIR
A Séville, Steven était là pour suivre Mathilde. Finalement, c'est lui qui l'arrêtera à mi-course, fidèle au plan qu'il s'était fixé.
- Steven Huet (compagnon et préparateur physique de Mathilde)
Alors il n'y avait pas de rôle à avoir parce que tout était planifié avant. C'est-à-dire qu'on avait un plan A, un plan B, un plan C, qui était clairement établi. Puisqu'en fait, quand tu es dans le marathon, il ne faut surtout pas cesser de porter par l'émotion. Puisqu'en fait, c'est tellement de ferveur, c'est tellement de choses qui se passent que l'émotion peut prendre le pas. Donc non, il y avait des plans établis avec elle avant. De toute façon, quels que soient les plans A, B ou C, c'était qu'il fallait partir sur des allures marathon qu'il fallait faire, tu vises 2h28, avec une marge d'erreur en 2h30. En tout, 2h30, c'est acceptable, il n'y a pas de problème, mais on partait sur 2h28 parce que toute sa planification et sa coach avait dit, il faut partir sur une allure de 3h30 au kilomètre et le tenir le plus longtemps possible. Donc quoi qu'il arrive, il fallait faire ça. Ensuite, on checkait les allures tous les 5 km, c'est l'avantage, moi j'étais à côté avec mon chrono, mais on avait aussi les chronos officiels avec l'application, donc moi je pouvais tout suivre. Moi j'étais en vélo à côté d'elle. Je la suivais plus ou moins, j'avais loin un vélo, je pouvais tout suivre, etc. Plan A, c'était je passe le semi dans les chronos, pas de problème, j'arrive à tenir, tout se passe bien. Les 30e, ça commence à être un petit peu dur, etc. Mais on voit que ça décélère un petit peu, mais ça passe. Ça passe sans problème, elle fait 2h28, 2h29, pas de souci. C'était le plan A. Plan B, on arrive au semi-marathon, les chronos sont bons. On arrive au 30e, ça commence à se dégrader un petit peu, mais elle peut toujours aller chercher ses 2h30. qui pour elle était valide. C'est-à-dire qu'avant qu'elle ait commencé sa planification marathon, l'objectif était de 2h30. Mais elle a tellement fait des séances excellentes que sa coach lui a dit, non, on va passer en 2h28, parce qu'en fait, c'est pas des séances de ma boule. Elle a d'ailleurs passé des séances ici, bien plus performantes que son semi-marathon, ou son marathon à Séville. Donc le plan B, c'était au 30e, 32, 33, ça commence à galérer, mais le 2h30 est envisageable. Donc on continue, et là, je la pousse à fond. On lâche tout, même si elle finit en malaise, on s'en fout, on y va à fond pour faire les 2h30. Plan C, on voit que les auteurs ne sont pas respectés, qu'elle est dans le dur, et qu'arrivée déjà au semi-marathon, les chronos ne sont pas forcément respectés. Et là, auquel cas, c'est arrêt directement. Ce qui s'est passé, c'est qu'elle est passée très bien pendant 15 km. 15 km au 15ème, ça commence à se dégrader, un peu trop fort, un peu trop violemment. On le voit au niveau des chronos, et moi je le vois au niveau de sa foulée, où elle commence à s'écraser, elle est moins aérienne, elle se crispe. les foulées que je voyais en entraînement vers le 35ème, tu vois, j'en pouvais plus le terrain c'est. Et arrivé au semi-marathon, on voit qu'elle passe en 1h15, 30 secondes, ce qui fait du 2h31, et on n'est qu'à la moitié, on sait que la deuxième partie c'est plus dur. Je voyais qu'elle me lançait un peu des regards déjà, arrivé au 19ème, 20ème, en mode, qu'est-ce que je fais, je sens que je suis en train de me dégrader, moi je voulais avoir le semi-marathon pour avoir une idée, et à partir du semi-marathon, arrivé au 22, je lui ai fait non, non, plan, on... Pas d'émotion, on est dans le plan C, il faut que tu t'arrêtes pour que tu puisses repartir après.
- SUEUR D'ESPOIR
Même si le résultat escompté ne s'est pas réalisé, la prépa fut pleine d'apprentissages et de bon augure pour la suite. Car dans sa prépa marathon, Mathilde a réussi à faire tomber un record qui donnait depuis 4 ans. Son record aux 10 kilomètres. Oui, oui, un record aux 10 kilomètres dans une prépa marathon.
- Mathilde SENECHAL
Là, sur ma dernière prépa pour Séville, je pense qu'au global, j'ai fait moins de grosses semaines en termes de kilomètres que pour ma prépa de Valence où j'avais fait 2h32. Mais je ne travaillais pas, je n'avais pas des séances marathon aussi difficiles que celles que j'ai déjà faites. Et ce qui changeait aussi, c'est que dans ma prépa pour Séville, je faisais, dans mes spé-marathons, je travaillais aussi des fois des allures semi-marathons. C'est encore plus dur parce que l'allure marathon, à un moment donné, par définition, c'est une allure qu'on est censé pouvoir tenir sur 42 km. Donc, de la faire sur des blocs de 5 km, en fait, c'est censé être facile. Moi, déjà, je les faisais des fois sur des blocs de 16 km. Donc là, c'est quand même autre chose. Et entre certains blocs allure marathon, j'avais des plus petits blocs allure semi-marathon. Et alors ça, c'était horrible. Franchement, il y a des séances que je n'ai pas réussi à tenir parce que sur le... Sur le papier, ma coach m'a dit, je sais que je t'ai mis ça, c'est ultra dur à faire. C'est, on va dire, l'objectif ultime. Mais en fait, voilà, c'est ce qu'il faut aller chercher. Mais de mettre des allures semi entre des blocs allure marathon, ça, c'était vraiment quelque chose d'inédit que je n'avais jamais fait avant et qui était dur. Mais par contre, après, quand on repasse sur les allures marathon, en fait, ça nous paraît plus facile, forcément. Et donc, voilà, c'était vraiment ces séances très qualitatives que je n'avais pas eu l'habitude de faire. et j'ai fait, je pense... plus de séances au-delà de 30 km sur cette prépa-là. J'ai dû en faire 4-5 sorties à plus de 30, alors qu'avant, sur mes autres prépas, j'en faisais peut-être 2. Et c'est tout. Du coup, le corps, forcément, il est plus habitué à passer cette barrière des 30 km. Musculairement aussi, ça joue. Comme quoi, des fois, ce n'est pas juste le nombre de kilomètres faits dans la semaine qui va refléter. le niveau ou la dureté de la prépa. Ça va être aussi les séances qualitatives en elles-mêmes. Et dans ma semaine aussi, j'avais toujours une séance un peu spé-semi, spé-dix kilomètres. Donc, j'ai toujours travaillé les allures semi et dix kilomètres durant toute ma prépa. C'est d'ailleurs ce qui m'a permis aussi de battre mon record sur dix kilomètres durant la prépa marathon. Et ça, je pense que c'est vraiment aussi intéressant aller creuser ça parce que... Ça évite qu'en sortie de prépa marathon, on soit bridé entre guillemets sur des allures marathon et qu'ensuite ce soit ultra dur de retrouver un peu cette vélocité et cette vitesse qu'on a sur 10 et semi. C'était bien parce que c'était toujours varié et c'est vrai que dans une prépa marathon, c'est intéressant aussi de pouvoir un petit peu varier.
- SUEUR D'ESPOIR
S'il y a bien une chose propre au marathon ou du moins aux efforts longs et qui peut être la cause de beaucoup de défaillances, c'est l'alimentation durant la course. Une sorte de prépa dans la prépa, car durant la course, ce n'est plus le moment d'improviser.
- Mathilde SENECHAL
C'est vraiment un truc que j'ai découvert pendant le marathon, et pendant ma première prépa marathon, et je n'y avais pas forcément mis trop d'importance, ou je ne l'avais pas forcément trop pris au sérieux, mais c'est vrai qu'avant je ne m'alimentais pas du tout pendant un 10 km, ou même juste après, je ne faisais pas forcément attention à apporter les bons apports à mon corps. Et une fois qu'on bascule sur des sorties de 20 km, 20, 25, 30, forcément, là, il faut nourrir son corps pour tenir la sortie, mais aussi pour qu'il puisse récupérer plus rapidement, pour enchaîner les autres entraînements qu'il y a derrière. Et j'ai la chance d'avoir un intestin qui supporte quand même beaucoup de choses et je n'ai pas de troubles gastriques ou quoi que ce soit. Donc, ça, c'est vraiment une chance parce que sur marathon, il y a des athlètes qui sont... très très fortes et qui ont fait des super sens d'entraînement mais parce qu'elles n'arrivent pas à se nourrir pendant la course ça va foirer toute la course alors que physiquement elles sont capables de tenir des super allures mais par contre il faut réussir aussi à ingérer que ce soit des gels ou une boisson d'effort et parfois ça c'est aussi un travail, il faut entraîner son intestin, son estomac tout ça, on n'est pas égaux là-dessus par rapport au corps et Et à ça, on n'est pas égaux. Moi, j'ai vraiment la chance que ça se passe plutôt bien. Et donc, je peux m'alimenter pendant les sorties longues. Il y a des sorties où des fois, j'essaye de prendre un petit peu moins pour un petit peu aussi que mon corps travaille un petit peu plus dans la difficulté. Puis, il y a des sorties où j'essaye vraiment de prendre ce que je pense prendre le jour du marathon avec un apport glucidique assez élevé pour pouvoir tenir et surtout bien récupérer derrière. Donc ça, c'est vraiment aussi un travail qu'on apprend avec le temps. Moi, au début, faire mon plan de nutrition du marathon, qu'est-ce que je prends, à quel kilomètre, je ne savais pas trop. Donc j'écoutais mon coach qui m'avait dit un petit peu quoi faire et c'était très bien. Maintenant, j'arrive à me le faire toute seule. et à essayer de répartir un peu correctement les gels, les poissons d'effort, etc. Ça, c'est vraiment quelque chose qu'on est un petit peu autodidacte, je trouve, là-dessus. Il faut aller chercher les renseignements, il faut aller creuser. Maintenant, il y a énormément de documentation, on peut trouver plein de choses. Mais effectivement, il y a toute cette préparation en plus. C'est sûr que quand on se met sur une ligne de départ d'un marathon, il y a toute une préparation en amont. Il n'y a pas forcément sur une de départ d'un 3000 où on se prend quand même beaucoup moins la tête. Même sur les temps de passage, je trouve, sur le marathon, on est quand même vachement regardant tous les 5 km. On sait exactement sur quelle allure on doit passer. Sur un 3000, c'est pareil, mais ça passe tellement vite qu'on peut se laisser porter par la course s'il y a une bonne densité. Et puis se dire, j'accroche et puis voilà, ça va m'emmener sur les allures.
- SUEUR D'ESPOIR
Et si vous vous demandez si une marathonienne délite surveille ce qu'elle mange, la réponse est surtout... qu'elle surveille d'avoir assez à manger dans son assiette, tant les calories brûlées sont importantes durant ce type de prépa.
- Mathilde SENECHAL
L'alimentation juste des assiettes normales, ce n'est pas possible de les combler. Donc des fois, il faut rajouter peut-être un chiffre de protéines, une boisson de récup et tout. Et puis en plus, des fois, l'effort coupe la faim. Quand on s'est trop entraîné, quand on a fait une grosse sortie, des fois, on n'a pas... Et c'est normal parce que du coup, le sang, il va dans les muscles, il ne va pas dans les intestins, etc. Donc le temps que tout se remette en place, ça met un peu de temps. Donc effectivement, on a une dépense calorique qui est énorme. Et il faut réussir à la combler, soit par l'alimentation classique ou alors en rajoutant ensuite d'autres choses. Et ça, effectivement, on ne comprend qu'en expérimentant et en se rendant compte que le corps, on ne lui a pas donné assez de carburant. Et c'est vraiment comme ça qu'il faut le voir. C'est vraiment du carburant qu'on rajoute. Donc, c'est vrai qu'en prépa marathon, même quand on fait du sport quand même assez intense, on ne cherche pas. Souvent, les gens disent, du coup, tu dois faire vachement gaffe à ce que tu manges. En fait, je ne fais pas attention à ce que je mange. Je fais attention à apporter suffisamment de choses à mon corps. pour qu'il puisse bien récupérer et qu'il soit performant. Ce n'est pas, non, je vais me restreindre sur telle ou telle chose parce que de base, je vais avoir une alimentation qui est variée, équilibrée et je sais quelles sont les bonnes choses à manger. Mais c'est surtout, qu'est-ce que je dois apporter à mon corps en fonction de la séance qui vient d'être faite ? Et moi, je réfléchis vraiment comme ça quand je mange. Alors, bien sûr, si j'aime quelque chose, je vais essayer de l'incorporer dans mon assiette, mais c'est plus... Donc là, j'ai fait une séance de muscu, donc il me faut plus de protéines. Donc j'ai quoi dans le frigo qui ressemble à des protéines ? Là, j'ai ça. Et je construis vraiment mes assiettes que comme ça, qu'en réfléchissant à quels sont les besoins sur l'instant T de mon corps, comment a été ma dépense calorique. Et bon, je vais essayer de la combler. Et parfois aussi, ce qu'on oublie, c'est l'eau. Parce que notamment, si tu as perdu beaucoup de poids, ça peut être aussi par rapport à une déshydratation. Parce que quand on va faire des sorties longues, on perd beaucoup d'eau. Il faut réussir à recompenser en buvant de l'eau un peu plus salée pour que ça reste un peu plus dans le corps. C'est vraiment des choses à expérimenter pour ensuite ajuster correctement.
- SUEUR D'ESPOIR
Un énorme levier de performance pour Mathilde a été de se dédier à 100% à sa pratique depuis fin 2025. Forcément, plus de temps pour récupérer, ça change tout.
- Mathilde SENECHAL
Le fait de pouvoir faire une sortie longue. et de se dire derrière j'ai du temps pour récupérer moi ça me permet de plus me donner sur cet entraînement et de me dire c'est pas grave si je finis trop mal et que derrière je suis pas bien parce que je sais que j'aurai l'après-midi pour me reposer et me remettre alors que quand je travaillais je commençais à 13h le matin quand j'avais une sortie longue ou difficile si je me mets la mort maintenant derrière l'après-midi ça va être horrible parce que je vais pas pouvoir récupérer je vais être trop mal donc en fait je baissais un peu mon impasse attention durant la séance parce que je savais que je n'avais pas le temps adapté pour récupérer derrière. Donc d'avoir ces choses-là en moins, moi ça m'a vraiment permis de mettre toute mon énergie sur ma prépa et surtout sur aussi la récupération après chaque séance. Moi je suis convaincue que les piliers de la récupération, c'est sommeil, alimentation. C'est vraiment Merci. Tout le reste autour, c'est des mini-pourcentages. Si on ne dort pas de la nuit, ça ne sert à rien d'aller faire des bottes de pressothérapie. C'est strictement inutile. Pour moi, c'est vraiment avoir une bonne quantité et qualité de sommeil et ensuite aussi apporter suffisamment de nutriments adaptés à son corps pour que les fibres musculaires se reconstruisent, apporter des glucides, des fibres, etc., bien s'hydrater derrière. Pour moi, c'est vraiment ça les deux piliers fondamentaux. Et c'est souvent ce qu'on peut négliger quand on a un travail ou quand on n'a pas beaucoup de temps, parce que forcément, on peut moins dormir le matin, on doit mettre le réveil. L'alimentation, moi, quand je travaillais, je ne mangeais que des tupperware devant mon ordinateur. Ce n'était pas forcément très... très adapté à chaque fois, même si j'essaie d'anticiper d'avoir des bons apports, ça ne vaut pas un bon repas à cuisiner chez soi. Et effectivement, moi, ce qui m'a vraiment aussi aidée, c'est vraiment le sommeil, de pouvoir dormir le matin. Il y a même des études qui montrent qu'en augmentant le sommeil sur les jours, les semaines avant l'objectif final, avant notre compétition, ça augmente la performance. Rajouter des siestes, gagner 20 minutes de sommeil par-ci, 20 minutes de sommeil par-là, ça augmente la performance. Donc ça, c'est vraiment indispensable.
- SUEUR D'ESPOIR
Blessures, maladies, parfois même en se préparant du mieux possible, tout ne s'aligne pas pour réaliser la performance. C'est ce qui est arrivé à Mathilde à Séville, c'est ce qui est arrivé à beaucoup d'autres. Le sport est loin d'être une évidence. Humilité, adaptabilité et persévérance. Des leçons autant valables dans le sport de haut niveau que dans notre quotidien. Mathilde a bien évidemment prévu de rebondir. Aujourd'hui, la ligne d'arrivée du marathon part à loin, demain un peu moins. Elle veut se laisser le temps de revenir, elle le sait, toute cette prépa n'est pas vaine. Si Kip Choguet a battu le record du monde du marathon à 37 ans, alors pour Mathilde, sa carrière sur la distance commence à peine.
- Mathilde SENECHAL
J'ai eu plusieurs... envie et discours différents à la suite du marathon parce que quand c'est comme ça tout chamboule un peu on n'est pas très lucide tout de suite après je me suis dit ok je peux en recourir un il faut que je recourre un dans quelques semaines et le lendemain en fait je me suis dit bah je crois pas en fait même si je retournais à l'entraînement dans les semaines qui suivaient pour un marathon j'étais pas encore à 100% et du coup je voulais pas encore traîner ce truc de me dire peut-être que j'ai toujours pas assez récupéré Oui. et aller encore tirer sur la corde d'un corps qui n'avait pas encore récupéré. Donc en fait, j'aurais continué de traîner un boulet à mon pied. Donc en fait, le choix le plus raisonnable, c'était de se dire, bon, on décale le projet marathon, de toute façon la prépa elle est faite, et puis c'est toujours ça de pris. Et l'idée là, c'est potentiellement de refaire un à Valence en décembre. Parce qu'encore une fois, il n'y a pas 50 000 options dans l'année si on veut trouver un marathon plat avec une prépa et une bonne période. Donc Valence, ça reste quand même le plus adapté. Et donc voilà, c'est sur Valence qu'on va normalement se positionner. Et en attendant, je vais refaire des 10 kilomètres, des semi-marathons dès avril. Mais voilà, en soi, je recourais les semaines qui suivaient. Mais en fait, encore une fois, je pense que là, je le vois bien à mon état. J'ai besoin d'être un peu dans le creux de la vague pour... pour remonter. Et donc, je pense qu'en avril, ça va me faire du bien de retrouver d'autres séances aussi, d'entraînement, d'autres stimulations. Il faut savoir être patient et aussi toujours avoir cette foi, cette foi et cette confiance en nous. Et effectivement, comme tu dis, le fait de travailler pendant des années et des années et enfin d'avoir cette récompense à un moment donné, elle a encore plus de saveur.
- SUEUR D'ESPOIR
Pour tous ceux qui préparent une échéance sportive, j'espère que cet épisode vous aura parlé et peut-être aidé. Si vous avez aimé cette série audio autour de Mathilde Sénéchal, n'hésitez pas à vous abonner à ce podcast car il y aura d'autres formats de ce type. Merci encore à Impulse Nutrition pour leur soutien. N'hésitez pas à aller faire un tour sur leur site. C'était Sueur d'Espoir. A bientôt.