- SUEUR D'ESPOIR
Une carrière de sportif est à l'image de ce que nous rencontrons tous au cours de notre vie. Des vagues qui parfois nous portent très haut et sur lesquelles tout semble fluide, puis des creux où l'on ne parvient plus à sortir la tête de l'autre. Bienvenue dans Sueur d'espoir pour le dernier épisode de cette série au pied du mur avec Héloïse Doumont. Si vous n'avez pas encore écouté les deux épisodes précédents, je vous invite à le faire, car vous comprendrez plus aisément l'intensité et l'émotion de cet épisode. Bonne écoute ! Un peu de magnésie sur les mains, un scan de la voix de bas en haut, puis une grande inspiration. C'est parti ! Au pied du mur, une série en trois épisodes autour de la saison d'Héloïse Dumont jusqu'au championnat d'Europe. Un projet rendu possible grâce à son sponsor RGENtec, qui accompagne Héloïse dans sa quête des sommets. Si vous ne connaissez pas encore cette marque, Ergentek produit des soins utilisables avant, pendant et après le sport pour résoudre les problèmes de peau que l'on connaît bien chez les sportifs. Zone irritée, brûlure, ampoule, frottement ou lèvres gercées, Vous trouverez forcément une de leurs crèmes, rollers ou sticks pour venir soulager et réparer. Alors allez faire un tour sur leur site après l'épisode, leurs produits sont incroyables et sans mauvais jeu de mots, toute l'équipe sont vraiment des crèmes. Merci à eux et bon épisode. Quand je rencontrais Louise, je ne connais pas grand chose de son parcours, hormis qu'elle sort d'une saison 2025 exceptionnelle, soldée par une 6ème place au classement général de la Coupe du Monde. A 28 ans, je pense alors à l'éclosion tardive d'une athlète qui a mis du temps pour faire sa place. Après tout, elle n'était pas au JO à Tokyo en 2021, ni à ceux de Paris en 2024. Mais quand Héloïse a commencé à se raconter, sans tabou et sans raccourci, j'ai compris que le contexte me manquait. J'ai découvert chez cette athlète, ô combien souriante et pleine de joie de vivre, les cicatrices qu'elle a traînées avec elle durant les dernières années. Un grand espoir. Voilà comment aurait pu s'arrêter la carrière d'Héloïse Doumon. Car quand en 2021 elle arrête tout et disparaît du monde de l'escalade, il n'est pas facile d'imaginer qu'elle reviendrait 3 ans plus tard après avoir bataillé avec ses démons et une rupture des ligaments croisés. Pourtant c'est ce qu'elle fait. Plus qu'un retour, elle devient championne de Belgique pour la première fois, puis réalise dès sa reprise de l'escalade sa meilleure saison internationale. Nous sommes en 2024, Et si vous avez bien écouté le début de l'épisode, vous savez déjà le bilan de sa saison 2025. C'est dans ce contexte que j'arrive avec mon micro et mon stylo, prêt à raconter une saison 2026 qui doit être celle de la confirmation. Si l'on peut penser que le plus dur est de rejoindre les sommets, beaucoup de champions insistent sur le fait que le plus dur est en fait d'y rester. C'est ce à quoi Héloïse va être confrontée durant ce début de saison. En proie au doute, elle perd confiance une fois dans la voie. Sauf que ce que j'ai au mis de raconter, c'est que 2026 n'est pas seulement une année de confirmation pour Héloïse, c'est l'année des championnats d'Europe, les derniers avant les prochains Jeux Olympiques en 2028 à Los Angeles. Et pourquoi ça compte ? Car la Belgique s'appuie majoritairement sur les résultats des championnats internationaux pour aider ou non financièrement les athlètes. Alors en ayant terminé 11ème des championnats d'Europe en 2024, et 14ème des championnats du monde en 2025, Héloïse n'a pas réussi à décrocher la précieuse aide de ADEPS. Mais comment poursuivre un rêve aussi grand que les Jeux Olympiques si l'on est très peu aidé financièrement ou que l'on doit cumuler son quotidien d'athlète avec un travail à côté ? C'est la situation malheureuse et inconfortable dans laquelle évolue une grande partie des athlètes de haut niveau. Pour Héloïse, cela se traduit par un job dans sa salle d'escalade à côté de sa pratique du haut niveau. Un job qu'elle adore certes, mais qui lui prend du temps et de l'énergie en plus de toutes ses heures d'entraînement. Alors cette année, elle a un objectif, faire la meilleure place possible au championnat d'Europe, pour espérer être accompagnée financièrement par ADEPS pour les deux ans qui lui restent jusqu'à Los Angeles. Et ça tombe plutôt bien, car son contrat de travail se terminait début juillet et reprenait début septembre, ce qui lui a laissé deux mois pour se consacrer à l'adoption. à 100% à sa vie d'athlète.
- Héloïse DOUMONT
Quand j'ai commencé à signer mon contrat de travail, la saison de coupe du monde... l'ancienne ça commençait en juin et ça se finissait en octobre quoi et donc pour faciliter mon employeur et moi même sur le fait de pas devoir récupérer des heures on a dit ok bah tu feras un contrat de septembre à juin et donc en gros quand je suis arrivé qu'on a fait ma petite réunion de fin d'année que j'ai reçu mon c4 en sachant que je recommence à travailler en septembre et moi j'étais en mode vas-y j'ai deux mois qu'est ce que je peux faire ok je vais essayer c'est de tout mettre en place et on va voir ce que ça va donner en fait. Forcé de constater que, surtout pour l'escalade de difficulté, le bloc sur moi aussi je suppose, mais en fait voyager quand t'as pas la possibilité d'avoir un centre d'entraînement comme Innsbruck à 10 minutes de chez toi, t'es obligé de bouger en fait, t'es obligé de bouger pour aller dans de nouvelles ouvertures, dans de nouvelles voies, pour voir le style, pour s'adapter au style, pour s'adapter à la salle, j'ai quand même beaucoup de chance parce que... La salle proche de chez moi, elle essaie quand même de mettre des choses en place pour m'aider. Mais je n'ai pas 60 voix entre 8a et 9a+. Tu vois, c'est certain. Si j'en ai 3, je suis contente. Donc, le fait de pouvoir bouger comme j'en ai envie, sans avoir aucune contrainte de « je dois travailler » , en fait, ça m'a fait ce truc de « tout est possible » . J'ai pu juste dormir, aller courir, bien manger. et je pouvais juste me concentrer sur... Ok, qu'est-ce que je dois faire aujourd'hui pour ma performance ? Parfois, c'est juste chiller, tu vois. Mais en fait, quand tu travailles 23 heures par semaine, qu'il faut dormir au moins 8 heures par nuit, s'entraîner entre 25 et 30 heures, quand est-ce que je le ferai ce moment ? C'est un peu compliqué en vrai. Donc, ça, c'était vraiment une opportunité de ouf. Et donc, j'espère de tout cœur que... Les étoiles vont continuer à s'aligner pour que je puisse bénéficier d'un contrat et pouvoir encore plus maximiser mon temps d'entraînement. Ça serait top en fait. C'est même pas que ça serait en plus. Ça changerait quand même ma vie et mon optimisation d'entraînement, il faut quand même le dire. Mais si je ne l'ai pas, je continuerai à faire le mieux possible pour optimiser mon entraînement et avec les contraintes que j'ai.
- SUEUR D'ESPOIR
Après l'enregistrement de notre second épisode à Chamonix, qui était la dernière étape de Coupe du Monde avant les championnats d'Europe, Héloïse se situe au-delà de la 20ème place au classement général de la Coupe du Monde et 12ème européenne. Il faut dire que ce début de saison ne s'est pas vraiment passé comme elle l'aurait imaginé.
- Héloïse DOUMONT
Moi le début de saison c'était assez horrible parce que justement rien n'allait comme ce que je voulais, que ce soit en termes de... De résultats, de grimpes, de performances, de mental, rien n'allait. Et puis j'ai été m'entraîner, j'ai fait un stage d'entraînement une semaine en Slovénie. J'ai été faire une semaine d'entraînement après direct à Innsbruck. J'étais à Paris, j'étais en Hollande. J'ai vraiment beaucoup voyagé et j'ai surtout à chaque fois été chercher la qualité. Comme j'étais m'entraîner avec Janja pendant la semaine où j'étais en Slovénie, j'ai vu aussi les autres athlètes slovennes par exemple. Ça c'est une petite parenthèse. s'échauffer beaucoup plus vite que moi et donc je me suis quand même dit ok il faut que mon échauffement soit peut-être un peu plus rapide ok fermé la parenthèse et puis tu vas dans les dans les mêmes blocs que Janja où tu te dis ok c'est vraiment dur je vais pas enchaîner c'est aujourd'hui tu fais tu fais déjà quelques petites modifications à l'avancé un bien sûr mais tu as surtout un peu cette pression de ok tu as la meilleure athlète féminine qui bat partage une séance avec toi, tu es ici pour t'entraîner, tu n'es pas ici pour perdre des essais ou être ridicule en fait, enfin comment dire ridicule, on n'est pas ici pour perdre son temps tu vois et donc en fait tu as ce truc de ok il faut vraiment que je me donne à 100% je veux pouvoir jouer avec elle, m'entraîner avec elle potentiellement évidemment c'est très compliqué, j'en suis très loin mais même avec les trucs, les prises intermédiaires tu dis bon ok moi aussi je vais pouvoir essayer de jouer avec elle Et donc, tu te donnes vraiment à 100%, en fait. C'est comme quand tu vas t'entraîner tout seul ou que tu as ton entraîneur avec toi. C'est toujours mieux quand l'entraîneur est avec toi. Et quand tu vas t'entraîner avec ton entraîneur et Janja, c'est encore mieux. Parce que tu te dis juste, je ne viens pas ici pour perdre mon temps. Elle ne veut pas perdre son temps non plus. Ça ne l'intéresse pas de s'entraîner avec des gens qui s'entraînent à moitié, je suppose. Donc, en fait, je... je dois montrer que je suis là et que c'est tout, quoi. Enfin, voilà. J'avais vraiment passé un step, tu vois. C'est comme n'importe quoi dans la vie, quand tu travailles dans quelque chose et que t'apprends quelque chose, il y a un moment où t'as validé ce que t'as appris. Et donc, tu peux passer au niveau supérieur. En gros, moi, ça a un peu fait cet effet-là, c'est que j'ai vraiment validé le niveau d'en dessous. Je sais pas comment dire, le... Dans le temps, si je devais m'échauffer dans les voies avant de mettre un run dans un 8C, par exemple, j'aurais fait un 7C, un 8A+, peut-être 8B, mais pas sûr, et puis j'aurais été dans un 8C, tu vois. Là, j'arrive, je m'échauffe, et mon niveau me permet de presque pouvoir avoir les compétences d'aller directement dans un 8A, tu vois. Et donc, parce qu'il y a ce truc de, je sais que les mouvements sont faciles, les prises vont être OK, et je sais que ça ne va pas trop me fatiguer, en fait. Et donc ça a vraiment fait cet effet de « Oh trop bien, j'ai validé un truc ! » Et comme je continue à voyager de salle en salle et que je voyais que ça s'approuvait de salle en salle et que ce n'était pas juste un one-shot et une chance, ça a vraiment boosté ma confiance hyper fort. Moi je crois que c'est le mieux qui nous soit arrivé maintenant, c'est que là on a bien vu les aspects techniques qu'on doit travailler, on a bien vu l'aspect mental qu'il faut continuer à travailler, c'est vraiment... Le fait d'avoir des doutes, de pouvoir switcher de mode, de revenir, de garder la confiance. Parfois, tu n'as pas la confiance, mais parfois, si tu arrives à bien te mentir, ça vient tout seul en fait. Mais il faut réussir à bien te mentir aussi, tu vois. Donc, ces aspects-là, pour pouvoir voir qu'ils ne sont pas là, je crois que tu es obligé d'échouer en fait.
- SUEUR D'ESPOIR
Il y a Héloïse Dumont ! Allez-le ! À Laval, Héloïse le sait, elle n'a pas le droit à l'erreur.
- Héloïse DOUMONT
Donc la veille au soir, on reçoit les qualifs comme toujours en démo. Moi je m'attarde pas trop la veille au soir à regarder bien dans le détail parce que sinon ça me... Si j'ai des craintes dans certaines voix, ça va me mettre des gros doutes pendant toute la nuit. ou ça m'excite trop et j'arrive pas à bien dormir donc je regarde vite fait voilà et en regardant vite fait j'étais quand même en mode ouah ça a l'air de faire peur ça mais voilà ça en plus quoi tu vois on ne s'attarde pas trop on verra mieux demain c'est mieux comme ça puis en arrivant là bas je fais une très bonne première voie de calife celle là elle était vraiment super et la deuxième voie je suis retombée dans mes travers quoi donc pourtant ma deuxième voie je n'ai vraiment pas bien grimpé mais du tout Donc j'ai vu une athlète qui a failli se la coller au troisième mouvement. Donc je me suis dit oh là là c'est pas vrai. Et donc ça m'a rajouté de la peur et je n'ai pas su me reconcentrer dans ce que je devais faire de la voix en fait. Pour les demi, durant l'échauffement des demi, honnêtement ça n'allait pas très bien. Je me sentais assez stressée, pas très relâchée, j'ai l'impression que je réfléchissais. Et effectivement j'avais un peu des doutes aussi. Tiens, je me sens un peu plus fatiguée, est-ce que ça va aller, etc. Antoine a réussi à spotter ça et on en a un peu parlé, ce qui a vraiment fait du bien en fait. Je lui ai dit que je me sentais un peu stressée, que j'avais quelques doutes, on a communiqué sur mes doutes du coup. Il m'a rassurée, il a vraiment fait bien le boulot. Et en fait, je suis sortie de ça, après c'était très bien quoi. Donc ça a vraiment enlevé le stress. Donc tu sais, quand t'es là, la veille du moment. Est-ce que je dois communiquer le fait que j'ai des doutes ou pas ? C'est un peu à double tranchant. Soit ça peut passer, soit ça passe pas. Là, c'était vraiment le mieux à faire. Et puis lors de la finale, dans ma tête, c'était en mode... C'est la médaille ou rien. J'étais dans ce mode-là. C'est la médaille ou rien. Durant tout le début, qui est vraiment un début de cette demi qui n'est pas mon style, c'est un peu de la dalle, du vertical, il faut se placer, la confiance dans les pieds, ce petit saut qui n'est pas dur, pas du tout, il faut juste un peu oser. En fait, ça m'a fait mal grimper pendant la première moitié de la voie, très mal grimper. Et puis la deuxième moitié, c'était mieux. Et puis dans la deuxième moitié du coup j'ai commencé à me sentir mieux, plus dans mon style, plus relâchée. même si j'avais du coup quand même dépensé beaucoup d'énergie au début. Et puis en fait, j'ai passé la cassure de cette finale-là, donc j'arrive dans la dernière partie de la voie, et là je suis en mode, non, je ne lâche rien du tout, quoi. Et je me suis beaucoup rattachée aussi à, je suis capable de récupérer quand je delay maintenant, donc quand tu delay, tu sais que tu vas récupérer. donc tu délais longtemps comme tu as appris et tu y vas quoi et ouais je ouais moi j'étais juste en mode je ne lâche rien quoi au point où quand je suis arrivée dans la demi que j'étais mais vraiment avec les coutures élevées que je n'avais pas clipper une dégaine j'étais là comment je vais faire pour clipper j'essaye de délayer ça ne marche pas parce que j'étais surdobé et En termes de combativité dans la voie, dans la demi et dans la finale, je suis vraiment contente parce que j'ai pu vraiment repousser cette limite. Tu sais, en difficulté, ce que je trouve vraiment chouette, c'est de pouvoir repousser vraiment la limite encore et encore et encore. Et là, j'ai vraiment pu aller encore et encore et encore. Et encore, je pense que j'aurais pu faire peut-être un peu mieux si je me positionnais dans certaines façons, encore autrement ou quoi. Peut-être que j'aurais pu faire encore mieux, mais... Ouais, là, j'ai pu pousser la barre encore plus loin. Et ça, c'est quand même chouette. Du coup, en descendant de la voie, au moment où tu tombes, tu ne sais pas ton résultat. Tu ne le sais pas direct, en fait. Il y a quand même ce temps où il faut que tu te retournes au moins pour voir ton coach, machin. En descendant, j'étais quand même satisfaite de ce que j'avais fait.
- SUEUR D'ESPOIR
Après quasiment dix ans de disette du côté de la difficulté féminine belge, Héloïse réalise la plus belle grimpe de sa saison, au moment où cela compte le plus. Médaille d'argent, vice-championne d'Europe, son meilleur résultat dans un championnat international, et une médaille qui veut dire beaucoup.
- Héloïse DOUMONT
Bah du coup, je tombe de la voie, je me retourne, je vois Antoine qui me fait que je suis première. Donc là, je suis en mode, oh yes, je suis trop contente. L'émotion que j'ai eue, c'était... La première émotion que j'ai eue, c'est... Ok, moi je vais aller au JO. Enfin, en fait, c'est ça que je me suis dit. Ok, en fait, c'est possible, c'est vraiment possible. Moi, je veux aller au JO, en fait. J'ai peur que ça soit prétentieux ce que je vais dire, mais je sentais que le boulot avait été fait, qu'on avait réussi à mettre tout ce qu'il fallait en place pour atteindre l'objectif. Et du coup, je me suis quand même dit... Ok, je suis quand même en partie à ma place là où je suis en fait. Et donc rien que pour ça, c'était très cool. Et puis en fait c'est plus loin sur le podium où j'ai quand même eu de l'émotion en mode « Waouh, tout le travail parcouru, tout le chemin qu'on a fait pour en être ici, c'est quand même vraiment incroyable. » Et puis toujours sur ce podium me dire « Non mais c'est mort en fait, moi je veux aller au JO, je veux pas que aller au JO, je veux faire un bon truc au JO en fait. » C'est mort quoi, je veux tout faire pour y arriver quoi. Tu sais, moi j'avais dit avant que la saison commence cette année, non mais tu sais, moi le jour où je ne fais plus de demi-finale, si je fais toute une saison sans demi-finale, j'arrête la compète. Enfin, c'est qu'il est temps d'arrêter, tu vois. Genre, donc tu vois, quand tu fais deux Coupes du Monde sans demi-finale et que tu te dis, putain, ne me dis pas que c'est maintenant que je vais devoir arrêter alors que je t'ai... au prime de mon niveau là, c'est une blague ou quoi ? La route elle est encore longue, ça va aller vite, mais la route est encore longue. On devait mettre le doigt sur tous ces aspects à travailler et que je ne suis pas sûre qu'on aurait mis aussi bien le doigt dessus si on avait aussi bien réussi que l'année dernière. À parler tous les jours, à rigoler tous les jours en mode non mais nous on va chercher la médaille, ça te met dans une attitude de... Je sais pas, ça te met dans une attitude de champion de je vais rien abandonner, je vais rien lâcher, je veux atteindre ça donc je vais tout faire pour essayer d'atteindre ça. C'est pas parce que tu te mets dans un mood de champion que t'es d'office un médaillé, je sais pas comment le dire. Moi je crois que c'est important de se mettre dans un mood de champion le plus possible pour aller le plus haut possible en fait, parce que ton attitude va témoigner le fait que tu peux être capable ou pas, tu vois. Je sais qu'il y a encore plein de choses que je peux faire pour m'améliorer. Donc il y a encore tout un aspect de discipline à améliorer. Mais là, mon quotidien en semaine, quand je travaille, c'est juste trop compliqué, c'est pas possible. C'est un titre qui est là et qui ne va pas bouger, en fait. Enfin, ça... Surtout pour la petite histoire de la Belgique, ça fait rentrer dans l'histoire quand même. Et puis avoir dit qu'on va performer à cet événement-là et qu'on performe à cet événement-là, ça marque encore plus. J'aurais signé parce que avec cette année, j'ai quand même appris beaucoup de choses. Si j'avais eu la même saison que l'année dernière, je ne suis pas sûre que j'aurais continué à travailler sur mon mindset, sur mon mental, aussi fort que ce que j'ai fait cette année. ou sur des aspects techniques finalement, à revoir ma technique de grain, je ne suis pas sûre qu'on l'aurait fait en fait. Si on n'avait pas échoué, on ne se serait pas reposé des questions sur ce qu'il faut travailler en fait.
- SUEUR D'ESPOIR
Si ce titre avait une saveur particulière pour Héloïse après tout ce qu'elle a traversé, elle regarde déjà devant, avec comme point de mire, les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Et autant dire que le chantier qui doit la mener outre-Atlantique, s'annonceront ces cours.
- Héloïse DOUMONT
Antoine, en ce début de saison, il réfléchit quand même beaucoup sur ce qu'on peut faire pour dans deux ans, même s'il y a quand même l'année prochaine qui est une vraie année aussi de résultats, parce que il y a les European Games, il y a le championnat du monde, et il y a aussi le fait qu'il faut être dans le ranking, mais je crois que c'est dans le top 50 du ranking mondial des Coupes du Monde pour être sélectionné pour les OQS. A priori, ça, ça devrait le faire. Mais bon, voilà. Donc, c'est quand même encore une vraie saison de Coupe du Monde. Il réfléchit vraiment beaucoup sur ce qu'on va travailler, même si ça a l'air d'être assez clair pour lui sur ce qu'on va travailler. Il a déjà un peu son plan d'entraînement en tête. Il a eu rendez-vous avec un chercheur de l'Université catholique de Louvain, un chercheur dans le sport, pour discuter aussi des aspects beaucoup plus physiologiques. Qu'est-ce qu'on peut faire pour améliorer ça ? Qu'est-ce qu'on peut faire ? pour améliorer ce facteur-là, etc. Donc, il se pose vraiment beaucoup de questions. Il se remet aussi en question sur certains aspects, en mode, on a fait ça, je pensais que c'était bon, mais en fait, c'était pas... Par exemple, cette année, on pensait qu'on avait fait une année beaucoup plus axée dans la résilience. Et en fait, quand on s'est rendu compte au début de la saison que c'était pas le cas, du coup, il s'est dit que c'était pas encore assez résilient comme ce que j'imaginais. Donc, il se remet aussi en question et il est prêt à... Il a changé vraiment beaucoup. Lui, personnellement, il a commencé à travailler aussi avec un psychologue du sport pour s'améliorer sur son aspect psychologique avec les athlètes et lui-même dans le milieu du sport, sachant que les entraîneurs à l'approche des JO aussi, parfois ils remettent tout en doute. Ça arrive très souvent où ils sont en mode « non mais on va tout changer parce que ça ne va pas » . Donc je pense que c'est très bien qu'il s'y prenne déjà maintenant sur le potentiel d'août qu'il va avoir. Surtout que comme il se pose beaucoup de questions et que donc il remet très vite aussi souvent en question ce qu'il fait, je crois que c'est bien qu'il fasse ça maintenant pour ne pas arriver au jour J en mode « non, on change tout » . Je crois que c'est vraiment bien. Et le cerveau, c'est méga important dans le sport et encore plus en compétition. Je sais que ça va être très important de gérer aussi le moment de ressources posent, par exemple entre les différents EQS qu'il pourra y avoir, parce qu'ils vont être vraiment très proches, surtout que ça va être d'un continent à l'autre, donc il va y avoir un décalage horaire et tout, donc ça va être très important de gérer aussi cet aspect-là. Et si ça s'était bien passé, je crois qu'on ne se serait pas posé la question non plus de potentiellement, il faut travailler aussi un truc là-dessus. Ouais franchement le sport de haut niveau comme ça c'est quand même vraiment sacrément complet sur tellement d'aspects en fait. Enfin plus t'es bon, plus tu te rends compte qu'il y a des aspects en plus en fait, c'est presque ça moi que j'ai.
- SUEUR D'ESPOIR
En 2026, ce sont 80 athlètes de haut niveau qui ont bénéficié d'un contrat professionnel de la part de ADEPS. Il faut avoir en tête que ADEPS c'est l'administration générale du sport, non pas pour la Belgique dans son entièreté, mais seulement pour la Fédération Wallonie-Bruxelles qui regroupe. globalement la communauté française de Belgique. Parmi tous les athlètes soutenus, 25 sports différents sont représentés. L'escalade n'est pas présente, mais 2027 pourrait bien changer les choses avec la performance d'Héloïse lors de ses derniers championnats d'Europe.
- Héloïse DOUMONT
On va réintroduire une demande de statut, où j'espère que ça va marcher, on saura ça en décembre, mais bon ça dépend de ce que l'État va donner comme subsit pour le sport, ça va dépendre de si des athlètes perdent des contrats ou pas, ça va dépendre... De d'autres facteurs sur lesquels je ne peux rien faire. Il faut juste espérer, attendre. Et si je n'ai pas de contrat, ça ne change en rien le fait que je vais tout faire pour m'entraîner pour les JO. Et ça, ça ne changera pas. Ça me faciliterait la vie énormément, mais ça ne changera pas mon objectif, quoi qu'il arrive. Je n'ai pas été performée au championnat d'Europe pour... Pour avoir un contrat ADEPS, pour me permettre d'avoir fait ça, non, non, j'ai été performée au championnat d'Europe parce que c'est aussi une bonne information pour la suite, pour les sélections de 2028 en fait.
- SUEUR D'ESPOIR
Dans cette quête des sommets, Héloïse n'est pas seule. Vous l'avez entendu dans le dernier épisode, son compagnon et entraîneur Antoine Kaufmann est un pilier essentiel dans la réussite d'Héloïse. Mais dans une quête comme celle-ci, réussir à engager des sponsors est une aide précieuse. Après son titre de vice-championne d'Europe, je me suis alors demandé si Héloïse avait été contactée par des marques.
- Héloïse DOUMONT
Malheureusement, non. Ou pas encore. Je vais potentiellement avoir, enfin non pas potentiellement, c'est quasiment sûr, rendez-vous avec une dame qui travaille avec ADEPS et qui travaille beaucoup sur le marketing, la mise en avant. comment se vendre aussi parce que j'exprime aussi le fait que c'est quand même difficile pour moi de me vendre en fait je ne sais pas je n'aime pas ça ça me met mal à l'aise en fait Je vais avoir ici une réunion à la fin de la saison, après le Chili. J'espère que ça va m'aider et que je vais pouvoir aussi évoluer là-dessus parce que ça serait quand même très intéressant.
- SUEUR D'ESPOIR
Dans ses partenaires actuels, Héloïse a à cœur d'en remercier un en particulier, RGENtec. Une des premières marques à lui avoir fait confiance.
- Héloïse DOUMONT
Avec RGENtec, on est un petit peu une petite famille tous ensemble quand même. C'est une petite équipe qui est très soudée et donc ça je trouve que c'est quand même vraiment chouette parce que quand on passe du temps ensemble c'est un peu comme si on était en famille du coup donc c'est vraiment chouette. C'était finalement mon premier dossier, mon premier vrai dossier de sponsoring entre guillemets. Et donc j'étais en mode ouais mais c'est trop cool ce qui m'arrive là c'est chouette. Et puis après en fait juste ouais je sais pas on se partage nos petites histoires, on se partage... Nos performances, nos résultats, comme si c'était la famille. Pour vrai, c'est juste trop bien d'avoir une équipe qui se soutient comme ça et qui te soutient aussi dans ta performance et dans ton sport.
- Audrey (co-créatrice de RGENtec)
Héloïse, on l'a rencontrée parce qu'on a à nous quelqu'un qui est chargé du business développement sur le Benelux pour RGENtec. qui avait commencé à démarcher des magasins de sport, des salles d'escalade et compagnie et donc qui a échangé avec un gros magasin qui s'appelle Seeonee à Bruxelles qui est très connu, qui est un des gros ambassadeurs de l'escalade en Belgique. Et Seeonee en fait c'est un partenaire d'Éloïse et donc du coup notre manager commercial là-bas nous a dit ah mais il y a une grimpeuse qui est très connue en Belgique, qui s'appelle Héloïse Doumont. On pourrait peut-être lui faire tester les produits. Donc, ça a commencé comme ça. Moi, je l'ai contactée, on lui a fait tester les produits et elle nous a dit tout de suite, mais c'est génial. Donc, on a vraiment commencé à échanger comme ça. Et au bout d'un moment, je lui ai dit, écoute, est-ce que ça t'intéresse qu'on travaille vraiment ensemble ? C'est-à-dire qu'on travaille vraiment dans une logique de sponsoring. Nous, on t'accompagne sur la suite de ta carrière, on t'accompagne à hauteur de nos moyens, encore une fois, mais on sera là sur les produits, on peut être là sur... de l'accompagnement de tes déplacements ? Et puis, est-ce que toi, t'es OK d'être un peu notre image, notre figure ? Parce que dans le monde de l'escalade, elle est hyper pertinente, hyper légitime. Et elle a, encore une fois, une communication que moi, j'adore, ce que j'appelle nature-peinture. C'est très simple, c'est très clair, ça vient du cœur. Tu sens qu'elle est entière dans ce qu'elle fait. Et ça passe, ça, dans la communication, et je savais que si elle était convaincue des produits, ça se verrait que c'était véritable, véridique.
- SUEUR D'ESPOIR
La saison n'est pas encore terminée pour Héloïse. Au Chili aura lieu dans quelques jours la dernière étape de Coupe du Monde du calendrier, avant de basculer vers une saison 2027 plus importante que jamais. Par assasie de sa médaille d'argent, Héloïse veut prouver sa place sur la scène mondiale et marquer des points pour la saison prochaine.
- Héloïse DOUMONT
Chili c'est une médaille au rien de toute façon. On le dit ici avec Antoine, c'est comme ça, c'est tout. Elle peut être d'une couleur différente que de la médaille d'argent, c'est ok. En vrai si c'est la même, moi ça me va. L'avantage de cette Coupe du Monde c'est que c'est loin et comme c'est tard dans la saison, il y a pas mal d'athlètes qui n'y vont pas. pas et une place une place donc donc en fait ça c'est aussi bien pour moi à ce niveau là et donc ouais ben on va on va aller là bas dans le but de d'essayer d'en apprendre encore plus de se perfectionner encore plus d'avoir d'arriver à gérer encore plus la pression de pouvoir travailler vraiment sur ces aspects mentaux finalement on ne peut les travailler que quand il ya de la compétition parce que en entraînement il n'y a jamais assez de pression pour pouvoir vraiment travailler comme si tu étais en compète. Donc en fait, moi, j'y vais là-bas dans l'optique aussi de me préparer pour les étapes sélectives des JO, ça c'est certain. Et bah ouais, moi je veux... Je veux enfin pouvoir montrer tout bien comme j'ai envie, quoi. Ça, ce serait top. En plus, ça permettrait de terminer la saison vraiment sur une belle note. Donc voilà, je prends, je prends. J'ai l'impression qu'il faudrait que j'aie des journées de 48 heures pour faire tout ce qu'on a envie de faire. Mais je pense que si on travaille vraiment toujours avec la qualité, dans le but de... D'apprendre quelque chose et d'améliorer quelque chose et d'aller à chaque entraînement à 100% ou allez on va dire à 90% parce qu'il y a des jours où c'est pas possible d'être à 100% mais essayer d'être le plus proche possible du 100% je pense qu'on va en tout cas réussir à peut-être pas atteindre l'objectif mais en tout cas à atteindre les compétences qu'on souhaite atteindre et donc ça c'est important quoi.
- SUEUR D'ESPOIR
Même si le défi sera de taille, Héloïse a déjà surmonté tant de difficultés ces dernières années, que ce qui l'attend ne semble plus tant effrayant. Elle se connaît par cœur, c'est sa grande force et elle l'a prouvé une fois de plus cette année, en réussissant à rebondir au meilleur des moments. Dans le reflet de cette médaille, il y a les épreuves surmontées certes, mais il y a surtout la petite Héloïse qui, il y a plus de 20 ans, rêvait d'être une championne et qui aujourd'hui se regarderait d'un air émerveillé.
- Héloïse DOUMONT
Ouais bah franchement j'espère que mon parcours peut inspirer d'autres personnes. En vrai c'est toujours agréable et aussi motivant pour moi de voir que d'autres personnes sont inspirées par ce que tu donnes comme image ou par ce que tu fais. Si t'as une idée derrière la tête, si t'as un rêve, vas-y mais ne lâche rien. Vraiment faut jamais rien lâcher en fait. Tu peux arrêter quand c'est fini mais tant que c'est pas fini faut continuer. Aujourd'hui, c'est sûr que je suis vraiment très fière de tout, en fait. De tout le parcours qui a été parcouru. Et je suis même reconnaissante de ce qui m'est arrivé dans la vie, finalement. C'est juste incroyable. Comme je n'arrête pas de dire, j'ai quand même beaucoup de chance, en fait. Ça, c'est certain. Et c'est marrant parce qu'en 2021, si on m'avait dit du coup « Ouais, mais tu sais que tu vas faire des finales en Coupe du Monde et que tu vas être championne d'Europe. » Je crois que je t'aurais dit, ça serait vraiment incroyable, j'en aurais rêvé, mais je ne t'aurais pas cru, je crois. Parce que j'ai l'impression que j'étais tellement dans un esprit négatif et pessimiste que je n'aurais pas été capable aussi de me projeter, en tout cas à ce moment-là, de me projeter vraiment en mode, ça va m'arriver quoi. J'aimerais bien être une jeune athlète maintenant en fait, j'aimerais bien être moi maintenant. trois ans plus tôt, parce que juste, mon mindset n'est pas du tout le même. Je suis beaucoup plus ouverte à ce qui se passe autour de moi, au monde, à tout, et donc ça enrichit aussi la mentalité quand t'es vieux. Elle est beaucoup mieux que quand t'es jeune. Ouais, ça c'est dommage. Mais c'est comme ça.
- SUEUR D'ESPOIR
Un grand merci à Héloïse d'avoir accepté de se livrer à cœur ouvert au cours de cette saison 2026. Un grand merci aussi à RGENtec. son partenaire d'avoir soutenu la réalisation de cette série. Et enfin, merci à vous, qui après chaque épisode, envoyez vos retours. Le sport est un vecteur d'émotion et de partage immense, et moi aussi j'espère, à mon humble échelle, permettre de mettre en lumière des parcours qui vous inspirent comme celui d'Héloïse. C'était Sueur d'Espoir, merci pour votre écoute. Pensez à vous abonner et noter le podcast. Et à bientôt, pour un nouvel épisode.