Speaker #0Aujourd'hui, on va parler d'une petite entreprise familiale qui tente de percer à la Nouvelle-Orléans, avec un commerce tout à fait sain, légal et absolument sans danger. Et coucou mes petits geekouniou, on va parler comics dans cet épisode, même si on aura un manga à la fin, puisque dans la dose geek, on retrouvera Batman Prime, et le cœur de Mina. Mais avant, on parle comics indés aujourd'hui et en général, quand je choisis un comics, il y a plusieurs raisons possibles. Parfois, c'est un auteur que j'aime déjà. Parfois, c'est un thème qui m'intrigue. Et parfois, c'est beaucoup plus simple. Je tombe sur une couverture et je me dis « Ok, toi, t'as l'air cool. Je pense que je vais te lire. » Ce à quoi le comics répond généralement « Oh oui, Nix, lis-moi. » Sors-moi de cette librairie que je puisse rejoindre ta collection de comics trop stylée. Et là, évidemment, je l'achète. Et Bonne Paris, je fais partie de cette dernière catégorie. Et si je vous en parle aujourd'hui dans Supplément Geek, c'est qu'il n'y a pas que les couves qui sont bien. Même si, disons-le, elles sont quand même très stylées. Donc au départ, c'est ça qui a attiré mon œil affûté. Puis j'ai ouvert le bouquin et je suis tombé sur les dessins de Jonas Scharf. Et là, j'ai commencé à comprendre que j'avais peut-être trouvé quelque chose de très, très sympathique. Puis est venu le scénario de Cullen Bunn et c'est à ce moment-là que j'ai été totalement conquis. Bonne Paris, c'est une série publiée aux Etats-Unis par Boom Studio entre juillet 2018 et août 2019. En VO, c'est 12 issues. Puis après, ça a été regroupé en 3 tomes. Puis encore après ça, ça a été regroupé en un seul gros volume. Et dans nos contrées, la série est publiée entre 2020 et 2021 chez Delcourt dans la collection Contrebande en... Trois tomes. L'histoire nous emmène donc à la Nouvelle-Orléans, où une gentille petite famille se lance dans le commerce vu qu'ils ont mis au point un truc génialissime, révolutionnaire, et ça s'appelle la cendre. Mais Giggs, qu'est-ce que c'est que la cendre ? Merci Giggs, je vais te le dire tout de suite. La cendre, c'est une poudre qu'on ingère par voie nasale, en la préparant avec une carte bancaire ou une carte téléphonique par exemple, bien que ça soit un petit peu plus rare de nos jours, pour faire des p... petites lignes sur une surface dure de préférence. Et puis, on l'inspire, cette substance, avec une paille, par exemple. C'est une drogue. C'est de la dope, tout simplement. Ah ! Et c'est obtenu à partir des restes des morts. Et lorsqu'on la consomme, on ne plane pas. Enfin, si, on plane, mais surtout, on vit les souvenirs d'une autre personne. On voit ce qu'elle a vu, on ressent ce qu'elle a ressenti et on devient, pendant quelques instants, quelqu'un d'autre. Une idée toute simple sur le papier, une idée absolument géniale dans la façon présentement présentée. Avant de parcourir les ruelles sombres de la Nouvelle-Orléans pour s'envoyer dans la vie des morts, je vais vous en dire un peu plus sur les joyeux lurons qui sont derrière cette petite pépite. Si vous lisez régulièrement des comics d'horreur, il y a de fortes chances que vous ayez déjà croisé le nom de Cullen Bun. Coucou Cullen ! Ça doit faire une... quinzaine d'années que le petit père s'est imposé comme l'un des scénaristes les plus prolifiques du genre. Il a travaillé aussi bien chez Marvel que chez DC, peut-être un petit peu plus chez Marvel quand même, notamment sur Deadpool, Les X-Men, Spider-Man ou encore Venom. Et d'ailleurs, si vous suivez Supplément Geek depuis quelques temps, son nom est déjà passé par ici, puisque Cullen Bunn est le scénariste de la grande saga des massacres de Deadpool et j'avais fait un épisode dessus à l'époque où je ne faisais pas encore de vidéos. Donc on voyait déjà qu'il avait une certaine appétence pour l'horreur et le gore. Mais en vrai, c'est souvent lorsqu'il écrit ses propres créations qu'il envoie vraiment la sauce. On lui doit notamment Haro Kunti, que j'ai très envie de lire. Je sais que Glenal avait sorti en 2017 en trois tomes aussi. Faut que je les chope, en fait, tout simplement. Il a fait aussi The Empty Man, The Sixth Gun ou encore Basilisk. Et ça aussi, j'ai très envie de le lire. Ça a l'air d'être dans la même veine que Bonne Paris. Mais là, il faudra que je me procure l'AVO parce que visiblement, c'est pas encore édité sur notre territoire. C'est con, c'est nos trois compères du jour qui sont sur ce titre aussi. A pas confondre avec l'excellent manga et animé du même nom, s'il vous plaît. Ce qui me plaît bien chez lui, c'est qu'il ne se contente pas d'écrire juste de l'horreur. Il mélange souvent plein de genres, du style le polar, le fantastique. Il met du drame familial, ça peut passer par le western et même par les récits mafieux. et bonne Paris ! est complètement dans cette logique. C'est pas seulement une histoire de drogue surnaturelle fabriquée à partir de cadavres, c'est aussi une histoire de famille, d'ambition, de pouvoir et de gens qui réalisent peut-être un petit peu trop tard qu'ils ont créé quelque chose qui va les emmener dans des recoins qu'ils auraient préféré éviter. Ces dernières années, Ben est resté très actif avec des projets comme Cyberpunk 2077, Trauma Team, The Tooth, ou encore Ultimate Oz Universe, qui a l'air vraiment très très cool. Et pour mettre les idées saugrenues du petit Bun en images, c'est Jonas Scharf qui s'y est collé. Avant Bonne Paris, notre cher dessinateur allemand avait notamment travaillé sur quelques séries, chez Boom Studio aussi, sur des titres du style Mighty Morphin Power Rangers. Bonne Paris a sûrement participé à lui donner une visibilité pas négligeable, parce qu'à l'époque, il est encore relativement peu connu du grand public. Et aujourd'hui, on le voit sur des projets. plus visible. Notamment chez Marvel avec Avengers of the Westlands ou Venom Black White and Blood qui est un projet collaboratif. Et à vrai dire, c'est le seul titre que j'ai où je vois le nom de Scharf dans ma bibliothèque. Et je comprends pas comment c'est possible tellement je trouve son taf stylé sur Bone Parish. Franchement, quand je vois le résultat ici, je me dis qu'il mérite d'être vraiment plus connu le petit père. Mais alors vraiment plus. J'aime bien son trait, ses piles assez réalistes et un... tout petit peu appuyé et il sait aussi bien gérer les moments intimes que les grandes envolées gores ou monstrueuses. Il y a des moments un peu de substance dedans. Il y a quelque chose d'un peu sale, un peu lourd, d'un peu poisseux dans ses pages et ça colle parfaitement à cette histoire de famille, criminelle, de trafic de morts qu'on revoit plus ou moins vivre. Ses personnages semblent constamment fatigués, voire même usés par ce qui les entoure, ce truc gris et humide dans lequel ils évoluent. Lorsqu'il faut représenter les visions provoquées par la cendre, il parvient à créer des images presque oniriques qui contrastent totalement avec la noirceur du quotidien. Et comme je vous le disais en intro, c'est clairement l'aspect visuel qui m'a fait ouvrir le bouquin. Mais cet aspect visuel, il ne tient pas seulement au dessin. Il faut aussi citer Alex Guimaraes, désolé si je le prononce mal Alex, qui lui est aux couleurs. Elle ne remplit pas seulement les cases, elle donne une sacrée identité aux comics, elle pose l'ambiance. Elles accompagnent les visions provoquées par la cendre et elles donnent au récit ce contraste assez fort entre un présent sombre, presque malade, et parfois des souvenirs beaucoup plus lumineux, mais qui peuvent vite tourner au macabre. Donc sur Bonne-Paris, pour moi, le trio fonctionne vraiment bien. Cullen Bunn construit l'idée et le drame familial, Jonas Scharf donne les visages et les corps, et Alex Guimaraes donne cette atmosphère qui reste collée à la peau. On va chercher Basilisk, hein ? pour voir si la magie opère encore. Bon, on va aller plus loin dans l'histoire et on va rentrer un petit peu plus dedans pour voir comment la famille Winters dirige discrètement ce trafic très particulier. À partir d'ossements humains, elle fabrique la cendre. Donc cette fameuse substance qui permet à ceux qui la consomment d'accéder aux souvenirs des morts. Au début, tout semble sous contrôle. Les Winters sont riches, le produit se vend parfaitement, la concurrence est tenue à distance. Mais évidemment... Lorsqu'un marché devient aussi lucratif, d'autres personnes veulent leur part du gâteau. Miam miam. Et très vite, plusieurs organisations criminelles cherchent à mettre la main sur la recette. Et ce qui ressemblait à une simple affaire de trafic de drogue se transforme progressivement en guerre ouverte. Au centre de tout ça se trouve la famille Winters. Une famille qui fonctionne presque comme une mafia. Chaque membre possède son rôle et ses ambitions et chaque membre réagit différemment face aux conséquences. de leurs actes. C'est pas manichéen et ça c'est appréciable. On n'a pas les gentils d'un côté, les vilains méchants de l'autre, même si c'est clairement un récit d'horreur avec tout ce que ça implique. Donc, du grandiloquent, de l'excès et les trucs qui vont loin, les personnages sont quand même écrits avec justesse, presque réalisme et avec des contrastes moraux qui leur sont propres. Ils sont clairement responsables d'un trafic qui peut détruire des vies, mais ce sont aussi des personnages profondément humains, avec des doutes. Des regrets, leurs blessures de vie qui laissent des traces, et surtout des peurs. Et puis, ils s'aiment, sincèrement quoi, c'est une famille qui s'aime. Et plus l'histoire avance, plus ils réalisent que leur réussite repose peut-être sur une catastrophe qu'ils ne pourront plus arrêter, alors que dans le même temps, la cendre évolue. Ces effets deviennent de plus en plus inquiétants, et certaines expériences commencent à suggérer qu'il se passe quelque chose de bien plus dangereux qu'un simple phénomène hallucinatoire. Dans cette famille, on a d'abord... Brahe, l'un des fils Winters, c'est la première vraie figure qu'on rencontre et c'est surtout lui qui gère le trafic sur le terrain. A ses côtés, il y a Léon et Wade, les autres fils de la famille, qui aident notamment à trouver des nouveaux candidats pour fabriquer la cendre. Et là, il faut comprendre un truc, tous les morts ne se valent pas parce qu'avec la cendre, on revit les souvenirs de la personne dont elle est issue. Du coup... Les clients ont parfois des demandes très spécifiques. Certains veulent les souvenirs d'un artiste, d'autres d'un musicien, d'autres encore d'une célébrité du X, ou d'une personne ayant vécu des expériences hors du commun, hors normes. Et forcément, ça, ça transforme la recherche de matière première en quelque chose d'encore plus malsain. On visite du cimetière, quoi, mais c'est pas pour se recueillir. Au-dessus de tout ça, il y a Grace, la mère, elle chapote l'ensemble, elle tient la famille, elle ne veut surtout pas qu'on touche au sien. Bon après, on peut débattre deux minutes du meilleur moyen de mettre sa famille à l'abri et gérer un trafic de drogue nécromantique. A mes yeux, c'est peut-être pas l'option la plus recommandée. Il y a aussi Brigitte, la fille, la partie plus scientifique de la famille. C'est elle qui sait fabriquer la cendre. Et c'est aussi elle qui commence à pousser le concept un peu plus loin avec des expériences qui ne respirent pas forcément la bonne idée. Elle n'a pas les meilleures fréquentations, la petite dame en plus. Et enfin, on a André, le père. l'instigateur du projet, le soutien émotionnel de Grace, mais disons qu'il n'est pas toujours très disponible. Et autour d'eux, il y a tout le reste. Les dealers, les gros bonnets qui veulent mettre la main sur l'entreprise familiale, les clients qui viennent chercher leur vision, et bien sûr, les morts, qui au-delà d'être une matière première, finissent par prendre une place énorme dans la vie des vivants. En vrai, le truc qui est le plus réussi, c'est probablement le côté graphique. Et ce que je retiens en premier dans Bonne Paris, C'est son ambiance, vraiment. Il y a des comics qu'on lit pour l'histoire, d'autres pour leur personnage. Et bien moi, Bonne Paris, je crois que je l'ai d'abord aimé pour son atmosphère. Attention, l'histoire est trop cool et je l'adore aussi sur ce plan. On est surpris, on s'attache au personnage. C'est un vrai page-turner. Mais quand on voit à quel point c'est stylé au niveau de l'image, forcément, c'est ce que j'ai le plus retenu. Chaque page semble humide. Les rues de la Nouvelle-Orléans sont poisseuses. ça plus le chien mouillé et les éclairages nocturnes de la ville, assez faibles pour mettre une bonne tension, genre la rue la nuit. Un lampadaire en fin de vie, la lune qui vient donner son étrange lumière sur les diles à l'arrière des boîtes de nuit underground. Eh ben, ça donne envie, franchement. Les couleurs sont ternes, tout paraît abîmé, comme si le monde lui-même était fatigué. Et pourtant, lorsque les visions arrivent, Scharf et le coloriste Alex Guimaraes basculent parfois dans quelque chose de lumineux. presque féeriques. Des souvenirs heureux, des moments suspendus, des instants de vie magnifiques. Et ce contraste rend les scènes encore plus puissantes. Bon, il y a des moments où les deux se mélangent et ça donne des visions d'horreur absolument génialissimes entre le réel et la vision hallucinée et alors tout devient encore plus impactant. Il y a de l'hémoglobine, de l'action, de l'émotion, des trahisons qui rendent dingo. Ça tourne mal, ça ressoude aussi la famille, ça la disperse. ça la réconcilie et tout ça habilement mis en images et en couleurs. Les lumières sont maîtrisées, les visages et les expressions aussi, les décors sont super beaux. Franchement, rien de mieux pour s'immerger dans ce Breaking Bad de mafia vaudou nécromantique et fiévreux. J'ai l'impression que ça a été plutôt bien accueilli, déjà pour son concept original, son ambiance, puis sa direction artistique. Je vois des critiques qui ont particulièrement apprécié l'idée de la cendre et la manière dont Cullen Bunn mélange horreur. polars criminels et drames familiales. Personnellement, je comprends totalement cet enthousiasme que je partage visiblement. Parce que derrière son concept accrocheur, Bonne Paris raconte surtout une histoire qui sait où elle va. Et c'est suffisamment rare pour être souligné. Et autre rareté, je pense que le troisième tome est peut-être le meilleur des trois. Ceux qui, soyons honnêtes, n'arrivent pas tous les jours dans ce genre de comics où généralement le premier est dingue et on ne sait pas trop se positionner sur la fin. Et bien là, je trouve que c'est super de bout en bout. Et c'est sûrement pour ça qu'aux Etats-Unis, la série a trouvé son public, notamment auprès des amateurs d'horreur indépendante. Alors qu'ici en France, Bonne Paris s'est probablement restée un petit peu plus confidentielle. C'est comme ça qu'on va le dire pour rester poli. J'espère que c'est le genre de titre qui bénéficie énormément du bouche à oreille, mais médiatiquement, je ne l'ai pas trop vu passer. Ou alors je suis passé à côté. Pourtant, je trouve que c'est original. Déjà juste avec cette ambiance vaudou. très lié à l'imaginaire de la Nouvelle-Orléans, qui donne une identité très forte. C'est pas un comics de zombies, c'est pas un thriller classique, c'est pas non plus un simple récit mafieux, c'est un peu tout ça à la fourrure. Et c'est justement ce qui le rend aussi difficile à résumer qu'à oublier. Si jamais vous voulez ce titre, je le vois toujours sur le site de Delcourt, en papier comme en version numérique, et ça c'est bien si vous n'avez pas la place dans votre bibliothèque. Ça fait longtemps que je n'ai pas eu un comics comme Bone Parish entre les mains, et c'est dommage. parce que c'est exactement le genre de découverte que j'aime faire, que tout le monde aime faire en fait je crois. Un titre que je n'attendais pas spécialement, une couverture qui attire l'œil, des dessins qui donnent envie de tourner les pages et le tout avec un scénario qui transforme une bonne idée en une très bonne histoire. Cullen Bunn a vraiment écrit un récit bien foutu du début à la fin. sublimé par les dessins de Jonas Scharf, qui clairement livre des planches que j'ai régulièrement eu envie de contempler quelques secondes de plus avant de passer à la page d'après. Trois tomes, ça c'est bien, c'est pas trop long, une identité visuelle incroyable, une ambiance que j'ai toujours pas oubliée, et surtout, cette idée quoi, terriblement efficace, et si les morts pouvaient devenir la drogue la plus recherchée du monde. Avant de passer à la dose geek, je dis pas non pour un peu de soutien les potes, Supplément Geek a besoin de vous. Donc si vous me découvrez avec cet épisode et que vous appréciez ce genre de recommandations, un peu hors des sentiers battus, pensez à vous abonner, à liker et à commenter, que ce soit sur votre application d'écoute ou sur YouTube. C'est ce qui aide le plus l'émission à continuer de grandir et à faire découvrir des pépites comme Bonne Pariche à davantage de monde. On passe des rues de la Nouvelle Orléans à celles de Gotham, puisqu'on va commencer la dose geek de la semaine avec Batman Prime, le premier tome nommé... Ennemi public numéro 1. On retrouve Matt Fraction au scénario, un auteur que vous connaissez peut-être. Bah pas moi. Inconnu au bataillon. Désolé Matt, mais je suis ravi de faire ta connaissance dans de si bonnes conditions. Bon, j'ai vu qu'il avait quand même pas mal écrit sur du Marvel, du X-Men ou même du Iron Man. Le gars a fait de l'un des, comme Sex Criminals, et il a fait du Batman. Bon, il l'a fait en collectif sur Detective Comics, donc c'est pas vraiment son premier, mais en même temps c'est sa vraie première série longue dessus. Et bref. J'avais jamais retenu son blase à ce petit gars. Alors que le type est présent depuis plus de 20 ans dans le milieu du comics. Promis, bientôt, je sors de ma grotte. Au dessin, c'est Georges Jiménez qui s'occupe de Gotham, accompagné de Tom Moret aux couleurs. Là déjà, on parle de deux noms qui sonnent bien plus familiers à mes petites oreilles. En France, le tome est publié chez Urban Comics dans la collection DC Prime depuis le 22 mai 2026. Il contient les six premiers épisodes de cette nouvelle série Batman. Une nouvelle aventure ! On va pas se mentir ! Bruce, il a vécu des trucs pas drôles ces dernières années. Et là, Gotham entre dans une nouvelle période. Donc il a des séquelles du passé. Et en même temps, il commence une nouvelle ère. Batman n'est plus tout à fait le même homme et la ville non plus. Le nouveau commissaire du GCPD, Gotham City Police District, n'est autre que Vandal Savage, qui décide rapidement de déclarer le chevalier noir hors la loi. On ne sera pas la première fois, mais allons-y. Pendant ce temps, Jim Gordon revient dans la police, mais cette fois sans privilèges particuliers, presque... comme une simple bleusaille. Et Arkham, de nouvelles méthodes apparaissent et certains cherchent enfin à soigner les criminels plutôt qu'à simplement les enfermer. Et visiblement, ça ne plaît pas à tout le monde. Enjeu là-dedans, l'argent des criminels. Parce que si Arkham commence réellement à soigner certains pensionnaires, c'est tout un écosystème criminel qui risque de s'écrouler. Moins de récidives, moins de main-d'œuvre, moins d'argent et forcément, ceux qui profitent du système actuel voient ça d'un très mauvais œil. Au milieu de tout ça, Bruce essaye de naviguer dans cette nouvelle Gotham, pendant que pas mal de personnages autour de lui profitent aussi de cette nouvelle série pour avancer un petit peu. Gotham reste Gotham, mais on s'éloigne un petit peu du héros perpétuellement broyé par ses traumatismes. Le costume bleu fonctionne étonnamment bien, l'action est très dynamique. J'ai retrouvé un peu l'énergie que j'aimais dans certaines périodes du New 52, avec un Batman plus aventureux et moins enfermé dans sa propre noirceur. Enfin, je veux dire, c'est sourire, quoi. Et pas en jouant à la comédie. Un truc appréciable, c'est que Matt Fraction, ou Division Man, comme on l'appelle dans le milieu, quand je dis milieu, je dis moi, en fait, juste moi. Bah, Matt, il cherche pas totalement à réécrire Batman. Il cherche surtout à lui redonner un peu d'élan, un point de départ clair, accessible et plein d'énergie. Un peu comme l'avait fait la cour des Héboux à son époque. Et Georges Jiménez, c'est un des gros points forts du titre. Visuellement, c'est un sans faute. C'est plus coloré que d'habitude, on se croirait presque dans un comics de Nightwing. Et d'ailleurs, j'aime bien le nouveau costume de Batuu, je l'ai déjà dit, qui justement va chercher dans les mêmes tons que celui de Dick Grayson. Ça fait moins...
Speaker #0Le côté bleu un peu à l'ancienne, avec quand même quelques nouveaux gadgets, ça marche plutôt bien. Ça faisait longtemps qu'un Batman classique n'avait pas réussi à m'accrocher comme ça. J'adore Absolute Batman, j'adore White Knight, mais ce sont des versions alternative. Là, j'ai retrouvé le Batman de la continuité principale que j'aime lire. Damien est là, pas vraiment en Robin pour l'instant, enfin, si, mais on le voit surtout en Damien. C'est Tim qui tient ce rôle et là aussi, le traitement est cool, notamment avec un de ses amis qui se pose des questions sur pourquoi est-il blessé quand il revient d'escapade avec son petit papounet adoptif ? Et notre petit Robin, il réfléchit aussi sur son statut d'acolyte et ça, je trouve que ça change. On a une nouvelle médecin à Arkham, qui cherche vraiment à aider les vilains donc, et on a une scène très cool avec Croc, qui donne assez le ton sur cette nouvelle ère Batman. Elle est très jolie cette médecin, et Bruce lui file un rencard quasi direct, c'est très James Bondien, et j'aurais pas forcément écrit ça comme ça, mais c'est loin d'être ce qui va me gâcher la lecture, et puis bon, c'est pas Patrick Bruel non plus. Bon j'ai pas compris la couve, je la trouve totalement has-been, mais ça c'est subjectif. Et ça n'enlève rien au contenu qui m'a réellement séduit. On va maintenant parler du cœur de Mina. J'ai lu le premier tome, manga scénarisé par Takeshi Nozawa et dessiné par Yoshimi Nanjo. Chez nous, c'est publié chez Komiku depuis le 4 juin 2026. C'est très récent. L'histoire commence avec Mina. Mais non ! Une lycéenne, tout ce qu'il y a de plus ordinaire. Mais elle va vivre un événement qui, bah lui ne l'est pas. A savoir une attaque au couteau en pleine rue. en plein jour, qui a fait plusieurs victimes. Mais elle, elle survit. Elle est blessée, la petite mère, mais elle va être sauvée grâce à une greffe du cœur. Sauf que le cœur qu'elle reçoit appartenait à son agresseuse. Et à partir de là, quelque chose commence à changer, à se modifier. Petit à petit, Mina va développer des pulsions violentes. Elle ne les comprend pas elle-même. Elle ne veut pas faire de mal, elle ne veut pas devenir quelqu'un d'autre, mais... Et plus le temps passe, plus cette envie devient difficile à contrôler. Et franchement, ouh la violence du bordel ! J'ai vraiment beaucoup aimé ce premier tome, mais je préfère vous prévenir tout de suite, il y a des petits animaux qui prennent extrêmement cher. Et pas qu'une fois. C'est récurrent. Vraiment. Donc, si vous êtes particulièrement sensible à ça, prenez l'avertissement en sérieux. Surtout que c'est assez réaliste. Ce qui m'a plu, c'est que l'idée de départ fonctionne super bien. Une grève de cœur qui transmet des pulsions meurtrières. Sur le papier, ça pourrait paraître ridicule ou complètement excessif, mais là, ça marche, parce que ça y va crescendo. On sent que Mina lutte contre quelque chose qui la dépasse. Elle ne veut pas basculer, elle ne veut pas faire de mal, mais en même temps, elle a cette envie-là. Presque comme un besoin primaire, quelque chose qui revient encore et encore et encore. Et forcément, les premiers à en faire les frais, ce sont les petits bouts du nez qui croisent sa route. Ce qui rend le tout encore plus dérangeant, c'est que le manga est vraiment très beau. Les dessins sont réussis. Les expressions fonctionnent. C'est superbe. Et les détails dans les visages, je trouve que c'est le plus impressionnant. Et les scènes violentes sont parfaitement lisibles. Du coup, l'horreur prend encore plus de poids. Parce qu'on ne peut jamais vraiment détourner le regard. Je vais être honnête, même moi, il y a des moments où ça m'a mis mal à l'aise. Et pourtant, j'adore l'horreur, vous le savez maintenant. Et ce n'est pas parce que c'est gore pour être gore, mais parce que je ne savais jamais où ça allait s'arrêter. Et c'est probablement la plus grande qualité du titre. Et surtout, On se met à la place des parents qui vivent sous le même toit que leur fille et qui voient bien qu'elle n'est plus tout à fait elle-même. Ils sont impuissants face à ça, ils font peut-être aussi de mauvais choix, mais des choix humains et compréhensibles. Et ça, ça ne fait qu'ajouter de l'attention. On veut absolument savoir ce qui va se passer ensuite, comment Mina va réagir, comment ses parents vont réagir, et surtout, quelles vont être les conséquences de tout ça. Pour l'instant, j'ai l'impression que le premier tome installe surtout le problème. Et si les prochains volumes... tiennent leur promesse, on devrait commencer à voir les vraies répercussions de cette descente aux enfers. Et la couve donne bien le ton aussi. Là, pour le coup, on sait à peu près où on va quand on l'a devant les yeux. Donc clairement, pas un manga pour tout le monde. Mais si vous aimez les thrillers horrifiques qui savent mettre mal à l'aise, sans perdre leur lecteur en route, celui-là mérite probablement votre attention. Et pour ne pas partir sur un truc ultra glauque, bien que très bien. Sinon, je n'en parlerai pas, vous connaissez la chanson. Je me dis qu'une touche de légèreté avant de refermer cette dose geek, vraiment juste un tout petit mot, ça ne nous fera pas de mal. Donc, il faut que je vous parle du reboot de Scrubs. J'avais un peu peur parce que toucher à Scrubs, ça me semblait risqué. Et on se souvient tous de la saison 9. D'ailleurs, on est nombreux à faire comme si elle n'existait pas. Donc oui, risqué. On parle quand même d'une série que beaucoup de gens adorent, moi compris. Top 3 de mes séries all-time. Et finalement, je trouve qu'ils ont réussi leur coup. On retrouve l'humour, le cœur, les personnages, et même cette capacité qu'avait la série déjà à l'époque à passer d'une blague complètement débile à un moment beaucoup plus touchant. Tout a été remis au goût du jour, sans donner l'impression de trahir ce qui faisait le charme de l'univers. L'humour, les personnages et les contextes ont su s'adapter à notre époque actuelle, et ça c'est balèze. Donc si comme moi, vous aviez un peu peur de ce retour, Pour l'instant, je trouve ça franchement réussi. Et vu qu'une saison 2 a déjà été annoncée, je suis curieux de voir où tout ça va nous emmener. Mais je suis trop content de repasser un moment avec JD, Turk, Carla et Elliot. Et voilà, Migi Kunyu, on termine sur une note plus sympa, parce qu'on a vu une famille faire sniffer des morts aux habitants de la Nouvelle-Orléans, Batman qui devient hors-la-loi et qui lui aussi combat une mafia de super-vilains, et une lycéenne qui se transforme en psychopathe. Donc après tout ça, un petit épisode de Scrubs, ça fait pas de mal. On se retrouve la semaine prochaine, et pour une fois, on va pas parler d'un manga, mais d'un animé qui sent le soleil et le tournesol. Si vous avez une idée de ce que c'est, hop là, en commentaire. D'ici là mes petits geekouniou, geekez bien pour qui crie ! Bisous bisous !