Speaker #0Un épisode poétique et tout doux aujourd'hui, enfin, en apparence. Salut mes petits guicouniou, on se retrouve aujourd'hui pour parler d'un médecin, pas comme les autres, puisqu'on va revenir sur une œuvre culte, pour ceux qui la connaissent. Je parle évidemment de ce que vous avez vu dans le titre, Mouchichi. Et en fin d'épisode, on passera sur la dose geek de la semaine avec Dan Dadan, les derniers tomes dispo, donc du 16 au 22. J'ai enfin rattrapé mon retard. On parlera aussi de la saison 4 d'Invincible et d'Eye Dark, le 9e tome. Mais avant d'aller vers toute cette démesure, lançons-nous dans cette parenthèse enchantée mais étrangement malade qu'est Mushishi. Alors c'est un peu décousu le début de Mushishi dans sa publication. Donc je vais essayer d'être... Claire, le plus clair possible, et aussi synthétique, parce que sinon, on va s'y perdre. C'est un manga écrit et dessiné par Yuki Urushibara, ça c'est la partie simple. Et donc, pour être précis, ça démarre en 99 au Japon, chez Ausha, d'abord avec un one-shot, et puis après, il y a une pré-publication dans Afternoon Season Zoukan, avant de passer dans un autre magazine, le Moonslee Afternoon, jusqu'en 2008. Et après tout ça, la série, elle sera compilée en 10 tomes. Et petite précision, parce que Mouchichi... C'est un peu comme ce que ça écrit, c'est une sorte de bestiole qui réapparaît quand elle veut. La série principale, qui se termine en 2008, après il y a quelques retours. Par exemple, en 2013, Yuki Urushibara publie Mushishi, Tokubetsu-hen, Iha Mukage, une histoire spéciale en deux parties. C'est aussi celle qui sera adaptée en épisode spécial animé sous le titre L'ombre qui dévore le soleil. Et en 2015, Ausha publie aussi Mouchichi, Gaitan-chu, un recueil d'histoires dérivées. autour de l'univers de Mushishi, mais réalisé avec plusieurs autres auteurs. Et encore plus tard, en 2021, Urushibara revient avec un très court chapitre, bonus Mushishi Bangai Tanpen Chikakeru Kage, publié dans Moonsleeve Afternoon encore une fois. Donc, la série principale, c'est bien 10 tomes, mais l'univers a continué de vivre un petit peu après, par petites touches. En France, c'est beaucoup plus simple. La série arrive chez Kana à partir de 2007 dans la collection Big Kana et le 10e tome sort en 2009. Et les récits annexes que je viens de citer sont tout simplement pas dispo chez nous. Je vais me concentrer sur la série principale du coup. Donc on est sur un manga juste assez long pour installer un vrai monde et c'est pas non plus un truc de 60 tomes qui va trop loin et perdrait en puissance avec le temps. C'est juste assez dense ce qu'il faut pour qu'on soit happé, c'est pas très bavard, en tout cas ça parle pas pour rien dire. et ça avance à son rythme, comme Ginko, le personnage principal, et disons que ça laisse une marque assez particulière une fois qu'on l'a lu. Ou vu. Le concept n'est pas bien compliqué, en apparence. Ginko, c'est ce qu'on appelle un mouchichi, c'est-à-dire un spécialiste des mouchis. Et quoi qu'est-ce donc que les mouchis ? Allez vous me dire mes petits guicouines. Eh ben ce sont des formes de vie primitives, étranges et invisibles pour le commun des mortels. Nous. Sont pas vraiment des monstres. pas vraiment des esprits non plus, et pas des yokai classiques, ni des démons ou je sais pas quoi. Ils sont juste là, ils existent, ils font partie du monde, ils vivent dans les montagnes, ils sont dans les rivières et les forêts, et ils passent par nos corps, alternent nos rêves, nos souvenirs, et peuvent même parfois être dans les sons ou dans la lumière. Donc quand ces mouchis croisent la vie des humains, ça peut provoquer des phénomènes magnifiques, qui étant poétique ou franchement... Terrible. Des maladies totalement impossibles à comprendre, des enfants qui voient trop de choses, des visages qui disparaissent dans une forme de brouillard, des gens qui entendent le silence, ou des êtres qui perdent quelque chose d'eux-mêmes sans vraiment comprendre quoi. Ginkgo traverse donc le Japon, de village en village, pour observer ces phénomènes, les comprendre, parfois les soigner, parfois simplement accompagner les gens dans ce qui leur arrive. Et c'est important. Ginko, c'est plus un passeur, il vient pas pour tuer les mouchis, il vient pas avec une grosse épée pour éclater les esprits et remettre le monde dans l'ordre, il a pas prévu un beau discours de héros, c'est un gars discret qui a un certain don. Il vient comprendre, essayer de réparer quand c'est possible, et parfois il vient juste constater que la nature est plus grande que le reste, le reste c'est nous, du coup. Pour vous le résumer en vitesse, Mouchichi c'est une série où le fantastique et pas là pour faire du grand spectacle, mais pour parler du vivant, de la relation entre les humains et leur environnement. Et ça comprend la maladie, le deuil, la mémoire, franchement parfois la solitude et surtout le sujet principal, c'est ce qu'on ne voit pas. Et je dois vous avouer un truc, pour moi Mouchichi, c'est une chanson déjà, parce que oui, je suis rentré dedans par l'animé, la saison 1, qui se suffit clairement à elle-même, et je crois bien que ça tient une place particulière dans mon petit Kokoro, parce que ça m'a marqué par son ambiance. Il y a une certaine douceur, une nostalgie aussi, quelque chose entre un Ghibli, pour la contemplation et le rapport à la nature, et un Otomo, alors pas pour le côté grand spectacle, mais plus pour cette sensation. que le réel peut se fissurer et on sait jamais vraiment quand. Je vais parler de la musique avec ce générique-là de Soulfeet Song d'Ali Kerr. Je pense que cette chanson peut me faire pleurer presque à l'instant où elle commence. Pas forcément de tristesse mais parce que elle ouvre une petite porte très précise dans ma mémoire et je remercierai jamais assez la personne qui m'a fait découvrir cet animé et donc cette musique s'est restée en moi comme une des plus belles périodes de ma vie. et m'y replonger me refait toujours le même effet. Oh, je sens que j'ai l'œil brillant. Bref, tout ça pour dire que je ne suis pas complètement objectif en ce qui concerne Mouchichi, mais je pense quand même que si vous êtes un peu sensible, que le contemplatif vous plaît, ou que la nature et le fantastique, ça vous parle, vous devriez entrer dedans assez facilement. Je pense que c'est typiquement le genre d'œuvre qui circule grâce aux bouches à oreilles. Donc, si cet épisode peut jouer ce rôle-là, j'en serais ravi. Avant d'aller plus loin, petit rappel. Si vous aimez Supplément Geek, si vous aimez ces épisodes où on prend le temps de rentrer dans une œuvre, pensez à vous abonner sur votre appli de podcast ou sur YouTube, à mettre un commentaire ou juste à partager l'épisode à quelqu'un qui pourrait aimer. Pas vous mentir, ça m'aiderait beaucoup. Yuki Urushibara, l'autrice de Mushishi, elle est née dans la préfecture de Yamaguchi, au Japon évidemment. Elle est surtout connue pour Mushishi, mais ce n'est pas sa seule œuvre. On peut citer Filament, un recueil d'histoires courtes. Pas dispo en France, comme souvent. Underwater, le village immergé. Là, c'est publié en France chez Kiyun ou encore Flow, publié chez Kana, qui reprend d'une certaine manière ce goût pour les phénomènes étranges, les petites choses bizarres et les personnages qui essayent de vivre avec plutôt que de tout expliquer de manière brutale. En gros, cette autrice, elle ne cherche pas la démonstration. Même dans son coup de crayon, je ne trouve pas que ça crie « Regardez comme je suis virtuose » . Ça ne veut pas dire qu'il n'y a pas une grande maîtrise. Au contraire, elle arrive à être, comme son histoire, sobre, sans fioritures, touchante et sans exagération. Dans Mouchichi, les personnages sont souvent simples, presque effacés par rapport au paysage. Les visages ne sont pas exagérément expressifs, les poses ne sont pas théâtrales, mais les forêts, par contre, ou les chemins, les villages, les ambiances comme la brume, les intérieurs, tout semble ultra vivant. On sent l'humidité, la terre, le froid, le bois, le vent. C'est un manga qui donne presque envie de chuchoter. D'ailleurs, Mushishi a reçu le prix d'excellence au Japan Media Arts Festival en 2003, puis le prix du manga Ausha dans la catégorie générale en 2006. Et je trouve que ce logique est mérité. C'est une œuvre qui a un pied dans le manga de genre, avec du fantastique, du mystère, parfois on s'approche même de l'horreur, mais qui a aussi une dimension littéraire assez forte. Chaque chapitre ressemble à un conte, mais un conte qui aurait mûri dans la forêt, avec plein de mousse dessus, de la pluie et un petit peu de douleur. Alors, résumons un peu plus précisément. Ginko, c'est un mec aux cheveux blancs, avec un sac à dos carré en bois, à l'œil étrange, quasi toujours avec une clope au bec, et ça c'est pas pour rien, il fume du tabac à mouchi qui lui permet de tenir ses entités à distance, parce qu'en fait, il les attire le petit père. Et c'est même une des raisons pour lesquelles il vit sur les routes, parce que rester trop longtemps quelque part pourrait devenir dangereux pour lui comme pour les autres. Donc Ginko, c'est pas un aventurier romantique qui part sur les chemins du Japon par goût de la liberté. C'est pas par conviction ou parce que c'est un gars stylé qui a choisi de pas payer le loyer. En vrai, il a grave subi. C'est un type dont la vie a été traversée par les mouchis, profondément. Il peut les voir, il les comprend mieux que la plupart des gens. mais ce don et aussi une forme de condamnation. Il est utile, oui, et ça, il a décidé de l'être pour le coup, il l'aide les autres, mais il est aussi condamné à vivre comme un vagabond. Et c'est pour ça que le début peut être un petit peu déstabilisant, parce que quand on regarde le premier épisode, on s'attend à revoir les mêmes personnages dans le second. Et ben non ! Il y a quelques personnages, je ne vais pas dire récurrents, mais plutôt qu'on revoit de temps en temps, mais pour la plupart, c'est juste le temps d'un épisode. Ginkgo passe, il arrive dans une vie, il observe un déséquilibre, il essaye d'intervenir, puis il se tire. Et c'est ça aussi qui fait la beauté de la série. On voyage pas au milieu d'une grande intrigue à twist, mais dans des fragments d'existence. Chaque chapitre, ça correspond à une rencontre, à une blessure, à un mystère, et parfois, il y a une guérison, et parfois non. Certains récits sont apaisants, d'autres sont beaucoup plus durs. Mushishi a beau être doux dans son rythme, voire même dans son image, c'est pas une œuvre gentillette du tout. Y'a de la perte, y'a des enfants qui peuvent être touchés par des phénomènes qu'ils ne comprennent pas. ou des adultes prisonniers de leur choix, ou même des villages qui vivent avec des traditions, pas parce qu'ils l'ont choisi ou par conviction, mais parce qu'ils n'ont pas d'autres moyens de tenir face à l'invisible. Comme je le disais, les personnages secondaires sont rarement là longtemps, mais ils comptent. Shinra, par exemple, c'est un jeune garçon capable de donner vie à ses dessins. Je trouve qu'il est marquant, parce qu'il installe un truc qui revient tout le long après. C'est même central, en fait. Dans Mushishi, il y a du merveilleux, beaucoup de merveilleux, mais ça coûte toujours quelque chose. Et il y a Nui aussi, personnage que je décrirais comme essentiel dans le passé de Ginko, qui nous donne une clé de compréhension assez importante sur pourquoi il est comme il est. Mushishi, ça se dévoile discrètement, par petites touches, donc sans tout raconter. Je peux dire quand même que Nui permet de comprendre que Ginko n'est pas seulement un observateur extérieur, il est plus comme une cicatrice ambulante. Son calme, son absence de grand discours, son apparente neutralité, c'est pas du détachement froid. C'est plutôt sa manière de survivre. Et notre faux héros là, Ginko, je le kiffe. Voilà, c'est dit. Il prend jamais trop de place dans les histoires. C'est pas lui qu'on va mettre en lumière. Et je crois que j'ai déjà dit ça, mais je le vois vraiment comme un passeur. Il arrive avec son savoir, avec sa petite boîte, sa fraîche, sa fatigue qu'il porte sur les épaules. Et il écoute. Il est là, donc il pose des questions. Il observe. Il respecte les mouchis, même quand ils sont dangereux, parce que pour lui, le problème, c'est pas qu'ils existent. Le problème, c'est le déséquilibre. Et le fond du manga, qu'on semble avoir toutes et tous oublié, moi le premier, dans la vraie vie je parle, c'est que ça raconte pas un truc du genre « Oulala, mère nature, elle est vraiment trop gentille, les humains, c'est des gros vivants pas beau méchant ! » C'est plutôt que le monde est composé de forces qui nous dépassent et on doit apprendre à vivre avec. C'est très résumé. Mais ça me semble être le cœur de cette œuvre. Les mouchis, ils n'ont pas de morale. Ils ne sont pas là pour nous punir ou nous récompenser. Ils existent. Ils sont là comme une maladie existe, comme une rivière existe, ou comme les saisons existent. C'est parfois injuste, parfois sublime, parfois les deux. Et tout ça, ça doit être aussi visuel, être graphique. Les couvertures déjà, elles disent presque tout. Elles sont trop belles. Douces, un peu passées, souvent une couleur ocre, blanc cassé dans le fond, Ça rappelle des vieux souvenirs retrouvés dans une vieille boîte. Ce genre de sensation, quoi. Ça sent la poussière, mais en même temps, assez joli. Il y a une mélancolie, jusque dans les couleurs et dans la composition. Rien n'est agressif. C'est à l'opposé de ce que fait Dan Dan Dan, en gros. Je prends ça comme exemple parce qu'on en parle juste après. Mais en vrai, donc, Mouchichi, c'est vraiment de l'autre côté du spectre de Dan Avec ses couleurs ultra vives, toujours dans l'action. C'est pop, ça bouge, c'est acidulé. Ben, Mouchichi, c'est posé. C'est calme, c'est lent même, tout en douceur et même sur les cours via de la mélancolie. C'est une invitation à ralentir. A l'intérieur, le trait de Yuki Urushibara peut sembler simple au premier regard, mais il est redoutable dans l'atmosphère. Les décors naturels sont essentiels. Les montagnes, les forêts, l'eau, la neige, les chemins de campagne, tout ça, c'est pas du fond décoratif. C'est plus les personnages principaux que les personnages principaux. Et les humains sont de l'ordre du détail au milieu de tout ça, même si c'est les histoires humaines qu'on va suivre, mais on est clairement relégué à une force minime, ce qu'on est en vrai, je ne vais pas vous faire un cours d'écologie ou même d'histoire, mais voilà, dans Mouchichi, l'humain, il n'est pas le centre du monde, il est juste dedans, je pense que c'est notre cas. Et c'est sans doute pour ça que beaucoup parlent de Mouchichi comme d'une œuvre apaisante, tout en reconnaissant qu'elle peut être profondément triste. Alors je ne vous assure pas que vos yeux ne seront pas un petit peu mouillés, à certains moments, dès le générique. Le rythme lent, le découpage calme, le silence, la manière dont les histoires se referment parfois sans vraiment d'effet dramatique, tout ça donne une impression de sérénité. Et si vous aimez le Japon, alors pas Tokyo ou Osaka, plutôt le côté nature, quelque chose de verdoyant, et bien ça devrait vous parler. Et justement, cette nature, dans ce titre, elle n'est pas forcément protectrice. Elle n'est pas non plus hostile, juste elle est vivante, immense et très ambiguë. C'est magnifique. C'est juste magnifique en fait. Prenez-vous-en plein la gueule. Oui, c'est comme ça que je vais le dire. Au Japon, Mushishi a été reconnu assez tôt, notamment grâce à ses prix. Mais je pense que ce qui a marché, et ce qui a donné du poids à Mushishi, c'est que ça arrive à être un manga fantastique, tout en étant contemplatif, adulte, sensible, et tout ça sans perdre son pouvoir d'étrangeté. On peut faire du surnaturel sans surenchère, ou sans gros combats ultra dynamiques. Ça peut nous faire peur avec un murmure. On peut être marqué, nous, lecteurs, avec une fin douce amère. plutôt qu'avec un gros cliffhanger. Et en France aussi, je pense que ça a un statut un peu particulier. Ce n'est pas le manga que tout le monde a lu, mais c'est souvent le manga que les gens qui l'ont lu gardent bien ancré en mémoire. Ce n'est pas un manga effet de mode, c'est intemporel, et je pense que ça peut traverser les époques sans prendre une ride. Et puis il y a l'anime Mushishi, qui est réalisé par Hiroshi Nagahama au studio Artland. La première saison arrive en 2005-2006 avec 26 épisodes. C'est avec celle-ci que j'ai découvert Amushishi, je pense en 2013. Et vous voyez, 13 ans après, c'est toujours un de mes animés préférés, au point que je voulais en faire un épisode. Et puis en 2014, il y a eu une suite qui commence avec un OAV, L'ombre qui dévore le soleil, je vais en parler un petit peu plus tôt, suivi par la deuxième saison nommée Next Passage, où Zoukouchou en VO, même studio et même réel. Alors, petit problème, En France, la saison 1, elle est nulle part. Elle était dispo au putain temps. C'est plus le cas. Je dirais même que c'est du grand n'importe quoi sur Mouchichi. La première saison, complète, je ne l'ai pas trouvée. Légalement, sur les plateformes françaises en tout cas. De ce que je vois, il y a deux épisodes sur Apple TV. Le 11ème et le 26ème. Bizarre. D'ailleurs, Apple TV, il y a erreur sur le réalisateur. Il faudrait peut-être revoir votre copie. Mais on en reparle plus tard. Puis après, on retrouve l'OAV et la saison 2, aussi bien sur Apple que sur Crunchyroll. Ça n'a aucun sens. Pourquoi la saison 2 et pas l'autre ? Surtout que de mon point de vue, la première saison, c'est la plus importante. Donc si vous avez accès au catalogue japonais, de Amazon par exemple, tant mieux parce que là-bas, c'est vachement plus simple à trouver. Je dis ça, je dis rien. C'est même pas une collaboration commerciale. Et je parle pas du film d'animation Bell Droplets. qui adapte la dernière grande partie du manga et qui n'a tout simplement aucune trace officielle en France. On est mal lotis, faut croire. Bon, je vais quand même vous en dire un chouille plus sur l'animé, parce que honnêtement, c'est une des adaptations les plus évidentes et les plus réussies que j'ai pu voir. Déjà, la musique de Toshio Masuda accompagne le tout avec une délicatesse incroyable. Elle flotte, elle habite les paysages, c'est là sans vraiment être là. Et le générique, je l'ai déjà dit, de Forfeitsong. Dali Care, c'est en anglais déjà, c'est rare, surtout à l'époque, ça l'était encore plus. Et c'est de la folk simple, un peu fragile, qui colle parfaitement à l'ambiance du voyage et à la fatigue. C'est une douce tristesse, en fait. C'est une chanson qui donne l'impression d'avoir cherché quelque chose et marché pendant longtemps. Et pour Mouchichi, c'est parfait. Alors je ne peux pas vous la mettre parce que sinon YouTube va la supprimer. Donc ça ne sert à rien, mais allez l'écouter, elle est magnifique. Visuellement, je trouve que l'animé amplifie ce que le manga suggère déjà. Les paysages prennent une place énorme, la lumière, les sons, les pauses, les mouvements lents, tout participe à cette impression de monde suspendu. La personnalité de Ginko est tout simplement bouleversante, pas plus que les histoires qu'il traverse, mais c'est juste assez pour nous désarçonner. Et les couleurs, les tons, l'ambiance, je vois pas quoi dire en fait, c'est tellement stylé je trouve. Et les mouchis, l'animation leur donne vie et c'est fait avec brio quoi, de toute taille, de toute forme, avec des mouvements qui leur sont propres. des couleurs ou pas, fluides, saccadées, toujours étranges. L'essence du manga pouvait pas être mieux respectée, je pense. Je dirais même que c'est sublimé. Et ce sont pas les seules adaptations, puisqu'il existe aussi un film live réalisé par le seul, l'unique, le grand Katsuhiro Otomo, le papa de Steam Boy et d'Akira, et c'est sorti au Japon en 2007. Et donc, Apple TV, le réalisateur du live action, pas de l'animé, hein ? Donc hop hop hop, on corrige là s'il vous plaît. Mais je vais être honnête avec vous, je ne l'ai pas vu, le film. Et en fait, je ne sais même pas si j'ai spécialement envie de le voir. Peut-être un jour, par curiosité, parce que Otomo sur Mouchichi, forcément, ça m'intrigue. Mais pour moi, le manga, il me suffit. Et l'animé réussit déjà plus que bien l'adaptation, donc je ressens absolument pas le besoin de le regarder, et le trailer ne me donne pas particulièrement envie non plus, ne nous mentons pas. Côté produits dérivés, Mushishi c'est pas une licence ultra envahissante, mais il y a quelques objets intéressants. Il existe notamment un hardbook Mushishi, publié chez Ausha en 2015. Assez logique hein, vu la qualité des couvertures et l'importance des illustrations dans cette oeuvre. Il existe aussi... Un jeu Nintendo DS, sorti au Japon en 2008, Mushishi Amefulu Sato, je crois pas que ce soit sorti officiellement en France, dites-moi si je me trompe en commentaire, et plus récemment, Good Smile Company a sorti une Nendoroïd de Ginko, c'était en 2024, donc ça me dit que Mushishi reste assez présent dans l'esprit des gens, en tout cas assez pour qu'on en fasse encore du match. Bon, y'en a d'autres, mais ça reste assez rare pour que les prix à la revente soient vertigines. Et je dois dire, bah en fait, ça me rassure. que Mushishi ne soit pas une licence saturée de produits. J'aime bien le fait que ça reste un peu rare, un peu discret, comme l'ambiance que cette série dégage, quoi, finalement, et que ce ne soit pas au milieu d'un rayon full néon pour vendre des peluches de Ginko à n'importe qui. Alors pourquoi Mushishi, c'est si important ? En tout cas pour moi ou à mes yeux ? Eh ben parce que c'est une œuvre qui rappelle que le manga peut prendre des milliers de formes, que le fantastique n'a pas besoin d'être ultra spectaculaire pour nous toucher, que la douceur n'empêche pas la gravité, que la lenteur peut être une force. Et puis qu'un personnage principal peut être inoubliable, sans faire de grands discours, sans chercher à être méga cool tout le long du récit, même si bon, disons-le, il est cool quand même. Ginko, c'est un personnage magnifique, parce qu'il écoute plus qu'il ne parle. Et dans les mangas, on ne voit pas ça souvent. Il aide les autres, alors qu'il est parfois impuissant. Il soigne quand il le peut, mais il ne sauve pas toujours, et il comprend que certaines choses doivent être... accepté ou au moins accompagné. En fait, c'est un manga qui rend son personnage principal presque plus réaliste que dans des histoires où il n'y a pas de fantastique, mais où on nous donne un grand héros qui vient sauver le monde. Et franchement, on nous vend souvent la maîtrise totale, le pouvoir, la victoire. Bah là, Mouchichi, ça propose autre chose. L'attention qu'on porte aux autres ou au monde qui nous entoure. C'est beau, hein ? Être attentif, que ce soit aux vivants ou aux choses invisibles. aux douleurs qu'on ne comprend pas toujours, voire même aux équilibres qu'on dérange sans le savoir, ou parce qu'on a décidé de fermer les yeux. Et je pense que c'est pour ça que ça me touche autant, et que je ne suis pas le seul dans ce cas. Cette œuvre, elle parle de phénomènes imaginaires, mais elle raconte des choses très réelles. La maladie, qu'on n'arrive pas toujours à nommer, les blessures, ou les gens qui partent et ceux qui restent. Ah oui, c'est des sujets pas simples. Les souvenirs qui nous hantent, la beauté d'un paysage qui ne se soucie absolument pas de nous, mais qui peut quand même nous consoler. Donc, si vous ne connaissez pas Mouchichi, je vous conseille vraiment d'y aller à votre rythme. Ça ne sert à rien de la binge-watcher, on n'est pas sur une série à twist. Ne lisez pas forcément trois tomes pour avancer, Mouchichi, c'est un truc qui se picore. Un chapitre, un épisode, un tome de temps en temps, c'est presque une tisane. Il se peut que cette tisane contienne un esprit millénaire et vous fasse perdre la mémoire si vous la buvez trop vite. Donc justement... Prenez le temps et appréciez. Et puis si vous connaissez déjà, vous savez probablement de quoi je parle. Vous avez peut-être vous aussi une image, une musique, une couverture, un épisode qui vous revient directement. Dites-le moi en commentaire, qu'est-ce qui vous a le plus plu dans Mouchichi ? Donc pour moi, c'est The Sorfid Song, c'est Ginko qui marche dans la brume, avec plein de mousse autour et ce truc de douceur cruelle. C'est une oeuvre poétique, contemplative, parfois cruelle, comme je viens de le dire. et profondément mélancolique, et parfois, c'est exactement ce dont on a besoin. Et maintenant qu'on a traversé les montagnes avec Ginko, qu'on a écouté les rivières, les silences, les insectes qui n'en sont pas vraiment, on va pouvoir revenir à quelque chose de beaucoup plus explosif avec la dose geek de la semaine. Je vous rappelle le programme. Dan Dadan, tome 16 à 22, Invincible, la quatrième saison, et le tome 9 de Die Dark. Bref, après la poésie des Mushi, retour au mandal, aux aliens, aux enfers cosmiques et aux joyeusetés bien zinzin comme on les aime. On commence cette dose geek avec Dan Dan Dan, les tomes 16 à 22 de Yoki No Butatsu, toujours dispo en France chez Crunchyroll dans la collection Shonen Up. Et le tome 22 est sorti en avril dernier, et là je vais être assez bref, parce que Dan Dan Dan, j'en ai déjà parlé plusieurs fois dans Supplément Geek, mais j'ai enfin rattrapé mon retard, donc j'ai enchaîné les tomes 16 à 22, et je suis officiellement... à jour ! Et je suis un peu triste en vrai, parce que maintenant, l'attente des prochains tomes, elle va être trop longue, et ça m'énerve. Le prochain, c'est le 1er juillet, mais après... C'est quand ? Sur ces tomes-là, on est sur une grosse phase de transition, mais pas dans le mauvais sens du terme. Les tomes 16 à 19 continuent autour de la Malmaudite, une sorte de jeu de plateau maléfiquement maléfique, de Zuma, de Momo et d'une carte enchantée démoniaque, avec toujours ce mélange complètement zigotesque entre action, horreur, humour un peu débile et émotion. Zuma devient un personnage important dans cette partie, on en apprend un petit peu plus sur lui, sur ses partenaires. Les gros bras du lycée qui finalement sont acceptés nulle part, sauf par lui. En fait, il a créé une safe place, presque, pour les gens qui le suivent, pour les gros balours qui font peur mais qui sont tout gentils. Et on en apprend plus aussi sur son passé, mais ça, je ne vais pas en dire trop. Ensuite, à partir du tome 20, ça réinstalle autre chose. Momo se retrouve dans une situation très particulière, presque une version mini-pouce Momo. Et la série commence à glisser vers une nouvelle menace. Une menace plus discrète, plus bizarre, avec ce personnage dont personne n'arrive vraiment à se souvenir et qui cherche à voler les pouvoirs de celles et ceux qui en possèdent. Menace qui était déjà cachée, elle était en fond, on la voyait venir sans trop savoir ce que c'était, et là ça commence à prendre forme. J'en dis pas trop volontairement pour pas vous spoiler, mais je sens que ça peut devenir un vrai méchant, peut-être plus dangereux que ce que nos deux tourtereaux et leur bande ont connu jusqu'ici. Et pour une fois, ce ne sera pas forcément parce qu'il fracasse des trucs, mais plus parce qu'il semble toucher à la mémoire, c'est plus intangible, insidieux. Il y a encore des nouveaux personnages, notamment Zuma et Yukishiro, et je trouve que ça marche toujours aussi bien. C'est assez fou parce que Dan Dan Dan continue d'élargir son casting sans donner l'impression de juste empiler les gens. Les nouveaux venus arrivent avec leurs bizarreries et leurs problèmes, leur pouvoir ou pas, et leur petite tragédie personnelle. Et très vite, ils trouvent leur place dans ce prétendu chaos. Chaos assez bien organisé finalement. En termes de style, on reste sur du dan-da-dan pur jus, ultra dynamique, très drôle, parfois complètement débile, mais capable de devenir touchant tout d'un coup. Mon ressenti, c'est que je ne suis pas surpris. J'aime toujours autant. Après, je dois avouer qu'entre les tomes 16 et 20, j'ai trouvé ça peut-être un peu moins tendu ou moins spectaculaire que la phase précédente. Ça ne veut pas dire que c'est faible, loin de là. C'est juste que ça respire un peu plus, ça reconstruit une dynamique et surtout ça prépare la suite, on recommence un nouveau cycle. Et à partir du moment où la nouvelle menace commence à se dessiner, là je me suis dit, ok, on est peut-être en train d'ouvrir un truc beaucoup plus grand. Je regarde toujours les avis, parfois je suis pas d'accord, mais là en vrai, dans les grandes lignes, je trouve qu'on est assez raccord. J'ai pu lire que même quand l'arc est un peu moins frontal ou moins spectaculaire que la grosse phase précédente autour de Vamola par exemple, Bah, Yoki no Goutatsu arrive à relancer la série avec un nouveau terrain de jeu, de nouveaux personnages et une menace qui change de nature. Manga News, il parle par exemple, à propos du tome 16, d'un rythme explosif et d'un vrai sens du renouveau. Et je suis assez d'accord. Même quand je trouve qu'on est sur une respiration, ça reste du dan dan dan, donc ça avance quand même à une vitesse assez folle. J'ai vu aussi que ça parlait du fait que dan dan dan change tout le temps de type d'aventure et là, on rentre presque dans le jeu de rôle. On n'est pas loin d'un isekai ou d'un survival. Et ça je trouve que c'est assez juste. Dan Dan Dan, ça reste jamais longtemps dans la même forme. Ça commence comme une histoire d'alien et de fantôme, puis ça peut devenir de l'horreur, du kaiju, du mecha, du drame familial, et là, c'est presque de la fantaisie d'aventure. En fait, ça fait un peu ce que Hunter x Hunter faisait à l'époque, mais en 20 fois plus rapide quoi. Donc pour moi, sur ces tomes 16 à 22, c'est toujours un grand oui. Peut-être pas mon arc préféré de la série, mais une très bonne transition, avec un nouveau danger qui m'intrigue beaucoup, des personnages qui fonctionnent encore, et toujours cette impression que Yoki Nobu peut faire n'importe quoi, sauf que son n'importe quoi, bizarrement, tient toujours la route. On continue avec Invincible, la saison 4, et là on change complètement d'énergie, après Dan Dan Dan, même si on reste sur un truc assez costaud qui met des beignes. Pour rappel, Invincible, c'est l'adaptation animée du comics de Robert Kirkman, Corey Walker et Ryan Otley, publié à l'origine chez Image Comics. En France, on le retrouve chez Delcourt, et la série animée dont on parle ici est dispo sur Prime Vidéo. La saison 4 compte 8 épisodes d'une cinquantaine de minutes, diffusés à partir du 18 mars 2026. Je vais essayer de ne pas trop spoiler, mais forcément pour parler de cette saison, il faut remettre un minimum dans le contexte. Déjà de base, on suit Mark Grayson, fils de Omniman, un super-héros d'une autre planète. C'est un viltrumite, mais Mark, sa mère, elle est humaine. Il a toujours vécu sur Terre, et pour ses pouvoirs, il les a eus assez tardivement. Une fois qu'il les a, il se fait appeler Invincible, et commence à traquer les super-vilains ou les menaces intergalactiques avec une équipe de super-héros. Bon, à la fin de la saison précédente, la troisième, Mark sortait d'une période absolument horrible, une guerre avec plein d'autres invincibles, donc des doubles maléfiques, des dégâts énormes sur Terre, une confiance brisée autour de lui et surtout l'affrontement avec Conquest, un autre Viltrumitre, et c'est pour le moins traumatique. Et cette saison 4 repart là-dessus. Mark est toujours invincible, évidemment, mais il n'est pas juste en train de cocher les cases de super-héros. Il doit gérer les conséquences. Ce que les gens pensent de lui, ce qu'il pense de lui-même, Sa relation avec Eve. Avec sa famille, avec Cécile, qui est une sorte de patron de la sécurité mondiale, et avec les Guardians. Et en parallèle, la menace Viltrumite continue de grandir, avec une échelle beaucoup plus cosmique que ce qu'on a pu voir avant. Ce que je trouve fort, c'est que la série continue d'aller très loin dans la violence, mais pas juste pour faire « Oh regardez comme c'est trash ! » Alors oui, c'est saison 4, elle va super loin, c'est trash. Faut les avoir bien accrochés, clairement. Je pense forcément au nouveau combat avec Count Quest. il y en a un autre dans cette saison, mais pas que. C'est sale, c'est brutal, parfois presque trop, enfin, ça peut choquer quoi, moi perso j'aime bien, mais derrière ça, ça aborde aussi de vrais sujets sans tomber dans le pathos. Et c'est là que Invincible reste au-dessus de pas mal de séries super-héroïques actuelles à mes yeux. Parce que ça reste pas en surface. Eve, par exemple, elle combat pas juste des vilains et des gens pas beaux, elle se bat aussi avec elle-même, avec son rapport à ses pouvoirs, qui flanche, clairement. avec ce qu'elle peut faire ou ce qu'elle ne peut pas faire, ce qu'elle veut être et ce qu'elle accepte de porter. Et cette phase est vraiment très cool parce que ça lui donne autre chose qu'un simple rôle de soutien ou de love interest. Et Mark, pareil, lui il essaye clairement de combattre ses démons intérieurs. Il est pris entre ce qu'il aimerait être et ce qu'il a peur de devenir et l'héritage complètement toxique de son père et des viltrumites. Il veut bien faire, mais dans Invincible, bien faire, ça suffit jamais vraiment. Tu peux avoir les meilleures intentions du monde et quand même faire des dégâts monstrueux. Et ça, il ne le supporte pas, Marc. Le petit Marco. C'est coloré, c'est grand spectacle, c'est cosmique, mais ça reste souvent très intime aussi. La série peut passer d'un carnage total à une discussion de couple ou de famille. Et c'est justement là qu'elle est balèze de mon point de vue. Et franchement, comparé à du Marvel ou du DC actuel, surtout Marvel en vrai, je trouve que Invincible, ça va beaucoup plus loin dans les sujets qu'elle traite. pas juste en mode Attention, c'est mature parce qu'il y a du sang. Non, c'est mature parce que les personnages portent vraiment les conséquences de ce qu'ils vivent et ils ont des choix de la vraie vie à prendre. Et encore une fois, ça n'effleure pas le sujet, ça rentre dedans et ça fait aussi mal qu'une grosse patate en pleine gueule, voire même plus. Là aussi, j'ai regardé les avis, par exemple sur Rotten Tomatoes ou ailleurs, et les réserves qu'on peut voir, quand il y en a, ça concerne surtout l'animation. C'est vrai que ça peut désarçonner. Surtout pour un truc aussi adulte et violent, mais c'est peut-être aussi ce qui permet autant de liberté, en vrai. En gros, certains trouvent que la série est inégale visuellement, avec des moments très forts, et d'autres où ça sent un peu l'économie de moyens. Je peux l'entendre, mais pour moi, même quand l'animation n'est pas toujours au niveau, l'écriture, les personnages et l'intensité rattrapent largement le truc. Donc oui, pour moi, cette saison 4 d'Invincible, c'est encore un grand oui. Voilà, c'est trash, c'est violent. c'est parfois dur à regarder, mais c'est jamais juste gratuit. Les personnages prennent cher physiquement, mais aussi émotionnellement, et c'est exactement ce que j'aime dans cette série. Elle peut te montrer un combat complètement dégueulasse, puis derrière, te rappeler que le vrai sujet, c'est pas seulement qui a gagné la bagarre, c'est surtout qu'est-ce qu'on en retire et c'est quoi les conséquences. Et évidemment, maintenant que je suis au bout, ça me rend d'un goût de devoir attendre la suite. La saison 5 est bien confirmée, mais pour l'instant, j'en sais pas plus. Disons que ça avance, que ça devrait arriver plus vite que les premières grosses attentes entre les saisons 1 et 2 par exemple. Et moi j'avoue que je veux la suite maintenant. Et on finit cette dose geek avec Die Dark, le tome 9 de Q Hayashida. C'est publié en France chez Soleil Manga. Le tome 9 est sorti chez nous fin mars 2026. Et Die Dark c'est compliqué à décrire mais c'est super fun. Q Hayashida c'est l'autrice de Doro et Doro. Donc ça vous donne peut-être déjà une image de ce que son cerveau est capable de produire. Et là, on la retrouve sur un autre délire. Pour vous résumer Die Dark un peu plus sérieusement, même si sérieusement et Die Dark, dans la même phrase, c'est déjà bizarre. On suit Zaha Sanko, un ado qui traverse l'espace et qui a un petit problème. Une rumeur dit que ses os peuvent exaucer n'importe quel vœu. Donc forcément, il y a tout l'univers qui veut le tuer, le découper, le désaucer. ou le vendre en pièces détachées. Sympa, dis-moi ! Mais Sanko n'est pas juste une victime qui suit. Il cherche aussi à comprendre qui a lancé cette malédiction, qui a décidé que son squelette devenait le ticket d'or de la galaxie et il veut mettre fin à tout ce bazar. Pour survivre, il a deux-trois stuff, genre la peau des ténèbres, une sorte de manteau vivant, une matière noire qui le protège et lui permet de se castagner avec ceux qui lui cherchent des noises. Il a aussi une hache en os. capable de décharner ses ennemis, et maintenant il a même un fouet qui fait à peu près la même chose, donc en gros, si quelqu'un veut ses os, il risque déjà de perdre les siens. Et en plus, il est assez balèze en vrai, Sanko. Il voyage avec Avakian, depuis super longtemps, son énorme compagnon squelette, son sac à dos, alors c'est pas un hispac ou un gensport, c'est en un seul mot, sac à dos déjà, mais oui, ça fait aussi office de besace ou de paquet chelou. Fakian, c'est à la fois son protecteur, son allié, Presque une figure parentale, mais en version squelette géant de l'espace, évidemment. Il y a aussi Def de la mort, une entité morbide qui mange littéralement la mort des autres. Genre après les massacres, elle récupère des espèces de petits nuages d'âme qui ressemblent presque à de la bouffe. Elle les avale comme ça et elle se nourrit de ça. C'est horrible, mais présenté avec un décalage tellement absurde que ça devient drôle. Et puis il y a Tokar, un scientifique immortel qui rejoint la bande un peu plus tard. Lui vient plutôt du camp... opposé, au départ, lié à la photosphère, cette grande organisation religieuse et lumineuse qui combat les ténèbres, et sans co, il vient des ténèbres, évidemment, sauf que comme souvent chez Kyu Hayashida, personne n'est juste le gentil ou le méchant, donc Tokar a son histoire, ses capacités, ses bizarreries, et il finit par faire partie de cette famille de déglingos. L'univers de Daidark est divisé entre un espace normal et un monde des ténèbres. Alors quand je dis normal, Je veux dire, complètement fou quand même, mais moins que l'autre partie. D'un côté, on a des vaisseaux et des marchands, des robots, des sectes, des colonies, des factions religieuses, des types qui bricolent la vie et la mort. Et de l'autre côté, on a les créatures, des ténèbres, des technologies obscures, des peaux vivantes, des vaisseaux chiens squelettes, et tout un rapport au zoo, à la mort et au corps. Et au milieu de tout ça, il y a Sanko et sa bande qui voyagent à bord de Spectrum. donc justement leur vaisseau vivant chien-squelette, pendant qu'ils cherchent à survivre, à comprendre l'origine de la malédiction de Sanko et à échapper à tous ceux qui veulent mettre la main sur lui. Donc oui, Die Dark, c'est du space opéra, mais passé dans un mixeur avec de la nécromancie, de l'humour noir, des délires religieux, des combats cradingues, des squelettes, des nouilles et des houdonnes, des os magiques et des personnages qui ont l'air sortis d'un cauchemar, mais un cauchemar qui aurait beaucoup trop d'humour. Et dans le tome 9, on avance justement sur tout ça. On visite une partie de l'univers qu'on n'avait encore jamais vraiment vue. On en apprend plus sur Sanko, sur ce qu'il est, sur ce qu'il représente. Et on sent que les menaces autour de lui et des quatre fléaux commencent à se resserrer. Death, Avakian, le Spectrum, Tokar, ils sont tous là, ils le suivent. Et franchement, ils ne vont pas être déçus cette fois-ci. On se rend compte aussi que Box a sûrement beaucoup plus de choses à nous dire que ce qu'on pouvait croire jusque-là. Box, c'est une sorte de vendeur ambulant qui lui vend tout un tas de stuff complètement surréaliste. Et on sent bien que la série commence à resserrer quelque chose. On reste dans le joyeux bordel. Mais il y a une menace qui se précise avec des espèces d'hommes photonucléaires créés par une sorte de savant fou, Viper, lui-même dirigé par une espèce de gourou qui veut absolument mettre la main sur Sanko et ses compagnons. Et là, je trouve qu'on sent qu'on se rapproche d'un moment qui va devenir plus sérieux. en tout cas d'un dénouement plus important. En termes de style, Die Dark, c'est ultra étrange, complètement tordu, c'est fou, sombre, et en même temps presque joyeux. C'est du space-sospéra horrifique, Et débile, mais débile dans le bon sens quoi. Ça fonce, ça découpe, ça rigole, ça invente ses propres règles, puis ça les balance à la poubelle deux secondes plus tard. Et c'est pour ça que j'aime ce titre, parce que c'est surprenant en tout point. On se fiche éperdument des règles, et je trouve que ça va encore plus loin que Dorô et Dorô, le précédent manga de l'autrice donc. Pas forcément en qualité, je suis pas en train de dire que c'est meilleur, mais en liberté pure. Ça oui, c'est encore plus jusqu'au boutiste. Là, par rapport à Mushishi, on est vraiment à l'opposé. Total. Mushishi, c'est lent, contemplatif, doux, silencieux. Daidark, c'est joyeux, mais sombre. C'est violent et léger. C'est dans l'espace, très ténébreux. Et surtout, c'est souvent, on y va et on réfléchira plus tard. Deux styles opposés, mais je kiffe autant les deux. Visuellement, c'est toujours aussi stylé. Kuwayashida a vraiment un univers à elle. C'est barré, c'est loufoque, c'est sale. Mais ça a une identité folle. Les pages couleurs fonctionnent super bien. Parce qu'il y a des pages couleurs. Et les couvertures, franchement... c'est sûrement parmi les plus originales qu'on a vu depuis très longtemps. Et ça va parfaitement avec le contenu, parce que là, j'ai rarement vu ça quand même. En fait, Die Dark, c'est un manga sombre, gore, mais bizarrement drôle et vraiment charmant. Donc voilà, de toute façon, ici, on parle que de ce que j'ai aimé. Donc si c'est là, c'est que c'est bien. Et surtout, au bout de 9 tomes, ça continue d'être fun, visuellement dingue. Et en plus, ça commence à donner un peu plus de poids au mystère autour de Sanko. C'est peut-être pas un manga facile à vendre à tout le monde, ça je vous le concède, mais si vous aimez les univers vraiment bizarres, l'humour noir, les mangas qui n'ont pas peur d'être moches, sales, beaux et débiles à la fois, Die Dark, faut vraiment le tenter. Et voilà mes chers Gikunyus, on a fait le tour d'un manga hyper touchant, poétique et mystérieux, et puis on a fini avec du grand n'importe quoi de l'espace, on pouvait pas faire plus large comme sélection quoi. Nous, on se retrouve la semaine prochaine. Avec un comics indé de Mafia Vodou qui vend une nouvelle substance aux habitants de la Nouvelle Orléans qui leur fait voir les morts. Ou même avant ça, on peut se capter sur Instagram. Et d'ici là, geekez bien vos geekeries ! Bisous bisous !