Speaker #0C'est mystérieux, c'est presque absurde, et en même temps, c'est ce fil rouge qui va tenir toute la série. Mais Samouraï Champloo, c'est pas seulement une quête. C'est surtout un road trip dans un Japon inspiré de l'époque Edo, mais complètement remixé. Y'a tout ce qu'on s'attend à voir, genre des sabres, des ronines, des auberges, des clans, des duels. Mais y'a aussi du rap, des graffitis, du big... box, des mouvements clairement inspirés du breakdance dans les combats et une bande-son hip-hop qui fait partie de l'ADN de la série et ça marche super bien. Bon, je savais déjà que ça pouvait marcher, le Wu-Tang balançait déjà des références aux arts martiaux d'un côté, avec une esthétique souvent japonisante, et les mangas débarquaient en force de l'autre. Alors finalement, voir un samouraï se battre sur du nu-jabès, c'est peut-être moins absurde que ça en a l'air. Et puis, comme je vous l'ai déjà mentionné, Watanabe avait déjà fait Cowboy Bebop. Et là, il mélangeait science-fiction, western et jazz. Et là aussi, ça marchait trop bien. Samurai Champloo mélange le Shambhala, donc le film de sabre japonais, quoi, et la culture hip-hop, la street-ish. Vous voyez les îles tout au sud du Japon, Okinawa ? Là-bas, il y a un mot qui veut littéralement dire « mélange » . Ce mot, c'est Champloo. Et quand les Japonais l'ont retranscrit pour l'international, c'est devenu Champloo. Donc on peut dire que le titre est vraiment très bien choisi. Mélange. C'est littéralement une recette. improbable, tu prends du Japon féodal, tu balances du hip-hop par-dessus, tu ajoutes des personnages cassés mais attachants, un écureuil volant. Parce que oui, il y a Momo, le petit compagnon de fou, et comment ne pas aimer une œuvre avec un écureuil volant ? Et là, on obtient un animé qui a encore aujourd'hui une identité folle, monstrueuse. Il est fort, notre cher Chinichiro. Notre jeune soixantenaire qui vient de Kyoto, entre Cowboy Bebop et Samouraï Chumploo, son CV est bien balèze au type. Mais il ne s'est pas arrêté là, le loustique. Il nous a aussi fait Space Dandy, Kids on the Slop, Carole et Tuesday, et plus récemment, Lazarus. Et il y a surtout... Terror in Resonance, que je vous conseille vraiment si vous aimez les thrillers un peu tendus, beaux, mélancoliques, avec une musique de Yoko Kanno qui fait beaucoup de boulot dans l'ambiance. En plus, c'est pas long, c'est toujours dispo sur Crunchyroll, bref, on y va et on kiffe. Et ça a rien à voir. D'ailleurs, c'est un truc qui revient souvent chez lui. Pensez la musique comme une sorte de moteur de mise en scène. C'est pas on fait l'histoire et après on colle la musique dessus et on habillera comme on peut. Chez Watanabe, la musique fait... carrément partie de l'essence de ces projets. C'est la base. Le studio, lui, c'est Manglobe. Samurai Champloo est l'un de ses premiers grands faits d'armes. Après, ils ont fait Michiko et Hachin, Dead Man Wonderland, qui est bien, mais le manga est incroyable et on en reparlera un jour, ou encore Gangsta. Et puis, ils ont fait Ergo Proxy, surtout. Clivant, je le concède, mais totalement dans mes goûts de Gikunyu. Malheureusement, Manglobe fera faillite en 2015 Une vie relativement courte, mais le studio a laissé quelques titres qui ont marqué pas mal de monde. Et j'en fais partie. Vous voyez la partie animée de Kill Bill aussi ? Bah c'est un certain Kazuto Nakazawa qui l'avait fait. Et il est caractère designer sur Samurai Champloo. Et ça se sent, parce que les personnages ont des silhouettes ultra fortes, immédiatement reconnaissables, avec une classe assez folle, mais sans être trop propre. Mugen a ce côté sauvage, débraillé, presque insolent. Et Jin, tout l'inverse, droit. net, contrôlé. Et Fou apporte un petit truc plus naïf, mais aussi plus lumineux et humain. Et donc, dans la production de cet animé, comme je l'ai déjà dit, il y a la musique. Là, c'est du sérieux, les potes. La bande-son de Samurai Champloo, c'est un monument. On peut citer Fat John, un des rares ricains sur le projet, en vrai, Force of Nature, et Tsuchie, qui, eux, viennent du Japon. Mais c'est surtout Nuchabess qu'on va retenir, parce que c'est celui qui donne le ton. En opening, c'est le titre Battle Cry, donc de Nujabes justement, en fit avec Ching Zero Two. Et Nujabes compose et produit, et Ching Zero Two pose les paroles et le rap. Et ce morceau, il a une aura complètement dingue. Personnellement, je l'écoute encore, il est dans mes playlists. Et je pense que je ne suis pas le seul. Et en vrai, ça a été une porte d'entrée pour moi vers tout un univers musical. Je pense que pour beaucoup de gens, Samurai Champloo a permis de connaître le regretté Nujabes, qui hélas a été victime d'un accident de la route en 2010. Mais ça a aussi donné la part belle au hip-hop japonais, auprès d'un public qui n'y avait pas forcément accès déjà. Et New Jabez existait, il était présent, il avait déjà son univers. Et Samouraï Champloo a clairement aidé son nom et sa musique à voyager beaucoup plus loin. Puis au-delà de lui, on a un truc avec ce son doux, mélancolique, jazzy, qu'on associera plus tard à toute une culture Lofi. Ça, ça se retrouve dans Samouraï Champloo. Et dès que Battle Cry démarre, on sait où on est. On sait qu'on ne va pas regarder un animé de samouraï classique. Bon, parlons un peu de l'histoire. Parce que si vous ne connaissez pas, c'est sûrement ça qui vous intéresse. Et puis si vous connaissez, ça vous donnera peut-être envie de le revoir. En gros, ça commence dans une petite ville où Fu, qui est donc serveuse, fait la rencontre de deux types qui clairement viennent foutre son quotidien en bordel. On a Mugen, le vagabond imprévisible, et Jin, le ronin calme et discipliné. Ça, on a compris. Ça commence assez mal pour eux, hein ? Ils sont à deux doigts de casser leur pipe et ils vont être liés un peu malgré eux. Faut convaincre nos deux combattants de l'accompagner dans une quête bien mystérieusement mystérieuse et tout aussi improbable, retrouver le samouraï qui sent le tournesol. Et de là, notre joli trio, et demi, on n'oublie pas Momo, se lance dans un long voyage à travers le Japon de l'époque Edo. En vrai, ils n'ont pas vraiment de destination, ils ne savent pas où aller, ni même où commencer, et ça peut leur faire péter un câblasse. Et pour couronner le tout, on va dire que leur progression est régulièrement interrompue par toutes sortes de rencontres et de péripéties. Ils croisent des criminels, des artistes, des samouraïs, des marchands, des marginaux, des figures historiques qu'on se fait permis de revisiter et parfois même des situations complètement absurdes qui semblent sortir d'une autre époque. Le fil conducteur s'arrête toujours de retrouver ce fameux mec qui sent le tournesol. Alors attention, phrase toute faite. Mais là, elle fonctionne. Ce qui compte, c'est pas la destination, c'est le voyage. Voilà, je déteste cette phrase. Mais là, je suis obligé d'admettre qu'elles fonctionnent parfaitement. Les trois ont des valises bien chargées, et malgré les prises de bec, malgré le comportement ultra jovial et débordant d'énergie, derrière, c'est des blessures ou des regrets. Et leur périple va leur servir à répondre à certaines de leurs questions. On ne va pas dire qu'ils deviennent amis, mais quand même, ils s'attachent les uns aux autres, ils se défendent, ils combattent, et je pense que le mot qui convient le mieux, ils s'apprivoisent. Ce qui est malin, c'est que Samouraï Champloo utilise la quête de fou comme un moteur, mais pas comme une simple ligne d'arrivée. Le samouraï qui sent le tournesol, c'est ce qui lance le voyage, ce qui donne une direction au trio, ce qui les force à avancer ensemble. Donc Samouraï Champloo raconte une quête, oui, mais surtout la manière dont trois personnes qui n'avaient aucune raison de rester ensemble finissent par être transformées par le chemin qu'elles parcourent. Je l'avais dit, je déteste les citations bateau comme ça, mais là c'est tellement bien fait. que je vois pas quoi dire d'autre que « c'est le chemin qui compte » . Et d'ailleurs, quand je repense à Samurai Jump Blue, je me rends compte que je me souviens finalement assez peu des détails de la quête de fou, surtout la fin. Et je vais pas vous spoiler, parce que bon, c'est quand même pas rien ce final. Par contre, je me souviens des rencontres, des villages, des galères, des engueulades entre Mugen et Jin, de la musique, des couchers de soleil, des tournesols bien évidemment, comme si la série avait réussi à me faire vivre le voyage exactement comme ses personnages. Mugen c'est l'instinct. Il se bat comme il respire, avec une violence presque dansée. Il est désordonné, mais il sait où taper. Le gars est freestyle, il a son propre rythme, alors que Jin, lui, c'est la technique. C'est le sabre, l'école, la maîtrise, le silence, il a tout du Ronin classique, mais la série évite d'en faire juste un cliché du samouraï froid. Il est plus complexe que ça, il a son passé, ses failles et sa solitude. Et Fou, elle sert un peu de col entre ces deux-là. Sans elle, les deux se seraient probablement entretués au bout de cinq minutes. On pourrait croire qu'elle est juste la fille qui accompagne les deux badass. Mais non, c'est elle le cœur de la série. C'est elle qui donne une direction au voyage. C'est elle qui rappelle qu'au milieu des duels, des magouilles, des épisodes complètement barrés, il y a une quête beaucoup plus intime qui se cache. Le fameux samouraï qui sent le tournesol, c'est pas juste un prétexte, c'est un mystère lié à son histoire, à son absence, à ce qu'elle recherche vraiment. Et on a aussi quelques personnages secondaires, plus ou moins sympas. Je pense par exemple à Sarah, la joueuse de Shamisen, aveugle, qui clairement est super cool. Son passage apporte quelque chose de beaucoup plus mélancolique et tragique que ce qu'on avait vu jusque là. Ou encore, on a Kariya Kagetoki, samouraï de renom, qui est finalement l'antagoniste le plus coriace. Et qui a une mission bien précise, qui risque de ne pas plaire à nos amis voyageurs. Mais ça, je ne peux pas vous en dire plus, mes petits potes. et au truc Ce que je trouve dingue, c'est que la série aborde un aspect rarement mis en avant dans la pop culture japonaise, les persécutions des chrétiens sous le shogunat Tokugawa. Parce qu'à partir du XVIIe siècle, le christianisme est interdit et il y a eu de nombreux croyants qui ont été traqués, emprisonnés ou exécutés. Rien que ça. Et bien Samurai Champloo utilise ce contexte historique, réel, pour nourrir certains de ses enjeux narratifs. C'est pas le centre du récit, mais je le note quand même. Il n'y a pas que du graph, des bits. et des combats au sabre, c'est ça que je veux dire. Et la série avance souvent par détour aussi. On pourrait presque croire que les personnages oublient parfois leurs objectifs. Ils tombent sur des villages, des arnaques, des voyous qui sont dangereux. Il y a des épisodes plus drôles, d'autres plus mélancoliques. Mais c'est justement ça, Samurai Champloo. Tout ce qu'on traverse, ça nous construit. Tiens, des phrases toutes faites là, ça m'énerve. Mais bon, c'est aussi pour ça que l'animé garde une sensation très estivale à mes yeux. Moi, quand je pense à Samurai Champloo, Je pense au soleil, aux routes, à la chaleur. Le tournesol, c'est la fleur soleil. Par excellence, alors ça y participe davantage. Et il y a cette impression de liberté, je trouve. Il y a de l'action, bien sûr. Il y a des combats super stylés, parfois violents. Mais je ne trouve pas la série pesante. Au contraire, il y a quelque chose de positif, presque optimiste. Même quand elle parle de solitude, d'injustice ou de passé douloureux, elle garde une énergie super positive. Et visuellement, c'est magnifique. La série a une personnalité graphique très claire. Les cadrages, les couleurs, le montage, les mouvements, les silhouettes. Il y a un petit truc saccadé, mais fluide en même temps. Je ne sais pas trop comment le décrire du coup, mais c'est trop cool. Quelle analyse, c'est trop cool. Les combats sont lisibles, dynamiques. La chorégraphie répond à la musique. Mugen ne se bat pas comme Jin, Jin ne se bat pas comme Mugen. Et ça raconte déjà pas mal de choses sur eux. C'est ce que le public et la critique retiennent souvent. Samurai Champloo, c'est du style. Mais pas du style creux. Le mélange hip-hop et Japon d'Edo aurait pu tourner aux gimmicks ou « regardez comment il est trop cool » . L'univers est cohérent dans son propre délire. La série assume l'anachronisme à fond et ça vient pas nous faire un cours d'histoire propre et tout bien rangé. Finalement, ça prend une période historique, ça l'assemble, ça la remix et puis ça fait des merveilles. Mais au Japon, la série a pas forcément eu l'impact massif qu'on pourrait imaginer. En tout cas, pas au début. Elle a connu une diffusion. compliquée avec une interruption après 17 épisodes, avant que la fin soit diffusée un peu plus tard. A l'époque, les publics hip-hop et anime étaient beaucoup moins mélangés qu'aujourd'hui, en tout cas au Japon. Ça explique pourquoi l'oeuvre a parfois trouvé un écho encore plus fort à l'international, où elle est devenue vite culte. Et en France aussi, elle arrive à une période importante, les années 2000, moment où beaucoup de gens sortent progressivement du trio Beach, Naruto, One Piece. Ou bien sûr, le grand Dragon Ball ou d'autres gros shonen très visibles pour découvrir que l'animation japonaise a une palette beaucoup plus large. Et moi, clairement, ça m'a fait cet effet-là. J'ai dû voir Samurai Champloo autour de 2006. Ça m'a relancé dans l'anime. J'aimais déjà Bleach, j'avais déjà mes portes d'entrée classiques, mais là, j'ai compris qu'il y avait autre chose à chercher, des œuvres plus atypiques. Plus personnels, plus stylisés, des séries qui n'étaient pas forcément tirées d'un manga connu, mais qui avaient une identité de malade. Et on en a eu d'autres, je pense forcément à Afro Samouraï, j'ai d'ailleurs hésité entre les deux pour cet épisode, mais Afro Samouraï sent un peu moins l'été, donc Samouraï Champloo s'est imposé assez naturellement. Et d'ailleurs, tout à l'heure je parlais de Wu-Tang, et bah Afro Samouraï, ça tombe bien, c'est Erza qui faisait l'ABO, qui était vraiment incroyable avec ce titre-là, c'était de la folie ! D'ailleurs, on voit le W du Wu-Tang sur la pochette de l'album soundtrack de Afro Samouraï. La boucle est bouclée. Mais ne vous inquiétez pas, Afro Samouraï finira sûrement par passer dans Supplément Geek à un moment ou à un autre. Ce que j'aime aussi avec Samouraï Champloo, c'est que c'est une œuvre qui vieillit bien. Peut-être parce qu'elle n'a jamais essayé d'être moderne au sens gadget. Elle était déjà un mélange d'époque, de son, de référence. Donc aujourd'hui, elle garde une certaine fraîcheur. Et quand je la regarde encore maintenant, j'ai presque... immédiatement le sourire. Il y a évidemment une pointe de nostalgie parce que je repense à la période où je l'ai découverte. Parce que je me dis qu'aujourd'hui, des œuvres originales comme ça existent encore, bien sûr, mais elles sont parfois noyées dans un flot gigantesque de sorties. On a accès à tout, tout le temps et paradoxalement, c'est parfois plus difficile de sentir qu'un anime est un événement ou qu'il a une vraie identité à part, à lui. Samoura de Champloo, lui, reste identifiable tout de suite. Tu vois Mugen bouger, tu entends Battle Cry, tu sais où tu es. Tu vois Fou, Jin, les tournesols, les chemins poussiéreux, les combats absurdes et stylés, tu sais où tu es. Et c'est pour ça que je pense que c'est un pilier de ma culture pop japonaise. Et je ne dois pas être le seul. Et je ne vais pas parler de la possibilité de l'adaptation live action de Samurai Champloo parce que ça m'a triste de savoir qu'ils veulent faire ça. Ils le font à toutes les sauces, ça m'énerve à chaque nouvelle sauce. C'est pas seulement une série que j'ai aimée, c'est une série qui m'a ouvert une porte. Ça pouvait être un terrain de jeu, un endroit où le Japon féodal rencontre le hip-hop, ou un samouraï peut avoir le rythme d'un danseur, ou une quête intime peut se cacher derrière une succession d'épisodes parfois drôles, parfois tristes, parfois complètement perchés. Et c'est exactement pour ce genre d'œuvres que j'aime faire supplément geek. Parce qu'on peut parler d'un anime, de sabre, mais aussi de musique, d'esthétique, de souvenirs, de découvertes. ou simplement d'une œuvre qui arrive dans ta vie et te fait dire « Ah ouais, en fait, on peut faire ça aussi » . Et ça, c'est vraiment pas rien. Donc si vous avez déjà vu Samouraï Champloo, dites-moi ce que vous en gardez aujourd'hui. Je suis curieux de savoir si, pour vous aussi, ça a été important ou pas. Et même, est-ce que vous l'avez découvert à l'époque ou beaucoup plus tard ? J'ai l'impression qu'il est encore très bien perçu. Et surtout, est-ce que vous aussi, vous avez encore Battle Cry de Nujabes dans vos playlists ? Et si l'épisode vous plaît ? pensez à vous abonner à Supplément Geek, à laisser une note sur votre appli d'écoute ou un commentaire sur YouTube. Ça aide vraiment le podcast à voyager un peu plus loin. Et là, pour un épisode sur Samurai Chomplou, ce serait quand même assez raccord. Bon, on continue le voyage nous aussi et on part sur les traces de la dose geek avec cette semaine Chainsaw Man, le tome 22, Hélène de One Horn et on va commencer tout de suite, très rapidement, avec un petit mot sur la dernière saison de The Boys. Vraiment, je ne vais pas faire long. C'est juste un point pour dire que j'ai pas compris toute la sauce que The Boyz s'est prise dans la tronche. J'ai kiffé le final, j'ai kiffé le combat contre Homelander, sans trop en dire évidemment, mais je pense que c'est exactement à ça que ça devait ressembler. Lamentable, et ça marche grave bien. Alors oui... Il y a eu des reshoots qui se ressentent. Je ne sais pas si c'est en partie à cause de la maladie d'Erin Moriarty, mais franchement, c'était dans le ton de ce que les anciennes saisons nous offraient. Je pense que le gouvernement actuel est peut-être pas assez conscient qu'ils sont tout aussi caricaturaux que ce que montre cette série. Et ça, c'est le plus vertigineux en vrai. C'est pas censé être aussi proche de la réalité, même si c'était un peu le but au départ. Ça restait quand même une satire. Mais là, on est dangereusement proche. Donc si vous n'avez pas vu la saison 5, notamment à cause du retour mitigé que vous auriez pu avoir dans le monde magique des réseaux sociaux, je pense que vous pouvez quand même tenter, parce que finalement, à mes yeux, ce n'est pas aussi dramatique que ce que j'ai eu comme retour. Et si vous voulez juste de la bagarre, achetez une manette et Tekken, ça fera largement l'affaire mes petits lapinous. Je vais vous parler maintenant d'un objet un peu particulier, Elaine de Winehorn. C'est un comics de Tom King au scénario et Bill Kiss, Evely au dessin, le même duo qui nous avait déjà offert Supergirl. Woman of Tomorrow. Autant vous dire que quand j'ai vu leur nom sur la couverture, j'y suis allé avec une certaine confiance. Alors, pas aveugle non plus, n'exagérons rien, parce que King, c'est bien quand il a envie. En France, c'est publié chez Glénat dans une belle édition intégrale sortie le 1er octobre 2025. Oui, j'étais un petit peu en retard. L'histoire nous présente Ellen Cole, une jeune femme qui vient de perdre son petit papounet C.K. Cole, un auteur de romans d'aventure et de fantaisie extrêmement célèbre. Après ce drame, elle est envoyée à Winehorn, l'immense propriété de son grand-papy. Un endroit isolé, vraiment étrange et presque hors du temps. Le récit est raconté à travers deux points de vue. Celui de Hélène, parfois, mais on suit notamment les souvenirs de sa gouvernante qui raconte son histoire à un jeune journaliste venu enquêter sur la vie de C.K. Cole. C'est elle qui narre les trois quarts du temps, je dirais. L'élite. Petit à petit, on découvre l'adolescence d'Hélène. Son rapport compliqué à sa famille, papa a quand même choisi de dire ciao à la vie et c'est Hélène qui l'a retrouvée. Pas très drôle quoi. Mais aussi un univers où la frontière entre la réalité et l'imaginaire devient de plus en plus floue. Les récits fantastiques écrits par son père étaient-ils vraiment de simples histoires ou bien y avait-il quelque chose de plus derrière tout ça ? C'est justement cette ambiguïté qui porte une bonne partie du bouquin d'aujourd'hui. Côté ambiance, on est beaucoup plus proche du conte fantastique que du récit de super-héros. Il y a quelque chose de très romanesque, presque gothique parfois, avec un imaginaire débordant qui rappelle les vieux récits d'aventure et de fantaisie, et surtout visuellement. C'est absolument sublime ! J'y ai vu beaucoup d'influences art nouveau, avec des planches élégantes, très détaillées, qui m'ont parfois rappelé Moucha. Chaque page semble pensée pour être... contempler quelques secondes de plus que nécessaire. Il y a un petit côté fable parfois. Alors pas le jeu vidéo, le comics. Et ça, c'est un compliment. D'ailleurs, c'est probablement ce qui revient le plus souvent dans les critiques que j'ai vues. On s'accorde presque tous à dire que le dessin de Bilkis Evely est exceptionnel. Sur le scénario, les avis sont un peu plus nuancés. Il y en a qui apprécient son hommage à l'imaginaire, au récit pulp, à la fantaisie classique. Et puis d'autres trouvent que l'histoire... passe parfois au second plan derrière la démonstration artistique. Et pour être honnête, je comprends un peu les deux points de vue. L'histoire est sympa, elle se suit facilement, mais elle n'est pas forcément très subtile. Elle avance parfois avec des gros sabots. Pourtant, je lui trouve une forme d'élégance assez étrange, peut-être parce que les dessins portent tellement bien le récit qu'on accepte volontiers de se laisser embarquer. Au final, ce que je retiens surtout d'Hélène de Wynhorn, c'est cette sensation de voyage dans un imaginaire débordant. Une rencontre avec un grand-père farouche, une héroïne qui semble parfois fuir quelque chose sans vraiment savoir quoi, et un monde où on ne sait jamais totalement si on est dans un rêve, un souvenir ou la réalité. Bref, c'est peut-être pas le comics le plus profond que j'ai lu cette année, mais c'est certainement l'un des plus beaux. Et on finit cette dose geek avec Chainsaw Man, le 22ème tome, qui est tout frais puisqu'il est paru le 10 juin 2026 chez Crunchyroll. A chaque nouvelle sortie, je suis de plus en plus impatient. Qu'on nous sorte les tomes 23 et 24 les plus rapidement possible, bordel. J'en ai marre d'attendre. Surtout quand tu sais que la série est finie, quoi. Mais bon, c'est pas le sujet. Enfin, si, un peu, quand même. Parce qu'on sent qu'on s'approche du dénouement. Et en même temps, j'ai plus l'impression qu'on arrive à la fin d'un arc qu'à la fin du manga. Il peut se passer tellement de choses en deux tomes que, bon, rien n'est prévisible à ce stade. Et je me refuse à lire des scans. Je sais pas pourquoi. C'est pas le même plaisir, je pense. Bref, Chainsaw Man, je résume. en vitesse. Denji est un gamin pauvre qui chasse des démons pour survivre et payer les dettes de son défunt papounet. Un jour, il est trahi par son patron et laissé pour mort, sauf qu'il l'avait fait à Miami avec un petit chien orange tronçonneuse, tout choupinouille, Ausha, avec qui il a fusionné. Et depuis, il chasse toujours les démons, mais cette fois pour une organisation bien plus sérieuse. C'est ça le début du premier tome. Depuis... De l'eau a coulé sous les ponts et Denji est retourné sur les bancs de l'école. Mais il chasse toujours les démons et les démons le chassent toujours. À savoir dans ce tome, le démon de la fin est une sorte de clone dégueu de Chainsaw Man. Ah et le démon mort est là aussi. C'est un peu compliqué à expliquer mais en gros, Denji a une nouvelle pote, Yoru ou Asamitaka. Elle a une double identité si je puis dire, ou au moins une double personnalité. Mais dans les deux cas, elle est intéressée ou au moins intriguée. par Denji, et forment un duo depuis quelques chapitres maintenant. Bon bah là, ils sont dans la merde. Y'a des démons à leur trousse, et c'est des démons bien vénères. Ceux que j'ai déjà cités, mais aussi le démon chute qui lui vient d'une peur primaire, donc il est bien costaud. Ça va dans tous les sens, comme d'hab quoi. Je l'ai déjà dit la dernière fois, je le redis ici. C'est rare, mais ça arrive. Tatsuki Fujimoto a rendu son trait plus simple, plus naïf presque, mais aussi plus vif. Donc il devait avoir une raison de le faire, mais je suis pas convaincu. Je préférais les premiers tomes en matière de dessin. Mais je vous rassure, c'est loin d'être catastrophique. C'est vraiment toujours très très très cool, Chainsaw Man. Sinon, j'en parlerai pas. Surtout qu'on a toujours une bien belle tension. Ça va super vite, on va de surprise en surprise, et les personnages prennent cher, ou trahissent, ou disparaissent. Bref, on s'attache, il leur arrive un truc, on sait qu'on doit plus s'attacher, et on retombe dans le piège. Je sais pas comment ça va finir avec Assa, mais voilà, maintenant que je l'aime bien, bah je veux pas qu'elle parte du récit. J'ai refermé le tome avec exactement le même problème que d'habitude. Maintenant, je veux la suite. Et voilà, mes petits Gikunyus, on a fait une bien jolie balade aujourd'hui entre les contrées du Japon des dos, qui sentent le soleil et le tournesol, les tours de héros ensanglantées de The Boys, ou encore les vallées pleines d'étrangeté d'Hélène de Wynhorn, et ce final dans les rues dévastées de... de je sais pas quelle ville, en fait, c'est jamais nommé dans Shensouman. Mais bon, elles ont pris bien cheros ces rues, en tout cas. On se retrouve la semaine prochaine avec un invité, puisqu'on sera le premier mercredi du mois de juillet. Vous savez que le premier mercredi de chaque mois, c'est consacré à un invité. Et on parlera mode et pop culture avec quelqu'un qui s'y connaît mieux que moi en Batman. C'est vous dire qu'il est chaud notre solution. En attendant, mes petits geekouniou, niquez bien vos geekeries. Bisous, bisous !