Speaker #0Non, c'est pas vraiment ça. Ah oui, Lady Snowblood, c'est une histoire de vengeance, mais c'est aussi une traversée d'un Japon qui est en train de se transformer. Et dans ce nouveau Japon, Yuki croise des personnalités puissantes, des criminels, des marginaux, des notables, des hommes rongés par l'argent. souvent très porté sur la chose, si vous voyez ce que je veux dire. Et dans ce monde de pouvoir, on trouve aussi pas mal de lâcheté en vrai. On va dire que Yuki devient presque un révélateur. Dès qu'elle entre dans une pièce, la pourriture morale commence à refaire surface. Et le manga prend parfois une forme assez feuilletonesque. Yuki accepte des contrats, elle enquête, elle arrive à manipuler ses proies, puis elle s'infiltre et enfin, elle frappe. Mais derrière chaque mission, il y a toujours le grand fil rouge, retrouver les survivants du groupe. qui a détruit la vie de sa petite maman, et disons-le, la sienne aussi par ricochet. Ce qui est fascinant, c'est que Yuki n'est pas vraiment présentée comme une héroïne chaleureuse. Plutôt l'inverse. Elle a la flamme de la vengeance, mais elle est hyper froide, précautionneuse et précise. Elle a même un petit truc de spectral. Elle ressemble moins à une justicière classique qu'une malédiction en kimono, quoi. Et dans cette histoire, il y a plein de personnages que je trouve très cool, qui ont leur importance, à commencer par Yuki évidemment, les Dysnoblods elles-mêmes. Et ce serait trop simple de dire qu'elle n'est qu'une tueuse. Sa beauté, son calme, sa maîtrise et son intelligence en font un personnage beaucoup plus trouble de mon point de vue. Il y a un petit quelque chose d'inhumain, presque mythologique. Son parapluie, son sabre, son kimono, son regard, tout participe à créer une iconographie immédiatement reconnaissable. En vrai, quand t'as lu Lady Snowblood, tu peux pas l'oublier. Je dirais même que tu la vois un petit peu partout après. Je pense que si on n'a jamais lu le manga, on peut avoir l'impression de l'avoir déjà croisé quelque part, en tout cas parce que son ADN s'est diffusé dans plein d'œuvres après elle. Évidemment, il y a aussi Sayo, la mère de Yuki, qui clairement, c'est la source tragique du récit. Elle subit l'horreur, puis transforme sa douleur en une sorte de programme de vengeance. Moralement, c'est un personnage très dur à aborder, parce qu'elle transmet à son enfant une vie bien merdique quand même, il faut le dire. Mais dans la logique du récit, elle est aussi une femme privée de tout. Elle n'a plus sa famille, son avenir, sa liberté et même son corps. Donc ce qui l'anime, ce n'est plus vraiment la raison, mais la vengeance qui devient son dernier langage en fait. Et si on parle de Sayo, on doit aussi parler de ses agresseurs. Ils représentent aussi différentes formes de corruption, violence masculine, lâcheté, avidité, abus de pouvoir. Et le manga, il ne cherche pas à les rendre sympathiques, bien au contraire, mais ils font partie d'un monde malade que Yuki va s'occuper de découper, parfois littéralement. Il y a aussi les prisonnières. même si elles ne restent pas longtemps dans l'histoire, elles ont finalement un rôle essentiel. Elles sont les témoins de la mort de Sayo et les premières gardiennes de son dernier souhait. Grâce à elles, on peut se dire que c'est une histoire de femmes. avec un S, c'est au pluriel, broyé par un monde violent, carcéral, masculin dans son fonctionnement, même quand les scènes se passent exclusivement entre femmes. Donc c'est pas un récit sur une femme seule. Les prisonnières sont peut-être secondaires, mais elles donnent à la naissance de Yuki une dimension collective qui ressemble à un rituel. Et puis il y a le maître, le prêtre bouddhiste, qui lui non plus n'est pas forcément le personnage le plus développé, surtout émotionnellement, mais il est... important parce qu'il représente la fabrication de Yuki. C'est pas anodin si j'utilise ce mot, hein, fabrication. Il façonne vraiment Yuki pour qu'elle devienne une guerrière sous couverture. C'est lui qui participe à transformer l'enfant né de la vengeance en véritable arme humaine. Et le manga est rempli de personnages secondaires. On passe par des informateurs, des prostituées, des victimes, des malautrues, des politiciens, bref, plein de personnages. Et même s'ils sont que de passage, ça permet de décrire un Japon très vivant très sale et très politique. L'ambiance de Lady Snowblood, c'est un melting pot assez rare de mon point de vue, puisqu'on y trouve du Shambara, du Gekiga, c'est un récit de vengeance, je pense que là on a bien compris maintenant que c'est un récit de vengeance, mais il y a aussi de l'érotisme noir, du mélodrame, il a un petit quelque chose de conte macabre. Le manga regarde frontalement des sujets lourds, comme la domination masculine, cet héritage morbide, le corps utilisé comme arme, ou comme marchandise, et même en toile de fond, la modernisation du Japon est l'idée d'une justice impossible. Graphiquement, Kamimura est super chaud. Le mec arrive à donner à l'horreur une certaine élégance qui, disons-le, est indécente. Chez lui, le sang peut surgir comme une fleur rouge dans une page de neige, et c'est là que l'œuf peut mettre mal à l'aise, parce qu'elle est belle alors qu'elle raconte des choses abominables. Du côté de l'histoire, Koike est dans son élément un personnage iconique, un objectif. Claire, une progression implacable, mais avec des détours qui enrichissent le monde. Il y a un équilibre entre les contrats que Yuki accomplit, qui montre son côté tueuse, froide et entraîné, et l'empathie créée par sa quête de vengeance. Et réussir à représenter ce Japon de la fin du XIXe siècle, qui est en transition culturelle, en parlant de sa brutalité via des personnages croisés, en fait je trouve ça plutôt costaud. J'ai pas de chiffre de... top ou quoi que ce soit pour appuyer le fait que Lady Snowblood est un manga culte. Après, le succès fait pas tout non plus. Et il y a pas mal d'autres moyens pour se rendre compte que finalement, c'est bien le cas. Donc oui, je le dis, c'est culte. C'est noté, c'est culte. D'abord, par ses auteurs. Notre duo de Kazuo était deux grands noms, on l'a vu précédemment, chacun avec une forte identité. Ils étaient déjà réputés à l'époque de l'apparition du manga, Koike venait de l'école du scénario bien puissant. Il savait faire des personnages moteurs, codifier la violence. Et Kamimura, lui, apportait une certaine grâce graphique, une sensualité, une capacité à faire exister aussi bien les corps que les silences. Ensuite, très vite, il y a eu son adaptation au cinéma. Le film Lady Snowblood, réalisé par Ausha Fujita, avec Meiko Kaji, qui sort en 73. Donc le manga venait de se terminer, enfin de terminer ses deux premières parties. Et je ne vais pas mentir, je ne me souvenais même pas que je l'avais vu. C'est en écrivant cet épisode et en voyant les images que je m'en suis souvenu. Mais bref, j'ai vu passer une note de Criterion. Criterion, c'est une sorte de label de prestige aux Etats-Unis d'Amérique qui décrivait le film comme une œuvre où la vengeance gore est élevée au niveau d'une poésie visuelle. Plutôt sympa comme description, je trouve qu'elle correspond assez bien. Et il y a eu un deuxième film, les Disney Blood Love Song of Vengeance, sorti en 1974. Donc là encore, la même année que la suite du manga. Je trouve ça assez fou. que ce soit aussi rapide. En France, les deux films Ladies No Blood sont sortis en Blu-ray dans une intégrale chez HK Vidéo Métropolitane en 2015. Mais je vous rassure, on avait pu voir quand même les films au cinéma bien avant. Et si on parle de cinéma, tout le monde le sait, ou pas. Mais bien sûr que le personnage de O-Ren dans Kill Bill, interprété par Lucy Liu et inspiré directement de Ladies No Blood, pas le manga pour Tarantino, mais le film, qui lui est directement une adaptation du manga, Là, on a du ricochet. Et si vous avez aimé La mariée en jaune, remontez la piste. Dans la neige, il y a Yuki. Et il y a quelques temps, je vous parlais aussi de l'animé Joran, The Princess of Snow and Blood. Bon, là, c'est pareil. On n'est pas dans la copie, mais l'ombre de Yuki plane vraiment pas loin. Et des œuvres comme ça, qui adaptent, s'inspirent ou utilisent des éléments de ce chef-d'œuvre, il y en a quelques-unes. Déjà, il y a The Princess Blade, en 2001, qui transpose l'idée de l'héroïne vengeresse dans un Japon. alternatif, un petit peu plus futuriste. On peut aussi citer Broken Oath, le film hongkongais de 77, avec Angela Mao, souvent présentée comme une sorte de remake non officiel de Lady Snowblood. Et côté manga, il existe aussi un spin-off, Tales of Lady Snowblood, écrit par Koike lui-même, mais dessiné par Ryoichi Ikigami, donc celui qui a dessiné Crying Freeman. Mais à ma connaissance, c'est pas disponible en français, et c'est très dommage. Parce que putain, qu'est-ce que c'est beau ! Et c'est là qu'on voit l'importance de Lady Snowblood. C'est pas seulement une œuvre culte, parce qu'elle est vieille, belle ou violente, c'est une œuvre culte parce qu'elle a fabriqué une image. Évidemment ! Tout ne vient pas de Lady Snowblood, c'est pas ce que je dis. La femme vengeresse existait avant Yuki, le récit de vengeance existait avant Yuki, le sabre existait avant Yuki, mais Koike et Kamimura ont cristallisé tout ça dans une forme tellement forte. Cette femme en kimono, le regard froid, la lame cachée, le blanc de la neige et le rouge du sang forcément, visuellement, ça devient presque un langage. T'as même plus besoin d'expliquer, tu vois l'image, c'est bon, tu comprends le mythe. pas directement Lady Snowblood, on peut parfois sentir son fantôme dans un petit coin de l'image. Donc Yuki n'est pas juste une héroïne badass, elle est beaucoup plus triste que ça, beaucoup plus inquiétante aussi, et c'est peut-être pour ça qu'elle marque autant. Parce que derrière l'icône pop, derrière le kimono et le sabre, et puis le parapluie surtout, il y a une idée beaucoup plus sombre, une femme à qui on a retiré la possibilité d'avoir une vie normale, et qui devient la conséquence vivante de la violence des autres. Et pour moi, c'est ça la vraie importance du manga. Yuki n'est pas seulement restée dans ses pages, elle a circulé dans le cinéma, dans l'animation, dans la pop culture, et elle continue de hanter les héroïnes de vengeance encore aujourd'hui. Tout ça pour dire que Yuki a continué de vivre au-delà de l'œuvre dessinée par Kamimura et de ce titre que beaucoup considèrent comme un des piliers du manga moderne. Vous aurez compris, Lady Snowblood, c'est pas juste moi qui trouve ça génial. Au fond, c'est l'histoire d'une femme qui n'a... presque jamais eu le droit d'être vraiment une personne. Elle est d'abord le dernier vœu de sa mère, ensuite, c'est une arme, et encore après, une légende. Et c'est justement ce qui rend le manga aussi fascinant. Yuki traverse le récit comme un fantôme magnifique, mais derrière la beauté du trait, derrière le kimono et derrière la neige, il y a une tragédie absolue. Kazuo Koike construit une mécanique de vengeance implacable, et Kazuo Kamimura transforme cette mécanique en estampe sanglante. Ensemble, ils signent une œuvre dure, élégante, excessive, parfois inconfortable, mais impossible à oublier et qui a laissé une trace de sang indélébile dans l'univers de la pop culture. Avant de passer à notre dose geek de la semaine, et si l'épisode vous a donné envie de lire le manga, de revoir le film avec Meiko Kaji ou simplement de vous méfier des parapluies trop élégants, pensez à vous abonner à Supplément Geek, à laisser une note, un petit commentaire, à partager l'épisode à quelqu'un qui aime les histoires de vengeance, les mangas patrimoniaux Merci. ou les héroïnes qui n'ont clairement pas besoin qu'on leur tienne la porte. Allez, on passe à mes lectures de la semaine, celles que je garde parce que j'ai eu des belles bouses ces derniers temps, mais celles-ci, on n'en parlera pas. Et on commence avec Le Garçon et le Dragon, un one-shot signé Hidonaka au scénario et au dessin. Le manga a été pré-publié au Japon entre 2022 et 2023 sur le site de l'éditeur Pi International. Si j'ai bien compris, c'est le premier manga professionnel d'Hidonaka. En France, c'est publié chez Doki Doki. Grand format avec 336 pages. La sortie était d'abord annoncée pour novembre 2025, mais a été repoussée au 3 décembre 2025 à cause d'un petit problème d'impression. Shitaro, un jeune collégien, manque de se noyer dans un lac d'un sanctuaire et se réveille sur un des bancs alentours. Il n'a pas vraiment de souvenirs en tête et se retrouve face à Yamabuki, un dragon qui pensait avoir en face de lui sa fiancée, celle qu'il attend depuis des siècles au fin fond de cette eau. Les deux sont seuls. paumer chacun à leur manière et vont vivre ensemble une journée un petit peu hors du temps. C'est une rencontre fantastique, mais surtout très humaine, où il est question de solitude, d'amour, de souvenirs, de blessures. Et finalement, est-ce qu'on peut réparer un cœur brisé ? Et quand je dis brisé, je veux dire, il est en miettes le cœur, là. On a bien marché dessus, on a tout écrasé comme ça. C'est pas beau à voir. En vrai, ça fait très enfantin en premier regard, mais il y a une certaine violence dans le fond. Plus on avance, plus on voit les failles des personnages, leurs blessures et leurs peurs. Faut les avoir bien accrochés pour pas sombrer dans la déprime, si vous voulez mon avis. Niveau style et ambiance, on est sur du conte fantastique doux amer. C'est grand, c'est aéré, avec des belles cases, peu de dialogue et une ambiance très sensible. Le dragon n'est pas là pour faire dans l'épique, c'est tout l'inverse de l'héroïque fantasy. Il est là pour porter de l'émotion, du merveilleux et une bonne grosse dose de mélancolie. Et les retours que j'ai vus vont souvent dans le même sens. C'est beau, touchant, très soigné graphiquement. Je suis allé voir ce qu'en disent Manga News, par exemple, et ils soulignent notamment le design expressif de Yamabuki, c'est vrai. Les décors travaillés, c'est vrai aussi. Les belles pleines pages, oui, je suis d'accord. Et ils parlent d'un compte attachant et facilement touchant. Bah, ils ont tout raison. Et moi, je confirme, c'est un très bon manga. C'est un one-shot facile, dans le sens où ça se lit très vite. Faut pas se fier à la taille du bousin. C'est un gros volume, juste d'apparence, mais il y a des grandes cases, peu de texte. Donc ça file assez vite. Par contre, vous allez peut-être rester longtemps sur certaines cases. Déjà parce que c'est beau, c'est vraiment très joli. Et surtout parce qu'il faudra essuyer les petites larmes qui coulent sur vos joues. Donc merci Ramzy, parce que c'est lui qui en parlait pendant l'épisode à la Casamanga. Et clairement, je bien fais de l'écouter. Ensuite, on part chez Marvel avec Carnage, le tome 2, Descente aux Enfers. C'est le Carnage de Ramvy, Carnage 2022. C'est publié en France chez Marvel Panini Comics. avec une sortie VF le 23 août 2023, et là aussi ça faisait longtemps que c'était dans ma pile à lire. L'album fait 160 pages et contient les épisodes carnage 6 à 12. Retenez bien, c'est important pour la suite. Côté auteur, on retrouve Ramvi et Alex Pagnadel au scénario, Roger Antonio et Francesco Mana au dessin, et Eric Arciniega aux couleurs. J'avais pas mal apprécié le premier tome, je vous l'avais dit ici même, c'est pour ça que je parle du deuxième, même s'il est un petit peu en dessous en vrai. Alors je remets du contexte. Après avoir été séparé de son hôte Cletus Cassidy, notre ami le symbiote Carnage poursuit sa quête de pouvoir absolu. Il est accompagné par l'artiste, un tueur en série, et descend jusqu'à Hell, l'enfer Asgardien, pour traquer Malekis, le maudit. Ça fait rêver jusque là. En parallèle, on a l'inspecteur John Shade, hanté par la voix de Cassidy, qui tente de les devancer. Et forcément, comme on est chez Marvel, ça ne concerne pas seulement Carnage. Ça commence aussi à tirer les fils du côté de Venom et Eddie Brock. On aperçoit même un certain Spider-Man le temps d'une page. Sur le papier, l'ambiance est ultra prometteuse, symbiote. Enfer Asgardien, tueur en série, Malekis, quête de pouvoir absolu. On est sur du Marvel horrifique, poisseux, mythologique, avec un carnage qui veut devenir plus qu'un simple monstre tout rouge qui découpe des gens. Et le pitch est vendu comme une odyssée sanglante et ambitieuse vers le pouvoir. absolu, mais mon ressenti, lui, est beaucoup plus mitigé. Je ne vais pas faire trop long, pour moi, c'est un pétard mouillé. Et c'est dommage parce que ça partait super bien. Ça allait vers l'épique, ça promettait des combats contre des dieux, des puissances gigantesques, des trucs beaucoup trop grands pour être raisonnables, et finalement, beaucoup de choses sont éludées. On te fait miroiter des affrontements énormes, mais soit ça passe trop vite, soit on ne les voit pas vraiment, soit ça n'a pas l'impact attendu, et tout ça pour arriver à une fin qui, pour moi, n'en est pas vraiment une. Et le pire, c'est que je savais même pas clairement quel titre il fallait lire pour avoir la suite. Suite que j'ai envie de lire en plus. Donc quelque part, ils ont gagné. Mais c'est justement ça qui m'agace un petit peu. C'est souvent ce qui me fatigue en vrai chez Marvel. Les continuités sont parfois mal foutues, c'est pas clair. Ou en tout cas, c'est pas pensé pour quelqu'un qui veut juste lire une histoire tranquillement, sans sortir un foutu tableau Excel, trois crossovers... deux guides de lecture, et taper dans le fin fond de son portefeuille pour avoir enfin une histoire terminée. Bref, tout n'est pas nul, c'est bien ce qui me fatigue finalement, c'est bien ce qui me frustre. Carnage sans son hôte se débrouille bien, enfin sans son hôte, il est jamais si loin finalement, et justement, quand on aperçoit Cassady, c'est assez stylé. J'en dis pas trop, mais l'utilisation de cette maison, une sorte de labyrinthe lié à lui là, c'est vraiment très cool. Visuellement, il y a des choses très intéressantes aussi, le côté symbiote. organique fonctionne vraiment bien et l'ambiance infernale a grave du potentiel. Mais voilà, une fin qui n'en est pas une, je trouve ça relou. On nous l'a vendu comme fini en deux tomes à la base. Et les mecs, finalement, ils ont fait du Marvel Marveléen. Pour avoir la suite de Carnage, il faut lire Carnage règne. Sauf que Carnage règne, c'est pas juste Carnage issue 13 et 14, c'est un crossover avec Miles Morales, Spider-Man et Red Goblin. Donc techniquement, l'album contient tout l'event. Mais si, comme moi, vous n'avez pas suivi Miles ou Red Goblin juste avant, vous risquez quand même d'avoir l'impression d'arriver au milieu d'une soirée où vous êtes le plus un de la connaissance du cousin du gardien de l'immeuble. Tant dire que personne ne vous connaît et que vous êtes un peu perdu. Et vous le savez, ici, je ne parle que de choses que j'ai aimées. Ça ne m'empêche pas d'être critique, au contraire, puisque si je n'aime pas, je n'en parle pas. Mais là, oui, je dois dire que j'ai kiffé le lire. Et c'est ça qui est énervant. Ce que je trouve frustrant, c'est que ce n'est pas illogique éditorialement. Mais niveau confort de lecture, on repassera quoi. Moi, je voulais juste finir mon histoire de carnage par remplir un dossier administratif pour comprendre quelle symbiote a rendez-vous avec quel Spider-Man. Je m'en fous. C'est encore un beau petit exemple de capitalisme en comics qui te pousse à faire tes trous dans tes poches. Bref, c'était quand même un peu bien, mais je ne vais pas lire la fin et ça, c'est un peu triste. Et enfin, je continue mon rattrapage de Dan Dadan. Tous les cinq tomes, je fais un point et là, je me suis fait les numéros 11 à 15. Dan Dan Dan, c'est le manga de Yoki Nobu Tatsu, publié au Japon chez Shueisha, de toute façon ils ont tout, sur Shonen Jump Plus et en France chez Crunchyroll. Je vais être encore rapide, j'ai parlé plusieurs fois de Dan Si vous connaissez pas, je vous renvoie directement vers mes autres épisodes, audio-vidéo, où j'ai fait des gros résumés à chaque fois. Rapidement donc cette fois-ci, on suit Momo Ayase et Ken Takakura, surnommé Okanen. Elle croit en fantômes, lui croit aux extraterrestres. Pour se prouver mutuellement qu'ils ont raison, ils partent chacun vérifier les croyances de l'autre. Et oh ! Évidemment, les deux avaient raison. À partir de là, leur vie devient un joyeux bordel entre aliens, esprit, malédiction, pouvoir psychique, baston absurde, romance adolescente et yokai complètement tordus. Sur les tomes 11 à 15, on est dans une grosse montée en puissance. Le tome 11 démarre avec Momo attaqué sur son lieu de travail. les extraterrestres qui ciblent le groupe La Petite Nouvelle, Vamola est soupçonné de les avoir aidés, un méchant esprit très moche et qui fait peur, Reiko, Kashima n'arrêtent pas de rôder et les amis de Momo sont retrouvés gravement blessés. Niveau style et ambiance, Dan Dan Dan c'est du chaos maîtrisé, ça peut être drôle, romantique, horrifique, épique et complètement débile dans le même chapitre, mais derrière le grand n'importe quoi, il y a un vrai cœur, le groupe et les liens qu'ils entretiennent. C'est tendre, parfois avec des traumas, il y a une vraie énergie shonen qui donne envie de tourner les pages comme un possédé. Et moi, sur ces tomes 11 à 15, je suis de plus en plus fan. Plus je lis Dan Dan Dan, plus j'aime Là, on creuse notamment Vamola, et ça c'est vraiment cool, parce que la série ne rajoute pas juste un nouveau personnage pour faire joli dans le groupe. Il y a une vraie histoire derrière, une vraie émotion, et ça donne encore plus de poids à l'ensemble. Dans le dernier tome de cette salve, Il y a aussi une autre figure qui prend plus d'importance. On l'avait déjà croisée, mais là elle commence vraiment à exister davantage, et c'est la déléguée de classe. Vraiment un personnage ultra secondaire de base. Et son histoire est assez touchante. Même si évidemment, ça reste complètement barré, parce qu'on est dans Dan Dan Dan, et pas dans Plus Belle la Vie. Visuellement, c'est toujours aussi stylé, et dans ces 5 tomes, il y a clairement une montée en puissance phénoménale, avec un climax dark complètement monstrueux. J'en dis pas trop, mais c'est une vraie scène de bataille épique, assez longue, avec une très bonne tension. Le côté petite romance entre nos deux héros continue aussi d'apporter une légèreté qui balance bien avec le reste. Je fais une petite respiration. Ça peut partir dans des combats énormes, des aliens, des yokai, des plans complètement absurdes, et d'un coup, il y a un regard, une gêne, une petite tendresse, et ça remet du cœur dans la machine. Je pense que la prochaine fois que je parlerai de Dandanan, ce sera pour les tomes 16 à 22, donc j'aurai rattrapé tout mon retard. Enfin sur cette série, parce que j'ai une pile à lire qui est haute comme un immeuble. Et voilà pour la dose geek de la semaine. Donc le garçon et le dragon, très belle surprise, rapide à lire, mais... pas rapide à digérer émotionnellement. Carnage, tome 2, une belle promesse, mais pour moi une fin frustrante et un petit goût de achète encore un autre bouquin pour comprendre la suite. Mais ça reste quand même assez cool à lire et le symbiote, bah, j'adore. Ils sont dans mon cœur, les symbiotes. Et Dan Dan Dan, je suis de plus en plus accro et ces tomes 11 à 15 confirment que la série est un énorme bordel, mais un bordel tenu par quelqu'un qui sait exactement ce qu'il fait. Et nous, on se retrouve très vite dans Supplément Geek. pour continuer à parler manga, comics, cinéma, pop culture. La semaine prochaine, on visitera un établissement spécialisé dans les cas les plus dangereux de la médecine psychiatrique en compagnie d'un certain Bruce. Si vous avez une idée de notre destination, hop là, dans les commentaires. D'ici là, prenez soin de vous, méfiez-vous des parapluies trop élégants et surtout, guickez bien vos guicris. Ciao ! Baby.