Speaker #0qui a décidé qu'un mec masqué qui sort la nuit pour casser des bouches, c'était forcément le gentil de l'histoire. Bon, c'est peut-être nous, collectivement, qui l'avons accepté, effectivement. Et oui, on aime bien ça. Mais on aime bien aussi quand Alan Moore leur donne le mauvais rôle. On adore, même. Salut mes petits guicounious ! Cette semaine, on part dans une Amérique alternative. En pleine guerre froide, avec des anciens justiciers à la retraite, Nixon y est toujours président, il y a une menace nucléaire imminente, et c'est un grand monsieur tout bleu qui se promène le zizi à l'air qui nous fait la visite. Aujourd'hui dans Supplément Geek, on va parler de Watchmen. Et comme toujours, à la fin de l'épisode, retrouvez la dose geek avec cette semaine un petit comics VO 1D, Of The Earth, et les deux premières saisons de Wistoria. Wand and Sword, mais avant ça, on retourne chez nos super, pas si super. Et le point de départ, c'est la mort d'un certain Edward Blake, alias le comédien, retrouvé écrasé au pied de son immeuble après avoir été jeté par la fenêtre. Rorschach, qui contrairement à ce que son nom annonce, n'a clairement pas profité de sa retraite pour commencer une thérapie, pense que quelqu'un élimine les anciens héros. C'est quand même dommage. Il va donc retrouver ses anciens collègues. et tirer sur un fil qui va l'emmener vers un complot beaucoup plus gros. Gros comme ça. Watchmen est publié par DC Comics en 12 épisodes entre septembre 86 et octobre 87. Donc c'est bien un comics DC, mais sans vraiment de lettres. On en reparle plus tard. En France, la première publication commence chez Zenda, que je ne connaissais absolument pas avant d'écrire cet épisode, en septembre 1987, sous le titre Les Gardiens. avec une traduction de Jean-Patrick Manchette. L'histoire sort d'abord en 6 albums, puis l'intégrale en 92. L'édition d'Urban Comics est publiée pour la première fois le 20 janvier 2012 et reprend cette même traduction de M. Manchette. Petite précision sympathico-sympa, dans le comics, il n'y a pas vraiment d'équipe appelée Watchmen. On a eu les Minutemen, puis une tentative de création des Vigilants, ou Crime Busters en VO, mais Watchmen, C'est surtout le titre et je pense que ça appuie surtout sur qui surveille ceux qui nous surveillent. C'est la grande question du comics. Et dans ce comics au scénario, on trouve donc Alan Moore. Là, on touche quand même à un grand nom du comics. Donc, je ne vais pas vous refaire toute sa bibliographie. Mais il y a quand même V for Vendetta, From Hell, La Ligue des Gentlemen Extraordinaire, Batman de Killing Joke, quand même incroyable. Et un passage très remarqué. sur Swamp Thing, la créature du marais, mes versions d'ici. On va dire qu'aujourd'hui, Moore s'est largement éloigné des comics et se consacre surtout à la littérature. Son truc le plus récent, c'est I Hear a New World, le deuxième roman de sa série, Long London, publié assez récemment, au moment où je vous parle, le 21 mai 2026. Donc le monsieur, il continue d'écrire des trucs assez costauds, des trucs étranges. Mais par contre, il a enlevé les illustrations qui nous plaisaient tant. En tout cas, il n'y a plus de petites bulles et des cases. Je n'ai jamais lu un seul de ses romans, donc je ne peux pas juger de son travail. Mais si c'est aussi cool que ses scénars dans le comics, ça ne doit pas être trop mal en vrai. Et je pense que pour lui, vérifier sur absolument rien du tout, c'est juste mon interprétation. Mais ça doit être plus confortable. Il ne doit pas attendre que le dessinateur et l'encreur fassent leur part pour voir son travail sortir dans les librairies en fait. Mais bon. Pour Watchmen, Alan Moore ne fait pas que déposer le scénario sur le bureau d'un dessinateur. Il confie son projet à Dave Gibbons, qui dessine, encre et assure aussi le lettrage. Son travail est hyper important, tellement important qu'on imagine difficilement cette histoire avec quelqu'un d'autre. Important et imposant. Parce que Watchmen, c'est un sacré morceau quand même. Gibbons, il a co-créé Rock Trooper, travaillé sur Green Lantern, Superman. et même Doctor Who. Puis, il va réaliser Martha Washington avec un certain Frank Miller et son propre roman graphique, The Originals. Mais surtout, il vient de 2000 AD, un magazine comics britannique, et notre cher Alan a rejoint le bateau de 2000 AD en 1980, tandis que Guy Bones était présent dès le premier numéro en 77. Et nos deux pépères avaient même déjà travaillé ensemble sur quelques histoires courtes, dont Chronocops, et pas chronopost, ça n'a rien à voir dans ce fameux magazine. Donc avant Watchmen, ils avaient déjà eu une expérience ensemble. Et il faut absolument citer John Higgins. aux couleurs sur Watchmen. Parce que Watchmen, c'est aussi cette palette de jaune un peu crado. Il y a du violet, du vert, des oranges aussi un petit peu cracras. Et tout ça, ça participe pas mal à l'ambiance quand même un peu dégueu du comics. Comics qui s'éloignent clairement des couleurs primaires du super-héros classique. Et tant mieux, ça participe énormément à l'identité de notre bouquin. Et maintenant, Higgins, je trouve l'info méga surprenante, donc je vous la partage. Et je pense que vous n'êtes pas prêts pour ce que je vais vous dire. Avant Watchmen, il a bossé sur un projet mais improbable. Je ne pense pas que vous en ayez déjà entendu parler. Ça s'appelle 2080. Mon mou avait déjà travaillé séparément avec Gibbons et avec Higgins. Mais à ma connaissance, Watchmen, ça reste quand même le premier projet qui réunit vraiment nos trois petits douce-tics sur le même projet. Mais sans ce mag, on n'aurait sûrement pas eu le droit à ce chef-d'œuvre. ou alors complètement différemment, ça ne va peut-être pas marcher de la même manière. A l'origine, Moore et Gibbons devaient utiliser des héros de Charlton Comics. Ce n'est pas très connu, Charlton Comics, et pourtant, vous connaissez certains de ces héros. Charlton Comics, c'est une autre vieille maison d'édition qui n'existe donc plus aujourd'hui. Ça n'existe plus depuis des lustres et des lustres. Et c'était donc DC qui avait récupéré des personnages. Et vous en connaissez sûrement, comme je viens de vous dire, qui ont depuis rejoint effectivement le casting de DC. Mais comme l'histoire risquait, à de les abîmer, assez sérieusement, avec des histoires de meurtres, des traumatismes, et des petits kikis tout bleus. Finalement, ils ont créé leur propre personnage. Donc en fait, dans Watchmen, on aurait pu avoir Captain Atom à la place de Doctor Manhattan, The Question à la place de Rorschach, Blue Beetle pour le hibou, et Peacemaker pour le comédien. C'est vous dire que c'était vraiment des personnages relativement connus de DC aujourd'hui. Et tout de suite, c'est plus le même comics en fait. Et surtout, heureusement que DC a refusé, Parce que je ne suis pas certain que notre petit peacemaker aurait vraiment apprécié ce qui arrive aux comédiens dans les premières pages. Mais bon, heureusement, ils ont fait le choix de créer leur propre personnage et ça ne rend l'histoire que plus intéressante. On est en 85, mais pas exactement dans notre 85. Les justiciers masqués sont apparus depuis les années 30. Puis le docteur Manhattan, seul personnage doté de véritable pouvoir, a changé l'équilibre mondial. Et oui, c'est des super héros dans Watchmen. Mais ils ne volent pas, ils n'ont pas une super force, pas de toile d'araignée ou de transformation impressionnante. Et ils n'ont pas des yeux qui font des lasers. Au mieux, ils sont très intelligents. Je pense à Ozymandias, qui est peut-être le second où on peut se poser la question de s'il a des super pouvoirs, parce qu'il a un cerveau vraiment hors du commun. Bref, les États-Unis ont gagné la guerre du Vietnam grâce au docteur Manhattan. Et Nixon est toujours président. Troisième mandat, pépère. Oui, on est en 85, on n'oublie pas, donc c'est toujours Nixon. Les héros, eux, ne sont plus vraiment les bienvenus. Il y a une nouvelle loi, la loi Keen, qui interdit les activités de justicier, sauf pour certains qui travailleraient directement avec le gouvernement, comme le comédien et donc le docteur Manhattan. Et là, on apprend que le comédien est assassiné. Errorchak est persuadé qu'un tueur de masques rôde autour de son petit groupe d'anciens héros. Il va prévenir un certain Dan Dreberg, alias... le second hibou, Laurie Jaspizik, alors excusez-moi, je ne me rappelle pas vraiment comment on le prononce, qui est donc le second spectre soyeux, et le docteur Manhattan, et Adrian Veit, anciennement Ozymandias, le gros cerveau. Évidemment, personne ne croit Rorschach, le mec, il mange des haricots froids dans la boîte, il voit des complots un peu partout, ce n'est pas à lui qu'on va faire confiance. Bon finalement, il avait raison, pépère, mais... Ça n'aide pas à prendre ces théories vraiment au sérieux. Peu après, l'omnipotent docteur Manhattan est accusé d'avoir provoqué des cancers chez plusieurs personnes qu'il côtoie. Et donc, le grand héros, le seul être suprême de notre planète, quitte la Terre et part s'isoler sur Mars. Et du coup, il n'est plus là, la guerre atomique paraît de plus en plus proche, puisque sans le grand navire tout bleu pour protéger les États-Unis, l'Union soviétique... se dit que c'est le moment de taper. En parallèle, toujours notre petit Rorschach, il est piégé pour le meurtre d'un certain Moloch, un ancien criminel, puis il est envoyé en prison. Pas cool. Le hibou et le spectre soyeux, vraiment ce nom je ne le comprendrai jamais, pour moi c'est un fantôme en velours, spectre soyeux, donc bref. Ils reprennent donc leur costume, puis ils trouvent que c'est quand même vachement cool de jouer au super détective avec une cape. On se sent plus vivant. Je vous dis pas. où leur enquête va les mener. Je ne vous dis pas qui a tué le comédien, je ne vous dis pas si les Russes balancent une bombe nucléaire, mais par contre ce que je vous dis, c'est que contrairement à la fin du film, Il y a une attaque gigantesque au cœur de New York avec une sorte de kaiju calamar géant qui traverse les immeubles et provoque un massacre absolument colossal. En vrai, c'est difficile de ne pas vous parler des enjeux sans faire de spoil, mais je vais dire un truc très simplifié. Vous comprendrez peut-être si vous lisez le bouquin, je trouve que c'est bien plus probant que dans le film. Parfois, celui qu'on prend pour le méchant, tout aussi chaotique que soient ses plans, a une idée en tête qui peut emmener jusqu'à la paix. s'est fait un peu plus finement qu'avec Thanos. Mais parfois, il suffit d'un peu d'encre et de papier pour mettre à mal cette paix nouvelle. Je vais quand même vous présenter les principaux personnages. Rorschach, déjà. Là, je vais être assez original, je pense, puisque je me démarque, à mon avis, en disant que c'est mon personnage préféré. Comme environ 90% des gens qui ont lu Watchmen, chiffre entièrement calculé par l'Institut du Doigt Mouillé. 90-91%, c'est ça. Alors attention ! J'adhère pas du tout à toutes ses idées, qu'on soit bien clair. Il est dangereux, je voudrais pas être son pote, mais qu'est-ce qu'il est bien écrit quoi. Ça suffit à ce qu'on l'apprécie en fait. Je le trouve fascinant, le petit Walter Kovacs, déjà parce que son masque est trop cool. En vrai, ça joue déjà de dingue, soyons francs. Mais aussi parce qu'il est le meilleur enquêteur du groupe et l'un des plus inquiétants. Quand il a une idée en tête, elle est bien ancrée, on peut même l'écrire avec un E. Et on peut dire qu'il campe sur ses positions. Il est intransigeant, possède un sens moral absolu, mais il est aussi ultra-violent, réactionnaire et complètement détruit. C'est un excellent personnage. Par contre, ce n'est pas un modèle de vie. Il faut dire que sa petite mamounette ne lui racontait pas forcément le marchand de sable avant qu'il fasse un gros dodo. Elle lui cassait plutôt la gueule et le rabaissait en permanence. Peut-être quoi devenir un bon barjot. Le docteur Manhattan, c'est l'autre extrême. Rorschach est beaucoup trop humain. Manhattan est devenu presque intouchable. Il voit le passé, le présent et le futur en même temps. Il peut manipuler la matière, se téléporter, se multiplier. Bref, s'il y avait un menu à pouvoir, il aurait commandé toute la carte. Mais à force de tout comprendre, il oublie l'essentiel. Il regarde les humains comme de petites particules un petit peu bruyantes, alors que lui, c'est un dieu avec un petit zizi tout bleu. Oui, ça m'a marqué, et alors ? Il est capable de voir l'univers entier, mais il a aussi de plus en plus de mal à comprendre pourquoi une seule vie Merci. peut compter. Et à la base, Jonathan Osterman, de son vrai nom, est fils d'horloger. Et s'il y a bien un truc qui revient tout le temps dans Watchmen, c'est les horloges. Watch, c'est aussi bien regarder que montre en anglais. Je ne vais pas vous faire un cours, je pense que vous le savez. Et le parallèle est très bien utilisé dans ce comics. Les phases où on regarde l'histoire, avec un grand H, les symétries dans certains chapitres, et les cadrans qui sont proches de minuit, oui, le temps est central dans Watchmen. Vous voyez, il était fils d'horloger. mais il est devenu chercheur dans un laboratoire gouvernemental. Sacré gap quand même. Et c'est là qu'il a eu plus ou moins le même accident que Bruce Manor, mais pas les mêmes pouvoirs. C'est fou le nombre de super-héros qui ont des accidents de laboratoire quand même. Croire qu'ils le font exprès. Laurie, le spectre soyeux, fantôme en velours, est un peu coincée entre tous ces mecs qui décident de ce que le monde devrait être. Étonnant. Sa mère, Sally Jupiter, l'a pratiquement élevée pour reprendre son costume. Ça aussi, c'est peut-être pas la mère de l'année. Laurie cherche donc sa propre identité tout en vivant dans l'ombre du docteur Manhattan, avec qui elle a une relation. Elle découvre qui est son petit papounet. Enfin non, elle le sait déjà, mais elle découvre surtout qu'il avait agressé Sally, sa mère donc, des années auparavant. Drôle de relation qui s'en suivra, puisqu'ils auront ensuite une relation consentie, sans jamais rendre la situation vraiment confortable ni très stable. Autant dire que c'était toxique. Et elle va progressivement se rapprocher de Dan Dreiberg, alias le hibou. Lui, c'est probablement le plus humain et le plus accessible du groupe, celui qui ressemble le plus à quelqu'un de classique, de normal. Je ne suis pas un humain, c'est moins toxique, ça c'est sûr. C'est un ancien héros, un peu paumé, nostalgique de l'époque, où il portait son costume, et qui semble avoir rangé sa confiance en lui en même temps que sa cape. On a bien sûr dans toute cette équipe la tronche du groupe, Osimandias. Lui, c'est l'homme le plus intelligent du monde. Il a quitté les super-héros avant tout le monde, a révélé son identité, puis transformé son image en véritable empire commercial. Des jouets, des parfums, des produits dérivés, le mec a compris le merchandising avant même que les tortues ninjas n'aient envahi les rayons de Toys R Us. Il est élégant, extrêmement riche et philanthrope, cultivé, sportif. Bref, sur le papier, le héros parfait, l'homme parfait, on veut se marier avec lui. Sauf que chez lui, l'intelligence va avec une immense confiance en son propre jugement. Et quand quelqu'un est persuadé d'être la personne la plus intelligente de la planète, il peut dépasser les bornes relativement vite. Et d'ailleurs, il est victime d'une tentative de meurtre. Il va quand même essayer de sauver son presque assassin, mais en vain, le gars va quand même quitter le monde par ses propres moyens. Alors oui, je ne sais pas qui a décrété que sont interdits sur YouTube. Et vous voyez, quand je le dis, il y a un bip. Voilà, pourtant c'est des sujets importants. Tout ça pour dire que cet événement donne beaucoup de crédit à la théorie de Rorschach sur le tueur de masques. Et enfin, le comédien, mort dès le départ, met entre les pages de ce récit du début à la fin. C'est peut-être celui qui incarne le mieux l'idée du super-héros devenu antagoniste. Il travaille pour le gouvernement, participe aux pires violences et considère le monde comme une immense blague cruelle. Et pour le coup, dans le film, je trouve que c'est une des plus grandes réussites. Quand je pense à Watchmen, celui que je vois le plus, après mon chouchou Rorschach évidemment, c'est bien la gueule de Jeffrey Dean Morgan, avec son cigare là. Mais dans l'histoire, le plus fou, c'est que lui découvre le plan machiavélique de Et même lui, malgré les horreurs qu'il a commises, finit par être horrifié. Perso, Watchmen, c'est le premier comics qui m'a vraiment donné l'impression que les super-héros pouvaient être les antagonistes de leur propre histoire. Je dis pas que c'est historiquement. le premier à montrer des héros dangereux, ce serait complètement faux, mais c'est celui qui m'a fait comprendre que le costume ou les pouvoirs ne donnaient aucune supériorité morale. Ici, les héros ont rarement le beau rôle. Ils sont violents, lâches, nostalgiques, détachés ou persuadés d'être les seuls capables de prendre la bonne décision. On dirait des politiques en 2026, quoi. Et je trouve que c'est justement ce qui rend ce comics aussi impactant. Alors The Boys ira beaucoup plus loin. dans la violence et la grosse satire qui met des morceaux de super-héros un petit peu partout sur les murs, mais j'ai du mal à l'imaginer de la même manière sans Watchmen avant lui. Alors attention, c'est que mon ressenti, je ne suis pas dans la tête de Garcenis, je ne sais même pas si c'est vraiment le cas, c'est juste une impression. Je pense qu'il a lu Watchmen quand même, avant de faire The Boys. Dans Watchmen, l'ambiance est lourde du début à la fin. Ce truc d'une probable guerre nucléaire en approche, les rues sales, Les gens qui s'engueulent devant des kiosques à journaux et l'horloge de l'apocalypse qui se rapproche constamment de minuit s'ajoutent de dingue sur l'atmosphère sinistre de ce comics. Même quand il ne se passe rien de spectaculaire, on sent que le monde est en train de se fissurer. Graphiquement, Dave Gibbons donne l'impression de faire quelque chose de très classique. Le dessin, il est propre, c'est lisible, pas forcément démonstratif. Et pourtant, la construction est d'une précision complètement folle. On dirait de l'horlogerie. Je suis un génie des mots. Une bonne partie du comics utilise une grille de 9 cases. Et cette grille, c'est bien une idée de Dave Gibbons. Il l'a proposée à Alan Moore, qui a ensuite pu s'amuser comme un petit fou avec le rythme et la construction des pages. On a aussi le fameux cinquième chapitre, Terrible Symmetry, tout est dit, ou Fearful Symmetry en VO, qui est construit comme un miroir. Voilà, tout se répond. La première page, la dernière, et puis on va comme ça jusqu'à la page du milieu. Et la double page centrale, du coup, elle est incroyable. C'est du génie. On voit souvent les mêmes images, des détails qui reviennent tout le temps, genre les horloges, comme je vous l'ai déjà dit, les cercles, les reflets, et le badge souriant qui est super connu. Je me demande même si ce n'est pas une des affiches du film. Je crois bien. C'est pour ça que Watchmen demande de la concentration. Parce qu'en vrai, lire l'enquête et comprendre la trame principale, ça, ça va, il n'y a pas de problème. Mais il y a tout un tas de petits indices cachés des trucs qui se répondent trois chapitres plus loin, si on lit ça en dilettante, on peut vite louper des trucs. C'est pas très grave, mais c'est un petit peu dommage, on va dire. Et malgré sa densité, c'est quand même un comics qui a encore, aujourd'hui, une aura de dingue. C'est simple, les gens l'adorent, il est souvent ultra bien noté, et je peux vous dire qu'il y en a eu qui votent. Et c'est pas pour rien qu'il a remporté plusieurs Ennard Awards. dont Meilleure série limitée, Meilleur album, Meilleur scénariste et Meilleure équipe scénariste-dessinateur. Rien que ça. Il a même eu un prix en golem pour Meilleur album étranger en 89. Bon, on ne va pas se mentir, si j'ai un truc à lui reprocher, quand même, c'est les faux documents à la fin de chaque chapitre, là, c'est relou. Je vais même vous avouer un truc honteux, quand je relis Watchmen, je les passe, parce que ça me saoule. Je les ai lus, une fois, plus jamais. Et forcément, avec tous ces prix, Fallait bien que ça dépasse le comics. Et en 2009, Zack Snyder, notre petit Zachary, l'adapte au Cinoche. Contre l'avis de Alan Moore. Alan Moore, pas aimé quand Jean Touché travaille lui. Oh non non non, pas aimé tout ça Alan. Enfin pour être précis, il veut surtout plus rien avoir à faire avec toutes les adaptations. et les suites de ses œuvres. Il ne regarde même pas forcément. Il désavoue tout directement. Comme ça, c'est réglé. Bref, à l'époque, le film m'avait bien retourné le crâne. Moi, j'avais kiffé. Je n'avais pas encore lu le comics. C'était long quand même. Le film, il est méga long même. Mais visuellement, qu'est-ce que c'est bien. Encore aujourd'hui, le film a une patte, une colorimétrie et des séquences que je trouve absolument magnifiques. Mais après avoir lu le comics, c'est vrai que le comics est quand même mieux. Le film est parfois... tellement fidèle au cas de Gibbons qu'il oublie un peu ce qu'elle racontait. Les héros deviennent plus impressionnants, les combats plus cools et la violence plus stylisée, et la fin remplace le calamar géant par une attaque attribuée au docteur Manhattan. C'est plus simple pour le cinéma, et ça fonctionne en vrai, mais je trouve la version du comics bien plus étrange et marquante. Et délirante. Rien que pour ça c'est cool en fait. En 2019, HBO propose une série qui se déroule 34 ans après les événements du comics. pas du film, on y retrouve certains personnages, mais aussi l'héritage de Rorschach, dont le masque et les idées ont été récupérées par un groupe suprémaciste blanc. Ouais, ça craint. Et visuellement, cette série, je la trouve un petit peu en dessous du film, mais dans ce qu'elle raconte, elle va parfois un petit peu plus loin et se rapproche peut-être davantage de ce que Watchmen essayait de faire. Utiliser les super-héros pour parler de politique, de pouvoir et de la société, surtout américaine. Dans le propos, même si ce n'est pas une adaptation, finalement c'est peut-être plus fidèle que le film. DC a évidemment continué à exploiter cet univers, avec les préquels réunis sous le titre Before Watchmen, puis Doomsday Clock, qui fait carrément entrer en collision le monde de Watchmen et celui de Batman et Superman. Donc oui, à l'origine, Watchmen était publié par DC, mais vivait dans son petit univers indépendant. Maintenant, son monde est officiellement connecté au grand multivers de l'éditeur. Ils ne peuvent pas s'en empêcher, DC. Il y a aussi eu Rorschach de Tom King et George Fornes, mais dans tout ça, aucun n'est écrit par Alan Moore. Il ne veut pas qu'il y ait de suite, il ne veut pas qu'on touche à son taf, mais on touche quand même à son taf. Une adaptation animée en deux parties est aussi sortie en 2024, mais l'oeuvre d'origine se suffit franchement très bien à elle-même. Watchmen, ce n'est pas mon comics de cœur, ce n'est pas non plus le meilleur comics de ma bibliothèque, mais c'est probablement l'un des plus classiques, des plus pertinents et des plus réfléchis. que je possède. C'est une enquête sur la mort d'un ancien héros, qui finit par devenir une réflexion sur le pouvoir, la peur, la propagande et le droit que certaines personnes s'accordent de décider pour tout le monde. Gouvernement 2026. On passe des héros humains palpables, parfois pathétiques, à un dieu bleu qui a quasiment tout compris à l'univers, sauf peut-être pourquoi l'humanité mérite encore qu'on s'intéresse à elle. Et surtout, Watchmen nous rappelle qu'un costume ne rend pas quelqu'un meilleur. Parfois, ceux qui veulent sauver le monde sont aussi ceux dont il faudrait se méfier le plus. Donc finalement, la question n'est peut-être pas de savoir qui va sauver les héros, mais plutôt qui va nous sauver des héros. Si ça c'est pas une belle fin pour Watchmen. Avant de partir vers d'autres contrées avec la dose geek de la semaine, rejoignez le groupe des Geek On You en vous abonnant à la chaîne, ça coûte rien et vous serez prévenu quand il y aura de nouveaux épisodes. Vous ne voudriez quand même pas manquer ça. Et on commence donc notre dose geek par un comics qui s'appelle Off the Earth. Et je sais absolument pas pourquoi j'ai commencé ce truc. En ce moment, je lis pas mal de comics en VO et je trouve que c'est là que j'ai les meilleures surprises. Certainement pour ça que j'en lis beaucoup plus qu'avant. Comme par exemple Red Roots, dont je vous ai déjà parlé. Même si j'ai pas encore abordé la suite, je le ferai un jour, promis, peut-être quand ce sera fini. Donc parfois, je prends des comics complètement au pif. Et Off the Earth, c'est exactement ça. Et quel pif ! C'est une mini-série en 6 épisodes publiée chez Image Comics, co-écrite par Chris Condon, le scénariste de That Texas Blood, il aime bien le Texas, et Andrew Erich. Au dessin, on retrouve Charlie Adlar, c'est quand même pas n'importe qui, qui a quand même passé quelques années à dessiner 2 ou 3 zombies dans The Walking Dead, rien que ça. On retrouve Pip Martin, qui s'occupe des couleurs, et Hassan Othman El-Aou du lettrage. Et donc les trois premiers numéros sont sortis en VO le 20 mai, le 17 juin et le 15 juillet 2026. Pour le moment, je n'ai trouvé aucune édition française annoncée. Donc il faut passer par les fascicules, les issues ou par le numérique. Et c'est forcément en anglais. Si un jour on a une édition française, déjà ce sera quand tout sera sorti. Pour l'instant, on n'en a que 3 sur 6. Donc bref, pour le moment, on continue avec les issues. On se retrouve dans un Texas désertique. Le Texas du pétrole, celui où il y a une ferme tous les 40 kilomètres et où, s'il arrive un truc... Faut pas forcément être pressé de voir les secours débarquer. Tabitha Black, qu'on appelle Tabi, fuit une vie visiblement assez merdique, on va le dire comme ça. On comprend notamment qu'il y a un homme dans l'équation. Bah oui, parce que décidément, on est vraiment des enfoirés. Ça va falloir l'accepter, les gars. Elle décide donc de revenir à Solitude, la petite ville où elle a grandi. Ouais, Solitude, ouais. Ça donne envie. Là-bas, elle a été élevée par sa grand-maman, alors elle retourne directement au range familial. Sauf qu'en arrivant, Mamie est dans un état absolument catastrophique. Elle est vivante, mais muette, complètement terrifiée et recouverte de ce qui semble être du pétrole. Et il y a un truc bizarre. Déjà, un nouveau puits a été foré sur son terrain et un camion de la compagnie pétrolière est garé pile devant sa baraque. Et l'agent n'est visiblement pas présent. Quand Abby retrouve sa mémé dans cet état-là, elle appelle la compagnie, qui lui envoie donc une nouvelle personne, Thomas Morton. pour essayer de comprendre ce qui se passe en gros. Mais entre Mamie, dont le comportement devient de plus en plus inquiétant, le pétrole qui ressort là où il ne devrait pas, et quelque chose qui semble rôder autour du ranch, on comprend rapidement qu'ils n'ont pas seulement réveillé une petite réserve de carburant. Sur ces trois premiers chapitres, on suit finalement très peu de personnages. Ce n'est pas vraiment un huis clos, mais il y a quand même une sensation d'enfermement qui est vachement bien maîtrisée. Surtout dans les numéros 2 et 3. On a cet espace. immense autour d'eux, mais personne pour les aider. Et j'imagine que la suite va rester dans cet esprit, voire devenir encore pire. Et franchement, l'ambiance est folle. On ressent presque la chaleur du Texas et j'adore les couleurs utilisées par Pete Martin. Bon, c'est facile, c'est beaucoup de jaune, d'orange et de rouge. On comprend immédiatement qu'on est dans un décor aride, hostile et légèrement impitoyable. Surtout quand on est à l'extérieur, c'est ces couleurs-là. À l'intérieur, c'est plus dans le bleu, violet. Mais ça reste quand même... Très monochrome, je trouve. Et ça donne un aspect trop, trop cool à ce comics. C'est de l'horreur écologique, teinté de néo-noir. Image Comics vend la série, d'ailleurs, comme une rencontre entre Blood Simple et The Thing. Et pour le coup, je vois complètement ce qu'ils veulent dire. En fait, l'idée est clairement là. Et si ça, justement, ne se donne pas un film par la suite, je ne comprends pas. Parce que franchement, tout y est déjà. Il n'y a pas besoin de grand-chose de plus. Il y a bien un truc qui rôde, mais à la moitié de la mini-série. C'est surtout l'atmosphère, les réactions des personnages et ce calme apparent qui cache visiblement une énorme saloperie qui donne tout son attrait à l'histoire. Les retours sont d'ailleurs très positifs. Ce qui revient le plus, c'est l'atmosphère justement, le travail de Charlie Adler sur les regards et les silences, et la manière dont le comics installe le malaise sans balancer immédiatement un gros monstre en pleine page. On en oublierait presque que Tabby était en fuite au début. J'aime bien quand l'horreur prend le temps de s'installer et qu'on sait que quelque chose va mal se passer. Ça, on le sait direct, le pif. Sans encore savoir exactement quoi, et c'est totalement le cas ici, j'ai vraiment très très hâte de lire la suite. Et on continue notre dose geek. Bon là, effectivement, rien à voir. On passe du pétrole du Texas et de la mamie possédée à une école de magie avec des grosses épées. Mais qu'est-ce que j'ai kiffé cet animé. Je ne connaissais pas du tout Wistoria Wand and Sword. J'ai commencé ça aussi complètement par hasard. Et pareil, quel pif ! A l'origine, c'est un manga écrit par Fujino Omori, le créateur de Danmachi, et dessiné par Toshi Aoi. En France, il est publié chez Pika depuis septembre 2024, avec 12 tomes disponibles au moment où je vous parle, au moment où j'enregistre. Et 15 au Japon, toujours en cours. Les deux saisons sont disponibles sur Crunchyroll en VOSTFR et en VF, vous avez le choix. et une saison 3 a déjà été annoncée, et ça, c'est une très bonne nouvelle. Et oui, ça ressemble à Marshall Potter, qui aurait fait des bébés avec Dan Macchi. Pour Dan Macchi, c'est assez logique, puisque, je viens de vous le dire, c'est le même auteur. De mon point de vue, il y aura soit une connexion par des petits détails, soit comme Fire Force et Soul Eater, on ne saura qu'à la fin. Mais évidemment, c'est purement infondé tout ce que je dis là. Dans le monde de Wistoria, la magie détermine pratiquement votre valeur dans la société. Will Celfort ? étudie à l'académie magique de Rigarden et veut devenir l'un des Magia Vende, les mages les plus puissants du royaume. Tout ça pour rejoindre Elfaria, son amie, amoureuse d'enfance qui se trouve déjà au sommet de la Grande Tour. La Grande Tour au milieu de la ville, milieu du monde qui protège tout le monde et où vivent les Magia Vende. Petit souci, mais vraiment un détail. Will est absolument incapable de lancer le moindre sort Il n'y a pas de magie dans une école pour les magiciens. C'est légèrement handicapant. Alors ses petits camarades le prennent pour un raté, certains professeurs pensent qu'il n'a rien à faire là, et tout ce petit monde, bien snob, lui rappelle constamment qu'il est inférieur à eux. Mis à part, d'ailleurs mention spéciale à lui, le professeur Borkner, qu'il a un peu pris sous son aile. Parce que Will compense avec une force physique impressionnante, une sacrée intelligence, et surtout une maîtrise de l'épée totalement phénoménale. Et ça, Pepper Borkner, ce lui a pas échappé. La première saison se passe donc à l'Académie, avec tout le package, les tournois, les rivalités, et le grand donjon sous la ville, et la saison 2 ouvre beaucoup plus l'univers, ça développe la fameuse tour où sont logés les Magavendés donc, et les aspirants Magavendés, les différentes factions, et ce pouvoir étrange que Will semble posséder malgré son absence de magie. J'aime beaucoup les personnages, j'aime bien les moments où ils se prennent la tête, ceux où ils se réconcilient, ou pas. Mais même alors qu'ils ne peuvent pas se blairer, ils arrivent quand même à se motiver les uns les autres. Et Will est vraiment cool. C'est un beau loser qui a probablement toujours été un prodige, mais qui évolue dans un monde incapable de reconnaître sa valeur. À part Colette Loire, qui est quand même très cool aussi, camarade de classe, et qui aimerait bien être plus qu'une amie. Et son coloc à l'académie, Rosti, qui lui prépare souvent des artefacts pour combattre et qui aimerait bien être plus qu'un ami. Bref, notre petit loser. Quand c'est lui qui rattrape la situation et que tout le monde commence enfin à croire en lui, ou presque, ça fout un gros smile quand même. Un autre truc que je trouve vraiment cool, c'est sa relation avec Elfaria. Il ne veut pas rencontrer une nouvelle fille ou séduire une camarade de classe. Il a déjà, dès le départ, le cœur qui est pris. Et elle aussi, elle veut le revoir. Donc forcément, nous aussi, on veut qu'ils arrivent à se retrouver. Et qu'est-ce qu'elle est cool, Elfaria ? Sa dualité me fait beaucoup marrer. D'un côté, c'est une petite gamine gentiment capricieuse qui boude parce qu'elle veut retrouver Will. Et de l'autre, c'est une génie absolue de la magie et de la baston, mais ça j'en dis pas trop. La première saison met les choses en place très rapidement. Dès le premier épisode, on a de l'action, on comprend qui est Will, pourquoi tout le monde le méprise et pourquoi il va leur prouver qu'ils ont tort. Et ça va crescendo. Mais alors la saison 2, ça augmente, pas d'un cran, ça augmente de 12. Dès les premiers épisodes, les enjeux explosent, les pouvoirs deviennent encore plus impressionnants et on est obligé de continuer à regarder. Enfin, moi en tout cas, j'arrivais plus à m'arrêter. Bon alors j'ai regardé sa note sur Crunchyroll et visiblement je suis pas le seul à avoir aimé puisqu'elle a un très joli 4,8 sur 5 pour plus de 180 000 évaluations. Ça va, je pense qu'on peut dire que c'est apprécié. Le principal défaut, pour moi, c'est que l'histoire prend peut-être un peu trop soin de ses personnages. Ça enlève une partie de l'attention, même quand la situation devient vraiment dangereuse, j'ai pas toujours suffisamment peur pour eux. Mais je dis ça sans avoir lu le manga, si ça se trouve dedans, l'auteur va me faire regretter cette phrase et massacrer absolument tout le monde. Qui sait ? Quoi qu'il arrive, j'ai vraiment aimé cet animé. C'est beau, c'est vif, on s'ennuie pas, on adore certains personnages et on prend beaucoup de plaisir à en détester d'autres. C'est cucu exactement comme il faut, ça fait sourire et surtout... Ça désigne du monstre à tir l'arigot. Que demander de plus ? On adore. Et voilà mes petits geekouniou, on arrive à la fin de cet épisode. On se retrouve la semaine prochaine en audio pour un épisode avec un invité. On sera le premier mercredi du mois. Et cette fois, on va parler avec l'auteur d'un livre sur un sujet qui devrait plaire à beaucoup de monde. Vous savez, ces petites cartes, ces petits bouts de carton avec des dessins dessus et qui vous disent combien il faut dépenser de mana pour sa prochaine attaque. D'ici là, mes p'tits geeks et mes p'tites geekettes, geakez bien vos geekeries ! Bisous bisous !