- Speaker #0
De quoi parle de nana quand elle prenne un apéro ? Bah, de celle qui est pas là. Alors, t'as revu Machine récemment ? Ah non, bah non, cette nana, elle a une vie de ouf. Un super job, une carte gold plus plus chez Air France, elle passe sa vie dans des hôtels, 5 étoiles, à siroter des mojitos, la classe internationale, tu vois. Cette nana, c'est vous. Et c'est bizarre, mais vous, vous la voyez pas du tout comme ça, votre vie de ouf. Au lieu de vous cailler les miges sur un rooftop à New York, Votre vrai fantasme ? Dormir dans votre lit avec le chat qui ronronne. Inavouable. Alors c'est vrai que vu de l'extérieur, ça claque. Et quand tout semble nous réussir, c'est pas facile d'expliquer aux gens que ça va pas. Et surtout, c'est pas facile de le comprendre soi-même. Pourquoi je vais mal alors que tout va bien ? Mais qu'est-ce qui va pas chez moi ? Parce que oui, tu peux claquer des notes de frais comme Beyoncé en tournée et quand même te dire sur ton rooftop à New York « Bordel, mais qu'est-ce que je fous là ? » Si tu t'es déjà posé ce genre de questions, l'histoire d'Adeline va t'intéresser. Bienvenue dans T'as changé, le podcast des femmes qui arrêtent de s'excuser. Aujourd'hui, je reçois Adeline Segaux, femme inspirante s'il en est. Car avant de devenir la super coach qu'elle est, elle a eu une carrière internationale impressionnante avec de gros postes, gros salaires. Bref, sur le papier, c'était nickel. Sauf qu'à l'intérieur, c'était pas ça. Aujourd'hui... Elle va nous raconter son chemin vers elle-même. Bonjour Adeline !
- Speaker #1
Bonjour Célia !
- Speaker #0
Merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #0
Tu sais que quand j'ai eu l'idée de ce podcast, j'ai tout de suite pensé à toi pour cette première interview. Je te l'avais dit. On se connaît un peu, via notre engagement comme Coach Vélévon dans une association. Et tu sais que je suis une grande fan de tes publications. que je like frénétiquement. Tu parles souvent de ton parcours. Et ce que tu dis, ça résonne vraiment fort en moi parce que tu évoques un sujet qui m'est très, très cher. C'est le décalage qu'on peut ressentir parfois à un moment de notre vie entre l'image qu'on donne à l'extérieur, notamment, on va parler de la fameuse réussite sociale. J'ai fait les guillemets avec toi. Et la façon dont nous, on le vit, qui n'est pas exactement en corrélation avec cette belle façade, c'est le moins qu'on puisse dire, en fait. En coaching, on parle de manque d'alignement. En gros, on satisfait à toutes les normes sociales, sans jamais se poser de la question de savoir si ça nous plaît ou pas, si ça nous rend épanouis, heureux, etc. Donc, on vit avec. Voilà, cette vie qui n'est pas tout à fait la nôtre, jusqu'au moment où ça craque et où on dit stop. Et là, c'est le drame. Ou pas. C'est-à-dire que soit on met un mouchoir dessus et on continue comme ça, soit on décide d'en faire quelque chose de ce moment-là. Donc tout ça, tu l'as vécu. Et c'est ce cheminement que je voudrais explorer avec toi. Comment, après avoir suivi une voie tracée, on arrive vers le moment de bascule, c'est vers le point de rupture. Comment on s'en sort et ce qui se passe après ? Donc, si tu le veux bien, j'aimerais bien que tu nous parles de ce parcours pour devenir toi, tout simplement.
- Speaker #1
Super. Ah ouais, non, non, c'est top. Et ça me parle tellement déjà de tout ce que tu dis. Évidemment, voilà, sur papier, que tout a l'air top, mais au fond, on s'en vide, en fait. On n'est pas en alignement. La vie qu'on pensait toujours avoir, une fois qu'on l'a, on se rend compte que finalement, il manque quelque chose. Donc, ouais, ravi d'échanger avec toi et de partager mon parcours.
- Speaker #0
parcours. C'est top, je te remercie beaucoup. Alors, on va rentrer dans le but du sujet et pour commencer et pour bien montrer le contraste entre cette image extérieure et le ressenti intérieur, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur toi, nous raconter un peu ton parcours professionnel ?
- Speaker #1
Ok, alors moi c'est Aline Segaux, aujourd'hui j'ai deux rôles principaux, senior behavioral scientist chez CoachUp, qui est une grosse boîte de coaching. où j'interviens sur la conception des programmes de coaching sur des grands comptes, tout ce qui est mesure de l'impact autour du coaching. Et bien sûr, à côté, c'est dans ce cadre-là qu'on se connaît. C'est là, je suis moi-même coach professionnel, certifié, accrédité, où j'accompagne des individus justement sur ce chemin vers l'alignement vers soi. Donc ça, c'est ce que je suis aujourd'hui. Mais j'ai une carrière, je dirais, déjà à l'international. Je pense que le premier mot qui me vient, c'est peut-être à l'international. Donc moi, je suis partie jeune, à l'âge de 22-23 ans. Ça m'a un petit peu donné mon âge, ce parcours. Et j'ai passé les dix premières années de ma carrière à San Francisco. Donc, différents rôles dans la tech, dans l'immobilier. J'ai d'ailleurs commencé dans l'immobilier, mais ensuite dans la tech, le marketing. Et puis, au bout de dix ans à l'étranger, je me suis dit, passionné de tout ce qui était international et donc à l'époque de commerce international, je me suis dit que ce serait bien de revenir en Europe. Et suite à ça, je suis partie sept ans à Londres. Et donc là, sept ans à Londres, c'était vraiment, j'étais au cœur de la carrière, de la success story. Je travaillais dans le marketing pour une boîte de marketing où je suivais des clients en grand compte. Ça me permettait de voyager aux quatre coins du monde, d'avoir des super discussions, de manager des équipes aussi dans le marketing. Donc là, j'ai passé ce temps à Londres. on en parlera peut-être un peu plus en détail, mais c'est durant ces sept années à Londres où j'ai eu ce basculement, ou ce moment de grande réflexion, on va dire, ou de crise existentielle, crise de milieu de vie, comme certains ont envie de l'appeler, et qui m'a poussée à me remettre en question. Donc, on en parlera, j'imagine, un peu plus en détail. Et récemment, moi, j'ai fait un vrai choix, après plein de changements, de revenir sur Paris. Donc là, je suis de retour en France depuis trois ans maintenant. Tout ce que je fais tourne autour du coaching. Toi et moi, on se connaît via le cadre de l'assaut dans lequel on fait du coaching bénévole. Donc voilà, dans mon job à temps plein, je parle de coaching toute la journée et à l'extérieur, je parle de coaching aussi parce que c'est un sujet qui me passionne et qui a, en tout cas à titre personnel, moi, vraiment transformé ma vie.
- Speaker #0
J'aimerais bien qu'on revienne, si tu veux bien, à ces débuts, à ces gros postes. Et comment tu te sentais dans ces postes-là ? Comment tu abordais ça ? Et ce que tu ressentais par rapport à cette ascension sociale, peut-être ?
- Speaker #1
Pendant des années, je t'avoue que je ne me suis pas trop… C'est pas que je ne me suis pas posé la question, mais pour moi, c'était le chemin était tout tracé. Moi, j'avais vraiment cette ambition, on va dire, de toujours plus haut, monter les échelons. Qu'est-ce que je peux faire de plus ? Pour moi, pendant un moment, je ne me suis même pas vraiment posé de question. En fait, c'était le chemin. presque naturel, qui m'occupe bien l'esprit, ça nourrissait bien mon ego, ça je peux le dire aujourd'hui bien sûr qu'à l'époque je le disais pas mais voilà c'était, je veux pas dire que je me sentais en top of the world mais voilà.
- Speaker #0
Ça fait deux fois que tu me dis je me suis pas posé la question mais à un moment ça va c'est à dire qu'effectivement on est peut-être dans une période de notre vie où ça fait du bien, ça flatte l'ego, en plus socialement ça correspond peut-être aussi à ce qu'on attend de nous et à une certaine définition du succès. Donc, qu'est-ce qui a fait qu'à un moment, j'allais dire, tu as ouvert la boîte de Pandore ? Parce que je me dis, quand on se pose la question, est-ce que ce n'est pas ouvrir, tu vois, une petite boîte de Pandore en se disant, oulala, qu'est-ce que je fais ?
- Speaker #1
J'adore l'analogie de la boîte de Pandore. C'est une très bonne analogie. En tout cas, pour moi, ça me parle complètement. Donc oui, pendant longtemps, quand je dis que je ne me posais pas la question, pour moi, c'était… c'était un peu le symbole de... Pour moi, c'était ça, c'est le succès. Et peut-être qu'aussi mon expérience de 10 ans aux États-Unis a un peu driveé cette mentalité de définir le succès par son statut social, le poste qu'on occupe, ce qu'on contribue à la société, ce que j'ai appris plus tard, ce qu'on contribue à aider de grosses organisations, ce qu'on contribue à céder soi, ça c'est encore une autre question. Pour moi, le basculement s'est fait justement quand je suis, je dirais, la première année où j'étais à Londres. super job, super boîte j'étais arrivée à ce que pendant des années j'avais imaginé j'ai rentré chez moi le soir et j'ai commencé à me poser des questions, je ne me sentais pas je ne peux pas dire que je ne me sentais pas heureuse, il y a même des soirs où je pleurais dans mon lit sans savoir pourquoi tu vois et même je me disais, je me souviens encore, je me disais ah mais tu devrais être heureuse il y a tellement de gens qui aimeraient tata place, t'as travaillé pour, t'as fait ce que tu voulais pendant des années et maintenant tu l'as, pourquoi t'es pas heureuse ?
- Speaker #0
Ton histoire me fait penser à beaucoup de choses que j'ai lues ou sur le parcours de certaines personnes qui ont grandes ambitions, quelles qu'elles soient en fait, grandes ambitions, c'est-à-dire un vrai but, quelque chose qui met des années à atteindre en se disant, le jour où j'ai ça, je serai super bien. Une fois que j'aurai atteint ça, je serai au top et là ça va être une espèce de félicité jusqu'à la fin de ma vie. Et c'est des parcours qui sont vachement inspirants aussi parce que parfois, pour des gens, comme ça s'est passé pour toi, effectivement, c'est peut-être le chemin plus qui a été motivant que l'atteinte de cet objectif. Oui.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est complètement ça. On ne se pose pas trop la question le long du chemin une fois qu'on arrive à la destination. C'est-à-dire finalement, tiens, ça y est, j'y suis. Mais est-ce que… euh... bizarrement, il y a un côté, ça sonne faux. Il y a quelque chose qui n'est pas en alignement. Encore une fois, de l'extérieur, c'est un parcours qui inspire, mais ça cachait en fait des… Des questions qui sont venues après, mais des questions beaucoup plus profondes, tu vois.
- Speaker #0
Ce qui m'a beaucoup marquée dans ce que tu me dis, c'est que je rentrais chez moi et je me mettais à pleurer et je ne savais pas pourquoi. Ça doit être super dur à vivre ce moment-là. Parce qu'effectivement, il y a un vrai décalage. Tu te dis, mais j'ai réussi, ça ne va pas. Et je ne comprends pas pourquoi ça ne va pas. Comment tu l'as vécu, ça ?
- Speaker #1
Oui, une sensation un peu de… Tu es perdue, tu vois, mais c'est ça. et d'être... même quelque part de culpabilité parce que tu te dis j'ai mis tout cet effort,
- Speaker #0
il y a plein de gens qui voudraient être un boss t'as pas le droit de te plaindre en fait mais c'est super fort ce que tu dis et le mot culpabilité, tu vois, j'y pensais pas du tout ça devient là au cours de la discussion mais je trouve ça super fort parce que c'est vrai qu'en plus, on se l'interdit c'est compliqué de s'autoriser à se dire j'ai tout alors après c'est la définition du j'ai tout tu vois, qui...
- Speaker #1
j'avais tout sauf moi-même Non.
- Speaker #0
Non mais là, on est au cœur du sujet, j'avais tout sauf moi-même. Ça t'a pris du temps d'appréhender tout ça ? Il y a eu un temps de réflexion ?
- Speaker #1
Comment ça s'est passé ? Aujourd'hui, avec le recul, je vais te dire ce qui a déclenché le début du changement. Aujourd'hui, je peux t'en... Évidemment, à l'époque, je n'aurais pas pu mettre les mots dessus, mais je vais peut-être faire d'ailleurs pas mal de références à Yang. Je ne sais pas si ça te parle. Tu sais, il parle de la persona. La persona, tu sais, c'est le masque social. comme autre au monde. Moi, j'étais enfermée dedans. J'ai confondu pendant longtemps masque social, identité avec qui j'étais. Ce qui a tout déclenché. C'est un peu comme l'autre métaphore qui me vient. C'est marrant avec toi. Il y a plein de métaphores qui me viennent. C'est un peu, tu sais, tu es la cage dorée en fait. Mais il n'y a pas de liberté intérieure. Tu es dans une cage. Pour moi, le basculement s'est fait et ça me fait sourire parce que j'avais une amie à Londres à l'époque qui m'avait envoyé une invitation pour un événement. Ça s'appelait Unleash Your Genius. C'était révéler le génie qui est en vous. Et je me souviens, moi, j'étais hyper cartésienne. J'ai regardé ça en me disant, mais qu'est-ce qu'elle m'envoie comme truc ? Ça me paraît tellement bizarre. Mais je me suis dit, tiens, c'est l'occasion de la voir. C'est un événement gratuit. J'y vais, je verrai ce que ça va donner. Bizarrement, l'ami en question n'a pas pu venir ou elle arrivait trop en retard à l'avènement quand elle avait fermé la porte. Et moi, j'ai commencé à y trouver, pas des réponses, mais des questionnements. des analogies, je me suis retrouvée face à plein de gens qui étaient quelque part dans la même situation que moi. Ou sur papier, il y a plein de choses qui vont, mais en fait, tu te poses plein de questions. Et cette notion, c'est ça que j'ai peut-être eu une première fois, cette notion de son soi profond, le soi qu'on montre à la société, le soi qui est en fin de nous, notre créateur intérieur, notre génie, notre moi profond, le moi avec un grand M. et du coup, c'est un peu comme ça que ça a basculé. Du coup, une journée à la base, tu vois, à laquelle j'allais à un reculon, c'est ce qui a pour moi ouvert en tout cas le chemin vers… Ça a commencé par le développement personnel et ensuite le coaching. Donc, j'ai commencé à participer à des séminaires sur justement le… Notamment sur se reconnecter à son intuition profonde, mais toujours être au courant de ces deux parties de soi qu'on a constamment, tu vois. Et l'idée, ce n'est pas de… dégager ton identité, d'oublier qui tu es. C'est pareil, tu ne défasses pas tes croyances, elles font partie de toi. C'est reconnaître le masque social, l'identité que tu t'es construit, mais reconnaître que derrière cette identité, derrière ce masque social, il y a un soi beaucoup plus profond. J'aime bien te surdire, ça me vient en anglais, mais je vais te le traduire en français, which is connected to everything, to all time and space. Donc, il y a une partie de toi qui est connectée à tout l'univers, à tout, à travers le temps. qui sait mieux que toi finalement. Et cette partie de toi, moi j'aime bien l'associer à ta créativité personnelle, à ton intuition. Donc, ça a été déjà une première réalisation. Moi aussi, de me rendre compte que j'étais intuitive, que j'étais créative, que la créativité et l'intuition, ce n'est pas si wou-wou que ça finalement. Et c'est quelque chose qu'on a tous en soi, mais que par le conditionnement de la société, peut-être son éducation, sa culture, etc. Ce sont des choses qu'on commence un peu à mettre de côté au profit de... l'image sociale, la réussite sociale, etc. Donc moi, c'était le premier moment de basculement. C'était cette réalisation qu'en dessous de l'identité que je montrais au monde, il y avait un moi beaucoup plus profond et qui avait les réponses à tout. Même si à cette époque, je ne m'en étais pas encore rendu compte. Donc j'ai vraiment tout doucement appris à écouter mon intuition, à me poser des questions pas forcément faciles. J'ai commencé moi à être coachée aussi. J'ai choisi d'être accompagnée par un... par une coach. Et c'est vraiment là, je dirais, que le basculement a commencé à se faire. Est-ce que c'était rassurant de voir que tu n'étais pas seule ? Alors, c'est une bonne question. Alors, rassurant, je ne sais pas si le mot c'était rassurant. parce que là, du coup, tu perds en fait, tu perds ce sur quoi en fait ta fondation ou ce sur quoi tu avais fondé toute ta vie et ton existence s'écroule et commence à s'effriter au fur et à mesure. Mais c'était, je ne sais pas si c'est rassurant, c'était le mot, mais oui, je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de gens comme moi. Je n'étais pas la seule à vivre ça. Ça faisait partie de la nature humaine aussi, sauf que très peu de gens en parlent. Et surtout, moi, je pense que ça m'a appris, c'est l'empathie. Parce que moi qui pensais… penser être une personne avec de l'empathie, de la compassion. Avant, en fait, je me suis rendu compte que j'étais pleine de jugements, pas seulement vis-à-vis de moi-même, mais vis-à-vis des autres. Et le fait de voir qu'il y avait plein de parcours de gens de parcours différents, d'âges différents, de cultures différentes, mais qui étaient dans le même cheminement, en fait, qui se posaient ces questions, c'était un peu la réalisation, le moment « waouh » , tu vois, « ah ah » , où tu te dis « en fait, non, je ne suis pas seule » . Et je pense qu'il y a même beaucoup de gens, pour ne pas dire tout le monde, qui traversent des périodes comme ça.
- Speaker #0
Mais c'est vachement intéressant ce que tu dis sur le moment de bascule, il y a une dualité, enfin, il y a un côté tu vas être rassurée, t'es plus seule, mais il y a un côté qui fait vachement peur aussi. Tu passes d'un truc à l'autre, c'est-à-dire qu'il y a une partie de toi qui s'écroule et en même temps, t'as cette espèce d'élan peut-être là qui va te porter vers autre chose.
- Speaker #1
Ouais, non, non, tu fais bien de le dire, c'est cette dualité de je dois refaire le deuil, bah ouais, je dois refaire le deuil d'une partie de moi. Et il y a ce moment où tu ne sais pas encore c'est quoi ce qu'il y a de l'autre côté. Donc, il y a cette espèce de flottement qui n'est pas forcément agréable. Mais ça aussi, tu apprends à le canaliser, mais tu apprends à vivre avec. C'est ces moments justement de flottement ou ce que j'aime bien appeler de tension intérieure qui, si tu apprends à vivre avec quelque part et pas essayer de résoudre cette tension en allant boire, en prenant de la drogue, en se replongeant encore plus dans le travail parce qu'il y a beaucoup de gens qui vont faire ça. Mais si tu apprends en fait à l'accepter, quand bien même ce n'est pas agréable, c'est là que tout doucement, ça va faire de la place et faire émerger des nouvelles idées, des nouvelles manières de penser. Donc, c'est vraiment… Moi, je pensais vraiment traverser une crise, mais c'était quelque part le début d'une métamorphose.
- Speaker #0
Tu l'as vécu quand même ça ?
- Speaker #1
Oui, pour moi, il y a eu un vrai bouleversement. Je ne sais pas si ça va te parler, mais moi, j'aime beaucoup les références et les analogies à l'alchimie. L'alchimie intérieure, c'est transformer le plomb en or, tu vois. Tu ne peux pas obtenir l'or sans travailler le plomb. Et le plomb, c'est quoi ? C'est tous les challenges, c'est justement tous ces moments de flottement douloureux où on est confronté à des émotions qu'on ne s'était peut-être pas autorisés à ressentir avant. Pour moi, le grand cheminement, ça a été… Ça, je m'en suis rendu compte évidemment sur le moment et encore là maintenant avec le recul. Moi, j'avais un côté très soif fort. Tu sais, c'est on avance. Pour moi, montrer sa vulnérabilité ou montrer toutes les parties de moi, ce n'était même pas envisageable. C'est se rendre compte qu'avoir des émotions, pleurer, exprimer sa colère, sa tristesse, sa dépression, quelles que soient ses émotions, c'est apprendre à les accueillir. Pour moi, je pense que le grand basculement a été fait quand, pendant des années, ce côté « sois fort » , on continue à avancer quoi qu'il arrive. se rendre compte que finalement la clé résidait dans s'autoriser, me donner la permission d'être ce que je ne me suis jamais autorisée à faire.
- Speaker #0
C'est pour ça que quand j'avais vu, j'avais relevé ça dans un de tes posts, tu parlais du syndrome de la good girl. Et c'est un truc qui résonne en moi parce que se dire, oui, je vais me conformer, je ne vais surtout pas me poser de questions, je ne vais pas me montrer telle que je suis parce que c'est dangereux. Parce qu'effectivement, on va peut-être me dire que non, ce n'est pas bien, ce n'est pas assez, ce n'est pas assez brillant, tu ne vas pas gagner d'argent et machin et machin. Et donc, on veut faire plaisir en fait. Et que ça passe bien et qu'on nous dise, c'est bien, tu as bien travaillé, tu as fait ce qu'il fallait, regarde où tu es aujourd'hui, c'est génial.
- Speaker #1
Exactement. Moi, là où c'était un petit peu différent, tu sais où il y a beaucoup de gens qui n'ont pas assez, pas assez, moi, j'avais plutôt cette sensation de je suis trop, je suis too much, donc il faut que je diminue. Il faut que j'essaie de me conformer, de rentrer dans une case plutôt que de laisser paraître mes élans émotionnels, toute la vibration, le côté un peu plus rock'n'roll, bruyant. Mais on revient à la même idée, cette notion de « be the good girl » . Mais il y avait ce côté se conformer. tu vois, je vais essayer de… Moi, je suis un carré ou une étoile. J'essaie d'être le rond qui va bien… On va bien arrondir les angles de qui je suis pour pouvoir m'adapter finalement et être au-delà de moi.
- Speaker #0
J'ai bien l'image du petit camion pour les gosses où il s'énerve à rentrer une étoile alors que ce n'est pas possible d'entrer dans le carré. Mais ça m'amène aussi à cette deuxième phrase dont je t'avais parlé quand on avait évoqué l'interview. Tired of shrinking. C'est-à-dire, j'en ai marre de me rétrécir. Comment t'en es venue à entamer la transformation ?
- Speaker #1
Et ça ne s'est pas fait du jour au lendemain, tu t'en doutes. D'ailleurs, le chemin n'est jamais fini. J'en profite tout de suite pour le dire. Ce n'est pas un début, une fin. Oui, je me rappelle très bien de ce moment de bascule, ce qui est l'avant et l'après. Mais je dirais que c'était un travail vraiment de plusieurs années où j'ai dû accueillir ma part d'ombre, parler de mes vulnérabilités. Mes contradictions aussi, parce qu'on est tous pleins de contradictions. Donc, c'était vraiment une période d'être plus consciente de tout ce qui constituait mon être. Donc, ça veut dire aussi avec mes forces, mais aussi mes faiblesses, mes parts d'ombre, comme je te disais, la partie de toi que tu n'as peut-être pas envie de montrer à tout le monde, mais il faut apprendre à l'accepter. Je te disais mes vulnérabilités. Donc, non, c'est OK de m'exprimer ces émotions. C'est OK de ne pas toujours être forte. Pour ma part, en tout cas, c'est OK de demander de l'aide. J'ai dû passer par tout ça. C'est marrant parce que là, je te parlais de l'ombre et c'est un peu, tu vas revenir de nouveau à Yann qui dit que c'est ce qu'on rejette pendant longtemps à un moment, ça vient nous hanter. Il arrive en plein milieu de la figure et il arrive à un moment où tu ne peux plus l'ignorer. Cette voix intérieure, elle est d'autant plus forte. Donc, pour moi, c'est… Je dirais que c'était le courage, en fait. Le courage, pour avoir ce courage de regarder justement mes parts d'ombre et par la suite, pas tout de suite, mais par la suite, y trouver en fait, de les voir plutôt comme des trésors. Tu vois, c'est comme si tu avais, je veux dire, ton âme qui te réclame, tu vois. Qui dit, je suis là, tu vois. Tu peux l'appeler ton enfant intérieur, ton âme. Mais voilà, il y a une partie de toi qui dit, moi, je suis là. J'ai toujours été là, en fait. Mais tu m'as mis de côté pendant un moment, mais maintenant, voilà. J'en peux plus d'être de côté. Il faut que ça sorte, il faut que ce soit extériorisé, il faut que ce soit incarné.
- Speaker #0
Ça, c'est la phase d'après.
- Speaker #1
C'était vraiment un process presque simultané de remise en question, de retravailler tes croyances, tes injonctions, tester, expérimenter aussi. Et intégrer, l'intégration, ce ne serait pas du jour au lendemain. Tu vois, il y a des choses qui ont commencé à évoluer dans la manière dont je communiquais avec les autres. C'est expérimenter d'autres manières aussi, justement, si on parle de la communication, de communiquer avec les autres et de voir que, tiens, j'ai demandé de l'aide, j'ai avoué une faiblesse, ou ce que moi, je percevais comme une faiblesse. Waouh ! Et je n'en suis pas morte. Et non seulement je n'en suis pas morte, mais ça ouvre des portes. que je pensais insoupçonner. La première chose que j'ai remarquée, c'est ma relation avec ma famille. Quand je dis ma famille, mes parents, mes sœurs, même mes amis, j'ai toujours été très proche d'eux, mais il y a eu une autre dimension. Et ça, je m'en suis rendu compte parce qu'on me l'a reflété, tout simplement. Je commençais à être beaucoup plus calme. J'étais quelqu'un qui montait très vite. La colère, c'était une émotion que je n'avais aucun mal à m'exprimer, mais c'était beaucoup plus difficile d'exprimer mes peurs ou ma tristesse, par exemple. Donc, c'est aussi moi avoir le courage de dire, non, c'est OK de dire, je suis triste, je ne suis pas bien en ce moment, j'ai été déçu par rapport à ça. Présenter cet autre visage de moi qui finalement a même renforcé les relations que j'avais avec ma famille, mes amis, parce qu'ils ont vu une autre dimension d'Adeline qui n'était pas invincible, tout simplement. Et après, ça s'est même refaité jusqu'à mes relations intimes. Je ne dis pas que j'étais dysfonctionnelle, mais un peu quand même dans mes relations. Mais pareil, c'est se rendre compte que c'est OK d'être vulnérable et ça fait partie du jeu. Donc, j'ai vu tout doucement différents piliers de ma vie, si tu veux, presque comme s'ils étaient remis à plat, reconstruits au fur et à mesure, jusqu'au dernier pilier qui était ma carrière que je connaissais jusqu'à maintenant, qui était dans le marketing, dans les médias. la pub, la communication et me dire, et ça, ça arrivait un peu plus récemment, mais me dire, finalement, ce n'est plus en alignement avec qui je suis. Mais ça, c'est un processus qui a pris des années, en fait. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Bien sûr, ce n'est pas évident de remettre en cause tout ce qu'on a connu de soi, des autres, tout ce qu'on a construit.
- Speaker #1
Exactement ça, c'est un processus douloureux. C'est un peu le passage du feu, tu vois. C'est dans ce sens-là, en tout cas, que c'était ou douloureux ou en tout cas inconfortable, tu vois. Mais ce feu-là dont je te parle, finalement, c'est aussi… C'est à travers ce passage de feu que j'ai été, pour moi, en tout cas, transformée. Parfois, il faut dire aussi au revoir à certaines relations. Il y en a d'autres que tu… Je te parlais des relations avec ma famille, mes amis, qui s'est renforcée. Mais j'ai d'autres personnes de mon entourage où j'ai dû… Et parfois, ça se fait naturellement parce que nous, on évolue. Il y a des gens qui avaient l'habitude de te voir dans une certaine posture, une certaine identité. Et quelque part… passe dans leur inconscient à eux, Adeline n'est plus la personne que je connaissais avant. Donc, c'est des relations qui vont ou s'étioler avec le temps ou qui vont s'arrêter. Mais ça aussi, il faut apprendre à être OK avec.
- Speaker #0
C'est une thématique de coaching que j'adore. C'est-à-dire que le changement... Tu sais, les gens te disent souvent « Ah, mais je voudrais changer. » Mais il faut bien savoir que le changement, ça induit beaucoup de choses et ce n'est pas que toi qui changes. Ça va être... ton écosystème autour, ça va être ton entourage qui va changer parce que ta transformation, tu ne la fais pas toute seule. Et après, comme tu disais, on parle d'intrigue parfois naturelle, c'est-à-dire qu'il y a des gens qui vont te dire « mais c'est super, tu as changé, moi j'ai toujours vu que tu étais comme ci, comme ça, machin, je suis hyper contente pour toi parce qu'enfin tu deviens toi-même. » Et évidemment les autres à qui tu ne vas plus convenir en fait. Et en fait, ton changement va les gêner eux. Attention, le changement, Il y a des conséquences au changement. Il faut les mesurer.
- Speaker #1
J'adore ce que tu dis. On fait partie d'un système, d'un écosystème. On rentre dans la systémie du coup. Tu changes une partie du système, à savoir toi, ça va avoir des conséquences sur le système autour de toi. Et c'est là que tu évoques ça, ça me fait penser. C'est pour ça aussi que le changement, il n'y a pas tout le monde qui veut passer par ce changement parce qu'il y a cette peur de perdre. que ce soit des relations, un style de vie peut-être qu'on avait. Le changement, il y a une phase de peur. Aujourd'hui, même si ça ne me correspond pas forcément à ce que j'ai, mais au moins je le connais, c'est confortable dans le sens où je sais ce que j'ai, mais je ne sais pas ce que je vais avoir demain. Donc, il y a cette peur aussi de peut-être perdre des choses, des personnes, etc. Donc oui, tu fais bien de le dire. Après, moi, je suis intimement convaincue, et ça, je ne te l'aurais peut-être pas dit il y a dix ans, mais je le suis aujourd'hui. Si tu crées ce changement pour toi, pour être de plus en plus en alignement avec toi-même, les gens autour de toi vont en bénéficier de ce changement, ou en tout cas, les gens qui sont importants dans ton écosystème. C'est-à-dire qu'il ne va pas forcément y avoir un impact négatif. Tu vois, je pense à une amie qui est mère de famille. qui avait envie de reprendre des études, de changer de carrière, etc. Maintenant, je ne vais pas le faire parce que tu comprends, ça va créer un chamboulement pour mes enfants, pour mon mari, etc. Quand elle a finalement fait le pas de se dire « Non, je vais le faire » , en fait, sa relation avec ses enfants et son mari s'est d'autant plus enrichie parce qu'ils l'ont vue, elle, plus épanouie dans ce qu'elle faisait. Donc là, on avait plein de peur par rapport au « ça va chambouler l'équilibre familial » . Maintenant, ça a eu des avantages considérables les... et positif. Bien sûr qu'elle est passée par cette phase de réflexion, de discussion avec son mari, peut-être pas toujours en accord au départ. Et là, tu vas chambouler toi aussi. Oui, mais c'est viscéral. Moi, j'ai besoin de faire de changement. Et c'est embarqué, quand on le peut, son entourage à accompagner au changement.
- Speaker #0
Moi, j'adore aussi cette notion d'égoïsme sain et de se dire en fait que si moi, je suis mieux, Mais forcément, les autres autour de moi seront mieux. Enfin, je veux dire, quand on est dans un job qui ne nous satisfait pas, dans une situation qui ne nous satisfait pas, forcément, je pense qu'on ne peut pas être bien dans son couple, ni avec ses mots, ni quoi que ce soit. Et être quelqu'un soit d'épanoui, ça va rejaillir sur ton entourage. Mais je ne sais pas si tu es d'accord avec ça, mais c'est aussi une question beaucoup que les femmes se posent. C'est-à-dire qu'avant de penser à ce qui nous ferait plaisir à nous, Qu'est-ce que mon mari va en penser et comment ça va bouleverser la vie de mes enfants ? Si nous on change, ça va les emmerder, j'allais dire. Et est-ce qu'on a envie de ça ? C'est pas sûr. Parce que c'est pas facile à assumer.
- Speaker #1
J'entends tout ce que tu dis et je pense que tu as raison de l'évoquer, je pense que les femmes le vivent.
- Speaker #0
plus que les hommes parce qu'il y a quelque part un peu cette sensation de sacrifice. Comme si c'était ancré en nous. Depuis la naissance, tu seras amené en tant que femme à faire un certain nombre de sacrifices pour tenir ta famille, comme tu l'as dit, être l'épaule de ton mari, être l'épouse en fait, être la maman. Mais du coup, tu as envie de dire oui, mais moi dans tout ça en fait.
- Speaker #1
Donc toi, comment ça s'est… Tu as fini par partir, tu as quitté le marketing, tu commences à...
- Speaker #0
Du coup, la carrière, c'était le dernier pour moi, là où j'avais appliqué plein de changements partout. Tu vois, j'ai embrassé aussi le fait que je sois une artiste, je me suis remise à peindre. J'ai commencé à créer plein de choses, des voyages, des choses que je n'aurais peut-être même pas osé avant. Le dernier pilier, c'était la carrière. C'était un processus qui a pris plusieurs années. C'était de commencer à se rendre compte, finalement, de ce que j'ai toujours fait. Là, je pense vraiment à ma carrière. corporate en dernier, j'étais dans la publicité. Et c'était comme si, encore une fois, tu as cette voix intérieure qui te parle jusqu'au jour. C'est devenu comme une évidence en fait. Mais ce que je fais là n'est plus du tout en alignement avec qui moi je suis. Je suis en train… Et aucun, comment dire ça, ce n'est pas du tout une critique envers les gens qui travaillent dans la publicité. Moi, je l'ai fait pendant des années. J'ai adoré, j'ai kiffé, mais ce n'était plus en alignement avec qui j'étais. Je dis, là, je passe mon temps en fait. Ah oui, certainement avec un beau salaire, des voyages, etc. mais à aider des grosses entreprises à s'enrichir encore plus en influençant des gens comme vous et moi à les convaincre qu'ils ont besoin d'un produit ou d'un service dont ils n'ont peut-être pas besoin finalement. Et moi, je me dis qu'en fait, je n'ai plus du tout envie de faire partie de ça. Donc moi, en parallèle, commençant à vivre vraiment et à incarner cette nouvelle personne que j'étais, ou la vraie Adeline, j'ai envie de te dire, cette renaissance. C'est passé aussi par un questionnement. Du coup, si je ne rentre plus dans le milieu corpo, qu'est-ce que je vais faire ? Avant même de se poser cette question, il y a déjà quelque chose qui a émergé. J'ai suivi un coaching. Je me suis fait coacher pendant des années par deux coachs différents. La première me l'avait déjà dit. Mais tu sais, parfois, tu as besoin d'avoir une information que tu viens plusieurs fois pour l'intégrer. C'est devenu une évidence avec ma deuxième coach. Elle me dit, en fait, tu es faite toi pour ça. pour accompagner les gens en tant que coach. Moi, j'avais du mal avec le terme coach pendant des années. Je refusais ce terme parce que tu le sais aussi bien que moi aujourd'hui, il y a tellement de gens qui se nomment coach. Une parmi des milliers, voilà, un peu ce côté. Elle m'a dit non, je pense que tu es faite pour ça. Donc, à mon retour en France, c'est là que j'ai vraiment pris la décision de faire une certification de coaching pour faire les choses. On va dire, il y a toujours, tu vois, il y a peut-être encore un système de croyance. Je dis non, si je veux être coach, je vais vraiment le faire correctement. C'est-à-dire en alignement avec la déontologie et l'éthique du coaching. Ce n'est pas juste un certificat de 20 heures sur Instagram par un mec qui est dans sa piscine à Bali en te disant qu'il va révolutionner le monde. Mais voilà, une vraie école de coaching, c'est vraiment là que le basculement s'est fait de ma carrière au sein de l'entreprise à tout doucement, je ne l'ai pas fait, ça ne s'est pas fait. Genre, j'ai dégagé ma carrière. Brutalement, quoi. Exactement. Ça s'est fait de manière progressive, un coaching, deux coachings, trois coachings en parallèle de mon autre job. Voir les gens qui s'ouvrent, qui se révèlent, cette notion de partage, planter ses graines, leur faire se poser des questions, avoir cette réflexion. Donc, ça, ça m'a encore plus convaincue que c'était ce que j'étais faite et que c'était ça que j'avais fait. Voilà.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a eu quelque chose que tu as eu peur de perdre ? Je ne sais pas, du confort financier ?
- Speaker #0
Tu mets carrément le doigt dessus. C'est important que tu l'évoques, parce que sinon, je n'aurais même pas pensé, alors que c'était peut-être, je te disais, le dernier pilier et pas forcément. Oui, la dernière croyance, c'était « je vais devoir faire une croix sur mon lifestyle. Je ne vais pas pouvoir vivre comme je l'ai vécu ou quand bien même je bossais comme une dingue. » Ça me permettait aussi, bien sûr, de de vivre dans des chauds appartements, des villes que je kiffe, de pouvoir me permettre plusieurs voyages à l'étranger par an. Donc, c'est de se dire, est-ce que si je me lance dans le coaching, ça va ? Je vais devoir mettre ça de côté. Donc, bien sûr, ce que je me rends compte, mais ça, c'est aujourd'hui, encore une fois, avec le recul, c'est que paradoxalement, tu peux démarrer. Enfin, tu peux démarrer. Oui, peut-être que tu vas démarrer dans une nouvelle vocation en faisant moins d'argent que tu faisais d'avant. Mais ça, je reste. persuadé aujourd'hui, plus tu vas être en alignement avec toi, le confort matériel, le style de vie, etc. va revenir ou d'une autre manière, en fait. Tu vois ce que je veux dire ? Oui. Pendant un moment, il va peut-être falloir que tu le mettes de côté parce que c'est une notion de choix. Tu vois, aujourd'hui, typiquement, mon job en tant qu'employé, mais dans une boîte de coaching, job que je n'aurais jamais anticipé, que je ne savais même pas exister il y a encore un an, me permet de vivre du coaching quelque part. mais de continuer à avoir mon lifestyle. Mais ça, il y a un an, j'avais encore en tête de me dire qu'il va falloir peut-être que... Tu ne vas peut-être pas pouvoir vivre du coaching, mais c'est apprendre à être OK avec ça. C'était de me dire à un moment, j'étais tellement pas bien. Et se rappeler de ça aussi, quand je travaillais dans la pub, me dire que ce n'est pas du tout en alignement avec moi. Finalement, encore une fois, on revient à cette notion de choix. Est-ce que je préfère finalement peut-être gagner moins pendant un certain temps ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
maître. en alignement avec moi-même pouvoir bien dormir la nuit bien sûr moins dépenser d'argent mais peut-être peut-être aussi quelque part plus apprécié ce que j'ai aujourd'hui on verra après que oui je peux continuer à voir ce lifestyle mais si moi fondamentalement de l'intérieur je fais pas bien je suis vide c'est voilà pour un moment et à un moment est venue le cette décision de dire maintenant je peux plus en fait je souscris vraiment à ce que tu dis parce parce que...
- Speaker #1
de trouver vraiment ce qui te plaît, ce qui te parle, et du coup, ta place dans la société, d'être bien dans ce que tu es avec les autres, etc., ça n'a pas de prix. Et effectivement, peut-être qu'il y a un moment, il faut sacrifier un peu, mais comme tu dis, quelque part, le calcul se fait tout seul. C'est-à-dire que la balance, elle se fait comme ça, et tu dis « Ok, je vais gagner moins d'argent, mais au final, je suis tellement plus heureuse comme ça. »
- Speaker #0
Exactement. Et tu vois, même avec le recul, je ne changerais même pas. Je ne changerais pas ce processus. c'est ce processus Et c'est passé par ces doutes, ces allers-retours, cette humilité aussi. C'est ça, je parlais de courage, mais ça demande une certaine humilité de redescendre parfois, redescendre de plusieurs étages, tu vois, par rapport au processus. De l'extérieur, tu vois, moi, je pense, par exemple, même des gens que je connais, pas de manière très proche, mais tu vois, sur les réseaux sociaux, bien sûr que de l'extérieur, les gens ont l'impression que, ah, presque du jour au lendemain, ah, elle a pu acheter une maison, elle a pu partir en voyage. Elle a une super vie, mais non, en fait, qu'est-ce qu'il ne se rende pas compte ? Et c'est pour ça que j'essaye d'en parler le plus possible. Non, il y a ce que vous voyez, mais vous ne voyez pas tout le travail qui est derrière. I fucking did the work, tu vois. Ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Ça m'a demandé blood, sweat and tears, tu vois. Oui,
- Speaker #1
coup de leçon. Je ne sais pas comment tu l'as senti, mais il y a un moment, c'est vrai qu'il faut se sentir assez fort. et à ses droits dans ses bottes, ses pressions que je n'aime pas, mais bon, et se dire, non, mais je vais le faire et je vais tenir. Il va y avoir des commentaires, il va y avoir des jugements. Ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Bien sûr que j'ai été confrontée à ça. Tu vois, les commentaires de l'entourage. Après, c'est se rendre compte aussi c'est avec quelle intention les gens te font ces commentaires. Moi, mes parents, typiquement, et je pense à plein de moments de ma vie où j'ai voulu faire des changements, que ce soit déménager dans un autre pays, changer de travail et tout. Un de leurs premiers commentaires, c'était « Mais tu sais ce que tu as maintenant, tu ne sais pas ce que tu vas avoir demain, toi. » Et c'était moi me rendre compte qu'en fait, ça partait de leur part. En tout cas, c'était plein de bienveillance et de bonnes intentions qui étaient de me protéger. Mais c'est leur croyance, c'est leur injonction, c'est leur vision du monde. Ce n'est pas la mienne. Mais après, c'est toujours pareil. Quand on reçoit des commentaires, des critiques ou autres, positives ou négatives de l'entourage, c'est se poser la question peut-être est-ce que ces gens-là le font en bienveillance parce qu'ils projettent leur propre peur et qu'ils veulent te protéger quelque part ? Ou est-ce que parfois, il y aura des gens, ce sera peut-être par jalousie ou parce que tu ne corresponds plus à l'identité qu'ils avaient de toi ? Et c'est après aussi à soi, et j'en reviens toujours à Sanfi, à son intuition et s'écouter soi pour différencier les différents types de personnes et les différents messages que tu reçois. L'expérience maintenant m'a dit que quand bien même tu perds des gens, bizarrement ou paradoxalement, et tant mieux, c'est comme ça, tu vas perdre des gens et ça va faire de la place pour justement rencontrer de plus en plus de gens qui sont en alignement avec qui tu es et ta manière d'être et de voir le monde. Donc, pas de regrets.
- Speaker #1
Non, parce qu'on finit, je pense que quand on travaille sur cette connaissance de soi, sur ce chemin, etc., on devient plus qualité que quantité quand même.
- Speaker #0
Oui, exactement.
- Speaker #1
Si tu compares Comme on dit, la réussite d'avant, tu vois, et ton succès d'aujourd'hui, qu'est-ce qui a vraiment changé dans ta définition du bonheur ?
- Speaker #0
C'est une super question et peut-être que je vais reprendre un peu des choses que j'ai évoquées avant. Pour moi, le bonheur aujourd'hui, c'est être pleinement soi, c'est intégrer pleinement toutes les différentes facettes de soi. Donc le mot qui me vient en tête, c'est authenticité. être le plus en alignement tu vois tu as parlé de la notion dès le début d'alignement être en alignement avec soi être authentique pour moi c'est ça aujourd'hui le succès c'est quand même un vrai luxe je pense dans la société dans laquelle on vit de pouvoir être pleinement soi est-ce que tous les jours c'est facile c'est rose non c'est ce que je disais la renaissance la transformation c'est pas une destination c'est un voyage parfois lumineux parfois chaotique mais Et... Mais en tout cas, toujours vrai. Voilà, c'est ça en fait le truc. Il y a toujours des doutes, il y a toujours des allers-retours, il y a toujours des remises en question. Mais c'est aussi savoir que ça fait partie du voyage en fait quelque part. Moi aujourd'hui, je veux dire, neuf fois sur dix, je me réveille en me disant, avec de la gratitude, de me dire mais quelle chance j'ai. Tu vois, maintenant en ayant traversé des années, des années de moments… voilà de plomb tu veux dire aujourd'hui j'ai accueilli le temps de me dire ouais mais quel luxe de pouvoir être qui je suis de pouvoir m'exprimer de montrer au monde qui je suis vraiment et encore une fois tu vois et la personne que je suis aujourd'hui aura certainement évolué dans une semaine dans six mois dans trois ans donc c'est pour moi c'est ça c'est ya pas de succès tu vois tu parlais de pourquoi le succès parce qu'on veut reprendre le mot succès pour moi il n'y a pas de succès durable dans la durée sans cette authenticité
- Speaker #1
S'il y a quelqu'un, une femme qui écoute ce podcast et qui sent que sa vie ne lui correspond plus, est-ce que tu as un petit truc à lui dire ?
- Speaker #0
J'aurais plusieurs choses à dire, mais je dirais déjà que s'il y en a qui nous écoutent et qui traversent une crise... J'ai envie peut-être de leur dire, peut-être que ce que toi t'appelles Chris, c'est peut-être juste un appel. C'est peut-être juste un appel intérieur de toi. Il y a une partie de toi qui a peut-être envie d'émerger, qui a envie d'être écoutée, qui a envie d'être accueillie. Je dirais par rapport à la conversation qu'on a eue, c'est pour moi la vraie liberté aujourd'hui, c'est quand tu oses dire non aux attentes des autres. Tu te dis oui à toi. Et pour moi, le vrai succès dont on parlait, c'est l'alignement, l'authenticité. c'est quand ton monde intérieur et ton monde extérieur, finalement, ils s'alignent, tu vois. Là où avant, en comparaison, je te disais de l'extérieur, de l'extérieur, je Ausha toutes les cases, mais à l'intérieur, j'étais bide. Donc pour moi, c'est un peu ça. C'est oser devenir la vraie version de soi-même. Finalement, le succès, il est là.
- Speaker #1
C'est sur ces mots puissants que se termine ma conversation avec Adeline. Je ne sais pas vous, mais moi, son parcours m'a transportée et donné encore plus envie d'aller vers ma liberté. A toutes celles et ceux qui ont envie de changer de vie, j'espère que ce témoignage vous donnera de la force. Et si cet épisode vous a permis, pensez à vous abonner et à partager autour de vous. Et promis, si j'ai plus de 3 écoutes, je vais investir dans un micro digne de ce nom. A très vite !