Speaker #0Bienvenue sur Thé Vert, le podcast qui vous accompagne dans votre transition vers un mode de vie zéro déchet, éthique et minimaliste. Je suis Laure, créatrice couturière de L'Aiguille Verte. Je vous propose des créations de textiles upcyclées et des produits ménagers consignés et écologiques. Chaque semaine, je vous partage des astuces pratiques. On va rencontrer des personnes inspirantes, acteurs de l'écologie ou pas. On va partager avec des invités leur parcours. Et ensemble, on va mettre en place des petits gestes. indispensables et utiles pour prendre soin de la planète. Faisons de l'écologie une aventure simple, durable et fun. Alors, prêt à passer au verre ? C'est parti ! Bonjour, bonjour ! Bienvenue sur TVR ! Alors, j'espère que vous m'entendez bien, parce que cette semaine encore, je suis dans la voiture en train d'enregistrer cet épisode de podcast. Mais j'aime trop ça, j'aime trop vous enregistrer des épisodes de podcast, j'aime trop partager avec vous, vous inspirer, vous aider, vous encourager. Donc je le fais n'importe où, n'importe quand, envers et contre tout. Je suis là, au rendez-vous ! Ça fait un peu jingle mon affaire quand même, mais bon, vous connaissez mon ton, mon humour, voilà, comme d'hab, je suis fidèle à moi-même. Donc cette semaine, de quoi va-t-on parler ? Nous allons parler du vrai prix des bonnes choses. Et oui, j'ai encore piqué le slogan, alors cette fois c'est à une marque de grande distribution, voire même de hard discount comme on peut les appeler, et une enseigne dans laquelle j'ai travaillé, moi étant étudiante, donc dont je connais aussi un petit peu les coulisses et les dessous, les cadences, le gaspillage, enfin bref, tout ça. Je sais bien, je leur ai piqué leur slogan. Dites-moi en commentaire d'ailleurs si vous avez reconnu quel est le nom de cette marque. Bref, passons quand même au sujet concret. Pourquoi s'y faire les produits écolos ? Franchement, 7,50€ une éponge, c'est abusé. Oui, oui, toutes ces phrases que j'entends de temps en temps quand je suis sur les salons ou les marchés. Alors, pas de tout le monde bien sûr et heureusement. Mais c'est un sujet que je trouve intéressant d'aborder là en ce mois de janvier. Car on est aussi en pleine période des soldes, des promotions à Google. des dernières démarques, des prix cassés, tout doit disparaître. Et parce que justement, moi, je ne fais pas de soldes. Je vais vous expliquer pourquoi. Alors oui, j'ai quand même quelques fins de série. J'ai quelques articles imparfaits, des produits à prix réduits parce qu'ils ne sont pas 100% parfaits, mais toujours utilisables. Parce que ça peut être la dernière pièce d'une collection. Et donc, pour pouvoir épurer un petit peu le site, alléger aussi son poids en termes d'hébergement sur les plateformes, aussi pour l'impact écologique, je préfère réduire aussi la quantité de référence. Il y a plusieurs raisons. Le stock, c'est aussi de l'argent qui dort. Clairement aussi, pour moi, on ne va pas se mentir, il faut aussi se dire les choses. J'ai quelques articles qui sont en réduction, qui permettent aussi à des gens qui ont un petit peu moins de pouvoir d'achat, qui pourraient se tester, en profiter, etc. On peut avoir des périodes de vie aussi plus dures que d'autres. Je fais quand même cette petite catégorie-là sur le site, la partie braderie sur régulier.fr. Mais sinon, je n'ai pas de grosses promos, des prix divisés par deux, des tout à moins 60, 70%, 80%. Non, c'est vraiment pas une volonté de ma part, au contraire, c'est vraiment un choix, et je vais vous expliquer pourquoi. Dans un premier temps, je voudrais reprendre l'expression que mon beau-père dit souvent, c'est que le pas cher coûte cher. On a été conditionnés pendant des années à croire qu'un produit pas cher, c'était une bonne affaire, c'était une bonne chose, etc. Deux achetés, un offert, prix imbattable. le moins cher de la région, le moins cher des supermarchés, vous ne trouvez pas moins cher ailleurs, etc. Mais ce qu'on ne voit jamais derrière ces prix, c'est le coût réel, à la fois financier, mais pas seulement. Si je prends l'exemple d'un t-shirt qui va être à 3 euros, il a probablement été cousu, malheureusement, dans des conditions humaines déplorables, par des enfants, ou en tout cas des gens, même si c'est des adultes, qui vont travailler 14 heures par jour, dormir sur le lieu de travail. n'être payé qu'à la commission, qu'à la pièce qui va être cousue. Il a nécessité environ 2700 litres d'eau. Il a traversé la planète dans des cargos ultra-polluants, en avion, etc. Même chose pour les produits ménagers à bas prix, parce que c'est aussi un produit que moi je vends et que je défends en termes de qualité, de provenance, etc. C'est que les ingrédients peuvent être irritants, des substances cancérigènes, cancérogènes, controversées. Des perturbateurs endocriniens dedans, oui, il y en a aussi dans les produits ménagers. Du plastique à usage unique, en veux-tu en voilà, avec des bouchons particuliers qui sont valables que pour un seul type de flacon, donc voilà. Avec en plus, en plus pour couronner tout, parfois une efficacité qui clairement laisse à désirer. Donc le pas cher coûte cher par rapport à notre santé, l'environnement, et souvent d'autres humains, d'autres humains ailleurs sur la planète, vont payer le prix que vous, vous ne payez pas. de leur vie, de leur santé, de leur temps, etc. Mais ça, bien sûr, c'est pas écrit sur les étiquettes. Sinon... Si vraiment on savait tout, est-ce qu'on achèterait ces produits ? Il faudrait être quand même un peu inhumain pour l'acheter quand même, sachant comment c'est fabriqué certaines choses. Point suivant, le vrai prix des bonnes choses, que vous payez vraiment avec un produit éco-responsable. Quand on me dit qu'une éponge c'est cher, 7,50, l'éponge lavable, elle est chère. Moi j'ai envie de vous répondre, j'ai envie de prendre le temps de... Oui, mais qu'est-ce que tu payes vraiment ? Qu'est-ce qu'il y a dans cette éponge ? Il y a du temps, il y a des matières premières, il y a de la recherche, il y a du... tous les supports informatiques pour le site, les commissions bancaires, les frais d'URSSAF, les frais d'impôt, toutes ces taxes et ces charges qu'on peut avoir aussi. Il y a aussi mon salaire, bien sûr, parce que je ne fais pas ça bénévolement, c'est mon travail. Et qui voudrait gagner moins de 10 euros de l'heure ? Personnellement, pas moi. En tout cas, ce n'est pas ma vision du travail, ce n'est pas ma vision de ce que j'ai envie d'inculquer non plus à mes enfants. Quand on parle de valeurs, c'est aussi les valeurs humaines de transmission, d'éducation. Si je prends l'exemple clairement du kit lessive à diluer. Le prix est à 8 euros. Pour ce prix, vous avez un litre de lessive ultra concentrée, mais qui a une formule saine, sans parfum de synthèse. Ce sont des vrais quartiers de pommes que je vais faire macérer dans la poudre. Pas d'huile essentielle. Elle a également une empreinte carbone qui va être réduite d'environ 95% par rapport à des bidons de lessive que vous pouvez acheter tout près en supermarché. Et c'est un produit que j'ai testé pendant des mois, voire même des années. sur mon linge, sur ma peau, sur mes vêtements, sur ma famille, sur celui de mes enfants. Ce que vous payez, ce n'est pas juste le produit, le petit sachet en poudre prêt. Ça va être aussi tout le temps de recherche, les tests que j'ai faits, le laboratoire, la recherche et le développement avec eux, la fabrication réfléchie, les ajustements, le côté où tout cet amour que j'ai mis dedans et que je mets pour vous, pour votre santé. C'est ce que vous payez, ce que vous offrez à votre famille. Un produit de qualité qui ne va pas les empoisonner. qui ne va pas leur donner le cancer parce qu'ils ont porté des t-shirts qui ont été lavés par une lessive toxique. Moi, je ne vends pas à perte, je ne veux pas faire du volume, je vends pour continuer à créer, pour pouvoir vivre de mon travail. Chez toutes les créatrices, c'est comme ça. Pour tous les produits, pour les lingettes, les éponges, etc. Il y a de la découpe, il y a du temps de couture, bien sûr, pour retourner, rembourrer, surpiquer, consolider. C'est pas juste. Un produit qu'on va utiliser trois fois par jour, si je parle d'une éponge par exemple, pour laver sa vaisselle à chaque repas. C'est aussi revaloriser des biens qui étaient inutilisés, qui dormaient, qui auraient pu finir à la poubelle, incinérés, dans des décharges, ou pire, traités à l'autre bout du monde, dans des eaux saumâtres, par des enfants qui sont venus tout trier, rien que d'y penser. Bref, j'arrête parce que je sais que vous pouvez voir des tonnes de reportages comme ça à la télé. où on voit des enfants sur ces montagnes de déchets. Étant maman, moi ça me fend le cœur, je me dis qu'on est vraiment nés dans un bon pays, en fait. Clairement. Bien sûr qu'il y a des choses qui sont perfectibles partout dans le monde. Mais là, vraiment, qu'on ne vive pas là-dedans, on a vraiment une chance. Clairement. Bref, je ne veux pas non plus faire culpabiliser, et je tiens quand même à le dire, ceux qui achètent de temps en temps, et je dis bien de temps en temps, quelques fois par an, sur des sites vraiment bas de gamme ou dans certains magasins vraiment à tout petit prix, vraiment par nécessité. Je ne parle pas des gens qui vont faire une commande sur Shine tous les 15 jours parce qu'ils ont envie d'avoir le nouveau t-shirt violet à la mode. Je parle des gens qui ont vraiment peu de moyens, qui sont à 2 euros près en fin de mois et qui n'ont pas le choix, qui pour s'habiller vont là-dedans. Alors je tiens quand même à redire que les friperies, la seconde main, etc. c'est quand même très accessible. On peut aussi avoir des vêtements qui sont donnés. autour de nous pour les enfants, on fait beaucoup ça avec les copines, mais il y a des gens qui n'ont vraiment pas d'autre choix. Et là, je pourrais comprendre, avec ces gens-là, je suis tolérante. Si vraiment, je veux juste le dernier t-shirt à la mode, mode rose, vert, violet, bleu, avec le dessin d'un ours dessus, ou je ne sais pas quelle licence, ni quoi que ce soit, et c'est un achat comme ça, compulsif, tout le temps, tout le temps, là, c'est un truc que je ne comprends pas. Là, c'est un truc, je ne veux pas m'énerver, mais c'est un truc que je ne tolère pas. Bref, je voulais aussi revenir sur un point de pourquoi je ne fais pas de soldes, et je voudrais aussi vous expliquer ce que c'est les soldes, à la base, qu'on revienne vraiment à l'essentiel. La base, les soldes, ça servait à écouler des stocks dormants, des anciennes collections, qui prennent de la place, qui ne servaient à personne ni rien. Pour une entreprise, c'est une bonne chose. C'est ce que j'ai dit tout à l'heure, moi j'ai quelque chose en braderie, où ça a du sens. On peut tous comprendre que quand on a trop, même quand t'as la maison, on a de... Je ne sais pas, une fois, on a acheté trois paquets de riz parce qu'il y avait une promo, on les a achetés. Puis finalement, on se rend compte qu'on ne les mange pas trop. On va tous les manger d'un coup. On va dire, allez, j'écoule mon stock avant de racheter. Une entreprise, à la base, c'était ça. C'était pour aider les entreprises à passer aux nouvelles collections parce qu'il y a des histoires de saison, etc. Voilà, ça c'est ok. Aujourd'hui, les soldes, c'est plus ça. C'est comme le Black Friday, c'est devenu un outil de surconsommation. Et puis, autre chose, quand vous avez dans les magasins moins 70, moins 80, moins 90%, vous vous doutez bien qu'ils ne vont pas vendre à perte tout le temps comme ça pendant 4 semaines, ou je ne sais même plus la durée des soldes d'ailleurs, je ne sais plus si c'est 4 ou 6 semaines, mais 2 fois par an, voire 3 fois ou 4 fois par an avec les ventes privées, les machins, les Black Friday, ils ne vont pas vendre à perte tant que ça tous les 3 mois. Clairement. Donc ça veut dire que les prix de base sont gonflés. Clairement. Et ça, moi, je trouve pas ça éthique. C'est pour ça que moi, je ne fais pas de solde. Parce que ça veut dire que mes prix de base sont gonflés toute l'année. Ou alors que je serai obligée de ne pas me payer. Et c'est pas mon but. Moi, je crois vraiment au prix juste toute l'année. Un prix qui puisse rémunérer correctement mon travail, qui va respecter la matière, la qualité, qui ne dépend pas d'un calendrier commercial et des opérations obligatoires de faire. Quand je fais une réduction, c'est parce que le produit est imparfait, la série s'arrête. Mais pas pour créer une fausse urgence. Vous avez une réduction aussi sur les packs, parce que forcément, le pack Maison Seine notamment, qui est à 35 euros avec les frais de port, je ne gagne presque rien. Je me rémunère à peine. Je ne vends pas à perte, mais je me rémunère à peine. Je suis quasiment à zéro. Pourquoi je le fais ? Pour pouvoir rendre ça accessible au plus grand nombre. Pour pouvoir aussi me faire connaître. C'est un argument de vente. Je crée un pack tout prêt pour pouvoir tester et découvrir. Ensuite, les prix sont au prix juste. Les autres produits, quand vous les prenez à l'unité, sont au prix juste. Voilà, c'est un argument commercial. Je le fais aussi pour pouvoir faire grandir les guivertes, partager de plus en plus mes valeurs. Et voilà, ça c'est aussi important pour moi. D'ailleurs, n'oubliez pas, partagez quand vous faites des photos. Enfin, vous pouvez faire des photos des produits, les partager sur les réseaux. Vous pouvez envoyer, offrir ça à des amis. Il y a plein de façons aussi de soutenir l'aiguille verte en achetant, mais aussi après, en partageant autour de vous. Dans la série Pas cher, coûte cher, il faut aussi que je vous parle du jetable. On raisonne souvent sur l'achat immédiat, le calcul immédiat. Ah, cette éponge, 7,50€, c'est cher. Mais on oublie le calcul sur la durée. Une éponge lavable, ça va être des dizaines d'éponges jetables évitées. Une lessive concentrée, ça va être moins de bidons, moins de transports, encore une fois, moins d'argent. Des produits qui vont être durables, lavables, réutilisables, c'est moins d'achats répétés. Il y a aussi le coût mental, de la charge mentale, du jus de cerveau comme je l'appelle. Si j'ai des trucs lavables, je n'ai pas besoin de mettre sur ma liste de course toutes les semaines les éponges, les lingettes démaquillantes, le coton démaquillant, etc. On va acheter moins, mais mieux. C'est plus économique sur la durée. Oui, il y a un côté investissement, c'est certain. Mais n'empêche que sur la durée, vous y gagnez. Faites le calcul à l'année. Enfin bref. Voilà, pour conclure, je voudrais vous dire que oui, je sais que mes produits ne sont pas les moins chers du marché, que les vraies bonnes choses ont un prix, mais que je préfère vendre des produits plus chers et moi-même acheter des produits plus chers pour qu'ils reflètent la qualité que j'ai envie d'avoir, la durabilité, l'éthique, la cohérence. Et c'est donc ça, pour moi, le vrai prix des bonnes choses. Voilà, si vous avez envie de découvrir mes créations, éguviate.fr. Si cet épisode vous a parlé, laissez un commentaire, partagez-le. Venez me taguer en story sur Instagram quand vous l'écoutez, en train de courir, faire la vaisselle, en voiture, peu importe. Et je vous dis à la semaine prochaine dans Thé Vert. Ciao, ciao ! Thé Vert, c'est fini. C'est tout pour aujourd'hui. Alors rendez-vous maintenant la semaine prochaine.