Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mipsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.mtca. Très belle écoute ! Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode d'un pas de côté que je vous propose comme d'habitude puisque c'est le concept en marchant. Aujourd'hui j'avais envie de revenir sur quelque chose que j'ai entendu dans l'épisode de podcast dont je vous ai déjà parlé qui parlait de... des addictions et notamment de l'alcoolisme. Et une chose a été dite dans cet épisode qui m'a semblé vraiment importante, vraiment utile pour la santé globale, la santé mentale au global, mais aussi particulièrement quand on traverse un épisode de vie avec des troubles alimentaires, c'est le fait d'avancer par tranche de 24 heures. C'est le fait... de prendre la vie en mode un jour après l'autre. En fait, c'est a priori un des principes amenés par les groupes des alcooliques anonymes. Et on comprend bien que l'idée, c'est qu'on avance un pas après l'autre et que s'imaginer être sobre pendant 3 mois, 6 mois, 8 mois, imaginer sa vie sans le produit auquel on est addict pendant aussi longtemps, c'est décourageant. Et on peut vite se dire que non, je ne vais pas y arriver. Sauf que finalement, une semaine, c'est 7 fois 24 heures mis bout à bout. Et que par tranche de 24 heures, ça paraît beaucoup plus faisable. Et que l'idée, c'est d'avancer un jour après l'autre. Et j'ai trouvé cette idée vraiment très parlante. Vous le savez, si vous m'écoutez régulièrement, je suis vraiment une adepte des petits pas. Et je trouve que cette idée permet... D'appuyer là-dessus et de se dire, ok, un pas après l'autre, un jour après l'autre, j'avance aujourd'hui et je ne suis pas en train de me dire, tiens, comment ça va se passer demain, dans une semaine, etc. Et à plusieurs niveaux, ça me semble très utile dans les troubles alimentaires. C'est vraiment le côté corporel où en fait, très souvent, je le vois bien dans mes accompagnements, les femmes que je vais accompagner, elles ont très peur de grossir. mais elles ont très peur de grossir sur ce chemin de guérison des troubles alimentaires. Et donc finalement c'est ça qui peut être hyper bloquant pour avancer et mettre les actions en place pour aller mieux. Et derrière la peur de prendre du poids, c'est surtout la peur que ça ne s'arrête pas. Il y a ce truc de « ok c'est d'accord de prendre 2-3 kilos sur le chemin » Mais moi, j'ai juste peur que ça continue, que ça continue. Et donc d'en prendre 10, 20, 30. Quand on prend la vie 24 heures après 24 heures, on peut aussi apaiser ce truc-là, un jour après l'autre. Se projeter dans un futur. Je suis en train de manger du chocolat, alors dans deux ans, j'aurais pris 10 kilos. Quand on y pense, ça a quelque chose d'un peu fou. De toute façon, nos peurs, elles sont plutôt... Il réfléchit, dans le sens où il y a quelque chose de pas très réaliste, évidemment, dans les choses qu'on se raconte. Mais en tout cas, de pouvoir se le dire, se dire « En fait, non, mais là, je suis en train de manger du chocolat maintenant. » J'ai besoin pour aller mieux parce que je suis accompagnée dans ce sens-là, peu importe. Et ne pas aller, s'empêcher d'aller vers le... au long terme, qu'est-ce qui va se passer ? Et si je faisais que de grossir, etc., ça peut être très aidant. Et je pensais aussi par rapport aux prises alimentaires, je pense que ça peut être très aidant. Je sais que quand on souffre de troubles alimentaires, on a l'envie de tout contrôler, maîtriser. Et donc il y a... chaque repas qui est relié à un autre repas. Je m'explique. C'est difficile de manger en lien avec les envies qui se présentent maintenant puisqu'en fait, on fait nos choix en lien avec ce qu'on a mangé avant et puis peut-être ce qu'on va manger après. Et tous les repas sont comme des petits trains qui se suivent. Et finalement, ça passe aussi d'une journée à une autre. Et donc il y a un espèce de lien comme ça, bah oui je sais qu'en fin de semaine par exemple je vais manger au restaurant, donc je dois faire attention la veille, l'avant-veille, enfin voilà. Choisir de prendre les choses 24h après 24h permet aussi de limiter cet effet-là et peut permettre de réussir à prendre de la distance avec ça et d'être plus connecté à ce qui se passe sur le moment. Et de faire ses choix en étant en lien avec les besoins qui sont là. Et peu importe ce qu'on a mangé avant et peu importe ce qu'on va manger après. Donc je trouve ça vraiment intéressant. Cette approche, ça m'a beaucoup parlé. Et puis, j'ai envie d'aller plus loin. Trouble alimentaire ou non, c'est une approche que je trouve très utile. Moi, je suis quelqu'un de très anxieux. Et en fait, dans l'anxiété, c'est surtout souvent... Je ne suis pas la seule de l'anxiété d'anticipation. Qu'est-ce qui va se passer ce soir, demain, dans 15 jours ? Et avec plein de peurs qui sont associées à ça. Et je ne vis pas du tout ma vie au jour le jour. Je suis quelqu'un qui anticipe beaucoup. Alors ça m'a apporté plein de qualités. Je peux être en tout cas très organisée. Je suis très prévoyante. Je suis capable de penser à tous les scénarios. donc du coup Évidemment, je suis prévoyante, mais c'est de la prévoyance anxieuse, donc ce n'est pas forcément facile à vivre. Et de prendre la vie comme ça 24 heures après 24 heures, bien sûr que ce n'est pas toujours faisable. On doit s'organiser dans son travail, dans sa famille, etc. Mais de s'efforcer d'être un peu plus dans cet état d'esprit, j'ai l'impression que ça peut me faire beaucoup de bien. C'est quelque chose que j'essaie déjà de mettre en place. Et je me dis qu'il y a là, sans doute, quelque chose de précieux pour notre santé mentale, surtout dans une société où il faut toujours faire plus, réfléchir à tout, tout sur-anticiper, être au top de tout, de l'organisation, peut-être même encore plus en tant que femmes qui portons, toujours même en 2026, encore beaucoup de charges mentales à différents niveaux. Et donc cette idée de... segmenter sa vie un peu plus et de prendre ce qui vient et de voir déjà à quel point aller jusqu'au bout de ces futures 24h c'est déjà bien c'est déjà beau d'être là de faire les choses, d'avancer de mettre un pied devant l'autre et de s'en féliciter et de pas sur-anticiper tout ce qui va se passer je pense que ça peut être très aidant voilà j'espère que ces petites pensées vous auront apporté des choses. Peut-être que vous aussi, vous aurez envie d'avancer 24 heures après l'autre et de prendre la vie un peu plus de cette manière comme il est conseillé de le faire chez les alcooliques anonymes. Et en tout cas, n'hésitez pas à me faire vos retours, à me dire ce que vous en pensez. Et voilà, n'hésitez pas aussi au global à me dire ce qu'a pu vous apporter le podcast et à me soutenir. en partageant le podcast, en l'envoyant à des proches, en le commentant, en mettant 5 belles étoiles, mais aussi si vous le pouvez et si vous le souhaitez, en le soutenant financièrement. Je vous remercie et je vous dis à très bientôt. Ciao !