- Speaker #0
Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation Peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie. Les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast. où je vous propose de vous retransmettre un live que j'ai enregistré récemment avec Alizé Perrin du compte Encore un pas sur Instagram qui dans le cadre de la semaine de prévention des troubles alimentaires qui était dédiée à l'hyperphagie cette année a proposé à différents professionnels de faire des lives avec elle et donc j'ai eu la chance de pouvoir faire un live avec Alizé sur la question du lien entre l'hyperphagie, les violences et le patriarcat. Je vous souhaite donc une très bonne écoute.
- Speaker #1
Et bonsoir tout le monde, j'espère que vous allez bien. On se retrouve pour le deuxième live de cette semaine de sensibilisation sur les TCA, sur le thème de l'hyperphagie. Un live que je vais faire avec une autre intervenante, où on va vous parler du lien entre hyperphagie, violence, patriarcat, psychotraumatisme. On va parler un petit peu de tout ça ce soir. Avec donc Flavie, Flavie Milsono, qui est thérapeute spécialisée aussi, comme moi, dans les compulsions alimentaires, et qui est beaucoup plus spécialisée sur la partie un petit peu, voilà, psychotrauma. Donc je vais l'inviter dans quelques instants à rejoindre la vidéo. J'espère que vous m'entendez bien, parce que j'ai branché un... enfin j'ai pas branché, mais j'ai un micro différent d'hier, donc j'espère que tout va bien niveau son. Est-ce que, éventuellement, si quelqu'un peut m'envoyer un petit pouce pour me dire c'est bon au niveau son, que je ne sois pas en train de parler dans le vide ? Voilà, j'espère que ça va, que ça va aller comme ça, parce que j'avais l'impression qu'hier, dans l'autre live, vous m'entendiez moins bien. Enfin, quand je regarde le replay du live, je trouve que le son n'était pas ouf. Donc, c'est parti, je vais inviter Flavie. Comme pour la dernière fois, en fait, pour toutes vos questions, je vous invite à utiliser la petite boîte. en dessous la petite boîte avec le point d'interrogation parce que sinon vos questions vont défiler et on va les perdre donc n'hésitez pas, merci beaucoup pour vos pouces, c'est bon je sais qu'on m'entend on répondra, on essaiera de répondre à toutes vos questions et donc c'est parti, je vais demander à Flavie je l'espère parce que souvent dans les lives comme ça Instagram on a souvent des petits bugs alors, ça va très bien Salut Chouali !
- Speaker #0
Hello ! Salut Alizé, salut tout le monde ! Ça va ?
- Speaker #1
Ouais, ça va ! Trop contente qu'on t'entende bien en tout cas. Voilà. C'est chouette de faire ce live avec toi ce soir. Oui ! Et je pense que c'est un sujet important là dont on va parler, dont on ne parle pas assez. Le lien entre l'hyperphagie et le patriarcat. Gros sujet !
- Speaker #0
Ouais, c'est clair, j'ai l'impression comme toi que c'est un sujet qui est peu abordé, et que j'ai souvent des retours des personnes qui écoutent le podcast, qui me font ce retour-là, justement, qui me remercient d'en parler en disant « mais jamais j'ai entendu parler de ce lien-là, quoi » .
- Speaker #1
Donc peut-être, pour commencer, est-ce que tu peux te présenter pour les personnes qui ne te connaissent pas, voilà, qui tu es, est-ce que tu fais ton métier et tout ça ?
- Speaker #0
Ouais, tout à fait, je m'appelle Flavie Milsono, je... Je suis éducatrice, thérapeute et formatrice spécialisée autour du comportement alimentaire. Je préfère dire ça que troubles alimentaires parce qu'en fait, c'est même encore plus large que les troubles alimentaires. C'est vraiment le comportement alimentaire et le rapport au corps. Ça fait cinq ans maintenant que je me suis spécialisée et ça fait même trois ans que je me suis encore un peu plus spécialisée sur les troubles compulsifs. Donc, du côté de la boulimie et de l'hyperphagie. Et donc... cette année enfin on parle davantage de l'hyperphagie dans la sensibilisation au TCA donc c'est cool je suis par ailleurs engagée aussi dans une association où j'accompagne les victimes de violences sexuelles donc voilà on va pouvoir faire des liens ce soir notamment que dire de plus j'ai un podcast qui s'appelle TCA etc que je brille très régulièrement parce qu'il y a deux épisodes par semaine et un compte flavie.mtca aussi depuis quelques années voilà
- Speaker #1
Ok, merci. Et oui, je pense que, tu vois, de par ton travail en association, ça va être hyper intéressant. Enfin, tu as dû forcément faire des liens hyper intéressants ou aussi, bien sûr, à travers tes accompagnements entre les TCA et les violences, notamment faites aux femmes. Donc, on va en parler. Et voilà, je trouve ça chouette. Peut-être déjà de rappeler quelques statistiques entre les violences, l'hyperphagie, la prise de poids. Ça pourrait être intéressant. Je peux en lire certaines, ou toi aussi peut-être que tu avais des chiffres.
- Speaker #0
Je te dirais, commence, et puis si jamais j'en ai d'autres, j'ajouterais, mais potentiellement. À mon avis, on en a eu même.
- Speaker #1
Ouais. Écoute, j'ai par exemple des études qui confirment que les troubles psychotraumatiques sont fréquemment associés à des TCA, que ce soit anorexie boulimique, hyperphagie boulimique. et les troubles psychotraumatiques, il a été prouvé que les troubles psychotraumatiques augmentent le risque d'obésité, particulièrement chez les femmes et les enfants ayant subi des violences. Les expériences négatives de l'enfance sont un facteur de risque majeur de présenter une obésité et des TCA à l'âge adulte. Donc dans plus de 70% des cas d'obésité, il y a eu des expériences négatives dans l'enfance. Les méta-analyses montrent que toutes les violences subies dans l'enfance Que ce soit violence physique, violence sexuelle, violence psychologique, elles sont fortement associées à des troubles compulsifs alimentaires et à une obésité tout au long de la vie. Et notamment, un truc intéressant, c'est que les violences sexuelles, elles sont plus spécifiquement associées à la boulimie et à l'hyperphagie. J'ai encore d'autres chiffres. Le dernier que je dirais, c'est plus de 30% des victimes de violences sexuelles présentes des TCA. C'est énorme.
- Speaker #0
Oui, c'est énorme. Et on peut imaginer que c'est un chiffre qui n'est même pas encore vraiment dans la réalité. Pourquoi ? Parce que dans les deux cas, c'est des sujets tabous. Les troubles alimentaires et les violences sexuelles. C'est des sujets tabous. Il y a aussi la question de l'amnésie traumatique dans le cas des violences sexuelles, qui peut faire aussi qu'un certain nombre de personnes n'ont plus le souvenir des violences subies. Donc en fait, je pense que les chiffres sont encore au-dessus, mais c'est exactement les chiffres que j'avais. sur la question, ce que je trouvais intéressant, c'était le 30%, 70% effectivement, où on voit que si on prend les victimes de violences sexuelles, dans 30% des cas, il y a des troubles des comportements alimentaires, et si on regarde plutôt les gens qui ont des troubles des conduites alimentaires, on voit que dans 70% des cas, il y a eu des violences par le passé. Et voilà, c'est des chiffres qui sont énormes, mais encore une fois, je pense qu'ils sont peut-être en réalité encore plus élevés.
- Speaker #1
Oui, moi je pense que c'est encore plus courant que ce qu'on croit, malheureusement. Mais effectivement, je pense que c'est largement sous-estimé, c'est comme les chiffres des personnes qui souffrent de TCA, je pense qu'ils sont largement sous-estimés. Malheureusement, c'est des expériences hyper courantes, et c'est triste à dire. D'ailleurs, on a notre première question, si tu as envie d'y répondre, parce que je trouve que c'est directement en lien avec ce qu'on vient de se dire. Et tu disais, il y a des personnes qui ne se souviennent même pas de leur trauma. Et que faire ? La question, c'est... Je vais l'afficher. Que faire quand on ne se souvient pas du trauma qui cause de TCA ?
- Speaker #0
Alors, pour moi, il y a plusieurs questions dans la question. J'ai l'impression que cette question, elle demande aussi, est-ce qu'il y a toujours un trauma ? Est-ce qu'il y a du trauma, forcément, s'il y a un TCA ? La réponse, c'est non. À mon sens, il n'y a pas nécessairement un traumatisme, un truc énorme qui s'est passé. Malheureusement, la culture des régimes à elle seule, enfin la grossophobie ambiante et la culture des régimes, suffisent largement à créer des troubles des conduites alimentaires. Mais en même temps, c'est aussi une forme de violence énorme que de subir de la grossophobie depuis son enfance. Et c'est aussi une forme de trauma potentiellement, quand il y a eu du harcèlement en lien avec le poids, le corps. Quand en plus dans la famille, les proches ont rajouté une couche, rien que ça, ça peut être traumatique. En fait, c'est important de le souligner. Mais du coup, il n'y a pas nécessairement de trauma et de trauma sexuel quand on a un trouble alimentaire. Et ça, ça peut être un frein pour certaines personnes. Moi, j'ai vu des personnes être en psychothérapie et tourner en rond autour de ça en disant « Mais non, mais je n'irais pas mieux tant que je n'aurais pas trouvé la cause. » Et il y a forcément une cause traumatique. Donc, ce n'est pas forcément le cas. Par contre, que faire si on ne se souvient pas ? Du coup... C'est compliqué de répondre à ça, mais s'il y a des doutes ou qu'il y a des symptômes, s'il y a plein de symptômes qui peuvent laisser penser à un trauma, et notamment un trauma d'ordre sexuel... J'ai envie de vous dire, n'hésitez pas à aller en thérapie. Que faire à part ça ? Essayer d'ouvrir, de délier un peu les mots autour de ça, d'aller en parler avec un ou une thérapeute formée, j'insiste à ces questions-là. Je ne sais pas, qu'est-ce que toi tu répondrais ?
- Speaker #1
J'ai envie de dire, parfois aussi, c'est ok effectivement de ne pas se souvenir, et parfois le travail sur les troubles alimentaires... que ce soit en thérapie ou vous travaillez comportemental aussi, ça peut justement aller révéler ce qui est caché sous le tapis. Ça dépend, chaque personne va être différente par rapport à ça, et chaque personne est unique, chaque personne a ses réactions, etc. Mais parfois, ça peut se passer comme ça. On peut aller d'abord aborder le comportement alimentaire, et puis éventuellement faire une thérapie avec une psychologue ou un psychologue spécialisé. Et petit à petit, on démêle un nœud et on se rend compte qu'il y a quelque chose sous le tapis. Et parfois aussi, je pense qu'il y a des personnes qui ne se souviennent jamais, qui savent que c'est passé un truc grave, mais qui ne se souviendront pas. Et ça n'empêchera pas qu'il y aura quand même un travail possible sur les TCA. Oui,
- Speaker #0
d'ailleurs, on peut bosser sur le trauma sans avoir accès au trauma direct, sans aller chercher à faire remonter le trauma. Ça, c'est tout à fait possible. cible en fait c'est pareil, encore une fois je pense qu'on va beaucoup parler, inviter à la thérapie mais faut pas hésiter et je suis d'accord avec toi sur la question de c'est souvent ce que je dis quand on commence à travailler sur les troubles alimentaires moi je vois ça comme une espèce de pelote de laine en mêlée et nous on tire une ficelle et en fait en en tirant une il y en a une autre qui sort et une autre et en fait on sait pas à quoi on va accéder mais j'aime bien aussi la métaphore du tapis parce que c'est exactement Merci. Je veux dire, il y a des personnes qui ont pris conscience d'angoisse de mort, d'anxiété généralisée, de choses comme ça, que le TCA permettait un peu de cacher. Donc effectivement, ça me fait aussi penser à autre chose par rapport au trauma. C'est que moi, j'ai aussi vu des personnes venir vers moi pour des troubles alimentaires et on échange autour de différentes choses. Et moi, en fait, j'entends dans leurs discours des trucs qui m'allument des petites ampoules. Et qui fait que je leur pose la question. Est-ce que vous avez vécu des choses de type trauma, en lien avec le corps, ou voire d'agression sexuelle ? Et en fait, je les vois hésitantes, ou non, je ne pense pas. Et là, des personnes qui peuvent me déposer des choses, il faut dire le mot, c'est de l'inceste, mais qui ne l'ont jamais entendu nommée comme ça de d'autres professionnels, qui minimisent le truc. Et non, mais en fait, il m'arrive un truc, mais... je ne crois pas que ce soit vraiment grave, je ne sais pas trop. En fait, il y a ça aussi. On peut se souvenir, mais la voir ranger vraiment bien dans un coin, minimiser le truc pour réussir à vivre avec aussi.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant, effectivement. Là, cette semaine, on parle vraiment, la sensibilisation, elle se fait sur le thème de l'hyperphagie boulimique et la prévalence. C'est ce trouble alimentaire où il y a vachement plus d'hommes qui sont concernés. Il y a quand même une majorité de femmes, je crois que c'est 60-40. 60% de femmes et 40% d'hommes à peu près. Le fait qu'il y ait plus de femmes, ça s'explique en partie parce que les femmes sont plus touchées par les violences sexuelles. Mais c'est un trouble, il y a quand même beaucoup plus d'hommes que pour l'anorexie ou la boulimie, où là, les différences au niveau des chiffres, elles sont énormes. Il y a vraiment une très grande minorité, une très forte minorité d'hommes, je ne sais pas si ça se dit en français. Et en fait, là où je veux en venir... là où je veux en venir c'est que dans le cas de l'hyperphagie il y a aussi tu citais la culture des régimes tout à l'heure et je pense que c'est important de parler de ça mais pour moi c'est un tout et c'est lié en fait, culture des régimes culte de la minceur, violence tout ça pour moi c'est lié dans un seul et même système et je pense que du coup ça touche c'est pour ça qu'il y a plus d'hommes aussi concernés j'imagine par l'hyperphagie Je ne sais pas ce que toi t'en penses, en fait. Est-ce qu'on peut peut-être essayer de décrire déjà ce que c'est que la culture des régimes, pour les personnes qui ne connaissent pas forcément ?
- Speaker #0
Vaste sujet. La culture des régimes, pour moi, elle est indissociable du culte de la minceur, du fait qu'on érige dans notre société la minceur comme une valeur, en fait. Voilà, c'est ça. Ça devient presque une valeur. Et donc, en fait, c'est associé, justement, à tout un tas d'autres valeurs. La réussite, la maîtrise de soi, la beauté, plein de choses. Et du coup, en lien avec ce culte de la minceur, est arrivé le culte des régimes. Donc la diet culture qui est censée être un outil au service finalement de ce culte de la minceur. Du coup, il faut être mince pour être accepté, pour être heureux, heureuse dans notre société. Et donc, on a à notre service tout un tas de régimes. Et ce culte du régime, en fait, finalement, il est quand même assez récent. Là où le culte de la minceur, alors... Le culte de la minceur, oui. En tout cas, les injonctions autour du corps des femmes, ce n'est pas du tout récent. Parce que lors d'interventions que j'ai pu faire dans des lycées, j'ai cherché pas mal autour de ça. Et par exemple, l'invention du corset, elle date du Moyen-Âge. Donc tu te dis, on n'avait pas d'autre chose à foutre au Moyen-Âge que d'inventer un outil qui allait compresser les femmes. Donc les injonctions sur le corps, elles ne sont pas nouvelles. Par contre, ce culte de la minceur, c'est... À ce point-là, c'est très 20e siècle quand même. Et je pense que le culte des régimes, je crois qu'on a trouvé les calories. C'est hyper intéressant. Je crois que les calories, ça a été découvert en 1920-30. Et tu vois, White Watcher est arrivé en 1960 et c'est vraiment ça, a priori, qui a démocratisé le fait de se mettre à compter ses calories, à vraiment surveiller autant ce qu'on mange. Et donc, la culture des régimes, enfin, moi, je ne sais pas ce que t'en penses, pour moi, aujourd'hui, elle est reine. c'est à dire que je suis d'accord avec toi je pense que les TCA sont sous-diagnostiqués mais parce que justement cette culture des régimes elle est tellement omniprésente que c'est normal c'est normal de surveiller tout ce qu'on mange c'est normal de tout faire pour essayer de maigrir ou rester mince ça a été
- Speaker #1
oui complètement banalisé Et d'ailleurs, il y aura un live plus détaillé sur le sujet de la culture des régimes et pourquoi les régimes aggravent l'hyperphagie. On expliquera ça demain avec une autre intervenante. Mais en fait, ce qui serait intéressant de creuser, c'est pourquoi. Pourquoi là, on a cette culture des régimes ? Pourquoi l'industrie de la minceur a pris une telle ampleur ces dernières décennies ? Et notamment, on voit que c'est complètement ancré dans la culture, notamment chez les femmes comme chez les hommes, mais chez les femmes, vachement plus ancré. Chez les hommes, il y a plus cette notion de performance un petit peu sportive, etc. Et chez les femmes, mais qui n'a pas eu ou qui n'a pas entendu cette conversation entre collègues, entre amis, en famille, ces petits mots, ces petites expressions anodines, « Ah, il faut que je fasse attention, ah ça, si je mange ça, il faut que j'aille courir une heure, etc. » J'ai l'impression qu'on est beaucoup quand même à avoir baigné dans cette culture-là. On peut s'interroger sur d'où ça vient, pourquoi c'est là en fait ? Pourquoi sur tous les femmes ?
- Speaker #0
Parce que comme ça, les femmes, c'est des petits objets dociles. Enfin voilà, pour moi, je suis d'accord avec toi, tout ça, c'est la même chose. Les violences sexuelles, la culture des régimes et tout. En fait, on en revient au fait que la femme est un objet dans la culture patriarcale. est un objet pour être à côté, pour être dominé, pour être utilisé par l'homme. En fait, il y a clairement une domination qui est à l'œuvre dans notre société, où les dominants sont les hommes et les dominés sont les femmes. Après, il y a d'autres minorités, et ce n'est pas forcément le sujet de ce soir, mais effectivement, il y a aussi... En fait, je vais préciser que vraiment, les dominants sont les hommes blancs. cisgenre hétérosexuel et donc il y a cet effet de domination et contrôler le corps des femmes ça passe par plein de choses la violence, la violence sexuelle mais aussi l'injonction à la minceur l'injonction à être comme ci, comme ça avoir des gros seins, des machins et donc en fait c'est ramener la femme à un statut d'objet quelque part et je suis d'accord avec toi, du coup tout ça, ça va dans ce sens là Merci. Pour moi, ce sont des outils au service du patriarcat.
- Speaker #1
Oui, il y a pas mal de... Et d'ailleurs, j'essaierai de retrouver les références de quelques livres que j'avais vus sur le sujet. Quelques citations aussi que j'aimais bien sur ça, sur comment le fait qu'en fait, une femme, sa femme... D'ailleurs, je trouve que c'est intéressant comme jeu de mots. Une femme qui dit sa femme, c'est une femme qui est plus docile et qui est moins apte à se défendre aussi. Il y a tout un mécanisme comme ça. Je réfléchis.
- Speaker #0
C'est une femme qui s'investit moins dans tout un tas de choses, et notamment en politique. Les personnes qui souffrent de troubles alimentaires, et qui peut-être nous écoutent, nous écouteront, savent de quoi il s'agit. C'est-à-dire que quand tu te prives de manger, ou quand tu essaies, il suffit d'essayer de se priver de manger, ça prend toute la place. C'est-à-dire que ça prend tes pensées H24. Tu n'es pas disponible pour autre chose. Tu n'es pas disponible pour faire carrière, ou plus difficilement, tu n'es pas disponible pour aller faire de la politique. Et d'ailleurs, si tu vas faire de la politique, on va parler de comment t'es sapée, de si tu as grossi et machin, parce qu'une femme sera toujours ramenée à son corps en plus. Peu importe ce qu'elle amène d'intéressant, peu importe son intellect, etc. Donc oui, c'est vraiment un outil de domination et qui fonctionne très très bien.
- Speaker #1
C'est ça. En fait, c'est pour ça qu'on en revient toujours à ce sujet. Finalement, je vais en parler dans tous les lives, mais on en revient à du coup le contrôle. Peu importe d'où il vient, mais en tout cas, le contrôle de nos corps, le contrôle de notre alimentation, ça nous amène à... perdre le contrôle, ça nous amène à l'hyperphagie, vu que là, c'est le sujet, on ne parle pas trop des autres TCA ici, mais le fait de passer ta vie au régime, c'est ça, désolée, j'ai plein d'idées dans ma tête et j'ai envie de dire plein de trucs en même temps, mais clairement, je l'ai vu, j'ai tellement de femmes que j'ai accompagnées, et je pense que toi aussi, quand tu passes ta vie à penser qu'à ça, à être la plus mince possible. à enchaîner tous les régimes, tous les programmes que tu peux faire, à dire ça, il faudrait que je teste ça, ça prend une place de dingue. Et c'est surtout quand en fait, à force, ça mène à une dérégulation de ton corps, de tes sensations. Mais je trouve aussi qu'au-delà de l'hyperphagie, ça mène à une vraie déconnexion. Une déconnexion du corps, pas qu'au niveau des sensations alimentaires. Je vois des femmes qui n'ont pas du tout confiance. dans leur ressenti, au point que quand elles me racontent quelque chose, elles me disent, enfin je sais pas, je sais pas en fait, je suis peut-être une menteuse, carrément. Peut-être que c'est moi qui mens et qui dis n'importe quoi, je sais pas pourquoi je ressens ça, il y a vraiment cette déconnexion totale, il n'y a plus du tout confiance, en quoi que ce soit qu'elles ressentent, dans leur corps, qu'elles pensent, comme émotions. Donc ça va beaucoup plus loin que l'alimentation, je trouve. Dans l'alimentation, en tout cas, je vois des femmes qui disent, moi je ne peux que me fier à un plan alimentaire. pour équilibrer, etc. pour contrôler mon corps, contrôler mon poids mais je vois aussi ces mêmes femmes qui n'ont pas confiance en leur ressenti et je sais pas comment dire qui vont peut-être même demander la validation auprès de moi, leur accompagnante ou auprès d'amis ou de famille est-ce que c'est bien de ressentir ça ? est-ce que je devrais penser ça ou ressentir ça ? c'est des femmes qui sont plus du tout aux commandes j'ai remarqué ça en même temps c'est hyper infantilisant de...
- Speaker #0
les régimes, on te dit à quoi tu devrais ressembler, on te dit comment tu dois manger, exactement ce que tu dois faire. Et c'est un piège parce que ça te laisse croire que tu ne peux pas faire confiance à ton corps et que tu ne sais plus comment faire toute seule. Mais je suis d'accord avec toi, c'est un truc que je vois beaucoup. Et effectivement, ça va bien au-delà des sensations alimentaires et de l'alimentation, c'est aussi émotionnel. C'est une invalidation permanente, en fait, de ce qu'on ressent. Tu vois, quand une personne te dit, mais en fait, est-ce que je suis... tu es censé ressentir ça. Mais attends, si tu ressens une émotion par définition, c'est que tu dois la ressentir, tu n'as aucun contrôle dessus. Mais du coup, il y a une invalidation permanente de tout et ça peut aussi amener à un espèce de grand vide, aussi un peu identitaire, quoi, de se sentir complètement paumé. Et c'est en ça où, encore une fois, c'est bien au-delà de l'alimentation, quoi, et que tu es complètement asservi, finalement, tu vois. Ça prive carrément de son libre arbitre au final.
- Speaker #1
Non mais c'est ça.
- Speaker #0
La culture de la minceur et de la culture de la gine, pour moi, ce sont des armes de destruction.
- Speaker #1
Ouais, et je trouve que c'est très juste en fait. Et tu vois, la notion de vide identitaire, c'est exactement ça. J'aime bien cette expression. J'aime pas le fait qu'il y ait un vide identitaire, mais vraiment, cette expression, c'est exactement ça. En tout cas, c'est ce que j'ai... vu dans les accompagnements, et c'est ce que j'ai pu ressentir aussi dans mon parcours, notamment quand on s'en sort en fait. Tu sors complètement de ce système et tu te dis, waouh, le temps que j'ai passé à faire ça en fait. Et toute l'énergie que j'ai perdue à ce truc-là. Et effectivement toute ma vie tournée autour de ça, toute mon identité. Et c'est vachement intéressant quand tu n'en as plus rien à faire du poids que tu fais. Le pouvoir que tu gagnes, enfin je sais pas, tu te sens hyper puissante. Et je pensais pas, tu vois. Et en fait ouais, tu te sens puissante parce que, je sais pas comment dire, t'en as plus rien à faire et t'as tellement d'énergie pour d'autres trucs. Et c'est comme un éveil quoi, je trouve. après la perte d'autonomie que tu as pu avoir sur tes sensations, sur ton corps,
- Speaker #0
sur tes émotions ouais je suis d'accord il y a un côté le mot qui me venait en t'écoutant c'était intouchable et en fait à l'inverse quand t'es bloqué là-dedans ça te rend tellement vulnérable aussi parce que du coup encore une fois tout passe par les autres donc toute la validation et en plus ton corps donc déjà ton corps a de l'importance parce que c'est ça, tu te dis ok, si je veux avoir une chance d'aller bien, d'être heureuse il faut que mon corps ressemble à ça, si je veux que mon corps ressemble à ça il faut que je fasse ça comme sport comme machin et du coup plus tu rentres là-dedans plus ton corps prend de l'importance plus tu risques de faire de la dysmorphosophie c'est-à-dire que plus on est dans ce contrôle dans cette tentative de contrôle, plus tout ça ça prend une place énorme et c'est un truc sans fin et du coup c'est la validation des autres qui fait tout. Tu es en recherche permanente de ça, tu peux, comme on l'a dit, plus du tout te faire confiance, et donc tu ne vis que pour la validation des autres. Spoiler alert, tu ne seras jamais validé par tout le monde. Donc c'est quelque chose de... Là, on est dans le versant quand tu es dedans, c'est terrible. Effectivement, d'en sortir, ça te donne une sensation de pouvoir, de liberté quand même, qui est assez folle.
- Speaker #1
Ouais, tu vois, je me rappelle que quand j'avais encore mes troubles alimentaires et que j'étais à fond aussi dans toute cette culture du régime, justement, c'est le mot vulnérabilité qui m'a interpellée, parce que c'est ça, en fait, j'étais vachement plus vulnérable, j'avais beaucoup moins d'estime de moi, j'étais plus facilement, enfin j'allais facilement pouvoir me faire, je ne sais pas comment dire, c'était comme si j'attirais aussi... Je sais que ce n'est pas forcément rationnel, mais comme si j'attirais les agresseurs, les prédateurs, les harceleurs, etc. J'ai l'impression que tu vois qu'il y a cette... Ce n'est pas le bon mot, ce n'est pas faiblesse, mais ça te rend plus vulnérable en tout cas à ce genre de choses. Tu es moins apte à te défendre. Moi, je me souviens que j'étais tellement dans mon truc de constamment être mal par rapport à mon corps, à mon poids, constamment à chercher à avoir la meilleure alimentation, etc. et dans mes crises de boulimie et d'hyperphagie, en fait, j'étais tellement prise dans ce truc-là que je me laissais faire, je me laissais attaquer par des personnes qui... J'avais des personnes qui, autour de moi, me faisaient du mal, j'avais aucune estime de moi, et je n'arrivais même pas à poser de limites, tu vois. Et même au niveau, après, pour le reste, scolairement parlant, socialement parlant, etc., c'était une catastrophe, quoi. Et je pense que ça te... Ouais, c'est ça, ça te bouffe littéralement la vie.
- Speaker #0
mais ce que tu dis en même temps ça me fait penser à un chiffre qui est pas inintéressant même si on repart un peu plus sur la question des violences sexuelles mais ça fait le lien avec ce que tu disais on sait que 70% des enfants victimes de violences sexuelles risquent d'en resubir à l'âge adulte donc tu vois ça pose quelque chose d'avoir été victime de pouvoir redevenir victime pourquoi ? Parce qu'il y a cette vulnérabilité, il y a quelque chose de brisé, il y a quelque chose en lien avec l'estime de soi, il y a quelque chose qu'on porte. Et dans l'hyperphagie, comme tu dis, il y a ce truc aussi d'estime de soi qui est vraiment, vraiment abîmé par tout ça. Et puis plus tu avances dedans, plus tu l'abîmes, cette estime de soi. Tu es apte, exactement, moi j'aime bien que tu aies utilisé, apte à poser des limites. Il est beaucoup question de ça.
- Speaker #1
J'avais envie de te poser une question par rapport aux violences et à l'hyperphagie. Qu'est-ce qui fait que... Pourquoi est-ce qu'on développe de l'hyperphagie suite à un psychotoma lié à une violence, une violence sexuelle par exemple ? À quoi sert l'hyperphagie ? Pourquoi elle est là en fait ? Selon toi, c'est quoi ?
- Speaker #0
Ça peut avoir plusieurs fonctions, a priori. On sait qu'elle peut servir, entre énormes guillemets, mais je vais le dire différemment, je vais dire qu'elle peut être en lien avec la dissociation. Donc l'hyperphagie, les crises peuvent permettre de rejouer une forme de dissociation quand il y a eu des agressions sexuelles. Il y a une dissociation qui arrive. Alors pour expliquer rapidement ce que c'est que la dissociation, je vais vraiment ultra vulgariser le truc. En gros, on a un système qui est ultra bien fait, qui fait qu'on a une limite dans les émotions qu'on peut ressentir, dans les émotions très fortes. Parce qu'on pourrait faire... disjoncter carrément notre cerveau, on pourrait mourir en fait finalement. D'avoir un niveau de cortisol trop élevé qui débarque comme ça, ça peut nous faire mourir. Donc en fait c'est comme un disjoncteur qu'on a à la maison. Quand le niveau monte trop, clac, en fait il y a un truc qui saute et du coup là se produit la dissociation. Donc en fait on se dissocie quelque part de notre corps, de nos émotions et il y a quelque chose de... il y a des gens qui vont décrire le fait que elles étaient là mais elles étaient comme plus là. Il y a même des personnes qui peuvent décrire la scène de violence en dehors de leur corps. Elles voient la scène de l'extérieur donc c'est pas toujours le cas mais ça peut même être ça. Et du coup, le problème avec la mémoire traumatique c'est qu'elle ne fout pas la paix comme ça. Quand il y a un traumatisme, la mémoire traumatique elle est inscrite en nous. En plus elle est colonisatrice, c'est à dire qu'elle prend beaucoup de place par rapport au reste et elle se réactive. Elle se réactive avec un son. une odeur, une phrase, un truc qu'on entend enfin peu importe, quelqu'un qu'on croise et du coup là, ce qui est terrible aussi avec la mémoire traumatique, c'est que elle ne peut pas se digérer, on ne peut pas la mettre dans la mémoire autobiographique ah ça c'est du passé, voilà, non quand c'est réactivé, c'est comme si c'était encore maintenant donc c'est horrible, parce que le niveau émotionnel il revient, et du coup les compulsions alimentaires peuvent permettre de faire baisser ce niveau là peuvent permettre de rejouer de la dissociation, de ressortir de l'émotion, ressortir du corps pour ne plus ressentir. Après, les compulsions alimentaires et le contrôle aussi alimentaire, ça peut être aussi un mécanisme d'évitement émotionnel pour éviter tout ce qu'on peut ressentir en lien, encore une fois, avec cette mémoire traumatique. Ça peut être une tentative de reprise de contrôle. aussi sur son corps. On sait que chercher à avoir le contrôle alimentaire, ça peut avoir ça comme fonction, sauf que ça va se solder par des compulsions alimentaires et donc de l'hyperphagie. Qu'est ce que ça peut être d'autre ?
- Speaker #1
C'est surtout ça.
- Speaker #0
Je pense que c'est à peu près ça en gros au global.
- Speaker #1
Oui non mais c'est tout à fait ça, c'est de l'évitement, c'est une stratégie de survie au final. Par rapport à quelque chose qui est extrêmement émotionnellement difficile et très violent, en fait, à vivre.
- Speaker #0
Ouais. Ça, je crois que t'as raison, c'est important de le dire. Moi, j'entends beaucoup de personnes être plutôt dans le discours de « Ouais, je me fais du mal. » Voilà. Dans l'impression d'être un peu leur ennemi et de vraiment... Comme si elles cherchaient quelque part à se faire du mal. Moi, j'ai plutôt l'impression qu'on est à l'inverse, quoi. On est dans la recherche de soulagement et de survie, quoi, en fait.
- Speaker #1
C'est vrai qu'il y a certains psychiatres, je crois, qui évoquent le fait que les crises d'hyperphagie, les accès hyperphagiques, que ce soit dans... Il y en a dans tous les troubles, les accès hyperphagiques, que c'est en fait une forme de punition contre soi-même et que la privation, c'est une forme de... Non, je ne sais plus. Il y a aussi une notion de soit de punition, soit de récompense, en gros. Mais moi, effectivement, je... De par mon vécu, je ne sais pas si chaque personne est différente, mais dans mon vécu, c'était plus de l'évitement. Je n'ai pas eu l'impression que c'était pour me faire du mal, forcément. Après, je pense que dans certains cas, peut-être l'extrême de l'hyperphagie, ça peut être punitif quand même. Parce que mine de rien, tu fais très très mal à ton corps. Tu manges jusqu'à un point où tu te rends malade. Mais le but premier, c'est quand même de ne pas ressentir. De ne pas être là et de... Tu dis jonc, mais... Pour ma part, j'en parle ouvertement ici et sur mon podcast, j'ai vécu quelques traumatismes d'ordre sexuel. Et en fait, l'amnésie traumatique, je connais bien. Ça a duré plusieurs années pour ma part. Et quand je faisais mes crises, du coup, c'est bien parce que tu ne te souviens pas du truc, de l'événement. La crise, elle est là. Je ne sais même pas comment dire. Moi, ce n'était pas une punition. C'était juste, je dis joncte, quoi. Et ça me permettait de... Je ne sais pas. En tout cas, je ne me disais pas « Ah tiens, je vais faire mal à mon corps. » Ce n'est pas du tout ça.
- Speaker #0
Je pense que c'est... Je dis pas que ça existe pas. En tout cas, moi, je l'ai pas trop rencontré, ça, et je trouve que globalement, même souvent, de dire ça, ça mettait pas forcément les personnes sur la bonne piste, et je trouve même que ça peut entretenir l'impression de pas pouvoir se faire confiance, tu vois, ce qu'on disait plus tôt. Genre, je suis ma pire ennemie, je peux pas me faire confiance, puisque je vais essayer de m'auto-punir. Alors que d'être plutôt dans l'idée de rechercher du côté d'une... stratégie de survie et finalement à quoi ça sert ce comportement je trouve que c'est, on fait un peu plus ami-ami avec soi quand même et de se dire ok, et puis c'est aussi de parler de stratégie de survie ça donne aussi une fonction au trouble je trouve que ça ouvre aussi un autre rapport à ce trouble là et peut-être de se dire bah ouais ok franchement c'est l'enfer parce que je souffre d'hyperphagie Mais peut-être que si je n'avais pas développé ce trouble-là, je ne serais peut-être juste plus là en réalité. Ça a été ma béquille pour survivre. Et peut-être que c'est cool quand même que je sois en vie. Et maintenant, j'ai les ressources nécessaires pour aller traiter tout ce qui a pu amener ce trouble et j'y vais.
- Speaker #1
C'est ça, c'est sortir un peu de la culpabilité et accéder à plus de bienveillance envers soi au final. Se rendre compte que l'hyperphagie, elle est là comme mécanisme de protection et de survie. C'est avoir de l'autocompassion. Et oui, comme tu dis, ça peut permettre de débloquer, enfin en tout cas d'avancer, de creuser certaines pistes, plutôt que de rester bloqué dans ce truc, ce que je comprends parfaitement, j'ai encore mal fait quelque chose, j'ai encore merdé, j'ai encore raté quelque part, etc. Cette mise en échec qui est très difficile à gérer. Là, on peut commencer à se dire, oui, effectivement, dans le cas des personnes qui ont un trauma, bien sûr, oui, j'ai besoin de cette crise. Voilà. J'ai un autre souci technique, du coup, c'est bon. Ça m'amène à la dernière question que je voulais te poser. Non, en fait, la dernière question, c'est une personne qui l'a posée, excuse-moi. Ça nous amène à cette question de comment on se sort des TCA, et donc particulièrement de l'hyperphagie. Bon, on a commencé un peu à y répondre. Alors, c'est très, très vaste. En fait, c'est très, très vaste. On a commencé un petit peu à y répondre. Quels éléments de réponse tu aimerais apporter à ça ?
- Speaker #0
Ah ouais c'est... waouh, quelle question ! Je pense que, à mon sens en tout cas, et moi c'est vraiment ce que je défends, c'est que le trouble alimentaire est une pathologie individuelle qui répond à une histoire individuelle, mais qui est vraiment très intéressante à regarder sous un prisme collectif, politique. Et que du coup, ça fait qu'il y a plein d'axes. Ça veut dire qu'on peut prendre les choses sous un axe histoire individuelle. Peut-être qu'il y a eu du trauma et c'est intéressant d'aller le traiter. Ce sera de toute façon à mon sens obligatoire aussi de se pencher sur la question du comportement alimentaire. Et ça malheureusement je trouve que c'est ce qui manque beaucoup dans plein de prises en charge des troubles alimentaires. Le comportement alimentaire en lui-même. Donc quand je dis ça, je parle des sensations alimentaires, je parle du rapport qu'on a avec les aliments. Ce sera intéressant dans le comportement alimentaire, moi j'inclue aussi le rapport qu'on a à son corps. Parce qu'en fait ça part aussi de là. Donc voilà pour moi ça c'est un truc... un peu obligatoire. Et j'ajouterais la dimension sociétale, culturelle, de prendre conscience de la grossophobie dans laquelle on vit, qu'on a internalisée aussi, prendre conscience de ce culte de la minceur, de cette obsession de l'image, de la place qu'on veut donner aux femmes. Et pour ça, c'est peut-être écouter des podcasts, lire des bouquins féministes. Et ça, mais vraiment, c'est un outil d'émancipation. précieux sur un parcours de guérison. Je ne suis pas en train de dire que lire des livres féministes va permettre de guérir des TCA, mais franchement c'est une aide hyper, hyper précieuse. Et du coup, voilà, je pense qu'il y a un espèce de parcours global qui est intéressant à faire.
- Speaker #1
Ok. Ouais, effectivement. Merci beaucoup en tout cas pour tes réponses. Le temps passe super vite, mais je pense qu'on peut clôturer là-dessus. Il y aura encore tellement de choses à dire, et peut-être dans un épisode de podcast, qui sait. Merci à toi, en tout cas, pour ton intervention de ce soir. Et merci à vous, du coup, qui nous avez écoutés. Si vous avez d'autres questions, n'hésitez pas à envoyer des messages. à moi ou à Flavie, à laisser un commentaire. On va poster le replay de ce live en cross-postage sur nos deux comptes. Et voilà, encore merci à toi du coup, Flavie.
- Speaker #0
Merci, Alizé. Merci pour l'invite. Merci pour ton engagement cette semaine. Parce que du coup, tu n'arrêtes pas. Et c'est précieux. Je pense que c'est vraiment super précieux. Donc, merci à toi. C'est toujours un plaisir de discuter avec toi. Bien sûr. Merci à vous pour vos questions et n'hésitez pas à nous écrire, à m'écrire aussi si vous le souhaitez. Ça peut être en commentaire, mais ça peut être aussi en DM, pas de souci. Avec plaisir. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important, c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, Ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible. Et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !