- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.m TCA. Très belle écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast où j'ai la chance à nouveau de découvrir une nouvelle histoire, d'interviewer une personne qui a répondu à mon appel à témoignage. Donc aujourd'hui je reçois Maud et je suis très contente et j'ai hâte de connaître... ton parcours, ton histoire. Ce que je te propose, Maud, dans un premier temps, c'est de te présenter pour qu'on ait une idée de qui tu es et tu es libre de dire exactement ce que tu veux dans cette présentation.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Flavie, d'avoir accepté d'abord mon appel à témoin. Je m'appelle Maud, j'ai 46 ans, je suis mariée, j'ai une grande fille de 18 ans, je travaille dans les ressources humaines. et je vis à Londres depuis mes 20 ans. En fait, comme beaucoup, j'étais partie juste pour un an d'études et puis voilà, une chose après une autre, j'y suis restée.
- Speaker #0
Ok, coup de cœur pour la ville ou c'est là-bas aussi peut-être que tu as rencontré ton conjoint ?
- Speaker #1
Exactement, coup de cœur. Oui, coup de cœur pour la ville complètement et puis c'est effectivement là que j'ai rencontré mon mari au travail.
- Speaker #0
Ok, ok. Et donc, c'est chouette parce que... Enfin, c'est chouette. En tout cas, c'est intéressant. Je ne vais pas dire qu'il y aurait une bonne ou une mauvaise manière de se présenter, mais c'est intéressant de voir que dans ta présentation, tu ne mentionnes pas du tout la question des troubles alimentaires.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Pour autant, c'est quelque chose qui a fait, qui fait peut-être encore, je ne sais pas, suspense est entier, tu vas nous dire. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que ça a fait partie de ta vie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et que c'est aussi pour ça qu'on va discuter toutes les deux aujourd'hui. Tu le sais si tu écoutes le podcast. et j'ai compris que c'était le cas, la première question que j'aime bien poser, c'est celle du retour à l'enfance, de savoir ce dont toi, tu te souviens lorsque tu étais une petite fille dans ton rapport au corps et à l'alimentation.
- Speaker #1
Alors, c'est là qu'on va rentrer dans le sujet, effectivement. Alors, je me souviens d'une petite enfance très heureuse qu'on pourrait sans doute qualifier de normale dans une maison. en campagne avec un grand jardin, mes parents, ma sœur, deux boxers, bref. En termes de rapport à l'alimentation, on n'était pas privés. Mais par contre, il y a une chose dont je me rappelle très bien, c'est qu'on avait juste droit une fois par an à un paquet de bonbons, chacune, et un pot de Nutella par an. Donc, quand ça venait, c'était vraiment la fête. quand on était invité. chez des copines, on avait tendance à plutôt profiter beaucoup de leur pot de bonbons qui était à disposition. J'avais donc toujours, de petite enfance jusqu'à l'adolescence, enfin ça on en parlera après, j'ai vraiment jamais eu de problème de poids. Je pense que les seules fois où j'étais pesée c'était quand j'allais chez le pédiatre. Mais je sais que ma ma mère suivit beaucoup de près notre... courbe de poids dans le fameux carnet de santé bleu. Et alors, à noter que ma sœur a deux ans de plus que moi. Et elle, depuis qu'elle est née, en fait, depuis qu'elle était bébé, elle a toujours eu des problèmes en termes de nourriture. Elle était très difficile. Apparemment, elle mettait des heures et des heures à manger quand elle était petite. Alors que moi, j'étais ce que ma mère appelait un... un bébé glouton. Et voilà, donc je pense que de ce côté-là, ma mère gardait plus un oeil sur moi que sur ma sœur. Voilà.
- Speaker #0
La mère gardait plus un oeil sur toi que... D'accord. Ça pose quelque chose dans le fonctionnement maternel. Parce qu'on pourrait imaginer l'inverse, qu'il y ait plus d'inquiétude pour ta sœur de peur qu'elle ne se nourrisse pas assez. La piétude était plutôt dans le fait que tu te nourrisses trop.
- Speaker #1
Oui, et que je grossisse.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Complètement. À ma connaissance, à l'époque, je n'avais vraiment aucun problème en relation avec la nourriture. Je ne pensais même pas à la nourriture, en fait. Oui. Il y avait autre chose que ça dans la vie pour moi. J'étais une petite fille. Par contre, dans la famille, j'ai toujours eu l'impression que je devais être... Tu sais, l'enfant très facile à vivre, un peu rigolote, qui devait faire rire les autres, toujours de bonne humeur. Et je pense que j'ai eu cette pression-là assez tôt.
- Speaker #0
À quel âge, tu dirais ?
- Speaker #1
Tu as des souvenirs ? Vers 10-11 ans, quelquefois. table, ma mère me demandait de faire des grimaces ou tu vois, si par exemple je disais quelque chose de drôle, mes parents me demandaient de faire encore plus de blagues ou de choses comme ça, et me disaient que j'étais leur soleil, etc., que je leur amenais beaucoup de joie et de bonne humeur. Et en fait, je me suis rendue compte beaucoup plus tard que c'était une vraie pression quand en fait j'avais pas vraiment le droit de ne pas aller bien.
- Speaker #0
Rapport à ton corps ?
- Speaker #1
Alors, rapport à mon corps, toujours 10-11 ans, impeccable. Je pense que je ne me regardais pas vraiment. J'étais une enfant plutôt mince, je faisais plein d'activités physiques. Je ne regardais pas mon corps, en fait. Mon corps était là pour courir, pour m'amuser et puis c'est tout. Par contre, dans la famille en plus général. Donc, mes deux grands-mères étaient en situation d'obésité. Du côté paternel, elles n'en avaient rien à faire. Du côté maternel, c'était bien différent parce que je me souviens très bien que ma mère m'avait dit que quand elle était petite, donc ma grand-mère lui demandait dans la rue, tiens, est-ce que je suis plus grosse que cette personne-là ? Est-ce que je suis plus mince que cette personne-là ? que ça mettait ma mère dans un certain embarras parce qu'à l'époque, elle était jeune. Et concernant ma mère elle-même, je l'ai toujours, toujours vue faire extrêmement attention à son poids. En fait, elle avait un poids en tête et si elle le dépassait de 300 grammes, elle se mettait direct au régime. Et elle disait beaucoup à la maison, oh non ! il faut que je fasse attention, oh là là, je suis énorme, alors qu'elle était ultra mince. Oh là là, je suis énorme, regarde mon ventre, etc. Elle mangeait différemment de nous. Si elle prenait un kilo, elle se mettait directement au substitut de repas. Et en fait, elle a toujours été méga grossophobe. Et là, actuellement, elle a 79 ans et elle se pèse encore tous les jours.
- Speaker #0
Waouh ! Ok, ça pose bien le cadre. Et toi alors, c'est même presque étonnant déjà qu'arriver, là tu parlais même jusqu'à 12-13 ans, c'était un non-sujet ton corps et la nourriture. C'est presque étonnant même que tu sois passée au travers jusqu'à cet âge-là. À partir de quand c'est devenu un sujet et comment, pourquoi ?
- Speaker #1
Alors, en fait, jusqu'à cet âge-là, jusqu'à la cinquième, j'étais très heureuse. À l'école, ça se passait super bien. J'avais des tas de copines. Je faisais plein d'activités extrascolaires. J'avais absolument aucun problème. Et puis, à ma rentrée en quatrième, en fait, on a déménagé. On était à Angers et on a déménagé à Nantes pour le travail de mon père. Et c'est là que tout a changé. En fait, ma mère qui ne travaillait pas, qui a arrêté de travailler quand elle m'a eu, elle est tombée en dépression du fait de quitter Angers et de se retrouver dans une nouvelle ville. Elle était vraiment sous antidépresseur. Je me souviens, elle dormait pratiquement toute la journée. Elle était dans un état catastrophique. Et en fait, je me souviens très bien de la première rentrée, du premier jour de la rentrée en quatrième. Mes parents nous avaient mis dans ce qui est considéré être la meilleure école de Nantes, qui était un collège privé ultra-catho. Et en fait, je suis arrivée comme quand j'allais dans mon école à Angers, c'est-à-dire, je me souviens très très bien, j'avais une jupe qui m'arrivait au genou, j'avais des souquettes, des petites chaussures à boucle et mon cartable sur le dos. Et là, horrible, tout le monde était habillé, tout le monde avait les marques de l'époque, les chipis, chevignons, les machins, la coupe au carré, la médaille de baptême. Enfin voilà, ils étaient tous dans un moule. Et en fait, moi j'étais une extraterrestre en fait. Donc dès le premier jour de la rentrée, ça a été complètement un choc pour moi parce que pour la première fois de ma vie, je ne sentais aucun contact possible avec personne. J'ai essayé de me faire des copines, mais j'ai été rejetée. Et en fait, j'ai passé toute mon année de quatrième toute seule au fond de la classe. Et je me souviens, toute seule aux récréations. Donc, je faisais le tour de la cour toute seule. Et en fait, ça ne m'était jamais, jamais, jamais arrivé. Donc, je ne comprenais pas trop. Et il y avait même un prof, il y avait même deux profs qui n'étaient pas cool du tout avec moi. qui avait dû voir que j'étais ultra mal et qui faisait exprès de m'interroger devant tout le monde et tout. Et en fait, comme je savais que maman était en dépression, je ne voulais pas lui en parler parce que je ne voulais pas ajouter ça à sa charge mentale.
- Speaker #0
Et avec ton père, il n'y avait pas de dialogue possible ?
- Speaker #1
Alors, mon père... Mon père, non, il était, je dirais, c'est un bon papa, mais si tu veux, émotionnellement, pas trop là. Et puis ma sœur non plus. Ma sœur non plus, je ne me voyais pas trop bizarrement aller vers elle et lui dire ce qui se passait, parce que c'était du genre à dire, ouais, je ne sais pas, écoute, tu t'en fiches, ce qui compte, ça viendra, ou je ne sais pas, on a tous nos problèmes, voilà.
- Speaker #0
Ok, donc tu t'es retrouvée vraiment seule à l'école et seule en dehors à parler de ça.
- Speaker #1
Voilà, et puis à l'époque, tu vois, il n'y avait pas WhatsApp, e-mail, etc. pour parler avec mes copines d'Angers. On était obligés d'envoyer des lettres avec timbre et tout, donc ce n'était pas pareil, évidemment. Et puis, j'ai commencé à me faire vraiment harceler en quatrième, et cela jusqu'à la première. Et à la fin de la quatrième, on a été en vacances à Belle-Île, en fait dans une maison que mon oncle a, enfin bref. Et je me souviens très bien que quand on est parti à Belle-Île, j'avais un jean et on était parti pour trois semaines. Et pour le retour, le jour où on devait revenir à la maison, j'ai essayé de mettre mon jean et il ne m'arrivait qu'au genou. Je ne pouvais pas le remonter jusqu'à la taille. Et en fait, je me suis dit, qu'est-ce qui se passe ? Et c'est là que je me suis dit, maintenant avec le recul, j'avais des crises d'hyperphagie. Et je me souviens effectivement que ma tante avait fait tout un tas de crêpes et que j'avais avalé 20 crêpes, du pain, j'avais mangé une boîte de céréales, etc. Avec le recul, je me suis dit que c'est là que l'hyperphagie a commencé.
- Speaker #0
Avec le recul, mais sur le moment, tu sembles être peut-être même un peu dissociée pendant tes crises. Parce que quand tu décris ce moment où tu veux enfiler ton jean et que tu ne rentres pas dedans, on a l'impression que ça te tombe dessus. Oui,
- Speaker #1
complètement.
- Speaker #0
Et comment tu le vis ?
- Speaker #1
Je ne me rappelle pas trop. Mais très compliqué. Je me suis dit, personne ne peut savoir que je ne peux pas rentrer dans mon jean. Vite, vite, je vais mettre un autre truc. Et je vais dire à personne que je ne rentre plus dans mon jean.
- Speaker #0
Donc, de la honte ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sauf que les gens autour de toi ont bien dû le voir. Tu avais une prise de poids rapide.
- Speaker #1
Les gens autour de moi ont bien dû le voir. Et je me souviens d'une réflexion que ma mère m'avait faite. Parce que j'avais descendu pratiquement la boîte de céréales de ma cousine. Et elle était venue me voir et d'un air passif-agressif, elle m'avait dit « Ah, dis-donc, elle n'était pas contente. Elle a vu qu'il y a la moitié de sa boîte de céréales qui a descendu. » Tu vois, donc… Par contre, je m'en souviens où j'étais mal. Je disais, mais c'est moi, ce n'est pas moi. Mais je ne sais pas, je ne peux pas m'en empêcher.
- Speaker #0
Tu avais essayé de lui expliquer que tu pouvais t'en empêcher ?
- Speaker #1
Non. Non, parce que la façon, cette première, cette réflexion qu'elle m'avait faite, peut-être qu'il y en avait eu d'autres avant. Du coup, je me suis dit, oh là là, c'est mal ce que j'ai fait. Oh, c'est mal.
- Speaker #0
Ben oui. Donc là encore, complètement seule avec ça.
- Speaker #1
Complètement seule avec ça. Complètement seule avec ça. Et puis après, on est revenu. En année troisième, c'est pareil. En fait, tout ce qui me passait sous la main à la maison, je le mangeais. Je sais que ma mère et ma sœur, elles essayaient de cacher des gâteaux, le chocolat, tout ça. Mais je le trouvais, je le mangeais quand même. Et j'ai pris beaucoup de poids. J'étais toujours harcelée à l'école. Mes résultats scolaires en pâtissaient. Ça n'allait pas du tout. Je n'avais toujours pas de copine. Et je faisais toujours un peu poker face. C'est-à-dire, je faisais comme si tout allait bien.
- Speaker #0
Et oui, tu étais bien dans ton rôle. Tu n'avais pas lâché ton rôle de petit soleil, tout ça.
- Speaker #1
Voilà, exactement.
- Speaker #0
OK. Est-ce qu'à un moment donné, justement, ça, ça a lâché ? J'ai l'impression que là, il y a une sorte de système qui s'est mis en place, aussi avec l'alimentation qui est arrivée, qui était très certainement ta seule béquille, ton support, en fait, au lieu de tout ça. Tout à fait,
- Speaker #1
que ça.
- Speaker #0
Et ça, ça a duré jusqu'à ton année de première, du coup, dans ce même fonctionnement-là ?
- Speaker #1
Alors, entre-temps, quand j'étais en troisième, Donc, je me souviens qu'il y avait beaucoup de messes basses à la maison à mon sujet, entre mes parents, ma sœur, etc. Si, par exemple, j'étais à la maison avec ma sœur et que j'avais eu une… Je n'aime pas appeler ça des crises, mais si j'avais eu un moment où j'avais fait de l'hyperphagie, je sais que ma sœur rapportait à mes parents ce que j'avais mangé, etc. Je me souviens très bien qu'un jour, mon oncle était à la maison et j'avais entendu ma mère dire « Ah non, mais ils vont l'appeler la grosse à l'école en parlant noir » . Donc, c'était des réflexions qui me faisaient très très mal en fait. Mais personne ne venait me voir en disant « Ok, Maud, t'as pris du temps, on s'en fout, mais qu'est-ce qui ne va pas quoi ? »
- Speaker #0
Non, mais c'est clair. Malheureusement, j'ai l'impression que ça n'arrive quasiment jamais. J'espère qu'aujourd'hui, les choses ont bougé. mais il y a un focus qui se met sur le poids, le corps, et sur ce que la personne mange ou non, mais pas comment elle le mange, comment elle vit les choses, comment elle se sent, pourquoi elle a ce besoin-là. C'est terrible. En fait, au contraire, on venait te rajouter de la souffrance par-dessus.
- Speaker #1
Oui, complètement. Donc, j'étais extrêmement mal dans ma peau. Extrêmement mal dans ma peau. Et en fait... ça devait être en troisième seconde, ma mère m'a dit écoute on va aller voir un diététicien parce qu'il faut que tu maigrisses. Donc j'avais pris en tout à peu près 10-15 kilos, quelque chose comme ça. Donc voilà, et elle m'a dit non il faut qu'on aille voir un diététicien, tu peux pas rester comme ça. Donc on va chez le diététicien. Donc, ma mère était avec moi. J'étais mineure, mais bon, tu vois, c'était elle qui faisait tout le discours au diététicien. En fait, moi, je me suis retrouvée chez le diététicien. Je disais, ah bon, OK, d'accord, très bien. Donc, il m'a fait une liste de quoi manger le matin, quoi manger le midi, quoi manger le soir. Donc, je m'y suis mise. Et puis, petit à petit, j'ai enlevé des féculents. J'ai enlevé le beurre, je me suis acheté un petit livre à la FNAC sur le comptage de calories, donc je suis devenue la reine du comptage de calories. J'avais mon petit carnet où je mettais absolument tout ce que je mangeais, je calculais, je faisais attention à ne pas dépasser un certain nombre de calories par jour. Et très vite, j'ai perdu beaucoup de poids, vraiment. au point où je n'ai plus mes règles pendant plusieurs mois. Et là encore, personne ne s'inquiétait en fait. Ma mère, une fois, m'a emmenée chez le médecin généraliste. Elle a dit, oui, mais elle n'a plus ses règles. C'est grave ou ce n'est pas grave ? Et le médecin généraliste a dit, non, non, vous n'en faites pas, ça reviendra. Si tu veux, quand je faisais soit 15 kilos de plus ou 20 kilos de moins, il n'y avait personne qui disait « Attends, il y a un truc qui ne va pas » .
- Speaker #0
Par contre, on te parlait de ton poids, de ton avagrissement ? Tu étais félicité par tes proches ?
- Speaker #1
Oui, plutôt. J'étais félicité par mes proches, ma mère étant ultra grossophobe. Pour elle, j'avais le corps qui fallait que j'aille.
- Speaker #0
Parce que là, du coup, tu avais perdu beaucoup de poids, mais ça veut dire que tu étais même repassée en dessous du poids que tu faisais à la base.
- Speaker #1
Absolument. À ma connaissance, je n'avais jamais fait ce poids-là avant, sauf peut-être quand j'avais 10 ans. Et en fait, elle voyait très bien. Je mangeais complètement différemment d'eux. Je n'avais que des aliments que je voulais et rien d'autre, tout à l'eau, pas un gramme de graisse, tout à 0%. Je buvais des litres et des litres et des litres d'eau. il n'y avait aucune conversation là-dessus.
- Speaker #0
C'est des choses dont tu as déjà reparlé avec ta mère ?
- Speaker #1
Non, mais je suis en thérapie actuellement et je travaille sur ça. Et je travaille sur ça, oui. Parce que ce n'était même pas la fin. En fait... Je ne sais pas ce qui l'a déclenché, mais un jour, honnêtement, je ne sais pas du tout le déclencheur, mais je sais très bien qu'un jour, je revenais de l'école, je m'étais arrêtée dans un supermarché et j'avais acheté, quand j'étais très très maigre, un paquet de cookies que j'ai descendu dans ma chambre. Et là, ça a été le début de la fin du cycle. binge, restrict, binge, restrict, binge, restrict. J'ai eu des variations de poids assez conséquentes tout le long, jusqu'à encore il y a quelques années.
- Speaker #0
Et donc là, c'est pareil sous les yeux de ta famille ?
- Speaker #1
Absolument, mais encore une fois. Je suis partie, j'ai fait mes études, je suis partie en Angleterre, j'avais 20 ans. Et quand je revenais en France, je revenais en France avec des fois des poids, des variations de poids différentes. Et en fait, la première chose que ma mère faisait, c'était de me regarder de haut en bas et de bas en haut. Et souvent, quand j'avais mon billet d'avion ou mon billet de train qui était pris, Genre, deux semaines avant, je me mettais au méga régime. Parce que je disais, il faut que je perde du poids, vous riez, ne pas me regarder.
- Speaker #0
Ça me fait tellement penser à une personne que j'accompagne, qui, si elle écoute, se reconnaîtra à l'étranger. Et qui, dernièrement, me parlait de ça, qui anticipait déjà son retour en France et le regard de ses parents, en fait.
- Speaker #1
C'est que ça. C'est exactement ça. Et toujours. Toujours.
- Speaker #0
Ah ouais ? Ouais, toujours.
- Speaker #1
Toujours. Voilà. Toujours. Et en plus, ça peut-être que je reviendrai là-dessus, je ne sais pas, mais elle a aussi commencé à passer ça sur ma fille. Sauf que c'est non. Là, c'est non. Non, non. Parce que ma fille avait pris un peu de poids à la puberté et on avait été chez mes parents et je me souviens très bien... que ma mère m'avait pris à part. Et en fait, elle croit parler discrètement, mais en fait, elle ne parle pas du tout discrètement. Et elle m'avait dit, oh là là, mais elle a grossi. Il ne faudrait pas qu'elle devienne boulimique. Elle est tellement belle. Elle a tellement un joli visage.
- Speaker #0
Oh là là, il n'y a rien qui va. Il n'y a rien qui va,
- Speaker #1
non.
- Speaker #0
Cette phrase. OK, comment tu as réagi quand tu as dit ça ?
- Speaker #1
Ah, ça m'a fait un… J'ai mis beaucoup de temps à digérer l'information. Enfin… beaucoup de temps, une ou deux minutes, mais c'était vraiment une gifle en pleine face où je me suis dit, mais c'est mort, ma fille, je vais faire tout ce que je peux pour qu'elle ne vive pas ce que moi j'ai vécu et que je vis encore. Donc, je lui ai dit, écoute, si tu veux, là, par contre, c'est l'une des rares fois où j'ai posé une limite, où j'ai dit, non, non, tu la laisses, tu ne parles pas de son corps, voilà. Elle est très bien dans sa tête, bien dans son corps et c'est vraiment le cas. Je ne veux pas en entendre parler. Elle m'a dit « oui, mais bon, c'est pour ton bien, tu sais, c'est pour son bien, etc. Elle est tellement belle, ce serait vraiment dommage. »
- Speaker #0
Donc, elle n'entend pas ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Elle a respecté quand même ce stop que tu as posé ?
- Speaker #1
Alors, une fois, après au téléphone, je ne sais pas, c'était quelques mois plus tard peut-être, elle m'avait demandé, au fait, est-ce qu'elle a perdu un peu de poids ? Parce que quand on l'avait vue, elle avait pris du poids et tout. Et j'ai dit, je ne sais pas, je m'en fous en fait. Enfin, non, je ne veux pas en parler. Je ne veux pas en parler.
- Speaker #0
C'est vraiment, j'ai envie de dire, ces deux mondes-là qui se rencontrent. C'est intéressant parce que ça veut dire que toi, tu as su quitter aussi ce monde-là, même en étant encore en plein dans les troubles alimentaires. Parce que visiblement, ta fille a pu développer une relation sereine à la nourriture et à son corps, alors même que sa maman était en guerre avec tout ça. donc ça veut dire que t'as eu la capacité de compartimenter et puis aussi de c'est même pas tant ça, c'est aussi et surtout de transmettre quelque chose à ta fille qui soit différent de ce que tu vis ça veut dire qu'assez rapidement en tout cas c'est ce que je peux imaginer tu vas me dire c'est le cas ça veut peut-être dire qu'à un moment donné t'as compris ce qui dysfonctionnait et pourquoi ça dysfonctionnait et que même si t'arrivais peut-être pas encore à le mettre en place pour toi, tu l'as pas transmis à ta fille oui Merci.
- Speaker #1
Complètement. Et ça, j'ai commencé quand elle était petite, en fait. Je ne l'ai jamais rationnée. Il y avait des confiseries à la maison qui étaient à disposition, si l'on voulait. Ma femme, elle n'a jamais été très bonbon. Si par exemple, on passait devant une boulangerie, qu'elle voulait quelque chose, je lui achetais. Après, on mange relativement sainement, je pense, mais d'un point de vue santé, pas d'un point de vue poids. Et en fait, je lui ai donné plus ou moins une idée, sans trop rentrer dans les détails, de ma relation très compliquée avec la nourriture. Parce que... Elle voit que peut-être des fois, j'ai un peu des fear foods, histoire qu'elle comprenne pourquoi. Elle a très bien entendu. Je lui ai dit, si jamais il y a quoi que ce soit, tu m'en parles. Si tu ne veux pas m'en parler, je te prends rendez-vous chez un médecin ou quelqu'un avec qui tu dois t'ouvrir. Je lui ai dit, il faut manger équilibré, sainement, etc. pour la santé, mais il faut se faire plaisir aussi. Et puis voilà. La nourriture, il faut que ça soit un plaisir. Il faut que ça t'aide à ce que tu sois en bonne santé. Elle a un très bon rapport avec la nourriture.
- Speaker #0
Et alors, pourquoi toi, tu n'as pas réussi à le mettre en place pour toi ? Malgré ce petit exemple de mangeuse intuitive que tu as eu sous les yeux depuis sa naissance.
- Speaker #1
Oui. C'est toutes les choses du passé où je me suis dit, pour moi, personne ne va m'aimer si je ne suis pas mince. Et puis, le fait toujours d'avoir du mal à manger certains aliments. mais en sachant très bien je suis très je suis très lucide dans le sens où je sais très bien que Si je mangeais de tout et que je me faisais plaisir et des ficulants, et je faisais une pâtisserie de temps en temps, je diminuerais sans doute beaucoup les chances de faire de l'hyperphagie. Mais ça reste encore compliqué et je travaille ça avec ma thérapeute.
- Speaker #0
Ça donne un peu un indice de là où tu en es aujourd'hui, parce que finalement, dans la chronologie, tout à l'heure, on s'est un peu arrêté à ton départ à Londres, qui était il y a une vingtaine d'années. Et finalement, tu as l'impression que tu as oscillé toute ta vie entre les compulsions et la restriction.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui est resté. Tu as eu l'impression d'avoir des périodes d'accalmie ?
- Speaker #1
Oui. J'ai eu des périodes d'accalmie qui étaient… En fait, je ne sais pas trop à quoi elles étaient liées. Je ne sais pas trop à quoi elles étaient liées, vraiment. Je ne saurais pas te dire. J'ai eu des périodes accalmées quand je pense que j'étais à un poids qui me convenait bien, quand tout allait bien dans ma vie, personnel et professionnel. Et puis, dès qu'il y avait un hic, professionnel ou personnel, la réponse tout de suite, c'est la nourriture.
- Speaker #0
Hmm... Ok, qui réactive la peur de grossir.
- Speaker #1
Exactement, et donc restrict, etc.
- Speaker #0
Ok. Et ton mari, conjoint, est au courant de ce que tu vis avec la nourriture ?
- Speaker #1
Alors, c'est... Oui, je lui ai dit. Je lui ai dit. Et en fait, lui, c'est un truc qu'il ne comprend pas du tout. Il ne comprend pas du tout, mais c'est... C'est quoi l'intérêt de manger beaucoup ? Alors, il ne voit pas la différence entre l'hyperphagie et la boulimie. Donc, pour lui, c'est quoi ? Je ne comprends pas. Les gens qui mangent beaucoup pour se faire dormir, à quoi ? Après, c'est quoi le... Pourquoi ? Ça sert à quoi ?
- Speaker #0
Ça sert à quoi de faire une dépression en même temps, tu vois ? Pour moi, ça reviendrait à poser cette question-là. Mais pourquoi ? Pourquoi n'avoir envie de rien et ne plus sortir de son lit, tu vois ? Oui,
- Speaker #1
aussi. Et en fait, il me dit, il ne comprend pas pourquoi je me limite à une pomme de terre et pas deux. Donc, j'ai laissé tomber.
- Speaker #0
Et ta mère, elle sait ce que tu as traversé ? Parce que est-ce que même le mot d'anorexie a un jour été posé quand tu étais ado ?
- Speaker #1
Ça n'a jamais été posé. mais ça n'a jamais été posé, mais je pense que c'était ça. Oui,
- Speaker #0
ça a été sans vouloir poser des diagnostics sauvages.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
En fait, en même temps, il n'y a pas eu de personne. Si personne ne s'est inquiété outre mesure, alors personne ne t'a emmené vers le soin.
- Speaker #1
Absolument. Absolument. Donc, quand je n'avais pas eu mes règles pendant... quatre mois, le médecin généraliste avait dit non, non, ça va revenir. Après, tu sais ce que j'ai dit le jour où j'ai été m'acheter ce fameux paquet de cookies au supermarché et que c'était le début du yo-yo, ma mère m'avait ramenée chez ce même médecin qui m'avait mis sous Prozac, qui n'avait, qui n'avait fait à ma connaissance aucun effet. Et sinon, il y avait zéro discussion, zéro « tiens, attends, on va aller voir, je ne sais pas, pédopsychiatre » .
- Speaker #0
Oui, et puis en plus, que ce soit du côté de ta mère, mais aussi du médecin qui a répondu dans ce sens-là, l'inquiétude vient toujours quand on mange plus. C'est-à-dire que ce qui a motivé à t'emmener chez ce médecin et lui à te prescrire ce traitement-là, c'est le fait qu'il y ait des compulsions, en fait. mais c'est fou parce que forcément que ça ancre chez toi le fait que manger moins c'est bien, c'est toujours la bonne solution c'est toujours la bonne réponse manger plus c'est pas la conséquence de manger moins c'est la conséquence d'un problème chez moi, d'anxiété ou de manque de volonté et c'est dommage déjà c'est fort dommage qui n'ait pas eu plus d'inquiétude au moment de ton amégrissement, mais même de la part du médecin, c'est quand même gravissime.
- Speaker #1
Complètement, absolument, tout à fait d'accord.
- Speaker #0
Et qu'en plus, si tu veux, ça a forcément joué des choses sur toute la suite et sur ta conception de l'alimentation et de ce qu'il est bien de faire ou non. Ce n'est pas à minimiser, c'est ce que tu disais tout à l'heure. quand tu parlais du fait d'avoir peur de ne pas être aimé si tu grossissais, quelque chose d'internalisé, d'écrit vraiment à l'intérieur de soi, parce que c'est des bases qui sont inscrites dans l'enfance et qui viennent de nos parents. Donc, ça a un impact fou. Ce n'est pas irrémédiable, mais c'est un fort impact, c'est clair.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu as fait ? À quel moment, toi, déjà, ça me vient à la question, tu es content ? À quel moment tu t'es dit, attends ? j'ai un problème, mais un vrai problème, genre une pathologie, pas juste j'arrive pas à me gérer.
- Speaker #1
Ouais. En fait, c'est au bout d'un moment, en fait, la fatigue. La fatigue de... de malgré moi du comptage de calories de penser dans ma tête les menus de la semaine qu'est-ce que je vais faire de penser à la nourriture pratiquement H24 la fatigue en me disant mais il y a tellement plus que ça dans la vie et puis évidemment d'écouter les podcasts comme les tiens Ouuuuuuuuh en écoutant comment les gens ont progressé, des histoires peut-être un peu similaires à la mienne, je me suis dit qu'il faut faire quelque chose. Parce que je ne veux pas, si je vis jusqu'à 80 ans ou 90 ans, je ne veux pas finir comme maman et me peser tous les jours et me mettre au régime si j'ai pris 100 grammes.
- Speaker #0
Mais tu avais conscience que tu avais un trouble alimentaire déjà ?
- Speaker #1
J'en ai eu... Oui, je savais que ce n'était pas normal. Je savais que ce n'était pas normal, mais le concept de l'hyperphagie et du binge restrict, je me suis auto-diagnostiquée. C'est ça.
- Speaker #0
Et donc, cette prise de conscience par rapport à là où on est début 2026 ? Cette prise de conscience liée à cet épuisement que tu décris, ça s'est produit quand ?
- Speaker #1
La prise de conscience ? Alors, en fait, j'ai eu des gros problèmes dans mon couple. Il y a eu une grosse explosion en 2024. Des choses dues également à ma mère. où en fait, voilà, il y a une... C'était une espèce de prise de conscience que toute ma vie, en fait, j'avais cherché son approbation pour tout et que j'avais du mal à prendre des décisions par moi-même, sans avoir un peu son aval. Et c'est une ma soeur aussi, qui sont toutes les deux, j'ai envie de dire, les deux grosses têtes de la famille. Donc, mon mari est marocain. Et en fait, on a une fille. Et en fait, quand elle est née, donc elle est née en Angleterre, elle parlait, moi j'ai parlé français. On s'était dit, bon, elle va parler anglais, elle va parler anglais à l'école, etc. Donc lui, il parlait arabe. Et en fait, elle commençait un peu à... Bon, français, anglais, ça allait. Arabe, elle commençait un petit peu aussi. Et puis, lors d'une conversation avec ma mère, elle m'a dit, non, non, mais il faut arrêter de parler arabe, ça ne va lui servir à rien. Il faut surtout qu'elle soit bonne en français, en anglais et tout. Et moi, en tant que bon soldat, j'ai dit, ah ouais, ouais, elle a raison. Et donc, j'ai dit à mon mari, non, non, il faut arrêter l'arabe parce que ça fait trop. Et en fait, lui, il s'est dit, non, non, moi, je ne lui parle que français à partir de maintenant. Il ne faut que tu lui parles qu'anglais. Donc, lui, il s'est dit, bon, ben… Je ne vais lui parler qu'anglais alors, parce que je veux que son anglais soit très bon, etc. Et donc, il a arrêté de lui parler et donc elle a perdu son arabe. Et donc, c'est venu lors de conversations où il m'a dit, mais en fait, tu ne te rends pas compte à quel point ta mère a trop été dans beaucoup des décisions de notre couple depuis qu'on est mariés. Et en fait, je n'en peux plus. Donc, je me suis dit, en fait, si tu veux, il dirigeait ça plutôt vers moi sans comprendre que d'un certain côté, j'étais un peu la victime aussi là-dedans. Donc, c'est là que j'ai commencé, ça n'allait pas du tout et j'ai commencé une thérapie. Donc, j'ai contacté la thérapeute pour problème de couche. de couple, communication, etc. Et puis, voilà, il y avait d'autres choses que ça. Et en fait, c'est elle qui m'a fait sortir tout ce qui s'est passé dans mon enfance, relation avec ma mère et dans ma famille, et puis les problèmes que j'avais, ma relation avec l'alimentation. Voilà, donc en vrai, de vrai, de vrai, c'est vraiment depuis deux ans que c'est devenu beaucoup plus clair. Et que tout est intriqué en fait.
- Speaker #0
Et oui, nécessairement, ça c'est clair.
- Speaker #1
Tout est intriqué.
- Speaker #0
Ok. Et donc, depuis deux ans que tu t'es mise au travail, il y a des choses qui ont commencé à bouger pour toi ?
- Speaker #1
Oui. Poser des limites, ça c'est mon gros problème. C'est une blague.
- Speaker #0
Hyper rare dans l'hyperphagie. C'est hyper fréquent, c'est clair.
- Speaker #1
Poser des limites, dire ce que j'ai sur le cœur. Oui, et puis arrêter d'être ce qu'on appelle le people pleaser, tu vois, d'être, enfin voilà, pour tout le monde, d'arrêter, tu vois, je ne suis pas la rigolote de la famille, moi aussi j'ai le droit d'avoir des problèmes. Quand vous m'appelez, je n'ai pas envie d'entendre tout ce qui va mal dans votre vie alors que vous ne vous demandez même pas comment moi ça va, tu sais que des fois ça ne va pas du tout. et arrêter, si tu veux, un certain… Mon père pas trop, mais quand j'appelle ma mère au téléphone, il y a beaucoup de... Tu vois, elle fait un peu du... Je ne trouve pas le mot, mais tu sais, elle me dit, oh là là, tu me manques. Oh là là, mais vous nous manquez tellement. On n'est rien sans nos filles. On est tellement seules. Quand est-ce qu'on va vous voir ? On ne peut plus vivre sans vous. « Ah, ça fait tellement du bien quand j'étais au téléphone. C'est la seule raison pour laquelle nos journées sont meilleures, etc. » Et que moi, tu vois, j'ai toujours « Ah, mais t'es à Londres, t'es tellement loin, etc. » Alors que bon, ils sont tous les deux, je dirais, en relativement bonne santé. Ils vivent dans un appart sympa. Ils ont une belle vie, tu vois. Et en fait, moi, à chaque fois, ça me… Je me dis « Oh là là, mais je me sens mal, peut-être que je n'aurais jamais dû partir en Angleterre, peut-être que je devrais les voir plus souvent. » Et en fait, petit à petit, je ne les appelle plus tous les jours ou tous les deux jours, je ne les appelle que quand j'en ai envie. Et si le sujet de conversation ne me convient pas, je dis « Non, en fait, je ne veux pas en parler. Next. » Donc ça, c'est déjà pas mal. Et voilà, c'est surtout poser des limites et arrêter d'être people pleaser et d'être affectée par ce... Tu vois, ce...
- Speaker #0
Il y a une culpabilisation. La culpabilisation,
- Speaker #1
voilà. C'est ça.
- Speaker #0
Ouais, ouais,
- Speaker #1
c'est ça. C'est ça. Pareil avec ma soeur.
- Speaker #0
Tu veux dire que ta soeur a le même fonctionnement que ta mère ?
- Speaker #1
Un peu, ouais.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc, d'arrêter... Ouais. complètement d'arrêter ça. Et je me souviens très bien, par exemple, lors de mon premier travail en Angleterre, donc j'avais 22 ans, je travaillais dans une boutique, je faisais l'administration, la gestion des stocks, etc. dans une boutique de luxe et elle m'appelait tous les jours. Et j'en ai parlé à une ex-collègue avec qui je suis restée amie. Je lui ai dit, tu te rappelles quand elle m'a appelée tous les jours ? Elle m'a dit, ouais, c'était complètement incroyable, en fait. C'est parce que tous les jours, tiens, je lui ai appelé Maud pour voir comment ça va. Elle va me faire rigoler. Voilà. Et ça, ce n'était pas normal. Ce n'était pas normal. Quand on a eu notre fille, je me souviens, elle appelait pratiquement tous les soirs aussi. Et ça, c'est un truc que mon mari m'a ressorti aussi en disant, mais ta mère… c'était étouffant. Et en fait, il fallait lui dire non, il ne comprend pas comment je n'ai pas pu poser des limites avant alors que lui en a posé à ses parents pour moi, tu vois. Mais après, tout le monde est différent.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression qu'on pourrait presque parler d'une relation d'emprise un peu ?
- Speaker #1
Oui, complètement. C'est ce que... Non, c'est ce qui a été mis par ma thérapeute aussi, oui.
- Speaker #0
Et c'est vrai que c'est difficile à comprendre pour l'extérieur, dans ces cas-là, ce qui peut se jouer. Mais c'est comme des espèces de chaînes invisibles que tu ne peux pas rompre comme ça.
- Speaker #1
Exactement, ça prend du temps.
- Speaker #0
Peut-être qu'il y avait une notion de... Ça me fait penser, je fais le lien avec ce que tu disais, personne ne va m'aimer si je grossis. Une notion d'amour conditionnel et conditionné. Conditionné au fait d'être mince, conditionné au fait d'être rigolote. conditionnés au fait d'appeler suffisamment souvent. Dans les faits, il y a de grandes chances que si tu étais grosse et pas drôle, et que tu n'appelais pas... tes parents t'aimeraient quand même. Mais il n'empêche que dans leur attitude, il y a un certain nombre de choses qui ont fait que toi, ce que tu as enregistré, c'est ça. Et du coup, c'est terrible parce que prendre le risque de ne plus être dans ces rôles-là, c'est quoi ? C'est l'abandon, en fait, et perdre l'amour maternel, paternel, enfin, parental.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui, ça peut paraître fou de l'extérieur, mais en fait, c'est terrible.
- Speaker #1
Oui, complètement. Complètement. Mon mari m'a fait la réflexion une fois. Il m'a dit, vous dites que vous êtes une famille vachement proche, que vous vous aimez trop, etc. Il a dit, je ne suis pas trop sûre. Vous n'êtes pas ultra honnête les uns envers les autres.
- Speaker #0
Et toi, tu en penses quoi ?
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #0
C'est complexe, les dynamiques familiales. Ce qui est certain, c'est que dans chaque système familial... il y a des rôles plus ou moins définis, mais c'est plutôt plus ou moins marqués. Ils sont toujours définis les rôles, mais je trouve qu'il y a des systèmes familiaux dans lesquels c'est très marqué, très visible. Comme là, ce que tu décrivais pour toi de la place que tu as, elle est très visible et très palpable. Et que quand l'un des membres du système choisit de faire ne serait-ce qu'un pas de côté et de plus tout à fait dans ce rôle-là, ça peut faire vaciller le système entier, en fait. Parce que comment est-ce que nous, on peut continuer de fonctionner comme on fonctionnait si toi, tu décides de ne plus fonctionner pareil ? Et en fait, c'est bien souvent pour ça. C'est hyper lourd, du coup, sur les épaules des membres. Tu vois, tout comme en systémie, on parle aussi d'enfants symptômes, de personnes qui vont porter le poids du fonctionnement du système par le biais de maladies, de choses bien particulières. Et c'est terrible parce que c'est soit je guéris individuellement, mais je prends le risque de complètement déstabiliser le système familial et je prends le risque peut-être d'en être exclue, tu vois. Et il y a des gens qui, inconsciemment, vont rester enfermés dans leurs problématiques pour ne pas perdre le système et leur place. C'est à la fois passionnant et très complexe, mais ce qui est hyper chouette, c'est qu'il y a plein de façons quand même de démêler ça. Et c'est exactement ce que tu es en train de faire, finalement. Tu as l'impression que tu as vu des changements sur ton comportement alimentaire, petit à petit, en changeant de positionnement comme ça ?
- Speaker #1
Oui, dans le sens où je ne pense même pas à est-ce que je vais vraiment être guérie un jour, et j'aurai un super rapport à la nourriture, parce que je ne veux pas me mettre de pression ou quoi que ce soit, et puis chacun est différent. Maintenant, j'ai appris à savoir pourquoi, si j'ai envie de me jeter sur les placards, pourquoi en fait j'ai envie de me jeter sur les placards. En fait, voilà, j'ai ma thérapeute, les podcasts, les choses que je lis. Même si je me jette sur les placards, c'est de réfléchir après à pourquoi je l'ai fait. Et en fait, quand je sens cette envie venir de me dire, ah tiens, je fais ça parce que je suis fatiguée, parce que j'ai eu une grosse journée au travail, parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas assez mangé, parce que je me dis que j'ai mangé beaucoup trop vite à mon bureau et que je ne suis pas satisfaite de ce que j'ai eu, etc. Et en fait, si ça m'arrive encore, si tu veux, les crises sont moins importantes. en termes de volume et en termes de quantité, et je les accepte, en fait. Et en fait, je les accepte, et le lendemain, je ne suis plus dans un mood restrict, je vais juste prendre un remplacement de repas toute la journée. Donc non, je recommence la journée d'après, comme si de rien n'était, en me disant, écoute, ce n'est pas grave. Et puis, je ne monte plus sur la balance. Et puis, je m'assure que le lendemain, je mets des vêtements que je sais ne vont pas trop me serrer pour que je ne me sente pas trop mal. Et puis, c'est tout. C'est tout. Voilà, j'accepte que c'est un processus qui va prendre du temps, mais je m'auto-flagelle beaucoup moins.
- Speaker #0
Ah, trop chouette. Ouais, effectivement, on voit que t'as pris plein d'outils et que t'as mis en place plein de choses, c'est trop chouette.
- Speaker #1
Ouais, ouais.
- Speaker #0
C'est déjà, enfin pour moi, c'est hyper important ce que tu dis dans la relation à soi-même. Pour moi, c'est vraiment le premier pilier, quoi, de plus être dans cette maltraitance perpétuelle, quoi.
- Speaker #1
complètement complètement et puis pour le coup quand j'en avais parlé avec mon mari il m'avait dit faut pas écouter ta mère faut pas écouter ta soeur ou je sais pas quoi moi je te dis que même si tu prends 10 kilos je t'aimerais quand même est-ce que je t'ai déjà dit parce que lui il m'a vu aussi faire de l'oyo il m'a dit est-ce que je t'ai déjà dit une fois depuis qu'on se connait oh là là Maud t'es trop grosse ou tu perds du poids non ?
- Speaker #0
bon bah alors ça t'aide ça ? ce regard bienveillant ?
- Speaker #1
enfin je vais en dire même ce regard détaché même plutôt finalement du poids ah oui il a un regard complètement détaché pour sa fille absolument pareil je l'entends mais j'ai du mal à l'accepter c'est
- Speaker #0
à dire ?
- Speaker #1
J'ai du mal à l'accepter dans le sens où vraiment, il le dit vraiment. Genre, si là, je prends 30 kilos, il m'aimera quand même autant.
- Speaker #0
Oui. Tu as du mal à croire que ça puisse être vrai.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qu'on puisse fonctionner comme ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais finalement, si on pousse un peu le truc, tu as du mal à croire qu'on t'aime pour complètement autre chose que le poids que tu fais.
- Speaker #1
Je sais que je suis aimée pour d'autres choses, mais c'est important.
- Speaker #0
C'est important pour qui ?
- Speaker #1
Pour... Par rapport au... pour... C'est important pour... Moi ? Ce que je vois, comment les autres vont me regarder aussi, tu vois ?
- Speaker #0
Ouais, mais tu vois, c'est intéressant ce qu'on parlait des autres. Je sais que je suis aimée pour autre chose, mais c'est important. Donc je me dis, ah bon, c'est important pour qui ? Pour moi. Mais comment j'imagine que les autres vont me regarder ? Mais finalement... Comment les autres vont te regarder ? C'est surtout une projection que tu fais de ce que toi, tu penses que...
- Speaker #1
Complètement, parce qu'à part ma mère et peut-être ma sœur, que ce soit mon mari ou mes copines, même si j'arrive en ayant pris du poids ou je ne sais pas quoi, elles me diront absolument... Je ne sais pas, peut-être qu'elles le verront, peut-être qu'elles ne le verront pas, mais elles ne me traiteraient absolument pas du tout différemment. Par contre, si elle me voyait perdre beaucoup de poids, là, elle me dirait, attends, Maud, qu'est-ce qui se passe ? Ouais,
- Speaker #0
ok. Comment tu te sens aujourd'hui ? Que ce soit, enfin, surtout ce dont on a parlé, la relation à l'alimentation, au corps, à ta famille. Comment tu te sens au global et comment tu te sens face à l'avenir ? Comment tu vois les choses ?
- Speaker #1
Je suis très contente de travailler sur moi, sur plein de choses. En fait, il y a quelque chose qui m'aide beaucoup avec ma thérapeute, c'est de parler aux personnes de mon passé, que ce soit les voyous qui me harcelaient à l'école en quatrième ou les réflexions de ma mère ou le médecin généraliste. c'est de leur dire ce que j'aurais voulu leur dire à ce moment-là. Ça, ça m'aide. Je me sens plus confortable à mettre des limites, quelles qu'elles soient, que ce soit avec ma fille, avec mon mari, avec mes parents, avec ma sœur. Et de m'écouter, de voir comment je change, J'aime beaucoup mon travail, donc ça m'aide beaucoup aussi à me voir autrement, en sachant que je suis une bonne... Je suis assistante de direction en RH, en fait, que je suis une bonne assistante de direction, que ça se passe super bien avec mon boss, que j'apprends, etc. Et à m'ouvrir aussi avec mes... Merci. quatre amis qui sont vraiment ultra sincères, ultra fidèles et qui sont les seuls en fait avec qui je parle vraiment complètement ouvertement et elles sont géniales en fait. Peut-être qu'au début je doutais un peu en disant là là elles vont me juger alors qu'en fait elles ont été super avec moi et ça m'a extrêmement aidée et ouais elles me soutiennent et elles m'aident d'avancer.
- Speaker #0
Tu te sens confiante pour la suite ?
- Speaker #1
Oui. Oui, parce que je me dis, c'est bon, là, j'en ai marre. Je vais avoir 50 ans dans pas ultra longtemps.
- Speaker #0
Et ce serait quoi l'objectif, finalement ? Parce que tout à l'heure, tu disais, je ne me mets pas de pression dans je vais guérir, avoir une super relation avec la nourriture et tout. mais là tu dis oh je vais avoir 50 ans bientôt donc je sens malgré tout comme un cap qui approche et qu'est-ce que t'aimerais finalement pour ce cap-là à l'approche de la cinquantaine tu te dis ce serait quoi ton objectif ?
- Speaker #1
alors je ne veux pas mettre de pression et dire à 50 ans je vais être guérie déjà le fait que si je craque et que je l'accepte et que le lendemain, je ne me mets pas en mode horrible, je ne vaux rien, je suis vraiment nulle, nanana, déjà, pour moi, c'est beaucoup de continuer comme ça. Si les craquages s'espacent, encore mieux. J'apprends petit à petit à réintégrer de la fear food tous les jours dans mon alimentation. Donc, être ok avec ça aussi, même si c'est pas forcément évident. Voilà. C'est tout. Je veux pas me mettre plus de pression que ça. C'est déjà beaucoup.
- Speaker #0
Tu utilises le mot craquage. Pour moi, le mot craquage, c'est vraiment très lié au régime. Je sais pas, toi, quelle connotation il a dans ton esprit. C'est pour ça que je te parle de moi, la connotation chez moi et chez les personnes que j'accompagne quand même souvent. Craquage... C'est l'inverse de « j'ai réussi à me gérer, à me contrôler » . « J'ai craqué, j'ai merdé » . Il y a vraiment cette notion-là. Alors, je ne suis pas sûre que ce soit des craquages. Je ne crois pas. Et que c'est intéressant même de s'autoriser peut-être à mettre ce mot « craquage » sur complètement autre chose. Parce que tant qu'on se dit que craquer, c'est ne pas avoir tenu sa diète, son régime ou ce qu'on… même si on ne met pas ces mots-là à ce qu'on s'était imposé dans l'alimentation, et donc c'est égal à avoir trop mangé, j'ai craqué, j'ai merdé, quand on veut se rétablir d'un trouble alimentaire, le focus principal, enfin le focus principal, hormis tout ce qu'on a pu déjà dire, la façon dont on se parle, la relation aux autres, le vécu émotionnel, sur le comportement alimentaire pur, il y a vraiment un gros focus à mettre sur le fait de manger suffisamment et de réintégrer les aliments. Et du coup, quelque part... on pourrait aussi s'autoriser à nommer les choses différemment et à se dire, merde, j'ai craqué aujourd'hui, j'ai pas réussi à intégrer tel aliment que je voulais intégrer. Tu vois ce que je veux dire ? Finalement, le craquage, il serait à l'inverse. Putain, j'ai craqué, je me suis restreinte. Parce que c'est ça, en fait, qui fout le bazar. Et même si c'est pas ça qui est le plus visible, et même si malheureusement c'est encore trop ce qui est valorisé de se restreindre, de se maintenir, de se contenir, en fait, il est là le vrai craquage. Le truc où on pourrait se dire, je mets d'énormes guillemets pour les gens qui ne voient pas, j'ai échoué, c'est pas un échec. Une compulsion, c'est pas un échec. Ne pas avoir réussi à intégrer un aliment, c'est pas un échec. Tout ça, c'est des expérimentations, en fait. Et c'est très chouette parce que t'as l'air d'être sur ce chemin-là de j'essaie des trucs, j'expérimente, je fais ce que je peux. selon les jours, c'est forcément différent. Et j'avance comme ça, quoi.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Est-ce que tu as l'impression qu'on a fait à peu près le tour ou est-ce qu'il y a des choses que tu aurais aimé dire, partager et sur lesquelles je ne t'ai pas questionnée ?
- Speaker #1
Non, je pense qu'on a fait le tour en termes de dizaines d'années de ce qui a pu... de ce qui a pu se passer de mon cheminement.
- Speaker #0
Il y a une question que j'aime bien poser pour clore le témoignage. C'est de te proposer de t'adresser aux personnes qui nous écoutent et qui en sont à plein de stades différents. On ne sait pas. Qui nous écoutent. Mais en tout cas, celles qui nous écoutent et qui sont peut-être en pleine tornade et qui sont au cœur de cette souffrance. Qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
Oui. souffrance c'est carrément le mot malheureusement c'est ce que c'est pour m'aider à en sortir je sais que c'est différent pour tout le monde mais me confier aux amis que j'avais peut-être sous-estimés et qui sont absolument géniales ça a été salvateur parce qu'elles sont ultra objectives elles sont positives elles me mettent un coup de pied aux fesses quand il faut me mettre un coup de pied aux fesses elles sont très je sais qu'elles sont là pour moi et c'est énorme donc je dirais de ne pas hésiter quand on sait qu'on a une ou des personnes de confiance tes podcasts les témoignages toute l'information qui est à disposition sur internet ça peut être aussi très... Très...
- Speaker #0
très instructif. Et puis, trouver la bonne personne à qui parler, écouter, se confier, et puis se rendre compte peut-être de ce sur quoi il faut travailler. Ce qui est grossière, c'était le people pleasing, prendre le harcèlement très au sérieux. Parce que je pense que pour moi, ça a été un gros déclencheur quand même. Apprendre à poser des limites, même si c'est compliqué. On y arrive ! Et puis aussi, ce que je trouve pas mal, c'est même dans ma tête, des fois je le fais toute seule. Si j'ai un flashback de quelque chose qui m'est arrivé dans le passé, de le prendre, de dire dans ma tête d'un jurier s'il faut la personne que j'ai en face de moi et de hop ! passer à autre chose.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Pour tous ces partages, que ce soit ces morceaux d'histoire, c'est forcément très intime, parce que ça a traversé, donc merci d'avoir accepté de le partager pour transmettre à d'autres et puis merci aussi d'avoir partagé tout ce qui justement, toi, t'as aidé, tout ce qui t'aide encore actuellement, tout ce que tu t'imagines faire pour continuer d'aller mieux. Je pense que c'est forcément très aidant et inspirant. Donc, c'est trop chouette. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci. Merci à toi.
- Speaker #1
Et puis, au plaisir, pourquoi pas, de se reparler dans quelques temps.
- Speaker #0
Merci. Et merci pour tout ce que tu fais, Flavie. Vraiment. Merci pour tout.
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu... t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches, mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !