- Speaker #0
Bienvenue dans TCA etc, le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien, sur flavie.mtca. Très belle écoute ! Bienvenue dans un nouvel épisode, aujourd'hui épisode un peu particulier, épisode react, et j'aime bien. En fait j'aime bien tout dans le podcast, je crois à chaque fois je dis j'aime bien. Et ce qui est top c'est qu'aujourd'hui je suis accompagnée pour faire ça. J'ai eu envie de réagir au reportage de l'émission complément d'enquête dont le titre était « Vos kilos valent de l'or » . et qui se penchait principalement sur les injections, une perte de poids. Ouais, j'allais dire, mais pas que, mais si, en fait, globalement. Moi, je m'attendais à ce que ce soit plus large que ça. Et en fait, c'était très centré là-dessus. Émission qui m'a fait beaucoup réagir. Et du coup, j'ai eu envie d'en parler sur le podcast, mais je n'ai pas eu envie d'en parler seule. Et donc, j'ai invité Nina à venir discuter avec moi. Nina qui est déjà intervenue, mais il y a longtemps sur le podcast. Du coup, je vais te laisser te présenter pour commencer, pour les personnes qui ne sauraient peut-être pas qui tu es.
- Speaker #1
Je suis Nina, je suis thérapeute anti-régime et militante anti-grossophobie. Je suis la fondatrice du compte Insta Les Nouvelles Héroïnes. Et j'ai aussi un podcast, Héroïnes Décomplexées, sur lequel un jour je vais t'inviter Flavie. C'est une promesse que je te fais ici. Il faut qu'on trouve vraiment un sujet là-dessus, mais j'ai vraiment envie de t'inviter. Donc voilà, comme ça, c'est acté dans le marbre. J'ai des témoins. Tu le seras un jour sur mon podcast.
- Speaker #0
Écoute, avec plaisir. Moi, je suis dispo pour ça, avec grand plaisir. Avec plaisir. Donc ouais, je me suis dit que je n'avais pas envie de creuser ce sujet seule. Aussi parce que tu parles très bien de grossophobie et de tous les enjeux autour. aussi parce que toi tu as été victime et tu es encore victime puisque je te suis sur insta et j'ai vu tes stories dernièrement ce qui s'est passé l'autre jour dans un magasin dont je ne citerai pas le nom donc voilà tu as aussi cette place de personne qui subit la grossophobie dans son quotidien ou presque en tout cas donc c'est toutes ces raisons qui font que je me suis dit trop intéressant d'en parler ensemble Et puis, je savais très bien, d'une, que tu allais certainement regarder ce reportage, et de deux, que ça allait te faire réagir. Je me suis dit que je ne pouvais pas être la seule à avoir réagi fortement comme ça. Donc voilà, en tout cas, merci beaucoup d'avoir accepté tout de suite.
- Speaker #1
Avec plaisir. Alors, pour être très honnête, souvent, j'évite ce genre de reportage parce qu'en fait, ça me fait sortir de mes gonds. Parce que je me dis, mais comment est-ce que c'est possible ? Enfin voilà, je sors de mes gonds dans ce genre de trucs et je sais pas, là j'ai eu envie de regarder parce que complément d'enquête, bon je me dis, ça peut être intéressant, ils ont fait des bons trucs et puis là on était en plein dedans, on est en plein dans la mode des injections perte de poids donc il faut que je fasse un peu de veille aussi. Et du coup j'ai été super contente qu'on fasse ce qu'on va faire aujourd'hui en fait.
- Speaker #0
Moi aussi, je suis d'accord. Parfois, j'allais dire douloureux de regarder ça. Ce n'est pas tant douloureux, mais en fait, ça crée tellement d'émotions, de colère, de ras-le-bol, de désespoir. Vraiment, je peux passer par plein de trucs. Et puis souvent, il y a beaucoup de déceptions. Et là, encore une fois, c'était le cas parce que moi, c'est une émission que j'aime bien, complément d'enquête. et j'ai été profondément déçue et on va pouvoir expliquer pourquoi. L'idée, c'est qu'on amène un peu de billes, en fait, de... de compréhension, d'avoir une autre lecture de tout ce qui est dit dans ce complément d'enquête. Mais ce que je t'ai proposé, Nina, c'est qu'on parte sur un truc un peu chronologique. Et j'avais envie de faire ça comme ça aussi pour les personnes qui, peut-être, l'ont regardé, ce complément d'enquête, et qu'elles puissent faire le lien avec ce qu'elles ont vu, ah oui, et qu'elles aient potentiellement une autre lecture. En fait, le reportage, il est organisé pas mal autour de témoignages, ce qui, en soi, peut être intéressant. Et ça commence avec un premier témoignage d'une femme qui s'appelle Estelle.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Et moi, ce qui m'a un peu frappée déjà, c'est qu'il parle du fait que c'est une personne qui est considérée comme étant en obésité depuis toute petite. Il l'explique par une maladie. à la naissance. Et voilà, ils disent un truc, je ne veux pas rentrer dans les détails, mais je trouve que déjà, dans la façon de dire, ils disent que, bon voilà, la petite, elle a été dans l'incapacité à s'alimenter et que depuis, son corps stocke, je cite, le moindre gramme de nourriture. Bon, je trouve que là, on est sur des croyances un peu fantasmatiques. Enfin, tu vois, c'est un peu... Il n'y a pas un seul corps qui stocke le moindre gramme de nourriture. Et je trouve que déjà, on est dans des trucs, je me suis dit, mais... dans quoi on met les pieds, ça paraît pas très scientifique tout ça et en fait moi déjà ça commençait fort je trouve que là on passe à côté d'un truc à mon sens important c'est qu'il y a aucun moment où on parle de la grossophobie qu'elle a subie à aucun moment on parle des alors si je crois qu'elle parle des régimes à répétition, le fait qu'elle a tout essayé pour maigrir mais on parle pas de ce que ça lui a fait subir corporellement, psychiquement tu vois C'est les régimes qui font grossir aussi la majorité des gens.
- Speaker #1
Elle dit qu'en fait, à un moment, elle explique que son poids, elle met la faute sur son poids. Elle explique que son poids, ça a eu un impact sur sa confiance en elle. Mais en fait, le poids, il aurait zéro impact sur notre confiance en nous s'il n'y avait personne pour le pointer du doigt comme la bête noire, en fait. Donc... Si on remonte le fil, c'est pas son poids qui lui a fait perdre confiance en elle, c'est la grossophobie. Et ça, encore une fois, comme tu le dis, c'est absolument pas dit dans le reportage, dans sa partie témoignage à elle. Et en plus, ils sous-entendent par... Tu disais, oui, ça a entraîné un stockage massif à chaque fois qu'elle mange. Encore une fois, c'est mettre le sujet du poids... autour uniquement de la question de la nourriture, alors qu'elle a vécu sans doute plein d'autres choses, dont la grossophobie, qui ont pu être un facteur de prise de poids, si ce n'est aussi potentiellement peut-être sa génétique. Donc, comme tu dis, il y a déjà plein de non-dits. Ça commence à peine, le reportage, et il y a déjà plein de choses qui sont passées sous silence. Donc, voilà, pour moi, ça entretient toujours cette idée que t'es gros parce que tu manges trop, parce que tu stockes. Alors qu'en fait, elle est peut-être simplement grosse parce que, je ne sais pas, c'est sa génétique ou des choses comme ça. En fait, on ne creuse pas le sujet à 100%. Non,
- Speaker #0
clairement. Et en fait, il y a un truc qui va durer tout le reportage, malheureusement, spoiler alert, autour du fait qu'on ne parle pas justement de cette grossophobie et de cette règle implicite qui est que, en fait, tu ne dois pas être gros. Et que donc, de cette règle naît tout un tas de discriminations, de violences, en fait, que les personnes qui sont grosses vont vivre toute leur vie, qui les amènent à une estime d'elles dans les chaussettes, qui les amènent... Tu vois, et en fait, ça, en fait, c'est là, c'est l'éléphant au milieu de la pièce, mais on ne le nomme pas, en fait. Tu vois, ce n'est pas nommé, c'est comme ça. C'est comme une règle implicite, parce que ça me fait faire le lien avec le deuxième témoignage de Nicolas, qui dit « La société n'est pas faite pour les gens comme moi. » Et attends... C'est quel type de violence ce truc-là ? Et il dit même aussi, j'essaie de perdre du poids pour rentrer dans les clous de la société. Donc en fait, lui, il le nomme ce truc-là. Tu vois, il dit, OK, la société, elle n'est pas faite pour les gens comme moi. Donc il y a des gens qui existent, comme moi. Donc en disant ça, il nomme aussi qu'il n'est pas le seul, qu'il y a toute une population comme ça, que la société n'est pas faite pour, et donc que ce sont à ces personnes-là, aux dissidents, de rentrer dans l'ordre établi de la minceur absolue, quoi.
- Speaker #1
Ouais, et là que tu parles du témoignage de Nicolas, moi, il y a un truc que j'ai noté quand il parlait, justement, de rentrer dans le moule. Déjà, c'est se faire violence pour rentrer dans une case dans laquelle personne n'entre totalement. Et je me suis dit, parce que, en fait, Nicolas, il a 24 ans. Il est passé de 140 kilos à 167 kilos. Là, il aimerait encore perdre...
- Speaker #0
240, du coup.
- Speaker #1
Oui, il est 240 kilos. Il a perdu 167 kilos et il voudrait arriver à 110 kilos. Et je me dis, mais est-ce qu'il a conscience qu'en arrivant à 110 kilos, il sera toujours pas dans le moule de la société ? Donc... Qu'est-ce qu'il cherche vraiment ? Parce qu'il dit qu'il fait ça pour rentrer dans le moule, pour rentrer dans cette case-là. Mais est-ce qu'il a conscience que même en perdant tout ce poids, il ne rentrera toujours pas dans le moule ? Enfin, c'est... Je sais pas, j'ai du mal à comprendre cette façon de penser, parce que peut-être que j'ai cette déformation qui fait que comme je... me nourrit beaucoup de choses anti-régime, anti-grossophobie, etc. Je vois le problème directement, mais comment on peut croire qu'à 110 kilos, on rentrera mieux dans le moule que quand on en faisait 240 ? Enfin, on ne rentrera toujours pas dans le moule, en fait. C'est...
- Speaker #0
Oui, je ne sais pas bien comment nommer ce que ça m'évoque, mais je vois un peu comme un... Tu vois, de la... le filtre, comme un filtre un peu, de l'illusion, de l'acceptation, enfin, et qui ne s'accroche pas à la réalité, du coup, qu'en fait, il est pris dans ce truc-là, sûrement aussi dans le fait d'être grisé, peut-être, par aussi la perte de poids qu'il a vécue malgré tout, et de se dire, ça y est, je vais y arriver. Et ça, ça me fait écho à autre chose, au fait que même des gens pleinement dans les normes de la société, cherche à perdre du poids.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai.
- Speaker #0
Et en fait, tu vois, pour moi, c'est des problématiques qui sont très proches. C'est-à-dire qu'il y a une telle obsession autour du poids et du corps que cet homme-là, il veut perdre à tout prix. Il veut descendre à ce poids-là. Comme tu dis, oui, mais à ce poids-là, en réalité, il ne sera toujours pas dans les normes. Mais si tu regardes complètement à l'autre bout du prisme, ils le disent aussi dans le reportage, je fais un bond dans le temps, Merci. il parle de vendeurs à la sauvette, on va y venir, de tout ce qui se passe aussi autour de ces médicaments-là. Et le mec dit, ça m'arrive d'en vendre à des filles qui font 50 kilos. Oui. Voilà.
- Speaker #1
On le voit aujourd'hui, ne serait-ce qu'à Hollywood, le vivier un peu de nos idéaux de beauté. Quand on voit des Ariana Grande, quand on voit des... Comment elles s'appellent ? Ah, je sais plus. Bah, Serena Williams, quand on voit toutes ces stars, en fait, que nous, on cherche à atteindre leur physique, bah, elles, elles en prennent aussi, alors qu'elles ont déjà ce côté un peu idéal de beauté, mais en fait, on n'en sortira jamais de ce cercle-là, en fait, parce que même les gens qu'on prend pour des modèles physiques, ils en prennent aussi du Wegovi, du Saxenda, du Munjarro, enfin, aux Etats-Unis, c'est de l'Olympique, c'est pas... Il y a sans doute du Ouigovie aussi, mais aux Etats-Unis, je crois que c'est différent, les normes sont différentes, et du coup, tu peux prendre du Ouigovie, alors qu'en France, il y a un truc de l'Olympique. Mais en tout cas, pour continuer dans cette histoire de moule, c'est qu'en fait, le moule, il n'a pas de forme, parce que même les personnes dont on pense faire partie de ce moule-là, même elles, elles ne se sentent pas comme étant légitimes à rentrer dedans. et je voulais revenir à à Estelle et Nicolas sur le côté financier de ces injections. Parce que là, on parle de Nicolas, on dit qu'il a 24 ans, mais lui, il faut savoir que les injections, elles ont été gratuites pendant 4 ans, je crois.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Pendant 4 ans, en fait, il n'a pas payé ses injections parce qu'il a fait partie d'une cohorte, en fait, de cobayes, on va dire, autour de ce traitement. Et là, du coup, il a perdu ses 72 kilos. Mais le problème, c'est qu'il arrive au bout de cette étude scientifique et ses injections ne vont plus lui être remboursées. Donc, à ce moment où il pensait toucher du doigt ce qu'il cherchait à atteindre, ce côté « je rentre dans le moule » , ça va lui être enlevé, mais à vitesse grand V. Et qu'est-ce qu'on va faire de ce Nico ? Nicolas, en fait ? Qu'est-ce qu'il va devenir quand il aura repris tout son poids ? Parce que on en parlait un peu en off du côté rebond. Ça va être terrible pour son estime de lui. Ça va être terrible pour son estime de lui. Et ce moule qu'il pensait fiter, dans lequel il pensait rentrer, ça va s'éloigner, mais à une vitesse, à la vitesse de la lumière, quoi. Et qu'est-ce qu'on fait de ces gens-là qui vont être brisés ? Parce qu'il ne pourra pas se payer ses traitements. Il est... Il est sans emploi. Peut-être que s'il trouve un emploi, il n'aura peut-être toujours pas les moyens de se le payer. Quand on voit par exemple Estelle qui gagne 1600 euros net par mois et qui paye ses injections 300 euros non remboursées à l'époque, parce que ça c'est pareil depuis le 15 juin, le Wigovi et le Moonjaro sont partiellement remboursés par la Sécu dans certains cas. Comment ces gens vont faire ? Par exemple Estelle, imaginons, elle perd son taf, comment elle va faire pour payer ses injections ? Et si elle ne peut plus les payer, qu'est-ce qu'elle va devenir ? Donc c'est toujours... Il y a vraiment des pans de cette histoire d'injection qui sont vraiment très nébuleux. Et je trouve que ça l'est à une vitesse tellement folle que nos cerveaux n'arrivent pas à imprimer le « et après » . Les régimes, tu peux te dire « et après » , parce qu'il y a un vécu, il y a un retour, ça fait 50, 60, même un siècle que les régimes existent, donc on sait au bout d'un moment. Mais là, ça allait à une vitesse folle. Qu'est-ce que vont devenir ces gens si, du jour au lendemain, leur traitement doit s'arrêter ? Mentalement, je parle, parce que physiquement, c'est autre chose. Mais mentalement, qu'est-ce qu'ils vont devenir s'ils plaçaient tous leurs espoirs de mieux-être sur la perte de poids ?
- Speaker #0
Non, mais c'est clair. Ça soulève plusieurs choses, en fait, quand tu parles de ça, je trouve. C'est effectivement... cet aspect financier chez Estelle, du coup, ça représente 20% de son budget mensuel. 20%. Quand tu regardes que quand tu veux aller acheter un bien immobilier, par exemple, ton banquier, il va veiller à ce que tu dépasses pas 30% d'endettement sur ton remboursement. Elle met 20% de son argent disponible dans ce traitement-là. Donc, c'est pas rien, mais ça parle aussi du désespoir des personnes. prête à tout en fait pour perdre du poids ça parle de ça cette question du remboursement ça parle aussi de ce qu'on met derrière ces traitements parce que si la France a décidé de les rembourser même si c'est que partiellement c'est que pour elle ça répond à un sujet tu vois de santé publique et je trouve que ce truc là c'est important de le creuser de le questionner de voir les recommandations et tout parce que moi il y a des choses que je trouve aberrante encore aussi là-dedans. Et j'ai perdu le dernier point auquel ça faisait écho pour moi. Oui, si, bien sûr. Et donc, dans ce que tu disais, effectivement, il y a cette question de traitement potentiellement à prendre à vie, parce que il y a un truc qui est très peu nommé dans ce reportage, qui est l'effet rebond. Et ce qu'on appelle l'effet rebond, c'est j'arrête le traitement, je reprends du poids. Mais on a déjà, alors que effectivement, l'utilisation de ces médicaments est quand même récente, on a déjà des études qui montrent que l'effet rebond... est présent et est violent. C'est-à-dire qu'il est plus violent encore que sur les régimes amégrissants. Donc en fait, on le sait. Si on arrête, le poids sera perdu. Et très vite. Plus vite que quand on arrête un régime amégrissant, a priori, selon les études. Donc en fait, ça soulève plein de questions. Et je trouve qu'au milieu de ces questions-là, revient ce bon vieil ami, l'IMC, parce qu'en fait, tu vois, tout repose sur... Ok, tu as droit ou pas, selon ton IMC. Enfin, dans le reportage, c'est pareil. On parle d'épidémie d'obésité. On a le droit quand même à un sacré florilège à nouveau.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
L'épidémie d'obésité, ils disent que l'obésité était une maladie sans médicaments. Ça, moi, ça m'a complètement fait bugger, en fait, qu'ils disent ça. En fait, moi, je me suis dit, mais comment on peut dire ça ? Enfin, je vais dire ce que moi, j'en pense, en fait. Pour moi, l'obésité, déjà, ça ne veut rien dire. Parce que ça désigne une maladie qui, soi-disant, pourrait se diagnostiquer avec un chiffre, avec un calcul, avec un IMC. Donc, du coup, ce n'est pas possible, parce qu'on sait qu'en faisant ce calcul comme ça, on va aussi désigner des personnes en bonne santé. Donc, on désigne par un terme qui veut dire maladie des gens qui sont potentiellement en bonne santé. Donc, voilà, déjà, il y a quelque chose d'extrêmement problématique. Le médecin de Nicolas, à la fin de leur échange, il dit que l'obésité étant une maladie chronique, si le traitement est arrêté, la maladie revient, donc le poids est repris. Et encore une fois, là, il y a un espèce de truc, mais je reprends le terme que tu as utilisé tout à l'heure, un peu nébuleux. C'est-à-dire qu'on utilise le terme obésité, il ne veut pas dire grand-chose, et comme ça c'est pratique, on dit, ben voilà, c'est une maladie, et en fait ce serait une maladie qui causerait... cette prise de poids alors qu'en fait on va qualifier l'obésité par le simple poids enfin tu vois en fait ça va pas du tout et donc il dit bah oui comme c'est une maladie chronique quand on arrête ce traitement qui n'est pas un traitement ça traite rien
- Speaker #1
Ben oui, parce que la maladie est toujours là. Un traitement, c'est censé t'enlever ta maladie. Comme quand tu as, par exemple, un cancer, tu fais de la chimio pour que ça tue les tumeurs cancéreuses ou je ne sais quoi, et que tu ne sois plus malade du cancer. Que là, en fait, ces traitements-là, si on considère que l'obésité est une maladie, et moi, je le dis maintenant, je ne suis pas du tout d'accord avec ça, mais si on considère que l'obésité est une maladie, ces traitements-là, que ce soit même la chirurgie bariatrique, que ce soit les régimes ou même ces injections paire de poids, ce ne sont que des pansements dans ces cas-là. Ça ne traite rien, en fait. Parce que si on arrête, on reprend.
- Speaker #0
Mais voilà, ça c'est quand même une preuve déjà accablante. Et puis c'est tellement réducteur. Mais je pense que c'est un peu à la mode de la société en 2026, où on aime bien... les relations très linéaires de cause à effet, si tu manges ça, alors tu vas grossir, si t'es gros, c'est parce que tu manges ça, tu vois. Et du coup, très bien, prends des injections Wegovi et puis ce sera réglé. Tu vois, il y a un peu... Je pense que ça répond aussi à quelque chose qui est très dans l'air du temps, même si j'ai l'air d'une grosse réac, ou grosse boumeuse en disant ça, je m'en rends bien compte, mais en même temps, franchement, c'est sincèrement ce que je pense à force de traîner sur Instagram. Et du coup, on a l'impression que ce... truc-là, j'ai pas envie de l'appeler médicament, pour moi c'est pas un médicament, c'est injections. Soit disant, elles vont régler des problématiques alors que ces problématiques sont hyper complexes. Pourquoi une personne fait le poids qu'elle fait ? C'est hyper complexe. Il y a tout un tas d'enjeux. Il y a un enjeu génétique, comme tu disais tout à l'heure, il y a un enjeu environnemental, il y a un enjeu d'histoire familiale, il y a peut-être des enjeux traumatiques, il y a des enjeux vraiment émotionnels, hormonaux, enfin il y a... tellement de choses qui rentrent en ligne de compte, et là on te fait une injection qui va prolonger ta sensation de satiété, donc en fait ce qui se passe entre deux prises alimentaires, le fait de ne pas avoir faim, et qui va ralentir la vidange de ton estomac. Oui,
- Speaker #1
c'est ça en fait, c'est ça.
- Speaker #0
La belle affaire. Mais on règle rien du tout. Pour faire le lien avec ce que tu disais sur la chirurgie bariatrique, ça me rappelle une personne que j'avais accompagnée dans l'assaut où j'accompagne aussi des personnes victimes de violences sexuelles. qui a vécu cette chirurgie, que j'ai donc vue plusieurs mois après avec une perte de poids énorme et qui, quand on discute avec elle, nous dit « ça va pas » . En fait, c'était la panique à bord, c'est-à-dire que rien n'était réglé, sauf qu'elle n'avait plus cette béquille-là. Ça n'est plus possible pour moi, là, de manger les quantités que je mangeais par exemple en me levant la nuit pour calmer les angoisses qui s'abattaient sur moi, sur le truc. Rien n'avait été pris en charge. Sur... L'aspect traumatique, ça avait été juste survolé sur le comportement alimentaire, sur la présence potentielle de TCA.
- Speaker #1
Et je veux juste rebondir sur ce que tu es en train de dire avant de l'oublier. Dans le reportage, on voit que Nicolas est entouré par une cohorte de professionnels de santé, médecins nutritionnistes, diététiciennes. Je crois qu'on parle d'endocrinos ou je ne sais plus quoi. Enfin bref, vraiment... tout un accompagnement pluridisciplinaire, c'est la télé. Ce que je veux dire, c'est que tout le monde n'aura pas le droit à un suivi aussi complet, si on peut appeler ça comme ça, parce qu'on le voit très bien, ils se basent quasiment uniquement sur leur poids. Ils disent, oui, on ne s'intéresse pas qu'au poids, on s'intéresse aussi aux autres améliorations qui amènent cette perte de poids. Mais quand même, il a perdu beaucoup de poids, il faut le noter. C'est très bien, continuez comme ça, continuez de perdre du poids. Ce que je veux dire, c'est que c'est la télé, on a voulu faire les choses bien, on a voulu prendre quelqu'un qui fait partie d'une étude scientifique. Donc forcément, il y a tout le harem de médecins autour de lui. Mais si Madame Tout-le-Monde se dit, tiens, je vais prendre le Ouigovic, je vais aller voir mon médecin traitant, il va me faire une aide pour une endocrine, ou peut-être même lui-même va me le présenter. Voilà, va me le prescrire moi-même, va un peu contourner, on va dire, les recommandations qu'on peut faire, parce qu'il n'y a pas vraiment de surveillance là-dessus. Je suis sûre que demain, je vais voir mon médecin traitant, je lui dis « je veux commencer Louis Gauvy » , il va me dire « ok, je vous mets cette dose et puis allez le chercher en pharmacie » . Enfin, on le voit très bien dans le reportage aussi, comment la journaliste, elle peut s'en procurer facilement dans les pharmacies, quoi. Mais sachez que là, comme on dit, c'est génial, il est très bien entouré, etc. Nous, on n'aura pas ce luxe. Il y a beaucoup de personnes qui n'auront pas ce luxe. Et pourquoi je dis ça ? Parce que tu me parles de cette dame qui a fait une chirurgie et qui est du coup totalement, pas paniquée, mais du coup totalement laissée à l'abandon.
- Speaker #0
Livrée à elle-même.
- Speaker #1
Voilà, livrée à elle-même. C'est quelque chose, quand je travaillais dans le milieu de l'obésité, c'est quelque chose qu'on déplorait beaucoup, c'est le fait qu'on faisait des chirurgies à tour de bras, sans avoir la capacité derrière d'assurer un suivi safe, un suivi complet avant. Et après, et sur le long terme, et là c'est exactement pareil avec ces injections, donc les patients sont vraiment laissés livrer à eux-mêmes dans 80... Je sors un chiffre de ma tête, mais dans 99% des cas, il n'y aura pas cette cohorte de professionnels de santé derrière vous si vous prenez ces injections, si vous faites opérer, mais là on parle des injections, si vous prenez ces injections, il n'y aura pas toujours cette cohorte de professionnels de santé pour cadrer tout ça en fait. Donc c'est hyper dangereux, moi je trouve ça dangereux, même si avoir des professionnels de santé, ça ne sauve pas forcément les meubles à chaque fois, mais c'est une substance aussi puissante, qui a un effet aussi puissant au niveau hormonal, etc., qui va nous couper la faim, donc qui va nous couper notre principale source de carburant, c'est-à-dire la nourriture, et faire ça tout seul, chez soi. Aller voir le médecin de temps en temps, je trouve ça tellement léger. Moi, ça me rend dingue, en fait. C'est d'une légèreté.
- Speaker #0
Je suis d'accord, d'autant qu'il y a tellement d'envie que ça fonctionne, qu'un certain nombre de personnes, on le voit dans le reportage, insistent malgré des effets secondaires dramatiques. On voit notamment une petite fille. qui va super loin. Moi, ça m'a brisé le cœur.
- Speaker #1
Mais c'est sa mère, c'est sa mère qui l'a forcée à prendre... Tu parles de la petite fille américaine, là ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ouais, c'est sa mère qui l'a forcée à prendre le truc. Elle a dit, « Ah bah, tu devrais essayer pour perdre du poids et tout. » La gamine a été littéralement en train de crever. La mère, elle a dit, « Ah bah, c'est dommage. Bon, bah moi, je continue de mon côté. T'inquiète pas, moi, je continue mon Ouigovy, je continue mon machin de mon côté. Toi, t'as failli crever, c'est pas de bol. Mais bon, moi, je vais continuer quand même. » C'est un peu ça,
- Speaker #0
quoi. Mais c'est clair, mais c'est d'une violence, en fait. Et tu te dis, ça me permet de rebondir sur ce que tu disais, les gens sont tellement prêts à tout pour maigrir que ce médicament, il sera procuré d'une manière ou d'une autre, légal ou non légal, parce qu'il y a aussi, c'est ça, le passage, on le voyait dans le reportage, par du marché noir. Et en fait, je trouve que là, ça met en lumière un truc pareil, qui n'est pas nommé, mais au secours. pourquoi est-ce que c'est pas nommé ? Je sais pas ce qu'il faut faire. Est-ce qu'il faut qu'on écrive à France 2, à machin ? J'en sais rien. Peut-être on devrait tester de rentrer de force dans ces espaces-là pour faire porter notre voix, mais en fait, on ne nomme pas le fait qu'on est tous en train de dire, ils sont tous, je vais pas me mettre dedans, ils sont tous en train de parler de santé. Non, mais attendez, c'est super, parce que Louis Gauvy, c'est un problème de santé publique. Donc ça répond à un problème de santé publique. Je veux dire, les gens, s'ils restent gros, forcément, ils sont en mauvaise santé. Et du coup, on y va, on part sur des injections sur lesquelles on n'a quand même pas gros de recul. Le recul qu'on a commence à montrer des trucs pas géniaux, géniaux. Il y a quand même... Déjà, c'est des traitements qui sont... Je crois que c'est dans 30% des cas où les gens ne les supportent pas du tout. Donc, tu vois, c'est des gros effets secondaires.
- Speaker #1
Sans parler de ces traitements-là ou qui n'ont aussi aucun impact sur le poids. Il y a des gens qui vont prendre... du Ouïgovie ou quoi, qui vont dire en fait, j'ai rien perdu.
- Speaker #0
Mais oui, et avec aussi des problèmes de santé graves qui peuvent survenir, et on peut imaginer qu'on manque de recul sur ce qui va se passer sur le long terme. Parce que là, on a des problèmes de santé graves qui apparaissent après quelques mois de traitement, mais il y a des gens qui vont peut-être prendre ce traitement toute leur vie. Quid de ce qui va se passer, au final, dans leur corps, de la dérégulation que ça va faire. Donc, sous couvert de santé, nanana, sauf que Merci. Il serait temps de regarder, je trouve que ce reportage, il met vraiment en lumière les risques que sont prêts à prendre les gens pour maigrir. On voit une femme, elle s'achète un truc sur Internet, elle n'a aucune idée d'où ça vient, parce qu'elle ne rentrait pas dans les cases, son médecin ne voulait pas lui prescrire. Elle ne rentre pas dans les cases, elle se dit je vais prendre d'autres chemins, elle prend un truc sur Internet, elle se l'injecte. A priori, il n'y avait pas la moindre trace de Wegovie dans le truc. Mais qu'est-ce qu'elle s'est injectée ? On est prêts à ça, à s'injecter. Des trucs potentiellement dangereux sous couvert de santé. Mais arrêtons, arrêtons cette hypocrisie. Mais ça me fait penser à un truc que disait Lisa de mon gros podcast dans un de ses épisodes. Elle disait quelque chose, on vous propose un médicament pour soigner vos maux de tête. On vous dit par contre, si vous prenez ces médicaments-là, vous risquez de perdre votre vue, de perdre une partie de votre vision. Vous risquez de développer des pancréatites, vous risquez que ça n'ait aucun effet. Vous risquez, enfin bref. Et elle dit, est-ce que vous voulez quand même prendre ce médicament ? C'est-à-dire que, imaginons, toi, tu as des maux de tête. Je dis, ok, Flavie, je suis médecin, j'ai un super médicament pour toi. Par contre, Flavie, si tu prends ce médicament, tu risques de perdre une partie de ta vue, tu risques de développer des pancréatites, tu risques de devenir, je ne sais pas, dépendante à ce médicament. Est-ce que tu veux prendre ce médicament ? Il y a de fortes chances que tu me dises, vous n'avez pas autre chose à me proposer ?
- Speaker #1
C'est pas possible.
- Speaker #0
C'est exactement ce qu'on propose aux gens, en fait, sous la forme de ces injections, parce que les taux de pancréatite commencent à être chiffrés, liés à la prise de ces injections. Il y a des personnes qui ont des troubles de la vision, voire une perte de la vision. On voit justement un Américain dans ce reportage où la femme a dit « bah ouais, mon mari, il a perdu la vision, mais bon, moi, je préfère quand même maigrir, donc je continue de prendre mes injections » . Merci. Et en fait, là par contre, les gens sont prêts à mettre leur santé en danger pour perdre du poids. Parce que ce n'est même pas une question de santé. Tu disais tout à l'heure, pour notre santé, on est capable de ça. Mais en fait, ce n'est même pas une question de santé, c'est une question de perte de poids. Et en fait, on glorifie tellement la perte de poids que l'aspect santé, c'est juste un décor, c'est juste un faux semblant.
- Speaker #1
C'est une hypocrisie, moi, qui franchement me fait péter les plombs. Je me dis, mais au moins, ayons le courage de dire pourquoi. Pourquoi vraiment ces choses existent ? Dans le reportage, à un moment donné, ils parlent des publicités où ils critiquent ça, en fait, les publicités pour les produits comme ça, parce qu'ils disent que ça appelle à un usage esthétique. Mais MDR, je veux dire, quoi ? Parce que sinon, le reste du temps, ce n'est pas le cas. Et en fait, je me suis dit, ah, mais ça, ça m'a vraiment mis en colère le fait que ce reportage… se vôtre dans l'hypocrisie comme ça, en faisant style, non, non, mais pas de soucis, en fait, ces médicaments-là, c'est pour la santé. Mais comment on peut dire que c'est pour la santé quand on voit, en fait, la façon dont c'est géré, la façon dont on prend tout ce qu'on vient de dire, tu vois ? Non, vraiment, je trouve qu'il y avait beaucoup d'hypocrisie là-dessus, d'autant que ça a été bien démontré, cette obsession de la minceur, par la journaliste, tu en parlais tout à l'heure, qui... cherche à se procurer et qui est donc, je précise pour celles et ceux qui n'auraient pas vu le reportage, qui est dans un poids tout à fait normé, on va dire ça comme ça, et qui se balade dans les pharmacies avec des ordonnances. Parce que ça commence comme ça. Déjà, elle arrive à choper des ordonnances en un clic. Elle paye, je ne sais plus, quelques euros. Elle a une ordonnance d'un médecin de je ne sais pas où. Et du coup, elle va dans la pharmacie avec son ordonnance. Résultat des courses, toutes ! les pharmacies lui délivrent. Et seulement 3, je crois, sur 10, lui demandent quand même, mais ça vient d'où ça ? Et il y en a un seul qui lui dit, attention, effet rebond en fait. Si vous arrêtez ça, vous reprenez tout le poids. Et tous les autres, en voyant qu'elle est dans un corps normé, moi ça m'a horrifiée, sont là, ah ouais, c'est super, ma soeur en a pris, vous verriez, c'est incroyable. Au secours ! Et donc, dans le reportage, ils sont là, oh là là, il y a des dérives. Et moi, je me suis dit, mais pas du tout. Ce n'est pas qu'il y a des dérives. Ces injections pertes de poids font partie des dérives de cette obsession qu'on a pour le corps, pour la minceur dans notre société. C'est juste une des nombreuses dérives, en fait.
- Speaker #0
C'est ça, en fait. Si on prend le problème à la racine, c'est que les... Enfin, moi, je le dis souvent, pour moi, l'obésité, entre guillemets, c'est une maladie inventée. C'est-à-dire qu'on voit, et je le disais dans un autre épisode chez quelqu'un d'autre, c'est qu'on voit que plus on essaye de faire perdre du poids aux gens, plus ils grossissent. Ça, on a commencé à le voir dans les années 60-70 avec les premières chirurgies bariatriques, les premiers régimes, le taux de personnes grosses a commencé progressivement à augmenter. Et quand on en a décidé d'en faire une affaire de santé publique, les chiffres ont explosé. C'est-à-dire que tout ce qu'on met en œuvre maintenant pour traiter le poids... Parce qu'apparemment, c'est un problème. Donc, tout ce qu'on met en œuvre aujourd'hui pour traiter le poids augmente le poids. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire que les labos, je pense qu'ils se sont dit « Putain, il y a un bon filon, là. Regarde-les. Regarde-les. On va commercialiser un truc qui fait qu'ils vont être obligés d'en prendre s'ils veulent maigrir. Mais qui plus est... » augmenter les doses parce qu'au bout d'un moment, le dosage initial ne suffira pas à vous garder, on va dire, dans une perte de poids, voire dans une stabilisation. Et ce à vie, en fait, on va y arriver à ces traitements à vie parce que là, pour le moment, je ne sais pas si on y est déjà parce que je crois qu'à un moment, c'était six mois et après, il fallait voir, il fallait adapter ou je ne sais plus quoi. On va y arriver à ces traitements à vie. Ça n'empêchera pas qu'il y ait... qui est de plus en plus de personnes grosses, parce qu'au contraire, on va miser sur la perte de poids. Et plus on mise sur la perte de poids, plus il y a des personnes grosses. Et du coup, comme tu parles, c'est une hypocrisie sans nom. Et je vais peut-être me montrer jugeante en disant ça, mais on plonge tous dedans, en fait. Ce que je veux dire, c'est qu'il n'y a pas un être humain sur cette Terre qui a la jugeote de se dire que c'est quand même chelou qu'il y ait de plus en plus de gros. malgré le fait qu'on dise aux gens de perdre du poids, il y a de plus en plus de gros, mais moi, je vais quand même aller prendre mon traitement contre l'obésité parce que je ne veux pas être grosse. Enfin, moi, je pense qu'il y a des gens, on leur pointe la lune du doigt et ils regardent le doigt. Pour moi, c'est vraiment ça le problème aujourd'hui de tout le monde. Moi, je mets aussi dans le lot les patients qui n'aiguisent pas leur esprit critique. Et peut-être que je suis jugeante en disant ça, Peut-être que je suis... On va dire, ah, mais il ne faut pas s'en prendre aux gens, ce n'est pas de leur faute, c'est de la faute des labos, c'est de la faute des gros poissons. Au bout d'un moment, je pense qu'il faut aussi apprendre à voir les choses, à arrêter, comme je dis, de regarder le doigt qui pointe la lune, et de se dire, c'est quand même chelou que j'ai fait tous ces régimes, je suis encore plus grosse. Là, on me propose de perdre du poids de nouveau sous une autre forme, je fonce. Je pense qu'au bout d'un moment, il y a une responsabilité, oui, des labos, des professionnels de santé, mais au bout d'un moment, il faut apprendre à se responsabiliser nous-mêmes, en fait. Il faut apprendre à déconstruire tout ça, à se dire, il n'y a pas un problème, en fait. Est-ce que je ne suis pas un pigeon ? Désolée, mais est-ce que je ne suis pas... Je sais que c'est le cheminement que j'ai fait. Au bout d'un moment, je me suis dit, est-ce que... Parce que j'ai été ces personnes-là à être prête à tout pour perdre du poids. Et au bout d'un moment, je me suis dit, mais je vois bien que ça marche pas, en fait. Donc, ok, ça fait mal d'admettre que je serai jamais mince, que je rentrerai jamais dans le fameux moule, mais au bout d'un moment, j'en ai marre de souffrir. Et je souffre encore plus en essayant de chercher à perdre du poids qu'en étant moi-même grosse. Et tant pis, c'est ok, c'est les règles du jeu de cette vie-là, et voilà, quoi. Mais moi, je pense qu'il faut aussi responsabiliser les gens, en fait. et qui font il faut pas que pointer justement les labos et tout, mais aussi responsabiliser les gens. Genre ce Nicolas, cette Estelle, leur dire...
- Speaker #1
C'est difficile aussi parce que tout le système est bien rodé pour faire penser que t'es censé pouvoir y arriver et que si les régimes ont échoué, c'est peut-être que tu l'as pas tout à fait bien suivi. Peut-être que c'était pas tout à fait encore le bon régime. Tu vois, il y a vraiment... Et derrière ça, l'idée que... tu ne seras jamais heureux, heureuse, sans perdre du poids. Avec un truc qui s'installe dès l'enfance, tu vois. Quelque chose de très fort autour de ça. Et je me dis, il faut aussi avoir accès, avant de pouvoir commencer à déconstruire, peut-être, à un autre son de cloche. Et ça, putain, c'est dur, hein. Parce que nous, on évolue, on finit par évoluer dans un microcosme, une fois qu'on fait partie de ce milieu. Mais... Quand tu sors de ce microcosme, mais waouh, en fait, c'est compliqué parce que tout le monde tient ces mêmes foutus discours. Tu manges dans un self le midi avec des collègues, tout le monde va parler du « je ne mange pas la pâtisserie parce qu'il faut que je me reprenne en main » ou de « c'était le maillot » . Et du coup, je pense que c'est quand même... Aujourd'hui, penser différemment, c'est vraiment aller à contre-courant du courant majoritaire. Moi, je suis d'accord avec toi sur le fait qu'il y a vraiment de l'éducation, de la déconstruction. Mais pour moi, c'est vraiment de l'empouvoirment. Je veux dire, quand tu commences à réfléchir à ça, à déconstruire, tu reprends ton pouvoir. En fait, c'est un truc de fou. Mais c'est compliqué d'avoir cet autre son de cloche. Et c'est pour ça que ça me met autant en colère, ce genre de reportage. Parce que moi... Je ne sais pas, je suis peut-être un peu naïve, mais j'ai vu le reportage sortir, j'ai dit « Ah putain, génial quoi ! » Ça y est, ils vont en parler, et je ne m'attendais pas à un truc qui serait radicalement alarmiste ou je ne sais pas quoi. Mais au moins, si tu veux, qu'on parle de culte du corps, de grossophobie, à minima, tu vois, qu'on amène ces trucs-là. Non. Et du coup, tant qu'il n'y aura pas des médias un peu plus… mainstream, et notamment via la télévision, qui amèneront cet autre son de cloche, j'ai l'impression que ce sera compliqué. Ça vient, un tout petit peu. Voilà, je comptais en parler plus tard, mais pourquoi pas aussi, on s'en fiche, je ne veux pas faire dans l'ordre, mais à la fin, ils interrogent Marianne James. Allons-en !
- Speaker #0
Très mal à droite,
- Speaker #1
Marianne ! Attends, elle tentait comme militante anti-grossophobie. Bon, voilà, moi je me suis dit d'accord. bon après elle essaie d'amener des choses elle nomme certaines choses de la grossophobie bon après Marianne James elle est peu déconstruite de mon point de vue finalement ah bah oui c'est clair quand tu vois tout ce qu'elle dit quand
- Speaker #0
il montre la photo d'elle où elle est des plus minces qu'est-ce que j'étais belle genre en mode aujourd'hui elle est ignoble parce qu'elle est grosse enfin Ça a été cringe, mais moi, ça m'a mis, désolée, mais dans un état de gênance absolue parce que, ouais, moi, je milite contre la grossophobie. Et puis, en fait, elle ne fait que ramener la grosseur à la bouffe, en fait. Elle fait plein de parallèles.
- Speaker #1
Et la minceur à la beauté, quoi.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Elle fait plein de parallèles comme ça. Elle dit, oh, le régime montignac, c'était super, ça a marché et tout. Mais bon, j'ai repris le poids. Ben non, alors, dans ce cas-là, ne dis pas que ça a marché. enfin Je l'ai trouvé, je pense que ce n'est pas la personne qu'il aurait fallu interviewer pour ce genre de truc, mais bon, tout le monde la connaît. Donc voilà, encore une fois, on préfère privilégier le nom, la notoriété plutôt que la valeur, en fait, la valeur des mots, la valeur du courant, du contre-courant, etc. Mais si tu veux, on peut reprendre le fil.
- Speaker #1
non mais peu importe en fait c'est pas très important pour moi qu'on soit dans l'ordre de toute façon j'ai pas peur du tout sur le fait qu'on oublie de parler de choses tu vois on revient en fait je trouvais que c'était à propos enfin moi Marianne James m'est venue en tête là tu vois en parlant de ça parce que c'est comme si à la fin ils avaient voulu parler un peu de grossophobie sauf que bon bah ils invitent cette femme moi l'idée c'est pas de rester bloquée sur des choses pas cool qu'auraient fait les gens j'ai aucun problème à laisser une seconde chance aux gens à condition que les gens reconnaissent. Et Marianne James, c'est une femme qui a humilié d'autres femmes qu'elle considérait comme trop grosses. Et tu vois, c'est des trucs, je me dis, genre, elle se présente comme militante, elle n'est jamais revenue là-dessus, pas que je le sache, en tout cas. Et en fait, il y avait plein de choses problématiques, effectivement, dans ce qu'elle disait. Elle parlait de son comportement alimentaire comme d'une addiction. Il n'y a rien de déconstruit là-dessus. Et du coup, le GLP-1, ça devient un médicament anti-addiction ? Putain, mais génial ! Donc en fait, tu vois, c'est pareil, ce truc-là, elle, elle ne l'a pas supporté. Donc elle n'a pas pu le prendre. Mais bon, voilà, c'était un médicament, là aussi, qui fonctionnait trop bien, et ça devient un médicament anti-addiction. Elle parle de son comportement alimentaire et de ce qu'elle nomme cette addiction. Elle parle du food noise, tu vois. Mais ça parle de TCA. Point. en fait, enfin... Je ne veux pas faire du diagnostic sauvage là, comme ça, mais je veux dire, il n'y a pas besoin non plus d'être si expert que ça pour, quand tu connais un peu le TCA, tu fais le lien quand même, quoi. Et donc, elle dit, le vrai scandale, c'est le pognon. En fait, je me suis dit, mais oui, d'accord, enfin, OK, pour venir parler d'argent et du coût de ces médicaments, mais non, pas que. En fait, c'est ça qui m'a saoulée, c'est que ce reportage... Il a beaucoup tourné autour de ça. Combien ça coûte ? Et puis, combien ça coûte en vrai aux fabricants ? Et puis, est-ce qu'on devrait le rembourser ? Et machin. Mais le vrai scandale, ce n'est pas l'argent. Du coup, c'est une conséquence. Mais le culte de la minceur, il rapporte déjà des milliards et des milliards à tous les vendeurs de pertes de poids. Donc, le scandale, c'est cette grossophobie, ce culte du corps, ce culte de la minceur, en fait. Pareil, elle parle de grossophobie. Elle l'évoque, mais sous le prisme du pays de la mode. Bah ouais, mais bon, que voulez-vous, c'est le pays de la mode. J'ai trouvé ça tellement lège, quoi. Je me suis dit, ah ouais, mais d'accord, parce que nous, on adore les vêtements. Alors du coup, on est tous grossophobes. Non, mais je veux dire, est-ce qu'on peut parler un peu de patriarcat associé, tu vois, à ce qu'on impose aussi à nos corps ? de capitalisme, de patriarcat. Je trouve que tout ça, c'est hypocrite, c'est léger, on survole des sujets, on les creuse pas, et je sais pas pourquoi on les creuse pas, sincèrement. J'ai pas la réponse à ça. Pourquoi est-ce que sur ce type de médias, on veut pas creuser plus ? J'en sais rien, mais moi, ça me met profondément en colère. Ouais,
- Speaker #0
mais je pense que elle a pas dit grand-chose de très... très pertinent, où dès qu'elle commençait à dire quelque chose de pertinent, il y avait un dérapage. Ça commençait en ligne droite, comme un bébé qui apprend à marcher, tu vois, il fait deux pas, tu dis, oh putain, il y arrive ! Et à la fin, troisième, quatrième pas, il se casse la gueule. C'était exactement ça, en fait. C'était vraiment très problématique. Et pareil, à un moment, elle explique dans le reportage que, c'est ce que je disais tout à l'heure, que de 8,5% de personnes en obésité en 97, aujourd'hui on en est à 18,1% en 2024. Et à aucun moment, c'est pareil, elle sort ces chiffres-là, elle ou l'intervieweur, enfin le journaliste, et à aucun moment, on parlait de ces zones un peu nébuleuses dans le reportage, à aucun moment ils expliquent justement que, en fait, les politiques aujourd'hui qui... tournent autour de la perte de poids ne fonctionnent pas. Ils montrent juste il y a de plus en plus de gros, c'est terrible. Qu'est-ce qu'on va faire ? C'est une véritable épidémie mais à aucun moment ils remettent en question le fait que ça fait 20 ans, 30 ans même parce que les années 90 c'était il y a 30 ans.
- Speaker #1
Je suis désolée de te le dire.
- Speaker #0
Je sais de quoi je parle, je suis de 96 donc ça pique un peu. Mais du coup, ça fait 30 ans qu'on mise sur la même méthode, sous différentes formes, et on n'arrive pas à empêcher les gens d'être gros. Donc, est-ce que déjà, c'est vraiment un problème, la question ? Est-ce que c'est vraiment un problème qu'il y ait des gens gros, en fait ? Et deuxième question, si c'est vraiment un problème, ce qu'on fait, c'est de la merde, ça ne marche pas. Si on veut vraiment empêcher qu'il y ait des gens gros, ce qu'on fait, ça ne marche pas. soit on n'a pas envie de se prendre la tête à imaginer autre chose, soit on a quelque chose à jouer là-dessus en se disant « Ouais, mais plus il y a de gros, plus on gagne de la thune finalement parce que plus il y a de gros, plus le marché de la minceur. » Et j'englobe aussi, j'englobe pas que les coachs fitness et les programmes minceurs qu'on peut trouver sur Insta, j'englobe tout le monde, j'englobe les diètes, des diètes. qui vendent des programmes minceurs, dès qu'on va les voir dans leur cabinet, on dit « j'aimerais perdre du poids » , ils ne vont pas chercher à comprendre. Ils vont dire « le matin, vous mangez ceci, cela, ceci, cela » . Moi, j'englobe tout ça dans le marché de la minceur. J'englobe aussi les chirurgiens bariatriques. J'englobe les labos pharmaceutiques. Il faut arrêter d'être con. Il y a quelque chose à gagner pour ces gens-là, qu'on soit de plus en plus nombreux. Donc il n'y a aucun intérêt à faire diminuer ce chiffre. Au contraire, si tu peux te faire de plus en plus de thunes parce qu'il y a de plus en plus de personnes grosses, mais c'est tout bénef, pourquoi faire diminuer ce chiffre dans ces cas-là ? Donc comme tu parlais encore de cette hypocrisie, ben là on le voit là une autre. C'est qu'il n'y a aucun intérêt à faire diminuer le chiffre de personnes grosses parce qu'en fait, on est des poules aux œufs d'or. Si on n'est pas déconstruit, si on n'a pas accès, comme tu disais, à... à ces moyens de déconstruction qu'on peut avoir, toi et moi, ce microcosme, si on ne rentre pas dedans ou si on ne voit pas des petits bouts par-ci, par-là, en fait, on est des poules aux œufs d'or pour ces gens-là. Et ces gens-là n'ont aucun intérêt à nous faire perdre du poids. Et oui, on va nous dire, oui, ça coûte cher à la sécu, les personnes grosses. Ce qui coûte cher à la sécu, c'est de leur faire croire qu'elles sont malades. C'est ça, en fait, qui coûte cher à la sécu. C'est de leur faire croire qu'elles sont malades. C'est le diabète, ça a toujours existé. Qu'on soit gros ou mince, on peut avoir du diabète, la sécu prend en charge, je sais pas, le glaucome, ça aussi c'est un truc de, apparemment ça serait la maladie des gros, mais en fait ça existe aussi à cause du diabète, etc. Tout le monde peut avoir un glaucome, les minces comme les gros, ça aussi ça coûte à la sécu, tu vois, et en fait non, on préfère dire que c'est les gros qui coûtent à la sécu plutôt que de prendre en charge les véritables maladies qui touchent tout le monde. Bon, je sais pas si je me suis un peu écartée, mais ce que je voulais dire, c'est pointer une autre hypocrisie de ce reportage, et plus précisément de cette société qui dit qu'il faut diminuer le nombre de gros, mais finalement, on n'a pas trop d'intérêt à le faire si on a de l'argent à gagner dessus, et l'élite de ce pays a de l'argent à se faire sur notre dos, ça c'est sûr.
- Speaker #1
C'est clair. Et puis, il faudrait aussi rappeler quelque chose, c'est que dans les recommandations de la HAS, la Haute Autorité de Santé, ce traitement doit être associé à un régime hypocalorique et une augmentation de l'activité physique. Mais dis donc, quelle grande nouveauté cette fameuse politique de santé publique qu'on voit depuis les années 90, qui a vraiment bien porté ses fruits, dis donc. Et en fait, rien de nouveau sous le soleil. Et ça me fait faire le lien. Alors, c'est un autre reportage que j'ai regardé plus récemment. Parce que je me suis dit, tiens, tant qu'à faire, étant donné qu'on va parler de ça avec Nina, j'ai vu passer un reportage, c'était sur Arte cette fois-ci. En gros, c'était ma vie après les injections. Donc, c'était sur des gens en Allemagne. Ce n'est pas pris en charge non plus en Allemagne. Je ne sais pas si ça a bougé depuis chez eux. Et on voit des personnes qui ont fait ce traitement et qui arrêtent. Sauf que c'est dommage parce qu'on les voit vraiment juste après l'arrêt. Moi, je voudrais voir dans du long terme. Et en fait, les personnes sont terrifiées à l'idée de reprendre le poids. Et donc, ce qu'on voit, ce sont des personnes qui se mettent à faire du sport, à mon sens, à outrance, c'est-à-dire déjà tous les jours. On voit une des personnes qui dit, je sais que je devrais faire des pauses, que ce n'est pas bon de faire du sport tous les jours, mais j'ai trop peur. Des personnes qui s'astreignent à des régimes hypocaloriques drastiques. On les voit avec leur téléphone en train de rentrer, tout ce qu'elles mangent, leurs calories, leur machin, et on voit la personne. Au moment du repas du soir, elle dit, « Voilà, là, tous mes repas sont faits, et donc je suis à 1160 calories sur ma journée. » OK ! Enfin, c'est délirant. Je veux dire, là, on arrive sur des comportements hautement restrictifs. On est sur des choses qui ne sont pas vivables, qui ne sont pas tenables. Dans quel état vont se mettre ces personnes-là ? À quel moment ça va leur exploser au visage ? Parce que ce sont des personnes qui, avant les injections, ont essayé tous ces trucs-là. Elles ont passé leur vie à essayer de maigrir. Donc, ce n'est pas nouveau, en fait, je veux dire, de faire plus de sport et manger moins. Ce n'est juste pas tenable, ce n'est pas souhaitable. Ce n'est pas... Enfin, voilà. Et donc, je me suis dit, ah ouais, ben voilà, super, en fait. C'est-à-dire qu'on promet monts et merveilles aux gens avec les injections minceurs. Les gens font les injections, balancent toutes leurs économies dedans. Et quand ils n'ont plus le choix, ils doivent arrêter. Là, c'était souvent ça, c'était financier, les gens ne pouvaient plus. Les gens arrêtent et ils doivent retourner à l'enfer qui se faisait vivre avant. Et même si je ne leur souhaite pas, l'issue va certainement être la même que celle qu'ils ont connue avant. Ils vont lâcher, avoir l'impression que c'est eux qui ont merdé, parce qu'ils n'ont pas tenu leur régime, parce qu'ils ont arrêté le sport, parce que nanana. Tout le poids va être pris, estime de soi au plus bas. Je veux dire, on parle d'épidémie d'obésité, c'est insupportable pour moi ce terme. On ne parle pas d'épidémie de dépression, pourtant la dépression ne cesse d'augmenter, notamment chez les jeunes. Se faire vivre des trucs comme ça, ça a des conséquences dramatiques sur le corps et sur la santé mentale. Voilà, j'avais envie d'ajouter ça. par rapport à cette recommandation qui fait le lien avec ce que tu disais avant sur nos politiques de santé publique pour la prise en charge du poids qui tournent grosso modo autour du fait de manger moins, bouger plus, depuis des années, qui sont des échecs cuisants qui ne cessent de faire grossir la population.
- Speaker #0
Oui, mais totalement. Et pour en revenir à ça, on en parlait tout à l'heure, mais par exemple, ce Nicolas... qu'il ne puisse plus se payer ses injections, à tous les coups, il va finir comme ces personnes que tu as vues. Enfin, quoi que, à tous les coups, là, maintenant, il peut l'avoir de remboursé. Quoi que, c'est que partiellement remboursé. Je ne sais plus combien ils prennent en charge.
- Speaker #1
60 %, je crois.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. 65 % par l'assurance maladie. Et les 35 restants sont à la charge du patient. Donc, sauf si la mutuelle prend en charge, par exemple. Ou si la personne est soit LD. Par exemple, si tu as un diabète comme moi, un diabète de type 2, il y a des chances que si demain je veux prendre le Wegovi ou le Moonjaro, parce que c'est que ces deux traitements-là qui sont remboursés, moi ça soit pris en charge à 100%. Mais des gens comme, je ne sais pas qui, mais comme, je ne sais pas, Mathilde, c'est une personne que je cite comme ça, que je ne connais pas, mais une personne fictive. Mathilde, elle n'a pas de diabète et elle n'a pas une mutuelle qui prend en charge le reste à charge de ces traitements-là, elle devra quand même payer le restant de sa poche. Et 35%, c'est quand même beaucoup quand tu parles de traitements à 300-400 euros par mois. Je suis très nulle en maths, mais bon, ça fait quand même un sacré...
- Speaker #1
Ça dépend, tu vas être autour d'une centaine d'euros, 3 x 4, 12. ça peut être autour de 120 euros même par mois, en fait ça reste de toute façon des budgets des budgets dans une France à Macron où on a de moins en moins de moyens où on peut de moins en moins vivre avec ce qu'on a les gens ont eu 40 degrés dans les chambres d'hôpital avec la canicule vraiment quoi il y a vraiment des choses on marche sur la tête et puis encore une fois je suis d'accord avec toi, si on se place du point de vue, ok, on essaie de se décentrer et vas-y, on va dire comme les enfants. On disait que l'obésité, c'était une maladie, effectivement, et que vraiment, il fallait faire quelque chose. Ok, allons-y. Mais en quoi des traitements comme ça, coûteux, qui risquent de créer d'autres problèmes de santé et donc d'autres soins à prendre en charge par la sécu, en quoi ces traitements, en fait, qu'il va falloir aussi rembourser par la sécu et tout. toute la vie pour les gens, sinon il y aura reprise de poids, en quoi ces traitements viennent aider, en quoi ces traitements sont une vraie solution. Si réellement on se dit, ok, c'est un problème ces questions de poids, ok, c'est un problème d'être gros, ok, machin, on a essayé de mettre les gens au régime, de leur dire simplement de bouger plus, ça fonctionne pas ? Eh ben, on connaît les causes, c'est su tout ça, les causes multiples. de l'obésité, de ce qu'on nomme comme l'obésité, eh bien, OK, on met des moyens là-dedans, en fait. On y va, on essaie de comprendre, on essaie d'avoir un autre discours. Non. Donc, je suis d'accord avec toi, ça sent quand même la grosse usine à pognon, ça sent quand même les accords, les machins. Enfin, bon, voilà, c'est quand même... Derrière, ça nous est vendu comme une solution miracle. Et puis même le fait que le reportage soit même pas foutu de faire un petit pas de côté et parler de ce culte... écrasant, de la minceur, qui nous empêche même de voir les choses avec un autre filtre, je dis, ben non, il y a quand même quelque chose de vraiment chelou.
- Speaker #0
Mais ouais, comme tu disais, c'est cet aveuglement de la culture des régimes. Je parlais tout à l'heure de responsabiliser les gens, mais j'ai conscience que j'en demande beaucoup à des gens qui n'ont pas forcément l'accès aux ressources comme nous, on peut l'avoir. Je l'ai vu en retournant dans le milieu du salariat. À première semaine, on parle déjà d'addiction au sucre. Donc c'est des gens qui ne font pas partie de ce microcosme, comme tu disais, où on parle d'anti-régime, où on parle d'anti-grossophobie. Première semaine, je l'entends déjà qu'il y a un atelier contre le sucre, des trucs comme ça. Et là, je me dis, putain, mais en fait, c'est ça la vraie vie. Ce n'est pas ce que j'ai vécu en restant dans mon bureau à créer les nouvelles héroïnes. Entre militantes, entre thérapeutes anti-régime, non, la vraie vie, c'est des gens qui croient encore que l'addiction au sucre, ça existe. Et en vrai, c'est vrai que tu me remets un peu à ma place là-dessus en me disant que les gens n'ont pas accès à ces connaissances, à ces déconstructions-là possibles. Et c'est vrai. Et tout ça pour dire, je me suis perdue. Ah oui, je voulais parler de ce fameux couple d'Américains, donc le monsieur qui a perdu... Je ne sais plus combien de pourcents de sa vision à cause de ces injections-là. Et quand ils interviewent sa femme, elle dit non, moi, je continue d'en prendre parce que bon, c'est trop cool de maigrir, quoi. Et ça fait sens avec ce que tu dis, c'est qu'avec des gens comme ça, les labos, ils ont tout gagné. Tout ce jeu de thunes, elle a gagné parce que même dans le pire des cas, même quand la santé est en jeu, On y revient toujours à cette perte de poids, on s'en fiche de la santé, il faut arrêter de croire, franchement, je pense à toi, je pense à moi, quand on a essayé de maigrir, il ne faut pas se leurrer, on dit que c'est pour notre santé, moi perso je disais oui c'est pour ma santé parce que tu comprends je suis essoufflée, mais en vrai j'en avais rien à foutre, je voulais juste être mince et être bonne en fait, être cette représentation de la meuf bonne en fait que les magazines nous vendent, que les films, les séries, Tout ça nous vend. Je pense qu'il y a cette hypocrisie vis-à-vis de soi-même qu'il faut arrêter d'avoir. Et elle fait mal, ça c'est sûr. Mais elle est nécessaire. Et quand on aura enfin fini d'aider les gens à se déconstruire là-dessus, je pense que ça arrivera. Il y a beaucoup de militantes qui disent que ça n'arrivera jamais. J'ose espérer qu'un jour, peut-être dans mille ans, si la Terre existe toujours, Euh... On sera tous déconstruits là-dessus, mais quand on aura fini de se déconstruire là-dessus, ils taperont sur autre chose, ils trouveront forcément autre chose pour nous faire sentir mal et surtout pour gagner de la thune sur notre mal-être.
- Speaker #1
On est bien d'accord, il ne faut pas oublier que tous ces vendeurs de rêves, on va les appeler comme ça, se nourrissent de nos complexes. Je veux dire... Moi, je suis sortie de toute cette lutte contre mon corps, des TCA et tout ça. Mais dernièrement, j'ai passé la quarantaine, tu vois. Et mon visage, il change. C'est pas facile de voir son visage changer. C'est pas facile de voir des marques arriver sur le visage. Et comme je suis une femme en plus qui a passé 40 ans, les pubs sur Insta sont ultra ciblées. Moi, j'ai énormément de pubs. pour des trucs miraculeux à base de collagène, je ne sais pas quoi, qui ferait que mon visage redeviendrait, tu vois, celui qu'il était quand j'avais 20 ans. Et en fait, voilà, il ne faut pas oublier que quand ce n'est pas le poids, c'est l'âge. En tant que femme, on est la cible depuis toute petite de ça. Trouver les fringues qui vont nous rendre les plus belles possibles. allez mettre tel vernis allez mettre tel truc, je suis pas en train de vous dire vous devriez pas vous mettre du vernis ou pas aller chez le coiffeur c'est pas du tout ça, mais c'est plutôt voir ce qu'on fait, se regarder faire faire les choses en conscience moi ça me fait chier de pas aimer me voir vieillir, mais en même temps j'ai quoi comme représentation pour m'aider tu vois, et ben c'est la même chose avec le poids comment est-ce qu'on pourrait apprécier se voir grossir dans la société dans laquelle on vit, c'est juste atroce alors que notre corps il a le droit d'évoluer, il a le droit de grossir, de mincir, de vieillir, de se ramollir.
- Speaker #0
Sans parler d'apprécier, de se voir grossir, avoir un regard neutre tout simplement sur le poids, c'est impossible aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, mais tout comme avoir un regard neutre sur son vieillissement c'est difficile, alors que je trouve que on pourrait aussi apprécier se voir vieillir parce que c'est quand même un privilège de malade, parce qu'on l'oublie, parce qu'on vit dans une société riche, mais c'est quand même assez incroyable. Enfin, voilà, je faisais ce parallèle avec l'âge, mais parce que, vraiment, nos insécurités valent des milliards. Et ça, il ne faut pas l'oublier. Et en parlant de ça, j'ai envie de rebondir sur une phrase qui a été dite dans le reportage. C'est le fameux docteur Ozzy. Parce qu'il y a des trucs complètement dingues dans ce reportage où le mec, il se fait voler son identité. Enfin, je veux dire... Comme quoi, mais ça part dans tous les sens. Mais je veux dire, c'est tellement un business florissant que les gens, ils sont prêts. à prendre tous les risques, en fait. Et d'ailleurs, au final, il ne risque pas grand-chose, visiblement, il n'est pas trop emmerdé. Et donc, ce monsieur est interrogé, docteur Ozzy, et il dit, ah bah oui, non mais c'est dramatique, et il dit, mais les patients en surpoids qui sont en difficulté avec leur poids sont une population fragile. Waouh ! En fait, moi, ça m'a vraiment fait quelque chose. Lui, il dit ça pour dénoncer le fait que des gens se permettent d'aller se faire du pognon sur ces gens fragiles. Mais... Attends, ce n'est pas une population fragile, c'est une population maltraitée à longueur de temps en fait. C'est une population à qui on dit, mais en fait tu n'as pas de valeur, tu n'as pas la même valeur que moi si tu n'es pas mince comme moi. C'est une population à qui on dit, tu devrais soit te cacher, soit montrer que tu es en train de chercher à changer. Enfin, ce n'est pas des gens fragiles, c'est notre société qui fait tout en fait pour leur rendre la vie impossible juste en restant dans le corps qu'ils ont. et du coup... Voilà, en parlant d'insécurité, tu vois, ça me faisait faire le lien avec ça. Et je rejoins ce que tu disais. Il y en a qui ont tout intérêt à ce qu'on les conserve fort, nos insécurités.
- Speaker #0
Ouais. Et à ce qu'on conserve nos kilos, justement, pour continuer de vendre des solutions. À ce qu'on conserve nos rides. Parce que j'avais vu un reportage, je ne sais plus si c'était Complément Banquette ou un autre truc avec... Comment il s'appelle ? La journaliste blonde qui fait ça...
- Speaker #1
Ah, Élise Lucet.
- Speaker #0
Ouais, sur L'Oréal et justement, leur crème... Ah pardon, j'ai cité la marque, mais du coup, c'était le titre du reportage. Du coup, qu'ils vendaient des crèmes anti-rides, ils montraient même qu'il y avait des effets même asséchants, desséchants, qui rajoutaient en fait, qui entretenaient le problème. Et du coup, tu revenais à te mettre deux tonnes de crème, à racheter des crèmes. Et en fait, c'est le serpent qui se mord la queue. Et eux, en attendant, ils alignent la thune. Ils sont contents parce que tu as racheté leur crème. Et c'est exactement la même chose avec le poids. Il faut arrêter de se dire, ouais, non, mais les pauvres petits gros, ils sont malheureux parce que quand ils montent des étages, ils sont essoufflés. Ils ne trouvent pas de vêtements à leur taille. Alors ça, je l'entends tout à fait. Mais faites confiance aux militantes. On travaille là-dessus pour plus d'inclusivité dans les magasins. Tout le monde est essoufflé en montant des marches, faut arrêter. Tout le monde transpire quand il fait 40 degrés, faut arrêter. Si vous pensez que votre situation est pire que les autres, c'est que les vendeurs de rêves ont bien fait leur travail, en fait. Si vous pensez que votre corps vous rend la vie plus compliquée que les corps minces, etc., c'est que ces vendeurs de régimes ont bien fait leur travail. Parce que le problème, c'est pas les corps, c'est pas la différence de corps, c'est pas la diversité corporelle, c'est qu'on a tout fait pour évincer certains types de corps de la société. Et là, on parle des corps gros. Mais je peux parler aussi des corps vieillissants, des corps en situation de handicap, des corps petits, enfin trop petits, entre guillemets, ou trop grands, entre guillemets aussi. Si vous pensez que votre situation physique est pire qu'une autre parce que vous êtes gros, c'est que les vendeurs de rêves ont bien fait leur travail et qu'ils ont trouvé une nouvelle poule aux œufs d'or.
- Speaker #1
C'est clair. C'est clair. Je ne sais même pas quoi ajouter là-dessus. Franchement, Chau, c'est une belle punchline.
- Speaker #0
Ah ben, merci.
- Speaker #1
Du coup,
- Speaker #0
j'ai sorti ça comme une envolée.
- Speaker #1
Je trouve ça très juste. Je trouve ça très, très juste, ce que tu dis. Et ouais, je trouve que ce reportage n'a pas fait son travail. Je suis désolée pour vous, les journalistes, qui n'écouteraient sûrement pas ce podcast, mais... À mon sens, vous n'avez pas fait correctement votre travail. On n'était pas sur de l'investigation. Il n'y a rien eu de creusé. Et que ça a été présenté comme un médicament, un vrai traitement qui fait le job. Mais que bon, le problème, c'est peut-être un peu les effets secondaires. Et puis, un peu le marché noir qui se développe. Oh là là. Et puis bon, quand même, le coût, c'est vrai que ce n'est pas terrible. Mais voilà, le médicament en lui-même, il est présenté finalement comme étant une vraie solution de santé publique. Moi, je ne crois pas que ce soit le cas, sincèrement. je vois ça d'un œil très inquiet. Pour autant, j'ai quand même envie de le préciser là, mais c'est pour ça aussi que c'était trop important de pouvoir en échanger avec toi, c'est que moi, aujourd'hui, j'ai le privilège d'exister dans un corps normé. Et j'insiste sur le privilège, c'est-à-dire que je suis passée par des troubles alimentaires, par plein de trucs, et puis en laissant mon corps tranquille, il se trouve qu'il se stabilise à un poids qui est normé. Je mesure mon niveau de privilège, tout comme le fait d'être blanche. Enfin voilà, tu vois, j'ai tout un tas de privilèges au regard de notre société. Et du coup, bon ben voilà, moi je suis très inquiète de voir ces injections débarquer. Et en même temps, j'ai envie d'en parler, j'ai envie de faire entendre un message d'alerte là-dessus. Mais je ne suis pas concernée, tu vois ? Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire que moi, je ne vis pas dans un corps gros au quotidien. Et c'est pour ça que parfois, je me dis que... ma parole, elle a la valeur qu'elle a, mais que plein de personnes légitimement peuvent se dire « Ouais, ok, Flavie, j'entends ce truc-là et c'est intéressant de mettre en alerte, mais tu sais pas ce que c'est, quoi. » Que de vivre au quotidien dans un corps qui n'est pas dans les normes.
- Speaker #0
Pour vivre au quotidien dans un corps qui n'est pas dans les normes, en ce qui me concerne, moi, j'entends totalement ta crainte et j'ai la même. C'est, par exemple, et c'est déjà le cas en soi, c'est déjà le cas en soi, mais je pense que ces situations-là vont se démultiplier. C'est, imaginons, le jour où j'ai besoin d'une intervention chirurgicale urgente, enfin, qui peut se faire sous plusieurs mois, mais urgente, la peur qu'on me refuse si je ne prends pas une injection perte de poids et que je ne perds pas X kilos avant de me faire opérer. Moi, ça, c'est... ma plus grande crainte, et là, je parle un peu perso, mais je veux me faire stériliser. Je suis dans un processus de stérilisation. Je me fais opérer le 9 octobre, donc je suis très contente. Mais du coup, le jour du rendez-vous, je saurais si, oui ou non, le gynéco acceptait de me stériliser. Je disais à mon mari, mais j'espère qu'il ne va pas me demander de perdre du poids avant. Et en fait, maintenant, À chaque fois, enfin, je parle pour moi, mais à chaque fois que je dois voir un professionnel de santé qui n'est pas mon médecin traitant, parce que mon médecin traitant, c'est une perle rare, à chaque fois, je lui dis, j'espère que vous partez pas en retraite, parce que franchement, en retrouver un comme vous, mais jamais j'y arriverai. À chaque fois que je dois consulter un professionnel de santé, je me dis, est-ce qu'il va pas me demander de prendre du Ouigovy, du Munjaro, du Saxenda avant de faire son taf ? Et tu vois, ça, c'est un truc, je pense, que beaucoup de... de personnes grosses qui refusent les traitements parce qu'on a de plus en plus de guerrières qui tombent au combat. Quand ces gens-là, ces personnes grosses-là qui refusent de prendre les traitements, je pense que c'est une de leurs plus grandes craintes, c'est de se voir obligée un jour. de le prendre, parce que tout le monde le prend, et parce qu'on en a fait une nouvelle norme, en fait, une nouvelle norme d'opération ou de prise en charge de la santé pour les personnes grosses et en tant que personnes concernées. Moi, c'est ma plus grande crainte, quand on voit la vitesse à laquelle ça se démultiplie, quand on voit les louanges qui en sont faits. Là, dans le reportage, il y avait cette influenceuse, entre gros guillemets, parce qu'elle ne se définit pas comme une influenceuse, mais elle reporte C'est son parcours avec le Moonjaro ou le Wigovi, je ne sais plus ce qu'elle prend, mais en tout cas, c'est une nana sur TikTok qui a une chaîne TikTok où elle poste son parcours, genre sous Wigovi ou sous Moonjaro. Elle dit qu'elle ne fait pas de la pub, mais en attendant, les labos, c'est pareil, ils ont une belle vitrine pour ce genre de... pour les injections parce que elle dit oui il y a des effets secondaires mais bon dans ses vidéos elle dit oui il y a des effets secondaires, bon forcément j'ai eu la diarrhée, forcément j'ai eu mal au ventre, j'ai eu des nausées, mais bon j'ai quand même perdu X kilos c'est vraiment ça le discours si on lit entre les lignes c'est ça le discours et il y a de plus en plus de personnes comme ça hier encore je me suis fait attaquer sur Insta par une personne qui documente son parcours sous Moonjaro je me suis fait traiter de danger public parce que je disais, attention, on est en train de partir dans un truc de ouf, en fait, avec ces injections, où, en fait, les personnes grosses n'auront plus leur libre arbitre de choisir de le prendre ou pas parce qu'un jour, ça va devenir une norme, en fait. Quand on voit déjà, par exemple, que l'IMC, il est demandé pour... Tu parlais tout à l'heure des prix immobiliers. Quand tu vois que l'IMC, il est demandé... Merci. Tu as un bilan médical qui est demandé pour des prêts immobiliers, je crois. Oui,
- Speaker #1
je te confirme. C'était mon cas l'année dernière. C'est pour les assurances, c'est pour les dossiers d'assurance.
- Speaker #0
Tu vois, là, je pense que plus ça va aller, plus il va y avoir des libertés de prise. C'est-à-dire que moi, si demain, je vais acheter une maison avec mon mari, mon mari est aussi gros, on peut nous dire, dans ce cas-là, peut-être qu'il va falloir faire un régime. vous faire prescrire des choses pour perdre du poids. Et là, on pourra vous délivrer du coup votre prêt immobilier, votre assurance. Du coup, tu parles d'assurance, votre assurance. Moi, je pense qu'on va finir dans un monde comme ça en fait.
- Speaker #1
C'est important, je pense, de rappeler que l'IMC vient de là. L'IMC, à la base, ça a été un outil statistique créé par des assureurs. Donc en fait, c'était exactement ça. C'était dans des compagnies d'assurance à viser comme ça d'assurance. pour savoir à quelle population on pourrait faire payer plus ou moins cher. Et donc, ça a été créé, mais ça a été créé et observé que sur des hommes blancs. Voilà, comme d'hab. Occidentaux. Ça a été développé comme ça. Et d'ailleurs, j'ai perdu son nom. Pourtant, c'était l'indice de... Qu'est-elle ? Qu'est-elle ?
- Speaker #0
J'ai perdu son nom. Non mais attends, Flavie, on est dans le milieu depuis combien de temps ? Comment est-ce qu'on peut oublier ce nom ?
- Speaker #1
J'ai l'impression, mais en vrai, il y a longtemps que j'en avais parlé de ce truc-là. Et en fait, ce type-là développe ça, qui lui est un scientifique, et en fait, il le met en garde. C'est-à-dire qu'on a des traces écrites de son travail où il met en garde sur le fait que ça ne devrait pas être utilisé à des fins médicales. Pas à des fins individuelles non plus. C'est-à-dire que c'est un outil statistique d'observation des populations qui a été commandé pour des assureurs à la base. Et lui, il disait, OK, j'ai créé ce truc-là, mais attention, il avait genre fait un peu des recommandations. C'est bien assis dessus parce que c'est exactement ce qu'on en a fait. Mais c'est quand même important de le rappeler. Et du coup, je me dis, mais la boucle est bouclée. Quand tu vois ce que tu dis par rapport aux prêts et tout, ben oui, mais oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Mais je tiens à le rappeler, ça existe déjà. Ça existe déjà de refuser des opérations à des personnes parce qu'elles sont grosses. Ça existe déjà de refuser des prêts à des personnes parce qu'elles sont grosses. Mais moi, je pense que ça va prendre une toute autre dimension avec ces injections faciles, j'ai envie de dire. C'est ça. On va dire aux gens,
- Speaker #1
vous pouvez. Ben oui. On va dire aux gens, c'est bon, désormais, vous pouvez. Genre, il n'y a plus d'excuses. Tu vois, c'est un peu ça, effectivement, je pense, le discours qui va y aller derrière.
- Speaker #0
Avant le truc le plus radical C'était la chirurgie Donc t'avais quand même la barrière de te faire Percer le bide Avant il fallait ouvrir Après il y a eu les petits trous Où on perçait le bide pour perdre du poids Et enlever les trois quarts de ton estomac Là aujourd'hui Meuf c'est un stylo C'est petit comme un stylo Tu peux le ranger dans ta poche Tu peux le ranger dans ton sac à main T'as pas besoin non plus d'avoir Beaucoup de matériel médical comme tu sais les... T'as besoin d'avoir des petites poubelles jaunes, là, tu sais, les poubelles d'infirmiers, là. T'as besoin d'avoir des trucs comme ça. Mais en soi, le truc, c'est tout petit et c'est facile, en fait. On le voit dans le reportage. C'est facile de s'en procurer illégalement, c'est facile de s'en procurer légalement aussi. En plus, avec le remboursement, c'est encore plus facile. C'est-à-dire que tu as encore moins le poids financier. Certes, ça reste toujours un coût, mais tu as encore moins le poids financier de te le procurer, ce stylo injectable. Donc, pour moi, la pire des choses qui peut arriver, c'est ça. Et je pense qu'un jour, on va y arriver. Et j'appréhende tellement le jour où je vais devoir faire un truc, mais où je vais être obligée de le faire. C'est-à-dire, je ne sais pas, je divorce avec mon mari, je dois m'acheter une maison, je dois même louer un truc et qu'on me dise, bah oui, mais là, comme votre IMC, il est temps, il faut que vous perdiez du poids, sinon vous ne pouvez pas atteindre, avoir ce truc ou quoi au caisse. Et moi, j'ai peur qu'un jour, je sois forcée de faire ça parce que sinon, je ne peux pas vivre ou je ne sais pas. Moi, c'est ma plus grosse peur, c'est d'être pieds et poings liés et de ne pas avoir d'échappatoire et d'être... obligé de prendre ça, de perdre du poids avec ça ou avec une chirurgie, mais là, maintenant, c'est plutôt ça.
- Speaker #1
Mais en même temps, j'ai envie de mettre une lueur d'espoir qui s'appuierait sur le fait que... Ouais, dans cette caverne très sombre. Qui s'appuierait sur le fait que ça ne fonctionne pas pour tout le monde, comme on l'a rappelé. Et que ça, on ne peut pas lutter contre ça, les études scientifiques le montrent. et que les études scientifiques montrent aussi qu'il y a un vrai effet rebond qui débarque, et que comme tu le disais, malgré tout, la prise en charge, sauf dans certains cas, elle n'est pas à 100%. Donc en fait, aujourd'hui, je pense qu'on n'en est pas encore là, dans le sens où justement, il y a encore cette réalité qu'il y a tout un tas de gens pour qui ça ne marche pas, il y a tout un tas d'autres personnes qui ne vont pas supporter les effets secondaires. Puis, il y a quand même des études qui vont continuer d'être faites sur ce qui se passe après. C'est quoi les maladies ? L'effet rebond. Le fait que donc au final, encore une fois, comme disait Marianne James, j'ai fait tel truc, ça a marché, j'ai perdu. Puis j'ai tout repris. Donc ça n'a pas marché. Donc là, c'est pareil. Arrêtons de dire que ça marche. Si on arrête et qu'on recrute en tout, ça ne marche pas. Donc je mets ma petite lueur d'espoir sur le fait qu'on ne bascule pas dans cette dystopie. On n'en est pas si loin, effectivement, en vrai. Mais qu'on ne bascule pas là-dedans. Parce que dans la réalité, En vrai, de vrai, ce n'est pas la solution miracle qu'on nous présente. Et je me dis, moi, c'est là-dessus, je te laisserai la parole après pour savoir sur quoi tu voudrais conclure. Moi, c'est là-dessus que j'ai envie de conclure, sur le fait que c'est beaucoup de poudre aux yeux. Et que malheureusement, et que vraiment, je le dis avec beaucoup de compassion pour toutes les femmes qui sont, et les hommes aussi, allez, désolé les messieurs, je vais vous inclure pour une fois, au fond du trou. qui vont vraiment très mal et qui sont aujourd'hui persuadés qu'il n'y a que la perte de poids qui pourrait les sortir de ça, je suis sincèrement désolée pour vous et désolée de vous dire qu'en fait, ce n'est encore pas la solution miracle qu'on est en train de vous vendre. Ce n'est pas vrai. C'est de la poudre aux yeux et que pour X ou Y raisons, que ce soit des intérêts financiers ou une difficulté, pour les journalistes aussi, à sortir la tête de ce bain de culte de la minceur dans lequel on vit et de culte des régimes, je sais pas. Pour toutes ces raisons-là, on a du mal encore à vraiment le nommer à la télé, dans tous ces trucs-là. Mais que ça finira par devenir de plus en plus visible, non. C'est pas la solution miracle qu'on attendait et en fait, vous ne prendrez pas soin de votre santé, à mon sens, en faisant ça. Et à mon sens... Mais je ne suis pas peut-être la mieux placée encore. Peut-être que je vais te laisser la parole. Oui, d'ailleurs, je vais te laisser la parole. Je vais dire autre chose, mais non, je me tais. Et voilà, moi, c'est à peu près à ça que ressemblerait ma conclusion par rapport à ce reportage et ce sujet au global. Et je te laisse la parole.
- Speaker #0
Tu veux te taire, mais moi, je veux savoir. Moi, je veux savoir. OK, tu ne veux pas le dire aux gens, mais moi, tu me le diras en off. Si tu ne veux pas le dire aux gens.
- Speaker #1
Peut-être.
- Speaker #0
Non, mais franchement, tu veux lui dire quoi ?
- Speaker #1
Non, mais je voulais dire... En fait, j'ai l'impression que c'est quelque chose que tu vas dire. Et je me suis dit, allez, laisse Nina le dire aussi. Aussi parce que toi, c'est aussi le cœur de mon métier. Mais c'est aussi le cœur de ton métier. Toi, il y a encore plus une spécialisation sur ce côté-là. Ce que je voulais ajouter, c'est que t'es faux. Que vous pourrez être heureux, heureuse et vivre votre meilleure vie qu'en perdant du poids. Et... Et encore une fois, c'est marrant, je fais toujours très attention à tout ça, parce que, encore une fois, moi je suis dans un corps normé. Je me permets de le dire parce que j'ai accompagné des tas de gens, parce que j'en ai fait quand même ma spécialité depuis 5 ans, parce que j'ai accompagné plein de gens qui ne sont pas du tout dans des corps normés et que je les ai vus évoluer et je les ai vus s'ouvrir, s'épanouir et vivre une autre vie et vivre leur meilleure vie sans avoir perdu le moindre kilo. Donc voilà, je sais que c'est possible et c'est important de le dire et qu'il y a tout un cheminement à mener et que c'est un cheminement qui n'est pas facile dans le sens où... Pas facile. Je veux pas dire que c'est forcément hyper dur ou horrible, mais il y a une notion de deuil quand même.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
À inclure dans ce cheminement-là, à mon sens. Et voilà, et juste, oui, je pèse mes mots, je fais attention. Peut-être c'est relou. Moi, c'est hyper important pour moi, encore une fois. Voilà, tu sais, c'est comme parler de racisme quand t'es une personne blanche. Enfin, je veux dire, voilà. Ouais,
- Speaker #0
je comprends ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Donc c'est pour ça que j'essaie de peser mes mots et faire attention.
- Speaker #0
et ce coup-ci hop c'est bon non en vrai tu parlais de compassion tout à l'heure et c'est vrai que je pour me rassurer personnellement et pour rassurer aussi les femmes et peut-être les messieurs qui nous écoutent c'est vrai que des fois je suis très radical c'est vrai que des fois je dis mais réfléchissez un peu machin mais en vrai j'ai beaucoup de compassion pour vous parce que je sais ce que c'est que de vivre dans un corps qu'on déteste au point Même de vouloir en finir. Mais j'ai envie d'assurer et d'être aussi une lueur d'espoir, d'être cette torche dans la caverne comme Flavie. C'est qu'un autre chemin est possible. J'utilise cette phrase très marketing, mais c'est vrai. Un autre chemin est possible. On peut être en paix dans son corps, prendre soin de sa santé physique, mentale, sociale, en étant grosse, parce que tout... votre vie n'est pas censée tourner autour de la paire de poids. Votre bien-être n'est pas censé tourner autour de la paire de poids. Et si c'est ce que vous croyez, encore une fois je le dis, c'est que les vendeurs de paire de poids, les vendeurs de rêves, ont réussi leur coup de génie à vous faire croire que votre corps est un problème, et ce n'est pas le cas. Votre corps n'est pas un problème, le problème c'est le monde dans lequel vit votre corps. Et en fait c'était juste ça. Nous, c'est vrai qu'on a... Tu parlais tout à l'heure de deuil. Et c'est vrai que nous, Flavie, moi, puis d'autres thérapeutes, on a un peu les crocs morts du corps idéal. C'est-à-dire qu'on vous aide à enterrer un peu cette idée qu'un jour, vous serez mince. Vous n'aimez pas trop venir nous voir. Parce que quand on voit un croc mort, c'est souvent que ça ne va pas trop. Donc, vous n'aimez pas trop venir nous voir, mais vous êtes quand même contents. qu'on vous a accompagné dans ce moment-là, traversé ce deuil-là, à la fin, vous êtes soulagé que ce soit bien passé parce que nous, on est là pour vous guider. Et je pense que s'il y a des choses que vous voulez mettre en place pour vous sentir bien dans votre corps, ce n'est pas en allant du côté de Novo Nordisk ou de Lily, les laboratoires, c'est en allant voir un professionnel de santé sain, non grossophobe, Et pourquoi ? pourquoi pas en vous faisant aider de personnes qui sont spécialisées dans le sujet. Moi, c'est vraiment l'image corporelle. Et Flavie, c'est l'image corporelle et l'alimentation, les troubles du comportement alimentaire. Donc, on ne se substitue pas à des professionnels de santé ou à des scientifiques. C'est juste qu'on a aussi la réalité du terrain. On a la réalité de notre propre vie aussi, mais la réalité du terrain. Et si vous avez besoin d'aide, vous pouvez venir, ne serait-ce que discuter avec nous en message privé. On est là, on est là pour vous. Et on est là un peu comme une bouée de sauvetage au milieu de ce monde d'injection, d'injection et de culte de la perte de poids, de culte de la minceur. Parce que pour moi, c'est vraiment un culte type secte. La culture des régimes, je n'aime pas trop ce terme. Je préfère parler de culte de la minceur, parce que c'est vraiment une sorte d'aveuglement, comme on peut voir au sein des sectes. Moi, le...
- Speaker #1
le culte de la minceur je le vois vraiment comme une secte et une secte qui touche tout le monde dans ce monde donc voilà j'ai parlé énormément je suis désolée mais j'avais besoin de dire tout ça maintenant c'est très bien j'avais envie d'ajouter à ce que tu disais aussi peut-être d'inviter les personnes à se rapprocher d'espaces militants parce que ça peut être très soutenant il y a
- Speaker #0
Grabuche par exemple ouais
- Speaker #1
Ouais, gras politique, gras burge. Il y a aussi, des fois, en plus local, moi, j'ai découvert il n'y a pas très longtemps, par exemple, que sur Angers, il y a une asso, Angevine, qui lutte contre la grossophobie, qui organise des événements et tout. Je me suis dit, mais waouh, je me sentais un peu bête de découvrir ça aussi tardivement. Et voilà, en fait, n'hésitez pas à chercher autour de vous. Ça, c'est hyper soutenant, se retrouver avec des pairs, waouh. Franchement, je pense que ça peut vraiment être aidant et amener des élans d'énergie. Donc, n'hésitez pas. Créez-vous. Nous, on parlait de notre microcosme, mais en fait, on peut se le créer, son microcosme, mais aussi sur Instagram. je veux dire un algorithme ça s'éduque donc prenez soin de vous ça sert à rien de se bousiller avec des contenus qui parlent à longueur de temps, de perte de poids de trucs comme ça franchement il y a beaucoup mieux à faire et à vivre.
- Speaker #0
Ouais c'est vrai les premières portes à pousser je pense que ça peut être celle des assos donc comme on disait grabuche, gras politique gros amour aussi Il y a aussi des comptes de militantes. Je pense à Lisa de mon groupe podcast. Je pense à Pépina. Ouais, non, il y a tellement de monde, en fait, que je me noie dans les noms. Mais ouais, je pense que ça peut être la première porte. Et même ces cercles-là peuvent vous rediriger vers des professionnels de santé et des thérapeutes safe, en fait. Donc, pour moi, c'est vraiment... Et puis, ce n'est pas qu'une question... Comme tu dis, il y a des choses locales. Mais grâce aux réseaux sociaux, tu vois, par exemple, moi, je ne suis pas de Strasbourg, mais je suis énormément l'actualité de Grabuge, en fait. Donc, avec les réseaux sociaux, comme tu dis, on peut vraiment se créer ce microcosme.
- Speaker #1
Oui, et c'est sur le site de Grappolitik, je crois, qu'il y a les annuaires de professionnels safe et non safe. Donc, n'hésitez pas à y jeter un œil. Et n'hésitez pas aussi à le nourrir, à le compléter, cet annuaire, si vous avez des noms de professionnels à ajouter. trop important. Tout à l'heure, tu parlais de ta médecin, ta médecin traitante, du coup, on dit. Mon médecin traitant, oui. Qui, voilà, qui est une pépite. Bah, voilà, c'est trop bien d'avoir accès à des noms comme ça de personnes safe. Donc, voilà. Et puis, n'hésitez pas à vous nourrir aussi de lecture et aussi de féminisme. Franchement, pour moi, c'est aussi un super outil d'émancipation. La lutte grossophobe, pour moi, va avec la lutte féministe. qui va aussi avec la lutte antiraciste, la lutte aussi contre la transphobie. Pour moi, tout ça, ce sont des luttes qui sont imbriquées les unes dans les autres. On pourrait en citer encore plein d'autres, la lutte enfantiste. Il y en a énormément contre les violences sexistes, sexuelles. Et du coup, encore une fois, on parle d'espace militant, on parle de lecture, de podcast à écouter. Et en fait, ça, ça va ouvrir des portes. ça va ouvrir des portes de déconstruction de construction de nouvelles façons de penser et on n'imagine même pas comment c'est libérateur en fait totalement je dois maigrir mais j'ai un océan de possibilités de vivre ma vie dès aujourd'hui ouais
- Speaker #0
parce que c'est vrai qu'on peut croire désolé après j'arrête promis mais on peut croire que c'est de la résignation de se dire je vais devoir laisser tomber les régimes je vais devoir laisser tomber la perte de poids mais c'est quoi c'est me résigner c'est devenir une loque, pleurer tous les jours parce que je suis grosse, non en fait. C'est comme tu dis, c'est s'ouvrir à un autre champ des possibles. Il y a tellement de portes qui s'ouvrent en fait quand on choisit de penser autrement, de penser par soi-même et non plus selon le culte de la minceur. C'est un vrai monde qui s'ouvre. Ce n'était pas facile à dire mais je l'ai dit.
- Speaker #1
Eh ben, waouh ! C'est plein de trucs.
- Speaker #0
Ouais, franchement, j'ai qu'une envie, c'est d'aller me baigner, parce que ça m'a donné chaud à la tête de penser à tout ça.
- Speaker #1
Eh ben, écoute, merci encore, Nina, d'avoir répondu présente à ma proposition. C'était trop bien, j'adore discuter avec toi en plus, donc voilà, j'espère que les personnes auront eu autant de plaisir à nous écouter que j'en ai eu, moi, à discuter avec toi. donc voilà merci beaucoup pour cet échange et puis merci au Global pour le travail que tu mènes
- Speaker #0
Merci beaucoup pour ta confiance il y a toujours ce côté un peu la peur de cette radicalité, j'ai toujours peur d'être trop radicale et à chaque fois tu m'offres ta confiance pour parler librement tout ça pour évoquer des sujets aussi forts et moi je te remercie pour ta confiance et pour tes beaux compliments aussi sur mon travail, merci beaucoup
- Speaker #1
Franchement je ne peux pas empêcher de rebondir sur la radicalité Merci. Ça me fait penser à un échange avec un boomer d'une soixantaine d'années, il n'y a pas très longtemps, qui n'aime pas trop les féministes, et qui, en gros, me renvoyait que, oulala, j'étais trop radicale, et que du coup, je ne pouvais pas mettre les hommes de mon côté comme ça. Et du coup, je lui ai dit, ah bon, mais tu crois que les femmes ont obtenu le droit de vote en chuchotant à l'oreille des hommes ? Enfin, voilà, moi, j'ai envie de vous rappeler ça. On ne fait pas changer les choses. en essayant de toujours bien rentrer dans les cases. Il faut taper du poing, il faut dire les choses, il faut sortir des cases pour justement les faire sauter, ces cases-là qui nous enferment. Donc il n'y a pas de changement sans radicalité, à mon avis. Donc voilà, j'avais juste envie de rebondir là-dessus, tu vois, sur ce que tu disais, sur le militantisme qui me semble hyper important. Ce sont les militants et militantes de tout temps, sur tous les sujets, qui ont fait évoluer les choses. C'est une évidence.
- Speaker #0
Et leurs alliés. Et leurs alliés.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Si on parle du droit de vote, pour les femmes, il y en avait certains, leur mari était aussi aidant. Donc, t'es vraiment une alliée dans la lutte.
- Speaker #1
T'allais me dire quoi ? Que j'étais un peu ton mari ?
- Speaker #0
En vrai,
- Speaker #1
ouais. Finalement, on pourrait dire que t'es un peu comme mon mec. Pourquoi pas ?
- Speaker #0
J'allais le dire. Je suis toute rouge parce que je dis, mais comment j'ai pu ? Mais ouais, j'allais le dire.
- Speaker #1
Bon, en tout cas, merci beaucoup. On va finir là-dessus. C'est très drôle de finir là-dessus. Merci beaucoup,
- Speaker #0
Nina. Et puis, à très vite. À très vite. Merci beaucoup. Bye.
- Speaker #1
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcasts, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible. Et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !