Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Cet épisode est une rediffusion d'un ancien épisode, c'est pour ça que vous allez entendre parler du cinquantième. Aïe aïe aïe, quand je vois qu'on a dépassé les 200, je vous remercie vraiment chaleureusement. En tout cas, je le trouvais encore très à propos, donc je vous souhaite une très belle écoute. Bienvenue dans ce cinquantième épisode de podcast. Et oui, déjà, j'en suis vraiment très contente. Donc je vais déjà commencer par remercier chaque personne qui prend le temps d'écouter les épisodes, qui prend le temps de m'écrire pour me dire ce que ça lui a permis de débloquer, ce que ça lui a permis de comprendre, etc. Qui juste prend le temps de laisser une note, parfois même un commentaire sur des plateformes d'écoute, notamment Apple Podcasts et Spotify. Et toutes ces personnes qui me font des retours, c'est génial et du coup c'est grâce à vous que le podcast continue, donc merci. Pour ce cinquantième épisode, j'avais envie de parler du fait de stopper le contrôle. Et que pour beaucoup, stopper le contrôle, ça devient égal à manger n'importe comment et n'importe quoi. J'avais envie qu'on décortique un peu le sujet et puis qu'on aille aussi un peu plus loin sur ce qui se passe après qu'on ait lâché le contrôle, même si j'y viendrais, je pense que... Ce sera l'objet d'un autre épisode de podcast, mais on va déjà un petit peu en parler dans cet épisode. Ok, un trouble du comportement alimentaire, qu'il soit restrictif ou plutôt compulsif, il est basé sur des restrictions qui empêchent de vivre correctement. Il est basé sur un contrôle alimentaire autour de restrictions qui empêchent de vivre sereinement. Je fais une petite parenthèse, à mon sens, tous les troubles du comportement alimentaire sont par essence restrictifs. Quand je disais plutôt restrictif, plutôt compulsif, c'est ok, qu'est-ce qui est le plus bruyant, qu'est-ce qui s'exprime le plus. Mais en réalité, même dans le cadre de l'hyperphagie, où on peut avoir l'impression qu'il n'y a pas de vraies restrictions à l'œuvre, il y en a toujours, et notamment la restriction cognitive. Donc le trouble alimentaire, il est basé là-dessus, sur ce côté très contrôlant de l'alimentation. Je vais parler de ce que j'accompagne au quotidien, donc les compulsions alimentaires, puisque c'est vraiment... cœur de métier aujourd'hui, j'accompagne les personnes qui souffrent de boulimie et d'hyperphagie. Dans le cadre des compulsions et dans le cadre de mon accompagnement, on va notamment passer par le fait de lever les restrictions. C'est-à-dire réintroduire des aliments qui étaient jusqu'ici soit complètement interdits, soit plutôt à éviter ou autoriser sous plein de conditions. On va aller virer ces conditions-là. On va réintroduire les aliments et on va aussi lever certaines règles autour de l'alimentation. En fait, le but, ça va être d'enlever toute la rigidité qui existe aujourd'hui autour du comportement alimentaire. Cette rigidité, elle n'est pas là pour rien. Elle est là parce qu'il y a plein de peur, on a l'impression que ça protège de plein de choses. Le contrôle, j'en ai parlé dans une newsletter récemment, le contrôle, c'est l'énergie de la peur en fait. On contrôle parce qu'on a peur, on croit qu'en contrôlant, on va éviter un certain nombre de dangers, on va faire en sorte qu'il nous arrive moins de choses désagréables. En fait, c'est un énorme piège parce qu'on finit par contrôler pour contrôler, c'est-à-dire qu'on lâche pas le contrôle parce qu'on a peur de lâcher le contrôle, mais finalement, la raison qu'il y avait derrière, à la base, on sait même plus trop, c'est-à-dire que le contrôle en lui-même s'auto-suffit. Donc pour revenir à mes moutons, je disais qu'en accompagnant les compulsions alimentaires, je vais notamment permettre aux personnes de travailler là-dessus et de lever un certain nombre de restrictions, d'aller arrêter ce... contrôle permanent de l'alimentation et de la dépense énergétique. Je dis notamment parce que, évidemment, qu'il n'y a pas que ça. En fait, c'est une partie du travail qu'on va faire ensemble, mais il n'y a pas que ça. Et alors, souvent, ce qu'on s'imagine quand on entend ça, c'est que ça va devenir le chaos, qu'en gros, il y a juste deux choix, le tout contrôle ou le zéro contrôle complètement chaotique. Donc, on s'imagine des orgies de... de pizzas, de McDo, de chips, de fromages, de chocolat. On s'imagine qu'il y ait des carences alimentaires parce que du coup, les personnes vont manger n'importe quoi, n'importe comment. On s'imagine qu'il n'y a même plus la possibilité de prendre les repas en lien avec les proches parce que du coup, on va devoir répondre à la faim quand elle se présente, manger ce qu'on a envie à ce moment-là, quitte à commander un truc à manger. 10h30 du mat ou à 16h alors qu'il y a les repas familiaux autour, on s'imagine aussi qu'il va y avoir autour de ça une mauvaise digestion voire même une mauvaise santé et puis souvent quand même ce qu'on s'imagine et ce qui fait peur et ce qui empêche d'y aller c'est qu'on se dit bah dans ce contexte là je vais prendre du poids, beaucoup de poids. Et ça ne va pas s'arrêter en fait. Ce sera sans fin. En fait, ces croyances-là qu'on a autour du fait de lâcher le contrôle, elles sont complètement reliées à la diète culture. Et à ce qu'on nous balance à longueur de temps. C'est-à-dire que tout ce que je viens de dire autour de ce qu'on peut s'imaginer dans ces cas-là, c'est complètement relié à ce qu'on a mis en place et au contrôle qu'on a en lien avec la diète culture. En fait, c'est relié à plusieurs croyances qui sont qu'il y a des aliments qui font grossir, vraiment. à eux seuls, en eux-mêmes, ces aliments-là sont des aliments grossissants. Dans la diète culture, c'est clairement ce qui est transmis, et c'est pour ça qu'on nous demande d'éloigner certains aliments de notre alimentation, comme s'il y avait des aliments, ça c'est une autre croyance aussi, au-delà du fait qu'ils soient grossissants, c'est que genre il y a des aliments qui ne serviraient à rien, qui n'auraient aucun intérêt. Et alors qu'il y a des aliments qui seraient obligatoires dans une alimentation santé. Et que notre santé, justement, elle dépendrait d'une assiette parfaite. il y aurait une bonne manière de manger et qu'il faudrait respecter ce truc-là à chaque repas et avoir une assiette parfaite. Non seulement pour avoir une bonne santé, mais pour avoir un poids... C'est même pas, j'allais dire, un poids stable. Non, c'est un poids suffisamment bas, en fait, parce qu'il y a vraiment... La diète culture est reliée au culte de la minceur et à l'idée qu'il faudrait toujours mincir, en fait. Et puis, aussi et surtout, j'ai envie de dire... Dans ces croyances-là, il y a le fait que c'est la tête qui doit diriger. C'est la tête qui doit contrôler et qui doit choisir ce qu'on mange, les quantités qu'on mange, à quel moment on mange. Parce que le corps ne serait pas capable de nous guider et que sans ça, on aurait un côté un peu incontrôlable. Et surtout que si on écoute notre plaisir, alors on ne se régulera pas. Ce n'est pas possible. Le plaisir nous emmène dans le toujours plus et finalement toujours trop. En fait, la réalité, elle est quand même assez différente de ce qu'on imagine, là. Les orgies, de nourriture, la prise de poids qui ne s'arrête jamais, la mauvaise santé, les carences alimentaires, etc. Voire même, on pourrait... J'aurais pu rajouter quelque chose autour de l'isolement, finalement, parce que, genre, ne pas prendre ses repas avec ses proches ou avec ses amis, ça pourrait créer de l'isolement. Alors que l'isolement, en fait, est beaucoup plus présent dans le cadre des restrictions, parce que justement, pour pouvoir tenir son régime, tenir les règles qu'on essaie de s'imposer, il y a souvent la nécessité de moins sortir, moins voir de gens, ne plus aller dîner, déjeuner chez eux. Donc voilà, l'isolement, il est plutôt présent dans le moment des restrictions. Mais en tout cas, on pourrait imaginer qu'au moment de lâcher ces restrictions, comme il y a tout un imaginaire autour de ça, de l'ordre du catastrophique, eh bien, on pourrait aussi penser que ça créerait de l'isolement parce qu'en fait, on ne mange que quand on a faim et on ne peut plus manger en société. Bon. En fait, la réalité, quand tu choisis de lever tes restrictions pour avoir une alimentation plus apaisée et plus en accord avec toi, c'est qu'il y a une vraie autorisation des aliments qui permet une accoutumance et une régulation. Déjà, boum, je pose ce mot-là, régulation. Je devrais même dire autorégulation. Régulation interne. Je pourrais lui donner plein de mots, rajouter plein d'adjectifs à cette régulation parce que c'est vraiment quelque chose qui se fait finalement presque malgré toi. Enfin tu vois, t'as pas besoin d'aller gérer consciemment ça. Une autre des réalités c'est que l'équilibre alimentaire il ne se fait pas sur une assiette. Ça n'a pas de sens, une assiette équilibrée, un repas équilibré, ça n'a pas de sens en soi, puisque l'équilibre alimentaire, il se fait non pas sur... un repas, non pas sur une journée et même pas sur une semaine il se fait même au-delà de ça donc par rapport à toutes les craintes autour des carences, tout ça en fait l'équilibre alimentaire il se fait très bien, il se régule et encore une fois comme ça se régule aussi avec le comportement alimentaire, généralement ça se passe très bien, tout comme les soucis digestifs c'est intéressant parce que effectivement il peut y avoir un peu un chamboulement quand même parce que on... remanie son alimentation, mais il ne faut pas oublier que quand on est en restriction, qu'on évite tout un tas d'aliments, on ne fait pas du bien à sa digestion, le corps n'a pas tout ce dont il a besoin, notamment j'ai envie de préciser que les matières grasses c'est super super super important pour plein de choses, mais aussi notamment dans la digestion et dans le transit, et qu'il y a une part très très très importante de troubles digestifs qui est accordée au stress. Et du coup, le stress de bien manger, de savoir ce qu'on va manger, d'avoir l'impression d'avoir trop mangé, de ne pas savoir quoi mettre dans son assiette, c'est quelque chose qui va jouer énormément sur le comportement alimentaire, mais aussi sur la digestion. Et puis, une autre réalité super super importante, c'est que renouer avec le plaisir, c'est l'outil numéro 1 de la régulation alimentaire. Ça c'est important parce qu'on passe d'une croyance... Ok, si j'écoute mon plaisir sans chercher à contrôler ça, sans chercher à décider la quantité à l'avance, etc., je vais être insatiable en fait. Je vais trouver ça trop bon, donc je vais manger, En fait, on passe de ça à, bah ouais, en écoutant mon plaisir, je le ressens, je le prends pleinement et je le sens aussi diminuer. Et c'est mon outil numéro un pour pouvoir m'arrêter de manger sereinement, pour me sentir rassasiée, contentée. Donc on est dans une réalité... tellement, tellement différente de ce qui est un peu fantasmé autour de l'idée de stopper le contrôle et la restriction. Pourquoi est-ce qu'on grossit en lâchant les restrictions alimentaires ? Moi, je ne vais pas faire partie de ces coachs vendeuses de rêves que je vois fleurir sur Instagram qui te promettent de guérir de tes troubles alimentaires sans grossir, voire même en maigrissant ou en ayant la shape de tes rêves. Pour savoir notamment l'une d'elles... qui a pas mal de succès, je sais comment elle fonctionne de l'intérieur, parce que je récupère ses patientes, en fait. Parce que c'est ça la réalité. Je récupère des gens qui sont passés entre ses mains. En fait, cette personne-là, elle va juste aller vous dire, vous allez lui envoyer par message tout ce que vous mangez au quotidien, et puis elle va vous dire quoi manger à la place. Avec un certain nombre de calories à ne pas dépasser. C'est du contrôle. Pur et dur, en fait, il n'y a pas de notion de sortir des TCA, c'est juste remettre un versant plus restrictif sur vos TCA. ça vous explosera au visage à un moment ou un autre, c'est une évidence en fait, c'est ça qui crée les compulsions. Donc voilà, le temps d'être ultra accompagné sur ce sujet-là, il y a le côté un peu lune de miel, voyez, le côté ok je fais bien tout ce qu'on me dit, nanana, ah ouais trop bien mais ça marche, mais attends mais c'est super, bah ouais il se peut que là vous ne vous fassiez pas de crise. Mais à un moment donné ou un autre, ça va vous rattraper aussi parce que le sujet principal derrière ça, c'est l'obsession corporelle. C'est l'obsession d'avoir un corps qui serait suffisamment normé, suffisamment validé, suffisamment désiré, etc. C'est ça le cœur du problème quand même. Et là, en l'occurrence, elle, elle ne fait que renforcer le problème. Au-delà de ne pas le prendre en charge, à la limite qu'elle ne le prenne pas en charge, pourquoi pas, mais juste elle renforce ce problème-là, en vous accompagnant de la sorte. Donc je ferme cette parenthèse, mais tout ça pour dire que moi je ne vais pas vous promettre que vous n'allez pas grossir. Je ne vais pas non plus vous promettre que vous allez grossir. J'en sais rien du tout de ce qui va se passer. Mais là c'est important je pense de répondre à cette question, pourquoi est-ce qu'on grossit ou est-ce qu'on peut grossir sur ce parcours de guérison ? Potentiellement, déjà la première raison c'est que potentiellement t'es en dessous de ton poids d'équilibre. Donc forcément tu vas prendre du poids, parce que ton corps il cherche à t'emmener à ton poids d'équilibre. Ton poids d'équilibre c'est ton poids naturel, t'es génétiquement programmé pour être un poids. T'es génétiquement programmé pour avoir une certaine morphologie. Du coup, bon bah voilà, ton corps s'il est en dessous, il va tout faire, tout faire, tout faire pour te ramener au-dessus. Donc là il y a quelque chose d'assez logique, basique, facile à comprendre de ok, je suis en restriction, je lâche les restrictions, je prends du poids. La deuxième raison, c'est que tu vas certainement surconsommer les aliments que tu t'interdisais avant. Ça c'est une raison évidente aussi qui fait que tu prends du poids. C'est que y'a tous ces aliments que t'essaies d'éviter, Je précise bien ça, que t'essaies d'éviter, que tu cherches à limiter, autoriser sous certaines conditions, parce qu'il y en a beaucoup parmi vous qui ont l'impression de ne pas se priver vraiment, qui vont me dire « Ah non, mais vraiment, je mange de tout » . Ouais mais si manger tout c'est s'autoriser une pâtisserie de la boulangerie une fois par mois. Ou manger seulement un cookie. T'autoriser les cookies mais seulement un. Ou manger du chocolat mais seulement du chocolat noir. Et puis un seul carré et toujours au même moment le midi. Après le repas, avec le café et machin, est-ce qu'on est dans de la vraie autorisation ? J'ai envie de dire, en fait, je prends l'exemple du café et du chocolat. Ouais, c'est peut-être un rituel qui te plaît, tout ça. Mais est-ce que ça t'est jamais arrivé d'avoir envie de te faire une tablette de chocolat au lait avec des noisettes ? ou du chocolat blanc avec je ne sais quoi, enfin tu vois. Et est-ce que c'est possible ? Est-ce que c'est ok ? Est-ce que c'est ok d'en manger plus d'un carré ? Est-ce que c'est ok d'en manger 3, 4, 8 carrés ? Et du coup, voilà, c'est intéressant d'être lucide sur les restrictions, lucide sur tout ce que tu essaies d'éviter ou tout ce que tu limites. Et quand tu travailles là-dessus, quand moi je vous accompagne à bosser là-dessus, sur le fait de lever les règles et restrictions, Alors... Moi ce que je conseille, c'est pas tout en même temps, souvent on bosse un aliment après l'autre, sinon c'est vrai que ça peut être hyper flippant, un peu chaotique. Et bah en fait ce qui va se passer c'est que tout d'un coup ce truc là il est là devant toi, tu vas le surconsommer en fait. L'aliment tu le surconsommais déjà de toute façon dans le cadre de tes crises, c'est juste que là ça va se faire un peu différemment. Et donc bon, ça peut être flippant mais ça je vais pas revenir dessus, c'est pas vraiment le sujet de l'épisode de podcast. En tout cas, c'est quelque chose qui peut te faire prendre du poids. Effectivement. Je trouve que ce qui est important de garder en tête, c'est de pas juste voir là-là le comportement actuel, et de bien le mettre en lien, et de lui donner du sens en lien avec d'où tu viens, et avec toutes les restrictions passées. C'est-à-dire que ta surconsommation va être en rapport avec ton niveau de restriction. Les aliments sur lesquels ça va être le plus flagrant, c'est les aliments vraiment sur lesquels t'étais en guerre, lesquelles tu essayais vraiment d'éviter, etc. Donc garde en tête qu'il y a un ratio quand même entre ça. Alors attention, si ça fait 20 ans que tu essaies de te priver de fromage, tu ne vas pas avoir besoin de 20 ans pour réguler ton comportement avec le fromage. Mais je crois que c'est important d'accepter cette phase de surconsommation parce qu'elle est logique, normale. Que ce soit physiologiquement, psychologiquement, là il y a besoin. En fait, c'est un moyen pour toi. de faire la paix, de te mettre en sécurité, de te rassurer, et de lever les blocages psychologiques que tu as autour de ces aliments. Parce qu'en fait, tu vas voir que ça s'apaise, tu vas voir que tes envies vont devenir de plus en plus variées, qu'il y aura quelque chose de moins obsessionnel. Donc en fait, tu vas constater par toi-même, et ça, ça va te permettre de lever les blocages. Et puis, une autre raison qui pourrait faire que tu prends du poids pendant le processus, ça peut être lié à ton métabolisme. En fait, il ne faut pas oublier que ton corps, d'être comme ça, en restriction ou sur un schéma, compulsion, restriction, compulsion, ça abîme son fonctionnement, si je devais le dire le plus simplement possible. Ton corps, il se met un peu en mode sécurité, quoi. Donc ça, c'est pareil, c'est important de l'avoir en tête. Ton métabolisme, il peut être ralenti. Alors là, c'est pareil, au secours. Bon, les coachings de relance métabolique, merci, franchement, c'est pas génial génial. Non, c'est nul, carrément. Enfin, je veux dire, voilà, c'est pas comme ça, encore une fois, que tu vas guérir de tes troubles alimentaires. Mais t'as pas besoin d'un coaching spécifique par rapport à ça, tu vas voir que retrouver une alimentation plus régulière, plus consistante... Avec des aliments qui vont te faire plus plaisir, avec un rythme qui va devenir différent, tu vas voir que ton métabolisme se relance. Ça peut prendre aussi du temps tout ça, mais sur le début du processus, le fait que ton métabolisme soit un peu en mode sécurité, ça peut expliquer aussi cette prise de poids. Donc là je te parlais de ça un peu en mode c'est normal, effectivement c'est le cas. C'est le cas, c'est normal. Prendre du poids dans ce processus, ça peut être complètement normal. Par contre, là j'ai envie maintenant de m'adresser à toutes les personnes qui vont peut-être se reconnaître dans un poids qui ne s'arrête pas de monter en fait. Ou une prise de poids vraiment importante, vraiment très importante et qui sont justement un peu comme bloquées dans le processus. En fait, très souvent, ces personnes-là, c'est des personnes qui n'ont pas été accompagnées. Alors je ne dis pas. peut-être que vous avez été accompagnée. Et puis, j'ai envie de le préciser quand même, je ne vais pas jouer à la sauveuse, celle qui connaît tout, et puis les autres thérapeutes sont pourris, il n'est pas du tout question de ça. Là, depuis tout à l'heure, je lance un peu des petites piques à certaines coachs sur Instagram, parce que je pense qu'elles, en l'occurrence, n'ont rien à faire dans la problématique des TCA, mais on est de plus en plus nombreuses à accompagner d'une manière éthique et professionnelle autour des TCA. Mais même avec toute cette éthique et ce professionnalisme et tous les super outils, peut-être qu'il y a des choses à un moment donné qui bloquent et qui font qu'il y a un processus qui n'a pas pu aller jusqu'au bout. Donc je le précise quand même, même si tu as été accompagné par un ou une très bonne professionnelle, peut-être que ça a pu bloquer quand même. Mais ce que j'observe, c'est que majoritairement les personnes qui se retrouvent dans cette situation, elles ont fait un peu le processus toutes seules, en mode ok. J'ai des compulsions, je suis Flavie et tout un tas d'autres nanas sur Instagram qui parlent, elles parlent toutes de la même chose, du fait qu'il faut lever les restrictions. Ok, ben allons-y, je lève mes restrictions. Et donc vous vous lancez et là le poids commence à monter, monter, monter et en fait certaines viennent me dire avoir pris 20 kilos dans ce cheminement-là. Dans ces cas-là, très souvent, il y a un truc qui est resté bloqué au niveau de l'autorisation. C'est-à-dire qu'il n'y a pas une vraie autorisation. Il y a des choses qui ne sont pas débloquées à ce niveau-là. Du style, tu manges l'aliment, mais tu te dis que ce n'est pas bien. Tu te dis que tu vas grossir. Tu te dis qu'à un moment donné, il faudra que tu te reprennes en main. Que tu ne vas pas pouvoir continuer comme ça tout le temps. Tu te dis que demain, tu feras attention. Que là, tu t'es autorisé ça, mais demain, tu ne te l'autoriseras plus. Et donc tout ça, ça te maintient en insécurité. Ce n'est pas une réelle autorisation de manger l'aliment. Et ça fait que, du coup, t'as toujours peur de manquer l'aliment et tu le surconsommes. Ça fait aussi qu'en te disant toutes ces choses-là, tu peux pas être sereine en train de déguster, ressentir ton plaisir, et donc tu peux pas accéder au rassasiement. Donc tu peux pas accéder au réconfort, tu peux pas accéder au rassasiement, ça te met en insécurité. Enfin, tu vois, en fait, ça maintient le truc. Donc en fait, ça veut dire que t'as quand même débloqué des trucs, tu vois, je dis pas. Mais, bon... Il y a un truc qui reste bloqué et tu prends du poids et tu te vois prendre du poids et tu vois que ça continue, que ça continue au fil des mois. Et en fait, ça vient renforcer cette peur et cette idée que quand même, peut-être il faudrait te reprendre en main, mais tu te sens bloqué parce que tu n'y arrives plus de toute façon. Enfin voilà, je pense que ce que je suis en train de dire, ça va peut-être résonner beaucoup chez certaines. Donc ça, moi, il y a deux raisons principales. c'est ça là, cette non-autorisation, enfin cette autorisation. teinté d'un oui mais. Oui mais non quoi, pas trop. Deuxième raison, la peur de se restreindre. Alors ça, c'est un truc, c'est une étape par laquelle beaucoup de personnes passent. Quand il y a une autorisation à manger les aliments, il peut y avoir à l'inverse une interdiction à se refuser quoi que ce soit. C'est un peu basculer dans on est encore dans le tour, en fait on bascule de l'autre côté. Et du coup, si l'idée te traverse de prendre une deuxième part de gâteau si l'idée te traverse de manger un gâteau au chocolat si l'idée te traverse de te faire une pizza là maintenant tout de suite tu vas avoir l'impression que si tu le fais pas t'es en restriction et ça c'est aussi quelque chose qui va faire que tu risques de rester bloqué c'est à dire que t'as basculé dans l'autre extrême c'est quelque chose que j'observe pas mal c'est vraiment un truc à travailler un peu au cas par cas En fait, moi dans mon programme, j'aborde ce sujet-là plutôt en fin de programme, mais en fait, pour les personnes qui vont le suivre en semi-autonomie, ben voilà, ça va être à elles de jauger, je mets plein de warnings en disant ok, on en est là, quand si, ça, ça, mais en individuel c'est plus simple, parce que du coup ça me permet de mieux cerner où en est la personne et de pouvoir basculer autour de ça, autour du fait que L'idée c'est pas qu'il y ait, de toute façon dès le début on est bien d'accord, l'idée c'est pas qu'il y ait une nouvelle règle qui soit interdiction de se refuser le moindre truc. Mais en fait, l'un peut bloquer l'autre. Bon, je vais y revenir un peu plus tard dans le podcast, j'ai l'impression que là sinon je vais pas être claire du tout. En tout cas, voilà, gardez en tête que quand la prise de poids comme ça, elle ne s'arrête pas, qu'on se sent un peu prisonnier du truc, c'est que pour moi il y a deux raisons principales. La première c'est le fait qu'il n'y a pas une vraie autorisation. à manger les aliments. Et la deuxième, ça peut être qu'on a basculé dans l'autre extrême, où en fait, la nouvelle règle, c'est de ne plus jamais rien s'interdire, et c'est la peur panique d'être en restriction, en fait. Ce qui va vous aider, si vous vous sentez concerné en écoutant ce que je viens de dire. Premièrement, évidemment, c'est de s'autoriser vraiment. Comment on fait pour s'autoriser vraiment ? L'idée, c'est de capter les pensées automatiques. Il y a forcément des pensées automatiques qui débarquent. L'idée, c'est de les capter. potentiellement de les écrire. Moi, je conseille beaucoup de passer par l'écrit, c'est vraiment aidant. Et aller déconstruire ce qu'elle raconte. Qu'est-ce qu'elle me raconte, ces foutues pensées ? À quelles croyances elles sont reliées ? Et aller dégommer ces croyances-là. Alors, seule ou en étant accompagnée, il y a des bouquins, il y a des super bouquins qui ont été créés. Moi, je sais que mon programme, il permet de faire ça aussi, que ce soit en étant seule, en semi-autonomie, ou en étant accompagnée. Mais même, voilà, seule, j'ai conçu des exercices vraiment autour de ça, mais je sais que je ne suis pas la seule. Il existe plein d'exercices autour de ça pour aller dégommer ces croyances-là. De toute façon, lutter contre des pensées automatiques, c'est... Aller les chercher à leurs racines, donc les croyances, tout ça, mais c'est aussi arrêter de leur obéir en fait, c'est-à-dire que moins tu vas agir en fonction de ces pensées-là, moins elles vont être fortes. Donc c'est aussi une manière de lutter contre. Donc t'autoriser vraiment en virant au maximum les pensées, les choses qui viendraient te dire que non, il ne faut pas, etc. La deuxième chose, c'est le fait de rechercher le plaisir. Prêter attention à tes sensations. Surtout les premières bouchées, parce que... Ça c'est pareil, la pleine conscience c'est un outil formidable, mais il ne faut pas que ça devienne une règle et ce n'est pas possible d'être toujours dans la pleine conscience. C'est un outil pour être capable, à des moments choisis, d'être en pleine conscience. Ça ne veut pas dire être tout le temps focus et on ne peut pas le faire sur tout le repas, mais les premières bouchées elles sont super importantes. Et puis, ça peut être intéressant des fois de hop, revenir, et de se dire tiens, par rapport à mes premières bouchées, où il en est mon plaisir, est-ce qu'il a descendu, etc. Mais en tout cas... Ta recherche, elle doit être autour du plaisir. Du coup, ça revient aussi avec le fait de s'autoriser vraiment, c'est-à-dire que le plaisir, tu le ressentiras que si tu t'autorises vraiment, sinon tu seras trop parasité, et le plaisir, tu vas le trouver avec des aliments qui te font envie. Donc c'est nécessaire de t'autoriser. Et puis le troisième point, c'est le fait que manger va répondre à plein de besoins. Quand tu manges, tu viens répondre à différents besoins, et pas du tout que énergétiques ou nutritionnels, et même émotionnels. Tu réponds à d'autres besoins. Tu réponds à des besoins sociaux. Tu réponds à des besoins de pause. Tu réponds aussi à des besoins de confort digestif. En fait, il y a plein de choses en lien avec le fait de manger. Pourquoi je dis ça ? Eh bien parce que ça fait un peu la boucle avec ce que je disais tout à l'heure sur la peur de se restreindre et qu'il y a une nouvelle règle qui vient te dire que c'est interdit de s'interdire quelque chose. C'est pas la même chose de s'interdire un morceau de gâteau. Parce que... tu veux maigrir ou parce que t'as peur de grossir, que de se dire, ok, là maintenant, je prends pas ce morceau de gâteau parce que ça va me rendre inconfortable en fait. Parce que j'en ai déjà mangé avant, que je sens qu'après là ça va être indigeste, que je vais me sentir ballonnée, et en fait c'est bon, je peux en manger plus tard. Voilà, dès que j'en aurai à nouveau envie, je le mangerai ce gâteau-là, donc c'est pas un souci. En fait voilà, c'est de pouvoir garder en tête que tes besoins ils sont multiples et que à l'instant T, tu vas chercher à y répondre au mieux. Avec ou sans la nourriture. Ce qui est important là-dessus à préciser, c'est que la limite elle est super fine. En fait entre la restriction pour perdre du poids et le choix alimentaire conscient pour prendre soin de sa santé. La limite est très fine et c'est une limite qu'on ne peut pas amener au début d'un suivi. C'est-à-dire que si tu es en plein dans tes compulsions alimentaires, c'est important que tu sois dans une vraie autorisation à manger, dans un vrai relâchement de tes restrictions. et que si tu commences à te dire sous couvert de digestion par exemple non non mais je vais pas le manger ce gâteau là en fait si t'es encore un peu dans tes restrictions tu viens surtout nourrir ta restriction et du coup bah le problème c'est que en faisant ça tu vas être comme je le nommais tout à l'heure dans quelque chose d'une non-autorisation en fait finalement tu te racontes à toi que tu lâches les restrictions et que sous couvert de ta santé digestive sous couvert de je sais pas quoi de ta qualité de sommeil non non c'est pour ça que j'ai pas pris ce gâteau en fait en étant honnête et lucide tu te dirais non non mais ça m'arrange bien parce que j'ai peur de grossir donc je suis dans de la non-autorisation en fait je continue de penser que ce gâteau il fait grossir, je continue de catégoriser les aliments, je continue de chercher à éviter des aliments et je me suis trouvé une nouvelle excuse pour le faire et donc si t'es là-dedans bah en fait les compulsions vont continuer ou la suralimentation avec cet aliment là, enfin tu vois c'est pour ça que c'est très fin cette limite là et que à mon sens, et c'est vraiment comme ça que j'accompagne, c'est important de passer par une étape où on relâche les restrictions, etc. Puis, dans un second temps, on peut ramener de la nuance et ramener du choix conscient qui va être orienté sur autre chose que de la perte de poids. mais vraiment dans une qualité de vie, de soins apportés à soi-même. Bon, ce que je pense évidemment, c'est que c'est hyper aidant d'être accompagné là-dessus. Parce que, en fait, à chaque étape, en vrai, parce que même sur le fait de lâcher les restrictions, ben voilà, on le voit bien, quand on le fait seul, en fait, on a l'impression de le faire, et puis finalement, moi, des fois, il me suffit de 5-10 minutes en discuter avec la personne pour dire « Non, mais en fait, là, regarde, tu dis ça comme ça. » Tu m'expliques ça comme ça, clairement là ça parle de restriction. Et en fait la personne dit, ah ouais, j'en avais même pas conscience quoi, enfin voilà. Donc c'est hyper compliqué, c'est difficile de prendre du recul sur soi-même, c'est genre, ouais c'est hyper difficile. Donc ça peut être hyper utile, et je trouve que ce côté là très fin de vraiment retrouver une alimentation orientée autour de soi, et finalement de trouver son propre cadre autour de notre manière de manger. Ça, ça peut être vachement difficile quand on a vécu le TCA, qu'on a vécu l'étape « je lâche les restrictions » . C'est un peu brouillon, en fait, cette dernière étape. Et je sais que je pense à une personne, notamment, je ne sais pas si elle écoute encore mes podcasts et si elle se reconnaîtra, mais que j'ai accompagnée en individuel. Donc, à l'époque où je prenais encore des suivis individuels en dehors du programme « Est-ce qu'on laisse compulsion ? » , et où en fait, il était vraiment question de ça. C'est-à-dire que j'ai vraiment eu l'impression de l'accompagner sur les derniers mètres de sa guérison, quoi. Elle en était vraiment à cette étape-là, de pouvoir libérer ça, de ne plus être dans la peur de se restreindre. Je trouve que c'est un sujet passionnant et je pense que du coup j'en ferai un épisode de podcast vraiment sur ce sujet-là, sur ce côté, ok, comment je fais une fois que j'ai lâché les restrictions pour revenir à quelque chose de plus adapté, de plus nuancé. Soit j'en ferai un épisode de podcast, soit même peut-être je proposerai un atelier carrément aux personnes qui sont concernées par ce truc-là. N'hésitez pas à venir me dire si ça vous parle, si vous seriez partante pour participer à l'atelier par exemple. Voilà, je vais pas aller plus loin sur cet épisode-là parce que je trouve qu'il va déjà être suffisamment long et parce que c'était pas le cœur du sujet d'aujourd'hui. Aujourd'hui je voulais vraiment... permettre au plus grand nombre d'avoir une autre vision sur à quoi ça peut ressembler le fait de relâcher les restrictions et de ne pas rester coincé dans l'idée que ce serait forcément le chaos et l'orgie alimentaire. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. 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