- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute ! Bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast de TCA, etc. Et à nouveau, j'ai la chance de recevoir une invitée sur le podcast. Et c'est vrai que ce sont mes épisodes préférés, parce que... Je découvre plein d'histoires en discutant et donc aujourd'hui c'est Maë qui vient témoigner au micro du podcast. Donc un énorme bienvenue, merci à toi d'être là.
- Speaker #1
Salut Flavie, salut tout le monde. Je suis un peu stressée, j'ai le cœur à 12 000, c'est le syndrome perfectionniste, mais je suis super contente d'être là et de témoigner aujourd'hui.
- Speaker #0
Ouais, je sais que ça peut faire un peu ça le podcast, mais normalement, très vite... tu oublies qu'on est là pour enregistrer et normalement ça devient juste une conversation entre toi et moi et généralement le stress redescend vite donc j'espère que ce sera le cas. Pour commencer je te propose de te présenter de la manière dont tu le souhaites en disant ce que tu veux et en taisant ce que tu veux.
- Speaker #1
Ok donc je m'appelle Maë et Comme je disais, je suis super honorée d'être là parce que les podcasts m'apportent énormément. Donc j'en profite vraiment pour te remercier Flavie. Je travaille dans le domaine de la corporalité, dans le milieu du massage et de la formation massage. Et j'habite en ce moment au Népal, où je suis en voyage depuis un petit moment. Et par rapport au TCA, j'ai souffert d'anorexie, boulimie pendant, on va dire, 10 ans de ma vie et ensuite pendant encore 5 ans de restrictions cognitives et obsessions corporelles et contrôles alimentaires. Et je ne me sens pas trop mal depuis quelques mois, ça va mieux. Et notamment d'ailleurs grâce au podcast et puis au programme Hey Body que j'avais fait il y a un an et que d'ailleurs je suis en train de refaire.
- Speaker #0
Eh bien, écoute, trop bien. Je suis trop contente de savoir que j'ai pu t'apporter de l'aide. Je trouve ça déjà hyper intéressant, ce que tu dis dans ta présentation par rapport au TCA. Je trouve que ça démontre déjà vachement une finesse, tu vois, sur le côté « j'ai souffert de tel type de trouble alimentaire » , puis encore quelques années de restrictions cognitives. Donc, je pense qu'on aura l'occasion de détailler ça un peu plus tard, mais je trouve ça vraiment intéressant déjà que tu fasses cette nuance-là. Bon, tu le sais, si tu écoutes souvent le podcast, j'aime bien repartir dans l'enfance pour commencer cet échange. Et je me demandais de quoi tu te souvenais, toi, finalement, de quoi tu te souviens de ton enfance dans la question du rapport au corps et à l'alimentation, quand tu étais une petite fille.
- Speaker #1
Eh bien, je me souviens que quand j'étais une petite fille, c'était vraiment facile. Alors, je préviens, je vais beaucoup parler de ma mère, je pense, pendant ce podcast. Donc, quand j'étais petite fille, c'était vraiment facile, à savoir que j'ai toujours eu un profil plutôt athlétique, naturellement. Donc, aux yeux de la société, c'est considéré comme une chance et même un privilège. Enfin, j'ai conscience d'être privilégiée par rapport aux femmes qui sont grosses, que la société me traite différemment. Et quand j'étais petite fille, je me souviens que des fois, mon beau-père rentrait à la maison avec des cartons entiers de Twix parce qu'il travaillait dans le transport des marchandises. Et en fait, j'en mangeais matin, midi et soir dans mon lit. Et il n'y avait pas de souci, il n'y avait pas trop de règles alimentaires tant que j'étais enfant. Et ensuite, ça a changé en devenant ado. Je me souviens qu'un jour j'étais au collège en troisième et il y a une camarade qui a pointé son doigt en direction de mon ventre. Et qui a dit, t'as du ventre. Et je me souviens que j'ai baissé les yeux. Et c'est la première fois de ma vie que j'ai regardé mon corps avec un œil de jugement. Et voilà, c'est le premier souvenir que j'ai vraiment marquant par rapport au fait d'objectifier le corps. Ce qui ne m'était pas du tout arrivé avant.
- Speaker #0
Et ça a eu quel impact ? Est-ce que ça a eu un impact un peu direct ? Ou est-ce que ça s'est fait petit à petit ? Et genre, c'est que tu as commencé à justement prendre l'habitude de regarder ton corps de cette manière-là ?
- Speaker #1
C'est comme quand tu crois au Père Noël et que du jour au lendemain, tu ne crois plus au Père Noël. Ça a vraiment fait un schisme dans ma façon de représenter le corps. Et à partir de ce moment-là, je me suis mise vraiment à comprendre que j'avais un corps qui était sexualisé, et qui était regardable, et qui était jugeable. Et par la suite, il y a eu un élément vraiment déclencheur quand j'ai eu 14 ans, c'est que j'ai appris que ma mère se faisait vomir. Je l'ai appris par le biais de mon père, ils étaient divorcés à ce moment-là. Et en fait, ça m'a vraiment choquée. Et j'ai voulu en parler avec elle, mais elle ne voulait pas en parler. Et elle m'a demandé de garder le secret, d'en parler à personne. Et ça m'a beaucoup pesée. Et ce jour-là, j'ai décidé que j'allais moi-même commencer à me faire vomir pour qu'elle le découvre et qu'on soit obligés à un moment d'en parler. C'était ma stratégie. Et bien sûr, ça n'a pas marché. Mais ce jour-là, du coup, j'ai commencé à me faire vomir.
- Speaker #0
Et vraiment, ton but, c'était d'ouvrir un espace de dialogue avec ta maman à ce sujet-là ?
- Speaker #1
Oui, parce que d'une part, je m'inquiétais pour elle. Et d'autre part, c'était un secret qui était vraiment lourd à porter sur mes épaules parce que j'étais la seule à le savoir et j'avais l'impression que je devais la sauver. Et du coup, forcément, ensuite, ces troubles, je les ai intériorisés. Et ça ne m'a pas aidée parce qu'au lycée, j'étais victime de harcèlement, au collège aussi. Et du coup, je voulais vraiment ressembler à une des filles qui me harcelait. Et là, je suis partie en mode... Je ne mangeais plus rien de la journée, à part une pomme. Et le soir, je rentrais à la maison et j'avais hyper faim et je mangeais beaucoup. Et après, je me faisais vomir. Et je pense que ma mère ne l'a pas découvert tout de suite. Ou du moins, quand elle l'a découvert, elle ne m'a pas vraiment posé de limite. Et on n'en a pas parlé non plus. Ça n'a rien changé.
- Speaker #0
Mais tu te souviens néanmoins qu'elle l'ait découvert ?
- Speaker #1
Oui, elle le savait.
- Speaker #0
Comment tu sais qu'elle le savait ?
- Speaker #1
Parce qu'elle me reprochait de laisser des traces, que ce n'était pas propre. Et en fait... Moi, c'était fait exprès parce que je voulais qu'on en parle, mais on n'en parlait pas. Voilà. Enfin, une fois, on en a parlé, et en fait, elle disait que se faire vomir tous les jours, ce n'était pas pire que fumer un paquet de cigarettes et qu'elle ne fumait pas et qu'elle ne buvait pas d'alcool. Et du coup, ça va, quoi. Et du coup, j'ai longtemps intériorisé, moi aussi, que ça va. J'avais longtemps ce comportement anorexique, boudinimi, jusqu'à la première, où j'ai fait une tentative de suicide. avec de l'alcool et des médicaments. Et oui, j'ai été hospitalisée pendant un mois. Et étrangement, ça m'a fait super du bien parce que j'ai été hospitalisée en hôpital psy, mais pas par rapport aux troubles alimentaires. Tu me dis si je vais trop vite dans l'histoire ?
- Speaker #0
Ah non, pas du tout. Enfin, ton rythme sera le mien.
- Speaker #1
OK. Et en fait, mine de rien, d'être dans un cadre où on avait des vrais repas trois fois par jour, ce qui n'était pas le cas chez moi, c'était plutôt chaotique chez moi. En fait, ça m'a quand même aidée. Puis d'être entourée de psy aussi, mais surtout d'avoir un cadre de repas. C'était vraiment quelque chose qui m'a beaucoup aidée.
- Speaker #0
Et tu leur avais parlé des vomissements ?
- Speaker #1
J'en ai pas parlé, mais il y a une infirmière qui l'a découvert à un moment où je sortais des toilettes. Et ça m'a fait quelque chose, parce que quand elle m'en a parlé, j'ai compris que ce n'était pas normal ce qui se passait. Et j'ai eu du recul à ce moment-là sur le fait qu'on n'est pas vraiment censé se faire vomir et que ce n'est pas forcément bon pour la santé. Là où je n'étais pas tout à fait claire là-dessus. Donc ça m'a aussi permis d'avoir du recul ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, ok. Et pour revenir à la relation avec ta mère, parce que c'est quand même central dans cette histoire-là, comment ça s'est passé à ce moment-là de la tentative de suicide et puis de ton hospitalisation ? Comment elle l'a compris ? Est-ce que vous avez pu en parler ?
- Speaker #1
À ce moment-là, elle m'a demandé si j'avais fait la tentative à cause d'elle ou à cause de cette fille qui me harcelait au lycée. Et j'ai eu tellement peur de faire du mal à ma mère en l'accusant de quelque chose que j'ai menti en disant que c'était à cause de cette fille qui me harcelait. En fait, c'était un peu à cause de tout ça, mais c'était difficile de lui expliquer. Je sentais qu'elle n'avait pas forcément la stabilité pour entendre tout ce que j'avais à dire. que ça aurait pu être compliqué pour elle émotionnellement. Et du coup, on n'en a pas vraiment reparlé.
- Speaker #0
Donc tu dis que ce passage en hospice t'a apporté. Et comment ça s'est passé quand t'es ressortie ?
- Speaker #1
Et bien ensuite, nouvelle histoire, en sortant de là. J'étais plutôt dans un mood, ok, je vais faire du sport. Et en faisant du sport, je me suis rendue compte très vite que... Mon corps changeant et devenant plus finite, plus tout ce qu'il faut. Le regard des hommes changeait sur moi et très vite, je me suis dit « Génial, le fait d'être belle, j'ai l'attention des hommes, j'existe. » Et je voyais vraiment ça comme de l'amour et ça a guérissé un peu mon estime de moi. Donc, je me suis mis à fond dans le sport, je ne mangeais plus grand-chose. Je me suis mis en mode corps-objet à fond et ce corps deviendra mon trophée. Et donc j'ai fait ça pendant quelques années. Mais j'ai quand même alterné un petit peu avec des crises de boulimie, de temps en temps, quand je perdais le contrôle, le schéma un peu classique. Et les choses ont changé quand ensuite je suis partie, quand j'ai eu 21 ans, aux États-Unis, pour être fille au père. Parce que là, c'était un cadre où j'étais seule à la maison toute la journée. puisqu'il n'y avait les enfants que le soir et les parents. Et j'étais loin de mes repères. Et là, je suis partie en mode de crise de boulimie par jour. Je ne contrôlais plus rien. Et là, je me suis fait peur. Je me suis dit, comment je sors de ce truc ? C'était flippant. Et j'en ai parlé à la femme qui était notre régente des filles au père sur place. Et en fait, elle m'a invitée chez elle. Et là, elle m'a dit, ok, Maë, tu as un trouble qui s'appelle les troubles alimentaires. Et ce qui se passe, c'est que quand tu es jeune fille au père avec notre organisme, tu n'as pas le droit d'avoir des troubles alimentaires, donc ce qui va se passer, c'est qu'on te renvoie chez toi. Et j'étais censée passer un an aux États-Unis, et au bout de trois mois, elle me dit ça. Et donc forcément, ça a été un méga-choc, parce que je me suis dit, comment je vais annoncer à ma famille et à mes amis que je suis de retour ? Qu'est-ce que je vais leur dire ? Est-ce que c'est un échec ? Et en fin de compte, le truc positif, c'est que ça m'a vraiment fait rebondir. parce que ça m'a fait prendre conscience que... Enfin, quelqu'un me disait, non, en fait, il ne faut pas que tu te fasses vomir, ce n'est pas normal. Quelqu'un me mettait une limite, tu vois. Quelqu'un me disait, tu planes là. Donc, ça m'a fait prendre conscience que je faisais n'importe quoi. Et quand je suis rentrée en France, j'en ai parlé à mes amis, j'en ai parlé à mes sœurs, j'en ai parlé à ma mère. Et j'ai dit, voilà, en fait, j'étais vraiment dans l'anorexie, la boulimie. Et du coup, c'est pour cette raison-là que j'ai dû quitter au père. Et du coup, je rentre en France parce qu'en fait, il faut que je me soigne parce qu'il y a un problème, ça ne va pas. Donc ça, c'était un peu un grand tournant à 21 ans.
- Speaker #0
Et comment ça a été accueilli par tes proches ?
- Speaker #1
Ma mère, elle n'a pas trop réagi. Mes amis, ils ont été assez compréhensifs. Et mes sœurs... Elles ont été compréhensives aussi. Et je pense que ça leur a fait du bien parce que je pense qu'elles auraient pu partir là-dedans aussi. Et aujourd'hui, je crois qu'elles ont un rapport plutôt sain à leur alimentation. Je pense que ça les a aidées à ne pas faire la même erreur que moi.
- Speaker #0
C'est des sœurs plus jeunes ?
- Speaker #1
Oui, j'ai trois petites sœurs.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Voilà.
- Speaker #0
OK, donc là, c'est un tournant important dans ta vie, en fait, à 21 ans. Oui,
- Speaker #1
ça, c'est un tournant important. C'est vrai que... Et après...
- Speaker #0
J'ai trouvé ça, quand tu l'as raconté là, j'ai trouvé ça un peu violent quand même. Tu vois, tu trouves le courage, parce que ce n'est pas simple, mais tu n'es tellement pas bien, tu es perdue, que tu trouves le courage d'aller parler à cette femme. elle accueille ce que tu dis, mais en même temps, il y a une conséquence un peu négative quand même. C'est en mode, oui, OK, donc tu es en souffrance, mais c'est terminé le job pour toi. Sur le coup, j'ai trouvé ça un peu violent. Et c'est vrai que c'est intéressant la façon dont tu le vois. Et je me dis, pour une fois, il y a quelqu'un qui posait un vrai stop et qui disait, mais attends, tu ne peux pas faire ta vie comme si de rien n'était. Tu ne peux pas travailler, tu ne peux pas t'occuper d'autres gens alors que tu te fais vivre ça. Et ça, c'est puissant quand même. je pense que Vu le contexte dans lequel tu as grandi, c'était important finalement que quelqu'un pose ça.
- Speaker #1
Exactement. Et là où cette femme m'a vraiment aidée, c'est qu'au début, j'ai lutté et j'ai répondu « Non, mais Gina, t'inquiète, c'était juste cette fois, c'est juste une mauvaise passe, mais t'inquiète, là je me suis inscrite à la salle de sport, je me remets à fond au sport, je me remets dans le droit chemin, je suis capable de rester et de m'occuper des enfants. » Et elle m'a dit « Mais Maë, tu ne te rends pas compte qu'en fait, c'est un cercle, ça fait combien d'années que tu répètes ça ? » elle avait déjà tout compris. compris comment ça fonctionne. Et du coup, c'est un ange gardien que j'ai eu. En fait, elle m'a dit de rentrer chez moi mais avec beaucoup d'amour. Elle me l'a dit en mode en fait, maintenant, il faut que t'ailles te faire soigner parce que t'as une vraie maladie. Donc voilà, chapeau.
- Speaker #0
Ouais, c'est rare de tomber sur quelqu'un d'aussi informé sur les troubles alimentaires quand même.
- Speaker #1
C'est clair, c'est clair. Sûrement qu'en tant que régisseuse aux Etats-Unis des jeunes filles au père, elle en a vu passer un paquet.
- Speaker #0
Oui, il y a moyen. Peut-être aussi. J'allais dire, du coup, ça veut dire que là, gros basculement. Et donc, effectivement, tu es partie chercher de l'aide, du soin en France.
- Speaker #1
Et là, à l'époque, en fait, il n'y avait pas tellement de psy spécialisé TCA. Puis il n'y avait pas... Enfin, moi, je n'étais pas sur Instagram, en tout cas. Donc, en fait, je n'ai pas trouvé personne vers qui me tourner. Donc, pendant les plusieurs années qu'on suivit, je ne me faisais quasiment plus vomir, mais ça m'arrivait encore. Du moins, j'avais conscience que j'étais sur un chemin de guérison et j'avais conscience de là où je voulais aller. J'avais conscience de ce qui était de l'ordre de la santé, de ce qui était de l'ordre du TCA. Et en fait, j'ai eu la chance, quand je suis arrivée à la fac, un an ou deux ans plus tard, de rencontrer une camarade à la fac, donc j'étais en fac de sport, qui me parle de ce bouquin de Jean-Philippe Zermatti qui s'appelle « Maigrir sans régime » . Donc, pour celles qui ne connaissent pas, c'est un bouquin qui parle de l'alimentation intuitive. Mais à l'époque, ce bouquin-là, il était un petit peu drastique, en mode « tu dois manger en écoutant ta faim » , mais il n'y avait pas encore l'idée de la faim émotionnelle.
- Speaker #0
Oui, c'était un peu le... C'est ce qu'on appelle le régime faim-saciété.
- Speaker #1
Exactement. Il n'y avait pas encore le concept de « mais tu as le droit de manger aussi, même si tu n'as pas forcément faim, mais que ça te fait du bien » . Mais ça m'a quand même pas mal aidée, ce bouquin-là. Ça m'a reconnectée au plaisir de manger. Et comme j'étais un petit peu perdue par rapport à la nourriture, ça m'a apporté un cadre et de la simplicité. Disons que pour les 5-6 années qu'on suivit, petit à petit, j'étais de moins en moins dans le cycle boulimie-anorexie. Mais j'étais quand même toujours dans ce que je disais, l'apparence au centre de ma vie, à en faire une obsession, à faire beaucoup de sport, à contrôler, à faire de temps en temps un petit peu de boulimie, à manger la plupart du temps, pas grand-chose. Et il y a une première chose qui m'a beaucoup aidée. et attention âmes sensibles, peut-être s'abstenir, c'est que j'ai entendu, je ne sais plus où, que quand on se fait vomir, il y a un risque de crise cardiaque, de mettre les doigts au fond de la bouche. Je ne sais pas si cette info est vraie ou pas, mais c'est vrai que j'avais déjà senti en me faisant vomir mon cœur se contracter. Et ce jour-là, je me suis dit « Ok, plus jamais je me fais vomir parce que j'aime trop la vie pour prendre le risque de mourir pour ça. » Ça m'a vraiment fait un... un élément déclencheur de fou. Et ce qui m'a ensuite beaucoup aidée, c'est que j'ai découvert tes podcasts. Et là, c'était mes hallelujahs. Je me suis dit, waouh, mais ça existe, trop bien. Et en fait, je me suis inscrite à Instagram pour écouter tes podcasts, enfin pour suivre ton compte, puisque je n'avais jamais eu Insta avant. Et donc, ce que tu conseilles dans Hey Body, de filtrer son Instagram pour vraiment avoir du contenu qui nous inspire, du coup, je n'avais que du contenu inspirant. Et en fait, ça m'a vraiment aidée parce que j'ai eu l'impression que le patriarcat... avait vraiment planté dans mon esprit des graines qui avaient beaucoup poussé, de l'apparence doit être au centre, je ne dois pas prendre beaucoup de place, je dois contrôler tout ce que je mange. Et j'avais l'impression qu'au plus j'écoutais tes podcasts, au plus je me nourrissais de nourriture féministe et de bouquins et de postes, et au plus je déterrais ces graines-là pour en planter des nouvelles. Mais je vois que c'est tellement bien implanté dans nos esprits. En fait, c'est un exercice quotidien de continuer à nettoyer le jardin, parce que c'est des graines qu'on nous a plantées très fort, et surtout la domination masculine est toujours d'actualité, et les injonctions sont toujours d'actualité. Donc c'est vraiment un travail quotidien. Et j'aime beaucoup que tu fasses le lien entre patriarcat et TCA, parce que du coup je comprends vraiment que c'est totalement lié. Oui. Et tu as fait un poste qui s'appelait « Obsession corporelle » . Je ne sais pas si tu te rappelles. En fait, tu avais une partie des images où tu disais « C'est comment ma vie quand je suis dans l'obsession de mon apparence ? » Et en face, il y avait d'autres images qui disaient « C'est comment ma vie quand je m'en bats l'utérus ? » Et en fait, quand j'ai vu ce poste-là, ça m'a aussi fait un énorme déclic parce que j'ai compris que tout tournait autour de ça, que c'était vraiment le centre de ma vie. Enfin, ça s'est fait en… plusieurs fois cette prise de conscience, mais celle-là, ça a vraiment été important. Et que du coup, quand tout tourne autour de ça, il n'y a plus de place pour rien, pour exister en tant qu'être humain.
- Speaker #0
Et tu arrives à identifier pourquoi ça tournait autour de ça ?
- Speaker #1
Parce que j'avais vraiment la croyance que ma valeur était liée à mon apparence, et surtout à ma minceur. Et dans Hey Body aussi, je crois que tu demandes est-ce qu'on peut quantifier sur une échelle de 1 à 10 à quel point est-ce que notre valeur est en lien avec notre apparence ? Et ça m'a fait un déclic aussi parce que je me suis dit ça peut ne pas l'être. Donc c'est vraiment un gros conditionnement et aujourd'hui ça m'inspire énormément d'inspirer d'autres femmes et moi en premier, comment est-ce que... On peut vraiment se libérer de ces graines qui ont été plantées dans nos esprits. Comme les Noirs qui ont la croyance qu'ils valent moins qu'un blanc, parce que 400 ans de colonisation, on leur a vraiment planté des graines dans la tête, et qu'aujourd'hui, eux aussi, ils doivent enlever ces graines-là pour retrouver leur vraie valeur.
- Speaker #0
Oui, et puis dans les deux cas, il y a quand même des choses aussi actuelles dans notre société qui continuent d'arroser ces graines-là, on va le dire comme ça, ou de fertiliser. la société continue d'être obsédée par la minceur, écrasante pour les femmes, écrasante pour les personnes racisées, de véhiculer l'idée que le blanc est au-dessus. Malheureusement, c'est ça la grande difficulté. Et c'est en ça aussi, je pense, que tu disais, j'adore la métaphore des graines et du jardin. Je visualisais les mauvaises herbes qui poussent et que ça demande de l'entretien. J'adore cette métaphore parce que je suis... trop d'accord, je suis d'accord, vraiment à 100%, parce que je crois que ça reste le travail de toute une vie. Pas forcément un travail acharné, qui est difficile, qui est dans la douleur, pas du tout. C'est plutôt de l'entretien. Une vigilance en fait à avoir, de l'entretien où je vais arracher les mauvaises herbes, je suis vigilante à ce que je mets dans mon jardin intérieur en fait. Parce que la société elle est ce qu'elle est et que peut-être que ça changera, mais même si ça change, c'est tellement à tout tout petit pas. que pour notre génération, ce ne sera jamais vraiment très différent, à mon sens.
- Speaker #1
Ça demande une vigilance quotidienne parce que, par exemple, tu as fait un podcast sur le fait que les TCA adorent le flou. Récemment, j'ai vécu une période de flou et challengeante aussi, où j'ai perdu du poids. Pendant l'espace d'un mois, je n'étais plus tout à fait centrée dans mes convictions. J'étais un petit peu... J'ai observé que j'ai recommencé à faire du body checking. Une fois, je me suis pesée à un peu mentaliser qu'est-ce que je dois manger. Et pour dire que ça peut revenir super vite en fait. Et là, c'est parce que j'étais en haute montagne pour 20 jours au Népal et qu'en haute montagne, il y a un phénomène qui s'appelle l'anorexie des montagnes. Et la plupart des gens ne ressentent plus la faim au-dessus de 3000 mètres ou très peu. Et du coup, d'une part, c'est assez déstabilisant. Et d'autre part, il y a la plupart des aliments qu'on ne peut plus vraiment manger, sous peine d'être malade. Donc tout ce qui est dur à digérer, le fromage, tout ce qui est gras en fait, ça devient vraiment compliqué à digérer, ça donne la nausée, etc. Et du coup, ce n'était vraiment pas facile de ne plus choisir ce que je pouvais manger et de ne plus avoir vraiment de plaisir pendant que je mangeais, parce que je mangeais ce qui était digérable. Je n'avais plus vraiment de plaisir. Du coup, ça me permet encore une fois de faire le lien avec le fait que quand on mange quelque chose sans plaisir, on n'est pas vraiment rassasié parce qu'on n'a pas kiffé. Mais tout ça pour dire que je vois que ça m'a un petit peu paniqué mon système nerveux de ne plus avoir le droit de manger ce que je voulais. Et en plus, quand je suis arrivée au gîte à 5000 mètres, il y avait une balance. Donc, ça m'a permis d'observer combien de poids j'avais perdu. Et voilà, à la redescente, j'ai été vigilante de vraiment garder ce mantra en tête que je peux manger tout ce que je veux, quand je veux, autant que je veux, quand je veux, à nouveau, pour sécuriser un peu le système nerveux. Parce que quand on a eu des TCA une fois, ça va vite, dès qu'on est en situation de restriction, à nouveau de paniquer.
- Speaker #0
Et comment ça s'est passé alors, quand tu es redescendue ?
- Speaker #1
J'ai observé que j'ai eu super faim très souvent. Et du coup, j'ai médité pour ne pas paniquer. Parce que je sais que c'est normal quand on a perdu du poids, quand on est en dessous de son poids d'équilibre, d'avoir des pensées obsessionnelles de nourriture parce qu'il faut retrouver le poids perdu. Donc, j'ai pris le temps, j'ai remangé. J'ai eu une période où je mentalisais qu'est-ce que je devais manger ou pas. Mais ça ne m'a pas duré très longtemps. Je suis vite revenue à... au centre. Maintenant, je sais. Juste manger, c'est simple. Il n'y a pas besoin de trop mentaliser. Mange ce qui te fait envie quand tu en as envie. C'est tout.
- Speaker #0
Ça s'est plutôt bien passé.
- Speaker #1
Ça s'est bien passé,
- Speaker #0
oui. C'est intéressant ce que tu nommes, cette vigilance à avoir. Je pense qu'effectivement, quand on a eu des troubles alimentaires, il y a des périodes qui peuvent être fragilisantes. peu importe, qui ne sont pas forcément des périodes négatives pour autant, mais je trouve qu'un des trucs qui peut le plus fragiliser, c'est effectivement une perte de poids, plus qu'une prise de poids, contrairement à ce qu'on pourrait imaginer. Et ça demande d'avoir une certaine vigilance, de rouvrir sa boîte à outils. J'ai l'impression que c'est ce que tu as fait. Tu as rouvert ta boîte à outils. Alors, je vais me répéter que... Non, mais tu vois, c'est trop intéressant de dire « Ok, je sais comment faire, je suis outillée, je vais juste aller chercher les bons outils. » Et ça va bien se passer, c'est la vigilance sur les pensées obsédantes, etc. Mais encore une fois, je ne sais pas, j'ai envie de le repréciser, mais bon sang, si on nous foutait la paix sur notre poids et sur notre corps, tout ça, ça n'existerait pas. Ce serait un non-sujet. Tu vas dans les montagnes, tu as moins faim, quoi qu'il arrive. Ce serait une période désagréable parce que c'est normal, l'humain a besoin de la nourriture pour trouver un équilibre à tous les niveaux et aussi un équilibre émotionnel. Donc ouais, ce serait désagréable, il y aurait une perte de poids, tu redescends, tu retrouves le plaisir de manger, ça se régule, t'as plus faim, tu reprends le poids perdu, basta quoi, basta. Et c'est terrible en fait quand tu te dis, mais c'est comme ça que les gens devraient vivre leur vie, c'est comme ça que les petites filles, les femmes devraient vivre leur vie, toute leur vie.
- Speaker #1
Et du coup, il y a tellement d'espace mental, une fois qu'il n'y a plus l'obsession de l'apparence au centre.
- Speaker #0
Ouais. Je me posais une question tout à l'heure quand tu parlais de cette phase de 5 ans, si je ne me trompe pas, je crois que c'est ça que tu disais, où tu n'étais plus dans de l'anorexie ni de la boulimie, mais où tu dis qu'il y avait de la restriction cognitive. Est-ce que sur le moment, tu en avais conscience ou est-ce que tu te pensais guérie dans cette étape-là ?
- Speaker #1
Je savais que je n'étais pas guérie. C'est une question super intéressante parce que j'avais déjà touché du doigt pendant quelques jours d'affilée. C'était quoi la vie quand l'alimentation et le corps deviennent un non-sujet ? Et donc je savais, de par le ressenti, comment c'est kiffant de juste vivre et que ces deux choses-là ne soient plus un sujet. Mais j'observais que je n'arrivais pas à revenir à cet état-là et je n'avais pas encore trouvé la clé qui me permettait de revenir à cet état-là. La clé étant de ne plus mettre l'apparence au centre. Donc du coup, je voyais bien que c'était un peu chiant la vie parce que je pensais quand même souvent à la nourriture, je pensais souvent à mon corps, j'étais souvent en train de me comparer, de me checker. de me regarder
- Speaker #0
Et je n'étais pas libre dans ce que je mangeais. J'avais plein d'interdictions, de règles, les aliments interdits, autorisés. Ça me faisait chier parce que j'essayais de toucher du doigt ce truc-là, mais je ne le touchais pas. Et d'ailleurs, j'avais écrit dans mon carnet à l'époque que mon plus grand rêve dans la vie, c'est de retrouver cette sensation-là où j'existe tout simplement et il n'y a plus ça qui vient me pourrir l'esprit. Où je suis libre de l'injonction à être mince. et le contrôle alimentaire. Et c'est pour ça aussi que j'ai vraiment beaucoup de gratitude de toucher ça du doigt aujourd'hui, parce que c'est aussi un message d'espoir pour toutes les femmes qui souffrent de ça, parce que c'est tellement, tellement agréable. C'est une vie qui est vraiment vécue, du coup. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est exactement ça.
- Speaker #0
Et ça me donne envie de me battre pour les femmes, parce qu'il y a tellement peu de femmes qui vivent ça au quotidien, cette paix, en fait. Du coup, ça n'enlève pas les autres problèmes qu'on a. Non, c'est clair.
- Speaker #1
Il y a très longtemps, j'avais fait un poste là-dessus. J'avais dit, maintenant que je n'ai plus de TCA, j'ai le temps de m'occuper de tous mes autres problèmes.
- Speaker #0
Exactement, qu'on ne voyait pas parce que la TCA, c'était la béquille.
- Speaker #1
Oui, mais du coup, ça casse aussi un peu l'image idyllique de ta vie est parfaite quand tu as guéri de ton trouble alimentaire. Non, pas du tout. Mais bon, c'est quand même... Pas du tout, oui. beaucoup plus simple, beaucoup plus facile et beaucoup plus léger, en vrai. Bon, question peut-être pas facile, mais je me dois de te la poser pour toutes les personnes qui nous écoutent. Comment t'as fait ? Comment t'as fait pour ne plus mettre l'apparence au centre ? Alors déjà, en fait, non, même avant ça, j'ai une question. Comment t'as fait pour prendre conscience que c'était ça le problème, du coup ? Parce que tu dis, pendant cinq ans, j'étais là-dedans. Je ne savais pas que le nœud du problème, c'est que je mettais mon apparence au centre. Donc, j'étais dans les restrictions, tout ça, tout ça. Je voyais bien que c'était chiant, mais voilà. Qu'est-ce qui a permis cette prise de conscience ? Et puis derrière, comment tu as fait concrètement pour faire un pas de côté ? Petit à petit, j'imagine, en tout cas, je projette peut-être, mais ne plus mettre l'apparence au centre.
- Speaker #0
J'ai trois images qui me viennent en tête. La première, c'est la première fois où j'ai eu cette prise de conscience. Et encore une fois... c'est vraiment le fait d'avoir écouté tous les podcasts. Petit à petit, ça a planté des nouvelles graines dans ma tête. Je me souviens d'une fois où je suis dans la salle de bain et je devais aller au resto ou sortir, je ne sais pas, et je me sentais ballonnée. Je me regarde dans le miroir et je me dis « Non, je ne peux pas sortir comme ça. Je n'ai pas le droit qu'on me voit comme ça. » D'un coup, j'ai eu une autre pensée qui m'a dit « Et si… » tu lâches ton ventre et que tu t'en fous et qu'il a le droit d'exister. Et sur le coup, ça m'a surpris de penser ça. Mais je me suis autorisée à creuser cette pensée et à la laisser exister et grandir dans ma tête. Ça, c'était un premier déclic. Et du coup, de m'autoriser à sortir dans la rue avec un ventre ballonné mais que je n'essaie pas de cacher et que je n'essaie pas de rentrer et que je ne meurs pas quand même. Ça, c'était une belle expérience. J'ai un deuxième souvenir où on allait au resto avec mon chéri. Et c'était un peu la même situation. Je me trouvais ballonnée et du coup, je ne trouvais pas de fringues qui à la fois puissent me cacher un petit peu et qui en même temps soient élégantes. Et j'étais dans le lit, un peu bougon, gna Je ne sais pas si j'ai envie d'y aller. Et là, je le vois, il était devant moi et en train d'essayer un pantalon aussi. Et en fait, il voit qu'il a grossi aussi et qu'il galère un peu à fermer son bouton de pantalon. Et en fait, je le vois qui rigole. Et qui se regarde et qui dit, ah ben, j'ai bien mangé à la cantine, moi. Et je vois qu'il s'en fout. Et qu'il s'en fout. Genre, c'est un bon sujet pour lui, mais total. Juste, ben, tant pis, je galère à fermer mon bouton et c'est pas grave. Et d'un coup, j'ai eu cette pensée, je me suis dit, mais si j'étais un homme, comment je me sentirais là par rapport au fait que je me sens ballonnée ? Et ça a tout changé. Et si j'étais un homme, mais j'en ai rien à foutre. Voilà. Et le troisième souvenir qui me vient, c'est ce poste. que tu avais posté sur ta page Insta, où tu fais la différence entre une vie qui est centrée sur l'obsession corporelle et une vie qui ne l'est pas. Et voilà, ça, ça m'a vraiment fait trois grands déclics.
- Speaker #1
Ouais, mais j'entends qu'il y a le côté déclic, mais il y a aussi le côté expérientiel. Ce n'est pas juste « Ah tiens, je me dis ça » . Tu vois, c'est fort ce que tu décris sur… Je suis sûre que ça parlera à plein de personnes. le ventre ballonné et de sortir quand même en fait. De laisser le ventre exister. Et ça me fait penser à une personne que j'accompagne actuellement avec qui j'avais une discussion hier sur WhatsApp et qui me parlait de la constipation. Pour qui c'est vraiment un sujet, dès qu'elle ne va pas à la selle... C'est panique à bord. Et en gros, elle se questionnait un peu en mode, tiens, est-ce que c'est lié à mes TCA ? Cette façon de le vivre. Bah oui, mais mille fois pour cent, oui, en fait. Et on revient à la même chose, parce qu'en fait, c'est l'incapacité à accepter que, ah bah tiens, pour une raison X ou Y, là, j'ai pas évacué ce matin, donc j'ai forcément le ventre un peu plus ballonné, et c'est OK, et je prends mon corps comme il est. Je vais mettre des fringues dans lesquelles je suis à l'aise qui vont pas me scier le ventre. Et même si on voit que j'ai un peu de ventre, je vais aller vivre ma vie. Et voilà. Et en fait, c'est ça la différence. C'est vraiment cette acceptation de dire, OK, de toute façon, mon ventre, il a le droit d'être là. Et du coup, ça rend un peu obsessionnel aussi le transit.
- Speaker #0
C'est ça. Puis par rapport à l'expérience dont tu parles, la prise de conscience corporelle, ça a justement été aussi de consciemment relâcher mon ventre. Ça m'a fait prendre conscience à quel point il était tout le temps rentré et comment est-ce que je pouvais manger avec plaisir et comment je pouvais être en lien avec moi et comment je pouvais être détendue si cette partie-là de mon corps était tout le temps cachée, rentrée. Et faire l'expérience de relâcher mon ventre et que je ne suis pas morte et qu'il existe, ça m'a vraiment physiquement permis d'exister en entier et relâcher quelque chose.
- Speaker #1
Le mot « relâcher » . Il me fait écho à plein de choses. Ça me donne envie de te poser la question de qu'est-ce que ça a changé aussi en dehors de ton rapport à l'alimentation et au corps finalement, ça ?
- Speaker #0
C'est clairement l'idée de prendre sa place dans la vie. J'ai remarqué qu'avant, j'étais beaucoup plus avec une petite voix comme ça quand je parlais aux gens et tu sais, à ne pas prendre trop de place et puis toujours avoir un petit sourire gentil sur le visage et qu'en fait, je peux juste avoir le visage détendu. ce qu'on appelle injustement le resting beach face, et avoir une voix qui n'a pas besoin d'être une voix qui se positionne en inférieur. Donc déjà dans ma voix et dans mon visage, j'ai vu que ça a changé quelque chose parce que j'ai pris ma place. Et aussi dans d'autres domaines de ma vie professionnellement, où ça m'a impulsée à faire éclore mes projets professionnels, me lancer. J'ai toujours de l'anxiété relationnelle. Ça, je suis en cours dessus. Mais sinon, j'ai vu que ça m'a vraiment aidée à juste prendre ma place, quoi. Me laisser exister.
- Speaker #1
Est-ce que tu as reparlé de tout ça ? De tout ce que tu as compris, appris, et d'aujourd'hui, comment tu vis ton corps et l'alimentation avec ta maman ?
- Speaker #0
Ben ouais, figure-toi que je lui ai écrit il y a... Il y a une semaine, suite à un podcast que j'avais écouté sur la matriophobie, qui est la peur des jeunes filles de ressembler à leur mère, et la colère des jeunes filles que leur mère leur ait refilé le package du patriarcat. Et je lui ai un petit peu expliqué... Excuse-moi,
- Speaker #1
je te coupe juste pour que... Excuse-moi. Est-ce que tu pourrais nous filer la rêve du podcast, que je la mette en description ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est le cœur sur la table.
- Speaker #1
Ok. J'irai le chercher. Merci beaucoup. Désolée de t'avoir coupée. Je te laisse continuer.
- Speaker #0
Avec plaisir. Et je lui ai écrit, « Maman, je t'aime. » Tout ça, il n'y a pas de souci. Par contre, c'est vrai que je suis en colère contre toi pour ça. Parce que les petites filles, elles construisent quand même la relation à leur corps par rapport à comment est-ce que les mères relationnent avec leur propre corps. Et moi, je l'ai toujours entendu dire qu'elle était trop grosse. Et puis qu'il fallait manger que quand on était sur le point de tomber dans les pommes, qu'il fallait s'épiler. Enfin, il y a plein d'injonctions qui ne marchent pas et que je ne suis pas d'accord avec elle. Donc, j'ai pu lui dire que j'étais en colère. Et puis, pour d'autres choses aussi dans notre relation par rapport à mon père, j'ai pu lui dire tout ce que je ressentais. Bon, après, elle est un peu dans le déni et dans la victimisation. Elle ne prendra pas sa part de responsabilité sur rien, mais au moins, je l'ai dit. Et puis, j'ai pu dire, je suis en colère. Je pense que c'est important qu'on dise à nos mères, tant qu'elles sont encore vivantes, ce qu'on ressent et qu'on ait des relations de vérité où on peut leur dire les choses. Parce que moi, ça m'a vraiment enlevé un poids de pouvoir dire ce que je ressentais. Du coup, j'ai souffert pendant longtemps de l'anorexie, de la boulimie. Et du coup, je la pousse à écouter le podcast dont je parlais.
- Speaker #1
Ok. Tu penses qu'elle le fera ?
- Speaker #0
Je pense qu'elle le fera, oui. Peut-être que tout n'est pas... Après, ça fait tellement longtemps qu'elle a ses troubles. Et peut-être, un jour, je lui enverrai ton propre podcast. Ça impliquerait qu'elle écoute celui-ci. Donc, je ne sais pas.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #0
Je te dirais.
- Speaker #1
En tout cas, tu as fait ton bout de chemin vers elle. Et comment, en fait, j'ai trop envie de te questionner là-dessus, parce que tu l'as nommée quand tu parlais de l'adolescente que tu étais, qui a commencé à se faire vomir. Tu as parlé du fait que tu voulais la sauver, ta mère. Et je te pose la question, parce que je me dis que ça pourrait faire écho quand même à peut-être un certain nombre de personnes qui nous écoutent. Est-ce que tu as réussi à accepter que tu ne la sauverais pas ?
- Speaker #0
C'est ça, ça a vraiment été ce que m'a permis. cette situation, c'est de prendre conscience qu'on ne peut pas sauver quelqu'un de lui-même. Et ça, ça m'a vraiment aidée à lâcher. En fait, son propre bourreau, c'est elle-même, donc je ne peux pas la sauver d'elle-même. Et ça, j'espère que ça peut aider d'autres femmes aussi qui vivraient la même situation.
- Speaker #1
Et ce n'est pas anodin aussi de dépasser un trouble quand ta mère est encore bloquée dedans ?
- Speaker #0
Exactement. J'ai longtemps souffert du... Je ne sais plus comment ça s'appelle en psycho, mais l'histoire de loyauté, de moi, je ne peux pas aller bien si elle, elle ne va pas bien. Mais il y a un moment où tout ça, j'ai dépassé. Entre-temps, j'ai fait deux vipassanas. C'est l'affaire de méditation où on médite 10 heures par jour pendant 10 jours. Donc voilà, tout ça, ça m'a vraiment bien aidée à aller un peu à l'intérieur. Et je le recommande aussi parce qu'en fait, j'ai l'impression à chaque vipassana que j'avais fait 15 ans de thérapie. En 10 jours. C'est vraiment très efficace. Par contre, c'est compliqué quand on a des TCA de faire Vipassana, donc mieux vaut d'abord régler les TCA. Je recommande vraiment. Tu disais que la plupart des femmes qui souffrent de TCA, je crois que c'est 1 sur 3, tu disais, ont eu des violences sexuelles dans leur enfance. C'est aussi mon cas et c'est aussi ce qui m'a aidée à complètement guérir. J'ai toujours su que... que j'avais été violée par mon beau-père quand j'étais enfant, mais je n'en ai jamais parlé. Et c'est quand j'ai eu 30 ans, qu'à la suite de plein de choses, et notamment de Vipassana, que j'ai mis ça à l'extérieur de moi et que je l'ai dit. Et l'avoir dit, petit à petit, ça m'a sorti de la honte. Enfin, la honte a changé de camp. Et du coup, j'ai arrêté de vouloir me détruire. J'ai arrêté d'avoir une faible estime de moi. Et ça m'a aidée encore plus à... à sortir complètement du spectre des troubles alimentaires.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Wow, quel chemin, quel parcours.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Mesure le chemin parcouru aujourd'hui ?
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Quand je revois celle que j'étais à 15 ans, je vois que j'ai fait du chemin. Et je te remercie aussi. une grande pierre sur mon chemin pour m'aider à sortir de tout ça. Moi, j'ai juste fait le programme A-Body, comme je disais, mais je trouve qu'il est vraiment complet. Ça m'a vraiment donné des outils concrets qui m'ont vraiment aidée. Tant mieux qu'il existe de nos genres des personnes spécialisées dans les TCA parce que c'est un trouble tellement répandu et à l'époque, il y avait tellement peu de thérapeutes pour ça.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Mais encore aujourd'hui, il y a de plus en plus de personnes. Moi, j'aimerais que dans les formations de base de n'importe quel accompagnant, soignant, il y ait des choses plus poussées, plus concrètes sur les troubles alimentaires. Il y a de plus en plus de professionnels formés, mais c'est parce que ce sont des professionnels qui, après leur formation, je pense aux psychologues, aux diététiciens, notamment qui sont les premières personnes qu'on va penser à aller voir en cas de TCA. Eh bien, bravo à toutes celles et ceux qui sont allées se former après leur formation de base. Mais en fait, dans la formation de base, il n'y a que dalle. Donc, c'est encore des troubles. Enfin, je ne sais pas, je trouve que ça témoigne du fait que ce n'est pas encore assez pris au sérieux, le fait qu'on n'inclue pas ça dans les formations de base. Et ça m'interpelle, ça me questionne, parce qu'il y en a énormément, des personnes qui souffrent de TCA. Je pense que c'est très compliqué d'avoir des chiffres en plus. Tu parlais tout à l'heure du spectre des TCA, et je trouve ça très juste de le nommer comme ça, parce qu'en fait, il y a les troubles alimentaires qu'on va diagnostiquer, mais autour, il y a tout un spectre. de relations vraiment ultra conflictuelles avec son corps, avec l'alimentation. Et moi, je me balade cinq minutes sur les réseaux et je vois des gens qui ont l'air quand même d'avoir une relation très, très complexe à leur corps et à leur alimentation, sauf que c'est présenté comme normal et presque souhaitable.
- Speaker #0
C'est normal de ne pas aimer son corps aujourd'hui.
- Speaker #1
Oui, et c'est normal de tout faire pour le contrôler et c'est normal de... de ne pas manger de beurre, de sucre, de je ne sais quoi, et de remplacer tout ça par des aliments ultra complexes que je ne sais même pas où les gens les achètent en vrai. Quand je vois certaines recettes, je me dis, mais quoi ? C'est quoi tes ingrédients ? Je ne sais même pas où je pourrais trouver ça. Je trouve qu'il y a beaucoup de complexité autour de tout ça. Je trouve que les troubles alimentaires, c'est des troubles qui sont aussi complexes. Oui, c'est des troubles qui sont complexes parce qu'en lien avec tout un tas de choses, c'est comme si dans le soin, on ne voulait pas aller regarder ça, aller regarder l'oppression systémique, aller regarder la grossophobie, le culte de la minceur, la place des femmes dans la société. Alors que c'est bien sûr qu'il y a des racines de tout ça.
- Speaker #0
Et je le vois dans mon métier quand je donne les formations en taille yin massage. Je vois les participantes qui, quand on fait la pause midi, qui n'ont pas une relation saine à leur corps, même parfois certaines que je vois, qu'elles vont se faire vomir. Et où à la fois, je ne peux pas leur en parler. Je ne sais pas non plus, est-ce que moi, en tant que formatrice, je peux me permettre d'aller les voir ? Ce n'est pas le sujet. Ou alors, je vois que dans certaines postures de massage, ça implique une vraie communication avec l'autre. De « Ok, ça, cette position, est-ce qu'on peut la faire plutôt comme ça ? » Et que... Les femmes, par rapport aux hommes, elles sont encore soit coincées dans un rôle de séduction, soit elles n'osent pas trop dire « Ok, là, ça me fait mal, est-ce qu'on peut faire plutôt comme ça ? » Et dans le métier de coach sportive aussi, je vois que j'ai des clientes qui, clairement, c'est pour perdre du poids, pour la minceur. Donc, entre-temps, je me suis formée avec Evelyne et Lise à l'alimentation intuitive, parce que j'ai vraiment envie de pouvoir accompagner. dans mes métiers, mais avec les bons outils, parce qu'en fait, pour moi, 100% des femmes ont eu, ont ou auront une relation complexe à leur corps et à la nourriture.
- Speaker #1
Oui. De ton point de vue, qu'est-ce qui pourrait permettre de faire évoluer les choses ?
- Speaker #0
Une bonne question, parce que je me questionne aussi comment est-ce que je peux contribuer à rendre le monde plus juste. et contribuer pour ce combat féministe. La réponse est politique, donc c'est compliqué. D'un côté, j'ai envie de me militantiser davantage et de m'engager. Et en même temps, je vois que ça me donne beaucoup de colère parce que j'ai l'impression de ne pas réussir à changer les choses. Je dirais que ce n'est pas facile. Justement, je ne sais pas quoi faire pour agir et être utile. Pour ça, déjà les podcasts que tu fais par exemple, j'aimerais que ce soit accessible à plus de monde et qu'on puisse les écouter à l'école. Je vois qu'aussi tu interviens des fois dans les lycées, à l'école, et ça c'est génial. Je trouve ça super de pouvoir parler aux jeunes générations. Je pense qu'il y a une urgence à ce que le féminisme émerge et plus globalement la révolte de tous les peuples qui sont opprimés. Et c'est un peu ce qui est en train de se passer avec le mouvement One Piece. Donc voilà, c'est assez global en fait.
- Speaker #1
Oui, non mais c'est une question complexe que je te pose. J'en ai bien conscience. C'est une question que je me pose aussi régulièrement et j'ai envie de rebondir sur ce que tu dis sur le militantisme. Alors déjà, je trouve qu'aujourd'hui, ça a devenu un gros mot d'être militant. Vraiment, moi je le ressens. Ce qui est fou, c'est que je le ressens même dans des espaces dans lesquels je suis bénévole, sur des questions qui, à mon sens en plus, demandent de l'engagement et du militantisme, mais c'est devenu un peu un gros mot. Et militer, c'est potentiellement s'abîmer beaucoup, je trouve. Et du coup, c'est compliqué cette histoire de trouver l'équilibre, et voilà comment j'ai l'impression d'œuvrer pour changer les choses. sans y laisser toute ma santé mentale, toute mon énergie, parce que... Comment le dire ? Parce qu'on peut avoir l'impression... Enfin, je partage ton sentiment, moi je poste des trucs sur Insta et tout, et quand je vois les commentaires, notamment masculins, dès que c'est un sens soit peu féministe ou quoi, je vois beaucoup de violence, et je me dis, oh waouh, mais rien ne bouge, oh waouh, le monde est foutu, mon Dieu, l'humanité est foutue. Alors qu'en vrai, ce n'est pas vrai. Et qu'il y a ça qui est visible, mais qu'en réalité, peut-être que ce contenu-là, il a fait du bien à plein de personnes. Et puis, il y a aussi plein de personnes qui sont soutenantes en commentaire. Et puis, ça créera peut-être des déclics. Et l'envie à d'autres personnes de créer du contenu similaire qui créera lui-même du déclic. Tu vois, en fait, j'ai envie de croire à l'effet boule de neige ou le côté de l'effet colibri. OK, je suis là à amener quelques gouttes. J'ai l'impression que ça ne sert à rien. en fait, c'est utile. Même si c'est utile qu'à une personne, c'est utile.
- Speaker #0
Merci pour son optimisme, ça me donne de l'espoir. Et ça me fait penser à ce que tu disais, je suis une goutte d'eau dans l'océan de la diète culture.
- Speaker #1
Ah oui, c'est clair, je me sens tout le temps comme ça. Mais vraiment, quoi. Mais oui, oui, c'est ça, je me sens comme une petite goutte d'eau. Mais en même temps, si déjà j'ai pu œuvrer pour une poignée de femmes, tu vois, c'est quand même une goutte d'eau utile. Avant de te poser la dernière question que j'aime bien poser sur ce podcast, je voudrais m'assurer que tu aies pu aborder tout ce qui te semblait utile. La dernière question étant, je te le dis avant pour que tu saches, la dernière question étant qu'est-ce que tu aimerais dire aux personnes qui nous écoutent et qui sont peut-être en plein cœur de troubles alimentaires ? Avant ça, est-ce qu'il y a des choses que tu avais peut-être envie de dire et qui ne sont pas venues dans notre échange ?
- Speaker #0
Vive la vie ! C'est un cadeau et j'essaie de me rappeler ça tous les jours. Quand des fois j'étais prise dans le trouble, je ne me rappelais plus que je suis en vie. Et ça, c'est important. C'est pas rien qui est en train de se passer, c'est que je suis en vie. Voilà, ça me fait plaisir de rappeler ça.
- Speaker #1
Ouais. Et qu'est-ce que tu pourrais avoir envie de dire aux personnes ?
- Speaker #0
Je partage... J'ai envie de partager ce mantra. J'ai déjà dit, mais je redis, qui peut peut-être aider les femmes. Déjà, je me rappelle souvent d'être vigilante à manger suffisamment, qui est l'inverse de ce que je me disais avant. Je suis vigilante à manger suffisamment et à manger tout ce que je veux, quand je veux, autant que je veux. Et quelque chose qui m'a beaucoup aidée aussi par rapport... Notamment, je ne peux plus manger du lait cru parce que ça me fait trop d'acné. Et du coup, par rapport au fait que des fois, quand on est enceinte, on ne peut pas manger tout ce qu'on veut et que potentiellement c'est compliqué, je voudrais rappeler un truc que tu as dit aussi et qui m'a beaucoup aidée, qui est quand on est une mangeuse régulée. que du coup, on sait qu'on a une autorisation inconditionnelle de tout manger, que alors, on peut choisir en pleine conscience ce qui nous fait du bien et que ça reste un choix et pas quelque chose qu'on s'impose. Voilà, ça, ça m'avait vraiment beaucoup aidée et je le rappelle aussi. Et puis, te remercier aussi, encore une fois. Je suis trop contente que virtuellement, tu fasses partie de ma vie. C'est un cadeau.
- Speaker #1
Wow, merci. Ça me touche beaucoup. Je suis très contente d'avoir échangé avec toi. On avait déjà échangé pas mal, mais par mail uniquement. Et depuis, j'ai l'impression, depuis longtemps en fait. Enfin, tu vois, je ne sais pas à quand remontent les premiers échanges par mail. Donc, même si on ne s'est rencontrés que via Zoom, je suis trop contente de t'avoir rencontré. Je suis hyper touchée par ce que tu dis, par le fait d'avoir eu un impact dans ta vie comme ça, même de loin. Enfin, voilà, c'est trop... trop... Ça a une valeur énorme pour moi, quoi. Donc, merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci, ma sœur, toi aussi.
- Speaker #1
Et merci pour cet échange. Et merci pour ton témoignage. Merci pour tout ce que tu as donné aujourd'hui aux personnes qui nous écouteront. Je pense qu'il y a plein de choses qui feront écho. Moi, en tout cas, j'ai eu plein d'échos, plein de choses, avec des choses que je connais d'autres histoires et tout. Donc, voilà, je... Vraiment, je te suis très reconnaissante d'être venue témoigner sur le podcast. Merci, Maë. À bientôt. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi. à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible, et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !