Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres, bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca. Très belle écoute. Très contente de vous retrouver pour ce nouvel épisode de TCA etc, dans lequel j'avais envie de développer autour du fait que les troubles des conduites alimentaires se logent dans les périodes de flou et d'incertitude. Et pourquoi ? Ça fonctionne comme ça. Peut-être que vous l'aurez remarqué pour vous ou pour des personnes concernées dans votre entourage, les périodes de gros flous, de changements importants, ce sont des périodes propices au développement des troubles alimentaires, mais ce sont aussi des périodes propices aux rechutes. Si vous vous posez des questions sur les rechutes, je vous invite à remonter un tout petit peu plus haut. Il y a assez peu d'épisodes, 4-5 épisodes avant ça, je crois. J'ai fait un épisode sur la rechute, où on parle de ce que c'est, à partir de quand on peut vraiment parler de rechute, etc. Donc voilà, et on sait que ces périodes de rechute, de retour en force des symptômes, c'est souvent des périodes de flou. Et c'est intéressant de creuser un peu pourquoi, parce que je crois que ça a plein de choses à nous dire, aussi sur comment... ne pas rechuter et comment aussi sortir du trouble alimentaire en le comprenant encore un peu différemment. Qu'est-ce que j'entends déjà par période de flou ? Je pense qu'on peut mettre plein de périodes de changement. Alors évidemment que les premières choses qui me viennent en tête, ça va être des périodes difficiles, douloureuses, des séparations amoureuses, des périodes de deuil quand on perd un être cher. Ça peut être une période peut-être d'échec aussi. On se lance dans un projet quel qu'il soit et il n'aboutit pas pour x ou y raison. Mais ça peut aussi être des périodes dans lesquelles il y a des changements a priori positifs. Et ça, c'est un truc, je trouve, qu'on ne dit pas assez souvent. Je crois que j'en ai parlé une fois dans un épisode de podcast. Mais bon, tant pis si ça fait redite. Je sais que je ne l'ai pas dit beaucoup de fois. Mais il y a très très très longtemps, dans une ancienne formation que j'ai pu faire, on nous avait fait remplir un questionnaire dans lequel on devait coter les événements. C'est-à-dire qu'il y avait, selon tous les événements qu'on avait vécu dans l'année écoulée, ça nous donnait un certain nombre de points. Et donc il y avait des événements qui valaient beaucoup de points. Et ces événements-là, ça pouvait être un mariage, un déménagement, un deuil. tout confondu, il y avait tout le positif-négatif. Et ce nombre de points donnait un risque de contracter une maladie. Un peu glauque, je sais, mais en même temps, moi, ça m'a mis une claque énorme. À l'époque, j'avais 20 ans. Et ça a été une compréhension importante pour moi du fait que des événements même positifs pouvaient venir vraiment perturber l'équilibre d'un humain et pouvaient aussi jouer quelque chose de... négatif au final de l'apparition d'une maladie quand c'était trop de déséquilibre. Donc je referme cette parenthèse, mais pour vous dire que quand je pense à des périodes de flou, ça peut être aussi ça, l'accueil d'un enfant, ou on peut aussi penser à l'adoption d'un animal, le fait de se marier, s'installer en couple, il y a plein de choses, changer de travail, déménager, il y a plein de choses qui sont a priori positives, mais qui sont des changements, qui peuvent... amené à une période de flou et donc potentiellement ravivé, faire réapparaître des TCA. Alors dans ces phases, peut-être que vous l'avez déjà remarqué pour vous, dans ces phases on peut voir justement une augmentation des pensées autour du corps revenir. Tiens, à quoi je ressemble ? Regarder le miroir, tâter son corps, avoir un peu de mal à voir son corps dans le miroir, à... à nouveau se trouver tout plein de défauts, avoir à nouveau très peur de grossir. Et donc toutes ces pensées-là, elles peuvent amener tranquillement vers des symptômes plus alimentaires, de se remettre à contrôler, et si on se remettra à contrôler, d'avoir un retour de compulsion alimentaire. Enfin voilà, il peut y avoir tout ce truc-là. Moi ce qui me semble... L'important intéressant dans mon propos aujourd'hui, c'est de dire que tous ces symptômes, entre guillemets, on pourrait juste parler de comportement, parce que c'est pas forcément un symptôme, s'il y a eu le retour d'une insatisfaction corporelle, ou même sans parler d'insatisfaction corporelle, là on est déjà même dans du symptôme, mais genre si on reprend juste les comportements, ah je me regarde vachement plus, ah c'est beaucoup plus compliqué de me regarder, etc. ben en fait Tout ça, ça peut venir masquer quelque chose. Parce que, ce que je remarque moi, peut-être que vous aussi, c'est que c'est quand même compliqué de se rendre compte qu'on est anxieux, anxieuse. De se dire, ah ouais, là je suis en train de traverser une période d'anxiété. Alors, parmi nous, il y en a qui ont fait beaucoup de thérapie, qui ont pris l'habitude de s'auto-observer, de repérer les red flags de l'anxiété. Mais parmi nous, il y en a aussi plein qui n'ont juste pas pris conscience de l'anxiété. C'est-à-dire que moi, à titre d'exemple, j'ai pris conscience que j'étais quelqu'un de très anxieuse après avoir guéri de mes troubles alimentaires. Parce que justement, ils avaient une fonction en lien avec l'anxiété. Et du coup, dans ces phases de changement, potentiellement, vous n'allez pas vous dire « Ah là là, ouais, je me sens anxieuse » . En plus, si c'est un changement a priori positif, il peut y avoir une sorte de culpabilité associée à se dire mais non mais en fait je suis censé vivre tout ça très bien, c'est pas normal que je le vive comme ça et donc là on surajoute culpabilité plus anxiété, c'est pas le meilleur combo et donc toutes ces petites choses qui apparaissent autour du rapport au corps et de l'alimentation alors même que peut-être on allait mieux avant ça, et ben peuvent en fait être... les témoins d'une anxiété un petit peu enfouie ou pas encore complètement conscientisée. Qu'est-ce qui se passe en fait à ce moment-là ? Pourquoi est-ce qu'en traversant ces périodes-là, et que du coup en traversant un peu d'anxiété, on se met à repenser à fond à son corps et potentiellement à redévelopper un peu des troubles alimentaires ? En fait, c'est que dans ces moments-là, il y a une forme d'incertitude qui s'installe et que face à l'incertitude, on a le besoin de contrôler. En fait, c'est avant tout une recherche de repères et de points de maîtrise. Ça risque de pas mal vous parler, ces notions de contrôle, de maîtrise. J'ai envie de rappeler que les troubles des conduites alimentaires, il est question de ça. Pour moi, c'est vraiment la maladie du contrôle. Il y a vraiment quelque chose autour de ça. Mais on ne peut pas parler de maladie du contrôle sans parler de, justement, qu'est-ce qui se passe, pourquoi on a autant besoin de contrôler. Et en fait, c'est ça, je crois que c'est vraiment, moi je mets vraiment ça en lien aussi avec l'anxiété. Et l'anxiété, c'est quoi ? C'est l'impossibilité de vivre dans de l'incertitude, l'impossibilité de vivre sans tout programmer à l'avance, sans tout sur-anticiper, dans l'espoir de calmer son anxiété. Mais bon, là, je vais un peu vite parce que je vais en parler dans le point d'après. En tout cas, là, ce qui se passe concrètement dans ces cas-là, c'est qu'il y a... Une période d'incertitude, qu'on soit sur des événements positifs, négatifs, il y a quelque chose de compliqué à traverser émotionnellement, et du coup, là, on va rechercher à retrouver des repères et des points de maîtrise. Il y a un besoin de prévisibilité et d'anticipation, qui revient fort, fort, fort, en fait, dans ces moments-là, où on a l'impression qu'il y a des choses qui nous échappent. Donc, en fait, là, on va chercher à calmer l'anxiété, qu'on n'a peut-être même pas identifiée. Mais en tout cas, on va chercher à calmer ça. Et en fait, le corps, il arrive un peu comme l'outil idéal pour ça. Alors déjà, s'il y a un passé de TCA avant ça, bon ben voilà, c'est un truc qu'on a déjà fait, qu'on connaît, donc on a des vieux mécanismes, des vieux patterns qui se remettent en route. Mais le corps, c'est quelque chose de visible, c'est quelque chose de mesurable. Il y a quelque chose de palpable. Et puis... En fait, on nous a appris, dit, fait croire qu'on pouvait le maîtriser le corps. Ça, c'est la problématique très sociétale et à fond aujourd'hui sur les réseaux, on nous fait croire que notre corps c'est de la pâte à modeler, on peut en faire ce qu'on veut. Donc bon, vas-y, j'ai besoin d'un projet, d'un truc à maîtriser, super ! Je vais partir ou repartir sur la maîtrise de mon corps, je vais rendre ça concret, palpable. je vais être hyper valorisée en mettant mon énergie sur ce truc-là. Parce que ça, c'est aussi quand même une autre grosse problématique, à mon sens. C'est qu'on pourrait s'inquiéter de voir des personnes glisser, reglisser là-dedans. Mais en fait, il y a tellement une survalorisation du contrôle du corps, de la maîtrise de soi, blablabla, que ça va avoir plutôt l'effet d'enfoncer là-dedans. Et donc, ce qui se passe à ce moment-là, c'est qu'on va tenter de transformer une espèce d'angoisse diffuse, de sentiment d'impuissance terrible, en un problème concret à résoudre. J'ai nommé le corps. Mon corps devient cette concrétisation, en fait, de ce que je vis, comme un problème à résoudre. Donc, ça y est, c'est parti. Plutôt que de me sentir complètement mal... avec aucune prise sur ce qui se passe, et bien là, j'aimais déjà pas beaucoup mon ventre, j'aimais pas beaucoup mes cuisses, etc. Et bien ça y est, c'est parti, je vais changer mon ventre, je vais changer mes cuisses. Et il y a un peu un truc d'auto-persuasion, on a l'impression que, ah bah oui oui, c'est vraiment ça le problème de ma vie, et que, en fait, quand ça, ça ira mieux, bah tout ira mieux. En fait, c'est surtout un gros mécanisme d'évitement, et ça nous permet d'aller être focus là-dessus. Et de plus être, encore une fois, dans cette incertitude, dans ce truc un peu brouillon, brouillard là, qui est hyper difficile à vivre. Et donc, ce truc impalpable sur lequel à la base t'as aucune prise et qui est hyper difficile à vivre, eh ben, tu le transformes en objectif concret et l'obsession de ton corps, ça devient à ce moment-là quelque chose d'utile. Ben oui, en fait, ça te permet d'avancer. d'être dans le concret, de poser des actions. Parce que finalement, quand on se sent complètement impuissant face à une situation, c'est terrible. L'image que j'ai, c'est les bras ballants le long du corps. Avec l'impuissance, il y a une forme d'impossibilité à agir. Et en fait, ça, ça peut vraiment être terrible. Et du coup, je vais agir. Je vais me mettre en mouvement autour de mon corps. Je vais refaire attention à tout ce que je mange. Je vais refaire un régime. Je vais... refaire énormément de sport pour moduler, j'allais dire modeler, mais c'est modeler, moduler mon corps. Donc voilà, l'obsession de ton corps, elle est utile parce qu'elle prend toute la place. Déjà, parce que, bah voilà, une fois que tu cumules obsession du corps, obsession de la bouffe, parce qu'en fait, ça vient ensuite, ça en découle, il ne reste plus beaucoup de place, ça prend toute la place. Et puis, tu as des actions concrètes à mettre en place. Ça marche, ça ne marche pas, mais en tout cas... Tous les jours, tu repars avec ce nouvel objectif de aujourd'hui tu vas tenir, aujourd'hui tu vas faire ci, tu vas manger tant de calories, tu vas bouger, tu vas nanana. Donc là, il y a un peu, presque on est dans la lune de miel de ce qui se met ou de ce qui s'est remis en place, sauf que on arrive à une autre phase où j'ai envie de vous dire que plus le contrôle rassure, plus le danger est grand en réalité. En fait... Contrôler ton corps et donc contrôler ce que tu manges, ou tenter de le faire, ça peut temporairement diminuer l'angoisse. C'est-à-dire que peut-être qu'il va y avoir moins d'émotions reliées à tout ce qui se passe à la base, parce que là on est parti à parler du rapport au corps à l'alimentation, mais je rappelle qu'à la base j'avais envie de faire le lien avec toutes ces périodes de changements, d'incertitudes qui sont hyper compliquées, et donc peut-être que ça te redonne une sensation d'être au règne de ta vie. d'avoir la maîtrise des choses. Et donc, ça, ça peut diminuer l'angoisse. Mais en fait, ça vient la renforcer. Ça te donne l'impression de la diminuer, alors qu'en vrai, ça la renforce. Et clairement, ça la renforce sur le long terme. Et ça renforce le système en place. Et le système en place qui est hautement anxiogène. Parce qu'en contrôlant, tu renforces nécessairement l'idée qu'il y a un danger. Si t'as besoin de tout contrôler, c'est que si tu contrôles pas, c'est la cata, il y a un danger énorme. Donc ça devient hyper anxiogène. Plus tu contrôles, plus il est angoissant de ne pas contrôler. Parce que si tu lâches, il y a des choses terribles qui vont se passer. C'est ce que te raconte l'angoisse, ce que te raconte le système contrôlant. Et donc là en fait on est sur un cercle vicieux qui s'est refermé. En fait l'angoisse et le contrôle s'auto-alimentent. Il y a un espèce de truc qui tourne en rond. Et le cercle vicieux est fermé et parfois bien verrouillé, en fait. À la base, t'avais une angoisse diffuse autour de certaines choses, t'as mis en place tout ce contrôle. Aujourd'hui se rajoute l'angoisse liée à ce contrôle spécifique, l'angoisse que tu renforces liée à ton corps, liée à l'envie de perdre du poids, l'angoisse liée à certains aliments. Tu vois, c'est plein d'angoisses qui vont se surajouter sur une angoisse de base. Et qui vont faire que t'es dans un truc complètement verrouillé, où finalement, dès que tu lâches... où t'es dans un truc verrouillé, où t'as l'impression que tu peux pas lâcher. Et d'ailleurs, s'il y a des épisodes de compulsions alimentaires, ça va venir renforcer cette idée que, ah bah voilà, dès que je relâche un peu le contrôle, de toute façon, c'est n'importe quoi, voilà. Et donc, en fait, on est vraiment dans un truc qui tourne en bloc et qui s'auto-alimente. Bon, là, je vous ai fait un tableau pas très très fun, mais en même temps qui parle bien de plein de vos réalités, j'imagine. Mais du coup, vous le savez bien, j'aime bien quand même terminer les épisodes sur qu'est-ce qu'on fait, comment concrètement on peut soit sortir de ce cercle vicieux ou éviter de rentrer dedans si on n'est pas encore tout à fait dedans. En fait, je pense que la solution, enfin la solution, une des solutions, une des pistes en tout cas pour sortir de ça, c'est de retrouver de la sécurité. Dans l'incertitude. Alors attention, là, en même temps, bon, on est au cœur de la question de l'anxiété, ce que je disais tout à l'heure, c'est d'être insécure, en fait, et insécure encore plus dans l'incertitude, avec l'impression d'être sécure quand on maîtrise, mais qu'en fait, qu'il y ait une fausse impression, parce que je viens de dire, en fait, juste avant. Donc, ça paraît être un peu tout un programme, et effectivement, je pense que c'est un peu le programme d'une vie, pour quelqu'un qui a une tendance anxieuse. Je te rassure tout de suite, je ne vais pas te dire de lâcher prise, c'est insupportable d'entendre ça. Je me dis mais, enfin j'espère qu'il n'y a plus trop de personnes qui vous disent ça autour de vous et c'est chaud quoi. Je trouve que c'est un peu violent parce que quand il y a une tendance contrôlante comme ça, avec des niveaux d'anxiété très très haut, se faire entendre dire qu'il suffirait de lâcher prise, c'est horrible en fait. Ça témoigne d'une grande grande incompréhension. en fait, en face, et du coup ça renvoie aussi à un grand sentiment de solitude. Donc non, je vais pas te dire allez, lâche prise, on va y aller beaucoup plus en finesse que ça. Déjà, ce qui me semble important, c'est tout le déroulé que j'ai essayé de faire avant, qui me semble une prise de conscience qui peut quand même vachement aider. C'est-à-dire comprendre que ton trouble des conduites alimentaires, il est en lien avec ton rapport au corps. Ça c'est un truc un peu basique, mais qui est quand même pas simple. qui n'est pas si évident pour plein de personnes. Mais si tout d'un coup, ton corps était OK, s'il n'y avait plus de sujet autour de ce à quoi ressemble ton corps, il n'y aurait plus ce rapport-là à l'alimentation. Il y a fort à parier que ce serait beaucoup plus fluide. Donc le nœud du problème, il est quand même bien sur ton corps, sur l'insatisfaction corporelle, qui est relié à tout un tas de choses que j'aborde souvent dans le podcast. Là, aujourd'hui, je suis focus sur... Ces événements-là de flou, ces moments de flou, l'anxiété, etc. Mais bien sûr que, voilà, vous me connaissez, la question sociétale, même politique en fait autour de ça, c'est un truc qui est cher à mon cœur, mais là, je ne l'aborde pas spécifiquement. Donc comprendre que ton trouble alimentaire, il est vraiment relié à ton rapport au corps, et que ton rapport au corps, il parle aussi de ton rapport au monde, et de l'angoisse que ça génère de vivre dans ce monde. Donc ton rapport au monde au goût. globale, c'est-à-dire que notre anxiété, elle peut se développer autour de plein de choses. Peut-être qu'on a vécu des traumas plus jeunes ou même adultes. Peut-être que c'est pas facile de vivre dans cette société, dans cette société dans laquelle, enfin, au global, dans ce monde dans lequel il y a des guerres, dans cette société sur les aspects politiques, dans cette société sur l'aspect patriarcal, capitaliste, etc. Il y a des tas de raisons, en fait, de traverser de l'anxiété. J'ai presque envie de dire, encore une fois, ne pas aller bien dans une société malade, c'est presque signe de bonne santé, voyez, il y a un truc un peu tordu dans le raisonnement, mais n'oubliez pas qu'il y a plein de choses complexes qu'on traverse aujourd'hui, et peut-être encore plus en tant que femme, même si je n'oublie pas les problématiques des hommes qui peuvent m'écouter. Donc, voilà, la question du rapport au monde, que, en fait, ton rapport au corps, ce que tu développes dans la relation à toi-même, ça vient aussi parler de ce rapport au monde et du niveau d'anxiété que ça génère. D'une manière un peu concrète, voici ce que je pourrais proposer pour avancer, là, sur le sujet, si, là, vous, tous et toutes qui m'écoutez, vous vous sentez un peu bloqués dans des choses que j'ai décrites avant. Donc ce niveau d'anxiété et le besoin de contrôler pour calmer l'anxiété, ça ne fait que l'augmenter, etc. Eh bien, j'ai envie de vous proposer de repérer les points de contrôle dans votre vie, tous les points de contrôle. Ça peut prendre du temps, mais n'hésitez pas aussi à questionner les gens autour de vous, notamment si vous vivez avec quelqu'un, quelqu'une, ça peut être utile, parce qu'il y a des trucs qu'on ne se voit même plus faire. Mais observez tous les points de contrôle, parce que là, on parlait du corps, de l'alimentation, mais il y en a sûrement partout, dans votre travail, dans votre manière de vivre, dans votre manière de... anticiper ou non le moindre truc, le week-end, etc. Repérez ensuite, en lien avec tous ces points de contrôle, le niveau d'angoisse qui est associé à ces points de contrôle. Niveau d'angoisse, c'est-à-dire, si je m'imagine ne plus contrôler ça, ne plus avoir la maîtrise de ce point-là, à quel point ça m'angoisse ? Vous pouvez mettre un pourcentage, 70%. 50%, 95%, enfin voilà, essayez de repérer ça. Et aussi de vous questionner autour de la peur qu'il y a derrière. J'ai peur de quoi ? Qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qui va se passer si je contrôle plus ça ? Et pourquoi j'ai commencé à contrôler ça ? Alors pour sortir un peu de la question du poids, du corps, de l'alimentation, on pourrait, je sais pas, parler du ménage. Je sais que c'est des points aussi de contrôle et de stress pour certaines personnes. Peut-être que chez vous, vous avez envie d'avoir toute la maîtrise autour de ça. À quel point c'est angoissant d'imaginer votre conjoint ou conjointe gérer ça ? C'est quoi la peur derrière ? Les peurs, en fait, souvent c'est multiple. Réfléchir vraiment à ça, je vous conseille de passer à l'écrit pour faire ça. Et puis, une fois que vous avez fait ça, alors vous n'aurez peut-être pas tous les points de contrôle d'un coup, parce que je pense qu'il y en a plein et ça demande réflexion et auto-observation. Mais une fois que vous en avez, choisissez parmi les points qui sont le moins angoissant. S'il y a un truc à 50% d'angoisse, l'autre à 80%, choisissez le 50% d'angoisse. Et expérimentez de faire un peu moins de ce que vous faites en lien avec ça. Ou de le faire différemment. Donc là, vous voyez bien que je ne suis pas en train de vous dire expérimenter de lâcher. Non, parce que même si c'est 50% d'angoisse, c'est quand même élevé. Et puis, en fait, peut-être qu'une personne dit, moi, il faut que je monte à 95% d'angoisse pour que ça déclenche les crises d'angoisse. Et puis, une autre personne dira, moi, à 50%, je ne suis déjà pas bien, j'ai le ventre hyper noué, il se passe plein de choses physiquement. Donc, en fait, chacun, chacune, se connaît et connaît ses niveaux d'angoisse. Mais... là, expérimenter, pas de complètement lâcher, faites-le, de complètement lâcher, genre allez, la semaine prochaine, je ne vais pas toucher au nettoyage de la salle de bain et c'est mon conjoint, ma conjointe qui va le faire. J'observe ce que ça me fait, j'en parle avec lui et avec elle, on discute ensemble de ce que ça nous fait, chacun, chacune, comment je le vis, etc. Mais ça peut être aussi de faire un peu différemment. C'est vraiment l'idée de bouger les curseurs tout doucement, et de voir ce que ça fait, d'adapter, d'ajuster, et d'avancer ensuite. Voilà, j'en fais un, et j'avance encore un peu. Vous pourriez être surprise, surprise, aussi de l'impact que ça peut avoir sur la relation à votre corps, sur la relation à l'alimentation. Alors, dans tous les sens, c'est-à-dire que, au global, se sentir moins dans l'hyper-contrôle, sur plein de niveaux de sa vie, ça peut vraiment détendre sur les autres niveaux, ça peut aussi, et c'est important de l'observer et de le prendre en compte, ça peut aussi augmenter le besoin de contrôle sur d'autres aspects. N'hésitez pas à vous faire accompagner spécifiquement sur ces sujets-là, sur ces points-là. Il y a vraiment des personnes qui sont spécialisées dans la prise en charge comme ça, de l'anxiété, il y a plein d'outils en fait que vous pouvez expérimenter avec des thérapeutes. Pensez aussi à vous féliciter pour chaque prise de conscience. Voilà, là on n'est même pas encore dans l'action, on est dans plutôt le côté intellectuel, mais c'est trop important. Pour chaque prise de conscience, pour chaque petit pas fait, arrêtez de viser la montagne et de se dire « Oui, bah super, j'ai fait ça, mais enfin je ne suis pas rendu, nanana » . Non, Pensez à vous féliciter pour chaque mini pas que vous faites dans ce sens-là. Si je devais conclure cet épisode, Je pense que le maître mot, et vous l'avez déjà beaucoup entendu sur ce podcast, parce que c'est le maître mot, c'est la flexibilité. Et la flexibilité dans le comportement alimentaire. dans le rapport au corps, mais finalement la flexibilité à tous les niveaux, dans toute notre vie. La flexibilité, c'est l'inverse de la rigidité, et la rigidité, c'est ce qui met en place quand le niveau d'anxiété est en train d'exploser et qu'on a l'impression qu'on a besoin de tout contrôler pour se sentir mieux. Et en fait, en contrôlant encore plus, on se sent toujours plus mal, donc on en rajoute, on en rajoute, ou en tout cas, on essaie d'en rajouter, et si on n'y arrive pas, c'est horrible, on se sent au fond du trou, etc. Alors qu'en fait, ce n'est pas une solution, c'est une fausse solution. La flexibilité, pour moi, c'est le maître mot et c'est quelque chose à développer et qu'on peut développer sur des toutes, toutes, toutes, toutes petites choses. Et vraiment de le faire tranquillement, ça peut être le chemin de toute une vie, donc pas de pression. En lien avec ça, j'ajouterais aussi que c'est un apprentissage sur le fait d'être un peu plus dans le présent, dans le maintenant. Ça fait un peu cliché parce que c'est peut-être un truc que vous avez entendu à plein d'endroits. Mais n'empêche que quand on souffre de troubles alimentaires, on est dans le passé à « finalement j'étais pas si mal à cette période » ou alors « oh là là, qu'est-ce que j'aimerais redevenir aussi mince qu'à cette période » et dans l'avenir de la projection de ma future perte de poids, comment je vais faire, comment j'anticipe ce que je vais manger, ce que je vais pas manger. En fait, le présent n'existe pas. Le présent, tout ce que nous envoie notre corps comme signaux, etc. n'existe plus. C'est un point hyper important de revenir dans le présent. Et en fait, quand on est aussi anxieux et qu'on traverse des phases compliquées sur lesquelles on n'a pas de maîtrise, on est en train de sur-anticiper ce qui pourrait se passer. Notre cerveau part là-dedans tout le temps dans l'avenir, alors que dans le présent, on est fondamentalement en sécurité. Là, maintenant, ici, ça va. Je suis en vie et ça va. Donc essayez de revenir, en tout cas sans pécher d'être dans la sur-anticipation de tout. Et avoir des mini-moments où on est dans le présent. C'est pas possible d'y être tout le temps. Et là encore, faut pas se mettre une pression dingue. Avoir des tout petits moments, c'est déjà bien. Et en fait, ça fait aussi, ça a un effet important de pouvoir peut-être être un peu plus dans son corps. Et ça, c'est quelque chose, à mon sens, qui est important de travailler. Revenir dans le corps, c'est quelque chose que je vous dis souvent aussi. Revenir dans le corps, dans la respiration. Dans le mouvement, il y a plein de choses qui permettent de revenir dans le corps. Quand je suis dans mon corps maintenant, je suis dans le présent. Et quand je suis dans mon corps, j'essaie de ressentir mon corps. Je ne suis pas en train d'essayer de l'évaluer tout le temps de l'extérieur et sur un côté très image, à quoi il ressemble. J'ai fait le tour de ce que j'avais envie de vous dire. J'espère que ça vous aura intéressé, à minima. Et peut-être que ça aura soulevé des questions, des pistes de compréhension et puis aussi peut-être même des pistes d'action pour agir un peu différemment et vous sentir mieux si c'est le cas. Top du top, mission accomplie. Je vous dis merci pour votre écoute et à bientôt. Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important, c'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors si mon contenu... t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast, ou laisser ton meilleur commentaire. 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