- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres, bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram, où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca.
- Speaker #1
Très belle écoute ! Bienvenue dans un nouvel épisode de TCA etc.
- Speaker #0
Un épisode témoignage, donc j'adore évidemment découvrir des histoires, discuter, voilà. Et donc aujourd'hui je reçois Pauline. Salut Pauline !
- Speaker #1
Hello Flavie !
- Speaker #0
Trop contente qu'on prenne un petit temps pour discuter toutes les deux.
- Speaker #1
Ben oui, moi aussi, ça me fait plaisir, c'est mon premier podcast en plus.
- Speaker #0
Waouh, trop bien ! Et du coup, je te laisse, pour commencer, te présenter, si tu le veux bien, de la manière dont tu as envie de te présenter.
- Speaker #1
Yes, ben du coup, je suis Pauline, j'ai 28 ans. Depuis 5 ans, je suis coach sportive, donc 100% à mon compte. Et avant ça, j'ai travaillé en hôtellerie-restauration. Donc, c'était assez sympa. C'était un beau... Ça m'a bien forgée, on va dire. Après, je suis passionnée de sport, évidemment. Depuis toute petite, j'ai toujours pratiqué. Et j'adore cuisiner. C'est pour ça aussi que j'étais dans la restauration avant. J'ai grandi en Bourgogne. Et j'ai vécu six ans à Paris. Et maintenant, ça va bientôt faire trois ans que j'habite à Annecy. Je me sens bien ici. Je pense que je vais y rester un petit moment.
- Speaker #0
Ok, trop chouette. Je fais un petit message pour nos auditeurs, auditrices. Il y a un petit sifflement quand Pauline parle. On est désolés, on a essayé de régler le problème de différentes manières, mais on se disait, c'est aussi la réalité des enregistrements à distance. C'est trop bien parce que je peux parler avec des gens un peu partout dans le monde, mais bon, ben voilà, on fait le maximum. Donc, excusez-nous si vous entendez le sifflement à l'écoute de cet épisode. Du coup... Bon, trop chouette, tu t'es présentée. Ça donne déjà une idée, enfin, ça donne plein de petites choses déjà intéressantes sur toi. Moi, j'aime bien commencer l'exploration de ce qui nous amène à parler toutes les deux, qui est quand même le rapport au corps, à l'alimentation. J'aime bien commencer ça par revenir à l'enfance. Et du coup, ma première question pour toi, c'est de savoir de quoi tu te souviens quand tu étais une petite fille, dans le rapport à ton corps et à l'alimentation. Comment c'était pour toi ?
- Speaker #1
Dans l'enfance pure, je n'avais pas un rapport forcément troublé à mon corps ou à l'alimentation. Je me souviens avoir eu une enfance vraiment merveilleuse où j'ai eu une grande sœur, donc on s'entendait bien, on jouait dans le jardin. J'ai vraiment grandi à la campagne en plus et on était tout le temps dehors. J'ai été très heureuse. Mes parents m'ont toujours inscrite au sport, emmenée à l'école. Il y avait une belle éducation. Et au niveau des repas, ça se passait bien. Pareil, c'était assez naturel finalement. Mes parents ont toujours cuisiné, fait attention à ce qu'on mange des choses pas trop transformées finalement. Mais il y avait toujours cette notion d'équilibre finalement. Pas de régime, pas de privation. Et en même temps, pas d'excès non plus à manger n'importe quoi. Donc oui, pour moi, c'était normal, c'était naturel.
- Speaker #0
Ok. Et autour de toi, notamment tes parents, eux, ils avaient un rapport plutôt serein à leur corps et à l'alimentation aussi ?
- Speaker #1
Oui. En tout cas, je n'ai pas de souvenirs qu'il y ait eu des remarques, des régimes ou quoi que ce soit. Il n'y a personne qui était en surpoids ou en sous-poids. On était en bonne santé. Non, je n'ai pas de souvenirs de quoi que ce soit, en tout cas pendant l'enfance.
- Speaker #0
OK. À quel moment est-ce que tu... La question qui me venait, mais tant pis, je vais la poser comme ça. J'allais dire, à quel moment est-ce que tu as pris conscience de ton corps et de l'apparence de ton corps ? Ce qui est différent de à quel moment ça a commencé à poser problème. Mais déjà, est-ce que tu te souviens d'un moment où tu as commencé peut-être à regarder ton corps différemment ?
- Speaker #1
Oui, c'était plutôt autour du CM2, vers les 10 ans, 9-10 ans. En fait, j'ai commencé à avoir des formes assez tôt. Et je pense que c'est à ce moment-là où vraiment j'ai commencé à en prendre conscience et à me comparer à mes copines qui étaient... qui commençait pas forcément à se développer. Puis c'est vrai que moi, je commençais à grandir un peu plus vite, à avoir un peu plus de poitrine, tout ça. Et c'est vrai qu'à ce moment-là, déjà, je commence à me poser des questions, tout ça. Et puis, je me souviens avoir eu quelques remarques aussi là-dessus, à l'école. Et du coup, je pense que ça a commencé à me perturber un petit peu, ouais.
- Speaker #0
OK. Donc en fait, c'est là où le moment où finalement t'as commencé à prendre conscience de ton corps, c'est aussi le moment où ça a commencé à être un... peu compliquée. Quand tu dis ça a commencé à te perturber, c'est-à-dire ? Ça a eu quoi comme effet sur toi ?
- Speaker #1
Au début, je ne prenais pas trop en compte. J'essaie vraiment de passer à travers, mais c'est vrai qu'il y avait quand même tous ces questionnements, les règles aussi qui sont arrivées assez tôt. Donc, se dire mince, qu'est-ce que c'est ? Qu'est-ce qui se passe ? Un peu toutes les questions quand on rentre dans l'adolescence, à se dire mon corps change, est-ce que je dois Merci. Faire des choses aussi pour changer. Et puis, sans que ce soit forcément un problème. Et puis après, comment ça s'est passé ? C'est vrai que j'ai eu quand même des remarques aussi un peu sur mes joues, sur mes mains. On me disait, oh, t'as des bonnes joues, t'as des mains un peu potelées, des choses comme ça. Et c'est vrai qu'au début, je n'avais pas l'impression que ça m'impactait. Puis à force, j'avais l'impression que ça a commencé à me sensibiliser un peu. Et après, c'est plus tard quand même, vers les 13 ans, que j'ai commencé à... à développer un peu plus de complexe, à me sentir un peu moins bien dans mon corps et à pas aimer mes cuisses. C'était vraiment mes cuisses, le point vraiment, je trouvais que mes cuisses étaient énormes. Vraiment, c'est le truc qui m'a marquée, quoi.
- Speaker #0
Ok, et ça a eu un impact sur ton alimentation ?
- Speaker #1
Oui, du coup, c'est à ce moment-là que, alors avec ma meilleure amie, on était un peu dans le même cas. Je veux dire qu'on avait un peu la même morphologie. Et on s'est dit, tiens, on a toutes les deux le même problème, entre guillemets, parce qu'elle aussi, elle avait un peu ce complexe. Et on va perdre du poids. Donc, on va se faire un petit régime tranquille. Et au final, on a commencé toutes les deux à se motiver comme ça, à manger un petit peu moins, à faire un peu plus de sport, tout ça. Et alors ça, je me souviens, c'était au mois de septembre. C'était en 2010. Et en fait, en décembre, je crois que j'avais perdu 4 kilos et je me sentais bien. J'étais contente. Alors, ma meilleure amie, je ne sais plus trop où elle en était. millions En tout cas, j'avais atteint un corps qui me plaisait. Et en fait, ça a dégringolé à ce moment-là. C'est que sans m'en rendre compte, j'ai continué à manger de moins en moins, à bouger de plus en plus. Et j'ai vraiment perdu beaucoup, beaucoup de poids entre janvier et juin. Et au total, j'ai perdu 16 kilos. Et un peu avant le mois de juin, du coup, je pense que c'est à partir du mois d'avril-mai que mes parents, même peut-être avant... Vu que ça n'allait pas et qu'ils n'arrivaient pas à gérer, ils m'ont envoyée chez le médecin. Et du coup, le médecin m'a dit, écoutez, vous faites de l'anorexie, c'est quand même grave, là, on va prendre ça en charge. Et ça a été une période très compliquée, parce que déjà, ce qui est fou, c'est que j'avais vraiment cette appréhension de l'anorexie. Je ne sais pas pourquoi, mais quand j'ai démarré ce régime avec ma meilleure amie, Je me souviens qu'on en parlait, on se disait mais c'est horrible, on n'aimerait tellement pas que ça nous arrive parce qu'on se disait mais les jeunes filles qui sont atteintes d'anorexie, elles ont l'air tellement tristes, elles ont l'air tellement dures de s'en sortir. Moi, j'avais vraiment beaucoup de peine et ça me faisait peur. Et c'est bizarre d'avoir vraiment ce truc comme si je l'avais senti venir, d'avoir vraiment ces peurs et d'y penser et de le sentir autour de moi. Puis finalement, me dire mais mince, moi aussi. Et du coup, quand on me l'a annoncé, ça a été vraiment la catastrophe. pleurais énormément, j'étais triste, j'avais peur j'étais vraiment pas bien,
- Speaker #0
je me suis dit non c'est pas possible c'est assez fou effectivement qu'il y ait eu cette peur, que toutes les deux vous ayez parlé de ça avant parce qu'en plus ça témoigne d'un lien fait entre on se met au régime et ça pourrait dégringoler vers une anorexie tu vois qui est pas souvent fait finalement tu vois ouais c'est assez dingue une question que je me suis posée en t'écoutant c'est de savoir est-ce que tu avais parlé de tes complexes Tu vois, au tout début, quand vous avez commencé à en discuter avec ta meilleure amie, est-ce que tes parents, est-ce que ta sœur étaient au courant que tu avais un peu de difficultés comme ça avec ton corps et que tu allais essayer de changer ?
- Speaker #1
Je ne sais plus, en soi. Non, je ne crois pas. Et je pense que c'est quand ils ont commencé à voir que j'essayais de diminuer un peu qu'ils m'ont demandé et que je leur ai dit « Je fais un petit régime parce que je n'aime pas trop mon corps. J'aimerais bien perdre quelques kilos. »
- Speaker #0
Ok. Et donc, ça avance très vite. Effectivement, ça dégringole. Tu perds beaucoup de poids. Tes parents s'alertent. Le médecin pose ce mot d'anorexie. Toi, c'est un peu une bombe de te dire « Ok, en fait, finalement, ça m'est arrivé. » Et donc, est-ce que... Il y a plein de questions qui me viennent. Mais la question principale, en tout cas, c'est toi, est-ce que ça fait sens quand le médecin te dit « Ok, là, tu souffres d'anorexie. » Est-ce que tu dis « Ah bah oui, j'ai dégringolé. » Ou est-ce que tu es dans le déni en disant « Mais non, mais n'importe quoi. » Et est-ce que tu as envie de continuer à maigrir ? ou est-ce que tu es OK pour essayer de remanger ? Comment ça se passe à ce moment-là pour toi ?
- Speaker #1
Je pense que j'étais plutôt dans le déni. Pour moi, ce n'était pas possible. Ce n'était pas possible que ça m'arrive, pas à moi. Et en plus, je ne me voyais pas maigre. Je pense que j'étais vraiment déjà dans cet engrenage à me dire « Mais non, en fait, j'ai encore tellement de poids à perdre, ce n'est pas possible. » Et en plus, forcément, il m'avait fixé des objectifs. Je le voyais toutes les semaines. Il fallait que j'aie repris du poids la semaine d'après. Et au final, c'était plutôt l'inverse. Chaque semaine, je perdais du poids. Et c'est vrai que ça allait très, très vite. Donc, oui, je n'y croyais pas du tout.
- Speaker #0
OK. Et donc, ça a mené vers quoi, ça ?
- Speaker #1
Eh bien, l'hospitalisation. Parce qu'au final, il m'avait fixé un poids. En gros, il m'avait dit, si tu passes en dessous des 35 kilos, c'est l'hôpital. Et un jour, je suis arrivée, j'étais à 34. Et du coup, le soir même, il m'a envoyé à l'hôpital. Donc ça a été très très dur. Je me souviens que vraiment j'étais avec ma maman et on pleurait, on était vraiment dépités. Et j'ai fait mon sac, je suis partie à l'hôpital. Sauf qu'en fait c'était un petit hôpital, parce qu'on n'habitait pas dans une très grosse ville. Et ils n'ont pas du tout suggéré mon cas et j'ai continué à perdre du poids là-bas. Donc ouais, c'était assez catastrophique et je suis descendue à 32 kilos. Et là, ils ont dit, on vous envoie au CHU parce que vous êtes entre la vie et la mort. Donc, en fait, j'ai été transférée d'urgence à l'hôpital de Dijon parce que j'étais en Bourgogne. Et là, ils m'ont directement mis en psychiatrie. Sauf qu'en fait, pareil, je n'étais pas du tout à ma place. Je n'étais pas en état d'être rééduquée psychologiquement tellement mon corps était dénutrifiant. En fait, le cerveau, il n'y a plus rien qui fonctionnait. Donc ils m'ont transférée en pédiatrie, ils m'ont mis sous sonde. Et là, j'ai été en chambre d'isolement pendant, je pense, pendant trois semaines. Et j'étais vraiment toute seule dans une chambre avec quatre murs blancs. Enfin, c'était assez terrible. J'avais le droit à une heure de visite par jour juste de mes parents. Je n'avais pas le droit à la télé, pas le droit d'activité. J'avais peut-être une heure d'activité autorisée, mais c'était du coloriage ou du dessin. Et je devais rester assise sur mon lit toute la journée. Ah ouais, vraiment sans bouger, j'avais pas le droit de...
- Speaker #0
Mais t'avais le droit de lire des choses ? T'avais le droit aux livres ou des choses comme ça ?
- Speaker #1
J'avais le droit aux livres et aux coloriages, mais il fallait que ce soit encadré, et que ce soit dans ma chambre assise. Ouais, ouais. Ouais, c'était assez dur. Une balaise, ouais.
- Speaker #0
Qu'est-ce que t'en as tiré de cet hospice ?
- Speaker #1
Déjà, je pense que ça m'a pas mal traumatisée. Parce que je me suis sentie vraiment bloquée, enfermée, contrainte. Je me souviens que les infirmières n'étaient pas forcément tendres. Je me souviens d'une, vraiment, je l'appelais la sorcière parce qu'elle venait le soir. Elle ne voulait même pas me donner ma brosse à dents parce qu'elle me disait « De toute façon, tu ne manges pas, tu n'as pas besoin de te brosser les dents. » C'était quelque chose. Je ne sais pas si c'était fait exprès pour me traumatiser de l'hôpital et pour que je veuille en sortir au plus vite, mais ça a été très, très dur. Quand j'allais aux toilettes, il fallait que je sois accompagnée par une infirmière. La douche, pareil, au début, ce n'était même pas une douche. On m'a amené un seau pour me laver à mon lit. Et puis seulement après, quand j'ai commencé à reprendre peut-être un petit peu de poids, on m'accompagnait jusqu'à la douche. Mais vraiment, il ne fallait pas que je bouge. C'était très contraignant.
- Speaker #0
Waouh ! Et tu es restée combien de temps au final ?
- Speaker #1
Au total, je suis restée deux mois. Je suis restée deux mois enfermée à l'hôpital. Et quand je suis sortie, ça a été vraiment la libération. Je me suis dit, enfin, j'avais vraiment besoin de revivre et de me sentir nouvelle. Après, ça n'a pas été facile parce que je suis ressortie, j'ai perdu trois kilos directement parce que je n'avais plus la sonde, je n'avais plus rien. Et le fait de rebouger d'un coup, je pense que le corps crame un petit peu. Et j'ai été suivie en ambulatoire. Donc, je revenais une fois par semaine à l'hôpital. J'avais rendez-vous avec le psychiatre, une psychologue, la pédiatre. Et c'est vrai qu'au début, c'était un peu sur le fil du rasoir dans le sens où je reperdais du poids. Et j'avais toujours un peu ce couteau sous la gorge, on va dire, de repartir en hospitalisation. Au final, j'ai eu la chance de jamais revivre d'hospitalisation, mais j'ai quand même eu des petites rechutes par la suite où je devais être suivie en ambulatoire à l'hôpital une fois par semaine.
- Speaker #0
Ok. Ça s'est étalé sur une période de combien de temps, tout ça ? Y compris, justement, tu dis, j'ai eu des périodes de petites rechutes. J'ai l'impression que ça a été une longue période, là, après.
- Speaker #1
Oui. Oui, ça a été très long parce que ça, c'était en 2014. Non. Ça, c'était en 2011. Et je suis sortie de l'hôpital au mois d'août. C'était en plein été. Et en fait, après, je pense que j'ai réussi à me reconstruire avec plusieurs thérapies, tout ça. Et au niveau du poids, ça s'est plutôt stabilisé. J'étais encore chez mes parents. Et je suis partie en 2016 à Paris. Et c'est à Paris que j'ai eu des périodes où j'ai quand même reperdu du poids. et où j'ai dû refaire un suivi à l'hôpital Saint-Anne, qui était spécialisé dans les TCA. Et là, pour le coup, j'y allais une fois par semaine, mais c'est vrai que c'était très dur pour moi, parce qu'en plus, on était toutes entre personnes souffrant de troubles du comportement alimentaire. Donc forcément, moi, quand je voyais des filles qui étaient très minces, je me disais, mais minces, elles sont super minces, moi, je suis énorme. Donc en fait, j'avais l'impression que ça me refaisait encore plus plonger dans le... OK, il faut que je me prie, il faut que je reperde du poids, il faut que je redevienne aussi mince qu'elle. En plus, je pense que je n'étais pas épaisse encore à cette époque-là. Mais oui, je n'ai pas eu le sentiment que ça m'aidait beaucoup. Puis souvent, je me souviens que je sortais de la journée d'hôpital et je faisais des crises. J'allais dans un magasin et j'achetais plein de nourriture à manger et je faisais une crise de boulimie.
- Speaker #0
Donc là, il y a la boulimie qui apparaît dans ton histoire. À quel moment ça a commencé, les crises de boulimie ?
- Speaker #1
Ça, il me semble que ça a apparu assez tôt. Parce que je me souviens que dès l'année 2012, s'il y avait des soirs où j'étais seule à la maison, ça pouvait m'arriver de manger un paquet de gâteaux entiers. Alors c'était rare, mais ça arrivait de temps en temps que j'allais manger vraiment beaucoup d'un seul coup. Mais que quand j'étais seule finalement.
- Speaker #0
Beaucoup ou un paquet de gâteaux ? Parce qu'un paquet de gâteaux entiers n'est pas une crise de boulimie.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Beaucoup, beaucoup. La façon de définir une compulsion alimentaire, une crise de boulimie ou d'hyperphagie, c'est vraiment une grande quantité d'aliments dans un temps relativement restreint avec une sensation de perte de contrôle. Donc c'est sûr que quand tu es dans une phase d'anorexie restrictive bien costaud, manger un paquet de gâteaux, ça paraît absolument énorme en réalité. Ce n'est pas tant et on ne peut pas vraiment considérer ça comme une crise.
- Speaker #1
Oui. Oui, c'est vrai que c'est assez fou pour moi cette période. Mais non, c'était plus des petites compulsions. Ce n'était pas choquant. Après, il y avait quand même derrière un peu ce contrôle de se dire « attention, il faut que je me restreigne un peu, il faut que je ralentisse » , mais c'était plutôt des compulsions.
- Speaker #0
Et quand tu parles des moments où tu allais à Saint-Anne en hospice de jour et qu'en sortant, tu allais acheter de la nourriture et qu'il y avait des compulsions, là, c'est pareil, c'était… vraiment des crises ou c'était des plus grosses prises alimentaires ?
- Speaker #1
On pense que ça s'est quand même transformé en crise parce que je me souviens qu'il y a des moments où vraiment déjà ça n'avait aucun sens, c'était des quantités vraiment énormes, ça pouvait être du sucré, du salé et en fait j'en arrivais à avoir mal au ventre, à être vraiment pas bien. Donc voilà pour le coup, peut-être le fait d'être seule aussi, ça je pense que ça a vraiment joué, c'est que de... De ne plus être avec le cocon familial, ça a dû m'impacter aussi.
- Speaker #0
Ouais, ouais, ouais. Et puis ça, effectivement, ça a ouvert des portes là-dessus, quoi.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
OK. Et du coup, est-ce qu'il y a eu un moment donné où tu as eu l'impression qu'il y avait une accalmie ? Ou bien, est-ce que jusqu'à l'heure d'aujourd'hui, finalement, ça a toujours été un peu comme ça, des phases restrictives, compulsives ? Est-ce qu'à un moment donné, le suivi en hôpital de jour s'est arrêté à Saint-Anne ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça a duré un an. Et après, j'ai quand même toujours eu des suivis, ou en tout cas presque, ça a duré vraiment quelques mois si je n'avais rien. Mais j'ai essayé de retrouver des choses qui m'aident à aller mieux psychologiquement et à essayer de me sortir de ces phases de compulsion, restriction. Et au final, je me souviens qu'au début, j'avais essayé plein de choses et je pense que ce n'était pas non plus. plus le bon moment ni les bonnes personnes. J'avais fait de l'art-thérapie, de la psychologie. J'avais essayé plusieurs thérapies un peu alternatives. Et finalement, à Paris, qu'est-ce que j'ai eu ? Oui, j'ai eu le suivi à Saint-Anne où là, on avait aussi plusieurs thérapeutes. Donc, on avait des rendez-vous tout seul avec une psy. Après, on avait des ateliers en groupe où c'était plutôt au travail autour du corps. Et après, quand j'ai arrêté ce suivi-là, il me semble que j'ai vu une psychologue pendant quelques temps. Et encore une fois, je n'arrivais pas trop, ça ne matchait pas. Puis au bout d'un moment, j'ai rencontré un sophrologue. Et là, ça a vraiment matché. Et on a fait un peu plus d'un an ensemble. Et c'est vrai que j'ai senti que ça me faisait vraiment beaucoup avancer. Et sinon, pour répondre aussi à la question, est-ce qu'il y a eu des accalmies ? En fait, je me rends compte que dans les périodes où je n'étais plus vraiment seule, ça allait beaucoup mieux. Par exemple, en 2020, il y a eu le confinement. J'ai fait le confinement chez mes parents. Et il y avait moins de crise. mais par contre j'ai eu l'impression de faire une petite rechute parce que je me souviens avoir reperdu beaucoup de poids et c'est marrant parce que j'étais retombée sur des vocaux où moi-même je me confie et je dis bon bah là j'ai peur parce que je suis en train de redevenir exécrable j'ai reperdu du poids, j'ai l'impression que je suis en train de rechuter et je m'étais dit mais c'est fou que moi-même je m'en rende compte et que je le dise comme ça en vocal c'est intéressant parce que le fait d'être avec du monde et notamment ta famille te protégeait du côté boulimie Merci.
- Speaker #0
Par contre, s'il n'y avait pas de crise, ça réintensifiait le côté très contrôlant.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et en post-confinement, ça s'est passé comment ?
- Speaker #1
Pas si mal, finalement. Après, j'ai repris un peu de poids, mais pas non plus trop. Je pense que j'ai retrouvé un peu ce... Ce truc qui est toujours resté, qui est toujours présent du contrôle, mais sans être dans une privation extrême et des crises de temps en temps où après, j'essaye de compenser. Mais c'est vrai qu'en fait, il y a eu des phases où c'était plus intense que d'autres. Et c'est vrai qu'il y a eu des longues périodes à ce moment-là où je faisais trois crises par semaine et où du coup, les autres jours de la semaine, je mangeais très peu. Et en fait, je suis toujours un peu dans le calcul. Donc, je me disais, bon, là, je mange. 1000 calories, à la main j'ai craqué, j'en ai mangé 3000, demain j'en mange 1000, comme ça ça s'équipe. Et en fait, c'était toujours un peu ce cercle à durer pendant des mois.
- Speaker #0
Et dans ta présentation, tu as parlé de ton travail, et donc tu disais que tu es devenue coach sportive aussi ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Sur les dernières années, quelle place a le sport ? Donc j'ai compris que dans ta vie, le sport avait une place importante, mais quelle place il a pu avoir dans les troubles alimentaires, ou en lien avec les troubles alimentaires ?
- Speaker #1
Oui, ce qui est fou, c'est que je pense qu'il m'a accompagnée dans le sens où il m'a aidée à me détruire et il m'a aidée à me reconstruire. Parce que forcément, pour brûler plus de calories, je faisais encore plus de sport. Mais par contre, je me souviens que quand on m'a dit, si un jour tu veux sortir de l'hôpital, il faut manger. Un jour, j'ai eu un déclic et vraiment, j'ai pensé à ma famille et au sport. Et je me suis dit, si je veux refaire du sport et si je veux revoir ma famille et vivre, il faut que je mange. Et ça a fait partie de mes motivations parce qu'en effet, avant d'être hospitalisée, il s'est passé quelques semaines où on m'a dit là, par contre, c'est fini le sport. Et je me suis dit, on ne peut pas me priver de ça, en fait. C'est ma vie, j'adore ça, ça me rend tellement heureuse. Donc, ça a été aussi une grosse source de motivation pour reprendre du poids et pouvoir me dire, enfin, je retrouve mes activités qui me font du bien.
- Speaker #0
OK. Et du coup, comment tu as... fait pour refaire du sport alors même que ton rapport à l'alimentation et le rapport à ton corps finalement avant même là de reparler de comment t'as fait pour refaire du sport, on peut peut-être faire aussi un temps d'arrêt par le rapport à ton corps parce que finalement là on parle vraiment du rapport que t'as eu à l'alimentation mais derrière tout ça, à l'origine de tout ça, il y a le rapport à ton corps et donc si j'ai bien compris pendant toutes ces années t'as vécu des variations de poids t'as perdu, tu as repris un peu de poids, reperdu, etc. Comment c'était pendant toutes ces années le rapport à ton corps ? Comment c'est aujourd'hui aussi ?
- Speaker #1
Ça a toujours été compliqué. Ça l'est toujours aujourd'hui. Et en fait, il y a toujours ce truc en moi de pour être... Je me sens mieux quand je suis plus mince. Et en fait, ce qui me rend heureuse, c'est fou, mais je le sens, c'est que quand je perds du poids, quand je perds du poids, je suis plus heureuse. Quand je suis plus mince... Je me sens plus belle, je me sens plus confiante. Comme si vraiment tout dépendait de ça. C'est là, tiens, je suis un peu plus fine, j'ai perdu 2 kilos. Je suis belle, je suis forte, je suis quelqu'un de bien. Et en fait, il y a toujours eu ce truc de plus t'es mince et plus t'es belle. Alors que pas du tout. Mais c'est vrai que même aujourd'hui, pourtant aujourd'hui je suis musclée. Il y a des gens qui me disent, mais t'es un super corps tout ça. c'est vrai que moi Malheureusement, il y a aussi ce versant du sport où tout tourne autour du physique. Et je me dis, mais quand ces gens-là me disent ça, moi, je n'arrive pas à l'entendre. Pour moi, je suis toujours disgracieuse, un peu grosse. C'est vrai que je n'arrive pas à me dire, non, en fait, tu es bien.
- Speaker #0
Est-ce que tu as conscience de souffrir de dysmorphophobie ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est un petit oui. Ouais, vas-y, dis-moi.
- Speaker #1
Je suis consciente, mais je me voile la face.
- Speaker #0
Ouais, après, c'est le principe même de la dysmorphophobie. C'est comme le déni associé souvent à l'anorexie. C'est difficile. Avoir conscience qu'on est dans le déni, c'est déjà sortir du déni. Donc, avoir conscience qu'on est dans la dysmorphophobie... C'est forcément un petit oui quelque part, parce que peut-être que tu connais le mécanisme, que tu en as déjà entendu parler, que tu as fait des liens, et en même temps, ça reviendrait à admettre, en avoir pleinement conscience, ça reviendrait à admettre que tu ne vois clairement pas ton corps tel qu'il est.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et que du coup, tu vois, la façon dont tu te regardes et dont tu t'évalues, elle est la majorité du temps complètement tronquée, en fait, tu vois, pas adaptée à la réalité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Tu dis que tu te trouves toujours mieux quand tu mincies. Est-ce qu'aujourd'hui, il y a une limite là-dedans ? Enfin, je vais peut-être un peu expliciter mon propos. Est-ce que tu pourrais te trouver mieux quand tu mincies à l'infini ? Et donc finalement, je perds un kilo, je me sens mieux, mais je me sentirais encore mieux quand j'aurais encore perdu un kilo et encore un kilo. Est-ce que tu sens que tu es là-dedans ou aujourd'hui, il y a quand même un peu une limite ? où tu as l'impression que tu ne pourrais pas redescendre comme ça ?
- Speaker #1
Justement, c'est un peu flou pour moi parce que j'ai l'impression qu'il n'y a pas de limite dans le sens où à chaque fois que je perds un kilo ou même deux, je suis contente, mais je me dis que je pourrais encore en perdre un petit peu. Mais en même temps, il y a aussi ce côté où je me dis que je n'ai pas envie de redevenir maigre et d'être en mauvaise santé, d'aller à l'hôpital et tout cet engrenage. Mais en fait, c'est assez flou dans le sens où... Là, ça fait quand même longtemps que je n'ai pas reperdu beaucoup de poids. Mais par contre, quand je perds 2 kilos, je vais me sentir bien. Mais en même temps, il y a quand même ce truc qui se dit, est-ce que si tu en repardais pas un ou deux, tu ne serais pas encore mieux ?
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui se passe si tu en prends un ?
- Speaker #1
Là, c'est l'inverse. Après, dans les périodes déjà où je vois que je prends du poids, je ne me pèse plus trop. Parce que je le vois direct et je me dis, en fait, je n'ai pas envie de voir le chiffre qui va encore plus me miner le moral. Mais par contre, c'est vrai que je ne me sens pas bien. Puis après, souvent, c'est après les crises aussi où il y a la rétention d'eau, tout ça. Et je me dis, mais mince, il n'y a rien qui va. C'est vrai que même dans mes vêtements, tout ça, je ne mets pas forcément les mêmes vêtements. J'ai l'impression que les gens vont le voir direct. Je me dis, cache-toi.
- Speaker #0
Oui. Et... Tu as des photos de quand tu étais plus jeune et que ton poids a beaucoup descendu ?
- Speaker #1
Je n'en ai pas beaucoup, mais j'en ai quelques-unes, oui.
- Speaker #0
Quand tu les regardes, tu es capable de te voir maigre aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui. En tout cas, les photos que j'ai où vraiment j'étais au plus bas, elles me font super mal au cœur parce que je me dis que j'étais vraiment maigre et que le visage était vraiment différent. Et en même temps, c'est marrant d'en parler parce que je me souviens qu'il n'y a pas longtemps, je les ai regardés et en voyant mes bras, je me suis dit « Oh ben ça va en fait, mes bras » . Et après, je me suis dit « Non, mais ce n'est pas possible, non, ça ne va pas du tout » . Et c'est plus le visage qui me choque, mais les bras, limite comme si je me disais « Ils auraient pu être plus maigres » . Donc, il y a un peu ces deux côtés en moi où j'ai ce truc de « Oh ben en fait, ça va » . Et ce truc de « Non, non, reviens à la réalité, là, ça ne va pas du tout, tu es à deux doigts de mourir » .
- Speaker #0
Ouais, je pense que c'est important, alors effectivement, de toujours raccrocher, parce que les périodes de perte de poids, même si elles sont associées à de l'anorexie, peuvent être quand même romantisées, quoi. Tu vois, on se raconte que c'était trop bien et tout ça. Donc c'est super important de ramener la réalité. J'étais exécrable tout à l'heure, tu l'as dit, et je suis contente que tu aies dit ça, tu sais, quand tu disais que tu te faisais des vocaux à toi-même. Parce que c'est ça aussi, en fait, se priver de nourriture, ça a un impact sur tout le reste, en fait. Et on n'est plus la même personne. Et c'est important de le dire. Et donc de se dire, ouais, OK, j'avais maigri, mais j'étais complètement exécrable. J'ai mis ma santé en danger. Je n'avais pas de force. Je ne pouvais plus réfléchir. De faire cette liste mentale, de se ramener à tout ça quand on se surprend à un peu romantiser à perdre de poids. Et je te demandais si tu te voyais maigre parce que je crois que c'est aussi super important. Quand il y a des photos de périodes comme ça d'anorexie, si tu es capable de te voir... trop maigre sur ses photos, c'est important de s'y connecter, de se connecter au fait que ce n'est pas vrai, ce n'est pas un truc sans fin ou allez, encore un kilo de plus, encore un kilo de plus. Même toi, là, aujourd'hui, tu es capable de dire mais non, c'est horrible, en fait, ce n'est pas possible, tu vois ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et d'associer à tout ce qu'on perd aussi en même temps que du poids quand on se remet dans la restriction. Oui,
- Speaker #1
c'est important de l'avoir en tête.
- Speaker #0
Et donc, je reconnecte avec la question que je m'apprêtais à te poser tout à l'heure par rapport au sport. On a parlé de ta relation au corps. Tu disais que le sport, à la fois, ça t'a permis... Enfin, ça t'a permis... Ça t'a fait te détruire, malheureusement, mais ça t'a permis d'aller mieux. Comment est-ce que tu as dealé avec ça ? Parce que ce n'est quand même pas simple d'aller mieux avec le sport quand on a un trouble alimentaire. C'est un peu... Moi, je vois ça un peu, tu vois, une limite très, très fine, en fait, finalement, entre ce qui va aider ou ce qui va potentiellement refaire plonger, quoi.
- Speaker #1
Oui, oui, j'ai l'impression d'être passée par plusieurs phases où déjà, au début, c'était ma motivation à remanger. Donc, je me disais, bon, là, oui, en fait, il faut que tu manges parce que sinon, tu ne pourras pas faire de sport. Donc, c'est vrai que ça m'a aidée à m'alimenter correctement, à me dire, bon, si je veux pouvoir... avoir de l'énergie et suffisamment de force, de poids pour le faire et pour qu'on me l'autorise aussi, il faut que je mange. Et j'ai l'impression que j'ai eu des périodes où j'avais envie de prendre du muscle et où vraiment je me disais, je sais qu'il faut manger, il faut manger des protéines pour devenir plus forte, plus musclée. Et en même temps, des périodes où non, j'avais plutôt ce rapport du sport pour... pour reperdre du poids, encore une fois. Par exemple, aujourd'hui, c'est quand même plus nuancé, mais c'est vrai qu'il y a quelques mois en arrière, c'était « Ah ben, là, hier, j'ai fait une crise, aujourd'hui, je vais aller faire trois heures de cardio pour tout éliminer. » Et ce n'était vraiment pas du tout le sport pour la bonne raison. Et là, c'est vrai que je suis contente, parce que là-dessus, je vois du progrès. C'est qu'aujourd'hui, même s'il y a encore des crises, je ne suis plus dans l'autoflagellation et j'essaie de me dire « Ok, ce n'est pas grave, je souffle un coup. » c'est pas en allant épuisé à faire 3 heures de sport que ça va marcher et de prendre du recul avec ça et de faire du sport parce que ça me fait du bien parce que c'est mon exutoire, parce que j'en ai besoin pour la tête et aussi un peu pour la performance pour certains sports mais c'est plus en mode je fais en tout cas de temps en temps mais beaucoup plus rarement on va dire pour me faire du mal ou pour perdre le poids que j'ai pris en mangeant trop ok
- Speaker #0
Merci. Comment tu vas globalement aujourd'hui ? Parce que tu en as parlé un petit peu. Là, tu viens de parler de la relation au sport. C'est intéressant aussi ces vagues qu'on traverse. J'entends qu'il y a eu différents rapports au sport et que dernièrement, c'est plutôt chouette de stabiliser dans un truc qui est plutôt cool. Tu as parlé qu'il y avait encore des compulsions. Est-ce que, par ailleurs, tu te sens encore dans une forme de restriction ? Est-ce que le rapport à ton corps est compliqué ? Est-ce que tu es beaucoup dans l'autocritique ? Ça fait beaucoup de questions, mais au global, comment tu vas ?
- Speaker #1
Oui, en ce moment, j'ai l'impression que c'est assez up and down. En fait, c'est marrant parce que j'ai un suivi aujourd'hui avec une hypnothérapeute et on a fait le point la semaine dernière. On a fait ressortir des choses que je pense que j'étais consciente au fond, mais je ne me l'étais pas vraiment avouée. C'est qu'aujourd'hui, dans ma vie, il y a du contrôle partout. C'est-à-dire que je contrôle mon métier parce que je suis auto-entrepreneur, donc je gère tout de A à Z dans mon entreprise. Je contrôle mon alimentation, mon corps parce que je vis seule en plus. Donc voilà, c'est moi qui me donne mon rythme et repas. Je contrôle mon appartement, c'est bête, mais en fait, je contrôle toute ma vie, ce qui se passe quand je pars en voyage ou je pars seule. Donc je contrôle le voyage de A à Z. Et en fait, j'ai l'impression que ça me bouffe et que c'est peut-être ça qui fait que je fais encore des crises. Même si maintenant c'est... plutôt une à deux fois par semaine, on va dire, alors qu'à une époque, c'était trois fois, voire tous les deux jours. Mais ça fait quand même longtemps déjà que je suis encore ce rythme de l'une à deux fois et j'aimerais bien me dire, OK, je m'en débarrasse complètement. Et en même temps, j'ai l'impression que ça m'épuise. Aujourd'hui, je me sens psychologiquement assez épuisée. Donc après, il y a aussi ce côté auto-entrepreneur où il faut trouver sa clientèle, il faut toujours être à fond partout, présent sur les réseaux, présent pour... pour être visible et puis pour réussir et avoir de l'argent qui rentre tout simplement à la fin du mois. Mais c'est vrai que je suis un peu dans une phase où je me dis là, je crois que c'est trop et il faut que je lâche sur un point parce que ça ne va pas tenir.
- Speaker #0
Mais tu as des pistes sur comment lâcher ?
- Speaker #1
Je me dis déjà, continue de me faire accompagner sur le plan psychologique et alimentaire et peut-être pourquoi pas accepter de... de retrouver un CDI en parallèle de mes coachings à mon compte pour juste avoir cette sécurité financière et moins de pression sur juste moi et mon image de coach qui sont quand même assez pesantes. Parce que c'est génial, j'adore, c'est un métier passion, vraiment, c'est super beau. Mais en face, il y a aussi la réalité de trouver ses clients, la concurrence, être présent et puis se dire que si j'ai trois clients qui partent, ça fait un gros trou dans le salaire. à la fin du mois, est-ce que ça va le faire ou pas ?
- Speaker #0
Tu as dit un truc qui m'a fait un peu tilt, tu as dit, moi et mon image de coach, est-ce que tu ressens une pression sur ton physique du fait d'être coach sportive ? Est-ce que tu fais un lien entre, finalement, gagner de l'argent, qui est quelque chose de stressant pour toi, et en même temps, je dis pour toi, mais en fait, quand on est à son compte, c'est quand même un vecteur de stress, forcément. Est-ce qu'il y a un lien entre ça, le stress de gagner de l'argent, et du coup, la représentation physique, finalement ?
- Speaker #1
Oui, et je dirais même la représentation globale. Parce qu'on me voit souvent comme une... Enfin, on me dit souvent, t'es un petit rayon de soleil, comme une personne hyper positive, hyper pétillante. Et en même temps, j'ai aussi mon côté, au fond, où j'ai mes périodes où ça ne va pas, où je suis triste. Et j'ai l'impression qu'il ne faut pas le montrer. Je me dis, non, en fait, t'es forte. Tout le monde te voit comme la personne souriante, donc sois souriante. Et c'est vrai que je pense qu'il y a une forme de pression à dire qu'il faut que je sois belle, que je sois physiquement présentable pour mon métier et que je sois toujours dynamique et souriante.
- Speaker #0
C'est énorme comme pression.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, tu parlais du contrôle et tu parlais d'une forme d'épuisement, mais avoir le contrôle sur absolument tout, c'est complètement épuisant. C'est ce que... Tu dirais que tu es plutôt une personne avec une tendance anxieuse ?
- Speaker #1
Oui. Et puis dans la famille, de base, mes parents sont aussi assez anxieux. Donc je pense qu'on a cette gêne.
- Speaker #0
Ok. Et tes parents, tu n'as pas... Enfin non, je ne vais pas poser la question comme ça parce que je parle sur ta part, c'est un peu nul. Est-ce que tu as observé chez tes parents une tendance au contrôle aussi ?
- Speaker #1
Est-ce que je dirais du contrôle ? Peut-être pas au contrôle, non, mais je sais qu'à la réussite, on va dire. C'est vrai que mon papa a toujours beaucoup travaillé. On ne le voyait pas beaucoup. C'est vrai que le matin, il partait, il faisait des grosses journées de travail. Il fallait que… Si, je pense qu'il y avait quand même du contrôle parce qu'il est toujours d'ailleurs directeur d'agence. Et en fait, c'est vrai que c'est lui qui doit gérer les équipes, les entretiens. S'il faut faire rentrer quelqu'un, est-ce que c'est la bonne personne ? Tout ça. donc il y a quand même cette part de... de management, de contrôle. Et puis... Mais après, en tout cas, pas forcément sur le plan physique ou alimentaire, mais je pense qu'il y a un petit peu, quand même.
- Speaker #0
En tout cas, je te pose cette question parce qu'effectivement, le contrôle, c'est un peu l'énergie de la peur, quoi. Et donc, la peur que ça nous échappe, la peur de ce qui pourrait arriver. Souvent, derrière, il y a le côté anxieux qui est présent. Et l'idée que de contrôler son environnement va permettre d'apaiser l'anxiété. Sauf qu'en fait, c'est tout l'inverse. Parce que plus tu vas contrôler ton environnement, plus tu fais croire à ton anxiété qu'elle a raison. Tu donnes raison, tu donnes à manger à l'anxiété. Oui, il pourrait arriver ça, je vais contrôler ça, je vais faire en sorte que ça, Et puis tu finis par tout verrouiller, sauf qu'en fait, c'est impossible de prévoir l'imprévisible. Et du coup, c'est surtout... Vraiment, tu mets des pièces dans la machine de l'anxiété. Ça ne fait que... augmenter l'anxiété, notamment anticipatoire. Donc ça, c'est un peu le truc typique.
- Speaker #1
Oui, puis c'est vrai que dès qu'il y a un truc qui nous échappe, du coup, c'est même une source d'angoisse, parce qu'on se dit, mince, là, qu'est-ce que j'ai, entre guillemets, raté pour que ça m'échappe, alors qu'en fait, non, c'est juste que tout n'est pas dans notre contrôle. Et c'est marrant, parce que je rebondis là-dessus, en fait, les phases où je sens que, waouh, je vais mieux, et j'ai vraiment ce poids qui se libère, je me sens légère, c'est quand j'ai moins de contrôle. Typiquement, là, je suis partie en vacances il n'y a pas longtemps, une semaine, et même si j'avais un peu planifié, maintenant, j'essaye de beaucoup... beaucoup moins planifié et de me dire juste laisse-toi tranquille et c'est les vacances, donc essaye de moins organiser. Et en fait, c'était génial et je me suis laissée emmenée dans des cours de surf, dans des cours de plongée, des choses comme ça. Et je me suis sentie mais légère et vraiment heureuse. Et en plus, pour faire le parallèle avec le corps, j'ai perdu un kilo et demi en une semaine parce que je pense que j'étais libérée un peu du stress, de la nourriture, des crises. Et du coup, c'est marrant parce que j'avais l'impression de vraiment retrouver mon... Mon équilibre, mon poids de forme, même ce poids qu'on sent un peu dans la poitrine, là où ça fait un peu un souffle et lâche tout.
- Speaker #0
Du coup, ce serait intéressant que tu puisses trouver des endroits de souffle comme ça dans ta vie quotidienne. Tout à l'heure, c'est ça, quand tu disais, je pense qu'il va falloir que j'arrive à lâcher prise sur certaines choses. C'est pour ça que je te disais, est-ce que tu sais comment faire ? Ce n'est pas évident quand tout est vraiment orienté comme ça. Une question m'est venue par rapport à ta façon de manger, tout ça. Est-ce que tu comptes encore tes calories ?
- Speaker #1
Un petit peu. Pareil, en fait. Enfin, oui, quand même. Quand je suis en vacances, un peu moins aussi. Mais au quotidien, j'essaye quand même à la fin de mes repas et de ma journée de faire le calcul de ce que j'ai mangé en termes de calories.
- Speaker #0
OK. Dans quel but tu le fais ?
- Speaker #1
Bah, toujours un peu dans cette notion de vouloir perdre du poids, finalement.
- Speaker #0
En fait, tu es toujours dans l'objectif. Chaque jour, chaque mois, chaque année de ta vie, tu es dans l'objectif de perdre du poids.
- Speaker #1
Oui. Ou alors de compenser une crise qui aurait eu lieu la veille ou l'avant-veille. Oui, oui.
- Speaker #0
Ce ne serait pas envisageable pour toi de dire, ok l'espace de je n'en sais rien, à quelle temporalité tu pourrais imaginer, ça pourrait être 6 mois comme 3 mois, comme même 1 mois de te dire je me lâche la grappe et je sors de cet objectif de perte de poids mais tu vois de manière temporaire, je te le dis je pense que c'est important de se dire ok 1 mois, 3 mois 6 mois ou même des plus petites périodes au début pour tester juste pour voir ce que ça fait, vraiment de se dire ok Merci. Là, je sors de l'idée de perdre du poids. Sortir de l'objectif de perdre du poids, ça ne veut pas dire nécessairement, mais tu vas me dire si c'est ça qui t'est venu tirer quand je dis ça, ça ne veut pas dire, à l'inverse, prendre du poids. Est-ce que pour toi, c'est associé ? Est-ce que c'est un risque pour toi ?
- Speaker #1
Non, pas du tout. Non, en vrai, pour le coup, c'est vrai que si tu me dis juste de lâcher cet objectif, je comprends que c'est en mode rester stable et juste rester tranquille. mais de ne pas reprendre de poids à l'inverse. Mais c'est vrai que je n'y avais jamais pensé. Ça pourrait, oui, il faudrait que j'essaye. Ça pourrait être un bel objectif, oui.
- Speaker #0
Mais en fait, c'est un test de vie, quoi. Moi, j'ai envie de dire, c'est presque un jeu de se dire, mais tiens, qu'est-ce que ça change dans ma vie ? Alors, à mon avis, cet objectif-là, il ne va pas s'enlever aussi facilement. C'est-à-dire que tu as cet objectif qui plane au-dessus de ta tête depuis toujours, dont découle plein de comportements. C'est-à-dire que je ne sais pas si tu... pèsent, mais par exemple à peser, le comptage de calories, le choix de certains aliments, enfin tu vois, il y a tout un tas de choses dans ta tête qui sont vraiment organisées et auxquelles tu ne réfléchis plus, on est sur de l'automatisme, ton cerveau, tac tac tac, il fait ces trucs-là, organisées, perte de poids. Donc ça veut dire que les premiers moments, c'est pour ça que je te proposais de lancer l'objectif, à la base je te disais minimum un mois, parce qu'à mon avis déjà pour rendre conscience des automatismes et les enlever, ça va prendre un peu de temps. Mais je trouve que c'est une expérience qui peut valoir le coup de tester. Finalement, a priori, t'as pas grand-chose à perdre. Y'a pas vraiment de danger. Et du coup, ça peut permettre de voir à quoi ressemblerait ta vie, en fait, si t'étais pas dans cet objectif de perte de poids. Et peut-être qu'il y aurait vachement moins de contrôle, pour le coup.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. C'est sûr qu'il y aurait plein de choses, comme tu dis, qui pourraient se... se déconstruire, mais c'est un bel exercice. Je pense que je vais prendre un petit papier noté de toutes les choses que je pourrais laisser un peu tranquille. Je gagnerai sûrement en temps, en énergie, en liberté d'esprit aussi.
- Speaker #0
Est-ce que pendant les vacances, tu as l'impression de le lâcher un peu cet objectif ? Ou tu es toujours ultra focus sur, même quand tu pars en vacances, sur le fait de devoir perdre du poids ?
- Speaker #1
Non, je le lâche un petit peu. Après, il y a quand même toujours ce truc de comptage de calories. Mais je suis beaucoup moins focus dessus et je profite de l'instant présent et de ce que je vis pleinement. Parce que je sais que c'est un temps assez restreint, on va dire. Et j'ai tellement envie de profiter que je me dis, allez... On met un peu de côté ces choses-là et on saisit l'instant présent.
- Speaker #0
Donc du coup, ce que tu dis, c'est quand même le lien, il est fait entre... Enfin, ou en tout cas, il y a une distinction entre profiter de l'instant présent et vouloir perdre du poids, tu vois. Donc c'est intéressant parce que ça t'empêche de profiter de l'instant présent. Je ne veux pas casser le moral des troupes, mais quand tu dis l'instant est... Ah mince, j'ai perdu ce que... Enfin,
- Speaker #1
tu parlais des vacances comme un moment qui ne dure pas.
- Speaker #0
En fait, la vie n'est pas éternelle. Oui,
- Speaker #1
c'est sûr.
- Speaker #0
Je ne veux pas réveiller les angoisses de personne. Donc, excusez-moi si vous nous écoutez, qu'il y a des angoisses de mort ou je ne sais pas. Mais c'est aussi important, je trouve, de se rappeler ça, que finalement, oui, pendant les vacances, déjà, c'est trop chouette que tu arrives à le faire pendant les vacances. Et c'est plutôt bon signe sur le fait que tu puisses le faire dans ta vie quotidienne parce que tu es capable de l'expérimenter déjà en dehors. Donc, trop cool. Mais il ne faut pas oublier que ta vie quotidienne, elle vaut aussi la peine d'être vécue et d'être vécue pleinement dans le quotidien.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Et c'est marrant parce qu'après, c'est souvent dans les périodes où ça va un peu mieux, mais où j'arrive à me dire tout ça. Et vraiment, de plus en plus, j'arrive à faire des choses un peu, on va dire, de développement personnel, si on peut appeler ça, mais à prendre du temps pour moi, à me tourner vraiment sur des pratiques qui me font du bien. et à essayer de, par exemple, sur les réseaux, de suivre des comptes qui vont un peu me mettre dans ce mood-là et de me dire, écoute, comme tu disais tout à l'heure, finalement, la vie est courte, donc autant en profiter et ne pas se prendre la tête avec du superficiel. C'est vrai que j'ai aussi des copines qui me soutiennent là-dessus et ça fait du bien. Et j'ai une copine qui me dit, mais pense vraiment à ce que tu vaux, toi, à la personne que tu es, pas juste à ton apparence physique parce que c'est qu'une enveloppe, finalement, on s'en fiche. Et dis-toi que t'es en bonne santé, que t'es une belle personne et qu'elle a raison en fait, tu peux faire ce que tu veux. Et je me dis aujourd'hui, je réalise mes rêves, tout ce que j'ai fait jusqu'à maintenant, je l'ai réussi. Et c'est vrai que juste de me dire, allez, oublie un peu ces petits trucs-là et profite de tout ça et sois reconnaissante pour tout ça. Ça fait vraiment du bien de se le dire, de l'écrire. C'est vrai que j'écris beaucoup et on se sent un peu libérée d'un poids après.
- Speaker #0
Ouais, c'est trop chouette. De quoi ? Tu te sens la plus fière dans ta vie ?
- Speaker #1
Je pense en effet d'avoir toujours poursuivi mes rêves et de les avoir réalisés. C'est-à-dire que j'ai voulu faire une école d'hôtellerie, je l'ai fait. J'ai voulu tenter ma chance à l'époque dans les hôtels de luxe à Paris et je l'ai fait. Et après, j'ai voulu me reconvertir en tant que coach, je l'ai fait. J'ai voulu déménager à Annecy parce que j'avais adoré la ville alors que je n'étais venue qu'une fois. Je l'ai fait. Et c'est vrai que tous ces petits trucs mises bout à bout, je me suis donné la chance de tenter. Ça a marché. Et en fait, je me dis que ça, c'est beau quand même.
- Speaker #0
C'est trop chouette. Et du coup, question connexe à celle d'avant, en lien avec tout ce que tu as répondu. C'est quoi tes ressources, tes plus grandes ressources ?
- Speaker #1
Je dirais la nature, le sport et ma famille.
- Speaker #0
Est-ce que ce sont ces choses-là aussi qui t'ont aidé sur ton chemin en lien avec les troubles alimentaires ?
- Speaker #1
Oui, clairement. Parce que comme je disais, déjà, ma famille, ça a été un gros pilier tout au long de la maladie. Puisque déjà, quand j'y étais, j'étais encore chez mes parents. Et c'est eux qui m'ont, entre guillemets, sauvé la vie. Parce que s'ils ne m'avaient pas amenée chez le docteur ou quoi que ce soit, je ne serais plus là aujourd'hui. après C'est aussi pour les revoir et pour profiter avec eux que ça m'a motivée à sortir de l'hôpital. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, quand je suis avec eux, je me sens super heureuse, super bien. Je pense que c'est aussi le gros point, on va dire, qui manque aujourd'hui, c'est que je ne suis pas très proche d'eux de manière géographique. Mais en tout cas, oui, ils sont une source de motivation. Le sport, c'est vraiment mon exutoire. Et c'est vraiment là où je me dis, ah punaise, je suis en vie et j'ai cette chance. Quand je vais courir tous les jours, je me dis, mais c'est incroyable juste. J'ai cette chance de pouvoir courir. Et ça, c'est magique. Et tous les jours, je suis reconnaissante d'être en vis. Donc, ouais, c'est fou.
- Speaker #0
Chouette. Qu'est-ce que... Non, avant d'arriver à ma... J'allais te poser la dernière question du podcast, mais en fait, avant de te poser la dernière question, ça me semble important de te demander s'il y a d'autres choses que tu as envie d'aborder. On a balayé plein de choses, on a abordé plein de choses, mais je sais que ça passe très très vite aussi. On a parfois l'impression, quand on est interviewé, d'avoir rien eu le temps d'aborder. C'est pour ça que, avant de te poser la dernière question, ça me semble important de te demander est-ce qu'il y a des choses que peut-être on n'aurait pas abordées alors que toi, tu avais vraiment envie d'en parler ? Et si oui, l'espace est libre pour toi.
- Speaker #1
Après, comme tu dis, il y aurait encore plein de choses à raconter. Mais je pense qu'il faut suivre ses rêves. Comme je vous le disais juste avant, c'est vrai que là, tu vois, j'étais pas dans un... très bon mood aujourd'hui, puis l'échange m'a redonné le sourire, je pense que tu peux le voir, et c'est vrai que ça a réveillé un peu tous ces petits trucs qui peuvent nous rendre heureux aujourd'hui, et de se dire, bon, ok, je suis pas tirée d'affaires avec les troubles, mais déjà, j'avance, et en plus de ça, à côté, je vis des choses incroyables, et la vie est belle, il y a la nature, il y a le sport, il y a nos proches, il y a plein de choses à faire, et je pense qu'il faut vraiment, dans la mesure du possible, suivez vos rêves et si vous avez envie de partir quelque part, allez-y, faire un voyage faites-le et de ne pas attendre parce que la vie est courte, parce que si on a la santé pour le faire il faut le faire et que en effet c'est pas à l'époque où j'étais hospitalisée que je pouvais le faire donc maintenant être reconnaissante d'être libre de le faire c'est vrai que la liberté je dirais que c'est un mot vraiment qui est important
- Speaker #0
Trop chouette. Du coup, t'as répondu en avance à ma dernière question où j'allais te demander de t'adresser aux personnes qui nous écoutent, mais du coup, c'est très bien, ça me donne envie de te poser une autre question pour clôturer. J'aimerais bien savoir ce que tu aimerais dire à la toi qui avait 13 ans et qui a commencé à vouloir changer ses cuisses qu'elle n'aimait pas et qui a commencé ce premier régime alimentaire. Qu'est-ce que tu lui dirais à cette jeune fille ?
- Speaker #1
Je lui dirais de juste rester comme elle l'est, parce que déjà, c'est une phase de changement du corps qui est normale, par laquelle on passe tous à cet âge-là. Et de ne pas se prendre la tête avec une apparence physique, mais juste de continuer à vivre sa vie et à profiter de ce qu'elle peut faire. Parce qu'encore une fois, j'étais en bonne santé, je n'étais pas trop grosse, je n'étais pas trop mince. Et pourquoi se focaliser sur une apparence qui, en plus, va bouger, parce que le corps bouge. tout au long de la vie.
- Speaker #0
Merci Pauline. Merci pour cet échange. J'ai l'impression qu'on a commencé à discuter il y a cinq minutes. Je ne sais pas toi, mais moi, vraiment, ça me fait cet effet-là. C'est étrange.
- Speaker #1
Oui, c'est passé très, très vite, vraiment. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Mais merci à toi. J'ai vraiment apprécié discuter avec toi, t'écouter, traverser toute ta vie. Moi, je suis quelqu'un de très visuel. Donc, en fait, quand vous me racontez vos histoires, vos vies, j'ai des images, j'ai l'impression de... Je me fais un film, en fait. C'est peut-être pour ça que j'adore les podcasts, parce que quand vous me racontez, moi, je voyage, je me promène dans votre vie. J'ai trouvé ça vraiment très chouette. Je trouve que il y a beaucoup de force qui ressort de ton témoignage. Et quand tu parles de ce côté solaire et lumineux, moi, je l'ai vraiment perçu en discutant avec toi. et j'ai trop envie de te dire de t'autoriser aussi à être de mauvais poil ronchon, triste, toutes les émotions mais je crois que je crois que tu sous-estimes ce côté solaire, ce que je veux dire par là bon voilà je te dis ça, ça n'a de valeur que mon ressenti ce que je veux dire c'est que ça ne dépend pas que de ton sourire et de ta bonne humeur Je pense que quand les gens perçoivent chez toi ce côté-là, c'est que moi, je ressens une espèce de force de vie. Et tu vois, associée à ce que tu disais, j'ai voulu faire un truc, je l'ai fait, comme s'il y avait des choses en toi, des ressources, des trucs qui te poussaient, en fait, à pouvoir faire les choses. Et c'est peut-être de ça aussi que parlent les gens quand ils disent « Ah là là, mais t'es tellement solaire et tout » . Te mets pas de pression sur ta bonne humeur et tout, parce que je crois pas que ça repose que là-dessus, en fait. Tu vois, je trouve qu'on ressent beaucoup de puissance en toi. et du coup c'est trop chouette je me dis que t'as sûrement plein de belles surprises à vivre et que voilà t'as tout ce qu'il faut pour laisser définitivement un jour les troubles alimentaires derrière toi j'ai envie de te transmettre de la confiance en tout cas moi je ressens un peu ça pour toi donc voilà, trop chouette, merci en tout cas d'être venue discuter avec moi, j'ai trouvé ça très chouette merci à toi,
- Speaker #1
c'était top et ça fait vraiment du bien je ressors vraiment avec le sourire qui se décroche pas, donc j'espère aussi que je vais finir par m'en sortir complètement et puis ça fait toujours du bien d'avoir de la confiance de quelqu'un d'autre donc merci pour ton soutien avec plaisir,
- Speaker #0
merci beaucoup Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast. ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !