- Speaker #0
Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Mizzono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur flavie.mtca.
- Speaker #1
Très belle écoute. Bienvenue dans un nouvel épisode de TCA etc. Ce matin,
- Speaker #0
enfin ce matin parce que nous c'est le matin, mais je ne sais pas quand vous écouterez ceci, j'ai la chance de mener à nouveau une interview. C'est des moments que j'adore, je vais découvrir une nouvelle personne. avec donc une nouvelle histoire et donc ce matin je discute avec Manisha. Salut Manisha !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Très contente d'être là ! Ouais bah très contente de te recevoir aussi et je te propose de te présenter de la manière dont tu le souhaites, de manière à ce que les personnes qui nous écoutent déjà une petite idée de qui tu es.
- Speaker #1
Alors avec plaisir, je m'appelle Manisha, là j'ai 31 ans. J'habite en Suisse, j'ai toujours grandi en Suisse. Et que dire de moi ? Je dirais que je suis quelqu'un de très passionné. J'ai beaucoup de choses qui m'intéressent. Des fois un peu trop, ça déborde un peu. Mais pour faire une petite liste non exhaustive, je dirais qu'en premier, c'est les chevaux et les animaux en général. Tout ce qui est vivant en fait. Le monde végétal aussi, ça me passionne vraiment. J'ai fait beaucoup de cirque, un peu de pole, un peu de chant et je me considère comme quelqu'un d'assez aventurière. J'aime bien voyager et découvrir plein de choses, beaucoup dans la vie sauvage aussi, de me balader dans le monde avec le moins de choses possibles et de me débrouiller avec ce que je trouve. Et pour ce qui est du métier, j'en ai fait pas mal, mais principalement j'ai bossé avec des chevaux, parce que c'était ça ma première passion. Et actuellement je suis agricultrice en formation, donc je viens de commencer un apprentissage, ce qu'on appelle un apprentissage en Suisse, alors je ne sais pas comment c'est en France, mais c'est trois ans de formation en travaillant dans une ferme avec des cours à côté. Et puis Bacicula, c'est parce que j'ai vécu des TCA pendant quelques temps, qui n'ont pas été centraux dans ma vie en termes de... de temps, mais évidemment qui était suffisamment dur à vivre pour qu'il y ait quelque chose à en dire. Et je pense que j'ai fait un chemin suffisant maintenant pour me sentir légitime d'en parler alors que je me suis toujours sentie « ah, c'était pas si grave » quoi. Voilà.
- Speaker #0
Quand tu dis qu'il n'était pas sans trop, tu parles du fait de la durée. Merci. par rapport à ta vie, mais sur le moment où ils étaient là, les troubles alimentaires, j'imagine qu'ils prenaient toute la place. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Ça a duré combien de temps dans ta vie ?
- Speaker #1
Ça a duré, je dirais deux ans, moi. Je les compte sur deux ans.
- Speaker #0
Ok. Oui, c'est relativement court, c'est rare.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Trop bien. Alors évidemment,
- Speaker #1
je pense qu'il y avait des petites choses un peu avant, mais vraiment, les troubles alimentaires eux-mêmes. Je pense que ça a duré deux ans, oui.
- Speaker #0
Ok. J'aime bien commencer l'interview, l'épisode, en ramenant les personnes un peu à leur enfance. Et je suis curieuse de savoir, toi, quand tu étais une petite fille, j'imagine déjà un peu aventurière, j'imagine que ça ne t'est pas venu comme ça d'un coup. Quand tu étais une petite fille, est-ce que tu te souviens quel était ton rapport à la fois à ton corps et à l'alimentation ?
- Speaker #1
Je dirais que l'alimentation, c'était absolument pas un sujet. Ouais c'était très serein et je crois que de toute façon j'ai fait le lien entre finalement le corps et sa forme, comment on peut l'influencer ou non. Avec l'alimentation je l'ai fait très tard finalement donc l'alimentation c'était pas du tout un sujet. Après j'étais dans une famille, comment dire, je pense qu'on qualifierait un peu de bobo maintenant. Merci. J'étais dans une famille un peu alternative, on mangeait très très bien, avec beaucoup de soin, il y avait toujours à manger, avec des ingrédients bio, du jardin, etc. Moi, je me souviens que... Enfin, j'ai un souvenir particulier où c'était un peu à l'ancienne, dans le sens qu'on nous forçait un peu à manger quand on n'aimait pas, on mangeait quand même. Et j'ai un souvenir d'être restée... Je me souviens que la nuit tombait, j'étais toute petite, donc c'est un peu un souvenir vague, mais j'étais toute seule à table, la nuit tombait parce qu'en fait, je ne voulais pas manger ce qu'il y avait dans mon assiette et je suis restée là jusqu'à ce que je le mange quand même. Et voilà, donc j'ai eu des petites choses comme ça dans l'éducation. où ça pouvait devenir un sujet mais en soi, voilà, pas tant. Et par rapport au corps, je dirais que c'est devenu un sujet à l'adolescence, assez vite, vers 13-14 ans je pense. Mais je pense que ça ne m'a pas marquée parce que j'ai l'impression que c'était tellement normal pour tout le monde que je ne l'ai pas vraiment noté. Mais je me souviens que je mettais des habits très amples. Et je n'aimais pas qu'on voit mon corps, simplement. Donc ça, c'est venu... Même pas plus tôt que ça.
- Speaker #0
Et tu n'aimais pas qu'on voit ton corps en lien avec un jugement esthétique que tu posais sur ton corps ? Oui. Parce qu'il peut y avoir différentes choses, surtout quand on est jeune fille. Ça peut être aussi le fait que le corps change et que... il peut y avoir une forme de sexualisation qui arrive à cet âge là et on n'a pas envie en tant que fille qu'on voit notre corps tu vois il y a plusieurs choses qui peuvent d'ailleurs qui peuvent se rencontrer mais ça peut être aussi...
- Speaker #1
je crois que c'était les deux ouais oui moi je pense que c'était les deux c'est vrai que je trouve ça dur en fait à 13 ans on n'est pas prêt à être prête à être sexualisée, on venait jamais prête d'ailleurs mais mais spécialement enfin ouais moi je me sentais encore vraiment enfant et je pense que je sentais bien que les regards y changeaient que Moi j'étais très autonome et très libre dans le sens que je pouvais faire absolument tout ce que je voulais. Et j'allais à l'école loin, j'étais dans une école privée, dans une école Steiner. Et du coup j'étais tout le temps dans les transports publics toute seule, depuis toute petite. Et je rentrais chez moi à pied, ensuite j'avais une demi-heure de marche. Enfin j'avais quand même... J'étais beaucoup... Pas livrée à moi-même, mais disons que... En fait j'affrontais le monde beaucoup toute seule. Et du coup... je pense que j'ai assez vite senti qu'il fallait aussi que je me protège un peu de ça, enfin du regard des hommes quoi. Donc je pense que ça pouvait être lié à ça, mais j'avais aussi je sais que j'étais mal à l'aise en maillot de bain etc. parce que je pense que je me trouvais déjà grosse en fait. Alors que j'ai toujours été dans les normes, enfin j'ai jamais... voilà. C'était déjà très très intériorisé quoi.
- Speaker #0
Ouais, alors du coup en lien avec quoi ? Comment tu le comprends aujourd'hui, le fait que tu aies pu te trouver trop grosse à cet âge-là ?
- Speaker #1
Parce que je pense que dans la société dans laquelle on vit, il ne faut pas grand-chose pour se sentir trop grosse. Je n'étais pas un mannequin, je n'étais pas maigre. Donc j'avais des formes normales et ça suffisait pour que je me sente mal avec ça. Et je pense, je ne sais pas si c'est pour beaucoup, j'ai l'impression que c'est pour beaucoup. Moi j'avais un gros complexe sur mon ventre et ça s'est resté. Toujours, en fait. Et je crois que c'est vraiment le truc qu'il fallait cacher à tout prix, ouais.
- Speaker #0
Ouais, j'ai l'impression que le ventre, c'est le... Suivi de très près par les fesses, les cuisses, les bras. C'est globalement toujours les mêmes choses.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Rarement les poignets ou les pieds, quoi.
- Speaker #0
Oui, c'est ça les pieds. Mais d'ailleurs, c'est hyper intéressant. C'est parmi les exercices que je propose souvent aux personnes que j'accompagne d'aller explorer la totalité du corps avec ce que nous renvoie chaque partie du corps. Parce que c'est vite fait de dire « Ah, je n'aime pas mon corps, je ne m'aime pas. » Plus les années passent, plus il y a un truc qui grandit comme ça autour de « Voilà, je n'aime pas mon corps. » Mais attends, ton corps, ce n'est pas juste ton ventre et tes cuisses. Ton corps, c'est plein de choses. Et je trouve ça assez apaisant aussi d'aller regarder plein de parties du corps, parfois pas spécialement qu'on aime, mais au moins qui nous laissent indifférentes, qui ne rentrent pas dans cette catégorie « Ah, je déteste ! » C'est juste, ça nous laisse indifférentes, mais en plus, si je prends les pieds, il y a des gens qui détestent leurs pieds, mais il y a plein de gens qui sont juste indifférents à leurs pieds. Sauf que nos pieds, t'imagines le rôle fondamental qu'ils ont ? On se tient dessus à l'eau. Oui, c'est vrai. Et on est là à dire, ouais, ils sont moches, nanana. Mais attends, vas-y, si t'as pas de pieds, tu vas voir, ta vie, elle a juste rien à voir, quoi. C'est un truc de fou, en fait.
- Speaker #1
Ouais, mais moi, je trouve ça hyper... Moi, c'est quelque chose, d'ailleurs, qui m'a... Enfin, on en reviendra après, mais qui m'a beaucoup aidée de considérer, du coup, que mon corps, il me permet surtout de faire plein de choses, en fait. chaque partie de mon corps ou juste mon corps en global, d'autant plus, me permet juste... C'est plus qu'un outil, parce qu'un outil, ça fait un peu utilitariste, mais en tout cas, il me permet de faire ce que j'aime dans la vie, avant tout. Oui,
- Speaker #0
c'est clair. Revenir à quelque chose de très fonctionnel, quoi. Bon, du coup, on a vu un peu la petite Manisha, qui finalement... Il y a malheureusement des femmes pour... pour qui ça vient très tôt, les problématiques dans l'enfance, mais il y a aussi beaucoup, beaucoup de personnes qui, c'est exactement comme toi, dans l'enfance, il n'y a pas grand-chose, et bim, comme par hasard, à l'adolescence, ça commence à bouger. Mais tu disais, finalement, tu ne l'avais pas spécifiquement noté, parce que pour toi, c'était un peu classique de se sentir mal à l'adolescence et de ne pas être bien dans son corps. À partir de quel moment ça a commencé à sortir du classique pour rentrer dans un truc un peu plus... si ce n'est pathologique, au moins marquée autour de ton corps et de l'alimentation. Déjà, à partir de quel moment ? Tu en parlais tout à l'heure, tu as fait le lien entre ce que je mange pourrait peut-être influencer la forme de mon corps.
- Speaker #1
Je pense que c'était à la même période que j'ai compris que ça pouvait avoir un lien. Mais j'ai jamais... En fait, c'est venu très très tard. C'est aussi ça que je me suis dit, ça peut peut-être être intéressant comme histoire parce qu'elle est quand même... Souvent ça vient à la délicence justement les troubles alimentaires et en fait moi c'est venu beaucoup plus tard concrètement donc je pense qu'il y avait le terrain qui était là comme peut-être pour beaucoup de femmes particulièrement mais en fait vraiment que ça devienne une action que j'en fasse quelque chose c'est devenu très tard du coup entre c'est venu vers 29 ans et en fait avant ça Il y a eu des périodes où je... En fait, moi, je me suis... Enfin, j'étais clairement dans le déni avec ça, mais moi, je disais, je fais des jeûnes, parce que les jeûnes, c'est bon pour la santé, et puis c'est pour me connaître mieux, et puis c'est pour ressentir des choses et tout. Donc je me convainquais moi-même que c'était pour tout ça, et pas pour perdre du poids. Mais c'est clair que moi je me sentais à ce moment-là, quand je faisais ces jeûnes, là j'en ai fait 3-4 dans ma vie. Peut-être le premier je devais avoir... J'étais encore à l'école, je devais avoir 17 ans. Et je faisais ça d'ailleurs complètement à l'arrache. Enfin voilà, juste j'arrêtais de manger quoi. Mais c'était des petites périodes et après ça revenait. Et c'est clair que pendant ces petites périodes-là, je me sentais toute puissante et je me sentais... beaucoup, beaucoup mieux avec mon corps. J'avais même très envie de le montrer à tout le monde. En fait, regardez, maintenant ça va. Et d'ailleurs, je me souviens juste avant, enfin, je ne me souviens pas exactement dans le timing, mais je sais que c'était avant de faire mon premier jeûne, justement, que je considérais comme un jeûne. Il y avait un garçon dans ma classe qui m'avait fait une petite réflexion qui était vraiment anodine, enfin, disons normalisée, parce que ce n'est pas anodin, mais... Il m'avait dit devant tout le monde qu'on parlait du corps des personnes vieilles. Il disait « ouais mais toi de toute façon, toi tu vas être une grosse grand-maman » . Et c'était un garçon que j'aimais beaucoup, j'étais hyper amoureuse de lui. Et du coup je me souviens que ça m'avait vraiment marquée. Et que je l'ai vraiment, voilà je m'en souviens, alors que c'est quelque chose de complètement banal, banalité en tout cas. Bref, voilà, donc ça, ça m'a marquée. Et à cette même période aussi, ma soeur, j'ai une grande soeur, qui a été très importante, enfin qui est toujours très importante dans ma vie, et elle, elle revenait des États-Unis où elle a été en échange linguistique, elle avait pris pas mal de poids, et c'est devenu un sujet à la maison aussi. Donc ma mère, ma soeur, elle était pas mal harcelée à l'école, elle était beaucoup rejetée. Pas spécialement à la base pour son poids, mais là c'est peut-être devenu un sujet en plus, je ne sais pas. En tout cas, elle avait peur de ça. Et ma mère, je trouve que dans quelque chose de très soucieux du bien-être de sa fille, elle a dit « Vu que c'est déjà compliqué à l'école comme ça, on peut faire un régime si tu veux. » Et du coup, elles ont fait ça ensemble. Et moi, j'étais vraiment externe et je regardais ça. Je me souviens que ça m'a pas mal marqué aussi, évidemment. Et pour revenir à ta question de quand est-ce que c'est devenu vraiment un sujet, en fait... C'est venu un sujet beaucoup plus tard, à 29 ans, il y a 3 ans, pardon, c'était à 28 ans du coup. Et ça a commencé d'une manière assez étrange. Je me suis d'abord rendue compte que je pouvais me faire vomir. Mais sans avoir à ce moment-là de restriction, ni de compulsion, juste je me suis dit, ah tiens, c'est quelque chose qui peut se faire. Et peut-être qu'il faut que je mette un peu de contexte parce que, évidemment, j'ai beaucoup réfléchi à cette période. En fait, je revenais d'un long voyage que j'ai fait toute seule, qui était très intense et très marquant, où je sens que j'avais été vraiment au bout de mes limites et au bout de mes tripes, et que j'avais ressorti une force incroyable, mais aussi épuisante. Enfin, voilà, c'était quelque chose de très, très intense, qui a duré un an. Et du coup, je suis rentrée de ce voyage et je n'avais pas vraiment de projet particulier. J'avais tout de suite son avantage, j'avais quitté mon travail, j'avais tout laissé. Je retrouvais mon compagnon et lui, il avait commencé à produire du pain pour le vendre au marché. Donc, on s'est lancé dans ce projet-là qui n'était pas vraiment le mien à la base, mais qui me parlait bien. Ça me plaisait comme idée. Du coup, on a commencé à faire ça. indépendant. Et en fait, c'est une période assez foisonnante et précaire à la fois parce que du coup, j'ai pris plein de petits jobs. J'avais quatre travailleurs en même temps, à la fois avec des chevaux, à la fois avec des enfants. Et puis, cette histoire de pain, en même temps, on avait le projet d'amener le pain avec un de mes chevaux au marché. Donc j'ai commencé à débourrer, ça veut dire travailler mon cheval pour qu'il apprenne à tirer une charrette. C'était un cheval très émotif et assez compliqué. Du coup, c'était un gros travail. En même temps, je faisais à ce moment-là beaucoup de cirque, j'avais commencé du chant, je faisais de la pole. En fait, je faisais beaucoup de choses qui étaient super, ça me plaisait beaucoup. J'étais bien là-dedans, mais je pense qu'il y a un truc qui a dû monter de trop plein un peu. Et je savais pas trop où j'allais. Et d'autre part, je pense qu'il y a quelque chose de très important dans cette histoire, c'est qu'à ce moment-là, j'étais avec mon compagnon depuis 6-7 ans. Ça se passait super bien. Et à ma demande, on a ouvert notre couple. Ça veut dire que moi, je suis tombée amoureuse d'un autre garçon. Et j'ai ramené ça sur la table en disant, écoute, moi je pense que... Je suis quelqu'un qui peut aimer beaucoup de gens en même temps et en fait j'ai besoin de vivre ça. Et du coup ça a été une grosse grosse crise d'instabilité en fait entre nous. Et ça je pense que voilà il y a eu pendant six mois à un an vraiment quelque chose de très dur au niveau émotionnel et gestion des conflits. Enfin pas des conflits parce que c'était pas tant du conflit mais de la communication avec lui pour pouvoir lui vivre cette histoire avec cet autre homme. Et voilà, donc il y avait beaucoup d'instabilité à ce moment-là. Et moi qui étais pendant sept ans avec mon compagnon, Yacine, je me suis retrouvée en fait devant à montrer mon corps à quelqu'un d'autre. Et ça faisait quand même vraiment longtemps que ça ne m'était pas arrivé. Et là, je sens et je sais que ça m'a mis une pression de dingue. Donc là, tout d'un coup, j'ai... J'ai commencé à me restreindre, d'abord à me faire vomir, puis en même temps, vraiment en parallèle, je me suis dit « ah bah tiens, pourquoi pas, je vais me restreindre » . Et je crois que c'est ça aussi qui est assez rigolo, enfin c'est pas du tout rigolo, mais c'est que j'ai l'impression que j'étais hyper lucide de ce qui m'arrivait. Mais j'y allais tête baissée quoi, par contre.
- Speaker #0
C'est-à-dire que tu avais conscience du fait que là tu rentrais dans le dur et dans ce qu'on pouvait nommer des troubles alimentaires, vraiment. Et que potentiellement ça n'allait pas être si facile d'en sortir.
- Speaker #1
Ça évidemment que la deuxième partie, pas tant. Je savais que j'allais être baissée là. Je me suis tout de suite dit, ok, se faire venir, c'est pas normal. Je sais, j'ai en tout cas une amie dans mon entourage proche qui avait vécu des troubles alimentaires et qui m'en avait parlé et qui, dans un sujet aussi que ça soit pas tabou et que je trouve ça super. Mais c'est comme si aussi ça m'a... Moi qui étais déjà, je pense, sur la pente glissante en fait, ça... ça m'a mis un peu la petite graine de me dire « Ah, mais en fait, c'est possible de perdre du poids très vite, très fort. » Enfin, je ne sais pas. En tout cas, je me suis accrochée à ça. Et oui, j'ai l'impression que je savais, mais par contre, non, évidemment, je me disais que je n'avais qu'à arrêter. Bien sûr. Donc j'en ai parlé aussi assez vite à mes deux compagnons du moment, à mon compagnon et à mon deuxième amoureux, je l'appelle mon deuxième amoureux. Je me souviens très clairement que ça a commencé en décembre et en mars, j'en parlais aux personnes très proches. qui se sont évidemment inquiétés, mais moi je les ai rassurés parce que c'était facile. Et puis ensuite, on n'en a plus parlé. Moi, j'ai continué là-dedans. Je pense que pour eux deux, c'était quand même hyper dur à recevoir comme information. Ils ne savaient pas trop quoi en faire. Et moi, de toute façon, je les ai rassurés. Et c'est en été, je dirais, où ça a quand même commencé à s'accélérer pas mal. Et j'ai commencé à vraiment perdre du poids. assez fort, assez vite. Et en fait, là, ça a ouvert la discussion vraiment, parce que mon compagnon s'inquiétait vraiment. Et en fait, c'était clairement pour lui, à un moment, que je me suis dit, ok, là, je n'arrive plus à le rassurer. Donc, il faut que je fasse quelque chose pour le rassurer. Et ce qui va le rassurer, c'est que j'ai consulté, j'ai vu quelqu'un, donc j'ai quand même encore attendu pas mal. Et ça a amené beaucoup de conflits et c'était vraiment une période de restrictions totales. Donc j'étais complètement obsédée par la nourriture. Et en même temps, j'étais complètement hyperactive dans le sens... Je ne suis pas quelqu'un d'hyperactif, mais dans le sens de faire tellement de choses, de remplir mes journées. Je me suis mise à faire encore beaucoup plus de sports que j'en faisais. Je me suis mise à courir alors que j'étais... toujours détesté courir. Vraiment. J'ai tout de suite arrêté ensuite. C'est vraiment le truc que je ne comprends pas trop. Mais grand bien, ceux et celles qui aiment ça.
- Speaker #0
Je ne vais pas commencer à essayer de convaincre qui que ce soit, mais c'est... Comme plein d'activités, c'est indescriptible. Mais bien sûr. Oui,
- Speaker #1
bien sûr.
- Speaker #0
Moi, j'ai plein de questions qui me viennent.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Ben, évidemment, et puis après, il y a aussi la suite de comment ça s'est fait. Mais déjà, la question quand même qui tourne dans ma tête, c'est à quoi ressemblait, parce que finalement, on a parlé de ton enfance, tout ça, mais c'est vrai que toi, tu as cette particularité d'avoir eu des troubles alimentaires qui ont vraiment explosé tard. Mais du coup, comment tu qualifierais aujourd'hui ta façon de te nourrir, mais surtout le rapport que tu avais avec l'alimentation, avec ton corps ? entre tes 17 et 29 ans, je dirais, parce que tu m'as parlé des jeunes au cours de 17 ans. Est-ce qu'avec le recul, tu te dis qu'il y avait quand même un contrôle du poids qui était là, un peu le truc je fais attention avec un peu une forme de restriction ou pas du tout ?
- Speaker #1
Mais non. Et c'est ça que je trouve aussi très surprenant, moi. Mais vraiment, j'avais pas... J'avais un souci de la forme de mon corps, clairement j'avais des gros complexes et tout ça, mais par contre j'ai jamais essayé de contrôler ce que je mangeais. Et après, je l'explique aussi parce que je grossissais pas, enfin je veux dire j'avais un poids stable, clairement dans les normes, et donc je pense que si je m'étais, je sais pas, pour une raison ou une autre mise à grossir un peu, je pense que ça aurait tout de suite été un gros problème. Mais c'était pas le cas en fait. et du coup vraiment non j'avais aucune restriction,
- Speaker #0
j'avais aucun souci avec ça t'as expliqué le contexte tout le contexte dans lequel sont arrivés les vomissements, les restrictions est-ce que t'as eu la sensation d'une manière ou d'une autre je sais pas comment dire alors la première tri qui venait c'était perdre le contrôle mais tu sais même un peu à... Je ne sais pas pourquoi j'ai le mot qui me vient patauger. Je ne sais pas, ce retour de voyage, le fait de... Est-ce que, après, tu me diras si tu es OK ou pas pour qu'on en parle. Il n'y a pas de souci. Évidemment, tu es libre de refuser de répondre à n'importe quelle question. On est bien d'accord. Est-ce que le fait de tomber amoureuse de cet autre homme a été quelque chose de surprenant, de remuant pour toi ? Est-ce que tu as l'impression qu'il y avait des choses qui t'échappaient, finalement ?
- Speaker #1
Ah mais complètement, ouais. Moi, c'est un moment où j'ai eu très peur de mon futur, enfin de qu'est-ce qu'il allait se passer. Alors, moi, tomber amoureuse, pas du tout, ça ne m'a surprené pas du tout parce que ça m'était déjà arrivé plusieurs fois et puis voilà. Mais par contre, c'était la première fois que... En ramenant ce truc sur la table à mon compagnon, il me dit, « Bon, en fait, ça fait des années que tu vas dans mon sens. » Parce que lui, il me disait, « Ça me fait peur, c'est pas possible pour moi. » Enfin, voilà, on est exclusif, c'était comme ça. Et moi, je tenais à cette relation, donc je me disais, « D'accord. » Et là, c'est la première fois qu'il me disait, « Bon, ça fait quand même des années que tu vas dans mon sens. Peut-être qu'il faut qu'on essaie d'aller dans ton sens. » Et on verra. Mais c'était très, « On verra. » Et ça avait dur, et puis ça a été dur. Donc, oui, oui, ça m'échappe. Enfin, c'était terrifiant. Ouais, moi j'avais très peur de perdre cette relation à laquelle je tiens beaucoup, et puis je savais pas du tout où j'allais, et puis j'avais très peur du regard des autres aussi. Je me souviens d'avoir fait des rêves d'amis qui m'insultaient parce que j'étais infidèle, et voilà, j'avais vachement peur du regard des autres aussi. Donc je pense que oui, c'était très instable, et je crois que j'ai toujours assez bien su où j'allais. j'ai toujours assez c'est bien, ouais je décide d'aller dans telle direction et j'y vais quoi. Et là, j'avais pas trop ça. Je rentrais de ce voyage où j'avais tout tenu moi-même, décidé pour moi-même. Je suis partie avec deux chevaux et un chien et du coup j'étais vraiment dans un… j'étais capitaine du bateau vraiment. Et autant en voyage, évidemment qu'il y a des surprises tout le temps, autant j'étais la seule à… à être confrontée à ça et à prendre les décisions en conséquence. Donc j'avais quand même une sorte de maîtrise de ce que je faisais et de liberté en même temps. Donc en rentrant de ce voyage-là et avec cette histoire avec mon couple, j'étais dans quelque chose où je savais beaucoup moins où j'allais, clairement. J'étais un peu perdue.
- Speaker #0
Ça ne dépendait pas que de toi non plus. J'ai l'impression qu'il y a ça aussi qui était... C'est-à-dire que tu dis « j'ai toujours su où j'allais » , mais en fait, c'est parce que tu prends des décisions, il y a certainement une confiance en toi qui semble bien ancrée, sûrement au gré de tes expériences, mais du coup, là, ce que j'entends, c'est que ça impliquait quelqu'un d'autre qui était OK pour tester, mais qui a bien dit « on verra » , donc ça voulait dire potentiellement, effectivement, perdre cette relation-là. Et en fait, c'est ça, j'ai l'impression que du coup, c'était... tu devenais presque dépendante. Tu vois, en tout cas, ton équilibre, pas toi, mais ton équilibre devenait aussi dépendant beaucoup plus d'autres personnes.
- Speaker #1
Oui, complètement. Et quand ça s'est un peu déclenché, accéléré, c'est aussi un moment où... Et ça paraît anodin, mais moi, je sais que ça m'a énormément marquée, où j'ai eu un accident avec mon cheval. que j'étais en train de travailler pour pouvoir amener justement le pain au marché avec la charrette. Et du coup ça a mis un arrêt net à ce projet là, qui était un peu ma partie du projet pain. Parce qu'en fait mon compagnon lui faisait beaucoup le pain et tout ça, et moi j'avais envie d'amener ça, d'utiliser ce que je connais des chevaux et la relation que j'ai avec eux pour en faire quelque chose d'utile et de constructif. Et en fait, ça a mis un arrêt net et moi je m'en suis aussi énormément voulue parce que c'est un cheval qui avait été maltraité. Et en fait, j'avais l'impression de l'avoir aussi maltraité. Enfin, voilà, j'ai réalisé aussi plein de choses. C'était hyper dur et c'était un petit accident. En fait, il n'a rien eu, mais il a cassé tout le matériel. Et puis surtout, il a eu tellement peur et moi aussi qu'on s'est juste dit non, mais ça stoppe quoi. Et je sais que ça, ça a pas mal joué. Et c'est aussi un moment, vraiment c'est dur à expliquer, et ça reste un peu comme dans un rêve, mais je sais que j'ai eu une journée où j'étais en train de travailler, donc un travail très manuel de faire des box, donc je n'ai pas vraiment besoin de mon cerveau à ce moment-là. Et du coup, mon cerveau divaguait un peu. Et c'est une journée très spéciale où en fait, j'ai comme plein de choses qui sont remontées. Et ce n'était pas des souvenirs qui étaient... Je m'en souvenais, mais en fait, c'est comme si j'ai eu plein de souvenirs de micro-agressions ou de petites choses de ma vie qui ont été...
- Speaker #0
marquantes vraiment négatives qui sont remontées où ils sont tombés dessus d'un coup la même journée des choses qui n'ont rien à voir les unes avec les autres a priori et c'est comme si je les ai un peu revécu tout et je me souviens que c'était ouais c'était une journée je suis rentrée de là j'étais lessivée quoi il y avait un il y a eu un truc très spécial Et tout ça, l'accident, cette journée-là, il y a eu tout ça qui arrivait juste avant le début des troubles alimentaires.
- Speaker #1
Oui, quand tu dis... Pardon, c'est le petit décalage qu'on a entre nous. Vas-y, termine.
- Speaker #0
Non, mais j'ai terminé, en fait.
- Speaker #1
En fait, j'allais rebondir sur ce que tu disais sur les agressions en disant qu'elles n'avaient rien à voir les unes avec les autres. Et j'avais envie de dire, ouais, si ce n'est... qu'il s'agissait d'agression. Et donc, pour moi, le lien, c'est le fait de subir. Et je me demande aussi dans quelle mesure, parce que j'étais en train de me dire, ah, c'est intéressant que ces choses-là se soient imposées à toi à ce moment-là. Et je me demande dans quelle mesure c'est relié au fait qu'à ce moment-là, tu subissais peut-être un peu ta vie à différents égards. J'entends que c'était important pour toi d'amener quelque chose de toi dans ce projet. Je pense qu'il y a quelque chose de très... moteur chez toi de très indépendant et que le la en tout cas c'est ce que je ressens peut-être je suis à côté de la plaque mais que le la sensation de dépendance ou de pas pouvoir faire ton truc était peut-être compliqué et que peut-être qu'il y a eu un cumul de plein de choses de jeu et une impression de subir un peu en tout cas si je te pose ces questions là c'est parce que c'est pas anodin de tout d'un coup se mettre à contrôler ce qu'on mange à vouloir contrôler son corps Et c'est quand même très souvent en lien avec le fait d'avoir l'impression que notre vie nous échappe. Ou qu'une partie de notre vie nous échappe. Tu vois, il y a cette impression de contrôle. Et au moins, je reprends la main sur ce truc-là. Comme quelque chose qui viendrait rassurer, comme presque un doudou bien toxique, mais un doudou, tu vois, quand même.
- Speaker #0
Oui, oui, mais très clairement. Moi, je la ressens aussi beaucoup comme ça. Oui, c'est ça, j'avais moins... En fait, alors, oui, je pense que... J'ai ce côté autonome et d'avoir envie de mener des choses, mais je pense que c'est aussi beaucoup une question de sens, que j'ai besoin d'avoir du sens dans ce que je fais. Et puis là, c'était un peu le bordel. Je ne maîtrisais rien, clairement, et j'étais un peu perdue. Oui, oui, très clairement. Et en fait, assez vite, quand je me suis mise vraiment à me restreindre, assez vite, je disais... particulièrement à mon compagnon, c'est à lui que je parlais, que soit il fallait qu'on me mette à l'arrêt, soit il fallait qu'on m'arrête, soit j'allais me prendre le mur. Et je le ressentais vraiment très très fort comme ça. En fait, c'était comme si j'étais consciente que j'allais droit dans le mur, mais en fait, c'était ce que je voulais. Moi, je rêvais d'un truc, c'était qu'un jour, je ne puisse plus me lever. Et comme ça, que je sois à l'arrêt et que j'ai le droit d'être à l'arrêt. Parce que je me rendais compte que c'est comme si ma vie s'était un peu accélérée, j'avais trop de choses en même temps, que je ne gérais plus rien. Mais en même temps, je n'arrivais pas à m'arrêter. Et j'en étais consciente que toute seule, je n'arrivais pas. Je n'assumais pas, je ne me sentais pas légitime, j'avais peur d'être jugée et tout. Donc je n'arrivais pas à m'arrêter toute seule. Donc je continuais encore plus à fond pour que ce soit quelqu'un de l'extérieur. qui me disent stop ou alors mon corps. Les deux, ça m'allait. Et en fait, du coup, ça faisait très peur à mon compagnon. Donc, j'ai fini par aller voir ma médecin généraliste. Ça faisait un peu moins d'un an. C'était en octobre, je crois. Et en fait, ça a été assez vite où finalement, en mi-novembre, j'ai été arrêtée. Donc, j'ai eu en même temps un début de suivi avec une diététicienne qui était... spécialisée dans les troubles alimentaires qui m'a franchement pas beaucoup fait du bien mais bon voilà c'était déjà un début quoi et puis ma médecin généraliste qui est absolument génial et en fait entre elles elles ont elles ont communiqué entre elles et pour pouvoir parce que la diététicienne ne pouvait pas m'arrêter mais c'était elle qui voulait Voilà et du coup en mi novembre j'ai été arrêtée donc toutes mes activités d'un coup Et tout d'un coup, j'avais le droit d'être sous ma couette et de ne pas me lever. Sauf que... vu que j'allais devoir en parler à mes proches et à mes amis et à mon entourage et que tout le monde allait savoir ça. Mais en fait, moi je me trouvais évidemment pas du tout assez maigre et du coup je voulais que ça se voit. Je me sentais toujours pas légitime en fait. Du coup je voulais que ça se voit, que les gens disent « Ah elle est malade ! Oh la pauvre elle peut rester au lit, elle a le droit ! » Sauf que à mon sens ça se voyait pas du tout. Donc, j'ai continué à fondre dans les restrictions parce que je trouvais que ça ne se voyait pas assez et que je ne me donnais quand même pas le droit de m'arrêter.
- Speaker #1
Donc, tu as continué de perdre du poids après avoir été arrêtée, c'est ça ?
- Speaker #0
J'ai continué, alors pas trop longtemps, mais oui. Et ensuite, on a fait un truc qui m'a fait beaucoup de bien, c'est qu'on a pris trois semaines de vacances et on a été se perdre dans un chalet. loin de tout le monde, pendant les fêtes de Noël et de Nouvel An. Et du coup, justement, je n'avais plus le regard des proches, je n'avais plus le regard de personne, à part de mon chien. Et du coup, alors, j'étais encore en plein dedans, mais il y a quand même eu une bascule où je me suis... En fait, j'avais envie de m'en sortir, là, vraiment. J'avais envie d'arrêter de vivre dans ce... C'est terrible à vivre. Je n'avais plus la force de rien. Je me souviens que j'ai deux chevaux qui étaient chez moi, qui sont toujours chez moi. Et du coup, tous les jours, il faut s'en occuper. Je dois monter un petit talus depuis chez moi pour aller m'en occuper. Et je devais m'arrêter dix fois dans le talus alors que c'est 100 mètres. Parce que je ne pouvais plus. Et je sentais bien que ma vie elle m'échappait et que ça n'avait... En fait que petit à petit je pouvais plus faire les choses que j'aimais. Et du coup oui à ce moment là quand on était perdu dans le Jura j'avais envie de m'en sortir. Donc j'ai commencé à remanger en fait un peu. Après finalement la deuxième partie était la plus dure parce que reprendre du poids c'est le moment le plus difficile vraiment. Mais au moins, j'avais la vie qui revenait un petit peu.
- Speaker #1
Tu as l'impression qu'il y a vraiment eu comme ça deux parties, la descente, la perte de poids, ce moment qui a fait quand même un peu déclic, j'ai l'impression, d'envie en tout cas de retourner vers la vie. Et après, là, tu entamais la deuxième partie qui a duré à peu près aussi longtemps. Finalement, tu dirais que c'est un an, un an ?
- Speaker #0
Oui, exactement. Moi, je le vois comme ça. Et évidemment que la deuxième partie, ça n'a pas juste été hop, je reprends du poids. Il y a eu des moments de restriction de nouveau, mais après, j'ai plus basculé dans la boulimie. Alors j'ai toujours été un peu entre deux, je pense, parce que même dans les restrictions, vu que, en fait, je pense que c'est ça aussi qui m'a un peu sauvée. Alors je n'ai jamais été proche de la mort, je n'ai jamais perdu vraiment énormément de poids, j'ai pas été hospitalisée, enfin voilà. Mais je sais que ce qui a fait que j'ai gardé quand même une envie de manger un peu de temps en temps, c'était parce que j'avais trop de choses qui me tenaient à cœur dans la vie. Et du coup, avant mes entraînements de cirque, par exemple, je me nourrissais parce que j'avais envie de faire cet entraînement. Il y avait plein de moments comme ça. Mais après, c'est clair que des fois, ça en devenait des crises parce que j'avais faim. Et la deuxième... Partie du coup la deuxième année, je dirais que j'étais plus dans la boulimie tout court. J'essayais encore de me restreindre un peu, j'y arrivais plus ou moins, mais après je faisais des crises à peu près tous les jours. Mais je me faisais encore vomir à ce moment-là. Et j'ai quand même repris du poids petit à petit et j'étais quand même suivie. Alors je trouve que c'était quand même pas... Voilà, je ne suis pas tombée sur les professionnels les plus, en fait les mieux formés simplement. J'étais chez une diététicienne que j'ai trouvé quand même pas ouf quoi. Et puis une psychologue qui était super mais qui n'était pas du tout non plus spécialisée. Donc c'était très bien pour travailler d'autres choses. Et puis ensuite, ce qui m'a énormément aidée aussi c'était podcast d'ailleurs. Parce qu'en fait de comprendre comment ça fonctionne c'est quand même... très précieux et ça m'a quand même énormément aidé pour... Quand j'ai décidé que c'était le moment qu'il fallait que je me remette, et bien ça m'a énormément aidé. Et c'est aussi mon compagnon d'ailleurs qui en a écouté énormément et qui a aussi beaucoup mieux pu m'accompagner dans le quotidien parce que c'est clair que c'est lui qui subissait le plus, vu qu'il me voyait tous les jours. Et il y a eu un interview avec Christelle, je ne me souviens plus de son nom de famille, où je me suis dit « Ah, mais en fait, il y a quelqu'un qui est formé et qui habite juste tout proche ! » Et du coup, grâce à ton interview... avec Christelle, je n'ai plus à la rencontrer et du coup elle m'a suivie. C'était vraiment à la fin, c'était vraiment sur les derniers pas de mon rétablissement, mais c'était très très précieux. Parce qu'en fait elle est dans une ville pas très très loin quoi. Donc elle a pu me suivre. Oui voilà.
- Speaker #1
Comment tu as géré du coup ça, cette reprise de poids ? parce que Tu fais très bien de le préciser. En fait, c'est sans doute là que c'est le plus difficile. Tu as cette prise de conscience de dire « Mais non, mais en fait, j'ai envie de vivre. Si je veux vivre, il faut que je remange. Mais si je remange, je vais reprendre du poids pour revenir à un poids d'équilibre. » Et c'est hyper douloureux, en fait. Là, s'engage une espèce de lutte interne pour beaucoup de personnes. Qu'est-ce qui, toi, t'a aidé ? Comment t'as fait ? Comment t'as géré ? Comment ça s'est passé, quoi ?
- Speaker #0
Très sincèrement, je n'ai pas l'impression d'avoir beaucoup géré. C'était hyper dur et puis je pense qu'à un moment juste, je n'avais pas le choix. Je pense que l'anorexie, elle ne m'a pas assez happée pour que je me laisse mourir. Je ne sais pas, l'avenir était plus fort et du coup, je n'ai pas eu le choix en fait. À un moment, j'ai commencé justement à faire plus de crises et juste à avoir envie de vivre. Mais je n'ai pas l'impression d'avoir vraiment géré quoi que ce soit en vrai. J'étais pas à pas. J'ai eu une phase où je tenais bon parce que je savais qu'ensuite j'allais pouvoir... En été, je partais en stage en France, loin de chez moi. Et du coup, je me raccrochais à l'idée qu'à ce moment-là, quand plus personne me verrait, je pourrais reperdre tout ce poids-là. Ce que j'ai un peu fait, mais en même temps, j'étais quand même pleine de comps. Enfin, j'avais plein de comps de pulsion en même temps. J'ai quand même pas mal reperdu du poids. Bref, en fait, le fait d'être entourée, je pense aussi, ça fait qu'il y a un œil extérieur où je ne me permettais pas. En fait, j'ai toujours eu tellement peur de faire du mal aux personnes qui sont autour de moi que je pense que c'est aussi beaucoup ça qui a fait que je me suis laissée remanger. Parce qu'en fait, ça a créé vraiment de la souffrance autour de moi aussi, d'inquiétude. Et comment j'ai géré ? Je dirais que je n'ai pas géré l'été. Quand j'ai vraiment, à partir de décembre, j'ai commencé à reprendre un petit peu de poids. L'été d'après, c'était vraiment un été horrible parce que je sentais aussi au niveau de mes humeurs que c'était la catastrophe. Je ne gérais plus rien, j'ai passé les pires vacances de ma vie. Et je pense que... qu'ensuite je suis repartie en voyage à cheval, alors pas longtemps, mais c'était en septembre, octobre, novembre, quelque chose comme ça. Et du coup il fait froid, du coup je ne me déshabille pas. Et en fait je me lave peu, je ne me bois pas en fait. Et du coup ça a été super pendant un temps, parce que j'ai trouvé beaucoup plus de sérénité, parce que je ne me voyais pas, je ne me regardais pas. Et j'étais dans quelque chose de beaucoup plus intime. temps, enfin voilà, j'étais dans la réalité du moment quoi. Par contre, je me souviens très clairement d'un jour où j'ai été prendre une douche, je me suis retrouvée devant un miroir et là ça a été terrible parce qu'en fait j'ai pris... Je pense aussi que je me suis vue telle que j'étais mais j'avais pas eu la transition et ça c'était hyper violent mais là j'étais accompagnée justement par Christelle, j'étais accompagnée par mes proches Bye ! Voilà, je me suis effondrée, mais pas longtemps. Et puis après, il fallait continuer. Et puis au final, en fait, un an après, c'était fini. Enfin, un an après, je me souviens d'une semaine clairement, presque du jour même, ce qui n'a aucun sens, parce qu'en soi, c'est un chemin hyper long. Mais je me souviens presque du jour même où je me suis dit, ah ben là, c'est bon. En fait, j'ai retrouvé l'harmonie. Je suis de nouveau sereine avec moi-même. Et c'était fou.
- Speaker #1
du coup je suis curieuse comment tu l'as définie cette harmonie qu'est-ce qui t'a permis de te dire ça. C'est le cumul de quoi et quoi et quoi qui te permet de dire, bah tiens, ça y est, j'ai retrouvé l'harmonie.
- Speaker #0
Mais c'est juste de retrouver... Ouais, moi j'ai l'impression d'avoir une paix et une harmonie, mais c'est entre mes voix intérieures. En fait, j'avais plus le conflit de me dire mange, non, mange pas. Ouais, d'autoflagellation, non pas d'autoflagellation, oui, j'étais plus violente envers moi-même en fait, j'avais plus deux entités en moi qui se battaient en permanence, un pour survivre et l'autre pour perdre du poids à tout prix, enfin j'avais plus ça. Et ça c'est venu évidemment vraiment pas à pas, mais il y a un jour où je me suis dit mais en fait elles se sont tuées mes voix là. Et du coup c'est ça l'harmonie, c'est juste...
- Speaker #1
en fait qu'il n'y ait plus de bruit dans ma tête oui oui évidemment la guérison c'est pas fait comme ça, c'est pas un jour tout d'un coup ça va mieux, c'est la prise de conscience que ça va mieux qui est arrivée ce jour là mais sans doute que ça s'est fait très progressivement oui,
- Speaker #0
vraiment et il y a un truc aussi important que je dois ajouter c'est que je me sentais justement pas capable de m'arrêter toute seule. Je devais absolument faire des choses, et de plus en plus, et d'être productive. Et en fait, ce qui est très difficile, c'est que moi j'ai toujours été très très très fatiguée dans ma vie. Depuis tout au temps, aussi loin que je me souvienne, mes parents m'amenaient chez le médecin parce que j'étais fatiguée. J'ai toujours été très fatiguée, et j'ai toujours lutté là-contre, parce que je me suis toujours considérée comme flemmarde. Parce qu'il y a beaucoup de fois où... sortir du lit, faire des choses, se motiver pour faire quelque chose, c'est hyper dur parce que j'ai l'impression que moi... D'ailleurs ça aussi c'est une métaphore qui est aussi intéressante, c'est que j'ai l'impression que mon corps pèse une tonne parce que je suis fatiguée en fait. Parce qu'il y a un truc qui m'appuie dessus quoi, comme up. Et du coup, le fait de perdre du poids, j'ai déjà l'impression que ça m'allégeait. Mais aussi... Mais bon ça marchait pas du tout parce que j'étais encore plus fatiguée. Mais voilà, il y a vraiment quelque chose d'avoir envie de... d'être productive et de faire des choses alors que je suis en lutte contre moi-même en permanence quasiment. C'est par période, mais il y a des périodes où je suis extrêmement fatiguée. Et en fait, j'ai appris cette année, enfin l'année passée, en septembre, que je suis narcoleptique. Et en fait, à 31 ans, j'ai enfin compris pourquoi depuis toute petite, je suis si fatiguée. C'est qu'il y a une raison. Et du coup, le fait de savoir aussi maintenant que je ne l'ai pas inventé. Et en fait, oui, je lutte contre un truc et ça fait un bien fou, quoi. Juste de le savoir. Alors, il n'y a pas de solution. On ne peut pas guérir, voilà. Mais au moins de le savoir. Et moi, je pense que ça met un éclairage aussi sur cette période-là où en fait, je ne comprenais pas trop ce qui m'arrivait. Mais en fait, j'avais besoin que quelqu'un me dise de l'extérieur, tu as le droit de t'arrêter. Et puis pour ça, vu que moi je n'arrivais pas toute seule, je me suis dénutrie. Et puis voilà.
- Speaker #1
C'est vrai que la lutte contre toi-même, elle était très... Dans ce que tu as raconté tout à l'heure, j'ai trouvé ça criant en fait. Effectivement, de ressentir une bataille très très forte. C'est fou. Je suis curieuse, même si ça n'a pas grand-chose à voir avec les TCA, mais c'est intéressant parce que c'est ton histoire. Qu'est-ce qui a permis que tu sois enfin diagnostiquée ?
- Speaker #0
Mais en fait, ça aussi, ça demande une confiance en soi, finalement, que c'est difficile à trouver, parce qu'il faut insister, en fait, simplement. Il faut insister, insister. Parce que du coup, mes parents m'amenaient chez des médecins aussi, qui étaient plutôt de la médecine alternative, donc qui allaient plutôt dire que c'était peut-être un truc psychologique ou de développement et tout ça. Moi-même, alors j'ai attendu pas mal d'années parce que moi juste aller chez un médecin c'était pas trop concevable. Enfin je sais pas, pour moi c'était être un peu faible d'aller chez un médecin. Moi j'avais pas de médecin généraliste pendant des années, j'allais pas chez le médecin simplement. Moi je suis autonome, je me débrouille. Et du coup j'ai trouvé une médecin qui est vraiment géniale, ça m'a donné envie quand même de lui en parler. Donc on a commencé un peu à faire des recherches, puis finalement... Assez vite elle m'a dit mais y'a rien, y'a rien physiologiquement tout va bien quoi. Et du coup elle m'a envoyé chez une fille. parce qu'on s'est dit bon bah peut-être que c'est voilà c'est plus psychologique et tout et c'est difficile de pas adhérer parce qu'en soit je sais que je suis moi je vis des émotions très très fort je suis ultra sensible et et du coup je me dis bah oui peut-être que c'est ça en fait la gestion des émotions ça me demande beaucoup bon c'est difficile de se dire non c'est pas ça puis en même temps par période chaque fois je me disais mais non mais c'est beaucoup trop physique enfin genre alors ce qui est ça peut être somatique mais enfin voilà Et en fait, j'ai simplement insisté. Et une fois, je suis tombée chez la bonne personne. C'est souvent une histoire de rencontre, je pense. Parce que ma médecin m'a envoyée chez un pneumologue pour tester les apnées du sommeil. Et ce pneumologue, qui est pourtant un vieil homme, que moi, j'ai tout de suite eu un jugement négatif sur son professionnalisme. Je me suis dit, bon, lui, de toute façon, il va me dire que je n'en ai pas des apnées, parce qu'il me semblait que je n'en avais pas. Et puis, il va me renvoyer chez moi. Et puis, voilà. en me tapant sur l'épaule, en me disant ma petite dame vous avez rien du tout. Et en fait, avant de me donner mes résultats, il m'a fait m'asseoir et il m'a dit mais qu'est-ce qui vous amène vraiment ? Alors je lui ai raconté en fait, je lui ai raconté mon quotidien, je lui ai raconté comment je dois lutter, comment je dors des fois 12 heures par nuit et puis en fait je suis encore fatiguée. Et lui il m'a dit mais bon, alors vous n'avez pas d'apnée du sommeil, mais ce que vous me racontez c'est quand même, ça doit être vraiment handicapant. Et après 30 ans, je pense que c'est le moment qu'on investigue. Voilà, c'est comme ça qu'on dit. Et du coup, il m'a envoyée au centre du sommeil, où là, ils font des tests vraiment poussés. J'ai passé 24 heures au centre du sommeil, et là, j'ai pu avoir enfin un diagnostic. Sans vraiment de solution, mais ça fait du bien, en fait.
- Speaker #1
Ouais, je comprends. Je comprends qu'il n'y ait pas... Ok, il peut y avoir aussi une frustration sur le fait qu'il n'y ait pas de solution, mais au moins... C'est vraiment ça, j'avais l'impression tout à l'heure dans ce que tu décrivais. il te fallait une bonne excuse tout comme tu sais quand tu disais j'étais pas assez maigre comme si il te fallait une bonne excuse avec d'énormes guillemets pour rester au fond de ton lit tu vois c'est vraiment très parlant d'une lutte là ok il y a ce diagnostic qui est posé c'est hyper important comment tu qualifierais ta vie aujourd'hui notamment le rapport que tu as à l'alimentation et à ton corps et à l'image de ton corps ? Parce qu'il y a plusieurs choses. Il y a le rapport à ton corps, mais aussi à l'image que tu as de lui.
- Speaker #0
Alors, si je décortique, je dirais que pour ma vie en général, je la trouve super. Ça reste la vie, donc il y a plein de choses difficiles, mais c'est super. Mon rapport à la nourriture, il est vraiment redevenu complètement serein et ça fait un bien fou, vraiment. C'est tellement plus de temps. et d'énergie pour d'autres choses. C'est vraiment fou. Et puis, mon rapport au corps, alors, effectivement, mais comme je disais au début, je pense que je le vois plus maintenant comme un... Ouais, plus qu'un véhicule, parce que j'ai quand même un rapport à mon corps qui est beaucoup plus... Il y a quand même un lien de respect et d'attachement. Donc, c'est plus qu'un véhicule. Mais je vais quand même utiliser le mot véhicule parce que je ne sais pas quoi trouver d'autre. Donc, c'est un... un véhicule ou un outil qui me permet de faire les choses que j'aime en fait simplement. Et ça je le vois vraiment comme ça au quotidien. Et du coup j'essaye d'en prendre soin pour qu'il puisse toujours me permettre de faire des choses chouettes. Il morfle un peu des fois parce que je sens quand même que j'ai tiré dessus pour beaucoup de raisons, pas que par les TCA mais aussi. Mais du coup j'essaye maintenant vraiment d'en prendre soin pour ça en fait, pour qu'il puisse continuer à me faire vivre des choses super quoi. Et après l'image de mon corps elle est pas du tout toute rose, c'est vraiment pas... Voilà, quand je me regarde dans le miroir je me dis pas waouh, mais en même temps ça a juste plus tellement d'importance. Et il y a des jours où je me sens belle mais plus par ce que je dégage je pense ou par... En fait quand je me sens confiante et libre et joyeuse, ben là je me sens belle, mais ça n'a rien à voir en fait finalement avec la forme de mon corps. Et puis la forme de mon corps, je l'aime toujours pas tant, mais ça a vraiment plus tant d'importance. J'ai rencontré un autre homme avec qui j'ai une petite histoire, et je sens que le regard des hommes me pèse beaucoup encore, et que quand je me retrouve face à quelqu'un, j'évite des petits réflexes qui reviennent. Mais je sais tellement bien que je vais tout y perdre, que je n'y vais pas en fait. Donc j'ai envie de me restreindre, j'ai envie, j'ai eu, dernièrement, avec cette rencontre, j'ai eu quelques jours où j'avais un peu des compulsions. Avant même de m'être restreint d'ailleurs. Mais juste, je sais tellement tout ce que j'ai à y perdre que j'arrive à me dire que... Ouais. En fait, je préfère arrêter cette relation si c'est ça que ça m'apporte plutôt qu'y aller, quoi.
- Speaker #1
Il y a quelque chose quand même de très... qui semble pas mal relié à... Effectivement, à la relation aux hommes, à la rencontre masculine, au regard masculin posé sur ton corps.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. Et je pense qu'il n'y a pas vraiment d'explication à part celle que l'on vit dans cette société, quoi. En tant que femme, c'est... Voilà, on a tellement façonné à être vue, regardée et jugée par les hommes, par le regard masculin, que c'est difficile de s'en échapper. Et je trouvais d'ailleurs intéressant ça, donc quand j'ai eu cette première longue relation avec... Donc je suis avec Yacine, qui est mon compagnon, vraiment, maintenant on vient de fêter nos 10 ans. Et puis j'ai eu une histoire justement pendant deux ans avec cet homme et avec qui ça a remis les choses en question avec Yacine. Et en fait j'ai réalisé à ce moment-là, parce que ce deuxième homme, en fait lui il me faisait beaucoup beaucoup de compliments. Et j'étais en plein dans les TCA à ce moment-là. Mais peu importe je pense, que je l'y sois ou pas, il me faisait énormément de compliments. Et en fait plus je lui disais que j'aimais pas mon corps et que c'était compliqué et que voilà. plus il me faisait de compliments. Et en fait, j'ai réalisé que Yacine, mon compagnon, lui, en fait, il ne commente pas mon corps, simplement. Et du coup, faire des compliments pour rassurer, moi, en tout cas, dans mon cas, ça ne marchait pas du tout. Ça faisait même l'effet inverse. Alors, clairement, si en plus, on me faisait des critiques, je pense que ce serait encore pire. Mais là, en fait, je suis autre chose qu'un corps. Et le fait que chaque fois, il me ramène à ça, et que... En plus, j'ai vu que j'étais en plein dans l'été, j'étais vraiment en restriction. Je me disais, ça veut dire qu'il ne faut vraiment pas que je reprenne de poids. Donc, ça n'aidait pas du tout. En fait, le fait que mon compagnon me voit pour tout le reste, et de temps en temps, il va me dire qu'il me trouve belle, mais je sens dans son regard qu'il ne va pas jamais me scruter, mais même m'admirer. Je ne sais pas comment dire, il ne va pas regarder mon corps comme un truc à part de moi. Et ça, c'est vraiment précieux.
- Speaker #1
C'est très important ce que tu dis, effectivement, parce qu'on peut croire que c'est aidant. J'avais fait un épisode spécifique pour les proches qui accompagnent des personnes qui ont des TCA, et je crois me souvenir que j'en parlais, j'espère en tout cas, de ça, et du fait qu'on a l'impression qu'on va être aidant en rassurant, alors que je pense que le plus aidant qu'on puisse faire, c'est de permettre à la personne de se détacher. Et ça fait écho avec ce que tu as parlé sur ton voyage, ton deuxième voyage, tu sais, avec les chevaux, où tu disais, ok, ça a été hyper violent le moment où tu t'es revue dans le miroir. Il n'empêche que je pense que ça a été hyper important que tu traverses cette phase pendant laquelle tu ne savais pas à quoi tu ressemblais. En fait, tu t'es détachée de ça, de l'image de ton corps. Et tu as certainement vécu les meilleurs moments. par rapport aux deux années écoulées que tu venais de vivre. Et en fait, c'est ça qui est vachement important. Et c'est marrant, c'est un truc que j'ai entendu plusieurs fois dernièrement. Et là, très récemment, j'écoutais un podcast sur... J'en ai parlé sur mes réseaux, mais c'est Encore Heureux de Camille Test. C'est un podcast sur lequel il est question de... Qu'est-ce qui nous rend heureux ? Et finalement, la poursuite de la réussite, est-ce que ça nous rend heureux, tout ça ? Et en fait, à un moment donné, il y a une chercheuse qui parle de ça et qui parle de l'importance, pour être heureux, de s'oublier à un moment donné, de ne pas être focus sur soi. Et ça peut être sur soi, sur plein de niveaux, mais aussi sur cette question du corps. Et je crois que les proches, le mieux qu'ils puissent nous apporter, c'est de valoriser tout ce qui est autre que notre enveloppe corporelle, quand on traverse. des TCA. Mais même sans traverser des TCA, tu veux, à mon sens, si on veut faire grandir des enfants et les emmener vers un épanouissement, je pense qu'on a tout intérêt à les valoriser sur plein d'autres choses que leur corps, en fait, tu vois, de ne pas être sur des choses physiques.
- Speaker #0
Mais surtout que c'est la chose sur laquelle on n'a pas de prise. Donc, en fait, ce n'est pas valorisant de recevoir un compliment sur son corps. Merci, mais je n'y peux rien. Enfin, ouais, en fait... C'est comme quand... Peut-être que ça n'a rien à voir, mais moi, on a un très beau chien, et le nombre de fois qu'on me dit « Il est beau votre chien » , je réponds « Quoi ? » Je dis « Merci ? » « Ben non, c'est pas moi qui l'ai fait. » Le corps, c'est un peu pareil. En fait, on peut travailler sur plein de choses, mais notre corps, il est comme il est. Donc, recevoir un compliment sur notre corps, ce n'est même pas vraiment valorisant, je trouve.
- Speaker #1
Et en plus,
- Speaker #0
effectivement, ça nous ramène à un truc physique qu'on n'a pas envie, qu'on n'a pas besoin de ça. Moi, j'ai le souvenir d'une personne que j'ai accompagnée qui, petite fille, recevait des compliments sans arrêt sur son physique. Elle disait vraiment... Il y avait en plus un truc dans la fratrie, elle, c'était la jolie. Il y a un truc identique. Elle colle sur le front, tu es belle. En fait, elle enregistre en tant que petite fille que sa valeur repose là-dessus. Il ne faut surtout pas le perdre. Elle a eu des troubles alimentaires très, très tôt. Parce qu'en fait, il y avait une petite fille. à ne surtout pas perdre ça donc ouais ouais c'est vrai que c'est c'est important on peut imaginer que les compliments c'est forcément positif moi le propre non vraiment pas non et moi j'avais aussi un en
- Speaker #1
fait un truc que j'ai oublié là c'est que j'ai eu un gros grand mal à je sais pas vraiment si tu as un lien avec ce qu'on vient de discuter mais je sais pas ça m'a fait penser à ça quand même en fait Peut-être le plus dur dans le fait d'accepter que j'ai des TCA, pour moi, ça a été la honte de me dire « mais moi, je suis détachée de ça. Moi, l'apparence, tout ça, je suis détachée de ça. Moi, je suis féministe, j'ai grandi dans une famille où on se baladait à poil dans la nature. L'apparence, vraiment, ça n'a aucune importance. » Et en fait, quand j'ai réalisé que ça avait une énorme importance, et que c'était en train de modifier ma vie complètement. Mais en fait, j'ai eu super honte. Et du coup, j'avais beaucoup de mal à en parler parce que... Et d'ailleurs, la plupart de mes amis étaient plutôt surpris parce qu'ils disaient « Mais toi, toi, tu as de l'anorexie ! » Enfin, ça n'a aucun sens. Alors qu'ils me voyaient tous, et moi-même, je me voyais comme ça, comme quelqu'un de hyper détache des apparences, quoi. Mais en fait, on est tous dans la même société. Et en fait, on a les mêmes... Enfin, je ne sais pas, moi-même... Même si j'ai l'impression d'avoir grandi dans une famille un peu alternative, dans une école alternative, en fait, je suis dans la même société que tout le monde. Et il y a les mêmes billets partout. Donc, je ne t'ai pas détachée de ça. Ça m'a vraiment... Ça a été très, très dur d'en parler au début à cause de ça. J'avais honte.
- Speaker #0
Je comprends ce que tu veux dire. Peut-être même... C'est vrai que ça a créé... Sans doute, ça a créé beaucoup de dissonance en toi. Mais quelque part, ça rajoute une difficulté. Tu vois ? aussi. Alors que pour moi, c'est une évidence que ouais, on a beau... Alors quand même, je pense que c'est aidant et c'est pas anodin que ça n'ait duré que deux ans chez toi aussi, tu vois. Peut-être quand même que cette base féministe, tu vois, toute cette nourriture intellectuelle et tout que t'avais eue, a été quand même une base solide pour pouvoir... de te raccrocher au fait que tu n'es pas que ça, tu n'es pas qu'un corps. Et que justement, moi j'entends dedans qu'il y a eu beaucoup de pulsions de vie dans ton parcours et d'accroches fortes à des choses qui n'ont rien à voir avec la forme de ton corps, des choses que tu aimes simplement vivre. Et ça, ce n'est pas forcément le cas. Moi, je vois beaucoup de femmes qui se sentent vides sans le trouble alimentaire parce que... Parce que tout a vraiment tourné autour du corps. En franchant, je pourrais m'inclure là-dedans. Tu vois, moi, les Tesséas, ils ont été là dès mon enfance. Et j'ai vécu vraiment dans une famille où il y avait beaucoup de troubles alimentaires et où le culte du corps était très, très important. Et moi, j'ai été nourrie par le féminisme très tard. Donc, en fait, dans ces cas-là, je pense que ça peut rester accroché peut-être plus longtemps. Je pense quand même que j'entends que ça a été une difficulté supplémentaire. Mais par ailleurs, je me dis...
- Speaker #1
c'est un bon socle pour toi quoi tu vois bien sûr est vrai mais heureusement que j'ai pas je n'ai pas je pas qu'ils aient pas eu ce déclenchement à mon adolescence parce que je la salle était terrible et encore j'avais déjà quand même peut-être une base un peu solide et sympa mais mais mais clairement à 28 ans bien entouré avec en ayant eu des vécu des expériences où j'ai ressenti en fait en moi déjà que j'ai de la force en fait, que j'ai de la valeur, que je peux faire des choses folles et tout. En fait, ça, ça fait que le trouble alimentaire, il ne s'est pas accroché à moi trop fort. Je pense que j'ai réussi à le dégager quand même assez vite, effectivement, parce que j'avais ça. Mais heureusement que j'étais déjà plus âgée, que j'avais déjà un bagage. Et c'est aussi... Enfin, je suis quand même là en train de raconter ça parce que en fait, ça arrive vraiment à tout le monde à tout âge. Et justement en étant féministe, en étant... Je sais pas, même en ayant un peu... Non, j'ai pas étudié, c'est pas vrai, j'ai pas vraiment étudié le rapport à la nourriture ou au corps, mais je veux dire, j'ai été quand même sensibilisée, enfin... Même en vivant tout ça, on est dans une société tellement pourrie que ça peut quand même nous accrocher. Et moi, c'est beaucoup ce que Christelle... Je pense qu'un des déclics assez forts grâce à Christelle, c'est peut-être le truc le plus fort qu'elle m'avait dit. C'est juste... Parce que moi, je cherchais les causes très profondes. Moi, je cherchais des choses... Moi, je pensais que j'avais des... de l'amnésie traumatique. J'avais besoin d'une réponse très forte à pourquoi j'étais là-dedans. Elle m'a dit, tu vis dans cette société. Il n'y avait pas besoin de chercher plus loin. Ça donne le droit à tout le monde d'être dans une situation difficile.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis parce que je trouve que ça montre plusieurs choses. c'est que le trouble alimentaire, ça reste une vraie pathologie mentale. Et que, contrairement, tu l'as cru aussi au début, on pense pouvoir garder la maîtrise. En fait, non, il y a quelque chose qui s'installe et qui emporte. Et même avec la meilleure volonté du monde, c'est compliqué quand même de s'en sortir seule. Et donc, c'est une vraie pathologie mentale et qui peut emmener aussi une femme de 28 ans. Tu vois, ce n'est pas juste un truc d'adolescente. mais je vais complètement dans le sens aussi de ce que disait Christelle, moi c'est un peu mon cheval de bataille, l'idée pour moi, ce n'est pas d'enlever toutes les autres causes qui vont être plus individuelles et qui vont être liées à une histoire et à du trauma, mais c'est aussi rappeler qu'il n'y a pas besoin de ça en fait, qu'on peut vraiment sombrer dans les troubles alimentaires, juste, je mets d'énormes guillemets, juste à cause de la société dans laquelle on vit, mais en fait, il faut quand même voir la place que ça prend et dans quelle place ça met les femmes, et voilà. Et puis... J'irais même plus loin, même quand c'est des causes a priori individuelles qui sont dans l'enfance souvent reliées à des violences sexuelles, c'est aussi très en lien avec la société dans laquelle on vit, malheureusement, complètement écrasante, en fait, pour les femmes et les enfants. Donc, oui, je pense que c'est un trouble qu'on... Moi, je me souviens qu'on m'avait sorti ça de manière... C'est vachement agréable quand t'es en plein dans les troubles alimentaires et que tu galères avec ça depuis, genre, pas loin de 20 ans. Mais que c'était vraiment une maladie de riche. C'est un trouble. En fait, c'est une pathologie qui est très liée aux sociétés capitalistes. Effectivement, capitaliste et patriarcale. Maladie de riche, je ne sais pas, mais maladie de capitaliste, il y a moyen.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Est-ce qu'on a fait le tour, tu penses, de ce que tu avais envie d'aborder avant que je te pose ? la dernière question ? Ou est-ce qu'il y a des choses que tu n'as pas eu l'occasion d'amener et qui étaient importantes pour toi ?
- Speaker #1
On n'a peut-être pas parlé beaucoup de ce qui m'a vraiment aidée, si quand même, bien sûr un peu, mais je pense que j'ai presque envie de dire, c'est presque plus la prévention que vraiment quand on est en plein dedans, parce que quand on est en plein dedans, c'est compliqué, mais de faire le tri. dans ses proches et ses relations. Quand on est en plein dans les troubles, c'est quand même vraiment plus difficile parce qu'il n'y a plus de confiance en soi et on ne sait plus très bien ce qu'on peut choisir pour soi ou pas. Mais au final, on a quand même toujours des moments de plus de lucidité ou de confiance. Et s'il y a quelqu'un, des proches qui ne nous font pas du bien, même pour des petits détails, on n'a pas besoin de leur en vouloir. On n'a pas besoin de leur... leur rejeter toute la faute du monde dessus, mais juste pour des petites choses, des petites remarques. En fait, c'est un moment où on peut se détacher d'eux. Et moi, j'ai eu une amie qui, dans toute sa bienveillance, elle-même, elle était, en fait, moi je pense qu'elle est un peu dans les troubles alimentaires, ou en tout cas, elle normalise beaucoup de choses. Et simplement, ça m'a fait du mal de recevoir quelques questions et quelques remarques de sa part, dont je n'avais vraiment pas besoin à ce moment-là. Et je l'ai juste vu un peu moins pendant ce temps-là. Et en l'occurrence, maintenant, c'est toujours une super amie, mais c'est un sujet sur lequel je ne vais pas. Et voilà. Donc, de s'entourer de personnes qui... Mais c'est facile à dire, je dirais. Je ne veux pas faire la morale aux gens du tout. Mais moi, personnellement, c'est quelque chose qui m'a fait énormément de bien. C'est d'être bien entourée de base, déjà, d'avoir vraiment des super amis, des gens qui ont juste écouté. Et puis que les quelques personnes... qui me faisaient moins de bien, je les ai juste mis un peu plus à distance pendant un temps. Et c'est tout. Et ce n'est pas la fin du monde. Et vu que ce n'étaient pas des gens à qui je reprochais des grandes choses, en fait, c'est toujours mes amis. Donc, ça va.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que t'aimerais dire aux personnes qui nous écoutent ? J'aime bien terminer par cette question, qui sont peut-être elles-mêmes en plein dans les troubles alimentaires actuellement, et peut-être qui n'en voient pas le bout.
- Speaker #1
Moi, je dirais, je trouve que c'est une question hyper difficile, parce que je sais à quel point, quand on est dedans, on a un peu l'impression que, justement, il n'y a rien qui fonctionne. Mais en fait... C'est tout banal et tout le monde le dit, mais il faut y croire je pense aux petites choses, des petites choses qui font que petit à petit en fait on en sort. Et ça peut être des trucs très concrets. Moi je me souviens le jour où j'ai descendu mon miroir à la cave et puis où j'ai décidé de mettre ma balance dans un endroit où... de faire le choix de ne plus l'utiliser, je l'ai un peu caché, alors je savais où elle était donc je n'étais pas une grande cachette, mais voilà, des petites choses comme ça. La fois où je n'ai pas été courir parce qu'en fait j'étais trop fatiguée et que je me suis répétée en boucle que c'était ok de se reposer en fait, et se forcer un peu à changer en fait des petites choses dont sa perception est dans son cerveau pour que ça devienne des normalités en fait. que la paix elle devienne normale en fait. Ouais je dirais que qu'il n'y a pas aussi, il n'y a pas de... On est les seuls à savoir si on est légitime ou pas. On est les seuls à savoir si on est en souffrance ou pas. Et il n'y a pas besoin de faire un certain poids, de renvoyer une certaine image. Moi ça aussi je me souviens la première fois que j'ai été un cercle de paroles. En fait j'y allais vraiment en me disant à chaque page... je me disais mais je suis pas assez maigre pour y aller, j'ai pas le droit d'être là quoi. Et je suis arrivée et en fait il y avait tous les corps. Et on était toutes là. En fait personne n'a envie de prendre cette place si on n'est pas en souffrance. Enfin je veux dire, personne qui va aller dans un cercle de parole pour personne anorexique, s'il se sent pas bien, enfin c'est pas un loisir quoi. Du coup si on y va c'est pas pour rien en fait. Il faut croire en ça. On est les seuls à être légitimes, de savoir si on se sent mal ou pas, même si ça ne se voit pas. Puis continuez d'y croire, parce que ça va aller.
- Speaker #0
Merci beaucoup, c'est trop chouette. Là, je me suis dit, c'est dommage, ce n'est pas en vidéo, les personnes ne verront pas ton sourire après avoir dit ça. On va continuer d'y croire, parce que ça va aller. Parce que ton sourire en dit long. Mais je pense que ça s'est bien ressenti dans ton témoignage aussi. Et voilà, je te remercie pour ce partage. Je te remercie pour plein de raisons, parce qu'effectivement, ton témoignage, il est atypique, dans le sens où ça ressemble moins aux témoignages que j'ai d'habitude. Et du coup, tous les témoignages ont une grande valeur, de toute façon. Mais là, c'est vrai que je me dis, tiens, peut-être que... Il y a des personnes qui ne se reconnaissaient pas totalement dans d'autres témoignages qui vont pouvoir y trouver autre chose. Et puis aussi parce que moi, je trouve que tout au long de notre échange, tu as amené plein de choses, en fait. Tu vois, à la fin, tu disais, j'ai l'impression de ne pas trop avoir dit ce qui m'avait aidé. Moi, j'ai entendu plein de choses. Et je suis sûre que les personnes ont entendu aussi ça. Donc, c'est trop chouette. Et puis, c'était un peu ce que tu m'avais dit quand tu m'as écrit aussi pour venir témoigner.
- Speaker #1
effectivement c'est trop chouette parce que tu viens témoigner de d'une guérison du fait que ça va aujourd'hui et du coup je sens que c'est profond et ça aussi j'ai envie de le dire c'est que moi j'osais pas dire que je j'osais pas dire à mon entourage maintenant c'est bon je suis guéri parce que j'avais peur qu'on me dise ce sera quand même toujours une fragilité c'est ce sera la fin qu'ils allaient pas me croire en fait mais moi je crois moi je sens que c'est vrai Ça ne veut pas dire que je ne vais jamais ressembler dedans, je n'en sais rien, mais je sens profondément que je suis guéri.
- Speaker #0
Oui, je comprends complètement ça. Je partage ça. Merci beaucoup pour le temps que tu m'as accordé, que tu nous as accordé.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toi, parce que clairement, tu m'as vraiment beaucoup aidée dans tout ce parcours. Et puis, j'aimerais aussi remercier les gens qui ont témoigné, parce que ça m'a aussi beaucoup aidée. Donc, toutes les personnes qui... que tu as interviewé, qui vont témoigner. En fait, ça fait du bien de pouvoir entendre d'autres histoires, même si c'est dur parfois. Et toutes les personnes qui t'aiment, en auront encore. Moi, je les écouterai en tout cas.
- Speaker #0
Très bien. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Un grand merci à toi qui est encore là à la fin de cet épisode. Comme je te le dis souvent, ton soutien est super important. C'est même ça qui permet au podcast d'exister encore aujourd'hui. Alors, si mon contenu t'apporte de l'aide d'une quelconque manière que ce soit, sache que tu peux m'en redonner à ton tour. Pour ça, il y a plusieurs façons de faire. Tu peux tout d'abord partager le podcast, en parler autour de toi, à tes proches mais aussi à des professionnels. Tu peux laisser 5 étoiles, notamment sur Spotify ou Apple Podcast. ou laisser ton meilleur commentaire. Mais depuis peu, j'ai aussi apporté une nouveauté qui te permet de me soutenir encore plus concrètement avec de l'argent. Effectivement, tu trouveras en description de cet épisode un lien qui te permettra de faire un don à la hauteur de ce que tu trouves que ce podcast t'a apporté. Merci, merci beaucoup. C'est grâce à ton soutien que ce travail va pouvoir continuer. Je te souhaite de prendre soin de toi autant que ce sera possible et je te dis à très bientôt sur un nouvel épisode. Ciao !