Speaker #0Bienvenue dans TCA, etc., le podcast qui décrypte les troubles des conduites alimentaires et tout ce qui gravite autour, parce que ça n'est jamais seulement qu'une histoire de bouffe. Je suis Flavie Milsono, et j'accompagne les mangeuses compulsives à devenir des mangeuses libres bien dans leur basket. Alimentation, peur du manque, insatisfaction corporelle, peur du jugement, du rejet, empreinte familiale, grossophobie, les sujets abordés dans ce podcast sont très vastes, et pour ce faire, mes invités sont aussi très variés. Retrouvez-moi aussi sur Instagram où j'aborde tous ces sujets au quotidien sur Flavie.m TCA. Très belle écoute ! Bonjour et bienvenue dans un nouvel épisode d'un pas de côté sur TCA etc. Épisode comme d'hab où je vais marcher pour enregistrer et aujourd'hui vous n'entendrez pas de grosses gouttes de pluie. Mais peut-être des tailleux haies derrière moi, puisqu'on a l'impression que le printemps s'est installé d'un coup, d'un seul. En sachant que... Bon, je fais juste un point météo, vous inquiétez pas, ça va pas être le sujet de cet épisode. Mais en sachant que je vis en Maine-et-Loire et que donc on vient de traverser des inondations de la moerté. Et que donc voilà, on est toujours d'ailleurs en vigilance inondation. Mais il fait genre 18 degrés avec un immense ciel bleu. C'est à n'y rien comprendre. Et donc justement, puisque vous le savez, dans ces épisodes, je me laisse complètement porter, eh bien j'avais une idée du sujet dont j'allais vous parler aujourd'hui. Une idée, mais pas forcément d'idée de comment j'allais le développer, parce que j'adore me laisser complètement porter. Et en fait, ce temps complètement dingue qu'on a, qui est arrivé d'un coup d'un seul, m'a donné envie de faire un... parallèle avec nos émotions, tout ce que l'on traverse et aussi du coup, les troubles alimentaires et la façon dont on les vit au quotidien et dont on a l'impression parfois de ne pas s'en sortir. Ce qui m'est venu en fait finalement, c'est de constater que tout d'un coup, il fait super beau. Enfin, je veux dire, il y a deux jours, d'ailleurs j'ai mis, pour les personnes qui me suivent sur Instagram, au moment où sortira cet épisode, ça fera... peut-être 8 jours, 8-10 jours, vous avez peut-être vu passer des stories où je vous mettais les inondations, la crue, la mène et la loire. Et du coup, il y a un peu un côté apocalyptique. Il y a de l'eau partout. Il ne fait que pleuvoir. Moi, à chaque fois que je vais courir, c'est dans le noir, sous la pluie. Bref, c'est vraiment sombre, gris, pesant, humide. Et d'un coup, d'un seul, on se lève un matin et il y a un grand soleil. Il fait super beau, l'air est doux, les oiseaux chantent, et on a l'impression que tout ça n'a pas existé, quoi, quelque part. Où sont les inondations ? Où sont les crues ? Et pourtant, si ça existait, et comment on aurait pu imaginer à l'inverse quand on était dans les crues et les inondations, qu'on allait se lever un jour et que le soleil allait briller de cette manière-là, alors qu'on vit avec de la pluie depuis des semaines et des semaines et des semaines ? Et en fait, je trouve que c'est... assez similaires à nos états émotionnels. Je trouve que quand on traverse des tempêtes, des choses très très compliquées, on n'en voit pas le bout. Et ce que je trouve dingue, c'est qu'on a beau le savoir, on a beau savoir qu'il y a un bout, on a beau comprendre comment on fonctionne, on continue d'avoir du mal à en voir le bout. Je vais prendre des exemples perso. Je traverse des syndromes prémenstruels, parfois très durs, très violents. qui ont des impacts psychologiques vraiment forts. Et du coup, au moment où je traverse ces trucs-là, maintenant, à force, si vous voulez, je sais que c'est passager, je sais que c'est relié au SPM, je sais tout ça. Et au moment où je les traverse, j'essaie de me raccrocher à ça. Et je n'y arrive pas. La majorité du temps, je n'y arrive pas. La seule solution que j'ai, c'est de courber les chines et d'attendre que ça se termine. Mais... Je me dis, non mais ça doit être hormonal, ça doit être ça. C'est comme le mois dernier où il y a deux mois, là je reconnais. Et je me dis, non, c'est pas possible que ce soit juste ça. Enfin voilà, il y a un truc qui m'emmène, comme une espèce de vague hyper puissante qui m'emmène. Et en fait, j'en vois pas le bout. Et un jour, je me lève et hop, ça a switché. Vraiment. C'est vraiment, il pleut tout le temps, il pleut, il pleut. Et je me lève un jour et ça a switché. Il y a un immense ciel bleu avec du soleil et il fait chaud. Et ben voilà. c'est la même chose. Et en fait, j'avais envie d'en parler parce que pour vous faire ce rappel-là, parce que peut-être que vous l'avez identifié déjà, et que quoi qu'il arrive, c'est cool d'avoir ce petit rappel, mais peut-être que vous ne l'avez même pas identifié. Parce qu'en fait, bravo à vous si vous l'avez identifié, mais... Perso, j'ai 40 ans et c'est des trucs que j'ai identifiés il n'y a quand même pas si longtemps. Ça me permet d'en remettre une couche sur l'importance de l'auto-observation aussi, de se regarder vivre, faire fonctionner, pas dans le but tout le temps de s'améliorer, dans le but de comprendre comment on fonctionne et mieux tolérer nos fonctionnements aussi. Et de s'accrocher quand même à cette idée que quand on est en pleine tempête, c'est normal qu'on ne voit pas le bout, mais qu'on sait qu'il y aura un bout. Et c'est valable pour les états émotionnels divers et variés qu'on traverse, mais c'est valable aussi pour les troubles alimentaires. Bien sûr que ça vous paraît sans fin, mais bien sûr qu'il existe des portes de sortie. Et j'insiste, il n'y a pas une seule porte de sortie, en fait. Et puis, pour continuer sur mon comparatif, quand même, ça me semble important, je disais tout à l'heure, il y a quelques jours, on était dans les crues, les inondations, et voilà, on avait... Comment on pouvait imaginer à ce moment-là que ça puisse être différent ? On ne voyait pas trop le bout. Et puis tout d'un coup, grand ciel bleu, magnifique du soleil. Sauf que là, concrètement, moi où j'habite, de toute façon, n'étais pas touchée par les inondations. Si je vais jusque dans le centre-ville, si je vais sur les bords de Maine et les bords de Loire, qu'est-ce que je vais voir ? De l'eau partout. De l'eau qui a commencé à se retirer, mais qui n'est pas complètement partie. Et je vais voir surtout... De l'eau qui s'est retirée et qui a laissé des tas de déchets, plein de choses à nettoyer. En fait, je vais voir des stigmates de tout ça. Et je trouve que c'est intéressant de pousser le comparatif jusque-là, sur le fait que quand on traverse des choses difficiles psychologiquement, émotionnellement, eh bien, au moment où ça commence à aller mieux, c'est normal que tout ne soit pas parfait. C'est normal qu'il y ait des traces, qu'il y ait des stigmates, qu'il y ait encore des choses à nettoyer. On peut très bien se défaire de ces compulsions alimentaires et avoir besoin de continuer à travailler sur l'intégration de tous les aliments. Continuer ce travail-là, même si les symptômes ne sont plus aussi forts et aussi présents. Travailler sur la relation qu'on a avec son corps, mais la relation qu'on a à soi-même même, globalement. Et il est normal que peut-être ça ait laissé des traces en nous, mais ça laisse aussi des traces intéressantes, préventives. Une fois que j'ai aménagé dans une maison et que j'ai vécu une crue et une inondation, qu'est-ce qui se passe ? Peut-être que je vais être équipée pour les années futures. Peut-être que j'aurai de quoi surélever tous mes meubles pour les années futures. Peut-être que je vais même réaménager ma maison de manière à ce que, si je suis en zone inondable, mes affaires ne soient plus abîmées à chaque fois. Peut-être même que je vais investir dans un bateau pour pouvoir continuer de me déplacer et ne pas avoir besoin de quitter ma maison dès que l'eau arrive. C'est un peu la même chose quand on dit qu'on ne se remet jamais vraiment d'un TCA. Moi, je ne suis pas d'accord. Je pense que ça nous crée des zones de vigilance et des manières de pouvoir préparer la suite. Et d'ailleurs, je parle des TCA, mais de tout, En fait, tous les mouvements qu'on traverse et toutes les difficultés qu'on traverse psychologiquement, émotionnellement, nous permettent de créer des nouvelles ressources. laisse des traces, des stigmates, c'est normal, font de nous des personnes différentes. Mais c'est aussi plein d'apprentissages et de nouvelles ressources qu'on cumule au fil du temps. Je crois vraiment en ça. Je ne suis pas une adepte de « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort » . Pas du tout, j'ai beaucoup de mal avec cette phrase-là. Je pense qu'on peut être en vie et être un peu tué en partie psychologiquement par plein d'événements. Donc voilà, c'est plutôt l'idée de dire que... On peut aussi en faire des choses de ces stigmates. Voilà, j'espère que ça vous a parlé, que ce n'était pas trop fouillis. Moi, je me suis sentie assez inspirée sur ce coup-là. J'ai trouvé ça vraiment cool de vous partager ça. Je trouve ça vraiment cool qu'il fasse beau aussi. Mais je sais aussi qu'il va repleuvoir à un moment donné, peut-être plus vite que prévu. Et que voilà, l'idée, ce n'est pas de profiter de ces jours de... De beau temps en étant stressé par le retour de la pluie, en se disant bon sang mais un jour il va repleuvoir, c'est vraiment d'être là dans le présent et pour le moment il fait beau. Et puis si je dois réaffronter des tempêtes et de la pluie, et bien ça fera partie du jeu mais je saurais qu'il refera beau à un moment donné. Prenez soin de vous, vraiment au maximum, entourez-vous, faites tout ce qui peut vous faire du bien. Entourez-vous ou isolez-vous si ça peut vous faire du bien. Je suis quelqu'un qui se ressource beaucoup dans l'isolement, donc je sais que c'est très important d'être entouré et que les études montrent d'ailleurs que ça joue sur notre bon état de santé et notre longévité, mais je crois aussi qu'il faut se respecter dans son fonctionnement propre et savoir parfois faire le vide autour de soi quand c'est nécessaire. Faites ce qui vous semble bon pour vous, peu importe ce qu'on entend autour, peu importe ce qu'on dit que vous devriez faire. Et voilà, gardez en tête que cette fameuse phrase « après la pluie, le beau temps » et ben ouais, après la pluie, il y a des moments de beau temps qui arrivent. Et puis, je ne me rappelle plus ce que dit aussi l'adage sur le fait de danser sous la pluie, mais c'est vrai que... C'est aussi intéressant de traverser ces moments plus difficiles. Je crois que ça aide aussi à pouvoir les traverser en les vivant pleinement, de savoir qu'en fait, ils ont une fin, qu'à peu près tout est cyclique chez l'être humain. Voilà, merci de votre écoute. Je suis contente d'avoir enregistré ce petit épisode, d'avoir fait cette balade avec vous. C'est marrant, j'ai l'impression d'être avec vous, de créer une proximité en allant marcher comme ça et en vous parlant lors de mes balades. C'est très agréable. J'espère que ça l'est pour vous aussi. Continuez de soutenir le podcast. C'est très précieux pour moi. 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