- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Team Building, ici on ne parle pas de développement personnel et de karaoké, on parle de ce qui construit vraiment une équipe. Comment on décide, comment on se le dit et ce que ça coûte quand on ne le dit pas. Moi c'est Émilie Sissoko, je suis formatrice et coach, j'interviens auprès des managers et des équipes où je vois des gens hyper intelligents prendre ensemble des décisions qui peuvent parfois être absurdes et même s'épuiser dans des organisations qui peuvent être mal réglées. Mon métier, c'est de les aider à regarder ce qui ne va pas, à choisir ensemble ce qu'ils changent pour ensuite passer à l'action. À chaque épisode, une interview, trois arrêts sur l'image et une question à emporter. Beau programme ! Dans l'épisode d'aujourd'hui, je reçois Tatiana Novik. Tatiana a commencé à manager à 18 ans. Elle parlait encore mal le français, elle ne connaissait pas le métier de la restauration et elle a trouvé une méthode assez simple pour être prise au sérieux, travailler deux fois plus que tout le monde. Et ce, pendant longtemps. Son leadership... c'était ça, être devant, montrer, tenir et ça a marché. Aujourd'hui, Maison Novik, c'est 9 établissements en Normandie et jusqu'à 200 personnes en pleine saison. Sauf qu'à 200, vous pouvez courir très vite et très bien, vous ne pouvez pas être devant partout. Alors qu'est-ce qui change quand une entreprise grandit et que le collectif ne peut plus reposer sur l'énergie de ses dirigeants ? Avec Tatiana, on va parler de transmission, de vision, de culture d'équipe, de travailler avec son conjoint et de ses talents qu'on ne repère pas forcément au premier regard. Et aussi d'un article de presse qui un jour l'a fait sortir de ses gonds et qui quelque part a été un point de bascule salutaire. On va parler aussi de ce qui marche, de ce qui marche moins et de cette chose un peu bizarre. A chaque paillet de croissance, il faut finalement réapprendre son métier de dirigeante. Tatiana Novik est membre du réseau Femme et Challenge, un réseau par la CCI Normandie avec qui cette série est enregistrée en collaboration. C'est parti ! Bonjour Tatiana ! Bonjour Émilie ! Comment ça va cet après ?
- Speaker #1
Écoute, ça va super bien. Un peu débordé comme d'habitude, mais on gère.
- Speaker #0
Ok. Juste pour information, on tourne cet épisode en août, ce qui est la saison haute pour toi.
- Speaker #1
C'est ça, oui. On est dans la restauration, sur la côte. Et là, ça y est, on est dans le vif de sujet. 14 juillet, 15 août, c'est là où ça se passe et c'est là où ça donne le la pour l'année. Donc voilà, tout le monde est un peu sous tension, sous pression. Mais voilà, jusqu'à là, ça se passe super bien. Et il y a du monde, il y a du beau temps en Normandie. Enfin bref, toutes les conditions sont réunies. Ça devrait bien le faire.
- Speaker #0
Ok, trop bien. Alors justement, tu as commencé à donner des petits éléments, mais est-ce que tu pourrais nous parler de ton parcours ?
- Speaker #1
Avec plaisir. Alors j'ai un parcours qui n'est pas tout à fait ce qu'on appelle classique. Tout s'est fait au gré des hasards, des envies, etc. Donc je suis arrivée, en fait, je suis russe, je suis née en Russie. Et je suis arrivée en France à l'âge de 16 ans. avec ma petite valise et je ne suis jamais repartie. Et donc, j'ai eu des opportunités qui se sont présentées. J'ai rencontré, ça c'est une aventure à deux, maintenant c'est en famille, mais voilà, j'ai très très rapidement rencontré mon mari. Et on s'est dit que c'est pour la vie et voilà, ça fait 30 ans que ça dure. Donc, on a commencé à travailler ensemble assez rapidement parce qu'on s'est mariés très tôt, parce que je n'avais pas de revenus. et en fait... tous mes projets des grandes études que je voulais faire, etc. C'était un peu tombé à l'eau parce qu'il fallait manger. Et donc, comme par hasard, je n'étais pas du tout destinée au monde de la restauration. J'étais très, très loin de tout ça. Et comme j'étais adhépe à l'école, en attendant de rentrer en fac de droit à Rouen, je me suis dit, tiens, ils cherchent tous des saisonniers, je vais essayer. Et donc, c'était ma première saison. Ça va faire 28 ans. En fait, ça va faire 30 ans bientôt que je démarrais. Et au bout de deux mois, j'ai dit, mais non, jamais je ferai ça, en fait. Ils sont tous fous là-dedans. Pour moi, c'était la première fois, la conformation avec le monde de travail. J'ai été toujours une très bonne étudiante. Et c'était un choc. Je crois que c'est la première fois de ma vie, quand j'ai fait un burn-out ou une mini-déprime. J'ai dit, mais si c'est ça, le monde de travail, moi, j'en peux plus. Et comme dans la vie, souvent, quand on dit non, non, non, le truc, il arrive. Mon mari, en étant dix poids et en étant des parents commerçants, il a attendu, il y avait une toute petite affaire qui était à la vente. Et on s'est décidé, bingo, on va y aller, tous les deux. C'était un tout petit truc, on faisait tout, en fait. On faisait les ouvertures, les fermetures, le ménage, la cuisine. On avait une équipe de cinq personnes, mais pareil. Quand t'as 18 ans, ouais, t'es dans le bain, directement. Je me rappellerais. Et puis, à cette époque-là, je ne parlais pas encore bien le français. Donc, pour être légitime, pour être respectée, pour être écoutée, il fallait s'accrocher.
- Speaker #0
Et comment t'as fait, justement ?
- Speaker #1
Tu sais, pour moi, c'était le seul moyen que j'avais, parce que je ne connaissais pas le métier, je ne parlais pas trop le français. Mais je suis quelqu'un de bosseuse et quelqu'un qui délivre. Et donc, pour moi, c'était travailler deux fois plus que tout le monde, en fait. Je pense que c'est aussi le quotidien de beaucoup, beaucoup de nanas. Peu importe dans quel... Pour être légitime, on bosse toujours un tout petit peu plus que les hommes, finalement. Et même maintenant. Voilà, donc j'ai bossé dur. Et c'est là qu'au fur et à mesure, on commençait à m'écouter. C'était par la... par la force de travail, par la force de persévérance, en fait. Surtout physiquement, c'est un métier très physique. C'est un métier qui, pour moi, c'est le plus beau métier du monde parce qu'en fait, tu as toute une vie, en fait. Tu as une pannelle de vie qui se passe devant tes yeux. C'est vraiment magique, mais c'est très physique. C'est vraiment très, très physique. Et ensuite, après, suite à ça, avec un petit resto, on a vendu à Dieppe, on est parti à Tourville-la-Rivière. Donc, on en a eu un, après, on en a eu deux. Après, on est revenu à Dieppe et en fait, c'était vraiment pas du tout chez nous. Rien n'était prémédité. On n'a pas de plan stratégique. Tu vois, c'est des opportunités qui arrivent et tu te dis au moment donné, voilà, le train, il passe. Je le prends, je ne le prends pas. Et du coup, voilà, c'est des wagons qu'on a, des trains qu'on a pris, qu'on n'a pas raté. Et du coup, là, on se retrouve. On est un petit groupe. Là, on doit 9 établissements, je crois, avec à peu près 150. En pleine saison, on est 200. Voilà, collaborateurs, tous, j'espère, passionnés et motivés. Mais non, non, ça se passe très bien. Voilà, donc voilà un petit peu mon parcours. Entre deux, évidemment, je n'ai pas oublié mes envies d'études. Et je me suis toujours formée dès le début, dès que j'ai pu avoir un tout petit peu de temps pour me former. Donc voilà, j'ai fait... J'ai fait d'abord un BTS de compta, après j'ai fait un MB à Neoma, après j'ai fait Sciences Po, et là je suis en train de faire mon master à Paris à Chaussefay. Mon mari me demande, il me dit, mais pourquoi tu as envie de tout ça ? Je dis, mais je trouve que si on arrête d'apprendre, peu importe de quelle façon, il y en a qui vont à l'école, il y en a d'autres qui font ça différemment, peu importe, mais il ne faut surtout pas jamais arrêter d'apprendre, parce que maintenant, tout va tellement vite. Ici, on est concentré et dans le travail. Je pense que chez tout le monde, c'est pareil, peu importe le travail qu'on fait. Une fois qu'on maîtrise le sujet, c'est à peu près la même chose tout le temps. C'est sous les formes peut-être différentes, mais grosso modo, on est amené à gérer toujours les mêmes problèmes, toujours de la même façon, etc. Et moi, le fait d'aller à l'extérieur, de sortir, ça me fait prendre de la hauteur, ça me fait un peu élargir mes horizons. Et donc, en parallèle de tout ça, je ne sais pas, pareil, ce n'était pas programmé du tout. Au début, quand je me réveillais, je disais à mon mari, je disais, tu sais quoi, je ne veux pas d'enfant. Et là, il m'a dit oui. Et là, du coup, on en a cinq. Je ne sais pas comment on a fait.
- Speaker #0
Oui, pas un enfant cinq.
- Speaker #1
Donc, on en a cinq.
- Speaker #0
Tu n'aimais pas la restauration, maintenant,
- Speaker #1
tu en as sept. Oui, tu vois, c'est... Comment on dit le proverbe français ? À la fontaine, jamais je ne boirais de tonneau. Donc, c'est la même, en fait.
- Speaker #0
Il a bien compris.
- Speaker #1
Et donc... En partant d'une aventure à deux avec mon mari, on s'est retrouvés à une aventure à cinq maintenant, dans quelques années peut-être sept. Et nos enfants, au début, c'était peut-être pas comme ça que j'aurais voulu, mais ils ont tous exprimé. J'aurais voulu qu'ils aillent voir ailleurs au début, et après peut-être s'ils souhaitent revenir, etc. Mais comme ils m'ont dit, on est tombé dedans à la naissance, comme Astérix. Donc du coup, ils ont tous voulu faire la même chose. Et du coup, ils ont intégré le groupe il y a déjà cinq ans. Donc voilà, moi, je suis fière. Ma fille, pareil, enfin, autour de nos enfants, mais ma fille, parce qu'entrepreneuriat féminin, c'est un sujet qui me tient à cœur énormément. Et je trouve qu'on pourrait faire beaucoup, beaucoup plus de choses dedans parce que les filles, simplement, n'osent pas. Ma fille a eu de la chance d'avoir l'exemple peut-être et avoir le soutien aussi de ça. Donc, elle s'est lancée dans l'aventure à 18 ans. Là, elle en a 23. Ça fait déjà cinq ans qu'elle tient son établissement. Donc là, elle est en train de finir tous ses engagements. Et après, ça sera un autre projet. Mais voilà, c'est extraordinaire. Pour moi, c'est une liberté. L'entreprenariat, c'est une liberté.
- Speaker #0
Alors, justement... Tu m'as dit tellement de choses, mais je vais essayer de tirer le bon fil, enfin un des fils. Tu parles d'entrepreneuriat féminin. Finalement, tu as été cueillie par la vocation, de ce que je comprends. Au départ, ce n'était pas prévu, tu as été cueillie. Et tu as été cueillie parce que justement, tu as très vite compris en quoi la restauration était un magnifique métier. Et donc du coup, comment tu lis les deux ? En quoi ton entrepreneuriat est particulièrement féminin ?
- Speaker #1
Alors, je ne formerais peut-être pas de cette façon-là. Elle n'est pas, le mien, elle n'est pas particulièrement féminin. Mon propos, c'est qu'il y a encore très peu de femmes qui rentrent dans ce monde d'entreprenariat et particulièrement aussi dans la restauration. Parce que ça fait toujours partie des métiers qui, entre guillemets, qu'on pense qu'il faut être autoritaire, il faut tenir ses équipes, il faut tenir ses cuistots. C'est un monde qui est très, très dur. nous sommes donc... Donc finalement, il n'y a pas trop la place d'une femme. Et moi, je ne suis pas du tout d'accord. J'ai eu de la chance de connaître une dame extraordinaire à laquelle je suis. Il y a un établissement mythique à Dieppe qui s'appelle Le Tout Va Bien qu'on a acheté il y a 12 ans. Et c'était une dame qui avait 76 ans, je crois, qu'on a acheté, qui l'a tenue pendant des années, toute sa vie, mais toute seule, toute seule, avec une équipe de 20. Et je vous assure, jamais elle n'a levé la voix. jamais. Et tous ces cuisiniers, toutes ces équipes en cuisine, toutes ces équipes en salle, etc., ils étaient tous... Donc, voilà, c'était quelque chose... C'est une dame qui m'a inspirée. Et j'espère que moi, j'ai inspiré ma fille. Et je vois que ma fille, elle se débrouille très, très bien aussi. Et qu'il faut... Tu vois ton podcast, là, j'espère qu'il y a des gens qui vont écouter. Et c'est pour ça, en fait, j'accepte volontiers chaque fois qu'on m'invite quelque part. Parce que quand tu sais pas... tu penses que ce n'est pas pour toi, tu ne vas pas. Et plus il y a des gens qui en parlent, mieux ça sera. Parce que l'entrepreneuriat, maintenant avec les crises économiques, et après, il faut être fait aussi. Moi, je suis profondément indépendante et il n'y a que ça, il n'y a que de cette façon-là que je peux travailler. Et pour tous les gens qui... Et tu sais, j'en ai vu pas mal dans ma carrière, ça fait 30 ans qu'on bosse, des excellents... managers, serveurs, etc. qui est arrivé, mais qui avait du mal à prendre ce rôle-là de suiveur. Et en fait, c'est quand je leur ai dit, mais pourquoi tu ne te mets pas à ton compte parce que tu es excellent, c'est juste dans l'équipe en fait, tu es un peu en dessous et du coup c'est un peu difficile à mener. Et tu sais, il y en a deux, trois quand même qui sont installés et c'est une fierté aussi parce qu'en fait, personne ne leur a dit, on peut, bien sûr qu'on peut. Et puis, il y a des gens qui peuvent t'aider. Et ils sont très... Voilà, on a pas mal de serveurs qui se sont mis à leur compte et que ça se passe super bien pour eux maintenant.
- Speaker #0
Ouais, c'est cool. Donc, thème inspiré et mettre aussi le pied à l'étrier, finalement, quand c'est possible.
- Speaker #1
On arrive maintenant à un stade de notre vie. Tu vois, on a commencé avec nos enfants. Maintenant, on va peut-être élargir un peu. Ouais, c'est surtout de transformer... En fait, ma façon de travailler, évidemment, elle a changé, ce qui est normal. On fait le même métier, mais on ne fait plus les mêmes choses qu'on faisait avant. Avant, on était beaucoup en opérationnel, il y a encore cinq ans en fait. On faisait les services, c'est magnifique. Et là, déjà qu'on est un groupe un peu plus large que c'était avant, et que j'ai plein de choses à faire, mais il n'y a pas que. En fait, tu ne peux pas faire pendant 30 ans la même chose, il faut évoluer. Donc du coup, on a eu de la chance que le groupe s'est agrandi, et nous, on a trouvé aussi notre place différente. Et oui, maintenant, pour moi... Ça a complètement changé mon leadership. Avant, c'était par je faisais plus que les autres, j'ai marché devant. Et maintenant, je ne marche plus devant, en fait, au côté opérationnel. Il faut que je motive, il faut que j'inspire autant, sans être sur le terrain. Et ça, c'est complètement différent, en fait. Tu vois, pour moi, c'est... Voilà, t'imposes moins, tu écoutes plus, tu comprends l'autre, tu essaies de trouver des conditions. de créer des conditions dans lesquelles ils vont sans toi, sans que tu les vois, sans qu'ils soient motivés et qu'ils soient partants.
- Speaker #0
Et comment tu fais justement pour infuser ce feeling d'inspiration sans être forcément devant pour montrer l'exemple ?
- Speaker #1
Pour une petite anecdote. En fait, on a changé de taille au moment de la COVID, mais on a doublé. Et évidemment, tu vois, quand tu es 50, 70, moi, je connaissais personnellement tout le monde. J'ai travaillé personnellement avec tout le monde. Je connaissais leurs enfants, connaissais les familles. Enfin, voilà, on est une grande famille, si tu veux. Et d'un seul coup, tu changes de taille et tu... En fait, il y a des gens que je n'ai jamais vus. Et là, pareil, le groupe est devenu plus grand. Les gens qui travaillent peut-être dans les grands groupes, ils comprennent. Chez nous, c'était très familial, tu vois. Il n'y avait pas de processus. Tout était verbal, trois quarts des choses. Et là, d'un seul coup, on change de niveau. Et heureusement, le hasard, tu vois, il fait bien des choses. À ce moment-là, j'ai intégré un master à la science pro, en fait. Et vraiment, c'était... Tu vois, les relations organisationnelles. Je pense que si jamais je n'ai pas fait ce master, je ne comprenais pas pourquoi on me demande de mettre des processus. Là aussi, c'est simple de dire directement. Pourquoi il y en a un qui se sent offusqué ? Parce qu'on a outrepassé, les gens sont venus me voir. Il y a plein de petites choses comme ça. Donc, pour répondre à ta question, je me fais accompagner. Je me fais accompagner parce que ce n'est pas inné, je ne pense pas. C'est une compétence que tu acquiers, vraiment. C'est une compétence qui se travaille. Et donc, tous nos QI politiques, émotionnels, etc., tout ça, ça se travaille. Si, à minimum, tu ne comprends pas celui-là avec qui tu parles, avec qui tu travailles, tu vas rester toute seule. Et toute seule, tu ne feras pas le boulot. Parce que quand il faut être 30 pour faire le service, il faut être 30. Tu es obligé de ménager avec les affinités de tout le monde, avec les états d'âme de tout le monde. Et ça demande aussi la connaissance de ce genre-là. Et oui, je me fais accompagner. Là, je travaille, ça fait 5 ans. Ça fait 5 ans, j'ai une coach. Enfin, ils sont différents, ce n'est pas toujours la même sur 5 ans. Ça dépend de mes besoins. Il y avait des besoins que... Et mes besoins, tu vois, une fois que tu as travaillé un truc, après tu travailles autre chose, etc. Finalement, tu vois, même si on est en couple, même si on est en famille, la solitude, en fait, de dirigeant avec soi-même est toujours la même. Moi, je ne peux pas, je ne peux pas tout dire, tu vois, à mon mari parce qu'il ne me comprendra pas. Déjà, c'est un homme et il ne vit pas la même chose et il ne comprend pas. Il ne comprend pas et c'est pas qu'il n'a pas vécu. Et inversement, tout à fait. Et ça, je l'ai remarqué aussi. Moi, j'anime, toi, tu fais un challenge depuis un an. Moi, ça fait trois ans, j'ai créé, comme je passe un peu de temps à Paris, j'ai créé le Café de Paris de Femmes et Challenges. C'est le seul qui existe à Paris avec, au début, les femmes, un peu avec des liens avec la Normandie, maintenant même pas, mais toutes les filles extraordinaires. Mais ce leitmotiv qui revient tout le temps. C'est que souvent, on est tout seul. J'ai beaucoup d'auto-entrepreneurs, tu vois, les filles qui se lancent dans les coachings, par exemple, ou dans Archie, ou même avocats. Tu vois, tu es tout seul. Et le fait de partager ça entre nous et de dire, tiens, si elle l'a fait, moi aussi, je peux le faire. Et puis, ce n'est pas mortel. Et aussi, ce qui est rassurant, c'est que ça n'arrive pas qu'à moi. Et déjà, entendre ça, tu te dis, mais OK, on peut faire. je peux y arriver c'est pas un truc qui arrive comme moi voilà si tu veux l'année dernière l'année d'avant, en fait c'est toute l'évolution je pense que moi en tant que dirigeante que mes coachs y suivent avec moi au début j'avais un vrai sujet comme tout, ça revient tout le temps je pensais que j'étais la seule mais non je suis pas la seule, un vrai sujet de visibilité c'est à dire que on bosse avec mon mari moitié-moitié mais Merci. Tu vois, à un moment donné, on a séparé un peu les tâches. Et il a pris toute cette partie com et représentation publique. Parce qu'en tant que femme, moi, il fallait que le soir, j'entre à la maison. Parce que j'avais des enfants à m'occuper, etc. Mais il faut que quelqu'un qui l'aille représenter, etc. Dans tous les networking, etc. Donc, Stéphane, pendant des années, il l'a fait. Et donc, au moment donné, je suis arrivée. Et puis, on me demande, mais vous êtes qui ? Je dis, mais c'est comme lui, l'autre. C'est quand même dingue, tu vois. Non, attends, c'était le plus drôle. C'était à chaque fois qu'il y a des articles dans la presse, etc. Parce que, tu vois, on fait beaucoup de choses au niveau local. On participe beaucoup dans la vie de communauté à Rouen, à Dieppe. Et donc, il y a souvent les articles dans la presse qui sortent. Et chaque fois, donc, M. Neuvik, Et je lui disais, mais j'ai dit Stéphane, il m'a dit, je te promets, quand je parle aux journalistes, je parle, je dis nous. Je dis nous, on parle. Et c'est le journaliste qui interprète. Et à la fin, tu sais, ce qui m'a tuée un jour, c'était... C'était donc Monsieur Neuvie qui a créé une entreprise magnifique. En plus, il a élevé les cinq enfants. Et à la fin, tu sais, il y avait un truc. Et il a une très jolie femme.
- Speaker #0
Ah, ça pique. Trois fois.
- Speaker #1
Et là, si tu veux, j'ai dit à Steph, j'ai dit, c'est bon. J'ai besoin aussi d'être reconnue. J'ai besoin d'être... Mais c'est, en fait, plus j'en parle autour de moi, des dirigeants, des femmes. C'est tous. Il suffit qu'on travaille. En fait, on a peur d'être un peu plus haut. Et les gens aussi ne voient pas. Moi, la première fois, quand j'ai commencé à faire mes pages LinkedIn, tout le monde me regarde en famille. Ils me disent, mais tu as besoin de ça, toi. Je dis, mais en fait, ce n'est pas de ça que j'ai besoin d'exister. Et c'est important, en fait. Donc, au début, j'avais un coach. qui m'a aidée un peu, parce qu'évidemment, il y a une résistance énorme quand tu ne fais pas, même de notre entourage, tu vois. Les enfants, ils ne comprennent pas, ton mari, ils ne comprennent pas, ton équipe dirigeante, ils ne comprennent pas parce qu'ils comprennent. J'étais toujours comme ça. Je dis, non, les gars, maintenant, ça change.
- Speaker #0
Il y a quelque chose de très intéressant dans ce que raconte Tatiana. À 18 ans, pour être crédible, elle va bosser deux fois plus. Parce qu'à un moment, un journaliste écrit un article sur l'entreprise Il parle de son mari et il précise que celui-ci a une très jolie femme. Elle dirige, elle est dans l'article, mais comme décor. Sauf que travailler deux fois plus, ça vous fait tenir la maison, ça ne vous fait pas exister dedans. Et ce sont deux problèmes différents. Et le second ne se règle pas avec plus de travail. Le premier non plus d'ailleurs, en tout cas pas éternellement. Parce que montrer l'exemple est un excellent système de management tant qu'on peut être là. À cinq personnes, on peut être devant. À vingt, on peut encore voir beaucoup de choses. à 50, ça commence à tirer, à 200, c'est terminé. Et c'est là que beaucoup de dirigeants se font piéger. Ils essaient de résoudre un problème de changement d'échelle avec encore plus de présence, plus de contrôle, plus de disponibilité, plus de décisions prises eux-mêmes. C'est la stratégie du dirigeant qui répond aux mails à 2h du matin en se disant que c'est ça l'exemplarité. Sauf que ce que l'équipe retient, ce n'est pas l'exemplarité, c'est qu'à 2h du matin, il y a quelqu'un. Et s'il y a quelqu'un pour prendre des décisions, c'est que je ne suis pas capable de les prendre moi-même. Alors que le vrai travail devient presque l'inverse. Faire en sorte que les bonnes choses arrivent quand vous n'êtes pas là. C'est un premier changement de métier et ce ne sera pas le dernier. Allez, on y retourne !
- Speaker #1
J'ai lu un peu le descriptif, le mot assertivité, je l'ai regardé dans le dictionnaire, c'est promis juré. Mais en fait, tu sais, ça tombe toujours comme ça à pic. C'est exactement sur quoi je travaille en ce moment avec mon coach. Simplement, je ne l'appelle pas assertivité. On l'appelle l'affirmation de soi, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
L'affirmation de soi. Et c'est le sujet sur lequel je travaille avec ma coach depuis trois mois. Et je nous promets que ce n'est pas le sujet qui est très simple. Ce n'est pas le sujet qui... Et si je peux partager un peu mon expérience, alors je travaille avec une fille de HEC qui est juste extraordinaire. Et en fait, c'est elle... qui a mis le mot parce que chaque fois j'arrive, je lui parle là, ça ne va pas, là, ça ne va pas, là, ça ne va pas, tu vois. J'ai dit même, tu vois, et de l'extérieur, tout va bien. Mais moi, ça ne va pas. Et je te jure, pour la première fois de ma vie, je suis allée voir un psy. Ça, c'est pareil, tu vois, on n'ose jamais. Mais on devrait parce que ça fait... La santé physique, c'est quelque chose d'important. Mais la santé mentale aussi, c'est important. Et il y a un moment donné... Un moment donné, tu vois, de verbaliser déjà. tout ce que tu ressens, etc. Ça fait un bien fou. Mais bref, pour la première fois de ma vie, je suis allée voir un psy. Et même lui, il n'a pas arrivé. On a travaillé sur d'autres sujets, etc. Et là, avec Elda, elle coach aussi beaucoup, beaucoup de dirigeantes du monde entier, d'ailleurs. Et au bout de deuxième session, il m'a dit, mais en fait, tu as un souci avec tes limites et l'infirmation de soi. J'ai dit, comment ça ? Et en fait, tu vois, Mon style de leader avant, c'est pas une question. En fait, j'avais la connaissance. Comme je t'ai dit, j'étais sur le terrain. J'avais aucun problème avec la confiance en moi sur le sujet parce que je savais que j'avais raison. Et donc, j'étais toujours un peu directif. En fait, dans ma tête, je voyais le but. Comme je t'ai dit, je suis orientée but. Et quand je suis orientée but, en fait... Pour moi, le but qui compte, et après tout le reste, je ne faisais pas assez attention, ni à moi, ni aux autres, certainement, pour atteindre certains buts. Et en fait, je me suis rendue compte que ça ne me va plus comme ça, et ça ne va plus comme ça, et c'est pour ça que ça crée une tension, ça crée beaucoup, beaucoup de choses. Et du coup, on a commencé, parce que ça marche dans les deux sens, ça marche dans les sens des autres, et ça marche pour soi-même. Exactement.
- Speaker #0
Assertivité.
- Speaker #1
Oui, exactement. Et moi, j'ai deux événements qui se sont passés. En fait, c'est ma qualité. C'est ma qualité première et toute ma vie, c'était ça. C'est-à-dire que si je me fixe un but, peu importe les moyens, en fait, je vais y arriver. Et en fait, je n'ai jamais calculé ni les efforts physiques, ni le temps passé, ni les efforts moraux, en fait, que ça coûte et à moi et aux autres pour atteindre ce but-là. Et il y a deux ans, en fait, il y avait deux choses qui sont passées, il y a deux buts qui m'ont très affectée, parce qu'il y avait trop. Il y avait trop d'efforts de fin de part.
- Speaker #0
Ils étaient trop ambitieux ou mal dimensionnés ?
- Speaker #1
En fait, j'ai accepté beaucoup trop de choses par rapport à mes valeurs à moi pour atteindre ce but-là.
- Speaker #0
Donc le stretch était trop grand.
- Speaker #1
En fait, j'ai fait un rallye. Pour une titanine d'hôte, je fais un rallye. Et c'est une copine qui m'a proposé de faire des rallies. Donc, il se fait à deux. Donc, l'idée, c'était d'arriver à deux et de faire, tu sais, ta copilote, pilote, machin, tout ça. Donc, on s'est entraînés à deux. C'est elle qui m'a proposé. Et le jour d'arriver au rallye, elle m'annonce qu'elle a eu un accident quand elle était petite et qu'elle ne peut pas être assise à côté de quelqu'un d'autre. Et là, tu sais, tu es déjà dedans. Donc, tu as investi six mois de ton temps, tu as investi beaucoup d'argent, tu as investi plein de trucs. Et là, tu y es. Et là, tu... Mais en fait, pour moi, ce n'était pas possible. C'était inacceptable. Tu vois, tu ne fais pas ça comme ça aux gens. Et en fait, je me suis dit, voilà, on a un but. Dans dix jours, c'est fini et je le fais. Et c'était très dur, normalement, en fait. T'imagines de rester dans la même voiture pendant neuf heures.
- Speaker #0
Oui, alors que tu es chiffon, quoi.
- Speaker #1
On a très, très bien fini parce qu'on ne se faisait pas de cadeaux, parce qu'on était toutes les deux chefs d'entreprise. On l'a fini. On a eu un résultat exceptionnel. On l'a fini. Par contre, je suis rentrée. Je suis rentrée et je n'étais pas bien avec moi-même. Je n'étais vraiment pas bien. Le but, en fait, il ne m'intéressait plus du tout. Et là, tu vois, quand tu ramènes tout ça à l'entreprise, c'est un peu pareil. Il y a pour la première fois de ma vie. Je me dis qu'il y a peut-être certains buts, il faut juste laisser tomber parce que c'est trop loin par rapport à ce que je ressens, ce que je suis, par rapport à mes valeurs, par rapport à comment je vois la vie et l'intégrité. Et en fait, j'ai perdu, tu vois, quelque part, j'ai perdu un peu d'intégrité de moi et j'ai eu du mal à vivre ça. Et donc, si tu veux, dans le boulot, c'est un peu la même, tu vois, j'ai les buts que j'ai et il y a des moments, j'accepte des choses que je ne devrais pas accepter en fait, tu vois. Et c'est là-dessus que je travaille. Et je suis quelqu'un qui est... Je n'aime pas trop les conflits, tu vois. Je n'aime pas trop les conflits parce que je trouve que... Enfin, avant, je n'aimais pas trop les conflits parce que, tu sais... Enfin bref, pour plein, plein de raisons, ce n'est pas mon truc. J'essaie, je pense que quand ça doit se faire, ça se fera. Quand ça ne se fait pas, ça ne se fait pas. Et que si on ne se comprend pas, il faut mieux. Mais là, j'ai réalisé que le conflit, en fait, ce n'est même pas le conflit. C'est en fait s'affirmer soi-même. et de dire ce que tu ressens d'une façon gentille. Mon truc, c'était que, voilà, je suis bélier, tu vois, j'allais droit et j'expliquais que, voilà, t'as tort.
- Speaker #0
Et moi, j'ai raison, évidemment.
- Speaker #1
Et là, c'est aussi le fait de travailler avec les enfants qui m'a complètement bouleversée cette approche, enfin, ces relations en fait au travail, parce que autant que quand Tu as des collègues, on ne s'attend pas, on n'est pas les arbres, on n'a pas des racines, on se sépare et puis voilà, ça se passe bien. Là, on ne peut pas se séparer en fait, c'est nos enfants. Et donc, si on n'est pas d'accord, il faut trouver une solution. Et ce n'est pas bien, tu vois, dans l'affirmation de soi. En fait, il y a trois choses. Soit en fait, tu te dénigres, tu ne dis rien. Et c'est ça ce qui s'est passé pendant le rallye. C'est ça ce qui s'est passé. Et du coup, tu le vis mal. Et en fait, quelque part, c'est même une maltraitance de rien dire pour que ça se passe bien. Et tu sais, en tant que maman, en tant que moi, il y a des moments où toute ma vie, tu fais des concessions, tu dis OK, ce n'est pas grave. Pour le bien-être de tout le monde, ce n'est pas grave. Mais non, parce que c'est toi après qui ne vas pas bien. Et au travail, c'est la même. C'est s'il y a un collègue qui réagit mal, que tu n'acceptes pas. Il faut le dire, mais d'une façon gentille. tu vois, il faut, Moi, j'avais tendance de, voilà. pour, tu vois, j'ai arbitré, ça c'est bien, ça c'est pas bien. Et après, il y a aussi de pas s'affirmer directement comme ça, mais de passer derrière, de dire, tu vois, ça aussi, j'ai fait plein de trucs, c'est déjà mieux. Mais de dire, tu vois, on dit que, ou alors ma coach, il m'a dit que, tu vois, donc tu te caches un peu derrière, mais c'est déjà mieux, c'est déjà un progrès. En fait, oui,
- Speaker #0
on s'est dit,
- Speaker #1
tu verbalises. Et tout l'opposé de ça, c'est la malprétence. En fait, tu dénigres complètement ce que l'autre est en face. Et je te promets, ces choses-là, je viens juste de les réaliser. En fait, pourquoi je ne mets pas les conflits ? Parce que j'ai abordé les conflits toujours, de manière de dire, voilà, toi, je ne suis pas d'accord, parce que ça, ça, parce que je ne te prouve pas, A plus B, que tu as tort. En fait, il faut parler de soi. Quand tu veux parler d'une façon, il faut parler de soi. Il faut commencer par soi. Et je te jure, ce n'est pas évident pour moi. Ce n'est pas inné. J'y travaille, mais ça va vachement mieux. Et pour moi, la certivité, c'est exactement ça. C'est oser de dire d'une façon bienveillante que non, je ne suis pas d'accord. Là, c'est... Voilà. Donc, je ne sais pas si je suis en plein dedans. J'apprends.
- Speaker #0
Et justement, souvent, quand on veut gagner dans sa posture assertive. C'est hyper important, enfin, une des bases de l'assertivité, c'est la connaissance de soi. Mieux tu te connais, plus c'est simple, justement, de mettre un cadre et des limites. Et du coup, toi, maintenant, tout à l'heure, tu disais que parfois tu te mettais des objectifs qui n'étaient pas forcément les bons ou pas ceux que tu avais forcément envie d'accomplir pour mille et une raisons. Et du coup, comment tu définirais ta boussole aujourd'hui quand tu as des choses à dire ?
- Speaker #1
Tout simplement, si jamais je suis en train de dire ou faire quelque chose que je ne me sens pas bien, en fait, tu vois, je ne me sens pas bien. En fait, c'est ça la boussole. C'est-à-dire que si des jours, je me tais et je ne me sens pas bien, c'est que ça ne va pas. Là, il faut faire ça différemment. Et dans l'autre sens, c'est pareil. Si même si j'exprime que là, c'est mes limites, là, je ne suis pas d'accord, etc. D'une façon bien vivante et ça me fait du bien et tu le ressens. Si jamais on ne s'entend pas, au moment donné, ça devient physique, en fait. La maltraitance de soi-même devient physique. Et il ne faut surtout pas en arriver là, mais on le ressent. On le ressent physiquement. Si on s'écoute bien et si on... Je pense qu'arriver dans la deuxième partie de la vie professionnelle, etc., je pense qu'on sait déjà ce qu'on... ce qu'on accepte, ce qu'on n'accepte pas, quand est-ce qu'on se sent mal, quand est-ce qu'on se sent bien. Il faut s'écouter. Ce qui n'était pas toujours mon cas. Parce que tu écoutes toujours ce que l'autre va dire, ce que l'opinion va dire. Mais finalement, il n'y a que là que ça se passe.
- Speaker #0
Et en plus, c'est d'autant plus challenging pour toi, probablement, entre guillemets, que finalement, tu as commencé assez tôt à travailler, tout de suite à un gros rythme. où tu es un peu allé chercher ta légitimité à la force du travail, de ce que j'entends en tout cas, parce que justement, jeune, apprenant le français dans un contexte sous tension, parce que pression du temps des clients. Et du coup, par rapport à ça, toi, pour qui, finalement, le collectif est important, qui n'aime pas le conflit, et qui travaille en famille ? Quelque part, tu t'es mis pas mal de challenges pour réussir à t'affirmer. Parce qu'effectivement, la famille, c'est souvent le lieu où on va être plus prêt à faire des concessions parce qu'il y a de l'affect, parce qu'il y a de l'amour, parce qu'il y a des liens à garder. La restauration, pour toi, c'est important parce que ça va être devenu un sacerdoce, une espèce de mission. Et en plus, où il y a la pression du temps qui fait que c'est très dur de finalement prendre ce temps pour savoir ce que je ressens par rapport à ce que je ressens, dire ce que j'ai besoin de dire avec la pression du temps. Donc tout ça. rend difficile la prise de conscience et l'espace pour être assertif. Et donc, je me dis, en t'entendant, que je pense que probablement, ce qui te rend vachement solide et ferme, c'est que j'ai l'impression que tu as un pourquoi qui est assez puissant. Je ne sais pas si ça te parle. Et si ça te parle, ce serait quoi ton pourquoi ? Qu'est-ce qui fait que finalement, tu restes solide vers ton objectif ? C'est quoi ton ultime but, selon toi ?
- Speaker #1
Tu sais ? Je pense que c'est comme la pyramide de Maslow. D'abord, il faut manger. C'était mon cas. J'ai commencé à manger des pommes pendant un mois parce que je n'avais pas un centime. Après, tu as le toit. Après, tu as ci. Après, tu as ça. Et en fait, toute la fin, c'est la réalisation de soi. Et je pense qu'il est différent pour chacun. Je trouve qu'on est tous faits pour... quelque chose, tu vois, on a tous quelque chose à donner à l'autre. Et pour moi, l'accomplissement en fait de soi-même, c'est quand tu trouves en fait pourquoi. Et ça peut, tu vois, j'ai discuté avec une amie à moi qui est prof, elle m'a dit, mais pendant des années, je travaillais aussi dans les grandes entreprises, etc. Je n'étais pas heureuse aussi, je gagnais bien ma vie ici. Et le jour qu'on m'a invitée de donner des cours, et là j'ai compris. J'ai compris qu'en fait, ma mission c'était de transmettre et d'inspirer ces gamins qui arrivent sur les mains, qui ne savent pas ce qui... Voilà, d'essayer de les orienter, de les aiguiller, de leur transmettre le savoir. Et dit, à partir de ce moment-là, je suis devenue heureuse. Tout court, tu vois. Et pour chacun, c'est... Je pense que quand on trouve ce... Pourquoi, en fait ? Pourquoi on le fait ? Bah, je... En fait, on ne se pose plus de questions, tu vois. On y va et... Tu sais, on m'a toujours dit que... Peu importe le métier, peu importe ce que tu fais, c'est toujours difficile. Il y a une métaphore, je ne sais plus, c'est une copine qui m'a dit, tu sais, il y a cette proverbe, je ne sais pas de quel pays, qui vient, qui dit qu'il y a deux mecs qui poussent une pierre. Et on leur demande, tu fais quoi à tous les deux ? Et donc, il y en a un qui dit, tu vois bien, je pousse une pierre. Et l'autre, il regarde et dit, moi, je construis une cathédrale. Et c'est ça, en fait, la différence. C'est-à-dire qu'on pousse tous les pierres. Simplement, il y en a un qui a une vision pourquoi il le fait. Et l'autre, il ne sait pas. C'est quand tu as un enfant qui naît et tu essuies les couches. Tu fais ci, tu fais ça, tu ne dors pas la nuit, etc. Tu décris ce que tu es en train de faire. c'est pas En fait, tu es en train d'éduquer, d'élever un être humain qui va devenir... Tu regardes ça, tout ça. Et pareil, quand tu es en service, tu n'essuies pas les tables et tu ne mets pas les assiettes sur les tables. Quand tu fais un service, tu rends les gens heureux, en fait. Tu vois, on fait un métier. Il y a des gens qui travaillent dans les hôpitaux, les autres qui travaillent là, sur les feux. Hier, j'ai attendu. Il y a 50 mecs en France qui sont pilotes de Canadair. Mais t'imagines le métier, ils partent la nuit, enfin ils partent, ils savent pas s'ils vont rentrer. Nous on fait un métier où les gens ils arrivent heureux. Nous on est là pour les rendre heureux autour d'un plaisir gustatif, tu vois. Et le travail, la restauration pour moi c'est pas uniquement satisfaire ton besoin, tu vois, primaire de manger, c'est pas ça du tout. Et c'est, voilà, c'est rendre des gens heureux, de leur faire passer un beau moment émotionnellement. Tu sais, qui ressortent de chez nous et qui sont « waouh » . Et c'est comme ça, tu vois, je vois mon métier et d'ailleurs tous les autres qu'on choisit. C'est que moi, tous mes serveurs, c'est pareil. Quand ils arrivent, la première chose que je dis, vous n'êtes pas là pour pousser les pierres. Vous n'êtes pas les porte-assiettes. Vous êtes des vrais, enfin des artistes sur scène. Vous donnez du plaisir, vous inspirez, vous faites le show, c'est à vous de jouer. Les gens ne viennent pas ici que pour manger. Maintenant, on peut manger devant la télé et on se fait livrer. Ce n'est pas ce qui vient les gens chercher au restaurant.
- Speaker #0
Tatiana nous dit, vous n'êtes pas des porte-assiettes, vous êtes des artistes sur scène. Et voilà peut-être la réponse à la question qu'on se posait tout à l'heure. Comment faire quand on ne peut plus être là pour montrer ? On donne aux gens quelque chose qui leur permet de décider sans nous. Imaginez un couple qui fête ses 20 ans de mariage au restaurant. Si mon travail c'est porter des assiettes, je peux très bien porter des assiettes. Si mon travail c'est leur faire passer un moment mémorable, je peux alors prévenir la cuisine, trouver une bougie, proposer de prendre une photo, adapter un détail. Takana n'a alors pas besoin d'être dans la salle, le serveur sait ce qu'on essaie de produire. Et c'est ça pour moi une vision utile. Ce n'est pas une grande phrase ou une grande citation au mieux, c'est un critère qui aide quelqu'un à prendre une bonne décision quand le manager n'est pas là. Une partie du manager qui reste dans la pièce quand le manager en est sorti. C'est un deuxième métier. On ne fait plus, on équipe. Justement maintenant que tu es un peu moins en contact avec tout le monde, comment tu transmets la vision Novik ? Comment vous vous assurez, en tant que groupe, que finalement l'expérience soit de la même qualité, entre guillemets, parmi tous ces restaurants qui proposent des choses différentes, et à la fois où j'imagine que vous avez une colonne vertébrale, le sens du service, des choses qui sont essentielles pour vous, et que vous les retrouvez partout.
- Speaker #1
Écoute, alors notre colonne vertébrale, c'est vraiment cette façon de... C'est des grandes familles, en fait, nos entreprises, tu vois. Et malgré qu'on est 120, 150, on a cet ADN familial qui est présent. C'est-à-dire que les gens, quand ils viennent travailler chez nous, ils savent que ce n'est pas une grande entreprise. Il y a beaucoup, beaucoup de choses qui sont très familières, tu vois, beaucoup d'amour, beaucoup d'émotion. Et donc, moi, maintenant, mon rôle, j'ai de la chance d'avoir... En fait, on a des équipes structurées un peu partout, avec lesquelles je travaille maintenant avec le top management de restaurant. En fait, tu vois, les directeurs, les machins, on prend beaucoup de temps. On prend beaucoup... Donc, pour le coup, je les connais très, très bien. Ils nous connaissent très, très bien.
- Speaker #0
C'est des gens qui ont évolué chez vous, qui sont devenus directeurs ?
- Speaker #1
Trois quarts du temps, oui. Parce qu'encore une fois, on est tellement particuliers. J'ai eu toujours un mal fou. d'ailleurs je crois que je n'ai jamais trouvé quelqu'un de l'extérieur tu sais quand j'ai besoin de quelqu'un pour encadrer, je ne peux pas le prendre de l'extérieur parce qu'en fait quand ils arrivent, ils ne comprennent pas cet ADN et en fait l'équipe il éjecte direct il rejette l'agresse oui, et pourtant j'ai essayé plusieurs fois et j'ai des avions de chasse qui sont arrivés de France entière et les mecs ou les femmes ils faisaient 15 jours, 3 semaines Et c'était fini. Et puis, récemment encore, tu vois, il y a une dame qui est arrivée qui était génialissime, mais très pro, très, très, vraiment superbe. Mais elle avait une culture d'entreprise à l'opposé de la nôtre. Et ça a duré 48 heures, j'étais malade pour elle. Mais ce n'était même pas moi, c'est tous les équipes qui sont... Et elle n'a rien fait de pas bien, tu vois. C'est juste cette culture que nous, on a, qui est très, très forte, que pour une équipe dirigeante, je ne peux pas l'amener comme ça de l'extérieur quand ils ne sont pas imprégnés. En fait, d'un côté, c'est une force, et de l'autre côté, c'est aussi une faiblesse. On a besoin de former en permanence et de monter. monter en compétence nos équipes à nous pour prendre des... On a des gens qui travaillent avec nous depuis 20 ans, depuis 15 ans, depuis...
- Speaker #0
Et donc, c'est comme ça que vous faites ruisseler la culture d'équipe, finalement, en ayant des gens qui sont là depuis des années et qui vous connaissent très bien ?
- Speaker #1
Tout à fait, qu'on monte en compétence, parce que de toute façon, le contraire, ça ne marche pas. J'aurais aimé, mais ça ne marche pas.
- Speaker #0
D'accord. Donc, du coup, tu as particulièrement à cœur de faire évoluer les personnes qui travaillent avec toi, c'est ça ? Comment tu repères les pépites ?
- Speaker #1
D'abord, c'est surtout les managers qui sont sur place qui les repèrent, parce qu'ils sont en contact tous les jours. Mais après, souvent, on se connaît quand même et souvent, les choses paraissent très naturelles. Mais plusieurs fois, j'étais surprise parce qu'on me parle des gens, je ne pensais pas, tu vois, je ne pensais pas. Le problème que tu as maintenant, tu les vois de loin. Ou alors, tu vois, les gens, pour devenir un leader, en fait, il faut des conditions. Et quand ces gens-là, ils ne sont pas dans les conditions, tu le mets à un serveur, par exemple. Je parle de mon métier, mais partout, c'est pareil. En fait, pour s'exprimer pleinement et ce que tu peux faire et ton potentiel, il te faut la condition. En fait, il faut l'environnement qui fasse ça. Et donc, si un excellent, je ne sais pas moi, un serveur... tu le mets en cuisine, ça m'est déjà arrivé j'ai un mec en cuisine qui était mais pas bon mais pas bon c'était vraiment je sais plus et un jour on était tellement dans le jus en salle il est sorti en salle et là il s'est révélé et là il s'est révélé et il a fini là il est directeur de restaurant ça a pris un peu de temps etc et donc ce que je veux dire tu vois pas le serveur le mec il travaille, la nana elle travaille tu les vois jamais encadrer les gens Mais le jour que tu les mets dans la position d'encadré, ils se révèlent excellents managers et avec des potentiels énormes. Moi, je crois en fait à Jean. Je crois à cette espèce de transmission non-verbale. Tu sais, nous, on fait tout en travaillant. Et en fait, tu peux transmettre en travaillant. Tu peux inspirer en travaillant. Et on a beaucoup, beaucoup de chance et on passe beaucoup, beaucoup de temps avec eux. avec notre équipe dirigeante pour justement sauvegarder ce truc-là. Tu vois, c'est important.
- Speaker #0
Et comment tu le travailles, justement ?
- Speaker #1
Avec les équipes dirigeantes, on fait souvent... Je fais appel beaucoup à des coachs externes. Tu vois, de temps en temps, dans l'année, on fait des sessions. La dernière fois, on a fait... C'était magnifique aussi avec Magna. Je ne sais plus comment... Olivier. C'est Olivier qui est venu de chez... Il travaille énormément. sur la connaissance de soi dans une équipe. Et c'était, on a passé, au début, ils m'ont dit, oh là là, ça va être chiant, ça va être chiant. Et finalement, on a passé la journée à décortiquer. Donc, on était tous d'accord pour afficher nos résultats, tu vois, et puis de regarder. Et en fait, selon ta façon de, en fait, ils t'expliquent d'abord, tu fais des tests, et en fait, ta façon de fonctionner, à quoi tu réagis, comment tu réfléchis, comment tu prends des décisions, qu'est-ce qui... Et en fait, on a mis toute notre équipe comme ça ensemble. Et on s'est rendu compte que finalement, on a beaucoup, beaucoup de choses en commun. Parce que tu vois, on est tous, on prend des décisions très rapides, sous pression. Parce que ça va super vite. Tu vois, quand on est à un service, tu n'as pas le temps. On en a un qui... On en a deux dans l'équipe qui ne sont pas tout à fait comme ça. Et du coup, on sait pourquoi avec eux, ça clashe un peu. Mais c'était... On a rigolé. On a passé du temps. On a rigolé. Et on s'est rendu compte aussi, en fait, ce qu'il disait Olivier. Le formateur, il disait, mais il vous faudra quand même dans l'équipe un peu les gens différents parce que vous êtes tous pareils. En fait, on embauche des gens pareils, on les forme, ils sont pareils que nous. Et là, tu vois, on s'est rendu compte. Ça, c'est l'axe de travail. Il faut trouver des gens qui réfléchissent un peu. Pour compléter un peu. Pour que ça soit plus complet. Et voilà, ces sessions-là avec les coachs, on les fait régulièrement. On fait régulièrement des team building chez nous.
- Speaker #0
Vous créez des moments un peu différents. En dehors du service, en dehors du travail, finalement.
- Speaker #1
Tout à fait. Et puis, on les... En fait, comme on a neuf restos, tu vois, tous les directeurs, souvent, on fait des réunions, on fait des formations, ils se connaissent tous, ils s'échangent. C'est vraiment, voilà, une grande famille, quoi.
- Speaker #0
Et là, il se passe quelque chose d'assez intéressant. Tatiana a réussi ce qu'elle cherchait à faire. Elle n'a plus besoin d'être partout pour que la culture novique soit partout. Les gens grandissent dans l'entreprise, ils transmettent les codes, ils savent comment on travaille, ils savent comment on décide et c'est une réussite. Et c'est exactement là que la marche suivante commence. Parce qu'une maison qui sait très bien fonctionner à sa manière, sait aussi très bien reconnaître ce qui n'est pas sa manière. Une dirigeante extérieure arrive. Elle est excellente, elle tient pourtant 48 heures, 48 petites heures. Ce n'est pas un échec de recrutement, à 48 heures on n'a même pas eu le temps de tester la personne. En revanche, ce qu'on a eu le temps de tester, c'est la capacité de la maison à accueillir quelque chose qu'elle n'a pas fabriqué elle-même. Et voilà l'alarme, et l'alarme qui a été entendue. Elle ne sonne pas dans un tableau de bord, elle sonne comme ça, quelqu'un arrive et ne reste pas. Un peu plus tard, leur propre travail d'équipe leur renvoie la même chose. Vous fonctionnez beaucoup de la même manière, dit-elle. Même rythme, même réflexe, mêmes évidences, le genre d'équipe où tout le monde filie les phrases de tout le monde. C'est très agréable à vivre. C'est beaucoup moins pratique le jour où il faut une idée que personne n'a déjà eue. Alors voilà le troisième métier. Après avoir appris à faire, après avoir réussi à transmettre, il faut apprendre à intégrer. C'est-à-dire accepter que ce qui a construit la maison ne suffira plus à la faire grandir. Et celui-là, personne ne vous le demande. Aucun client ne le réclame, il n'apparaît sur... aucun objectif de fin d'année. Il se signale une seule fois, en général, quand quelqu'un vient de partir. Alors, on arrive à la fin de l'enregistrement, et du coup, c'est dans le cadre de Femme et Challenge, cette interview, et du coup, je voulais te demander, c'est quoi ton plus grande challenge aujourd'hui en tant que femme dirigeante ?
- Speaker #1
En fait, de... Quand t'arrives à ce stade de carrière, souvent, c'est ce que moi j'ai observé, c'est un gage que moi... beaucoup de gens, surtout dans notre métier, et puis dans les autres aussi, parce qu'au moment donné, quand tu fais la même chose pendant 30 ans de la même façon, il y a une partie qui s'arrête, ce qui est normal en fait. Et moi, mon plus grand challenge, c'est de se réinventer tout le temps, parce que je suis quelqu'un, mais avec des projets qui me motivent, qui me tiennent à cœur, qui... Et je pense que je commence... Là, en ce moment, j'avoue, j'ai un peu de trop. Il va falloir que je fasse le tri parce que c'est pareil. Tu ne peux pas tout faire en même temps. Et à un moment donné, tu commences à saturer dans la journée il y a 24 heures. Et après, il faut avoir du temps pour prendre du recul. Il y a des moments quand tu bosses 7 sur 7 toute l'année. Et là, tu vois, je ne l'ai pas dit, mais c'est important aussi. Et pour moi, ça a devenu important. On a passé 20 ans, ça se prend des congés. Et là, tu vois, je fais beaucoup de sport. Et à un moment donné, j'étais blessée. Et mon coach me dit, tu t'entraînes, mais tu sais que la récup, ça fait partie de l'entraînement. C'est moitié-moitié. Et si tu ne fais que l'entraînement et tu ne fais pas la récup, parce que le muscle, il se forme à la récupération. Et c'est la même dans la vie, en fait. C'est exactement la même.
- Speaker #0
Il t'en crunch tout le temps, tu n'as pas d'abdos.
- Speaker #1
C'est ça. Mais vraiment, tu vois, d'apprendre à dire oui, d'apprendre à dire non au projet. et d'avoir des projets qui, ici, ont rebondi sur la Femme Challenge. Là, tu vois, pareil, je suis arrivée là-dedans complètement par hasard parce que j'étais en train d'écrire une thèse à Sciences Po sur l'entrepreneuriat féminin dans le cadre des entreprises familiales, d'ailleurs. Et il me fallait, en fait, un échantillon de femmes qui puissent témoigner. Et donc, on m'a dit, oh, il y a le forum, tu ne veux pas y aller. Donc, moi, j'y vais. Et là, j'ai dit, mais c'est un truc extraordinaire. C'est quelque chose de... Et donc, c'est là que ça a commencé. Et ce n'était pas du tout prévu que j'ouvre le café. Enfin bref, tout ça, tu sais, tout arrive. Et un jour, j'amène les filles à Paris, à l'ambassade serbe. Et on sort de là-dedans. On a passé une belle journée. Et là, les filles me regardent et me disent, mais on ne peut pas s'arrêter là. La femme, elle challenge là. Bon, on était à Normandie. Maintenant, on est à Paris. Maintenant, il faut aller à l'international. Je dis, comment ça, on va aller à l'international ? Et y aller. C'était la semaine de serbe.
- Speaker #0
C'est un an de travail. Et revient.
- Speaker #1
C'était un an de travail, mais j'ai, en fait, s'il y a une telle satisfaction, en fait, c'était un travail collectif. J'ai pris du plaisir, mais vraiment, à travailler avec les filles de Farming Challenge. J'ai pris du plaisir à travailler avec la CCI de la Serbie. Et finalement, tu vois, dans tout, tu me dis, c'est quoi, c'est de trouver sa mission. Moi, tu vois, j'adore ce truc que je suis. Je suis profondément citoyen du monde, tu vois, dû à mon histoire. J'adore, tu vois, dépasser les frontières, de faire des trucs. Et les filles, quand elles sont venues, ils ne connaissaient pas Rouen, ils ne connaissaient pas la Normandie, ils ne savaient pas où ils venaient. Et en fait, c'était un événement qui était réussi. Et ce n'est pas mon métier, organiser des événements. Enfin, j'ai dit, après ça, j'ouvre une agence de voyage. C'est... Je pense... Il y avait un tel retour émotionnel, tu vois, de tout le monde positif, que... Donc, je me souhaite à moi d'avoir que des projets comme ça qui te remplissent, en fait, qui te nourrissent, qui te remplissent, qui te... Voilà. Pour moi, le travail, tu vois, c'est ne pas être obligé. C'est... tous les matins se lever et d'aller avec plaisir et à partir du moment que tu sens la contrainte alors au début toute ma vie je faisais ce qu'il y avait à faire et maintenant on a un privilège aussi de choisir et de dire là ce projet me tient vraiment à coeur il va m'apporter et moi je vais apporter aussi grâce à ce projet à quelqu'un donc voilà de ce que je comprends le goût du collectif quand même c'est important de toute façon tu sais seul on n'a pas le choix Moi, je n'ai jamais travaillé seule. Je ne sais pas. Et tu sais, quand j'ai changé un peu de... Pour rebondir là-dessus, quand j'ai changé un peu, tu vois, mon mutilé, c'était la salle, tu vois, l'instauration. C'est-à-dire que j'étais pendant 25 ans à dire bonjour mille fois par jour, au revoir mille fois par jour. Les gens... Et en fait, le soir, tu es fatigué, mais tu as ce truc émotionnel, tu vois, les gens, ils étaient contents. Tu as la petite grand-mère qui est venue te parler. Tu vois, c'est... Tu es rempli. Et là, d'un seul coup, je me suis retrouvée. derrière le bureau, là, avec un ordi, toute seule, à gérer que des problèmes. Et là, je me suis dit mais ça va pas, en fait. Il faut que je trouve un truc. Il faut que je trouve un truc. Et donc, ouais, c'est là où j'ai commencé à faire un peu mes challenges et tout ça. Et oui, transmettre.
- Speaker #0
Transmettre, ouais, le contact, finalement. Ouais, le contact. Très bien. Est-ce que t'as un mot de la fin ?
- Speaker #1
Bah, écoute, moi, je voulais déjà te remercier parce qu'on a... Très peur, tu sais, c'est comme chez un psy, tu parles, tu parles, t'as jamais... Donc du coup, je voulais te remercier déjà de m'avoir invitée. Et j'espère, comme je l'ai dit au début, j'espère que s'il y a au moins une personne qui écoute et qui dit « Mais tiens, rien n'est prévu. Enfin, c'est pas comme ça que je voyais. Et allez, on y va. Et j'ai pas peur. Et il y a des gens sur qui compter. Je pense que voilà. Tout est possible. Pour moi, ce que j'apprends à mes enfants et j'apprends à tout le monde, tout est possible. Il faut juste avoir, voilà, pourquoi tu pousses la pierre.
- Speaker #0
Au début de sa carrière, Tatiana faisait tenir son équipe en étant devant. 30 ans plus tard, son travail est presque devenu l'inverse. Et entre les deux, elle n'a pas fait un métier, elle en a fait une multitude. Dont faire, transmettre, intégrer. Et je crois que c'est ça la vraie difficulté de la croissance. On ne vous demande pas de faire la même chose en plus grand. On vous demande tous les 3 ou 4 ans de vous séparer de ce qui vous a fait réussir. Au début, on est valorisé par ce qu'on sait faire, on règle les problèmes, on répond vite, on décide, on donne l'exemple. Et puis l'équipe grandit. Et si il continue à dépendre de vous, votre compétence finit presque par devenir le problème. Alors on transmet autre chose que des consignes. Une manière de regarder le travail, des critères pour décider. Et quand ça marche, quand la culture tient toute seule, une nouvelle marche apparaît. Il faut rendre cette culture capable d'accueillir ce qu'elle n'a pas produit elle-même. Personne ne vous prévient, il n'y a pas de tableau de bord pour ça On s'en rend compte parce que quelque chose ne prend pas Alors la question du jour, elle est en deux temps Le premier temps, qu'est-ce qui dans votre façon de diriger aujourd'hui vient d'une époque où votre équipe était deux fois plus petite ? Le second temps, moins confortable Est-ce que vous le gardez parce que ça marche encore ou parce que c'est ce qui vous a fait réussir ? Et pour voir venir une marche que rien ne signale, en général, on n'y arrive pas tout seul, c'est Tatiana qui dit, se faire accompagner c'est la clé. A bon entendeur, bisous, et encore une fois, merci beaucoup Tatiana ! Cette série est enregistrée avec Femme & Challenge, une communauté de près de 1300 audacieuses et audacieux, des cafés partout en Normandie et un forum annuel à ne pas manquer. Vous êtes chef d'entreprise, dirigeant et vous ne les connaissez pas encore, le lien est en description. C'était Team Building, mais au quotidien ! Si l'épisode vous a servi, abonnez-vous, laissez 5 étoiles, c'est ce qui permet à d'autres de le trouver et ça ne vous coûte rien, et moi ça m'apporte beaucoup de joie. Si vous voulez la version fiction du même sujet, j'ai un autre podcast qui s'appelle Open Space, chronique d'une manager. C'est l'histoire d'Emma, fraîchement promue, qui découvre que manager ses anciens collègues, c'est un sport de contact. Et si vous voulez que je vienne travailler tout ça avec votre équipe, vos managers ou votre comité de direction... Écrivez-moi à enily.lanimecoaching.com Team Building est donc produit par L'Anime Coaching. A très vite ! Bisous !