- Speaker #0
Le « Sois belle et tais-toi » caricaturé, c'est vraiment ça. Il n'empêche que du coup, nous on va se poser la question de dire « Si je fais ça, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qu'ils vont penser ? » L'homme, pas forcément. Donc on va se mettre des freins tout seul en fait. « Tais-toi Bobby, c'est bon là. J'ai pas envie de t'écouter en fait. » Tout ce qui est syndrome de l'imposteur, c'est lié à la confiance en soi, c'est lié à soi. Et moi je dis toujours, on est le pilote. Sauf que si Bobby prend trop de place, on n'est plus le pilote, on devient copilote. On devient assistant et on n'arrive plus à reprendre les manettes. Je dirais la définition de confiance en soi, c'est...
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans Teamplayer, mes papayassons, version vidéo. Aujourd'hui, je reçois Marie Périssou dans le cadre d'un partenariat avec Femmes & Challenge, un réseau d'entrepreneuses normandes. Et l'intention et l'idée, c'est de parler de pourquoi c'est difficile de dire non, pourquoi c'est parfois plus facile de dire oui, qu'est-ce que ça veut dire poser des limites. On va vraiment être sur du mindset. Et pourquoi Marie est la meilleure personne pour faire ça ? C'est parce qu'elle est coach mindset. Elle accompagne des entrepreneurs et surtout des entrepreneuses. pour qu'elles prennent leur place, qu'elles ajustent et qu'elles affirment leurs tarifs et assument plutôt qu'ajustent. Et donc l'idée et l'intention pendant cet épisode, c'est de parler de tout ça, comment faire, les freins qu'on a et comment lever les freins. Voilà, voilà pour la présentation. Allez, c'est parti ! Salut Marie !
- Speaker #0
Salut Émilie !
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va super, merci de me recevoir, je suis très honorée.
- Speaker #1
C'est vrai ? Honorée carrément, j'adore. Oui, carrément. J'adore. Alors, justement, petite question, on va commencer par le parcours. Coach Mindset, comment t'en es arrivé là ?
- Speaker #0
Oh, longue histoire ! Il était une fois ! Long story short, comme on dit. Moi, j'ai un parcours de direction commerciale. En fait, j'ai travaillé beaucoup dans le milieu de la mode et du luxe, donc qui est un secteur d'activité très exigeant et un petit peu compliqué à intégrer, on ne va pas se mentir. Donc, j'en ai déjà bavé juste pour intégrer le... Le secteur, ma première expérience professionnelle, c'était chez Christian Dior, la maison de luxe de mes rêves. Mais par contre, pour l'intégrer en stage, je précise, j'ai fait sept entretiens. Et déjà, à ce moment-là, je pense que le mindset a beaucoup joué. Ce n'était pas forcément le côté compétence, même si évidemment, ça fait partie du CV, mais c'était ce côté résilience, ce côté détermination qui ont été moteurs pour intégrer ce milieu-là. De fil en aiguille, je suis restée chez Christian Dior en contrat et puis j'ai évolué jusqu'à atteindre un poste de direction commerciale internationale chez Michael Kors. Le point commun de ce parcours, c'est justement ce que moi j'appelle le leadership et le mindset. Il y a plein d'autres choses aussi, mais ce sont des univers qui sont à l'international, donc multiculturels, avec beaucoup de personnalités différentes, beaucoup d'égo, on ne va pas se mentir aussi. Et quand on ne vient pas du tout de ce milieu-là, on appréhende, on se met beaucoup de stress aussi. Je pense que ça a un peu jalonné tout mon parcours Mais pour moi le stress peut être positif A partir du moment où on arrive à le dompter Et donc à faire taire notre ami Bobby Que moi j'appelle Bobby, notre syndrome de l'imposteur Qui a été présent toute ma carrière Mais que finalement je me suis prouvé Que je pouvais aller plus loin Et quand je dis je, c'est moi mais mes équipes aussi J'ai beaucoup accompagné mes équipes sur ce sujet là Et j'ai changé de vie Pour une raison complètement personnelle C'est que j'ai quitté Paris Et que quand on est en France et qu'on quitte Paris On quitte le milieu Merci. Du luxe ! Il n'y a plus beaucoup d'opportunités ailleurs. Et je me suis retrouvée en Alsace et je suis tombée enceinte. Donc ça a un peu rabattu toutes les cartes. Non pas d'être enceinte, mais plus le fait de m'arrêter. Alors que j'avais un job assez sportif dans tous les sens du terme, que ce soit dans les voyages ou dans le rythme. Et du coup, je me suis posé des questions. Et ce qui m'a vraiment marquée quand j'ai interrogé toutes mes anciennes équipes, toutes mes anciennes managers et mes anciens managers aussi, il y avait des hommes. C'était justement ce côté, Marie, tu arrives à driver, tu arrives à toujours dépasser les limites et tu arrives à nous donner les bons conseils, les bons outils et surtout à toujours être focus positif. Et là, je me suis dit, il y a un truc avec le mindset. Le coaching est apparu un petit peu comme une évidence, mais je me suis vite rhabillée quand j'ai vu à quel point ce métier, on parle de ça, on était en 2017. Donc aujourd'hui, le marché du coaching a beaucoup évolué. Pas forcément toujours dans la bonne direction, je pense, mais à l'époque, c'était encore pire. Il y avait vraiment cette association gourou-coach. On en a reparlé avec le film cette année de Pierre Ninet, mais c'est encore un autre aspect, je dirais, de ce métier. Et du coup, je me suis dit, OK, moi, je n'ai pas du tout envie d'être gourou, secte, développement personnel à outrance. Ce n'est pas du tout ce qui m'anime. Moi, je suis une fille du terrain. J'étais directrice commerciale. J'adore monter des projets. J'adore driver les équipes. Et je vais me former au coaching. Et quand je me suis formée au coaching, j'ai appris... énormément. Ça m'a bouleversée cette formation, moi personnellement. Et quand j'ai décidé de monter mon entreprise, le coaching mindset finalement était un petit peu une évidence avec cette couleur supplémentaire du développement commercial qui est un frein chez beaucoup de femmes. Vu que les femmes, c'est un peu mon cœur de cible, de pouvoir allier le mindset et le commercial, c'est un peu ce qui a fait ma couleur. J'ai essayé d'être le plus courte possible. Non, c'était super.
- Speaker #1
Mais justement, en tout cas, tu parles beaucoup des personnes que tu as accompagnées, mais est-ce que toi aussi, parfois, tu as ce sujet, ce décalage entre ce que tu dis et ce que tu voudrais dire et ce que tu penses ?
- Speaker #0
Évidemment, on est en train de le vivre là, je crois. Je pense que c'est, il n'y a personne qui, et moi je le dis constamment, c'est que oui j'ai des clés, maintenant comme on dit, le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. C'est beaucoup plus compliqué de se les appliquer à soi-même, même si ça va plus vite que chez une personne qui n'a pas les outils. Il n'empêche que toute personne à ce côté, ah j'aurais dû répondre ça, ah pourquoi j'ai dit ça, ah non mais j'aurais dû faire ça. Il se passe un truc qu'on ne maîtrise pas, ça va très vite, on a entre 46 000 et 88 000 je crois pensées par jour. et la pensée elle passe pendant 90 secondes je l'ai appris hier donc 90 secondes on la chope ou on la chope pas si on l'a loupé on est passé à côté de ce qu'on voulait dire on dira autre chose mais pas de la manière dont on le souhaitait parfois ça l'est moins on peut toujours revenir d'une autre manière, il y a toujours possibilité tout est possible
- Speaker #1
Ce qui est intéressant, c'est que tu disais que finalement, ton cœur de cible, c'est les femmes, parce qu'il y a un vrai sujet chez les femmes lié à plein de contextes, mais on n'est pas sur un podcast sociologique, qui font qu'elles ont du mal à s'assumer, à affirmer ce qu'elles pensent. Comment tu le vois, toi, dans tes accompagnements ?
- Speaker #0
Je le vois à tous les niveaux. Du début à la fin, vraiment littéralement. Juste prendre un appel avec moi, parfois chez certaines, c'est très compliqué. Parce qu'il y a le côté où il va falloir être vulnérable, exposer la situation. Je suis sur un métier d'accompagnement. de changement. Donc il y a la pression de se dire, si j'y vais, il va falloir que j'y aille vraiment, je vais investir, donc il va falloir que je me bouge, il va falloir que je sorte de ma zone de confort. Donc ça, ça fait déjà peur. Je vais m'exposer à quelqu'un que je ne connais pas. Donc toutes les croyances qu'on peut avoir, le jugement des autres, le regard des autres, on sait que ça peut être des freins, en tout cas ça peut figer. Donc ça, c'est juste au début. Après, pendant tout la compétition, on n'est même pas encore bossés ensemble. C'est ça,
- Speaker #1
on n'a pas signé.
- Speaker #0
Et après, une fois que ça signe, c'est tout au long du parcours jusqu'à la fin. Moi, je dis toujours, ces pensées-là, ce mindset d'auto-sabotage, finalement, il est présent tout le temps. On ne peut pas le dompter parce qu'il a aussi des signaux positifs. Il est aussi là pour nous faire comprendre des choses. Je dirais, le challenge, c'est de faire taire Bobby quand il a besoin de se taire et de l'écouter aussi dans certains cas. pour se dépasser et aller chercher ce qu'on a envie d'atteindre et ce fameux objectif qui nous drive dans la vie.
- Speaker #1
Ok. Bobby revient, alors on va le présenter. Présente-moi Bobby, s'il te plaît. Il était une fois.
- Speaker #0
Il était une fois Bobby. Non, Bobby, c'est le petit nom sympa du syndrome de l'imposteur. Syndrome de l'imposteur qu'on entend de plus en plus, je pense, grâce à la montée en puissance du développement personnel en France ces dernières années.
- Speaker #1
Et dans le chouette sens du terme, en l'occurrence. Enfin, en tout cas, pour le syndrome de l'imposteur, c'est plutôt une bonne nouvelle de l'identifier.
- Speaker #0
Tout à fait. C'est surtout attribué dans les études aux femmes. Non pas que les hommes ne le ressentent pas, mais les femmes sont beaucoup plus OK de le dire que les hommes. Dans les statistiques, c'est 51% de femmes qui le vivent versus 49% d'hommes. Donc, c'est complètement équitable. En revanche, la femme va vite sortir la carte du syndrome de l'imposteur, alors que l'homme, il va y aller et après, probablement qu'il va se poser la question. On n'est pas dans le podcast sociologique Mais ça fait partie des faits Il y avait des stats qui disaient Je crois qu'un homme va postuler
- Speaker #1
A une offre d'emploi s'il a 30 ou 40% Du profil Alors qu'une femme il faut qu'elle ait 110% J'exagère mais au moins 80 ou 90%
- Speaker #0
J'ai plein d'anecdotes A ce sujet si on a envie d'y aller Je pourrais donner plein de statistiques On met ça au parking mais on y reviendra Et donc pourquoi Bobby ? Parce que ce syndrome de l'imposteur C'est l'imposteur par définition. Il est là. Généralement, ça se manifeste de deux manières. Les pensées. Donc, toutes ces pensées. Je ne suis pas assez. Je ne vais pas y arriver. Il faut que je me forme plus. Non, mais je ne suis pas légitime. Ah, mais je n'y arriverai jamais. Quand on a ces pensées-là, c'est comme si quelqu'un nous les susurrait à l'oreille. Ou alors, physiquement, corporellement, on sait que le corps est notre plus grand allié. La boule au ventre, la boule dans la gorge, la pression qui...
- Speaker #1
Allié, je ne sais pas. Boussole, c'est sûr.
- Speaker #0
Oui, allié aussi. Parce que si on l'écoute, on peut en faire un allié.
- Speaker #1
Mais sinon, effectivement...
- Speaker #0
C'est un bel indicateur en tout cas. Et donc du coup, de le nommer, ça permet de lui parler, entre guillemets. Alors tout ça, c'est imagé, mais en lui donnant un nom, c'est pour dire, tais-toi Bobby, c'est bon là. J'ai pas envie de t'écouter en fait. Tout ce qui est syndrome de l'imposteur, c'est lié à la confiance en soi, c'est lié à soi. Et moi je dis toujours, on est le pilote. Sauf que si Bobby prend trop de place, on n'est plus le pilote, on devient copilote. On devient assistant et on n'arrive plus à reprendre les manettes. Donc de pouvoir lui parler, entre guillemets, c'est de se dire, à un moment donné, Je peux y arriver, j'ai des ressources, je vais aller chercher et donc d'être en mode action-proaction plutôt que d'être en mode entre guillemets auto-flagellation et auto-saboteur.
- Speaker #1
Docteur Assertive ici, qui intervient même sur la version vidéo du podcast. Sachez qu'on a toutes et tous un Bobby dans la tête. Bobby, c'est donc cette petite voix qui n'a aucun diplôme, aucune compétence, mais énormément de culot. Elle débarque sans badge, sans invitation et elle te dit Tu vas te ridiculiser, on va mal le prendre. « Tais-toi, ça vaut mieux pour tout le monde. » Le souci, ce n'est pas que Bobby parle. Le souci, c'est quand tu le laisses présider le comité de direction. Parce que Bobby n'a qu'une obsession, t'éviter l'inconfort immédiat. Donc, pour te sauver de 12 secondes possibles de gêne, il est capable de te faire dire oui à un truc que tu vas ruminer pendant 4 jours. On peut l'écouter, pourquoi pas, mais on n'est pas obligé de lui filer les commandes. Ok ? Allez, on fait ça !
- Speaker #0
Et Bobby,
- Speaker #1
tu sens qu'il susurre. Aux oreilles des personnes, à quel moment ?
- Speaker #0
La majeure partie du temps, c'est quand il y a nouveauté.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Nouveauté. Changement. Changement, nouveau projet. En fait, Bobby, il est là pour dire, attention, tu sors de ta zone de confort.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
C'est pour ça que je dis qu'il y a aussi du positif.
- Speaker #1
Et c'est quoi le projet de Bobby dans ces cas-là ?
- Speaker #0
Le projet de Bobby, c'est d'être alerte.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Il est là pour dire, coucou, il se passe quelque chose. Après, encore une fois, qu'est-ce que j'en fais si je suis fatiguée ? Bobby va être beaucoup plus négatif et je vais le percevoir beaucoup plus négatif. Et il parle fort. Quand on est fatigué, il parle très très fort.
- Speaker #1
Et il chante faux.
- Speaker #0
Au moins, il ne chante pas avec moi parce que sinon c'est très cataclyste.
- Speaker #1
C'est mon côté Céline Dion.
- Speaker #0
Autre sujet.
- Speaker #1
Autre sujet. Ne me lancez pas dans le feu.
- Speaker #0
Non, mais effectivement, il est là pour dire juste qu'il se passe quelque chose. C'est pour ça que j'aime bien l'appeler Bobby. C'est pour ça que j'aime bien le représenter. Parce que souvent, comme je disais, les manifestations, elles vont se passer au niveau émotionnel, au niveau corporel, au niveau mental. Mais de pouvoir nommer ce qui se passe, c'est prendre du recul et se dire qu'est-ce que je décide d'en faire, en fait, de tout ça.
- Speaker #1
Donc, du coup, finalement, ce que tu dis, c'est que Bobby, on le reconnaît, il existe, il est là et on ne veut pas le tuer. On ne veut pas forcément le faire taire. En revanche, l'idée, c'est de le faire parler, de le laisser parler, mais de gérer le son, finalement, le niveau sonore de Bobby. plaît,
- Speaker #0
tu prends. Très belle image.
- Speaker #1
Ok, il est là, il nous dit des trucs, c'est peut-être intéressant, peut-être pas, mais c'est à moi de décider par rapport à ça ce que je vais faire ou pas.
- Speaker #0
Oui, parce que si je me mets en position de décideur ou décideuse, du coup, je m'enlève les pensées parasites et ce qui va me freiner, le fameux je ne suis pas légitime, je ne suis pas capable, etc., on va passer ce qu'on dit dans le jargon en growth mindset, donc en mentalité, état d'esprit de croissance, alors qu'on a tendance Merci. si on écoute trop Bobby, à être en fixed mindset, donc en mentalité fixe, c'est-à-dire que je prends tout ce qu'il me dit comme argent comptant et du coup, ce que je fais, c'est plutôt ce que je ne fais pas. Je suis en procrastination, je suis en non-action et je suis... Je reste figée, donc je n'avance pas. Alors que si je me mets en mode growth mindset, Bobby m'a fait ça, ok, effectivement, je ne suis peut-être pas légitime, effectivement, je n'ai peut-être pas toutes les clés, effectivement, je ne suis peut-être qu'à 30% du CV par rapport à la jobdesk, il n'empêche que... Qu'est-ce que je peux faire ? Pour faire en sorte, est-ce que je me mets une pile, comme tu dis souvent, et j'y vais quand même ? Si oui, j'y vais comment ? Est-ce que je m'entoure ? Est-ce que je vais en parler à quelqu'un de confiance ? Est-ce que je vais m'inspirer d'une personne qui est référente dans ce domaine-là et que du coup, je vais modéliser ? Il y a plein de ressources après, mais ça, c'est le côté auto-coaching qu'on ne peut faire que si déjà on a pris conscience de la place que prenait Bobby et de la place qu'on a envie de lui laisser.
- Speaker #1
Ok, très bien. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
En tout cas, c'est intéressant parce que ça me permet de faire le pont avec l'histoire d'Emma. Emma, dans le podcast, elle grandit au fur et à mesure des épisodes et elle apprend à dompter Bobby qui, dans ma série, s'appelle Docteur Assertive, mais peu importe son nom, on l'a dit. Et le Bobby d'Emma, il est aussi pas mal nourri par le fait qu'elle a peur de changer et elle a peur aussi, elle a besoin de plaire, d'être acceptable. d'être approuvée. Et elle a très peur, justement, que le changement, le fait qu'elle s'affirme de poser des limites, fasse qu'on l'aime moins, qu'elle soit moins collective. Et du coup, c'est aussi un énorme frein qui nourrit beaucoup le son de Bobby. Et du coup, comment on peut faire quand on est people pleaser et qu'on a à cœur, en tout cas, de faire plaisir aux gens pour gérer justement ce gross mindset ?
- Speaker #0
Je pense que... Le people pleaser, le fait plaisir, si on parle d'outils un peu plus coaching, il a aussi des côtés positifs. Déjà, je pense que c'est important de dire qu'à chaque fois, il n'y a pas que du négatif. C'est juste que déjà, le cerveau a un biais négatif, donc on va s'arrêter dessus et que le négatif va nous freiner. Emma, c'est le négatif qui la freine, mais il y a aussi beaucoup de côtés positifs. Ma philosophie, en tout cas à moi, c'est de se dire que c'est toujours une question de curseur.
- Speaker #1
C'est pas viser la lune, ça ne te fait pas peur ?
- Speaker #0
J'aime bien aussi. Mais avec la musique, la choré et tout, on n'a pas le droit de bouger apparemment. C'est ça, c'est vrai. Pardon micro. Non mais en tout cas, c'est l'idée de où est-ce que je positionne le curseur en fait. Donc dans le people pleaser, c'est une côté de l'image de soi dans la société déjà. Et désolé, je vais encore faire une référence au genre, mais on a nous femmes... était très conditionnée sur le fait qu'on doit être people pleaser.
- Speaker #1
Oui, désolée de faire une référence, mais c'est un fait.
- Speaker #0
C'est un fait ! Pardon ! Non mais voilà, le « Sois belle et tais-toi » caricaturé, c'est vraiment ça. On ne va pas encore une fois repartir dans l'historique, mais il n'empêche que du coup, encore une fois, nous on va se poser la question de dire « Si je fais ça, qu'est-ce qui va se passer ? Qu'est-ce qu'ils vont penser ? » L'homme, pas forcément. Donc on va se mettre des freins tout seul en fait, grosso modo. Mais parce qu'on s'est ancré, parce que c'est sociétal et parce qu'on le vit. Toutes les femmes, je pense qu'on n'en trouverait pas une qui dirait le contraire. Donc encore une fois, dire oui, faire plaisir, ça a du positif. Parce que du coup, on est dans l'écoute, on est dans l'empathie, on est dans la bienveillance, dans le guide aussi, le mentorat, on peut aller très très loin. Ça devient un frein quand on fait faire passer les autres avant soi. Donc pour Emma, c'est pas de se dire... C'est facile à dire. Il y a plein d'outils après qu'on peut mettre en place, attention. Mais il n'y a rien de magique, toujours, ça part de la volonté de vouloir changer. Mais si le problème, c'est de dire, si je pose des limites, que je définis mon cadre, et que du coup, ça va avoir une image négative, c'est de se dire, moi, je me situe où dans tout ça ? Quelles sont mes priorités ? Qu'est-ce qui est important pour moi ? En mettant ce cadre, ces limites, qu'est-ce que ça va m'apporter ? Pour finalement que ça s'apprête aussi. C'est-à-dire pour remonter le positif de tout ça, pour ensuite contrebalancer le négatif, qui y en aura forcément, mais la vie, c'est 50-50, non ?
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est 50-50, mais en tout cas, il y a des pour et des contre, toujours.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Alors, il faut qu'on arrête deux secondes avec le mythe de la gentille fille. Parce que le people pleasing, ce n'est pas juste « oh là là, je suis trop sympa, je ne peux pas faire autrement » . Non, le people pleasing, c'est quand tu deviens la responsable bénévole du confort émotionnel de tout le monde. Lui, il ne faut pas le brusquer. Elle, il ne faut pas la décevoir. Eux, il ne faut pas qu'ils soient contrariés. Et toi, dans tout ça ? Toi, manifestement, tu peux t'asseoir sur ta tronche. À un moment, ce n'est plus de la gentillesse, c'est de l'auto-effacement et en plus avec le sourire. Le pire, c'est que socialement, on t'applaudit presque pour ça. Alors petit rappel de salubrité mentale. Penser à soi, ce n'est pas devenir un monstre. C'est juste arrêter d'être le paillasson premium de l'open space. Ok ? Allez, au lait-cœur ! En fait, j'entends ce que tu dis, poser un cadre, connaître ses limites, tout ça. Mais pour beaucoup des personnes que j'ai pu accompagner, rien que ces questions peuvent être vertigineuses.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et souvent, elles sont poussées à le faire parce qu'elles ont atteint une limite, justement. Que ce soit le burn-out, un plafond de verre, construire une famille. Il y a mille et une limites et envie et besoin de la dépasser. Et justement, en fait, quelles sont les limites du faire plaisir ? Qu'est-ce que tu observes dans tes accompagnements qui fait que d'un coup, certaines personnes prennent l'énergie pour cranter justement un peu au-dessus ?
- Speaker #0
Encore une fois, moi, ce que j'observe à mon niveau, c'est le fait de se remettre au centre. Et il y a une phrase que je dis constamment à mes clientes, parce que c'est souvent là où il y a le pivot. Le poser le cadre, comme tu dis, c'est vertigineux, etc. Parce que si on creuse beaucoup, qu'est-ce qu'il y a souvent derrière ? C'est je m'écoute moi, je me mets en priorité. Et encore une fois, dans cette société aujourd'hui, à chaque fois que j'arrive à enlever toutes ces couches d'oignon et qu'on arrive au point de... Mais ça veut dire que je me remets au centre. Il y a le « je ne veux pas être égoïste » . Je ne veux pas être perçue comme égoïste.
- Speaker #1
PS, l'égoïsme est le premier des altruismes. Donc je vous encourage tous à l'être. Je l'adore. Mais il y a une version catho. Charité bien ordonnée commence par soi-même.
- Speaker #0
C'est beau aussi. J'avoue.
- Speaker #1
Mais l'égoïsme, c'est le premier des altruismes.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas, mais je vais la ressortir. Parce que moi, je dis souvent, penser à soi, ce n'est pas la même chose que de penser qu'à soi. Et je pense que du coup, pour revenir à ta question de dire le point de bascule, il est où ? C'est que c'est toujours pareil. C'est qu'il faut, entre guillemets, toucher le fond pour remonter. C'est de se dire, ah non, mais moi, je ne veux pas qu'on pense que je ne pense qu'à moi. Je ne veux pas être perçue comme celle qui ne pense qu'à moi. Donc, je ne peux pas, Jusqu'au moment où on se dit, en fait, là, je suis en train de m'oublier complètement. Si je continue comme ça, je vais jusqu'où ? Allez, je me mets une pile, j'y retourne, je vais penser à moi. Mais ça ne veut pas dire que je vais oublier le reste. C'est juste que je vais me remettre au centre et réorganiser mes priorités pour continuer à faire plaisir, mais tout en me respectant.
- Speaker #1
Oui. Et ça change quoi de le faire ?
- Speaker #0
Ça change qu'on vit la vie qu'on veut normalement.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce qu'on arrive à... J'imagine, en tout cas moi, dans ce que je vois à mon niveau, on a tous des objectifs, petits ou grands, on a toutes des ambitions, petites ou grandes, et de se remettre au centre, c'est d'essayer de tout mettre en œuvre pour les atteindre.
- Speaker #1
Oui. Et ce qui est intéressant aussi de dire, c'est que ce n'est pas parce qu'on connaît ses limites, qu'on a du cadre, qu'on va être dans un monde facile. Il n'y a rien de magique. Voilà, exactement. Ça peut même être assez douloureux parfois, de connaître son or, et puis d'avoir conscience des contraintes, de ce qu'il faut... abandonnée, laissée sur le côté, parce que aussi, ce qu'on n'a pas dit, ce qui est hyper difficile dans le changement, c'est le regard des autres par rapport à ça. Et comment t'accompagnes ça, du coup ?
- Speaker #0
Ce que je disais là, c'est-à-dire que le regard des autres, c'est de s'en détacher pour revenir à soi, encore une fois, parce que nous, on va voir que le négatif, mais peut-être qu'en changeant certaines choses, même minimes, le regard des autres va aussi changer, c'est systémique. Donc c'est de prendre du recul, toujours pareil. Moi, j'aime bien dire que c'est la petite caméra, en fait, c'est que je vais m'observer. position méta, comme on dit dans le coaching, et de regarder ce qui se passe et où est-ce que j'ai envie d'aller. Et après, des outils, il y en a toujours. Et c'est hyper intéressant ce que tu dis, parce que tu dis que ça peut être douloureux. Oui, ça peut être heureux aussi avec des embûches. Encore une fois, il n'y a rien qui est linéaire et qui est facile. En revanche, tout part du même postulat. C'est à partir du moment où la personne a envie d'enclencher ce changement. Moi, je suis persuadée que s'il y a une envie... d'elle-même, c'est-à-dire qu'on ne lui a pas dit il faut que tu fasses, ou ce serait bien que tu te fasses accompagner, ce serait bien que, si ça vient de soi, cette volonté d'assertivité, cette volonté de poser un cadre, de changer et de mettre des choses en place, les obstacles, on va les vivre peut-être pas plus facilement, c'est ce qui me venait naturellement, mais plus rapidement. C'est-à-dire que quand le fameux montagne russe, je dis souvent, on va toutes les vivre, on les vit toutes à n'importe quel niveau.
- Speaker #1
On connaisse notre nord ou pas.
- Speaker #0
Exactement, mais le but c'est de, quand tu es en bas, tu remontes le plus vite possible. et que tu n'y restes pas.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, je trouve que c'est pour ça que je suis hyper croyante en l'assertivité, vraiment dans le sens religieux et foi, parce qu'en fait, effectivement, ce n'est pas un totem d'immunité sur la difficulté, ce n'est pas un totem d'immunité sur tu sais ce que tu veux, mais ça ne marche pas. Ce n'est pas du tout ça. En revanche, ça permet de connaître son cap, de retrouver son or, et sachant que son cap et son or peuvent évoluer aussi. et reconnaître qu'ils peuvent évoluer au fur et à mesure de la vie, des moments, des instants, de notre entourage. Et c'est aussi... Bobbi nous sert aussi à réajuster parfois notre nord, et voir par rapport à ça. Et donc, du coup, il y a vraiment... Enfin, tu l'as dit en filigrane, mais aussi le côté se regarder avec bienveillance. Enfin, la caméra, l'idée, c'est pas qu'elle voit notre bide. Non, on n'est pas sur du physique, Émilie. Exactement. Mais justement, on ne se focusse pas sur nos défauts, qu'on a eu. Beaucoup l'habitude de faire, mais on essaye de se regarder avec un peu de douceur aussi et sans flagellation.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ce n'est pas le plus simple.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas le plus simple.
- Speaker #1
D'où l'intérêt aussi parfois d'être accompagné par un coach, un psy ou une bande de potes, peu importe, pour avoir justement ce miroir qui est plus juste que celui que nous, on va se tendre à nous-mêmes. Tu parlais d'anecdotes tout à l'heure. vas-y parle-nous d'une, deux... Non,
- Speaker #0
c'était sur le genre et ce côté de l'importance de Bobby il y a quelques années au forum Femmes et Challenges il y avait l'intervention d'Edouard Philippe je crois qu'il venait de quitter son rôle de Premier Ministre et il est intervenu, je ne sais plus si c'était le sujet du syndrome de l'imposteur mais en fait c'était ça qu'il a mis en avant, il a dit la petite anecdote, quand j'ai pris mes fonctions de Premier Ministre j'ai convoqué mes futurs ministres pour leur annoncer quel ministère ils allaient avoir 100% des hommes m'ont demandé est-ce que je peux en avoir un plus grand de ministère ? 100% des femmes m'ont demandé est-ce que t'es sûre que je peux le gérer ?
- Speaker #1
Ça me vénère et je comprends, j'aurais fait partie des meufs.
- Speaker #0
On parle de la direction de notre pays quand même. C'est aussi pour... J'aime bien donner cette anecdote parce que je trouve qu'elle est hyper parlante. Il y en a d'autres sur Christine Lagarde qui a intervenu aussi à ce niveau-là sur les augmentations de salaire de ses équipes où les hommes sont les premiers à demander, les femmes ne demandent jamais ou en entretien d'embauche. Bon bref, il y en a plein. Mais c'est pour dire que ça touche absolument tout le monde, à tous les niveaux, tous les domaines, tous les secteurs d'activité.
- Speaker #1
Peu importe les études, les compétences.
- Speaker #0
Donc on est tous égaux face à Bobby.
- Speaker #1
Superbe.
- Speaker #0
À la base. Good news. Mais après, si justement on décide de le faire taire ou en tout cas, comme on disait, de jauger le volume. Oui,
- Speaker #1
puis de savoir quand il parle aussi, parce que parfois on n'est pas sûr que ce soit lui qui parle. Et donc finalement, juste reconnaître. Quand je suis dans l'élan de dire, est-ce que je pourrais avoir un ministère plus petit en disant, hop, hop, hop, qui dit ça ? et juste se rappeler de qui parle, ça peut aider à retenir un peu les chevaux et le son de Bobby. Donc ça, c'est hyper intéressant. Selon toi, quelles sont les phrases intérieures que tu entends le plus souvent chez les personnes qui n'osent pas poser leurs limites ?
- Speaker #0
J'en ai tellement que je ne saurais pas par où commencer. Je ne suis pas légitime, déjà, je pense qu'elle revient énormément. Je ne suis pas assez compétente. Ou à l'inverse, le pendant, c'est que j'ai besoin de me former sur ça, Oui,
- Speaker #1
la surformation. Exactement.
- Speaker #0
Je ne suis pas assez. Et on met ce qu'on veut derrière. Un paquet, on a bien compris que c'était plutôt des tournures assez négatives.
- Speaker #1
Oui, et justement... Le contrepoids de « je ne suis pas assez » , ce serait quoi du coup ? Ou « j'ai besoin de me former avant de… »
- Speaker #0
Là, on revient sur ce que je disais tout à l'heure du « growth mindset » . Je pense que c'est une question d'autodiscours interne et de se dire comment cette phrase, je peux la transformer. On parle souvent de la pensée positive, etc. Moi, je suis plutôt sur la pensée utile. C'est-à-dire que de dire que je ne suis pas assez et de me dire « non mais je suis une queen » , la marche, elle est trop haute, mon cerveau, il n'est pas capable de l'ancrer de toute manière. Donc d'y aller progressivement, dire… Cette pensée, elle arrive là. Comment je peux la switcher en pensée utile ? Je ne suis pas assez, peu devenir, je connais Émilie, je vais lui demander un café et je suis sûre qu'elle va me donner des tips pour y aller sereinement.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
je vais essayer. Action, réaction. Voilà, c'était l'exemple, mais voilà, il peut y avoir plein de choses. Je vais me former, je vais reprendre des études. En fonction de la grosseur du projet, il peut y avoir une multitude d'options. Mais encore une fois, c'est cette idée de... la petite caméra, je l'aime bien l'associer à un exercice, si tu veux bien que je partage cet exercice, je pense qu'il peut être utile pour tout le monde c'est de se dire qu'au moment où cette pensée elle arrive, j'allume cette petite caméra c'est vraiment l'idée de j'allume ma caméra pour me regarder je me pose trois questions la première question c'est qu'est-ce que je suis en train de penser, donc du coup je me pose pour vraiment saisir cette fameuse pensée qu'est-ce que ça me fait ressentir, c'est quoi l'émotion qui est associée verbaliser l'émotion mais aussi du coup la noter, qu'est-ce qui se passe dans mon corps Et la troisième question, c'est qu'est-ce que je décide d'en faire de tout ça ? L'idée, c'est que ça prenne 20 secondes et que ce soit rapide pour que déjà la pression redescende. Parce que de se poser ces questions, ça fait redescendre la pression. Et de se remettre encore une fois en pilote de l'avion.
- Speaker #1
Oui. Déjà, juste de se les poser, même si on n'a pas les réponses, en vrai.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Ça peut suffire. J'accompagne des managers et je vois à quel point, quand je parle d'émotion, ça peut créer un bug system. Je me suis sentie pas à l'aise. Ben non en fait, triste, en colère, t'as eu peur, de quoi on parle. Et en fait, nommer les émotions parfois c'est hyper dur.
- Speaker #0
Ça je suis d'accord, c'est pour ça que je dis aussi de penser au corps. Parce que pour certaines personnes, elles ne vont pas être en mesure de la nommer parce qu'elles ne sont pas sûres. C'est de la colère ou de la tristesse, on sait bien que les deux...
- Speaker #1
Et puis ça peut même cohabiter.
- Speaker #0
Exactement. Bonjour le bordel. Alors que si je retourne à mon corps, c'est une indication. Et c'est déjà une idée de se dire, ok, c'est une boule au ventre, la boule elle a quelle taille ? Si c'est une petite boule... je peux peut-être la garder, je vais en faire autre chose. Par contre, si ça a pris beaucoup d'ampleur, là, c'est pas OK avec moi. Et donc, encore une fois, toujours revenir à soi, sans être égoïste, mais plus pour reprendre les rênes. C'est ce côté d'empowerment, comme on dit. Je reprends le pouvoir parce que c'est important pour moi. Si c'est pas important pour moi, la caméra, elle sert à rien et j'y vais pas.
- Speaker #1
Et surtout, c'est utile de se rescanner parce qu'une émotion non adressée... revient en boomerang, puissance 3 milliards derrière, y compris à ton entourage. Si pendant le boulot, tu as retenu de la colère toute la journée, je suis sûre que tes gosses, quand tu rentres, et ton mari, ils vont prendre cher aussi. Alors que si tu avais fait sauter un peu la soupape et que tu avais fait ce petit exercice de caméra dans la journée, ça t'aurait permis peut-être de décompresser. Ce que je trouve intéressant aussi pour les personnes qui ont du mal à nommer les émotions, et en vrai, c'est aussi normal parce que quand on vient au monde, on ressent, puis on dit. les choses, donc on a moins de vocabulaire que ce qu'on ressent, donc c'est pour ça aussi que c'est difficile à faire et aussi parce qu'on nous alphabétise pas très bien là-dessus sur les émotions, mais je trouve que ça peut être intéressant si t'arrives pas à savoir si t'as peur, si t'es en colère ou si t'es triste, c'est de revenir aux besoins. J'ai besoin de faire quoi ? Si t'es en colère, t'as besoin de poser du cadre, t'as besoin de limites et dans ta posture, il y a quelque chose de très... très devant, très tendu. Voilà, donc ça te permet de savoir si tu as peur. Effectivement, il y a le côté machine à histoire, scénario très projeté dans le futur qui va te dire, bon ben là, c'est plutôt de la peur que je ressens. Si tu as envie d'un pot d'agendas, probablement que tu es plutôt triste. En tout cas, moi, c'est mon langage de la tristesse. Mais en tout cas, si vous êtes plutôt en mode plaide, cocooning, réconfort plus plus, probablement que vous êtes dans la tristesse. Et si vous avez besoin de rejeter une situation et de mettre de l'espace avec quelqu'un, probablement que vous êtes plutôt dans le dégoût. Il me semble que je les ai toutes dites. Et la joie, effectivement, la mère de toutes. Pourquoi la mère de toutes ? Parce que finalement, toutes les émotions ont une utilité. Certaines personnes vont dire qu'il y en a des négatives, des positives. Elles sont toutes utiles. Et en fait, ce qui est intéressant, c'est que l'utilité des émotions, c'est de vous dire qu'il faut vraiment que tu traverses cette émotion pour vite retrouver Madame la joie. Pourquoi ? Parce que notre cerveau, ce qu'il kiffe...
- Speaker #0
C'est la joie, c'est son mode économie d'énergie, c'est là où il va créer du lien, la jouer collectif, c'est là où il va faire avec les gens. Et, good news, nous sommes des humains, donc des animaux collectifs, et on a besoin d'être en lien avec les gens et les autres. C'est pour ça que la joie, c'est l'émotion que notre cerveau va chercher à reproduire, parce que c'est l'émotion qui nous permet de survivre. Donc, c'est cool d'être triste, parce que plus on est triste et plus on assume d'être bien, Bien Agenda, Splade, Netflix, The Holiday, la totale, et qu'on y va franchement, plus on retrouvera vite la joie et plus on aura envie de se marrer avec ses potes, de passer du bon temps en famille ou même de kiffer au taf. Et donc c'est pour ça que c'est hyper important d'adresser ses émotions pour faire taire Bobby le relou.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Ou pas d'ailleurs, Bobby...
- Speaker #1
Bobby.
- Speaker #0
Bobby. On ne va pas en ajouter. Du coup, j'ai posé une question sur la confiance, parce que finalement, Mindset... confiance, poser ses limites, assertivité, tout est lié. On attend souvent d'avoir confiance pour faire quelque chose et comme tu dis, avoir confiance, c'est faire plus d'études, attendre d'être prête, poser la question à 200 personnes avant de faire quoi que ce soit, ou le garder pour soi et le faire en soum-soum. Alors du coup, justement, comment t'adresses les sujets de confiance ? Parce que moi, je... pas quand je faisais du coaching individuel, j'en fais encore, il y a tellement... J'ai l'impression que 100% des sujets...
- Speaker #1
Tournent autour de la confiance en soi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que c'est devenu un mot un peu fourre-tout aussi, j'ai l'impression.
- Speaker #0
Ça, c'est vrai. Merci de le dire. Preach.
- Speaker #1
A chaque fois que tu demandes à quelqu'un, en tout cas, et peu importe le domaine d'ailleurs, même dans la vie perso, ou qu'est-ce qui fait que tu n'as pas fait ça, ou pourquoi tu ne fais pas ça, je n'ai pas confiance, je n'ai pas assez confiance, je n'ai pas confiance en moi, je n'ai pas confiance en moi. Et c'est pareil, il faut aller tirer la belote de laine pour voir ce qui se joue derrière.
- Speaker #0
Est-ce que c'est un sujet de confiance ? C'est pour ça.
- Speaker #1
C'est d'aller tirer pour voir si c'est vraiment de la confiance qui se joue derrière.
- Speaker #0
Parce que parfois, c'est une histoire qu'on se raconte aussi.
- Speaker #1
C'est des peurs, on revient aux émotions, c'est une image. La confiance en soi, je dirais la définition de confiance en soi, c'est d'être dans l'action.
- Speaker #0
Ouais, quelle superbe transition, je te remercie Marie. Alors, il y a une énorme arnaque. marketing autour de la confiance en soi. On nous fait croire qu'un matin, on va se réveiller lumineuse, alignée, charismatique avec Beyoncé dans le sternum. Bon, en général, ça n'arrive jamais comme ça. Parce que la confiance, elle ne descend pas du ciel en colissimo. Elle se fabrique. Comment ? Bah, en faisant des trucs. Pas forcément des trucs grandioses, des trucs parfois petits, un peu moches, un peu bancales, pas du tout inspirants sur Instagram, mais des trucs faits. Parce que mieux vaut fait que... parfait. Et aussi, parce qu'à chaque fois que tu agites, ton cerveau note « Ah, on n'en est pas morte, je peux le refaire. » Puis « Ah, mais en fait on peut. » Puis « Ah bon, donc on savait faire depuis le début ou quoi ? » Bref, la confiance en soi, ce n'est pas le prérequis. Très souvent, c'est la récompense du mouvement. Allez, on y va, on se soulève les manches et action ! Et du coup, par quel type d'action ?
- Speaker #1
Déjà, l'action et la répétition, parce que c'est un processus d'apprentissage. Donc quand je me suis formée au coaching, nouvelle petite anecdote, parce que je pense que ça peut parler à plusieurs, et qu'on a eu le module sur l'estime de soi et donc de la confiance en soi.
- Speaker #0
Sachant que ce n'est pas tout à fait la même chose.
- Speaker #1
Non. Alors moi, dans ma formation, la confiance en soi fait partie de l'estime de soi. L'estime, c'est la mère. C'est ça. Et puis en dessous, il y a l'image de soi, l'amour de soi et la confiance en soi. Et pour illustrer le concept de la confiance en soi, La formatrice a utilisé une... Une analogie que j'ai trouvée nulle sur le coup. Et après, je me suis dit, en fait, c'est brillant. Parce qu'elle disait, effectivement, que la confiance en soi, c'est contextualisé. Comme tu l'as justement dit, il n'y a aucun domaine dans lequel on n'a pas confiance en nous. C'est juste qu'on va garder en mémoire ceux dans lesquels on n'a pas confiance en nous et qu'on va oublier tous les autres dans lesquels on a confiance. Et elle a pris comme exemple, aujourd'hui, quand vous vous levez le matin, que vous prenez vos baskets et que vous faites vos lacets, vous ne vous posez même pas la question. Vous prenez les chaussures, vous faites les lacets. Votre enfant qui a... 4-5 ans en fonction des personnes, il va galérer à le faire. Il va probablement vous demander de le faire.
- Speaker #0
16 ans chez moi, mais oui.
- Speaker #1
Parce qu'il ne sait pas faire. Et donc dans le ne sait pas faire, je ne fais pas, donc je ne fais pas d'action, donc je n'ai pas confiance en moi. Si on demande tous les matins à notre enfant, essaie, donc soit dans l'action. Peu importe s'il y a échec, pas échec, etc. Essaie. Et bien petit à petit, il va y arriver. Pour certains, ça va prendre deux jours, pour d'autres, ça va prendre deux ans. On s'en fiche, ce n'est pas une question de durée. C'est une question d'ancrer la répétition pour ancrer la notion, comme on dit, et derrière, se sentir capable de. Parce que confiance en soi, c'est se sentir capable de. Faire. Ça va vers le faire derrière.
- Speaker #0
Agir.
- Speaker #1
Pour faire, voilà.
- Speaker #0
Exactement. C'est pas un concept et c'est pas un ressenti finalement. Et ce qui est intéressant du coup aussi, effectivement, la confiance en soi, ça veut rien dire. En revanche, ce que tu dis avec l'exemple de faire les lacets, ce que ça nous dit, c'est que la confiance en soi, c'est hyper important de la contextualiser et de mettre des indicateurs de réussite.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Donc comment moi, je saurais que j'ai gagné en confiance en moi là-dessus. En l'occurrence, pour l'enfant, faire ses lacets. Réussir à faire ses lacets, une boucle, niveau 2, deux boucles, et ainsi de suite. Mais c'est ça. Progression de fou, après des nœuds marins. Mais effectivement, du coup, plus jamais... Non, je m'en fous, c'est pas vrai, je peux encore l'entendre, j'ai pas confiance en moi. Mais en tout cas...
- Speaker #1
Tolérance, tolérance quand même.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ceux qui ont réécouté le podcast, on n'est pas tolérante. Voilà, ce sera non. Les autres, ça va.
- Speaker #0
Exactement. En fait, non mais je veux dire, on peut avoir, on peut manquer de confiance en soi, évidemment. En revanche... Si ce n'est pas contextualisé, si on n'a pas soi-même mis des indicateurs de réussite, en fait, ça n'a pas de sens. Ça n'a pas de sens, c'est un mot creux. Et en fait, c'est hyper important, surtout là-dessus, surtout quand ça devient une espèce d'épouvantail pour ne pas faire.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Là, en fait, ce n'est pas que ce n'est pas acceptable, on a le droit de le faire, mais effectivement, c'est là, ça va nourrir Bobby.
- Speaker #1
Tout à fait. Dans ce que tu disais, je pense que c'est aussi de donner ce conseil, peut-être. qui peut éclairer des personnes, de se dire moi j'ai pris l'anecdote délacée de ma formatrice mais quand tu dis il faut contextualiser au moment où tu te dis justement j'ai pas confiance en moi, va chercher une situation dans laquelle tu as confiance en toi pareil toujours pour remonter aller chercher les ressources alors moi j'avais lu pardon pour l'anecdote,
- Speaker #0
elle est peut-être pas ouf en plus mais moi elle m'avait vachement marquée je lisais Biba don't judge et je lis encore Biba Chut ! Et donc, il y avait dans les témoignages une nana qui disait justement qu'elle manquait énormément de confiance en elle. Et qu'un jour, elle s'est prise de passion pour Bob Dylan. Et du coup, elle est devenue incollable en Bob Dylan. Et vraiment, elle disait, ouais, j'étais un peu la nana. Quand j'étais en soirée, je me faisais petite souris parce que j'avais l'impression que je n'avais rien à dire, que je n'étais pas très intéressante ni rien. Et donc, elle s'est prise de passion pour Bob Dylan et elle est devenue ultra experte. Mais genre ultra experte. Et elle dit, c'est fou, parce qu'à partir de ce moment-là... J'ai su que j'avais toujours un truc à dire, et qu'il y avait un truc à dire que peu de gens savaient, et ça a complètement boosté son égo et sa confiance en elle, et du coup ça lui a permis d'aller nourrir tous les autres domaines où elle se sentait peut-être plus fragile, parce qu'elle savait déjà qu'elle était capable de déployer des efforts de fou pour un truc assez niche, enfin elle n'est pas seule sur Bob Dylan, mais c'est pas non plus le truc... Non mais n'empêche que c'est spécifique ! Voilà, c'est pas courant non plus, et aussi du coup nourrir sa confiance en elle. Et c'était dans l'action, encore une fois. Donc ça redit un petit peu différemment et ça élu ce qu'on a dit. Qu'est-ce que tu voudrais que nos auditorices et regardeurs, visionneurs, je ne sais pas comment on vous appelle, chers publics, retiennent de cet entretien ?
- Speaker #1
Beaucoup. Peut-être une chose, c'est de se dire que tout dépend de vous. Donc encore une fois, de reprendre cette place de leader. leader de sa vie et pas leader forcément d'un groupe ou quoi que ce soit, mais leader de sa vie. On a des ressources, il y a des outils. Et ne pas rester seule avec Bobby parce que ça va forcément prendre beaucoup trop de place. Alors que l'idée, c'est de prendre la place qu'on a envie de prendre.
- Speaker #0
Ok. Moi, ce que je retiens, c'est que... Alors, je vais essayer de ne pas utiliser le jargon de coach, mais parce que j'allais dire le mot posture qui est hyper dur à comprendre pour les gens qui ne sont pas coach parce que... Franchement, en vrai...
- Speaker #1
Par les mots, tout et n'importe quoi derrière.
- Speaker #0
Mais en tout cas, effectivement, vous êtes le pilote. C'est vous qui avez la commande de la radio, du GPS. Vous avez plus de pouvoir que ce que vous ne pensez. Effectivement, ça fait peur de prendre des décisions. Peut-être que vous allez aller en vacances dans un lieu pourri et ce sera votre choix. Et vous vous en voudrez de fou. Mais au moins, ce sera votre choix. Et rien que ça, c'est déjà beaucoup. Et ce que je retiens, c'est ton accompagnement mindset que tu as expérimenté et que tu vis aussi en toi. Et donc, on accompagne... J'avais entendu cette phrase que j'aime bien, c'est on n'enseigne jamais mieux ce qu'on a besoin d'apprendre ou ce qu'on a eu besoin d'apprendre. Donc, de fait...
- Speaker #1
Et c'est l'apprentissage d'une vie. La zone d'apprentissage, elle grandit, C'est apprentissage constant.
- Speaker #0
En tout cas, merci beaucoup Marie.
- Speaker #1
Merci à toi pour cette invitation et ce bon moment.
- Speaker #0
Merci. Merci Femme et Challenge, effectivement. Tu appartiens au réseau Femme et Challenge. Tu es ambassadrice. Je suis ambassadrice. Et c'est aussi pour ça qu'on se rencontre. Est-ce que tu veux faire un petit mot sur Femme et Challenge ? Oui, bien sûr,
- Speaker #1
avec plaisir. Tu l'as introduit tout à l'heure. Peut-être juste, effectivement, je suis ambassadrice de Femme et Challenge. Donc Femme et Challenge, c'est un réseau d'origine normand qui a été fondé par Léa Lassara, qui aujourd'hui a Audrey Reynier à la tête de ce réseau. L'idée, c'est d'avoir un espace entre femmes dirigeantes. Donc, tu as parlé des entrepreneurs. Effectivement, on a une grande majorité d'entrepreneurs. Mais les dirigeantes salariées, les postes à responsabilité salariée sont aussi les bienvenus dans le réseau. Il y a tout un grand, je dirais, planning événementiel en Normandie, dans toute la Normandie, tout au long de l'année, avec des conférences, des masterclass en digital, en présentiel. Le Forum Femmes et Challenges, venez au Forum Femmes et Challenges en décembre tous les ans. Cette année, c'est au Zénith de Rouen. C'est une journée d'inspiration. Et pareil, salariés, entrepreneurs, peu importe. On va beaucoup parler confiance en soi parce que c'est un sujet qui revient toujours. Mais pas que. Et c'est vraiment un boost à tous les niveaux, je pense, inspirationnel. Et c'est un peu l'événement emblématique de Femmes et Challenges. Et si vous êtes en Normandie, n'hésitez pas à aller sur le site internet parce qu'on se rencontre autour de café. Mais il y a aussi un business club qui est né depuis ce début d'année pour faire un peu plus de chiffre d'affaires pour les dirigeantes. Il y a plein de choses. On adore. Et c'est un beau réseau. Du CA. C'est un beau réseau. Il y a aussi une antenne à Paris, d'ailleurs. Donc, c'est aussi en train de se déployer. C'est plus que Normande, alors. C'est Normand. Et c'est des Normandes qui habitent à Paris, mais qui font du business en Normandie, qui ont créé l'antenne de Paris. Donc, il y a toujours ce lien.
- Speaker #0
La mafia normande. Merci, Marie. Merci à toi. Bravo. Ça, c'est fait. Tchine. Tchine.