- Clémence
Salut, bienvenue sur Terrain de Coeur, le podcast qui met en lumière ceux et celles qui, dans l'ombre, rendent le sport encore plus beau. Je suis Clémence, et aujourd'hui je suis super heureuse de vous retrouver pour un nouvel épisode un peu particulier, parce qu'on va parler de rugby, d'émotion, de partage, mais surtout d'accessibilité. Aujourd'hui, nous enregistrons dans un lieu d'exception, le stade Chaband-Almas, stade de l'équipe de rugby de Bordeaux. Merci à l'UBB de nous permettre d'être ici. J'ai donc le plaisir d'accueillir Yasmine et Jérémy, membres de l'association Tout Terrain. Ensemble, ils œuvrent pour permettre aux personnes déficientes visuelles de vivre les matchs au stade, au cœur de l'ambiance, des chants, des essais et de toutes les émotions que le sport peut offrir. Avec eux, on va parler d'audiodescription évidemment, mais aussi d'inclusion, de bénévolat, de lien social et de cette volonté simple mais essentielle, permettre à tout le monde de vibrer ensemble au rythme du sport. Alors, installe-toi confortablement et laisse-toi embarquer dans cette conversation aussi inspirante qu'humaine. C'est parti ! Bonjour Yasmine, bonjour Jérémy. Déjà, j'espère que vous allez bien. Bonjour.
- Jérémy
Plutôt bien, ça va, merci.
- Clémence
Donc, on va commencer le podcast par une première partie qui s'appelle le CV des invités. Je vous laisse vous présenter en quelques mots, vous présenter votre parcours bénévole, ce que vous faites maintenant, ce que vous faisiez avant aussi. On discutera après de l'association tout terrain et de ce qu'on fait ici aujourd'hui.
- Yasmine
Bonjour, moi c'est Yasmine. J'ai commencé le bénévolat quand j'avais 17 ans dans un club d'athlétisme où j'ai coaché un groupe d'enfants et ensuite d'ados. Après, je suis arrivée au bénévolat dans le rugby via Jérémy. qui a monté l'association Tout Terrain et qui m'a parlé du projet. Et comme ça m'a emballée, il m'a embarquée dans le bateau. Et nous voici pour pouvoir faire des audiodescriptions de matchs de rugby, notamment à Chaban.
- Jérémy
Moi, c'est Jérémy et effectivement, je suis président de l'association. Moi, j'ai toujours travaillé dans le milieu associatif. Et là, c'est vrai qu'il y avait l'envie de retourner au plus près des terrains parce que j'ai toujours joué au rugby au niveau amateur. Et j'ai arrêté un petit moment. Et puis avec le retour, enfin avec la Coupe du Monde de rugby, en fait, j'ai repris un peu plus le virus. En fait, ce qui s'est passé, c'est que moi, je travaille dans le milieu culturel depuis une quinzaine d'années. Je suis médiateur culturel de formation. Donc mon métier, c'est déjà d'ouvrir les portes des lieux, de faire le lien plutôt avec les artistes, etc. Et en fait, j'ai rencontré des personnes déficientes visuelles, notamment Emmanuel, qui est le secrétaire de l'association. On est devenus amis à force de se côtoyer et de l'accueillir sur des événements. Et j'ai appris grâce à eux l'audiodescription. Je suis vraiment en autodidacte à la base. J'ai fini par me former après, mais j'ai appris en faisant à leur côté. Et beaucoup sur les spectacles, ça va être des concerts, de l'opéra, du théâtre. La Coupe du Monde 2023 est arrivée et passée par Nantes. Il y avait des matchs à la Beaujoire et la ville de Nantes qui connaissait mon investissement là-dessus. m'a dit mais pourquoi ne pas faire quelque chose enfin adapter ce que tu fais dans le spectacle vivant au rugby j'y avais moi même pas pensé et quand ils me l'ont dit je me suis dit mais quelle idée géniale de rassembler deux passions et en fait on s'est retrouvé à rendre accessible la fanzone, on n'était pas dans le stand on était dans la fanzone et on était en plus on a commencé par c'était France Nouvelle-Zélande quoi c'était quand même un truc complètement fou et on était avec Théo qui fait aussi partie de l'équipe et je me revois en fait à un moment de la première mi-temps lever la tête et en fait on était dans l'axe de l'écran mais on était entouré c'était plein quoi et là on a pris conscience du truc et en fait c'est aussi tout simplement comme ça que ça a démarré et je me souviens via Julien qu'on connait être rentré en contact avec Jean-Pierre Et ça a mis un petit peu de temps à trouver les bonnes conditions, etc. Et puis, on a fait un match test. Désolé, je déborde de la question.
- Clémence
Pas de souci, mais c'est super.
- Jérémy
Comme ça, ça lâche le truc.
- Clémence
Exactement.
- Jérémy
Et puis, Bordeaux, ça a été un des premiers clubs à nous faire confiance. Donc, on a fait un premier match test sur la saison précédente. Et puis, pendant l'été, Jean-Pierre m'a dit, écoute, on essaie de vous avoir sur chaque match à la maison. Et en fait, les choses sont allées un peu plus vite que ce qu'on avait prévu. mais on s'est régalé et puis c'est vrai que nous on prend énormément de plaisir à le faire c'est ma théorie, si tu prends du plaisir à le faire, forcément tu le transmets aux gens et c'est vrai qu'assez vite on a eu des retours assez positifs C'est aussi un dispositif qui n'est pas forcément très, très connu, qui a été un peu mis en place sur, on en a entendu parler sur les JO, etc. Ça avait été fait aussi sur le mondial de foot, mais sur les autres sports, un peu moins. Je sais qu'à Toulouse, ça se fait depuis un petit moment. Mais du coup, hier, on était à Brive et c'était pareil. Il y avait des gens qui côtoyaient déjà le stade, qui venaient au stade, mais qui n'avaient pas le dispositif. Et en fait, on était contents hier de pouvoir suivre enfin le match comme tout le monde, d'être aussi peut-être un peu mieux placés. Et puis d'avoir des commentaires qui leur permettent d'être connectés à ce qui se passe sur le terrain. Et je pense être connecté aux autres supporters et supportrices. C'est tout con quand tu peux participer à la Ola en même temps que tout le monde. Bon, tu as l'impression d'être comme tout le monde, tout simplement. Notre objectif, c'est ça. Leur permettre de suivre le match et de vibrer, soutenir leur équipe, savoir ce qui se passe. On aime bien aussi, comme on est dans l'équipe quasiment tous des anciens, on a tous joué au rugby quasiment. On essaie d'expliquer aussi, on a la volonté de transmettre notre passion. Et on sait qu'il y a des accompagnants, des accompagnantes qui parfois sont là pour donner un coup de main. Et on a vraiment besoin d'eux et on les remercie d'ailleurs. Mais parfois, en fait, ils profitent du casque et à la fin, ils nous font des compliments. Ah ben, j'ai enfin compris cette fameuse règle. Ça va tout le monde, finalement. Voilà, c'est un peu notre théorie. C'est un confort principalement pour les personnes déficientes de visuel, mais en vrai, c'est un confort pour tout le monde potentiellement.
- Clémence
C'est génial. Franchement, quand j'ai connu l'association Tout Terrain via LinkedIn, que j'ai découvert ça, j'ai trouvé que déjà le projet était génial. Et puis, ça ressemblait un peu à ce que moi, je voulais mettre en avant aussi sur le podcast, un peu avec un nom finalement à peu près similaire, parce qu'on a le terrain en commun. Mais du coup, Yasmine, toi, tu fais partie de l'athlétisme de base.
- Yasmine
Oui, je viens de l'athlétisme.
- Clémence
Pas du tout du rugby. Et donc, comment ça se fait ? Pourquoi le rugby ? Pourquoi maintenant ?
- Yasmine
Oui, c'est vrai que j'ai commencé avec l'athlétisme. C'est un sport que j'ai beaucoup pratiqué étant plus jeune. J'en ai fait 12 ans. J'ai coaché pendant 4 ans. Et après, je suis arrivée au rugby parce que c'est un sport qui m'a toujours beaucoup plu, que j'ai toujours suivi à la télé, avec mon père notamment. J'ai toujours été très fan de ce sport. Donc, j'ai eu envie de m'y mettre. J'ai commencé d'abord un peu l'appréhension des plaquages qu'on peut avoir. J'ai commencé avec Jérémy, notamment avec du rugby à 5 sans plaquage. Et puis, j'ai eu envie de découvrir autre chose, d'aller un peu plus loin dans la pratique. Donc, j'ai commencé le rugby à 15. Après, comment je suis arrivée au rugby et notamment l'audiodescription du rugby, c'est vraiment Jérémy qui nous parlait beaucoup de son projet. On voyait aussi ce qu'il postait sur les réseaux. Et moi, ça m'a vraiment beaucoup emballée. Et du coup, il m'a proposé de... rejoindre le projet. Alors au début, je ne faisais pas l'audiodescription. En fait, ce qu'on essaie de faire en général dans le dispositif, c'est qu'on ait trois, deux personnes à l'audiodescription et une personne qui va être vraiment avec les bénéficiaires dans les tribunes pour notamment distribuer les casques, vérifier que tout se passe bien. des fois même les aider à se déplacer ou aller chercher les pichets à la mi-temps,
- Clémence
ça peut arriver aussi donc des bons vivants aussi tous c'est comme le disait Jérémy,
- Yasmine
ils sont comme n'importe quel supporter au stade et du coup la bière à la mi-temps c'est sacré et du coup oui dans un premier temps j'ai fait cet accompagnement et Jérémy m'a formée à l'audiodescription un peu plus précisément Et donc c'est comme ça que petit à petit, j'ai pu aussi prendre le micro pour décrire les matchs. C'est un apprentissage, c'est pas facile au début. C'est pas un commentaire sportif classique, parce que comme on décrit pour des personnes qui voient pas, ou en tout cas pas bien, il y a quand même besoin de toujours resituer l'action sur le terrain. Donc des choses qui peuvent être évidentes dans un commentaire classique, en fait elles le sont pas quand des personnes voient mal ou pas le terrain. Il faut toujours faire attention à ça. Ça fait partie des choses à appréhender au début.
- Clémence
Ok. C'est trop bien, franchement, que tu aies pu voir passer d'une simple expérience, d'une simple passion de joueuse à tout ça. Toi, tu baignais dedans quand même déjà depuis un petit moment. Mais c'est cool que tu aies pu faire vivre ça à d'autres personnes et pouvoir transmettre aussi cette passion. Du coup, l'association Tout Terrain, est-ce qu'on peut résumer ça en quelques mots pour les personnes qui... n'ont pas forcément encore compris le principe clair et exact de la manœuvre à suivre, de ce que vous faites, où est-ce que vous participez au match par exemple. Qu'est-ce que l'association Tout Terrain ?
- Jérémy
Alors, je vais essayer de résumer, c'est pas ma spécialité. En fait, notre objectif, c'est de rendre accessibles les événements culturels. Et on parle de culture au sens large, dans lequel on inclut le sport. Et en fait, là, pour l'instant, on communique beaucoup sur les réseaux, sur la partie sport et notamment rugby. Mais il y a aussi toute une partie culture, alors que c'est surtout moi qui l'anime, et c'est aussi que c'est plus ancré à Nantes, puisque c'est notre réseau. mais du coup c'est vraiment rendre que les personnes déficientes visuelles se sentent libres de venir dans un stade et d'avoir la même expérience que les autres et pareil dans un gradin d'une salle de spectacle et c'est un peu la même chose sauf que la proposition est différente d'un côté il y a un concert et de l'autre c'est un match de rugby mais on a un peu la même configuration sur le rugby on a un commentaire à deux à deux voix, même à trois voix avec Tristan qui nous a rejoint depuis peu qui est plus lui porté sur l'analyse de l'arbitrage Merci. Là où sur le spectacle vivant, c'est plutôt une voix.
- Clémence
Ok.
- Jérémy
Voilà, et c'est un peu différent dans le sens où le rugby, quand tu es déficient visuel et que tu es dans le gradin, à part quelques interventions du speaker et la réaction du public autour, il y a très peu d'éléments qui te permettent de suivre le match. Donc en fait, nous, c'est vrai qu'on est très très présents, on parle quasiment tout du long, on essaie de faire des petites pauses quand il y a des chants dans les tribunes, quand il y a le moment du... du tir au but aussi, voilà. Mais sinon, on parle, notre voix est très très présente. Là où sur le spectacle vivant, je vais avoir une voix qui va plus s'effacer, qui va essayer de plus rentrer dans les interstices, quoi. Je vais parler beaucoup en intro, mais après, une fois que le concert démarre ou le spectacle, c'est vraiment, ma voix, je vais la placer dans les espaces vides, en fait. Donc c'est un travail un petit peu différent. Mais voilà, l'objectif de l'assaut, c'est de rendre accessibles les événements culturels, si je résume au sens large.
- Clémence
C'est un super résumé. Je pense que c'est très clair. Donc du coup, vous faites ça sur les matchs à Chaban, donc pour l'UBB. Est-ce qu'il y a d'autres matchs que vous faites dans d'autres stades ? Est-ce qu'il y a d'autres sports aussi qui sont inclus dans l'association et dans ce projet-là ?
- Yasmine
Oui, on intervient effectivement sur tous les matchs à domicile de l'UBB. On a aussi fait des matchs de Champions Cup. On a aussi fait quelques matchs à La Rochelle. Aussi bien de Top 14 que de Champions Cup, mais également un match de l'équipe de France, c'était le crunch des U20. Ça fait un total de cinq matchs qu'on a fait cette saison à La Rochelle. On est intervenu aussi sur un match du Stade français et un match du Racing chez eux. On a fait l'Extenso Super 7 aussi à Paris. On est intervenu une fois chez les Lyon, le match contre Toulouse. C'était le même week-end, c'était génial. le même week-end que le match des hommes au Matmut, au stade Atlantique pardon et on interviendra aussi sur la finale de Pro D2 c'est un peu une de nos dernières actus oui effectivement Angers où on a fait de la fédérale 3 parce que notre but aussi c'est de rendre tous les rugby accessibles c'est pas uniquement de dire qu'on fait de l'équipe de France, des matchs pro on veut aussi que des personnes déficientes visuelles puissent aller au stade de leur village, de leur... petites villes pour aller voir du rugby. C'est aussi pour ça qu'on a fait Puy-le-Boureau, qui est du côté de La Rochelle, si je ne me trompe pas.
- Jérémy
La Fédérale.
- Yasmine
Trois aussi. Donc voilà, on essaie un peu de diversifier. Oui, effectivement. C'est vrai que tu en as parlé tout à l'heure. Hier, on a fait notre première Rempro des Deux, à Brive contre Nevers. On a même eu des joueurs qui sont venus rencontrer les bénéficiaires pendant la mi-temps. Des joueurs qui ne jouaient pas. C'était une super expérience. Ils ont pu découvrir le dispositif. avec les commentaires de Jérémy et Théo hier. Et après, on a fait d'autres sports. On a fait du foot. On a fait un match de foot cette saison. Pour le moment, on s'est un peu restreint au rugby parce qu'on est... Vous connaissez, je pense, le système des associations. On repose sur un nombre limité de bénévoles, un nombre limité de personnes formées à l'audiodescription. Et on ne peut pas être sur tous les chantiers non plus. Donc, on développe... beaucoup plus la partie rugby. Après, à terme, si l'assaut grossit et qu'on a suffisamment de monde, on aimerait bien aussi toucher à d'autres sports. C'est vrai que pour le moment, on s'est focalisé sur le rugby, principalement du fait qu'on vient tous de là. On pratique tous, on a tous pratiqué. Mais oui, on aimerait beaucoup, notamment à Nantes, on aimerait beaucoup pouvoir intervenir sur du handball, qui est quand même le gros sport local.
- Clémence
Merci. L'équipe de foot aussi, à Nantes ?
- Yasmine
Oui, l'équipe de foot, ça pourrait être sympa, c'est sûr. Je ne sais pas s'ils ont déjà un dispositif. Oui, il me semble.
- Jérémy
Ils ont déjà un dispositif, mais nous, on préférait travailler avec les filles. Il y a aussi, comme disait bien Yasmine, notre objectif, c'est de travailler sur tous les rugby, pro, amateur, et aussi mettre en avant le rugby féminin. C'est pour ça qu'on était hyper contents d'intervenir auprès des Lyon. Notre premier match, d'ailleurs, test, c'était à La Rochelle et c'était France-Écosse. C'était très, très cool. Si c'est du foot à Nantes, j'aimerais bien que ce soit les filles. D'ailleurs, a priori, ça joue un peu mieux. La saison était plus concluante de leur côté puisque le FC Nantes est descendu. Ce qui est chouette, c'est que dans l'équipe aussi, on a rassemblé des gens qui, certains, sont fans de foot, aiment beaucoup le rugby aussi. C'est notamment le cas de Evan, je lui fais un petit clin d'œil. Et Nico, son compère, ils ont fait le premier match à Laval. Et ce qui était cool aussi, c'était de les voir réaliser un de leurs rêves d'enfance, c'est de commenter un match de foot tous les deux. Donc, ils m'ont envoyé des messages trop mignons, trop sympas. Et puis, ils se sont super impliqués. Et voilà, c'est chouette. Donc, il y a le foot. En fait, on est soutenu par la Fondation Visio, qui est basée à Angers. Et en fait, il y a une vraie collaboration avec eux. On leur propose des collaborations avec des clubs de rugby. Ça a été le cas avec Brive, avec les Lyon. Mais eux aussi nous proposent des collabs avec notamment le club de Laval, peut-être avec d'autres clubs de foot. On va essayer quand même d'évoluer, mais de ne pas non plus exploser. L'objectif, c'est de tenir dans la durée. C'est vrai que ça a un impact. On fait beaucoup de déplacements sur la vie de famille, l'organisation, le travail. pour tout le monde. Donc, on va essayer de faire ça de manière mesurée. Enfin, je ne sais pas comment dire, mais...
- Yasmine
Progressive.
- Jérémy
Voilà, c'est ça, progressive. Merci, Yasmine. Voilà, mais c'est... Notre sport de cœur reste le rugby. Et puis, nous, ça nous plaisait bien aussi que le rugby soit un peu à la pointe en termes d'accessibilité. Je me souviens d'avoir parlé à Jean-Pierre au début, il disait en fait, ce serait bien que le rugby montre l'exemple aussi et que ça inspire d'autres clubs, etc. Donc, ça, c'est chouette. Et puis... À titre perso, j'ai l'impression que le rugby m'a permis de trouver ma place aussi dans le collectif, dans l'équipe, parce que c'est un sport où aussi on a besoin un peu de tout le monde, des gabarits différents, etc. Et d'un côté, c'est comme si nous, j'ai l'impression d'avoir trouvé ma place aussi dans le stade, d'avoir trouvé mon rôle, quoi. Et de permettre aux bénéficiaires de aussi trouver leur place, et d'être des spectateurs, spectatrices comme tout le monde, et de prendre vraiment part à la fête. et de ne pas être en décalage, parce que c'était vraiment la frustration qu'ils avaient, et qui est compréhensive. C'est de ne pas savoir en temps réel ce qui se passe, et d'applaudir un peu en décalé, de réagir un peu en décalé. Et là, c'est nous, en plus, on connaît comme au rugby, on colle au ballon ce qui se passe. Et ce qu'on aime bien, c'est aussi de donner un niveau de détail. On parlait de la troisième voie avec Tristan. C'est qu'en fait, ce dispositif, en vrai, il peut servir à tout le monde. Et ceux qui écoutent nos commentaires, parfois, ont accès peut-être à un niveau d'info supérieur. Parce que nous, notamment Yasmine, on fait un gros travail de préparation des matchs. Donner des infos, des stats, le contexte. Tristan nous donne beaucoup de détails sur l'arbitrage. Pourquoi l'arbitre lit la situation de telle façon. Donc en fait, on donne beaucoup d'infos. Et c'est vrai que les accompagnants nous font souvent ce retour-là. De eux aussi prendre du plaisir. Alors qu'il y a des gens qui, à la base, ne sont pas du tout rugby.
- Clémence
Ah oui, donc vraiment, il n'y a même pas que des fans de rugby. Ah bah oui, parce que des fois,
- Jérémy
c'est des bénévoles des assos. D'ailleurs, il ne faudrait pas qu'on parle de l'UNADEV et notamment de Sophie qui nous aide beaucoup, qui c'est grâce à elle, qui a des bénéficiaires, qui s'organisent, qui sont présents à chaque fois. Donc, on lui fait un petit big up. Et je ne sais plus ce que je voulais dire. Oui, bah du coup, des accompagnants de l'asso et qui, des fois, sont là pour un coup de main, mais qui ne sont pas spécialement en rugby. Et quand on leur demande à la fin, bah... Alors, ce n'est pas forcément devenu d'un coup des fans absolus, mais le fait de mieux comprendre, on apprécie plus. Et du coup, ils prennent eux aussi du plaisir. Donc, tant mieux.
- Yasmine
Et notamment sur les accompagnants, ça arrive qu'on ait des personnes qui sont issues d'une structure de réinsertion pour des jeunes qui ont pu être en décrochage scolaire, qui, eux, en général, ne connaissent pas forcément bien le rugby. Et eux, quand ils sont là, ils nous demandent les casques et ils ont beaucoup apprécié la dernière fois parce que ça leur a permis de comprendre un peu. non C'est vrai, quand on débarque au stade en ne connaissant pas du tout le rugby, je pense que c'est un dispositif qui peut servir, parce qu'on est quand même sur un sport où les règles peuvent être complexes à appréhender. Donc ouais, en général, c'est assez bien venu.
- Clémence
Ok, trop bien. Donc du coup, je vois que c'est assez cadré sur tous les matchs, etc. Chacun a son petit rôle de préparation, de commentateur, un peu plus côté arbitre aussi, du coup, avec Tristan, comme tu disais. Donc en fait, un match, par exemple... ça se prépare et ensuite le jour J ça se passe comment si on pouvait faire un match type par exemple en audio description au sein de l'assaut tu veux qu'on te parle de la préparation du moment où on arrive au stade par exemple ouais voilà ok en
- Yasmine
général on essaie d'arriver deux heures en avance à peu près On a tout un matériel audio à installer. On est placé très souvent dans l'espace presse. La plupart des clubs nous installent là-bas. L'avantage, c'est qu'on a un accès à des prises électriques et tout ça. Donc on installe notre tablette qui va nous permettre de brancher, nous, nos casques et nos micros. On met à charger les boîtiers d'audio description. En fait, chaque participant va être muni d'un boîtier où il va pouvoir régler le son. C'est sur ce boîtier-là qu'on va envoyer le commentaire. Et ils ont un casque aussi qui leur permet de pouvoir tout écouter. Une fois que cette installation est terminée, on va commencer à accueillir les participants. En général, quand on est à Chaban, c'est Sophie de Lunadev qui s'occupe de ramener les participants jusqu'au stade. Après, on les récupère dans les tribunes. On vient discuter, prendre des nouvelles parce qu'on a quand même pas mal d'habitués qu'on commence à connaître. On leur distribue les casques. On prend l'antenne en général 20 minutes avant le début du match pour justement... présenter le contexte. Comme disait Jérémy, tout ce qui est quelques statistiques, des chiffres clés. Ça peut être aussi, là on arrive en fin de saison, donc on commence un peu à parler aussi de quels sont les joueurs qui vont partir, les joueurs qui vont arriver. Quel est l'enjeu aussi du match ? Là, par exemple, s'accrocher à cette sixième place ou monter un peu pour être sûr d'être dans les phases finales. On a toutes ces explications-là et on rappelle aussi nos principes d'audiodescription. À savoir que c'est une audiodescription à deux voix. une voix par équipe. Donc à chaque fois que le ballon change de main, le commentateur va changer. Par exemple, là aujourd'hui, Jérémy sera la voix de l'UBB, je serai la voix de l'USAP. Et on leur rappelle qu'on va décrire... Le ballon, en fait, va aller de droite à gauche. Donc telle équipe a son camp qui est à droite et va attaquer à gauche et vice-versa. Et on leur explique que les touches, c'est le haut du terrain et le bas du terrain. Ce qui leur donne tout de suite des repères visuels. On leur dit aussi à peu près où est-ce qu'ils sont positionnés. On leur dit, là, vous êtes dans la même tribune que nous. Vous êtes plutôt à l'avant, au niveau de la ligne médiane. Comme ça, ils savent exactement où ils sont. Et après, au fil du match, on va vraiment décrire les actions très précisément. Toujours se concentrer sur situer géographiquement sur le terrain l'action. Aussi, des fois, donner des détails physiques des joueurs, par exemple. On aime bien, pour certains joueurs, donner les mensurations. Pour se rendre compte que, par exemple, quand on a Ben Tameifuna sur le terrain, ce n'est pas tout à fait le même gabarit que, mettons, Mathieu Jalibert.
- Clémence
Oui, effectivement.
- Yasmine
Donc, ça permet aussi de se rendre compte, voilà, 1m83 pour 145 kg, tout de suite, ça parle. Donc, on va donner un certain nombre d'éléments descriptifs comme ça. Et après, on leur fait vivre le match en décrivant à peu près tout ce qui se passe sur le terrain. Et puis, on essaie aussi de leur décrire tout ce qui est autour. Par exemple, si la mascotte s'approche d'eux et commence à, on va dire, je ne sais pas moi, leur dire de lever les bras ou quoi, en tout cas faire la gestuelle, on leur explique qu'il y a la mascotte qui est devant, qui les encourage à lever les bras. On va leur dire attention, il y a une Ola qui arrive, on fait le décompte pour qu'ils puissent se lever en même temps que tout le monde. Voilà, c'est un peu toutes ces choses-là qu'on essaie de faire.
- Clémence
C'est génial, franchement, c'est magique parce que du coup, vous êtes vraiment les yeux de ces personnes. pour leur faire vivre un peu un instant inoubliable aussi, comme nous on peut le vivre, et comme je pense que vous le vivez aussi à chaque match. Et puis je pense que ça doit être très dur de décrire parfaitement bien à une personne qui ne voit pas bien ou qui ne voit pas un environnement pour être sûre qu'il comprend aussi bien que nous on le voit, et qu'il imagine aussi bien que nous on le voit. Donc, franchement, félicitations, chapeau, c'est génial.
- Yasmine
Merci.
- Clémence
Et hâte de le découvrir aussi tout à l'heure. J'ai vraiment hâte de le voir parce que c'est trop bien décrit et je pense que c'est une expérience... La pression.
- Yasmine
Faut pas que vous se plantiez. Faut pas que je me trompe sur le nom des joueurs.
- Clémence
Mais ça, on en parlait tout à l'heure. Et effectivement, il y a quand même une connaissance de l'équipe, du terrain, des règles à avoir qui doit être impressionnante quand même.
- Jérémy
Oui, après, comme on vient tous du rugby, c'est vrai que c'est assez naturel pour nous. Mais on révise aussi. L'avantage d'avoir Tristan dans l'équipe, c'est quand on a un doute sur une règle, c'est quand même assez précieux. Après, le nom des joueurs, Yasmine nous fait des PowerPoints qui sont extrêmement bien réalisés, qu'on a sous les yeux. Et puis après, à force de venir à Bordeaux, c'est vrai que... C'est plutôt les équipes comme hier à Brie, c'était la première fois en Pro D2. L'équipe de Nevers, c'est une équipe... qu'on connaît moins, donc là forcément on a besoin des notes, et puis on fait un petit travail de mémorisation. Après il y a les joueurs qui touchent beaucoup le ballon, donc on va avoir tendance à faire des focus un peu plus sur la charnière par exemple, ou sur le talonneur qu'on va décrire quasiment à chaque fois, parce qu'il balance et on touche. En fait c'est vrai que c'est une drôle de manière de suivre le match pour nous, parce qu'on se concentre sur des détails. D'ailleurs, certains accompagnants me disent « Tiens, en fait, tu m'as aidé à voir. » Même si eux sont voyants, c'est comme si on les aidait à voir parce qu'il y a des détails auxquels ils ne font pas gaffe, parce qu'il y a tellement de choses aussi à regarder. Mais on essaie aussi de varier dans le commentaire qui est à la fois se rendre compte du gabarit, comme disait Yasmine, les petits détails quand il y a des coupes de cheveux un petit peu extravagantes, des chaussures de couleur. Bon, après, les maillots, c'est le même pour tout le monde, mais s'il y a des straps, pourquoi il y a des straps ? Et à la fois d'alterner ça, description physique. description de l'action, refaire un focus sur, par exemple, comment on tient le ballon quand on lance en touche ou quand on va percuter. Et après aussi expliquer pourquoi ce geste technique a été réalisé. Hier, on avait un joueur qui n'avait pas le temps de se saisir du ballon pour faire la passe. Il a fait une petite claquette à deux mains. Du coup, on a pris un peu le temps d'expliquer. Ça pouvait ressembler à un geste de voleilleur qui rabat le ballon dans le coin adverse. Sauf que là, il leur a batté vers son coéquipier derrière lui. Donc voilà, on alterne un peu entre tout ça. Et notre objectif, c'est quand même de leur permettre aux bénéficiaires de se faire une image mentale assez précise sur ce qui se passe et de la réactiver régulièrement, en fait, pour pouvoir redire qu'en touche, c'est un alignement de joueurs qui forme une sorte de couloir face au talonneur. Rappelez l'arrêt que le talonneur doit lancer au milieu de ce couloir. Mais à chaque fois, agrémenter de nouveaux détails. est-ce que l'alignement est court. complet, il est réduit, est-ce que c'est capté en début d'alignement, en fond d'alignement, est-ce que le rec, il est, comment dire, est-ce qu'il y a un contre-rec, est-ce qu'il est disputé, donc voilà, on essaie de mettre un peu de variation, et puis contrairement à ce que je fais dans le spectacle vivant, où ma voix a tendance à s'effacer un peu dans le décor, parce que je ne dois pas prendre trop d'espace, là, on met un petit peu, on essaie, nos voix sont vraiment très importantes pour suivre, donc on essaie aussi de mettre un peu plus de variation. C'est-à-dire quand mon équipe va être un peu dans la zone de marque, se rapprocher de la ligne d'embut, je vais essayer d'augmenter le niveau de détail. Donc mon débit va être un peu plus important. Peut-être que je vais moduler un petit peu ma voix pour qu'il y ait un petit peu de tension. Après, on ne va pas porter de jugement, nous. On ne va pas forcément s'enflammer comme un commentateur radio. Parce que notre objectif, c'est que eux puissent se faire leur propre avis, leur propre ressenti, et pas de ressentir à leur place. Nous, on est là pour fournir les éléments. comment ils célèbrent après par contre on essaie de mettre un petit peu d'intensité quand le match s'emballe et quand il y a un essai quand il y a une interception avec une course folle forcément on va parler beaucoup plus vite et c'est vraiment difficile des fois moi ça m'arrive de revoir les matchs après parce qu'en fait je l'ai tellement vu de près, j'ai du mal à analyser je sais qu'il y a gagné bien évidemment mais j'ai du mal à me faire une vraie analyse de tiens est-ce que là ils ont vraiment bien joué ou pas Parce que nous, on est concentrés sur comment il porte le ballon, de quel côté il fait une passe, le coup de pied, il est sorti ou pas, est-ce qu'il rebondit, etc. Donc ça, c'est assez drôle de revoir les matchs à 2h du matin. Ah ok, c'était ça en fait. Beau match en fait.
- Clémence
Ah oui, parce que là, j'allais dire, tu vis vraiment le rugby toute la journée, tout le week-end pour regarder les matchs.
- Jérémy
Alors, je ne le fais pas sur tous les matchs, mais sur certains, ça m'arrive.
- Clémence
Et du coup, par rapport aux bénévoles ? au sein de l'association, vous êtes combien ? Est-ce que vous êtes tous basés à Nantes aussi ? Parce que comme vous faites aussi quand même un peu à travers la France, déjà Nantes et Bordeaux, c'est pas la porte à côté non plus. Comment est-ce que vous êtes organisés du coup pour ça ?
- Yasmine
Actuellement, on est quasiment tous basés à Nantes, à part Théo qui est à Angers. Alex à Paris aussi ? Ah oui, c'est vrai. On peut à Angers, on peut à Paris. On est, sur l'audio description du rugby, on est moins d'une dizaine, à peu près. Après, sur le volet plutôt artistique, là, il y a un peu plus de monde, il me semble.
- Jérémy
En tout, on doit être une petite vingtaine. OK.
- Yasmine
Et ouais, on arrive à s'organiser.
- Jérémy
OK. En fait, ce qui est cool, c'est qu'on est aussi une petite équipe.
- Clémence
alors nous on ne va pas sur le terrain on est autour mais du coup on se relaie, il y a des remplaçants en tout cas on est une petite équipe qui permet de faire des rotations c'est pour ça que ce n'est pas forcément évident pour tout le monde d'être en déplacement régulièrement mais ce qui est chouette c'est aussi de voir les étoiles dans les yeux des nouveaux qui rentrent dans les stades parce que c'est vrai que c'est je pense notamment, je fais une petite dédicace à Evan je me souviens de lui quand on a intervenu à Deux-Flandres à La Rochelle Et lui, c'est un rochelet, donc c'est son club de cœur. Et vraiment, il levait la tête, il avait des étoiles dans les yeux, c'était trop mignon, quoi. Je me suis dit, c'est aussi chouette que... Mais c'est ça, que c'est un vrai projet d'association aussi, que les bénéficiaires kiffent, ça, c'est super important, c'est notre objectif principal. Mais aussi que toute l'équipe prenne du plaisir, prenne du plaisir à être ensemble. Nous, on réfléchit aussi beaucoup à améliorer le moindre petit détail, que ce soit le matériel. Le fait d'être à trois voies, par exemple. Ça nous est arrivé aussi dans certains contextes de faire des ateliers avant, des sortes d'ateliers tactiles. Parce que je me suis rendu compte que, en fait, d'écrire, c'est bien. Mais avoir des repères tactiles en complément, ça peut être chouette aussi, notamment pour les novices. Ça nous est arrivé la première fois qu'on est venu à Chaban, il y avait une personne qui ne connaissait quasiment rien au rugby. Donc nous, on a des plans en braille, en fait, le terrain de rugby pour qu'ils puissent se rendre compte de la... la taille, les repères sur la ligne médiane, la ligne de touche, les différentes zones. On a aussi des petits mannequins en bois qui servent sur les cours d'art de dessin, etc. Pour aussi, si jamais on veut faire comprendre ce que c'est qu'un ruck, faire comprendre que le joueur, il a le ballon, il est tombé au sol, il est allongé, et que l'autre va venir l'enjamber pour le protéger, protéger le ballon. Donc on a aussi essayé d'inventer des modules comme ça pour permettre aux gens qui ont peu de repères sur le rugby de se les imaginer, de se créer des images mentales.
- Jérémy
On a fait passer aussi des fois des ballons, tout simplement, se rendre compte que c'est un ballon ovale, qu'il y a du grip. On a fait des simulations de mêlée sur un événement. Donc ouais, on essaye quand on peut, c'est pas mal, surtout quand c'est des gens qui viennent pour la première fois.
- Yasmine
Oui, forcément, c'est sûr que ça permet aussi d'appréhender un peu la chose, le sport, l'animation. Et puis eux, ça passe aussi par le toucher. Quand on ne peut pas voir, c'est aussi un sens qui est super important.
- Clémence
Et puis en vrai, je me revois sous le stade Jean-Boine, donc il y a de l'espace d'entraînement, où on faisait cette rencontre avant le match. Et on s'est un peu improvisé ça avec Théo. J'ai dit, allez, venez, on va faire une mêlée. Et en fait, ils ont kiffé, mais nous aussi, parce qu'en vrai, dans la vie, personne ne te propose de faire une mêlée. À part les rugbymans. À part les rugbymans, en fin de soirée. Mais donc forcément, c'était une mêlée où on n'a pas poussé, mais c'était juste comprendre, ah ok, on va se tenir comme ça, on va serrer les uns contre les autres. et puis on va... baisser le buste et puis le ballon, on ne va pas le toucher avec la main, mais on va le talonner. Et en fait, le fait d'avoir la sensation, de se rapprocher, cette cohésion-là momentanée, ça leur a beaucoup plu. Puis nous aussi, en fait, parce que ce n'est pas si évident que ça à décrire une mêlée, donc en fait, en fait, en vrai, c'était pas mal. Et puis, du coup, on s'est dit, voilà, dès qu'on pouvait le faire, on le retente à chaque fois pour un petit peu de place.
- Yasmine
Oui, ça c'est sûr.
- Clémence
Mais voilà. Mais ce qui est bien, c'est qu'aussi à Chaban, grâce à Sophie, il y avait aussi un public déjà fan de rugby. qui attendaient un peu que ça. D'ailleurs, la première fois qu'on est venus, ils nous ont dit, on espère que vous allez revenir la saison prochaine, donc c'était chouette. Eux, pour la plupart, maîtrisent quand même assez bien. On ne fait pas des rugby, des mêlées chaque week-end.
- Jérémy
Je pense qu'ils aimeraient bien en plus.
- Yasmine
Du coup, vous avez parlé de Sophie à plusieurs reprises. Est-ce que vous voulez dire un mot à propos de Sophie, à propos de l'association, je crois ?
- Jérémy
Oui, de l'UNADEV. Sophie, c'est toujours une aide précieuse. Elle est toujours là. C'est elle qui s'occupe du groupe de bénéficiaires. Elle nous permet aussi de ne pas avoir, nous, à faire ce travail, d'aller récupérer des participants. Parce que comme on n'est pas du tout implantés, nous, personnellement, à Bordeaux, globalement, je pense que sans elle, ce projet, je ne suis même pas sûre qu'il réussirait aussi bien.
- Yasmine
Parce que l'UNADEV, du coup, c'est français ou c'est plus implanté sur la Gironde ?
- Clémence
Alors, je crois qu'ils ont leur bureau, leur siège à Bordeaux. Mais c'est une association au niveau national. Et elle s'occupe, elle est très impliquée dans le sport. Et c'est vrai que c'est aussi une fan de rugby, ce qui a aidé. Et c'est vrai que c'est une aide précieuse. Et c'est aussi un travail d'équipe. En fait, le dispositif, il marche parce que l'UNADEV et notamment Sophie est impliquée sur la mobilisation des bénéficiaires. Nous, on s'occupe du dispositif. Il y a aussi le club et Jean-Pierre, quand même, qu'on doit saluer, qui nous a fait confiance, qui a aussi écouté nos besoins, parce que nous, on fait aussi un peu ce que j'appelle du lobbying, c'est de dire, en fait, les bénéficiaires, leurs besoins, c'est ça. on n'a pas beaucoup de besoins, mais forcément, il faut qu'on ait une bonne visibilité sur le terrain. En fait, trouver la meilleure config et le meilleur compromis entre les contraintes du club, parce qu'ils en ont, et il faut en faire avec, et les contraintes des bénéficiaires, et trouver le meilleur compromis. Donc ça, c'est notre rôle, mais le club nous a quand même ouvert grand les portes et permis de s'installer toujours en bonnes conditions. On nous amène même la petite feuille de match, là.
- Jérémy
j'apprécie ce moment ils le font à tous les journalistes c'est pas que pour nous mais voilà c'est ce que j'apprécie toujours justement à ce moment là c'est d'amener aux journalistes et à nous donc on est un peu considérés comme faisant partie de cet ensemble vous êtes des commentateurs finalement c'est ça exactement des fois les autres nous regardent et se demandent oui et puis la tribune à Chabon en fait on est quand même très proche aussi des supporters quand on est dans l'espace presse donc ouais ça intrigue un petit peu des fois et... Très souvent, on est amené aussi à expliquer aux supporters ce qu'on fait, pourquoi on est là, puisqu'ils sont très intrigués par les casques, tout ça.
- Yasmine
Oui.
- Clémence
Tu veux peut-être raconter les supportrices qui n'étaient pas dans le groupe de Sophie, mais qu'il y a des gens, en fait, qui commencent à se greffer au groupe. Oui,
- Jérémy
tout à fait. En fait, on a eu comme ça plusieurs personnes à plusieurs moments qui nous ont repérées dans le stade avec les casques. C'est vrai qu'on ne passe pas inaperçus. C'est un petit groupe d'une vingtaine de personnes, en comptant la personne qui est déficiente visuelle et son accompagnant. plus Parfois, il y a même un chien, le chien de Bernard qui s'appelle UBB. Et donc, on est vite repérés. Donc, des fois, les gens viennent nous poser des questions sur ce qu'on fait là, pourquoi on nous casque. Et c'est arrivé qu'on rencontre, c'était notamment le cas avec Léon, où on a quelqu'un qui vient nous voir pour essayer de comprendre un peu ce qu'on fait parce qu'en fait, son fils, c'est déficient visuel. Et eux, ils ont un abonnement. Et leur abonnement, il est juste à côté de là où on s'installe. Et en fait, c'est comme ça qu'ils ont aussi rejoint l'équipe et qu'ils viennent régulièrement avec l'UNADEV. Même quand ils ne sont pas avec Lunadev, on les connaît maintenant, on leur passe un casque et comme ça, Léon peut profiter du match. On a eu ça aussi avec une autre personne, avec Sandrine, qui vient régulièrement au stade avec son neveu. Et son neveu, pareil, il vient nous voir en disant, moi, il y a ma tante qui est là, elle est déficiente visuelle, est-ce que vous pouvez lui prêter un casque ? Et du coup, c'est comme ça, oui, on prête le matériel sans aucun problème.
- Clémence
Elle nous écrit des mails pour savoir... Oui,
- Jérémy
elle nous demande avant chaque match maintenant si on sera présent, si elle peut nous emprunter un casque. Et comme on sait où elle est dans la tribune, on va la voir, on lui apporte le matériel.
- Yasmine
C'est génial que vous puissiez, en plus, au sein du stade, faire des rencontres puis en faire profiter aussi d'autres personnes. C'est trop bien.
- Jérémy
Oui, c'est vrai, c'est sûr. On a eu ça aussi à La Rochelle, des personnes déshabituées de La Rochelle qui nous ont dit, ah, mais le prochain match, on ne sera pas avec vous parce qu'on vient avec nos petits-enfants. Du coup, on est un peu déçus parce qu'on ne pourra pas bien suivre le match. On a dit, c'est pas grave, on se donne un point de rendez-vous, on vous donne le casque et puis vous nous rendez à la fin du match. Et puis ça va bien se passer. Ça nous permet aussi de tester la portée du matériel quand ils sont dans une autre tribune.
- Yasmine
C'est la question que j'allais poser parce que du coup, les stades sont quand même grands pour la plupart, surtout en top 14. Du coup, ça fonctionne dans tout le stade.
- Jérémy
Oui, alors pour le moment, en tout cas, on n'a pas eu de souci entre là où les bénéficiaires étaient installés et nous. Il y a juste eu une fois au stade Atlantique où justement, il y avait des personnes qui n'étaient pas avec nous parce qu'ils n'avaient pas eu les places avec l'UNADEV, parce qu'il y a un nombre limité. et donc on a essayé quand même de leur prêter un casque mais là la portée n'était pas suffisante là où ils étaient installés parce qu'on avait mis la petite antenne classique puisqu'on a deux antennes, on a une antenne qui permet de diffuser plus largement et sans cette antenne la portée n'était pas suffisante ça a été un test ce jour là quand le stade est vide, on a déjà testé en faisant quasiment tout le tour du stade Atlantique pour voir jusqu'où on captait et ça captait très bien, mais une fois que le stade est rempli je pense qu'il doit y avoir des interférences et la portée est moins bonne
- Yasmine
Oui, d'autant plus avec les médias, il y a quand même beaucoup d'ondes qui passent. Ça doit être plus compliqué, oui.
- Clémence
Après, ce qu'on aime bien pour compléter, c'est d'avoir les gens à côté, parce que ça permet aussi de veiller sur eux, mais aussi d'avoir leur retour. Et puis, ce qu'on aime bien, nous, c'est aussi que ce dispositif soit incarné, d'aller à la rencontre des gens avant, d'aller leur souhaiter un bon retour après, puis aussi d'avoir leur retour d'expérience. Donc, c'est pour ça que s'ils ne sont pas loin, c'est plus facile. S'ils sont à l'autre bout du stade, c'est un peu plus... plus difficile. Mais bon, après, l'idée, c'est aussi à terme de pouvoir évoluer au niveau du matériel et couvrir peut-être toutes les zones et peut-être qu'il y a un public aussi plus large qui puisse se connecter aux flux audio. Donc bon, ça, c'est une évolution peut-être sur les prochaines saisons.
- Yasmine
C'est déjà très bien quand même.
- Clémence
Oui.
- Yasmine
Les projets ont du futur, ça, dans tous les cas. Et donc, comment, par exemple, sur une personne qui voudrait vous rejoindre en tant que bénévole ? pour aider l'association, comment on apprend à commenter, à raconter un environnement, un match ? Parce que du coup, j'ai cru comprendre qu'il fallait un diplôme en audio description ?
- Clémence
Pas vraiment, nous en tout cas, moi quand je disais que je suis un autodidacte, pour l'avoir fait de nombreuses années dans le spectacle vivant... Et puis en fait, j'ai quand même rencontré une professionnelle qui m'a formé et ça m'a fait du bien, ça m'a redonné un cadre méthodologique et je pense que c'était précieux. C'est vraiment des choses que je garde en tête dans mon approche de l'audiodescription. Alors sur le sport, c'est vrai que la maîtrise du sport en question, c'est essentiel. Savoir de quoi on parle, maîtrise des termes techniques, maîtrise des règles, ça c'est vraiment essentiel. Et puis après, au sein de l'assaut, on a inventé un peu... un peu un module, justement, avec accompagné Yasmine, on a accompagné aussi Antoine, ça me permet de lister un peu tout le monde, Baptiste, voilà, tous les copains, les copines.
- Yasmine
Coucou tout le monde. Voilà,
- Clémence
coucou tout le monde, merci à vous. Et en fait, c'est vrai qu'au début, ce n'est pas évident parce que notre parole, elle doit accompagner le jeu en permanence. Et c'est vrai que des fois, quand on commence, on a tendance à se faire râper par l'action et en fait à la regarder et oublier d'en parler. Et c'est ça qui est le réflexe le plus difficile à perdre, en fait, et à rester collé au ballon, à avoir des éléments de langage aussi. On a tout un vocabulaire qu'on réalimente régulièrement, qu'on liste. Je me rappelle d'Alex qui avait trouvé une très bonne façon de décrire le tchic-tchac, c'est-à-dire le changement d'appui. Tchic, je pars à gauche, tchac, je pars à droite. Et du coup, il y a des choses qu'on garde comme ça, puis qu'on améliore, qu'on a une sorte de lexique de termes. donc il faut vraiment les avoir en tête et en fait ce qui est chouette ce qui est aussi une adrénaline pour nous parce qu'en fait chaque match même si c'est les mêmes règles pour tout le monde chaque match est différent donc c'est un peu comme on est en train d'équilibrer parce qu'on est toujours un peu sur le fil des fois on colle super bien au ballon puis des fois on se fait surprendre il faut se remobiliser en quelques millisecondes et après l'avantage c'est aussi un sport où il y a des arrêts de jeu donc ça nous permet de revenir sur l'action et du coup c'est un des conseils que je donne c'est que parfois on ne peut pas tout donner et... tout dire en direct. Donc, on peut profiter de l'arrêt de jeu pour faire, comme à la télé, un ralenti. On revient sur l'action et on prend le temps de réexpliquer ce qu'on n'a pas pu dire avec peut-être des éléments d'analyse. Mais voilà, en fait, se former, c'est déjà bien maîtriser le sport en question, avoir l'habitude d'en regarder, et puis les éléments de langage, et puis bien intégrer aussi que c'est pas... Ce n'est pas à nous de vivre les émotions du match. C'est juste de transmettre les éléments pour qu'eux puissent les vivre. C'est ça qui est important.
- Yasmine
C'est sûr que dans tous les cas, tout passe par vous. Vous vivez aussi l'émotion.
- Jérémy
Après, pour compléter sur la formation, ce qui va être hyper important, c'est la pratique. Une fois qu'on a ces bases, que Jérémy nous a formées un petit peu, il nous a expliqué... On fait des sessions avec lui où il nous recadre un peu sur comment faire. Il faut pratiquer et pratiquer, ce n'est pas forcément bosser trois heures tous les soirs. C'est aller trouver un extrait d'un match de rugby et s'entraîner à commenter sur cinq, dix minutes. Même commenter plusieurs fois la même séquence, ce qui permet quand même de pouvoir créer certains automatismes. Parce qu'il y a des actions qu'on va décrire quand même toujours de la même manière, notamment un ruck. En fait, il ne faut pas des fois chercher à toujours réinventer les choses. Un ruck, c'est un ruck, et on a une autre habitude pour la décrire, et ce sera très bien si c'est toujours la même. La pratique, je dirais que c'est hyper important.
- Clémence
Je complète tes propos, Yasmine, pour citer un autre membre très important de l'association, qui est Emmanuel, qui est non-voyant et qui est secrétaire. Je repense à la préparation d'Evan et Nico pour le match de Laval, où il a joué son rôle en écoutant un extrait, une démo qu'avaient fait les gars, justement. Et son accompagnement, il est précieux. moi c'est grâce à lui que je... Lui aussi m'a recadré à certains moments, c'est comme ça qu'on progresse tous. Donc lui aussi nous fait ses précieux retours. Donc c'est important d'être aussi connecté aux personnes concernées. Moi, c'est aussi comme ça que j'ai appris et que je pense que je me suis approprié plus vite ce dispositif-là, où j'ai aussi compris que ce n'est pas simplement la maîtrise d'un dispositif technique, c'est aussi tout un environnement, c'est aussi un dispositif un peu à 360. C'est comment ils ont l'info, comment on s'occupe d'eux dès l'arrivée dans le stade. On a beaucoup. On parlait de Sophie qui prend largement le relais, qui le fait très bien. Mais c'est toute cette expérience de spectateur, spectatrice. Quand tu ne galères pas à rentrer, quand tu ne galères pas à aller prendre une bière, quand tu ne galères pas à suivre le match, tu kiffes comme tout le monde. C'est ça l'objectif. Oui,
- Yasmine
clairement. C'est, je pense, très compliqué au niveau de l'organisation, pour l'organisation de gérer tout ça. Mais j'ai l'impression que vous êtes... quand même une équipe assez soudée et assez passionnée. Donc ça, c'est cool. Et donc, si je résume bien, si une personne veut s'ajouter à l'équipe... C'est ça la question de base. si une personne veut s'ajouter à l'équipe donc en fait il n'y a pas de formation à faire finalement c'est juste de l'entraînement et donc elle peut vous contacter par exemple elle peut vous contacter comment sur les réseaux sociaux est-ce que vous avez un site ?
- Jérémy
on n'a pas encore de site, ça ce sera dans les prochains chantiers mais oui on est bien présent sur Instagram sous le nom Asso Tout Terrain et pareil on est sur LinkedIn aussi sur Facebook même si je m'occupe moins de la gestion de Facebook mais...
- Clémence
Effectivement, les gens peuvent nous contacter sur les réseaux. On fait attention à rester un petit groupe pour que ça reste à taille humaine. Mais effectivement, c'est un peu le parcours qu'a fait aussi Evan, Yasmine, de d'abord de venir découvrir ce que c'est d'être aussi au plus près des gens pour comprendre leurs besoins. Et puis petit à petit, si elle a envie de passer derrière le micro, il y a un peu des petites étapes à passer pour bien prendre, déjà nous écouter aussi plusieurs fois pour comprendre, nous faire des retours. On a quand même un certain nombre de docs qu'on a commencé à rédiger histoire de permettre aux adhérents de s'approprier un petit peu tout ça. Ce n'est pas une formation classique, mais on a des outils pour cadrer le truc, on va dire. Et puis avec Emmanuel, et avec ceux qui ont un petit peu plus de bouteilles, comme Théo et moi, on essaie aussi d'accompagner, de cadrer, et puis de voir l'équipe s'agrandir.
- Yasmine
Ok, et par rapport aux bénéficiaires, du coup, c'est pour l'instant uniquement des bénéficiaires via Lunadev, ou pareil, ils peuvent s'inscrire, vous contacter pour bénéficier de ce projet-là ?
- Clémence
En fait, ça m'arrive que des gens me contactent. Généralement, je les réoriente vers Sophie. Alors, ils ne sont pas forcément obligatoirement adhérents de Lunadev, mais comme on a un quota de place limité, c'est vrai que c'est... En fait, du côté de Sophie, il y a déjà beaucoup de demandes. Elle est même obligée de gérer une petite liste d'attente. Donc en fait, c'est plus pour des raisons d'équité. C'est plus facile que ce soit Sophie qui centralise, entre guillemets. Et puis, en fonction des horaires de matchs, il y a aussi des horaires de matchs comme aujourd'hui qui sont beaucoup plus faciles d'accès pour les personnes déficientes de visuel. Les matchs à 21h, on va sortir en pleine nuit, ça peut en inquiéter certains et certaines. Donc en fonction des horaires de matchs, des semaines, elle continue. son petit groupe. Donc, les gens, il ne faut pas hésiter à nous écrire. Et puis après, nous, on redirige. Et puis, après, on verra avec Jean-Pierre pour agrandir le quota sur les prochaines saisons.
- Jérémy
Le message est passé. Ça, c'est le cas pour nous. Après, en fonction des clubs, ça peut dépendre aussi. Il y a d'autres clubs avec qui on est plutôt en lien avec la Fondation Visio. Et là, c'est eux qui vont s'occuper du recrutement des bénéficiaires. À Angers, ça a été beaucoup le réseau de Jérémy et Théo. leur réseau justement du spectacle vivant. Ça dépend aussi des clubs.
- Yasmine
Ok, très bien. Au moins, tout le monde est au courant, que ce soit pour les bénévoles ou pour les bénéficiaires. Alors, on arrive sur la fin de l'enregistrement, parce qu'en plus, il va falloir qu'on aille tout installer, qu'on aille voir avec vous pour tout installer. Est-ce que, par exemple, le sujet de l'accessibilité, qui est quand même un sujet très important pour l'association, Pour vous c'est encore difficile de le mettre en avant. Est-ce que ça, dans le sport, vous voyez quand même une évolution depuis plusieurs années où c'est quand même bien mis en avant, notamment dans le rugby, mais aussi dans d'autres sports ?
- Clémence
Alors, comme on n'est pas impliqué dans le sport depuis si longtemps que ça, j'aurais du mal à te faire un retour là-dessus, mais j'ai l'impression que, pour nous, c'est quand même allé assez vite. donc j'ai l'impression que les clubs avec lesquels on travaille étaient quand même très réceptifs et c'était plus des questions si ça a mis un peu de temps, c'était plus des questions d'organisation mais j'ai pas eu à les convaincre, en fait ils étaient d'une certaine manière déjà un peu convaincus et impliqués sur peut-être d'autres handicaps aussi déjà mais c'était plus des questions d'orgas tout simplement que ce soit à La Rochelle ou à Bordeaux, avoir des places dispo parce qu'il y a aussi ça, ils sont un peu victimes de leur succès et tant mieux donc c'est plus ces questions là donc moi je sens de mon côté et c'est pareil du côté spectacle vivant qu'on est plutôt réceptif donc ça c'est chouette il y a encore plein de il y a encore du chemin, il y a encore plein de choses à inventer nous on est aussi conscients que les besoins, les usages ils évoluent donc on essaie justement de suivre ça et c'est là où Manu est précieux pour nous dire attention à ça il y en a qui préfèrent par contre par exemple ce que disait Yasmine, des gens qui sont malvoyants, donc qui ont encore un petit peu de vision et qui eux justement ont envie de pouvoir être aux meilleures places au plus près de la pelouse pour pouvoir encore un peu en profiter, donc il y a aussi au sein de notre groupe des besoins différents, donc on essaie aussi de s'adapter s'adapter à chacun. Au début, dans l'association, il y avait la volonté aussi de s'ouvrir à d'autres handicaps. À terme, ce sera le cas. C'est vrai que là, on est tellement pris par l'audiodescription que c'est un peu notre force pour l'instant. Donc, on essaie de consolider ça, de se concentrer là-dessus. Mais à terme, il y a la volonté aussi que ce dispositif puisse servir peut-être à d'autres personnes. On parlait des personnes valides, les voyants. Mais moi, j'ai beaucoup travaillé dans le spectacle avec le public sourd. Et j'aimerais bien aussi que une partie de nos commentaires qui expliquent le sport, peut-être puissent être traduits en LSF en direct pour leur permettre de comprendre les décisions arbitrales, par exemple, ou rappeler certaines règles. Bon, ça c'est une évolution qui arrivera plus tard, mais qu'on a dans un coin de la tête.
- Yasmine
C'est bien d'en parler, c'est bien. Ça peut aussi ouvrir des portes si quelqu'un écoute et aussi pense à ça et veut le développer, peut-être peut vous contacter aussi. C'est bien d'en parler. En tout cas, je suis super contente d'avoir pu enregistrer cet épisode avec vous.
- Jérémy
Moi aussi.
- Yasmine
Est-ce que vous avez un dernier petit mot des remerciements ? Parlez de partenaires, par exemple, avant la fin de cet épisode, cette conclusion.
- Jérémy
Oui, comme on l'a dit, l'UNADEV avec notamment Sophie, la Fondation Visio, aussi la Ligue de Nouvelle-Aquitaine qui nous a pas mal accompagnés, avec notamment Julien. puis nos partenaires aussi des clubs donc l'UBB avec Jean-Pierre, puis également le stade Rochelet, les autres clubs où on est intervenus, les Lyon de Bordeaux le CABRIV, j'en oublie forcément beaucoup la FFR,
- Clémence
la LNR avec qui on travaille sur l'Inextension Super 7 et avec qui on va retravailler pour la finale de Pro D2 on est super content, on les remercie la Ligue Ile-de-France qui nous avait aidé pour monter au Racing et au stade français, ça c'était chouette Et voilà, je pense que... Tous les bénévoles. Oui, tous les bénévoles, toute l'équipe. On pense à vous, l'équipe.
- Yasmine
Bon, merci beaucoup.
- Clémence
Merci. C'était chouette.
- Yasmine
Oui, c'était très chouette. Hâte de voir la suite. On verra sur les réseaux sociaux quand même tout le process et toute la procédure, le match, comment ça se passe. Peut-être aussi des petits témoignages si certains veulent... veulent passer, veulent parler de ce qu'ils vivent et de ce qu'ils ressentent. Donc cet épisode de Terrain de cœur touche à sa fin. J'espère que cette conversation avec Yasmine et Jérémy vous aura autant touché qu'elle m'a touché. Aujourd'hui, on a parlé d'accessibilité, d'inclusion, d'émotion, mais surtout de cette envie simple et essentielle, permettre à tout le monde de vivre pleinement le sport et de vibrer ensemble au rythme d'un match. À travers l'association Tout Terrain, on a découvert qu'un commentaire peut devenir bien plus qu'une voix dans un casque. Ça peut recréer du lien, redonner confiance, faire revenir des personnes dans les stades et rappeler que le sport est avant tout une histoire de partage. Et je vous rappelle la petite question que vous devez vous poser. Et vous, quelle petite action pourriez-vous faire pour avoir un impact ? Parce qu'au fond, rendre le sport plus accessible, plus humain et plus inclusif, ça commence aussi par le regard qu'on porte sur les autres. et par les initiatives qu'on choisit de soutenir. Merci énormément à Yasmine et Jérémy pour leur confiance, leur générosité et leur engagement au quotidien. Merci aussi à l'UBB de nous avoir ouvert leurs portes pour cet enregistrement. Et merci à vous de nous avoir écoutés. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager autour de vous, à vous abonner au podcast et à nous laisser un petit commentaire. Ça aide énormément Terrain de Coeur à continuer à faire rayonner toutes ces belles histoires humaines. Et on se retrouve. très vite pour un nouvel épisode rempli d'engagement, de solidarité et de rencontres inspirantes. Et souvenez-vous, ce sont les petites actions qui écrivent les plus belles histoires.