Description
Donner la vie doit-il générer du profit, au prix de toutes les violences -abandon du service public de la santé, et sa mise en concurrence, gestion en tension des flux des parturientes, comme des personnels de santé, subordonnés à des conditions d’exercice de plus en plus dures. A quelles inégalités -sociale et/ou raciale, et à quels dangers, les femmes sont-elles confrontées -mortalité infantile, suicide maternel, voire même des pratiques eugénistes- ? Médicalisation à l’excès et technicisation de l’acte participent-elles de l’explosion des violences gynéco-obstétricales ?
Cette mise en coupe réglée néolibérale de la maternité s’accompagne d’un discours performatif -la maternité heureuse-. A qui est-il destiné ? S’agit-il donc d’invisibiliser le négatif -insister sur la naissance, en reléguant grossesse et accouchement à l’arrière-plan.- Faire disparaître les conflictualités inhérentes à l’acte de donner ou non la vie ?
N’est-il pas temps de politiser la grossesse, de retirer des mains du marché, le processus, l’acte et les lieux de la naissance ?
Clélia Gasquet-Blanchard est géographe, maîtresse de conférences HDR à l’École des hautes études en santé publique (EHESP) et attachée au Laboratoire ESO du CNRS, Université Rennes 2. Depuis 2019, elle coordonne le réseau de santé SOLIPAM qui prend en charge les femmes enceintes en situation de grande précarité en Île-de-France.
Elle publie aux éditions La fabrique, Faire naître, ce que le capitalisme fait à la maternité
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
