- Speaker #0
Bienvenue chez The Patron, le podcast qui démystifie la réussite. Ici, le syndrome de l'imposteur se transforme en courage et la chance se provoque. Je suis Elvire, coach en leadership, je suis ravie de t'avoir parmi nous. N'hésite pas à liker et partager et enjoy. Aujourd'hui, j'accueille Alexandra Kruk. Alexandra, tu es la cofondatrice de Mesdames Productions et Mesdames Médias. Je suis très heureuse de t'avoir sur The Patron, bienvenue !
- Speaker #1
Merci !
- Speaker #0
Donc, j'ai lu sur ton profil LinkedIn une phrase que j'ai beaucoup aimée, qui est que tu étais une petite fille de la télé et que tu es devenue une femme des médias.
- Speaker #1
J'adore cette phrase !
- Speaker #0
Elle est trop belle !
- Speaker #1
Je suis trop contente ! Non mais je suis trop contente de l'avoir inventée ! C'est exactement ça, j'ai démarré il y a... J'ai 54 ans, j'ai démarré il y a une trentaine d'années dans la télévision et aujourd'hui je dirige une boîte de prod et un média. Et donc j'aime bien dire que j'étais une enfant de la télé et je suis devenue une grande dame des médias. J'adore ce parcours.
- Speaker #0
Du coup, c'était quoi cette idée ? Depuis le début, tu voulais travailler à la télé ?
- Speaker #1
Non, en fait, j'ai personne autour de moi qui travaillait dans la télé, donc non, non, pas du tout. Par contre, je la regardais. Je me rappelle, petite, passer des mercredis devant la télé. Je me rappelle de soirées à regarder, Sacrée soirée. Je me rappelle de regarder le dimanche soir L'île aux 30 cercueils. C'était une série. Donc, il y a des moments comme ça, des moments qui étaient importants dans mon quotidien d'évasion. Je me rappelle aussi ma grand-mère qui structurait son quotidien autour de la télévision. Le matin, elle se levait, elle regardait ses petits feuilletons. Le midi, elle regardait le journal de Jean-Pierre Pernaut. Ensuite, elle allait faire sa sieste. Quand elle se réveillait, elle regardait les Jeux de France 3. Et puis ensuite, elle basculait sur le journal de TF1. Et elle regardait les programmes télé pour choisir le programme du soir. Et quand on était là-bas chez elle, parce qu'elle habitait dans le sud près de la mer, je me rappelle de soirées où on mangeait du chocolat ou des glaces en regardant Interville au nom de tous les miens. Donc j'ai des souvenirs magnifiques. En famille de la télévision qui permet gratuitement d'accéder à du dépaysement, à des histoires et à des divertissements. Et puis, j'ai mon beau-père qui rentrait tous les soirs, qui passait sa journée sur la route avec un attaché caisse et un costume. Et quand il arrivait à la maison, il détachait son... il déboutonnait sa cravate. Il posait son attaché caisse et il se posait pas sur le canapé, juste devant le canapé. Et il regardait la télévision. Et c'était son moment de détente après sa journée que j'imaginais très stressante. Et donc, tous ces moments ont façonné mon quotidien pendant des années. Et on n'avait pas énormément d'argent. Enfin, on vivait normalement, mais on n'avait pas beaucoup d'argent. Et la télé vraiment était... J'ai toujours pensé que c'était une chance d'avoir la télévision, que c'était une fenêtre ouverte sur le monde qui permettait de sortir de ses problèmes, de son dépaysement, etc. Et quand plus tard j'ai été à TF1, je me suis toujours dit je ne suis pas assistante sociale, mais je propose des divertissements aux Français. Donc en fait, la télévision m'a toujours habitée et... L'autre chose, c'est que je suis née en 71, 80, 80. Donc autour de 93, je me retrouve à faire un stage à Antenne 2, Avenue Montaigne. Je ne me souviens absolument pas comment j'arrive dans ce stage. Et je rentre dans les ascenseurs et je ne comprends pas que je ne croise pas Michel Drucker. Tous les gens que je vois à la télé sur Antenne 2, je ne comprends pas que je ne les croise pas dans les couloirs. C'est pour vous dire, te dire ma naïveté. Donc, un, personne ne travaillait dans ce secteur chez moi. Deux, je n'y connaissais rien. Et puis, il n'y avait pas Internet, il n'y avait pas les réseaux sociaux. Il n'y avait pas d'émission qui racontait les coulisses des émissions de télé. Donc, pour moi, la télé, c'était les gens connus qui la faisaient. Et basta, je n'imaginais pas qu'il y avait tout ce monde derrière. Et donc, voilà.
- Speaker #0
Plus de monde derrière que devant.
- Speaker #1
Évidemment. Donc, en fait, je ne sais pas. En fait, la télé m'a nourrie, m'a construite, m'a fait rêver. Et tout doucement, je suis allée vers elle. toute seule en fait.
- Speaker #0
Tu te rappelles même pas comment t'as démarré ce stage ?
- Speaker #1
Je sais que j'ai envoyé un stage à France 3 que j'ai été prise. Antenne 2, pas France 3, Antenne 2 à l'époque, Avenue Montaigne. Je ne sais même pas comment je trouve l'adresse. Et par courrier, parce qu'à l'époque, il n'y avait pas Internet. Je sais que j'envoie et que je suis prise. Mais comment je leur ai écrit ? Pourquoi je le fais ? Je dois avoir 18, 19 ans, maximum 20. Mais je ne sais plus. Je fais un mois de stage. dans le service fiction là-bas. Je ne sais plus. Après, je sais comment je continue en télé. Après, je fais des études. Je suis à la fac à Paris 3. J'ai des études de sémiologie de l'image avec François Josse, qui est un grand sémiologue, qui travaille beaucoup sur l'image télévision. Et lui, il parlait des programmes du point de vue du spectateur, donc de l'image reçue. Et moi, je trouvais qu'il était intéressant d'analyser les images reçues à partir de l'émetteur. Donc, aller voir comment ça se passait sur les plateformes. pour voir comment c'était tourné, quels choix on faisait au montage, parce que c'est ça qui est arrivé au final, sauf si tu étais en direct, mais même quand t'es en direct, tu passes ta vie à faire des choix. Donc ça m'intéressait, j'ai fait des stages en télévision, sur TF1, je me rappelle, sur une émission emblématique, pas forcément pour de bonnes raisons, qui s'appelait « Tout est possible » avec Jean-Marc Mondini notamment. J'ai fait un autre stage dans une émission qui s'appelait « Leçon d'amour » avec Jacques Pradel à l'époque. Et là, je me débrouillais... accepté. Avant d'arriver chez eux, j'allais dans le public des émissions. Parce qu'en fait, j'avais trouvé les moyens. Il y a des agences qui font venir des gens dans le public. Et puis à l'époque, tu étais un peu payée. Donc c'était un petit travail que je faisais où j'étais payée pour être dans le public. Donc là, il faut être assise et puis sourire. Et puis voilà, attendre qu'on filme et puis écouter. Et je me souviens, à chaque fois, j'allais voir les animateurs. Parce que je pensais que c'était eux les plus importants. Et je leur demandais un stage. Et j'arrivais à avoir le stage. Parce que peu de gens le faisaient. Et moi, je faisais la démarche d'aller sur les plateaux, d'écouter machin, puis d'aller voir la personne importante. Je me disais, voilà, je cherche ma stage. Donc, ils me donnaient un numéro de téléphone. Et puis, j'ai appelé jusqu'à avoir les bonnes personnes. Et puis, j'arrivais en stage. Puis, quand j'ai commencé en stage, généralement, j'étais prise. Et puis, ça a duré deux mois, trois mois, quatre mois, j'en sais rien. Et puis, quand ça s'est arrêté, j'allais faire un autre stage en même temps que mes études.
- Speaker #0
Triculotée déjà.
- Speaker #1
Oui, en fait, c'est vrai que je me suis toujours donné les moyens d'obtenir. Rien ne m'est jamais tombé dessus. Et je me rappelle, plus tard, je fais un mémoire sur les reality shows. Donc, je dois avoir 21, 22 ans. Et je vais, du coup, voir des conférences où, je me rappelle, il y avait une productrice qui s'appelle Pascal Bruneau, qui était hyper connue à TF1, dans la fiction, etc. Il y avait, à l'époque, Gérard Miller, le psychologue, qui parlait des reality shows. Donc, je vais à des tables rondes et je vais rencontrer les gens, en fait. Et je prends les numéros au téléphone et je les rencontre.
- Speaker #0
En fait, c'est hyper intéressant ce que tu dis pour justement la communauté. Là, il y a vraiment plein de petits conseils sur comment aller chercher des opportunités. C'est un, tu es hyper curieuse et tu sais quand est-ce qu'il y a des événements avec des speakers intéressants. Et pendant cet événement-là, tu t'assures d'aller chercher les informations, d'aller chercher les contacts.
- Speaker #1
Et pourtant, quand je les repense avec 30 ans de recul, il n'y avait pas Internet. Je ne sais pas comment je faisais pour aller chercher ces infos. Mais j'allais les chercher parce que j'avais envie. Et là, en l'occurrence, c'était pour mon mémoire sur les reality shows. Je voulais interviewer Gérard Miller, qui était un psychanalyste qui réfléchissait beaucoup sur les reality shows. Bon, qu'on a connus pour la suite sur d'autres sujets. Mais en tout cas, à l'époque, on ne savait pas. Et donc, je me débrouillais pour rencontrer les gens. En fait, on a souvent dit de moi, je me rappelle à TF1, on me disait, t'es un bulldozer. Et en fait, quand je veux les choses, je les ai. Maïtena, quand elle parle de moi, Maïtena, maïtena bienfamille qui est mon associée avec qui on a monté mes dames production puis mes dames médias quand elle parle de moi aux gens et ça me sidère parce que je ne me vois pas comme ça mais même si je sais que je suis comme ça elle dit toujours, Alexandra à chaque fois que je la voyais elle me disait voilà je suis là, je vais aller là et puis dans deux ans je vais aller là et puis dans trois ans je vais aller là et à chaque fois quand je la retrouvais deux ans après trois ans après, elle allait, elle était là où elle avait dit qu'elle irait c'est vrai que je projette je projette ma vie et je fais en sorte, je projette Merci. Le step d'après, je fais en sorte de l'atteindre sans attendre que ça me tombe dessus. Et donc, j'ai déroulé ma carrière comme ça, en fait.
- Speaker #0
Impressionnant. Donc, assez visionnaire et objectif et plan d'action. Oui, absolument. Alors ça, je suis très bonne.
- Speaker #1
Je suis très bonne pour me fixer des objectifs et des plans d'action. Je crois que c'est mon... J'ai toujours eu ça en moi. Et oui, c'est ce que j'ai toujours fait pour trouver le job d'après, y compris dans les moments compliqués.
- Speaker #0
Alors... Avant d'arriver sur ces moments compliqués, parce que tu vas faire un sacré bout de chemin à la télé, tu vas travailler sur des émissions très connues avec Thierry Ardisson. J'ai vu que tu avais lancé le Morning Live. Ça, pour ma génération,
- Speaker #1
c'est quand même la référence de dingue. J'ai eu la chance de faire des émissions très emblématiques à un âge assez jeune quand j'y pense. Je devais avoir 26 ans quand j'ai produit Paris Dernière avec Thierry Ardisson. qui était l'émission hype du moment sur Paris 1ère, à l'époque animée par Thierry, qui était en caméra subjective, donc on ne le voyait pas, mais on entendait sa voix. Et moi, j'avais 25 ans, 26 ans, et je préparais les interviews de Thierry, et on était tous les jeudis en tournage ensemble dans Paris. Et je me disais, mais jamais je ne revivrais quelque chose comme ça. Parce que je lui disais, voilà, on va voir un tel, voilà ce que tu peux lui dire, les questions que tu peux lui poser et tout. Bon, en réalité, il avait travaillé de son côté, mais je le voyais m'écouter. Je trouvais ça sidérant de faire ça. Donc, j'ai fait ça. Après, j'ai été embauchée sur M6. M6, j'ai fait plein de petites émissions en productrice. Et puis, j'ai lancé le Morning Live avec Mickaël Youn. Après, on est venu me chercher pour coproduire Qui veut gagner des millions. Donc, j'ai travaillé sur Qui veut gagner des millions. Bon, ça, c'est pas bien. passé avec la productrice avec laquelle je devais coproduire. Donc, je me suis retrouvée à faire du développement. Et puis, un jour, on est venu me donner une cassette. Le patron de la boîte est venu me donner une cassette en me disant, regarde, dis-moi ce que t'en penses. Je lui ai dit, OK, je regarde. C'était The Weakest Link, le maillon faible. Donc, il me dit, si tu veux, tu l'adaptes pour la France. Donc, c'est ce que j'ai fait. Donc, j'ai adapté le maillon faible en France. Et tout ça, j'ai... Énorme carton. Ouais, ouais, énorme carton avec Laurence Boccolini, etc. Et à 26 ans, je me rappelle... Je suis avec un pote devant TF1. Je lui dis, tu vois la tour là ? À 30 ans, je serai là-haut. À 30 ans ou plus tard, je serai là-haut. Pourquoi je lui dis ça ? Je me rappelle de ce souvenir-là. À 29 ans, je fais acte de candidature spontanée pour arriver à TF1. J'y arrive et je suis embauchée après 7 ou 8 entretiens. Ce n'est pas moi qui voulais. Mais j'étais la seule en lice parce que le salaire rentrait, parce que j'étais disponible et parce que sans doute... Tous les autres candidats qui voulaient, ils ne pouvaient pas pour X raisons. Et donc, ils m'ont prise par défaut. Et j'ai quand même fait 8 ans à TF1. Donc voilà, quand j'arrive à TF1, je fais candidature spontanée. Et je suis prise au bout de 8 entretiens. Donc voilà, à TF1, je dirige les divertissements de TF1. Et puis ensuite, je suis virée de TF1. On en parlera sans doute. Et assez vite, je suis embauchée par un monsieur qui s'appelle Fabrice Taru, qui monte un grand groupe qui s'appelle Newen. Ça dure 8 ans. Puis il revend à TF1. donc là je me dis bon bah c'est pas grave Donc je ne vais pas y retourner, ça va être compliqué. Et là, je suis virée par quelqu'un, on en reparlera après. Donc je suis virée une deuxième fois. Je me lève un matin et je me dis, je vais monter ma boîte. Parce que moi, je suis une grande experte des divertissements, de ce qu'on appelle le flux dans notre jargon. Les variétés, les jeux, les divertissements, les magazines. Et j'avais envie d'aller ailleurs, j'avais envie d'aller vers le documentaire, j'avais envie d'aller vers la fiction. J'avais à ce moment-là 48 ans. Et personne ne voulait m'embaucher. Donc là, je suis virée de Newen. Personne ne voulait m'embaucher pour ça. Ils voulaient m'embaucher pour ce que je savais faire, refaire du développement, refaire du flux, etc. Et moi, je ne voulais pas. Et un matin, je me réveille et je me dis, je vais monter ma boîte. Et alors que jamais de ma vie, je n'avais envisagé de monter une boîte, ça ne m'a pas lâchée. Et puis, au bout de trois mois, Maïtena m'appelle en me disant, qu'est-ce que tu fais ? Maïtena, que j'avais rencontrée chez Thierry Ardisson 25 ans plus tôt. Elle me dit qu'est-ce que tu fais, tu kiffes ta vie, elle savait que j'étais au chômage et tout, je lui dis ouais mais bon je vais sans doute monter ma boîte mais j'ai peur et tout, elle me dit viens on se voit, on se voit quelques jours plus tard, elle me dit tu veux qu'on la monte ensemble cette boîte, je lui dis, j'étais hyper touchée et je lui dis bah écoute déjà je sais pas toute seule alors à deux je sais pas et donc je la mets un peu à l'épreuve, on fait des rendez-vous, je prépare des ordres du jour. Comment se répartissent les rôles ? Qu'est-ce qu'on développe ? Qui fait quoi ? Vers qu'est-ce qu'on a envie de développer ? Avec quel talent ? Combien on met en capital ? On s'associe à combien ? 49-51 ? Qui prend le 51 ? Enfin, voilà. Et puis, au bout de 2-3 mois de discussion, je lui dis, allez, go, on y va. Et on y est allé. On est en 2019, à ce moment-là, juin 2019. Et ça fait 7 ans aujourd'hui, on a eu le temps de produire des fictions, de produire... plein de programmes pour les ados sur l'Uni, de produire les campagnes Ruban Rose contre le cancer du sein, et puis d'autres choses. Et on a lancé Mesdames Média il y a un peu plus de deux ans, qui est un succès colossal sur lequel peut-être on reviendra, qui est le premier média en ligne, 100% vidéo exclusif sur les réseaux sociaux, sur les femmes de plus de 45 ans. Voilà en synthèse ma vie, mon œuvre résumée en quelques mots.
- Speaker #0
Incroyable, alors j'ai plein plein de... je t'ai pas interrompu parce que t'étais bien parti, mais incroyable, dans quel ordre ? Première question pour toi, je dirais... Tu me dis, tu as fait 8 entretiens pour rentrer chez TF1, ils ne voulaient pas de moi, ils m'ont pris par défaut. Est-ce que ça a déclenché chez toi un syndrome de l'imposteur ? Quand tu es arrivée, tu n'en avais rien à faire, tu étais là et tu allais juste tracer ta route.
- Speaker #1
Alors je ne sais pas si je dirais syndrome de l'imposteur, mais d'abord j'y étais parce que je l'avais voulu. Donc il n'était pas question que ça se passe mal, donc j'ai tout fait pour que ça se passe bien. Je me rappelle que le plus dur n'était pas en interne. En fait, je les faisais marrer. Je me rappelle, il y avait Guillaume de Vergès, il y avait Couture, Étienne Moujotte. Moi, j'avais 30 ans quand j'arrivais à TF1. Mais je suis la fille qui avait produit Paris Dernière, Morning Live, qui avait travaillé sur Kévin et Mignon, qui avait lancé le Maillon Faible. J'étais auréolée d'un certain background. Et puis, j'avais 30 ans. J'avais pas peur. J'avais déjà le côté bulldozer que j'ai encore aujourd'hui. Je pense pas du tout que j'étais marrante, mais je les faisais marrer parce qu'ils voyaient la... Ils voyaient le bulldozer sous cette gamine de 30 ans. Je pense qu'ils savaient que j'en avais sous le pied. Franchement, les débuts étaient cools. Je sentais que c'était beaucoup d'hommes plus âgés que moi et qui m'avaient à la fin quand même choisi. Et qui, voilà, vous voulez voir... Ils t'avaient adopté en tout cas. Oui, ils m'avaient adopté. Et ce qui était challengeant, ce n'était pas eux. C'était la culture TF1, la culture du leadership, d'être le meilleur, de faire des super audiences. de prendre les meilleurs programmes sans qu'ils passent à la concurrence. Ce qui était dur, c'était de me retrouver face aux producteurs qui vendaient les programmes, qui étaient là depuis bien plus longtemps, qui se disaient c'est qui cette gamine, qui ne comprenaient pas quand je leur disais non. Parce que quand vous êtes diffuseur, vous passez votre temps à écouter des producteurs qui viennent vous proposer des projets, et vous en recevez 100 et vous dites oui à un seul projet. Parce qu'on vous en propose beaucoup plus que ce que vous avez de place sur votre antenne.
- Speaker #0
Donc c'est toi qui as le pouvoir à ce moment-là finalement.
- Speaker #1
Alors j'ai le pouvoir de dire non. Et j'ai le pouvoir de choisir ceux que je vais accompagner et défendre en interne pour qu'éventuellement, on les mette à l'antenne un jour. Par ailleurs, il y a quelques deals qui existent déjà avant moi et sur lesquels je dois remplir les cases avec Andemol à l'époque, etc. Donc, je sais que je suis détestée par plein de producteurs ou productrices qui étaient là avant moi, qui travaillaient hyper bien à TF1, à qui je disais non pour X raisons.
- Speaker #0
Ils n'appréciaient pas ton choix. Non,
- Speaker #1
voilà. Je me rappelle qu'il y a plein de gens qui disaient du mal de moi. De toute façon, tous les gens à qui vous dites non quand vous êtes diffuseur, ils vous détestent. Donc, vous êtes la plus détestée du métier parce que vous dites non, parce que vous n'avez pas dit pour des bonnes raisons, parce que vous ne pouvez pas toujours dire les raisons pour lesquelles vous dites non. Et donc, voilà. Donc, c'était moins l'interne qui était dur que l'extérieur. Et est-ce que j'ai eu le syndrome de l'imposteur ? J'ai toujours... En fait, non, je n'ai pas le syndrome de l'imposteur. En revanche, j'aime le travail bien fait. Et j'ai un côté bon élève. Donc, j'aime avoir des bonnes notes. Et quand on est à TF1... Avoir des bonnes notes, c'est avoir des bonnes audiences. Le problème des bonnes audiences, c'est que ça ne dépend pas de votre travail. Ça dépend de plein de choses. C'est comme lancer un film, enfin faire un pari sur un film et parier qu'il ne va pas marcher en salle parce que les gens vont venir remplir la salle. Alors au début TF1, c'est plus facile parce que quand j'arrive à TF1 moi, en 2001, TF1 est encore leader quoi qu'il se passe. Quoi qu'il se passe, il y a trois chaînes, enfin il y a six chaînes. Il n'y a pas encore la TNT, il y a encore moins les plateformes. Donc TF1 est leader. Mais plus j'avance, je fais huit ans à TF1. Et plus j'avance, moins TF1 est leader parce qu'il y a la TNT qui se développe. Et là, la chaîne s'érode, les audiences baissent. Et là, moi, je vis ça comme un échec où je n'arrive pas à trouver les programmes qui vont nous permettre de refaire 8, 9, 10 millions comme avant. Mais en réalité, c'est impossible.
- Speaker #0
Plus personne ne fait ça.
- Speaker #1
Non, plus personne ne fait ça. Et puis, moi, quand j'étais, je suis partie, on faisait 6 millions. Aujourd'hui, ils font 3 millions et ils sont contents en prime time. Donc, j'étais au début du toboggan, sauf que personne à TF1 ne savait que c'était un toboggan. moi dedans et donc il fallait qu'on remonte le toboggan mais dans un toboggan qui était impossible à remonter et d'ailleurs quand j'ai été virée de TF1 pas pour ça on en parlera peut-être et derrière la chaîne a continué de dégringoler mais c'était hyper dur parce que mes audiences qui tombaient tous les vendredis, samedis moi j'avais les divertissements du vendredi soir, du samedi soir plus toutes les quotidiennes la semaine donc les horaires voilà donc ouais Donc à 9h du matin le samedi, à 9h du matin, à 9h05 du matin le dimanche, j'avais des audiences. Et si elles n'étaient pas bonnes, j'avais l'impression d'avoir mal bossé. Donc tu vois, ce n'est pas un syndrome d'imposteur. C'est plus un truc de la bonne élève qui n'a pas les bonnes notes. Et tous les samedis et dimanches, tu as des nouvelles notes. Et au début de TF1, elles sont bonnes quoi que tu fasses. Et puis pendant les 3-4 premières années, et puis les 3-4 suivantes, là, elles commencent à descendre, Et là, tu prends ça pour toi. Et je me rappelle... Oui, c'est ça. En fait,
- Speaker #0
tu le vivais personnellement. Oui, je le vivais personnellement. Un reflet de ta valeur, en tout cas ton manque de valeur.
- Speaker #1
Oui, j'avais pas fait les bons choix de programme, on avait pas pris les bons invités, je le prenais très à cœur. Et quand les scores étaient bons, c'était formidable, je passais un super week-end. Et quand les scores étaient mauvais, j'ai passé un week-end de merde, c'était hyper dur. Il y a eu une fête de famille, un anniversaire, moi j'étais rongée de l'intérieur. J'arrivais le matin à TF1, j'avais l'impression que tout le monde me regardait et qu'il y avait écrit « Louseuse » sur ma tête. Donc ça, c'était dur. Et en fait, TF1, il y a une culture de l'excellence qui est très forte. Et si vous n'êtes pas leader, en tout cas à l'époque, quand vous n'êtes pas leader et qu'en plus vous êtes directeur d'une unité de programme qui fait les choix des programmes qu'on met à l'antenne, etc. Et que vous, vous avez embarqué tout le monde en disant « ça va marcher » et que ça ne marche pas. Là, c'est vous qui avez emmené tout le monde dans la loose.
- Speaker #0
Mais il n'y avait personne qui brillait plus à ce moment-là ? Est-ce qu'il y avait des programmes qui sortaient plus vite ?
- Speaker #1
Non, on était tous... Tout le monde était en merde. Oui, tout le monde vivait... Enfin, les audiences baissaient partout. Mais il fallait... À l'époque, il y avait une stratégie interne y compris qui faisait que, OK, ça baissait, mais il était possible de remonter. Même si nos managers savaient que c'était perdu. C'était une manière de manager. Si tu considérais que c'était perdu, c'était une manière de dire à tes collaborateurs, bah oui. Alors que si tu leur dis, putain, ça ne suffit pas, il faut remonter, c'est pas bien, alors tu remontes. Donc, bon, voilà. Ceci dit, franchement, la pression, c'est moi qui me la mettais toute seule. Je n'ai pas eu tant de patrons qui m'ont mis la tête floue. Non, ça, ce n'est pas vrai. Mais sans personnaliser ça, le discours ambiant de TF1, c'est ça, on doit être leader. On doit être meilleur que les autres. On doit travailler avec les meilleurs. On doit avoir les meilleurs programmes. Et donc, quand vous flanchez, vous dites, ah oui, mince.
- Speaker #0
De toute façon, toi, tu as mis le curseur sur le résultat. Donc, à partir du moment où tu mets toute ton énergie au service de ce futur résultat, tu es prête à déployer beaucoup d'énergie. Et vu que le résultat n'est pas à la hauteur, forcément, ça t'impacte régulièrement. C'est ça,
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Ok, donc pas de syndrome de l'imposteur mais grosse pression et grosse remise en question quand même pendant ces années-là parce que le monde des médias est en train de se réaliser. Il commence un gros mouvement. Il y a un grand changement. Et donc ce premier licenciement tu le vis comment ?
- Speaker #1
Donc je me fais licencier un jour de mars 2009. Je suis convoquée à un rendez-vous par le patron des flux de l'époque. Et je me rappelle que la veille, je fais la vaisselle et que je dis à mon mari, j'ai un rendez-vous demain avec mon patron à 9h. Je ne sais pas pourquoi. J'avais essayé de savoir pourquoi, je ne savais pas. Et je lui ai dit, je pense que je vais être licenciée. Et il me répond, non mais ça va pas, non. Vu tout ce que tu sacrifies pour cette boîte, vu la manière dont tu bosses et tout. Mais jamais ils vont se séparer de toi. Je lui ai dit, on verra. Le matin, je pars en taxi au bureau et il fait très très beau. Et je me dis, c'est une belle journée pour me faire licencier. Donc vraiment. Et j'arrive dans le bureau du monsieur d'époque qui me dit tout de suite cette phrase que je n'oublie pas, qu'en accord avec Nonspaolini, nous avons décidé de nous séparer de toi. Et Nonspaolini, c'était le président de l'époque, qui était 8 ans plus tôt DRH de TF1, et qui m'avait embauchée à TF1. Donc je voyais très bien qu'il était Nonspaolini. Et le fait qu'il ait mouillé Nonspaolini, ça m'a un peu vexée parce que je l'aimais bien. Et bon voilà, il me dit ça. Et il se trouve que ce week-end-là, j'avais mis à l'antenne deux programmes qui avaient très bien marché, dont un programme avec Gad Elmaleh qui avait cartonné tout. Donc je me rappelle lui faire cette pirouette en me disant « Tu veux faire référence ? » Et je lui dis « Mais pourquoi ? » Il me dit « Pour mauvais résultat. » Et je lui dis « Tu fais référence à l'émission de Gad ? » Bon, je ne sais plus après. Je ne me défends même pas. Parce que, en fait, pendant l'année qui précède mon licenciement, c'est très compliqué avec ce patron qui vient d'arriver. Et je sens que ça ne va pas le faire. Quand il arrive, je pense que ça va le faire. Et puis en fait... Je pense que je ne respecte pas professionnellement le monsieur. En fait, je me rends compte qu'il n'est pas à la hauteur de ce qu'il faudrait. Et quand je ne respecte pas mes patrons, il doit le sentir. Et quand je respecte mes patrons, ça se voit. Et donc, je pense que je ne suis plus manageable et que je ne suis pas sympa. Et que je lui fais des mails pas sympas. Et que moi, si je ne respecte pas les gens pour qui je bosse, je ne suis pas sympa. Et c'est là que je ne suis pas bonne. Et donc, quelque part, ça fait huit ans que je suis à TF1, que je refais. des Miss France, des Energy Music Awards, des Enfants de Nathalie, etc. Et de toute façon, je suis au bout de mon parcours. Mais je n'ai pas le courage de partir. Donc, non seulement je n'ai pas le courage de partir, mais personne ne vient me chercher parce que j'ai trop de valeur à l'intérieur d'une chaîne pour 90% de mon marché. Il n'y a que mes concurrents qui peuvent venir me chercher. Et à l'époque, il y a six chaînes. Et quelques années avant, MC s'était venu me chercher. J'avais le contrat en main. Je ne l'ai pas signé. Je suis restée à TF1. Donc, je savais que la seule chaîne privée concurrente ne me recontacterait pas. Parce que j'avais très mal vécu que je ne sois pas venue chez eux quatre ans plus tôt. Et du coup, je ne suis pas partie parce que je me disais que je ne vais pas retrouver de boulot. Et donc, j'ai fait l'année de trois à TF1, l'année de trois avec ce patron-là. Donc, quand ça arrive, je ne me bats pas face à Laurence Thorpe. Ah, je dis, j'ai dit son nom, ce n'est pas grave. Je ne le dis jamais, en fait, le nom de ce patron qui m'a virée. Mais en fait, ce n'est pas grave. Et donc...
- Speaker #0
Il n'a pas dû virer que toi.
- Speaker #1
Non, surtout, il s'est fait virer un ou deux ans plus tard. Et puis, il n'est plus du tout dans le métier. Alors que moi,
- Speaker #0
je suis toujours là.
- Speaker #1
Coucou Laurent.
- Speaker #0
Bisous.
- Speaker #1
Bisous. Et en fait, je le prends pas mal, mais c'est quand même hyper violent. Parce que je lui dis, mais je dois partir quand ? Il me dit, juste avant ou juste après le déjeuner. Je dis, ok. À l'américaine. À l'américaine. Je sais que ça se fait. J'ai des infos très stratégiques sur la grille de TF1, pour la concurrence et tout. J'ai un poste important. Je ne suis pas surprise du timing. Je m'enferme dans un bureau, j'appelle mon mari qui me dit...
- Speaker #0
Tu pleures ou tu ne pleures pas ?
- Speaker #1
Oui, je pleure. Je pleure dans le bureau, j'appelle mon mari qui me dit c'est la meilleure chose qui pouvait nous arriver à toi et aux enfants. Donc voilà, déjà première chose. J'appelle deux, trois personnes qui se font les licenciés de TF1 qui me donnent le même avocat. Donc je prends rendez-vous avec l'avocat. Et j'appelle mon équipe qui ne comprend pas ce qui arrive, qui en pleure et tout. Je me rappelle de ce moment très dur et tout. Et là, j'ai un acte de gloire que j'adore. Je remonte dans mon bureau et j'appelle le bureau de Nons Paolini. Et son assistante que je connais bien. Et je dis à son assistante, voilà, je viens d'être licenciée en accord avec Nons. Et donc, je veux voir Nons dans la journée. Je dois partir aujourd'hui et je ne partirai pas sans avoir vu Nons. Elle me dit, ah oui, non mais pas de problème. Je comprends, ma mince, ma pauvre, machin.
- Speaker #0
Il était toujours DRH ?
- Speaker #1
Non, non, il était président de la boîte maintenant. Ah, il était devenu président ? Il était devenu PDG de TF1.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
C'est pour ça qu'il m'avait dit... Ok. Et c'est pour ça qu'il m'avait dit en accord avec Nance Polini, qui était présidente de TF1. Et donc, elle me dit, OK, pas de problème et tout. Donc, à midi, j'appelle. Toujours pas de rendez-vous. Elle me dit, je te tiens au courant à 15 heures. Donc, je ne pars pas, moi, à ce rendez-vous. Je regarde si j'ai rien à emporter de TF1. Et les gens défilent dans mon bureau pour me dire au revoir, machin, parce que ça commence à se savoir. Je m'appelle Angie. J'ai là Lorente qui dirigeait la télé RIT, qui est une fille géniale, qui vient me voir se mettre à pleurer en me disant « Mais qu'est-ce qu'il t'a acquis ? C'est horrible ! » Bref. Et moi j'attends mon rendez-vous avec Nonspoilini, donc à 15h je rappelle et la fille me dit...
- Speaker #0
T'es forte quand même, parce que t'as eu le coup d'émotion, t'as pleuré, mais derrière j'ai l'impression que t'as remis le masque de warrior.
- Speaker #1
Non mais je me rends compte avec le recul. Et donc j'appelle l'assistante, elle me dit... Non c'est l'assistante qui m'appelle qui me dit « Jeudi 15h » . Ah non non non, aujourd'hui ! Et je ne partirai pas. Et je ne partirai que dans les bras de la sécurité. Donc, tu dis à Nons, je dois partir dans la journée. C'est en accord avec lui. Donc, il peut bien prendre. Il m'a embauché il y a huit ans. Donc, il peut bien prendre cinq minutes pour me recevoir avant que je parte. OK. Donc, elle me rappelle une heure plus tard, 19h. OK. Donc, j'attends 19h. Je monte au huitième étage de DF1 rencontrer Nons. Et là, j'ai une discussion avec Nons pour essayer de comprendre pourquoi il a dit cette phrase en accord avec Nons. Et Nons me dit... Là, je rentre vraiment dans le détail, mais on m'a dit que tu étais à bout. Et il ne m'a dit plus, il m'a dit, allez, j'y vais. Jean-François Lancelier m'a dit que tu étais à bout. Jean-François Lancelier, c'était le directeur de l'antenne de TF1. Et effectivement, quelques jours, semaines plus tôt, j'étais dans le bureau de Jean-François Lancelier pour faire du small talking, comme font tous les mecs à 19h. Tu vois, le small talking, tu vois qui fait que tu es bien avec tes patrons, qui fait que tu réfléchis. que tu prends un peu de hauteur, le boy's club et tout. Donc ça, j'avais conscience qu'il fallait faire ça. Et à un moment donné, Jean-François me voit que ça ne va pas et il me caresse l'épaule dans le dos de façon très normale, sans sous-entendu du tout. Et il me dit ça va. Et là, j'ai les larmes aux yeux, j'ai les larmes qui tombent. Et je me rattrape et je dis oui, ça va. Et puis on enchaîne et tout. Et en fait, je comprends qu'il fait allusion à ce moment-là de faiblesse, de Dieu qui est un peu embué. Et en fait, sans rentrer dans le détail, à ce moment-là, on est février 2009. Et j'ai mes parents qui étaient partis en vacances. Mon beau-père qui a eu un gros accident de bateau, qui a dû rester là-bas en Thaïlande pour se faire opérer. On ne sait pas s'il va s'en sortir. Je dois récupérer mon petit frère qui a 20 ans de moins que moi. Je dois m'en occuper en même temps que mes enfants. Et puis au même moment... Oui, donc c'est la cata à la maison. C'est la cata. C'est la cata. Mon petit frère perd ses grands-parents qui étaient le père de mon beau-père. Et donc, c'est un moment horrible pour moi où je dois gérer mon boulot, mais aussi des trucs personnels en cascade. Hyper lourd. Très lourd. Et donc, j'ai effectivement eu ce moment faiblesse sur lequel je ne me suis pas épanchée, mais qui a été vécu comme un moment aller à bout. peut-être pas loin du burn-out professionnellement, etc.
- Speaker #0
On a historé assez la machine. Oui,
- Speaker #1
voilà. Je pense que là, c'est bon. Il faut arrêter là. Et donc, il me dit ça et je ne crois pas lui avoir expliqué la raison pour laquelle... Comme il me dit, Jean-François m'a dit que tu avais été à bout dans son bureau. Je comprends très bien que c'est à ce moment-là que ça s'est joué. Je suis choquée. Ça plus Laurent, avec qui on ne s'entend pas, mais avec qui je suis très dure aussi, etc. Donc, je le comprends. Et donc voilà, je voulais entendre la raison que non, ce qui m'avait embauché depuis 8 ans plutôt, ce qui me reprochait lui. Et puis j'avais 2-3 choses que je voulais dire sur mon manager pour protéger les équipes en place que j'ai fait. Et non, ça dit à cette phrase. D'abord, je ressens, non c'est plus là aujourd'hui, mais je ressens quand je sors du bureau, au moment où on se dit au revoir, que s'il avait une baguette magique, je ressens ça, donc ça me fait beaucoup de bien. Et il me dit, Alexandra, on se reverra. Vous voyez, moi, j'ai été virée d'ici de TF1 il y a je ne sais plus combien d'années. Et vous voyez, je suis là aujourd'hui. Je ne sais pas d'ailleurs si c'est bien que je sois là ou pas. C'était très dur TF1 à ce moment-là. Il me dit, mais je suis sûre qu'on se reverra. Et donc, je descends les marches de TF1, libérée d'abord de cette conversation. Et je prends mon taxi pour repartir, le dernier taxi de TF1. Et je me rappelle, comme dans une scène de film, je me retourne, je regarde la tour, j'ai un grand sourire et je rentre chez moi. Et après, j'ai eu des moments un peu d'angoisse, etc. et je suis extrêmement... libérée. Et juste petit clin d'œil pour finir avec Nons, quand je suis chez Newen plus tard, TF1 rachète le groupe Newen et il fait une cérémonie de closing et je suis invitée à la cérémonie de closing puisque je suis dans le CA de Newen. Il fait un discours et il explique pourquoi il a racheté TF1 pourquoi TF1 a racheté Newen et il dit, bon il faut que je vous dise j'ai racheté Newen aussi parce que je voulais récupérer Alexandre Acruc. C'était une blague c'était une blague, mais c'était extraordinaire.
- Speaker #0
Le carrière !
- Speaker #1
Qu'ils le disent ! qui le disent 6 ans plus tard qu'il fasse ce clin d'oeil et voilà j'ai beaucoup de respect pour ce monsieur qui n'est plus là hélas et puis j'ai beaucoup de respect pour TF1 et donc pas d'animosité aucune, non parce que ce licenciement d'abord il m'a permis à partir du moment où j'ai J'étais licenciée, je me suis dit, je prends six mois pour moi. On est en mars, je ne prends rien avant septembre. Mon fils allait rentrer en septembre en primaire et je me suis dit, je veux l'accompagner la première semaine, tous les jours à l'école en primaire. Et donc, je ne prendrai aucun job avant ça. Donc, on me propose un job que je refuse, on me propose un deuxième que je refuse et je me dis, putain, j'espère que je vais retrouver tout. Je me souviens de moments d'angoisse sous la douche, je me dis, non, je ne vais pas trouver tout. J'avance avec différentes personnes pour le job d'après. Et avec Fabrice Larue, et puis je prends le job d'après qui est directrice du développement dans le groupe Newen, monté par Fabrice Larue.
- Speaker #0
Les jobs que tu as refusés, c'est parce que ce n'était pas des belles opportunités ? Non,
- Speaker #1
c'était des... En fait, c'est parce qu'il y en a un, par exemple, c'était de lancer un pilote de jeu, et il fallait le faire tout de suite là maintenant. Et en plus, je trouvais que c'était petit par rapport à ce que j'avais fait avant.
- Speaker #0
Donc, tu n'as pas peur de ne pas trouver, tu n'as pas accepté n'importe quoi ? Non,
- Speaker #1
parce que d'abord, soit il fallait démarrer trop tôt, très vite, soit ça me semblait plus petit que ce que j'avais fait. Donc, en termes de carrière, c'était produire en fait. On me proposait de revenir à la production. Et moi, je voulais continuer. En fait, j'avais pris beaucoup de plaisir à TF1 à gérer plein de dossiers en parallèle, d'être multitasking, à travailler sur plein de problèmes différents, avec des producteurs différents, avec des talents différents. m'enrichissant des uns et enrichissant les autres, etc. Et ça, je voulais continuer à pouvoir le faire. Et idéalement, au service, à l'époque, je voulais vraiment retravailler en chaîne. Parce que quand tu es en chaîne, tu as le pouvoir. Et ce pouvoir-là, il me plaisait bien. Et j'avais envie de poursuivre d'avoir ce pouvoir-là. J'ai longtemps discuté avec Yannick Bolloré à l'époque, qu'elle ait lancé Direct8 à l'époque. Mais Fabrice Larue voulait absolument que je rentre chez lui. Et donc, quand j'ai dit à Yannick Bolloré à l'époque, c'était il y a vraiment très longtemps, qu'il fallait qu'il me dise oui ou non, machin, c'était trop tôt pour lui, parce que la chaîne ne se lançait que six mois plus tard. Et donc je suis partie avec Fabrice Larue, et j'ai fait huit ans chez Fabrice Larue comme directrice du développement de ce groupe qu'il allait monter, qui est devenu un énorme groupe audiovisuel qui a été ensuite racheté par TF1. Donc en fait, ce premier licenciement, il a été dur, violent, au sens où ça s'est passé en une journée. J'ai eu beaucoup d'angoisse en me disant, je ne vais jamais retrouver ce que je veux faire, nanana. Mais au final, il m'a permis de pivoter, de me réorienter vers un truc dont je n'avais pas confiance, qui était de piloter la direction du développement d'un groupe qui se constituait, en fait, et qui est devenu énorme. Et piloter le développement d'un groupe, c'est piloter l'avenir d'un groupe, en fait. C'est un peu une expérience entrepreneuriale avant l'heure. Voilà. Et en plus, avec un entrepreneur, donc qui a semé les graines de l'entrepreneuriat chez moi. Et donc, j'ai fait huit ans avec lui. Au bout de six ans, il vend à TF1. Et il met en place une femme qui s'appelle Viviane Godefroy, qui devient la patronne du groupe. Et avec qui, je pensais que ça le ferait, parce que c'est quelqu'un que j'estimais beaucoup et tout. Et à nouveau, ça ne le fait pas, parce que je pense que j'ai beaucoup de mal à être managée par des gens que je... C'est très dur, mais que je...
- Speaker #0
Tu n'es pas alignée en termes de vision ?
- Speaker #1
Disons que... qui peut-être manquent un peu de courage, d'audace. En fait, travailler en télévision et sur les contenus, faire le choix des programmes que sont en producteur ou en chaîne, c'est faire des paris et c'est avoir beaucoup de courage. Et donc j'aime le courage. Le courage est une des premières des vertus pour moi. J'aime l'audace, j'aime le courage, j'aime la transgression et j'ai besoin d'avoir des gens qui sont comme moi, au-dessus de moi. Les gens qui commentent a posteriori, après le match, alors ça, tout le monde est bon pour le faire. Mais ceux qui prennent les paris et qui montent au combat avant le match, ceux-là, ils ne sont pas nombreux. Et moi, c'est ceux-là que j'estime.
- Speaker #0
Grande valeur pour le courage et l'audace et la prise de risque.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
OK. Donc finalement, l'entrepreneuriat, c'était une belle idée pour toi parce qu'il n'y a rien de plus risqué qu'une entreprise qui fait sa boîte.
- Speaker #1
Oui, oui, absolument. Et ça a été, comme je te l'ai dit tout à l'heure, ça m'est tombé dessus. Ça ne m'a plus lâchée. C'est extraordinaire. Parce que c'est la liberté. C'est la liberté de faire ce que tu veux, quand tu veux. En plus, j'ai trouvé l'associé parfaite avec Maïtena Birabin. On travaille excellemment bien et en étant totalement différentes et en s'apportant et en apportant au monde des choses très différentes. On a une complémentarité incroyable. On partage les mêmes valeurs, le même courage, la même volonté de travailler pour le bien public, de rassembler plutôt que diviser, d'être au service d'eux.
- Speaker #0
D'oser être disruptif aussi.
- Speaker #1
D'oser être disruptif. On a la même authenticité, sincérité. C'est un socle extrêmement solide. Ce n'est pas facile du tout d'être entrepreneur, on ne va pas se mentir. Je pense que tout le monde ne peut pas être entrepreneur. C'est non-stop dans ta tête. C'est des pressions sur l'argent en continu. J'avais toujours entendu parler des problèmes de trésorerie des entrepreneurs sans jamais comprendre ce que c'était. Je peux vous dire que j'ai compris. Au moment où vous développez le plus, c'est le moment où vous avez le plus besoin de trésorerie. Mais c'est le moment où vous en avez le moins parce que en fait, comme vous vous développez, vous sortez beaucoup d'argent. Vous avez un grand avance. Voilà, et vous sortez d'argent en avance avant de n'en gagner. Et c'est là que c'est le plus compliqué. Et nous, on est au moment où on se développe énormément avec le média. Vous embauchez des CDI ? Tout ce qu'on gagne, on embauche. On vient de signer un CDI à nouveau cette semaine. Et c'est très dur parce que de se développer sans avoir les moyens du développement, ça fait que vous travaillez plus qu'il ne faudrait, que vous faites... Je fais trop de choses qui n'ont aucune valeur ajoutée pour la boîte. Genre quoi ? Sur la compta, sur l'administratif, sur le financier. Vraiment, je fais trop de choses que n'importe qui pourrait faire. Mais on n'a pas les équipes, on n'est pas assez staffé. Et ces arbitrages,
- Speaker #0
est-ce que tu sous-traites à quelqu'un qui va te coûter plus cher ?
- Speaker #1
J'ai un problème, et ça c'est beaucoup de discussions qu'on a avec Maïtena, c'est que j'ai beaucoup de problèmes à dépenser l'argent. Si je n'ai pas un bas de laine dans nos comptes, je suis hyper flippée. Et par ailleurs, l'argent part très vite. Donc, il y a toujours un fine tuning à trouver, un équilibre à trouver entre l'argent qui sort et l'argent qui rentre et en essayant de ne pas se mettre en risque financier. Et moi, je n'ai jamais fait d'études de compta. Et de finance, et donc j'apprends sur le tas, et donc c'est passionnant, c'est extraordinaire, mais je me fais des sueurs froides en permanence, des angoisses sur l'argent.
- Speaker #0
Je comprends. Tu disais qu'avec Maïtena, c'est vrai que Maïtena, c'est un visage que la France connaît bien, puisqu'elle a été, pour le coup, du côté...
- Speaker #1
L'antenne.
- Speaker #0
Antenne, voilà.
- Speaker #1
La maîtresse du Grand Journal, de suppléments surtout, des maternelles il y a 20 ans.
- Speaker #0
Exactement, et tu dis que vous êtes très complémentaire, et j'avais vu cette phrase que... Elle, c'était la lumière et toi plutôt l'ombre. Et je te disais, moi, c'est bizarre, je ne trouve pas que tu sois trop dans l'ombre, au contraire. Et comment ça a évolué pour toi, ce côté, justement, face cam ?
- Speaker #1
Oui. En fait, quand je dis qu'elle est dans la lumière et moi dans l'ombre, c'est d'abord parce que sa carrière a été devant les caméras et moi toujours derrière. Donc, c'est une vérité. Donc, moi, je suis la femme de l'ombre au sens où... Dans tous les métiers que j'ai faits, que ce soit TF1, New One, etc., j'étais une femme de l'ombre, je n'étais pas exposée à la lumière comme des animateurs peuvent l'être. Donc ça, c'est une certitude. Et il se trouve que quand on lance un média digital, quand on lance Mesdames, Maïtena décide de se remettre à l'antenne, alors qu'elle ne voulait plus se remettre à l'antenne, parce qu'elle se dit qu'elle sait faire et qu'on décide de faire un média vidéo. Puisque c'est un média vidéo, il faut bien qu'il y ait des gens devant l'image. Et qu'on décide assez vite de créer un format d'interview qu'elle va animer. Donc, elle y va. Et elle me dit, je te préviens. Moi, je me remets devant les caméras alors que ça me gonfle. Donc, toi, tu vas le faire aussi. J'ai dit, mais no way. No way, jamais. Et puis... Parce que toi,
- Speaker #0
t'as pas envie, t'as peur. C'est quoi ? Alors,
- Speaker #1
moi, j'ai un traumatisme, en fait. D'abord, ça ne m'intéresse pas. Ensuite, j'ai un traumatisme. C'est qu'il y a 30 ans, même pas 25 ans, je ne sais plus, 28 ans. Une dame que j'ai revue il n'y a pas longtemps qui s'appelle Ariane Gauthier. Je suis à M6 et elle me dit, et je suis sûre que tu peux faire de l'antenne. Elle m'adorait. Elle me dit, mais je suis sûre que tu peux faire de l'antenne. Il faut que tu fasses de l'antenne et tout. Et je ne sais pas comment, je me retrouve à faire un pilote à cause d'elle, grâce à elle, je n'en sais rien. Et je me retrouve devant une caméra. Et là, je ne sais plus sur quoi c'était. Et là, je suis hyper impressionnée. J'ai hyper peur et j'ai ma lèvre qui tremble de peur. Et donc mon corps qui m'échappe totalement. C'est un traumatisme. Évidemment, autant dire que je suis très mauvaise. Et que là, je sors de là en me disant, mais l'antenne, jamais pour moi. Il y a des gens qui sont faits pour, et il y a des gens, c'est pas possible. Et donc j'ai toujours imaginé que l'antenne n'était pas pour tout le monde, et a fortiori pour moi, et que physiquement, je ne pouvais pas être à l'antenne. Parce que mon corps allait me trahir. Et donc ça, j'ai ça ancré en moi, à cause de cette expérience, vers 25, 26 ans. Et donc je l'ai gardée. Et donc, quand Maïtena me dit « Tu vas aller à l'antenne ? » Enfin, sur nos réseaux. Je ne sais pas. J'ai ma lèvre qui tremble. Oui, jamais. Et puis, là où elle est maligne, c'est qu'elle commence à faire des petits trucs. On lance des unboxings, parce que c'est la mode sur les réseaux sociaux. Parce que la particularité de mesdames, c'est qu'on fait plein de contenus sur la ménopause, sur l'indépendance financière, l'émancipation sexuelle. Plein de sujets divers et variés sur les femmes de plus de 45 ans, mais c'est pour tout le monde.
- Speaker #0
Mais c'est bien aussi pour les autres femmes.
- Speaker #1
Voilà, exactement. Notre troisième audience, c'est les femmes des 35-45. Donc, mesdames, si vous avez peur de la ménopause ou de vieillir, venez nous voir, on va vous rassurer. Et en fait, on filme beaucoup les coulisses du Média. Parce que tous les dimanches, il y a une vidéo qui est publiée à midi qui raconte les coulisses de mesdames. Où on fait des conneries avec l'équipe, toute seule, l'équipe toute seule, nous avec eux, etc. et Et puis, on raconte les coulisses. Et puis, on fait des unboxings. Parce que les femmes, nous, on... On voit des cadeaux et donc on ouvre ensemble les cadeaux avec Maïté. Donc elle a commencé comme ça, on ouvrait des petits unboxings à deux et moi en fait je suis hyper spontanée devant une caméra, je ne joue aucun rôle. Donc en fait après, non en vérité, je sais ce qu'il faut faire pour être un peu rigolote, pour faire marrer, parce que mon métier ça a été de regarder tous les gens qui faisaient ça pendant des années. Donc je force un peu le trait et tout, ça me fait marrer, je me regarde et ça me fait marrer, bon bref. Et il n'y a pas d'enjeu, quoi. Et donc, tout doucement, on fait ça.
- Speaker #0
Tu t'es détendue, en fait, progressivement dans l'exercice. Oui,
- Speaker #1
je me suis détendue. J'ai pris l'habitude. Et puis, le média, on vit avec, on bouffe avec. Je m'attends midi soir, tous les jours. Et donc, on a pris cette habitude de filmer plein de choses. Et aujourd'hui, ce n'est plus du tout un sujet. À tel point que j'ai animé mon premier live, parce qu'on devait faire un live avec toutes les filles de la tournée, mais Téna était malade. Et je lui ai dit, écoute, je vais le faire. Je vais le faire. donc j'ai fait le live et puis je savais qu'il y avait Ariane Massenet, Elsa Wolinsky des filles qui avaient l'habitude de la télé autour de moi donc je me suis dit si je suis pas bonne elles m'aideront, je leur avais dit les filles si je suis pas bonne aidez-moi puis en fait ça a été hyper bien parce que je connais mon sujet, parler de la tournée il se trouve qu'on l'a produit donc je sais exactement ce que j'ai à dire et là je me suis même dit que j'allais faire des grandes interviews, je m'autorise à dire un jour, j'envoie un texto il n'y a pas très longtemps à Maitena, il se trouve qu'on devait avoir une invitée et là bientôt et que personne ne peut le faire. Maïtena ne pouvait pas, Elsa, Ariane, Shaina Moses qui fait des interviews maintenant avec nous, personne ne pouvait le faire. Donc j'ai dit à Maïtena, je vais la faire. Et donc je me vois envoyer un texto à Maïtena en disant je vais faire une grande interview d'une personnalité connue. Qu'est-ce que t'en dis ? Et elle m'appelle, elle me dit mais ça me ferait pleurer ton message. C'est extraordinaire de là où tu viens que tu fasses ça. Et en fait... Je le fais parce que, un, ça me fait plaisir. Deux, je m'en sens capable. Trois, qu'il y ait une caméra ou pas, ça ne change pas grand-chose. Et quatre, c'est mon boulot de livrer des vidéos pour mon média. Et toi,
- Speaker #0
tu as envie que mesdames médias se développent. Oui,
- Speaker #1
je suis prête à tout pour que mesdames médias... Et en plus, je ne coûte pas cher. Je suis là, corps et âme. Et voilà. Ce que je trouve génial,
- Speaker #0
excuse-moi, c'est que... En fait... votre relation, votre complicité avec Maïtena, où vous vous nourrissez mutuellement, où vous vous encouragez. Je trouve que vous êtes un binôme extraordinaire.
- Speaker #1
Ah ouais, moi je me félicite tous les jours d'avoir dit oui à Maïtena et qu'on se soit associés. Elle m'apporte énormément. Mais je sais que je lui apporte d'autres choses aussi et c'est très très solide entre nous. Elle me dit merci sans arrêt, etc. Moi, ce qu'elle m'apporte, d'abord, c'est la joie. j'ai découvert la joie très tard et la joie au boulot alors encore moins je ne pratiquais pas avant et quand elle n'est pas là c'est beaucoup moins joyeux là elle est partie 15 jours faire un jeûne il n'y a que moi au bureau je bosse comme une tarée et puis tout le monde bosse et on ne se marre pas et ça me manque alors qu'elle elle arrive elle sort des codes c'est extraordinaire donc un elle m'amène la joie deux elle s'autorise elle a dévoilé il y a quelques mois maintenant qu'elle avait un trouble de l'autisme et Et ça lui donne une liberté, une parole sans filtre qui m'autorise moi aussi en fait. Et elle est dans un truc de partage. Alors que moi j'ai un esprit de compétition de dingue. Ça nous a valu des énormes discussions pendant des heures où elle a le sentiment que je partage pas, que je prends les décisions seule. Moi j'ai toujours pris les décisions toute seule. J'ai toujours avancé toute seule comme un bulldozer. Et là, pour la première fois de ma vie depuis 7 ans, on est à deux. Et donc, moi, j'ai quand même une façon de faire où j'avance toute seule, parce que c'est mon mindset. Et elle, il faut discuter, il faut échanger. Et puis surtout, elle a des choses à apporter, bien entendu. Et du coup, elle me reproche souvent de ne pas se poser assez, de ne pas parler, de ne pas échanger, de ne pas l'écouter. Et donc, il faut que je fasse très attention à ça. Et c'est vrai qu'on dit souvent que, et ça, c'est très important, c'est que mesdames, c'est pas Maïtena, c'est pas moi, c'est la fille du milieu. Donc c'est 1 plus 1 égale 3, et c'est une fille augmentée, la fille du milieu. Elle est puissante, mesdames, au-dessus. Mais si ce n'est que l'une ou l'autre, c'est moins puissant que si c'est les deux. Donc on a tout intérêt à faire le maximum de choses ensemble pour que mesdames, que ce soit mesdames production, mesdames médias, marchent. Donc tout ce qu'on fait. Donc on a hyper conscience de ça, donc il faut qu'on fasse attention à ça et qu'on cultive ça. Et là où Maïtena est très bonne, c'est que, par ailleurs, elle a une... Une authenticité, comme elle est sans filtre, elle dit tout. Et elle ne ment jamais. Et elle ne fait pas de second degré. Du coup, ça simplifie énormément les choses. Parce qu'il y a des choses qui parfois sont reçues un peu brutalement. Et pas comprises, etc. Mais on gagne un temps absolument dingue. Je me rappelle, un des premiers rendez-vous qu'on fait avec Maïtena, avec un diffuseur, c'était Michel Field, à France Télévisions. Et c'était un de nos tout premiers rendez-vous, mesdames productions, quand on a monté notre boîte, où on était diffuseurs, où on était productrices. On vient proposer un projet à Mittelfield et elle lui dit « Michel, c'est simple, on est au chômage, on n'a pas 50 ans, on a 6 mois, si ça ne marche pas, on est au chômage, donc il faut que ça marche. » Jamais tu dis que tu es au chômage comme ça et tu mets la pression aux gens parce que tu es au chômage, en un diffuseur. Et en fait…
- Speaker #0
Ça a marché ?
- Speaker #1
Non, ça n'a pas marché, il n'a pas acheté notre projet. C'est pour vous dire la liberté qu'elle a d'aborder tous les sujets assez simplement avec tout le monde. Et au final, il y a des moments où ça m'a mis mal à l'aise et tout. Puis à la fin, je me dis qu'en fait, elle a raison. Elle a raison de dire les choses très simplement comme ça. Et pourquoi ce serait dévalorisant de dire qu'on est au chômage et qu'il faut vite que ça marche en vrai ?
- Speaker #0
On a cette tendance d'ailleurs à... Pas vouloir dire qu'on a besoin d'aide, qu'on est en galère, parce qu'on se dit que les autres vont avoir moins envie de travailler avec nous.
- Speaker #1
Je pense que ça reste vrai. Moi, je communique beaucoup sur LinkedIn où je raconte mes interrogations, mes fragilités, etc. Et puis, il y a quelques mois, on a fait une interview avec un journaliste, un business, et il me dit en off, à la fin de l'interview, il me dit « Je lis tes posts LinkedIn, ça ne te joue pas des tours parfois de parler de tes faiblesses ? » J'ai dit, mais à quoi tu penses, par exemple, une idée de problème de trésorerie et tout ? Tu n'as pas peur que ça fasse peur à tes clients, à tes annonceurs et tout ? Je lui ai dit, écoute, je pense au contraire qu'on est dans une époque qui autorise les fragilités. Et moi, si je parle sur les réseaux sociaux, en l'occurrence LinkedIn, ce n'est pas que pour raconter un monde merveilleux où tout va bien, en fait. Ça ne m'intéresse pas. Ça devient insupportable. Ah bah ouais. Et donc, soit tu es authentique et tu dis les choses qui vont bien, mais tu dis aussi les choses qui ne vont pas, même si, de fait, tu ne peux pas dire tout. parce qu'il y a des choses que tu ne peux pas dire parce que tu les vis mal déjà il faut les vivre avec le recul après les avoir analysées nous on a eu des prud'hommes, j'aurais adoré un prud'homme j'aurais adoré le raconter tant que je suis liée sur ce prud'homme, je ne peux pas le raconter il y a plein de choses que je voudrais raconter que je ne peux pas raconter pour des raisons souvent légales, et puis business aussi mais en l'occurrence dire qu'on a des problèmes de trésorerie c'est tellement universellement partagé que ça ne me paraît pas un sujet et donc je me suis rendu compte que ça parlait plus de sa peur à lui que de la mienne et au final Voilà. Je pense que c'est hyper important de raconter les down, les difficultés, les moments où on ne va pas. J'ai fait un post récemment où je disais que c'était dur parce que tous les gens me disaient « Oui, mais vous chez mesdames, ça marche, donc tout va bien. » Et en fait, oui, ça marche, mais c'est hyper dur parce que comme ça marche et qu'on n'a pas l'argent pour se développer, en fait, c'est hyper dur. Et en fait, il y a quelqu'un qui m'a commenté, il y a quelqu'un seul qui m'a dit « Ah ouais, voilà, Madame Ouin Ouin. » Enfin, je ne sais pas. J'ai très peu de commentaires négatifs, mais là, un monsieur qui me dit... Étonnant, ça, un monsieur. Ouais, un monsieur. Qui me dit... Et donc, je lui ai répondu et tout. Et je me suis dit, ouais, en vrai, donc on ne peut pas dire que ça ne va pas, en fait. Donc, je continuerai à dire que ça ne va pas. Mais je vois bien que... Ça dérange. C'est marrant, parce que c'est deux hommes qui m'ont dit que ça les dérangeait. Le premier, il ne m'a pas dit que ça les dérangeait, il m'a dit que ça les interrogeait. Alors que le deuxième, genre... Ça fait des tickets, en tout cas. Oui. Eh bien, je vais continuer. Et je trouve ça hyper important de partager les down. Et comment tu les surmontes. De la même manière que, tu vois, on a passé du temps à parler de mon licenciement. Je trouve ça hyper important. Parce que des carrières longilignes, où on sera dans la même boîte, ça n'existe plus. Plus tu montes dans la hiérarchie, plus tu as de chances de te faire licencier. Et se faire licencier, ça peut être un cadeau. Et moi, mes deux licenciements, derrière, je me suis hyper repositionnée. Et ça n'était que mieux. Donc, c'est souvent ce que je dis aux gens qui se font licencier et qui traversent des moments difficiles. Il faut savoir affronter ces moments difficiles. Mais derrière, il en sort quelque chose, souvent, de positif.
- Speaker #0
Magnifique. C'est les pivots qui peuvent permettre de passer d'une carrière un petit peu... Tout tracer, et en mieux finalement à quelque chose de beaucoup plus excitant, et quand on voit comment vous vous éclatez, et tout le boulot qui est derrière, mais avec mesdames, moi je tiens à dire que je fais partie de vos premières followers sur Instagram, je sais pas comment, vous êtes arrivés dans mon feed, vous veniez de lancer, et je me suis abonnée direct, il y avait quelque chose avec, enfin dès le début, c'était... Je le trouvais addictif. Ça donnait vraiment envie de vous suivre.
- Speaker #1
Écoute, t'es pas toute seule, puisque vous êtes 1,3 million d'abonnés aujourd'hui. En deux ans, c'est extraordinaire. On est presque à 700 000 sur Instagram, presque à 500 sur Facebook, 130 sur TikTok, 70 000 sur YouTube, avec une communauté hyper engagée, hyper investie, qui réagit énormément, etc. On a la chance d'avoir des marques qui nous contactent, de l'appel entrant des marques qui veulent communiquer chez mesdames, puisque notre modèle, c'est des marques qui financent les contenus. Je crois qu'on partage avec Maïtena la sincérité, l'authenticité. On parle de nous, donc on sait exactement de quoi on parle. Et quelqu'un m'a dit, on intervenait dans un festival, au Spot Festival, il n'y a pas longtemps, et quelqu'un m'a dit, ce qui est beau dans votre aventure, on faisait une table ronde, enfin une masterclass sur mesdames, et il nous dit, ce qui est beau dans votre aventure, c'est que ce soit porté par vous. Et que ça aurait été lancé par des hommes, ça n'aurait pas été la même. Et donc, en fait, voilà. On a monté notre boîte autour de 50 ans. On a monté un média. Moi, j'en avais 52. Elle, 56 ans. On monte un média pour rendre visibles les femmes de plus de 45 ans. Si vous regardez notre fil Insta, il n'y a que des femmes de plus de 45 ans, 50, 60 ans, etc.
- Speaker #0
Et qui sont super inspirantes, super fun.
- Speaker #1
On raconte tout le contraire de la société. La société nous raconte comme des femmes à la fin de tout. parce qu'on a un truc qui arrive, qui amène nos pauses, on perd la capacité de se reproduire, donc on perd notre utilité sociale, donc nos maris nous quittent, nos enfants s'en vont parce qu'ils deviennent grands, etc. Sauf que les mecs, nous, en fait, on est là. On a encore 20 ans à bosser, on n'a plus nos règles, c'est une libération. On est au top du pouvoir d'achat, Céline sait qui le dit. On a un petit truc qui tourne dans l'autre sens, c'est-à-dire notre horloge interne qui fait que si on veut se réaliser, c'est maintenant, parce qu'on est encore en pleine santé. Donc arrêtez, quoi. arrêter, et c'est ça qu'on raconte chez mesdames, on raconte des parcours de femmes qui racontent que l'âge c'est un plus et que l'âge c'est une chance arrêtez mesdames de penser que prendre de l'âge c'est une malchance, c'est tout le contraire pensez à tous ceux qui n'arrivent pas à l'âge que vous avez, c'est une vraie chance et quand on a ce mindset là je peux vous dire que ça change tout dans la manière d'appréhender l'âge et dans la manière d'appréhender les personnes âgées dans la société et nous c'est là dessus qu'on travaille Merci. On a un ADN qui est très fort, notre raison d'être, c'est de changer le regard de la société sur les femmes de notre âge. Donc les plus de 45, 50 ans, 60 ans, plus.
- Speaker #0
Et vous le faites super bien.
- Speaker #1
Moi,
- Speaker #0
je suis trop, trop fan de votre média. Je vois le temps qui défile et même si j'aurais 20 milliards de questions, je vais devoir te libérer. Donc trois dernières questions.
- Speaker #1
Juste une chose, c'est que si vous avez aimé cet entretien et que vous voulez nous voir en vrai, on fait une tournée. Donc, allez voir sur les réseaux sociaux de Mesdames Média. Et on va à Lille, à Nancy, à Lyon, à Paris, au Grand Rex.
- Speaker #0
C'est le 11 octobre, si je ne me trompe pas, dimanche. 11 octobre au Grand Rex. Moi, j'y serai. Donc, venez, s'il vous plaît, au Grand Rex.
- Speaker #1
Venez nous voir et ça va être extraordinaire. Voilà. Donc, je rajoute ça et je suis à ta disposition pour les trois questions.
- Speaker #0
Mais super idée, d'ailleurs, cette tournée. J'ai pas trop le temps, mais quelle drôle d'idée de lancer une tournée. C'était quoi juste ce qui vous a donné envie ?
- Speaker #1
On avait envie de les voir les dames en vrai, en fait. On avait envie de les voir en vrai, voilà. C'est tout simple. Et puis, ça nous permet de diversifier. Rencontrer la communauté. Oui. De rencontrer, de partager du temps, de monter sur scène, de vivre un truc collectivement avec les huit femmes de Mesdames Média, Elsa Wolinsky, Ariane Masney. Maïténa qui va évidemment l'aider tout ça, moi je vais monter sur scène pour la première fois de ma vie bon voilà on est 8 Sonia Dubois va être là, Caroline Coldefille notre rédactrice en chef va être là celle qui a fait les tutos du Q
- Speaker #2
Nathalie Giraud-Defort je retrouverai là ça va être extraordinaire un panel génial, une super énergie j'en doute pas j'ai vraiment hâte de nous voir l'idée c'est que les femmes elles arrivent et quand elles repartent elles sont fières d'être qui elles sont à l'âge qu'elles ont et elles vont partir avec le smile être fière de son âge c'est tout le chemin qu'on va leur faire faire Merci.
- Speaker #0
Excellent. Écoute, rendez-vous est pris pour moi. J'y serai le 11 octobre en Norwex.
- Speaker #2
Génial,
- Speaker #0
merci. Et on va faire en sorte que toute la communauté de The Patron soit là.
- Speaker #2
Génial.
- Speaker #0
Et donc, avant de te libérer, trois dernières questions. La première, c'est tu as un panneau publicitaire dans la ville de ton choix. Tu y mets ce que tu veux, c'est ton message au monde. Qu'est-ce que tu y mets ?
- Speaker #2
N'écoutez jamais ceux qui vous disent que ce n'est pas pour vous.
- Speaker #0
On te l'a dit souvent, ça, que ce n'est pas pour toi ?
- Speaker #2
Oui. On m'a dit pire, ma mère le sait, je le dis souvent, on m'a dit pire. J'ai hésité entre cette phrase et celle-là. La vie est... N'écoutez pas ceux qui vous disent que la vie est un bâton de merde qu'on mange tous les jours.
- Speaker #0
Ah oui, ça... N'écoutez pas ça.
- Speaker #2
N'écoutez pas ça.
- Speaker #0
N'écoutez pas ça.
- Speaker #2
N'écoutez pas ça.
- Speaker #0
Si tu te retrouvais face à Alexandra, Alexandra a 10 ans. Qu'est-ce que tu as envie de lui dire à cette petite Alexandra, le messager du futur ? Qu'est-ce qu'il doit te dire à cette petite Alexandra ?
- Speaker #2
Je lui dirais, tu avais culpé, le meilleur est à venir.
- Speaker #0
Le meilleur est à venir, c'est une phrase que j'aime beaucoup. Et dernière question, si tu n'avais pas peur d'échouer, quel projet tu lancerais dès demain ?
- Speaker #2
Eh bien, figure-toi que tu m'as donné ces questions en amont et je n'ai pas la réponse à cette question. J'ai levé tellement de peur au fil des 30 dernières années. Tout ce que je veux faire, je le fais. Donc ce n'est pas la peur qui m'empêche. Ça peut être les moyens qui m'empêchent. Il y a plein de choses que j'ai envie de faire, mais ce n'est pas la peur qui m'empêche aujourd'hui. Franchement, monter une boîte à l'âge que j'avais, c'était la peur quand j'ai eu cette idée. Les jambes tremblaient. C'est la peur la plus forte que j'ai pu dépasser chez moi. Parce que j'avais peur de ne pas en vivre, j'avais peur de ne pas gagner de l'argent, j'avais peur de tout ça. Et j'ai dépassé cette peur. Donc si j'ai dépassé cette peur, je suis capable de tout.
- Speaker #0
En fait, je trouve que c'est ce que je trouve hyper intéressant avec ton parcours. C'est bien, je le comprends bien, tu as toujours eu cette personnalité forte, décidée, qui est capable d'affronter beaucoup d'obstacles. Et en même temps, tu n'as pas arrêté tout au long de ton parcours de pousser les limites de ta zone de confort. Là, c'est quand même quelque chose d'assez extraordinaire ce que tu dis. Tu vas monter sur scène pour la première fois. Tu proposes de passer devant la caméra pour des grandes interviews. C'est quelque chose qui était inimaginable pour toi il y a encore 3-4 ans.
- Speaker #1
Oui, il y a 2 ans même.
- Speaker #0
Il y a 2 ans ?
- Speaker #1
2 ans. Non, mais je crois que j'ai un truc aussi très fort, c'est qu'on n'en a pas parlé, mais j'ai un besoin de réussite. et j'ai une ambition très forte et c'est un moteur qui est toujours très fort et c'est une bonne chose oui oui moi j'ai aucun problème avec ça mais c'est un moteur extrêmement puissant qui ne me lâche pas et donc souvent je me dis mais calme toi après quoi tu cours et tout et bien ce moteur il est toujours là j'ai une soif de réussite et j'ai réussi bien plus que ce que je pouvais imaginer il n'y a aucun sujet et d'ailleurs je ne sais pas trop ce que je mets derrière le mot réussite mais j'ai l'obligation enfin je Je... C'est toujours plus haut chez moi. C'est toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus...
- Speaker #0
Est-ce que c'est du coup de réussite ou c'est de toujours te réinventer et d'aller explorer des nouveaux territoires ?
- Speaker #1
Non, non, c'est vraiment la réussite. Il se trouve que je réussis en explorant de nouveaux territoires. Donc c'est pas... Non, non, moi j'ai pas envie d'aller explorer de nouveaux territoires. Je suis pas une aventurière du tout. Mais en revanche, je suis une ambitieuse.
- Speaker #0
Dernière question. Quel conseil tu donnerais à une patronne ? Qui n'a pas encore 45 ans et qui a envie d'accélérer sa carrière.
- Speaker #1
Fait. En fait, moi je dis toujours, il y a ceux qui disent et il y a ceux qui font. Et ceux qui font sont ceux qui font, quoi. Et donc, si tu dis et si tu fais, bah t'avances. C'est tout bête, hein. Mais les choses ne tombent pas. Donc, c'est le fameux plan du début dont on parlait. Je me fais un plan et puis je mets tout en place pour le... Voilà. Fais ton plan et mets les choses en place pour aller au bout de ton plan. Sois dans l'action,
- Speaker #0
en fait.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Femme d'action.
- Speaker #1
L'action, elle est transformatrice. Donc, vas-y, avance.
- Speaker #0
Vous l'aurez compris, les patronnes, suivez mesdames, avancez. C'est bien d'avoir plein d'idées, mais ce qui est le plus important, c'est de faire. Donc, allez-y. La première action, c'est réservez vos places pour la tournée de mesdames dès la rentrée. Et suivez-nous, continuez à nous suivre sur tous les réseaux. Merci de nous avoir suivis. Merci beaucoup, Alexandra. C'était un grand bonheur de t'avoir.
- Speaker #1
Merci, Elvire. C'était très sympa.
- Speaker #0
Cool. À bientôt.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Merci à toi d'être resté jusqu'au bout. J'espère que cet épisode t'aura plus intrigué, inspiré. Et n'hésite pas à le partager, ainsi que de laisser une évaluation, un commentaire. Ça aidera énormément le podcast à être plus diffusé. Merci et à très bientôt sur The Patron Podcast.