Speaker #0Bienvenue dans Blueprint, le podcast où on décrypte l'invisible, ce qui se joue dans nos gestes, nos vêtements, nos silences, et la manière dont tout cela façonne la femme que nous devenons. Ici, on explore les zones d'ombre, de lumière, sans phare, sans rôle, sans façade. Je suis Mariama, et chaque semaine je t'emmène dans une exploration intime, ton style, ton identité. bienvenue dans un espace où l'on se regarde vraiment mon livre sort ce dimanche mars et récemment j'ai eu une conversation avec l'une de mes soeurs qui a pu le lire en avant-première elle m'a dit quelque chose de super juste elle m'a dit En fait, ton livre est fait pour les gens qui connaissent déjà ton univers. Et elle a totalement raison. Si tu ne connais pas mes références, mes concepts, mes ponts entre culture, images et psychologie, tu peux avoir du mal à entrer dedans. Alors j'ai décidé de faire une série d'épisodes pour te parler des concepts que j'évoque dans ce livre. T'es prête ? Alors on commence avec un concept fondamental, le wabi-sabi. Le wabi-sabi est un terme japonais composé de deux mots, qui renvoie à la simplicité, à la nature, à une forme de beauté dépouillée. C'est ce qu'on ressent quand on trouve quelque chose de beau, alors que ce n'est pas conforme au standard habituel. Quelqu'un peut ne pas correspondre au canon de beauté. Et pourtant, on dégageait une présence incroyable. Ça, c'est Wabi. Une beauté discrète, une beauté non spectaculaire, mais profondément vivante. Ensuite, il y a Sabi. Sabi, c'est l'usure du temps. C'est la patine. C'est ce que nous, en Occident, on appelle le vintage. Un objet marqué par les années. Un bois qui a foncé. Un métal qui s'est oxydé. Un jean usé naturellement par le travail. D'ailleurs, à la fin du 19e siècle, les jeans usés n'étaient pas un effet de mode. C'était simplement les vêtements des ouvriers et des agriculteurs. Ils s'usaient parce qu'ils servaient. Puis l'histoire en a fait un symbole. Mais l'origine, c'était juste la trace du réel. Le sabi, c'est ça. La trace du réel. Donc Wabi Sabi, c'est quoi ? C'est l'idée que l'imperfection n'est pas un défaut. Elle est une preuve. Une preuve. preuve que quelque chose a vécu, qu'il a traversé, qu'il a servi. Et je trouve que ce concept n'a jamais été aussi contemporain. Regarde autour de toi. Le mouvement pour consommer moins de viande, mais de meilleure qualité. Les friperies, qui ne sont plus marginales mais désirables. Les personnalités publiques, qui parlent davantage de leurs failles. Ce qu'on célèbre aujourd'hui, ce n'est plus seulement la performance, c'est l'authenticité. et l'authenticité c'est toujours imparfait le wabi-sabi repose sur plusieurs principes très simples mais puissants consommer moins mais mieux choisir la qualité plutôt que la quantité développer de la gratitude pour les petites choses apprécier nos propres imperfections Ce n'est pas seulement esthétique, c'est une posture intérieure. Et cette posture change notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. Quand tu acceptes tes propres fissures, tu deviens plus douce avec celles des autres. Alors maintenant, la vraie question est, quel est le rapport entre le wabi-sabi et notre manière de nous habiller ? Pourquoi est-ce que j'en parle dans un livre qui traite d'image et d'identité ? Parce que le wabi-sabi nous invite à changer notre regard sur nos vêtements, à ne plus les voir seulement comme des objets. Mais comme des passages. Chaque vêtement de ton dressing est lié à une période de ta vie. Une relation, un travail, une version de toi. Ce ne sont pas juste des tissus, ce sont des archives. La plupart du temps, quand on ouvre son dressing, on juge. Ça ne me va plus, c'est démodé. Pourquoi j'ai acheté ça ? Mais le Wabi Sabi propose autre chose. Observer, écouter, demander. Qu'est-ce que tu racontais à ce moment-là ? Cette jupe que tu aimais il y a dix ans, peut-être qu'elle ne te va plus physiquement, peut-être qu'elle ne raconte plus rien de la femme que tu es actuellement, mais elle a peut-être raconté une période de liberté. d'expérimentation ou de reconstruction. Elle a servi. La question n'est pas de la juger. La question est, est-ce qu'elle me représente encore aujourd'hui ? Parfois, on garde des vêtements par attachement. Pas parce qu'ils nous correspondent, mais parce qu'ils nous rappellent qui on était. Et il n'y a rien de mal à ça, mais si tu les gardes par culpabilité, ce n'est plus du wabi-sabi. Le wabi-sabi dit, tu peux remercier et relâcher. Faire don de cette jupe, par exemple. À l'inverse, Il y a cette veste, celle que tu as portée mille fois, parce que tu l'aimes profondément. Elle est peut-être abîmée, un bouton manque, le tissu est fatigué. Au lieu de la laisser mourir dans un coin du dressing, pourquoi ne pas la réparer, la transformer, la détourner ? Le wabi-sabi ne remplace pas systématiquement. Il restaure, il honore, il prolonge. La manière dont tu gères tes vêtements révèle souvent la manière dont tu gères ton passé. Est-ce que tu effaces ou est-ce que tu intègres ? Est-ce que tu accumules ou est-ce que tu sélectionnes avec conscience ? Ton dressing peut devenir un espace de gratitude, un lieu où tu reconnais les différentes versions de toi en les remerciant. Appliquer le wabi-sabi à son style, ça change plusieurs choses. Tu achètes moins impulsivement, tu choisis des pièces que tu peux garder longtemps, tu valorises la matière, tu en prends soin, tu arrêtes de courir après la perfection visuelle. Et tu commences à chercher la cohérence. Ce n'est plus « est-ce que c'est tendance ? » mais « est-ce que ça me ressemble ? » « Est-ce que ça peut traverser le temps avec moi ? » Finalement, le wabi-sabi n'est pas un concept décoratif. C'est une manière de vivre, une manière de s'habiller, une manière de se regarder. Et si tu veux commencer simplement, je te propose un exercice. Ce soir, ouvre ton dressing. Prends une pièce. Demande-lui. quelle a été ta mission dans ma vie puis pose-toi cette question est-ce que tu fais encore partie de mon présent si oui prends-en soin sinon remercie et avance parce que ton style n'est pas une vitrine c'est un récit et chaque récit mérite d'être honoré Si cet épisode a fait écho, si quelque chose a bougé en toi même légèrement, je t'invite à t'abonner à ce podcast. Et à partager cet épisode à une femme qui, elle aussi, est peut-être à une décision de plus qui la rapprocherait d'elle-même. Un pas après l'autre. Un détail à la fois. Un choix à la fois. On se retrouve très vite. Et continuez de dessiner d'une blu-brite.