- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast Tant qu'à je me débrouille. Aujourd'hui, j'essaie un épisode avec une étudiante de l'école de l'envol supérieur, Tadik Spiker. Elle a créé une association pendant le Covid de soutien scolaire. Elle a elle-même un podcast Kizako qui a pour objectif de vulgariser les sciences. et le rendre accessible aux jeunes. Elle s'appelle Sarah Guinan. Welcome Sarah.
- Speaker #1
Merci beaucoup.
- Speaker #0
Je t'ai bien présentée. Est-ce que tu veux ajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Je pense que ça va, t'as fait le tour. J'ai pas d'autre chose à rajouter.
- Speaker #0
Ah oui, je vais ajouter moi qu'elle a 21 ans. Ça c'est à 21 ans. C'est ça qui est impressionnant. On parlait un peu en off tout à l'heure de comment t'as abordé ton parcours scolaire, professionnel, etc. T'as toujours eu cette audace, t'en parles dans ton TEDx. D'où ça vient ?
- Speaker #1
Alors, franchement, je me suis toujours posé la question, je ne sais pas. En fait, je n'ai pas de souvenir de moi étant plus jeune en me disant que je ne vais pas faire tel ou tel métier ou que je ne vais pas tenter telle ou telle chose. Même quand j'étais plus petite, j'avais toujours envie de faire meilleur que les garçons, meilleur que ma famille, que mon petit frère, que ma petite soeur, etc. Je ne me suis jamais posé de limite. Et en fait, je pense que c'est parce que j'ai un esprit assez rationnel dans le sens où j'ai peur de beaucoup de choses, mais entreprendre, ce n'est pas quelque chose qui me fait peur. C'est-à-dire que je vais me poser, je vais peser le pour et le contre. Et la plupart du temps, en fait, il n'y a pas de raison d'avoir peur, dans le sens où, au pire, si on échoue, en fait, il ne se passe pas grand-chose. Et si on gagne, il y a plein d'opportunités qu'on peut saisir. Et c'est pour ça qu'en général, je me lançais, peu importe la situation, parce que je savais qu'au final, à l'issue, il n'y avait pas tant de risques que ça. Je pense que ça vient un peu de là, en fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a amenée à parler d'audace et pas de... de débrouillardise ou de compétence d'autres sociétés, pourquoi audace spécialement ?
- Speaker #1
Alors audace, j'aime bien le mot parce que j'ai l'impression qu'il dérange aussi un peu. En fait, quand on dit audace, c'est comme si en fait ça a pas lieu d'être, qu'on n'a pas à avoir ce comportement, qu'on va un peu trop loin. Pour moi, l'audace, c'est un peu différent de la débrouillardise parce qu'on peut très bien se débrouiller en faisant des actions un peu banales, qui sortent pas trop de notre zone de confort, juste on réussit à se sortir d'une situation plus ou moins pénible. Alors que l'audace, c'est vraiment repousser les limites et sortir de notre zone de confort, justement. C'est pour ça que pour moi, c'est un peu différent. À chaque fois que je suis amenée à faire une action qui va me surprendre au début, ça ne va pas me repousser. J'aurais envie de le faire parce que je vais associer ça à de l'audace et que pour moi, c'est quelque chose de positif et que ce n'est pas un défaut. Mais on peut très bien aussi être débrouillard en ayant de l'audace. L'un n'exclut pas l'autre, mais ce n'est pas égal pour moi.
- Speaker #0
Oui, ça a deux mots complètement différents, dont une fonctionnalité différente.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
On va dire que tu as commencé à être visible grâce à ton association, parce que tu as créé une association de soutien scolaire pendant le Covid, quand nous tous on fait dodo. Elle a dispensé plus de 500 heures de cours, tu as réussi à fédérer des profs pour être bénévole, pour dispenser ces heures de cours-là. Comment tu as réussi à fédérer à ton travail ?
- Speaker #1
Alors, franchement, ça s'est fait un peu tout seul. Je dirais même que j'ai appris en quelque sorte à fédérer grâce à cette association. J'ai appris dans le tas, en fait. Et alors, pour faire la petite histoire, Virtual Class, c'est une association de soutien scolaire qui, comme Yariam l'a dit, je l'ai lancée le premier jour du confinement. C'est-à-dire que quand Macron a dit que dès demain, les écoles, les crèches seront fermées jusqu'à nouvel ordre, j'ai pris mon téléphone et en fait, à l'époque, j'avais un compte Instagram avec, je ne sais pas moi, 20-30 abonnés où je postais un peu du contenu sur les études. Et j'ai fait un peu un appel à l'aide en disant, écoutez, c'est la catastrophe, etc. Est-ce qu'il y a des troisièmes à l'époque ? Parce que j'étais en troisième, qui seraient motivés pour faire un groupe de révision. Donc, l'idée, à la base, c'était ça. Et en fait, de ciel en aiguille, j'ai reçu dans le week-end des messages d'étudiants plus âgés, des lycéens à l'époque, qui m'ont dit, écoute, nous, on n'est pas en troisième. Par contre, on veut devenir prof et on aimerait bien vous donner un coup de main. Donc, si vous avez besoin de tuteurs ou autre, on est partant. Et du coup, en fait, je me suis dit, il ne faut pas que je laisse passer cette opportunité. parce que déjà j'avais beaucoup de temps. de temps libre, vu qu'on était confinés, qu'il y avait des gens motivés, et je voyais qu'il y avait un truc qu'on pouvait faire. Donc on s'est fait un appel, en fait, ce week-end-là, et à l'époque, en fait, la visio n'était pas du tout développée, donc on n'avait même pas, en fait, l'idée d'organiser des cours en visioconférence, ça ne se faisait pas. Et en fait, on s'est dit, go, genre, faire une classe virtuelle, on a des élèves qui sont plus jeunes en troisième, on a des profs bénévoles, on tente le truc. Donc en un week-end, en fait, on a fait un emploi du temps dans toutes les matières, parce qu'on avait quand même des profs en histoire, en maths, c'était assez diversifié, de 8h à 17h. Et on a lancé ça le lundi. Au début, on n'était pas beaucoup, on était cinq. Il y avait aussi des petits problèmes d'organisation, parce que j'étais assez jeune à l'époque, que ce soit au niveau de l'organisation des emplois du temps, coordonner les horaires des profs. Et du coup, pour faire vivre l'association, j'étais un peu obligée d'apprendre à gérer des équipes, à savoir communiquer en groupe, des choses comme ça. Donc ça s'est vraiment fait de chiel en aiguille. Ensuite, on a pu faire d'autres événements. Donc j'ai encore... plus acquis de compétences de management, en quelque sorte, au fil du temps.
- Speaker #0
Est-ce que c'est ta première expérience d'entrepreneur ?
- Speaker #1
Ouais !
- Speaker #0
D'entrepreneur social, en tout cas. C'est ce besoin-là, tu l'as identifié, en tout cas, tu l'as peut-être créé, parce que c'est dans ton quotidien. Aujourd'hui, je pense qu'il faut beaucoup se différencier sur le marché du travail. Et les compétences que tu as acquises lors de cette expérience, elles sont vraiment valorisables pour demain ?
- Speaker #1
Je pense que oui. Aujourd'hui, je ne fais pas vraiment de l'enseignement, même si j'ai envie de devenir enseignante plus tard. Donc, ça va me servir tôt ou tard. Mais en fait, dans le quotidien, le travail de groupe, c'est quelque chose que j'ai vraiment appris avec Virtual Class. La prise de parole en public, parce que j'ai aussi donné quelques cours à l'époque quand on manquait de professeurs. En fait, je l'ai appris à Virtual Class. J'étais quelqu'un d'assez timide quand même. passer en exposé à l'école, ça me terrorisait à l'époque. Et puis en fait, avec Virtual Class, je me suis un peu détachée de tout ça. Et je dirais que franchement, c'est des choses que j'ai apprises avec l'association et je suis très contente d'avoir vécu ça très tôt parce que ça m'a servi dès le lycée et puis ça me sert encore aujourd'hui en études sup.
- Speaker #0
On va refaire ton palmarès, mais quand on a 21 ans et qu'on a réalisé toutes ces choses... On se dit, cette fille, elle doit avoir super confiance en elle, elle doit défoncer tous les murs,
- Speaker #1
etc. Est-ce que toi-même, tu t'es mis des freins à des moments ? Alors, est-ce que je me suis mis des freins ? J'ai réfléchi à cette question, je trouve que je ne me suis pas mis beaucoup de freins, mais j'ai souvent douté. C'est-à-dire qu'en gros, je vais tenter des choses, mais sur le coup, je ne vais pas y croire. À chaque fois, je pars du principe que ça ne va pas marcher. Et je me dis, au pire, je suis déçue, et dans le meilleur des cas, ça marche. Par exemple, rien que pour les TED Talks, j'avais vraiment postulé sur un coup de tête, sachant que je n'étais pas du tout préparée mentalement. Et je trouvais que je n'avais pas les compétences oratoires, en tout cas à l'époque, pour tenir un TED Talk. Mais je l'avais quand même fait, alors que ça me terrorisait. Et ensuite, quand j'ai eu cette offre et que je savais que c'est bon, la date était signée, c'est là où je me suis dit, OK, maintenant je sais que je passe le 20 octobre. On fait quoi maintenant ? Il faut que j'apprenne à le faire parce que je n'ai pas le choix. Et ça a été comme ça, en fait, tout le temps. C'est-à-dire que je fonçais tête baissée, je me lançais dans le truc. Et c'est une fois confrontée à la réalité que, du coup, j'apprenais, en fait, à devenir cette version de moi-même parce que je n'avais plus le choix, quoi.
- Speaker #0
Parce que l'action, tu n'intellectualises pas les choses, en fait. Ouais, c'est ça. Tu n'es pas trop dans ta tête.
- Speaker #1
En fait, je me dis, je le fais parce qu'en fait, dans tous les cas, dans ma tête, ça ne va pas se passer. Et au final, des fois, il y a plein de fois où ça ne s'est pas passé, mais des fois, ça marche. Statistiquement, il y a forcément des fois où ça a marché. Et à ce moment-là, c'est là où je me dis, bon, le problème se pose, donc je vais y réfléchir. Mais attends, je ne vais pas en gros faire du gaspillage intellectuel dans le sens où je ne vais pas angoisser sur des choses qui ne vont peut-être pas se passer.
- Speaker #0
C'est hyper précieux ce que tu viens de dire. Non mais vraiment, parce que je pense qu'il y a plein de gens qui sont hyper dans leur tête en disant... Je ne vais pas le faire parce que je vois juste un petit obstacle et en fait, tu as juste à passer juste à droite et tu vas voir que l'image, en tout cas le paysage est beaucoup plus clair sur ce que tu peux faire ou ce que tu ne peux pas faire. Mais c'est vraiment...
- Speaker #1
Et on n'a pas encore le recul nécessaire. Des fois, on parle, il y a des gens qui ont des angoisses pour des projets dans 5-10 ans, mais dans 5-10 ans, on ne sera pas les mêmes personnes, on n'aura pas le même mindset. Donc peut-être qu'il y a des solutions qu'on trouvera qu'on n'aurait pas trouvé à l'heure actuelle. C'est pour ça qu'il ne faut pas se limiter aussitôt. Ça devient d'où, cette vision de pensée ? Franchement, je ne sais pas trop. Je pense que j'ai quand même de la chance parce que j'ai des parents qui ont toujours été assez ambitieux, que ce soit au niveau des études, mais aussi en règle générale. Donc, je pense que je tiens beaucoup ça de mon père, notamment. Et après, je disais beaucoup quand j'étais au collège de dystopie. Et les personnages principaux des dystopies, à chaque fois, ils ont cette mentalité-là, etc. Donc forcément, quand tu es petit, tu as envie de leur ressembler. C'est pas du tout la même chose parce qu'on a des vies beaucoup plus tranquilles, beaucoup plus paisibles, mais en fait si on voit un peu tous les obstacles qu'on a dans notre cheminement, dans notre vie, et qu'on voit ça comme un jeu vidéo ou comme un film, ça devient tout de suite beaucoup plus drôle. Parce qu'on se dit par exemple, si j'étais à la place de mon personnage préféré, est-ce que lui s'il serait arrêté là, il aurait fait demi-tour ? Ah non, parce que sinon le film se serait arrêté et ça aurait été trop nul.
- Speaker #0
éco-anxiété, d'économie qui part en cacahuètes et donc du coup ça nous fait peur, etc. Et c'est des choses qui nous rendent inertes parfois, parce que ça nous paralyse, parce qu'il y a tout ça et tous ces environnements-là un peu toxiques qui nous toxifient, en tout cas notre environnement. Toi, est-ce que ça t'impacte ? Ou est-ce que tu te dis comme tu dis ? Bah en fait, on ne sait pas ce qui va arriver, donc vous me pensez.
- Speaker #1
Alors honnêtement, je suis quand même assez anxieuse de base, donc surtout tout ce qui touche à l'environnement, c'est quelque chose qui me touche. Pendant longtemps, j'étais dans une association militaire et j'avais fait notamment une vidéo sur l'éco-anxiété, donc c'est un truc qui me parle. Et je trouve que c'est encore plus dur quand on est en recherche, en géologie. Donc la géologie, en fait, ça touche aux sciences du climat, moi je suis plus dans tout ce qui est planétologie, donc les sciences planétaires. Et en fait, c'est directement impacté par l'environnement. Mais moi, ce qui me permet d'avancer, de ne pas trop stresser, c'est de me dire qu'en fait, il faut garder de l'espoir. Et les recherches qu'on fait, en fait, elles ne servent pas à rien. Peut-être que ça peut servir non pas à régler le problème, parce que je ne suis pas technosolutionniste et je ne pense pas qu'il y aura une solution miracle, mais à rendre le monde plus viable ou à éviter qu'il parte en vrille. Donc, je pense que c'est plus censé être une motivation pour nous, pour nous dire qu'en fait, justement, il y a encore du travail à faire et qu'il faut continuer à avancer parce qu'en fait, sinon, ça sera pire. Et en général, j'essaie aussi de trop y penser parce qu'avec le climat actuel, c'est assez anxiogène et on a déjà nos propres problèmes personnels. Donc il vaut mieux, je pense, continuer à avancer tout en ayant conscience de ce qui se passe autour parce que c'est important d'être sensibilisé. Il ne faut pas faire l'autruche, mais ne pas non plus être paralysé parce qu'en fait, ça va juste être contre-productif. Il vaut mieux continuer à avancer de son côté. dans le meilleur des mondes, on réussit aussi à porter notre pierre à l'édifice et à rendre le monde plus vivable. Et puis, sinon, on aura avancé à notre échelle. L'époque,
- Speaker #0
tu es étudiante en géologie. Qu'est-ce qui t'a amenée vers cette filière ?
- Speaker #1
Alors, on me pose souvent la question. En fait, la géologie, c'est le T dans SVT. Donc, tout le monde en a fait au lycée. Quand vous parlez de volcans, par exemple, quand vous parlez d'érosion, d'altération, de climat, de séisme, tout ça, c'est de la géologie, les planètes aussi. Et en fait... Moi, au début, ce n'était pas une matière qui m'intéressait spécialement au lycée, tout simplement parce que la plupart des profs de l'ESVT sont formés avant tout pour la biologie. Et la géologie, en général, ça les intéresse un peu moins. Et ça se voit aussi dans la manière d'enseigner. La passion n'est pas transmise, on va dire. Et moi, ce qui m'a amenée vers là, c'est plutôt l'espace. Ça a l'air totalement opposé, mais pas du tout. Je m'explique. Quand j'étais au collège, j'adorais l'espace. J'ai toujours beaucoup aimé. Et quand j'ai su que je voulais faire de la recherche, je savais que j'avais envie de travailler dans ce domaine-là. Au début, j'ai longtemps voulu faire de l'ingénierie aérospatiale, parce que j'aimais beaucoup tout ce qui était mission spatiale, la conception des fusées, les agences spatiales, etc. Après, je me suis rendu compte que c'était surtout des mathématiques de la physique. Je fais toujours des mathématiques de la physique, mais je ne me voyais pas faire que ça, et être que derrière une feuille et un papier. Ensuite, j'ai découvert qu'on pouvait y avoir accès via d'autres disciplines. Il y a tout d'abord la biologie, que j'ai découvert avec notamment des exobiologistes, que j'ai reçus notamment sur mon podcast. Sur mon podcast Kizaku, la première interview, justement, c'était Caroline Frécinier, qui est une exobiologiste. Et c'est elle qui m'a fait découvrir qu'on pouvait faire du spatial sans faire que des maths et de la physique. Et du coup, je m'étais dit, écoute, go, je pars en prépa BCPST, qui est la prépa biologie, chimie, physique et sciences de la Terre, pour faire de la recherche en exobiologie. Et en fait, en prépa, justement, les profs sont plus passionnés par la géologie, parce qu'en général, ils sont agrégés. Il y en a qui sont même géologues, ça a été le cas de plusieurs de mes profs. J'ai redécouvert cette matière du lycée et je me suis rendu compte que c'était génial. Quand j'ai vu qu'on pouvait faire de la planétologie, c'est-à-dire étudier directement le sol planétaire, les propriétés physico-chimiques, l'atmosphère des planètes, ça m'a ouvert un nouveau champ des possibles et je me suis dit que j'avais envie de faire de la recherche dans ça. C'est comme ça que je me suis retrouvée aujourd'hui à l'ENS de Lyon, en géologie, toujours dans le domaine du spatial.
- Speaker #0
Est-ce que tu vois cette réalité des femmes qui se représentent dans...
- Speaker #1
dans tout ce qui est scientifique, en tout cas dans ton domaine d'études ? Oui, je le vois. Moi, j'ai un peu de chance parce que quand j'étais en BCPST, il y avait encore beaucoup de biologie. La biologie, c'est la science où il y a le plus de femmes. On est quasiment à 50-50, voire parfois plus de femmes que d'hommes. Donc là, je ne le ressentais pas trop. Par contre, dès le lycée, avec la nouvelle réforme, on a demandé aux élèves de choisir s'ils veulent. spécifiquement maths ou même maths experte, alors qu'avant, il y avait les filières Bac S, ES, L. Ce qui fait qu'il y avait quand même un peu plus de filles qui choisissaient les maths indirectement. Et là, en fait, la différence est vue parce qu'il n'y avait pas beaucoup de personnes dans ma classe qui étaient des femmes et qui faisaient des mathématiques encore plus en maths experte. Et en géologie, cette année, les choses ne s'arrangent pas trop. Il y a quand même une majorité de garçons en géologie par rapport aux filles. Et ça, ça m'inquiète un peu. Je me rappelle qu'en première année de prépa, j'avais fait une... conférence sur le thème des femmes et des sciences avec deux chercheuses en sciences cognitives de l'ENS de Ulm, où on parlait de ça. Et en fait, il y a un phénomène qu'elles avaient décrit, c'est-à-dire que tout ça s'est intériorisé assez tôt. C'est-à-dire qu'à un certain âge... On voit qu'il y a un passage des filles vers les matières littéraires, etc. à cause de la pression sociale, à cause parfois des professeurs, etc. Donc il y a vraiment un rôle important que l'entourage joue. Et la preuve, c'est qu'il y avait une expérience qui avait été menée où ils avaient donné un exercice à des filles, à des garçons. La première fois, ils l'ont présenté à un groupe comme étant un exercice de dessin. Et du coup, là, les filles ont beaucoup mieux réussi que les garçons. Et la deuxième fois, en fait, ils leur ont redonné le même exercice, mais ils avaient dit que c'était un exercice de géométrie, il me semble. Et là, bizarrement, en fait, les filles ont eu, comme un mouvement d'autocensure ou quelque chose comme ça, elles ont moins bien réussi, parce qu'elles se sont dit qu'en fait, ça s'apparentait à des maths, et que du coup, c'était pas fait pour elles, et que les garçons réussissaient mieux. Et en fait, ça, ça nous montre bien qu'en fait, même quand on est jeune, on intériorise en fait tout ça, tant bien que mal, ce qui fait qu'après, dans les études sub, ça devient de pire en pire, et il y a vraiment un espèce de plafond de verre, où il y a mon... de moins en moins de filles. Donc, ouais, c'est triste, mais c'est comme ça. Et puis, on continue d'essayer de faire en sorte que ça change. Moi, je sais qu'à mon échelle, dans mon podcast de vulgarisation scientifique Kézako, j'ai dédié toute une série, en fait, qui s'appelle Les femmes de l'ombre. Et en fait, c'est justement pour rendre hommage aux femmes victimes de l'effet Mathilda. Et l'effet Mathilda, en fait, c'est vraiment le summum de ce phénomène, parce que non seulement c'est difficile d'avoir accès à des études scientifiques quand on est une femme à cause de toutes ses raisons sociales, Mais en plus, quand on y arrive, notre travail n'est même pas reconnu en tant que chercheuse. C'était surtout le cas à l'époque. Et par exemple, si on demande à des jeunes aujourd'hui de nous citer des femmes chercheuses, ils vont dire Marie Curie, puis ça va s'arrêter là. Alors qu'il y en a plein. Il y a notamment Ada Lovelace qui a codé la première ligne de code. Il y a Rosaline Franklin qui a été la pionnière de la découverte de l'ADN. Et en fait, elles ont été invisibilisées parce qu'on a attribué soit leur découverte à leurs collègues masculins, ou sinon, on a juste totalement effacé leur nom parce que ça ne plaisait pas à l'époque. Sophie Germain par exemple qui était une mathématicienne très connue à l'époque en fait elle a publié ses premiers travaux avec un nom d'homme parce que sinon elle ne pouvait pas et du coup chaque épisode retrace l'histoire d'une de ces femmes,
- Speaker #0
histoire qu'on ne les oublie pas c'est super intéressant et ça explique aussi ceci explique cela ce... On est intériorisé en tout cas sur ce terme, les femmes ne sont pas faites pour la science, elles sont pas faites pour les mathématiques, qu'aujourd'hui ça se percute même en 2026, c'est qu'il y a un bacille fleur. Tu viens de parler de ton podcast Késako, c'est super intéressant parce que tu dis que tu avais beaucoup de rencontres. contre son podcast. C'est vrai que c'est un format qui permet les rencontres et ça permet aussi de comprendre que tu veux devenir chercheuse aussi. Comment t'es allée chercher tes invités ? Qu'est-ce que ça t'a apporté ? Pourquoi cette démarche, déjà ?
- Speaker #1
Moi, mon podcast, je l'ai lancé en seconde. Donc, c'était en fait un an après que j'ai su que je voulais faire de la recherche et je me suis rendue compte qu'autour de moi, en fait, je ne connaissais pas de chercheur. Le métier même, je ne le connaissais pas à la base. Du coup, j'avais besoin déjà d'avoir justement, de connaître des modèles, de parler avec des gens pour en savoir plus sur ce métier. Et en plus, j'aimais beaucoup la science et en fait, je n'avais pas un cercle d'amis très scientifique, ce qui fait que je n'avais pas de public avec qui parler de science. Du coup, je m'étais dit, quitte à vouloir parler toute seule, autant lancer un podcast. Au moins, c'est socialement accepté. Donc, j'ai lancé Kézako et du coup, c'était une excuse pour parler de science parce que j'aimais beaucoup ça et en même temps pour rencontrer des chercheurs. Et c'est comme ça que ça a commencé. Alors, pour trouver les chercheurs, ça a été assez compliqué. Soit je les ai contactés par mail, donc via leur email académique, mais en général, je n'ai pas eu beaucoup de réponses, parce qu'en fait, leurs boîtes mail sont surchargées, qu'ils ont déjà assez de demandes de stages, de financements. Il y a tout un côté administratif quand on est chercheur. Donc, une demande d'interview par quelqu'un en seconde, je pense que ce n'est pas en haut des priorités. Et en fait, ce qui marchait bien, c'était les rencontres sur place, parce que ce sont des gens passionnés. En fait, ils attendent... En fait, justement, ils ont envie de parler de leur recherche, de... de partager ça à des jeunes justement, donc quand on leur propose, enfin je ne me suis jamais pris de refus de la part d'un chercheur qui ne voulait pas intervenir sur mon podcast. Et justement sur place, comment je les rencontre ? En général, la plupart des chercheurs aiment bien faire un peu de vulgarisation scientifique, donc ils organisent des conférences, et j'allais en fait aux conférences qui étaient à Paris, à côté de moi, j'écoutais toute la conférence, et puis à la fin, en fait j'allais sur l'estrade, j'attendais que le chercheur ait fini, et je lui disais, écoute, j'ai un podcast pour rendre la science accessible aux jeunes, est-ce que ça te dirait d'intervenir ? Et puis ensuite, on se fixait un rendez-vous, on faisait la... L'interview en visioconférence, ou sinon j'allais au labo avec mon micro. Et c'est comme ça que ça s'est fait. Là, je pense que j'en ai fait une vingtaine d'interviews de chercheurs à peu près. Donc j'ai fait ça de ma seconde à ma terminale surtout. Et l'endroit où j'ai eu le plus d'interviews aussi, ça s'est été vraiment une grande sortie de ma zone de confort. C'était Vivatech. En gros, Vivatech, c'est en ce moment même où on enregistre l'épisode d'ailleurs, ces derniers jours. C'est en fait le salon de la tech français en gros. Il y a plein d'intervenants qui sont entrepreneurs, etc. Mais il y a aussi des chercheurs, parce qu'il y a des gros incubateurs scientifiques, donc des laboratoires comme l'INRIA, le CNRS, etc. Donc en fait, on peut rencontrer des chercheurs sur place. Et ce que je faisais, c'est que je me suis rendu compte qu'il y avait... beaucoup de personnes qui étaient un peu plus réticentes à faire des interviews parce qu'il fallait fixer une date et qu'il fallait s'organiser une visio. Donc je me suis dit, je vais prendre mon micro et je vais les interviewer sur place. Donc j'y suis allée, j'ai pris en bas du presse, etc. Et en fait, j'allais dans les stands et je les interviewais sur place. Et puis ça s'est fait comme ça, c'était beaucoup plus rapide. Il n'y avait pas du tout de refus parce que ça se faisait en 10 minutes et c'était bouclé.
- Speaker #0
C'est génial ce que tu nous racontes, mais comment tu arrives à avoir ce... Cette démarche de sortir de ta zone de confort, d'aller au-delà de ta sphère académique, parce qu'on est vraiment cloisonné. Quand tu as 15 ans, tu as un début de vingtaine, etc. Tu es vraiment cloisonné dans ta sphère académique. Toi, tes cours, c'est le plus important. Ton bac, c'est le diplôme ultime qu'on doit avoir, etc. Comment tu arrives à sortir de ce truc ? En fait, ma vie académique, elle est super. Et je vais aller chercher des ressources au-delà de ça, pour que ça m'accompagne, soit dans ma vision de ma carrière, ou soit simplement pour avoir des éléments, pour avoir des échos. Parce qu'on se cloisonne en se disant, je vais devenir ça, ou je vais devenir avocate, ou je ne sais pas, je vais devenir... commercial ou peu importe mais on va pas chercher et après on se rend compte on entame nos études et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de réorientation on entame nos études et on se rend compte que c'est pas du tout ça en fait ce qu'on veut faire parce qu'on a la réalité toi t'as fait le truc à mon qui est génial Comment t'arrives à faire ça ? Si quelque chose, si une personne qui peut nous écouter et qui se dit je suis perdue ou je sais pas ce que je veux faire, d'aller faire un peu cette enquête terrain.
- Speaker #1
En fait, le truc, c'est que j'avais pas trop le choix vu que la recherche, on en parle pas trop. Et quand on avait des rendez-vous d'orientation avec les profs et autres et que je leur disais que je voulais faire ça, ils n'avaient pas trop de conseils à me donner. Même eux, ils ne connaissaient pas trop, etc. Donc, en fait, j'étais assez frustrée et j'avais envie du coup de me renseigner de mon côté. En fait, l'entrepreneuriat, donc soit Kizako, Virtual Class, ça a été un peu ma bouée de sauvetage. Donc, c'était plus une nécessité que quelque chose que je faisais parce qu'il fallait me faire un dossier à côté, parce qu'il fallait le faire pour ci ou pour cela. En fait, c'était vraiment, j'en avais besoin. Parce que si j'allais juste en cours et que je faisais mes devoirs, je ne tenais pas. J'étais quand même une lycéenne assez stressée par tout ce qui était le bac, Parcoursup, mon avenir. Et ça, c'était un peu quelque chose qui me donnait beaucoup confiance en moi. Ça me changeait les idées aussi. Je ne faisais pas trop d'activités qui traînaient scolaire. C'était vraiment ça, mon hobby. Donc quand j'entrais chez moi, je faisais ça. Et du coup, c'était plus un besoin qu'autre chose. Je n'ai pas vu ça comme une corvée ou un devoir à faire. Je ne sais pas trop comment expliquer. Et le fait d'oser le faire... En fait, quand je pars faire des interviews et que je pars attraper des gens dans des salons avec mon micro, j'ai l'impression que je suis un peu dans un rôle, ce qui fait que je m'enlève toute pression sociale. Donc même si je croise quelqu'un de ma classe dans le salon ou autre, ça ne me dérange pas parce qu'en fait, l'apparence d'une journaliste, j'ai mon micro, j'ai le t-shirt de mon podcast, ce qui fait que ça met un peu une barrière et ça dédramatise la chose parce qu'on se dit de je suis là pour faire des interviews, donc autant se comporter comme telle. Et même les autres, en fait, quand on va les voir, en fait, ils ne nous connaissent pas. Donc la peur du jugement, elle est plus faible dans le sens où je me dis que c'est des personnes que je ne vais jamais recroiser de ma vie. Et au pire des cas, qu'est-ce qu'ils veulent se dire ? Ils ne vont pas commencer à se moquer parce qu'il y a quelqu'un de jeune qui a envie de faire des interviews. C'est totalement absurde. Des fois, en fait, on a vraiment des peurs qui sont infondées et on a l'impression que les gens vont porter un jugement sur nous que même nous, on ne porterait pas sur les autres. Donc la bienveillance qu'on a... Vis-à-vis des autres, il faut aussi la porter sur soi au final. Il n'y a pas de raison pour que les gens soient plus malveillants que nous.
- Speaker #0
C'est important de le dire et c'est important de le rappeler. Parce que quand tu es en début de vingtaine ou au début de tes années, tu as beaucoup d'injonctions que tu te mets à toi-même, au-delà des injonctions sociétales qu'on parlait par exemple des femmes. Tu as vraiment ce discours intérieur qui ne t'aide pas,
- Speaker #1
alors qu'il n'y a pas le champ des possibles devant toi et qu'il faut juste foncer. Oui. Et en plus, même le cadre dans lequel on vit ne le facilite pas. Moi, j'explique ça comme si c'était naturel de faire des choses à côté, que c'était normal. Déjà, au niveau des emplois du temps, ce n'est pas du tout évident. J'ai été très vite rattrapée par la réalité plusieurs fois parce que tu as un DS et que tu as une interview qui est calée. Donc, à un moment, il faut choisir, il faut s'organiser. Donc, l'organisation, c'est vraiment la clé. Je sais qu'en terminale, je ne sais pas ce qui s'était passé, mais j'avais... plein d'événements en octobre. Et le truc, c'est que le premier trimestre de terminate, c'est celui qui compte le plus pour Parcoursup. Donc là, mes parents, même s'ils m'ont toujours soutenue pour mes projets, ils étaient un peu inquiets. Ils m'ont dit, mais attention, c'est bien tout ce que tu fais. Mais par contre, là, le focus, c'est Parcoursup. Et comme j'étais têtu et que j'avais envie de leur montrer que c'était possible, j'avais vraiment une organisation en béton où, en fait, le matin, je me levais, je révisais, je faisais mes devoirs comme ça. Le week-end, je pouvais partir à un événement et mes parents n'avaient pas grand-chose à me reprocher. Et en fait, malgré ça... Les profs n'étaient pas contents. Dans le sens où mon professeur principal, je me rappelle, j'avais eu une réunion avec lui à un moment, et il m'avait dit qu'il fallait que je me concentre sur mes études, que ce que je faisais à côté, il fallait peut-être un peu ralentir, etc. Il ne comprenait pas trop, alors que j'avais quand même des bonnes notes en terminale, et ça, en fait, je ne comprenais pas. Je ne comprenais pas pourquoi, justement, en fait, on voulait qu'on soit dans la case de l'élève timide, parfait, qui ne tente pas des choses à côté. Et dès qu'on essayait de faire d'autres choses, ça dérangeait un peu, alors que c'était plus quelque chose de positif, amélioratif. Donc ça, ça m'avait beaucoup perturbée. Et après, quand on passe dans les études sub, là, il faut être out of the box. Enfin, c'est vraiment, en fait, on passe d'un extrême à un autre et la transition, en fait, elle n'existe pas. Et ça, je l'ai vu chez beaucoup d'étudiants qui étaient très... Très studieux, très scolaires. Et en fait, quand ils sont arrivés dans les études sup, on leur a reproché d'être trop scolaires. Et ils sont un peu tombés de haut dans le sens où ça ne veut rien dire parce qu'on nous a forcés à être scolaires toute notre vie. Et après, on nous reproche justement de l'être alors qu'on a juste suivi les règles.
- Speaker #0
Là, tu parles de leur passage à eux. Comment toi, parce que je sais que tu as fait une prépa avant d'être à l'ARN, comment tu as fait le passage à la vie adulte ?
- Speaker #1
Alors, le passage à la vie adulte, il a été un peu compliqué. Parce qu'en fait, j'adore la prépa. J'ai bien aimé quand même mes deux années de prépa, etc. Mais ce n'est pas, je veux dire, le meilleur endroit pour se développer en tant qu'adulte. Étant donné que déjà, la prépa, en fait, c'est un lycée. Donc, tu es avec des lycéens. Moi, j'étais même avec des collégiens parce que j'étais à Hoche. Donc, c'est un collège-lycée. Et en fait, on est dans des petites promos. Donc, comme au lycée, on a des horaires de lycée. En fait, c'est juste le lycée, mais version plus plus quoi, avec du stress, des concours en plus. Ce qui fait qu'en fait, je n'ai pas trop vu la différence avec le lycée et je ne me suis pas vraiment... construit en tant qu'adulte pendant ma prépa. Moi, j'ai plus vu ça comme une pause dans ma vie sociale où j'ai presque pas changé en tant que personne. Enfin, t'apprends plein de choses sur la discipline, la motivation, etc. Donc, t'évolues sur ce plan-là, mais sinon, en fait, tu te responsabilises pas, tu deviens pas vraiment plus autonome, parce qu'en général, la plupart vivent chez leurs parents ou sont en internat, ce qui fait qu'on est quand même assez maternés. Et quand je suis passée, du coup, dans les vraies études supérieures, en quelque sorte, donc en école, à l'ENS, en quelque sorte, Je me suis un peu pris une claque en début d'année, parce que déjà, en fait, on passe d'un rythme très soutenu à un rythme un peu moins soutenu. Du coup, on ne sait pas quoi faire de tout ce temps libre. Et en plus, on voit que tous les gens autour de nous, qui n'étaient pas en prépa, ont déjà une vie d'adulte assez bien établie. Certains travaillent déjà, etc. Et on a l'impression d'être en retard. Donc, c'est à ce moment-là où j'ai essayé de me retrouver en tant que personne, réfléchir à ce que c'était qu'être adulte. Même si en soi, je ne me mets pas trop de pression là-dessus. Tout ce qui est être hors de ta route. Chacun avance à son rythme. On a des parcours de vie différents. Donc, j'essaie de me sentir bien dans ma peau. Moi, je sais que ce qui m'a vraiment aidée cette année, c'était le sport. J'ai commencé à faire beaucoup de sport dans mon temps libre. Donc, non seulement, je savais quoi faire de mon temps libre. Et en plus, ça m'a aidée à prendre confiance en moi, etc. Je sais qu'il y en a d'autres. C'est le travail, par exemple. Parce qu'ils vont sentir qu'on... On a confiance dans leur travail, ils vont entrer dans le monde adulte, le monde corporate. Donc ouais, c'est pas évident, mais ça se fait.
- Speaker #0
Ce sentiment d'être en retard, il est passé ?
- Speaker #1
En fait, c'est toujours un peu en arrière-plan. Parce que c'est quelque chose auquel on est confronté à chaque fois. Quand on voit quelqu'un autour de nous qui se marie, qui a un travail ou des choses comme ça, on se dit, ah ouais, quand même, on a le même âge. C'est un peu bizarre, il y a un peu ce truc de dissociation. Mais en fait, le truc, c'est que... Moi, en tant que personne, je sens pas que je suis en retard. Pas du tout, tu vois, mais c'est plus, on a l'impression que la société impose une maquette. Par exemple, 25 ans, tu fais ci, 30 ans, tu fais ça. Donc c'est un peu anxiogène. Et le truc, c'est que quand on fait des longues études, faut pas vraiment se calquer sur cette maquette, parce que déjà, le doctorat, t'en as pour 8 ans, donc tu finis tes études bien après tout le monde. Ce qui fait qu'en fait, dans tous les cas, t'es en retard en quelque sorte, parce que ton entrée dans le monde du travail, elle est retardée. Donc c'est pour ça que moi, je me... Je ne me mets pas du tout de pression là-dessus parce que je sais que c'est un peu spécial, etc. Et que je le veuille ou non, c'est comme ça. Il y a un petit décalage. Oui, c'est ça, chacun son rythme. Et puis, même si j'avais fini mes études plus tôt, chacun avance comme il veut. Il y en a qui partent en césure, qui font le tour du monde. Il y en a d'autres qui font d'un foyer. Il y a des parcours de vie totalement différents. Et puis, tu n'es pas obligé d'être pareil. Pour toi,
- Speaker #0
qu'est-ce que ça implique d'être adulte ?
- Speaker #1
Bonne question. Je n'ai pas encore trouvé la réponse. Je ne sais même pas si le mot adulte a un sens. Si on m'avait demandé ça quand j'étais au collège, je t'aurais dit c'est payer des impôts, des choses comme ça. Je ne paye toujours pas d'impôts. Pourtant, techniquement, légalement, je suis adulte. Donc, ouais.
- Speaker #0
Tu es en entre-deux pour l'instant.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Pour moi, je ne suis pas encore adulte. Et même quand je dois payer des fois le tarif adulte, je suis en... Ah ouais. Déjà, quoi.
- Speaker #0
Comment tu projettes ta vingtaine aujourd'hui ? En fait, le truc, c'est que j'ai un peu de mal à me projeter au niveau de ma vingtaine. Du coup, le plus facile, c'est de se projeter académiquement parce qu'en fait, un diplôme, c'est défini. On a une date de début, une date de fin. Donc là, je me projette à peu près. Je sais ce que j'ai envie de faire plus tard. Mais c'est vrai que pour le reste, franchement, je ne sais pas du tout. Je sais que j'ai envie de continuer à faire des projets à côté de mon taf, etc. Après, quel projet exactement ? Dans quel domaine ? Je ne sais pas trop. Je me laisse porter pour l'instant. Mais c'est vrai que je n'ai pas une idée précise.
- Speaker #1
Est-ce que tu te mets la pression, comme beaucoup te disent, ta vingtaine, c'est la période la plus dingue, en tout cas la mieux de ta vie ?
- Speaker #0
Je ne me mets pas de pression parce que sinon, après, tu n'en profites pas. Parce que tu es juste rongée par le stress et tu te dis, il faut que j'en profite, il faut que j'en profite. Tu es juste anxieux. Mais après, il y a une part de vérité parce que c'est, je pense, la période de la vie où on est le plus en forme. Donc physiquement, en fait, on est capable de faire plus de choses. Mais après, c'est vraiment symbolique. C'est-à-dire que je ne pense pas que quand tu as 30 ans, c'est bon, c'est fini. En fait, la vingtaine en soi, c'est toute la période de la vie où on est en forme. Il y en a pour qui ça dure plus longtemps que d'autres. Enfin, voilà, quoi. Mais après, profiter de sa jeunesse, en plus, ça ne veut tout rien dire. Il y en a qui vont penser que profiter de sa jeunesse, c'est faire la fête tout le temps, etc. C'est cool de faire la fête, tu vois. Et il y en a d'autres qui vont se dire que c'est mettre plein d'argent de côté. En fait, il y a plein de... manière de profiter différente. C'est pour ça que je pense qu'il ne faut pas se mettre la pression. Ce qu'on fait de nous, même si ça ne plairait pas à d'autres, si ça nous convient, c'est bon. Il y en a d'autres qui rêveraient de faire la même chose que nous de leur vingtaine et qui font autre chose. Je ne pense pas qu'il faut voir ça comme une période juste. Il faut faire ce que l'on aime et après, il n'y a pas de pression là-dessus.
- Speaker #1
Tu dis que tu as un début et une fin dans tes études. Du coup, la date de fin, c'est tes études. C'est ça.
- Speaker #0
La date de fin... En fait, la date de fin, techniquement, c'est censé être la thèse. Sauf qu'ensuite, le monde de la recherche, c'est quand même assez codifié. C'est-à-dire que les parcours sont similaires. Donc, tu fais une thèse et ensuite, tu fais postdoctorat. Les postdoctorats, en gros, c'est les CDD de chercheurs. Et c'est là où c'est incertain. Parce qu'en fait, il n'y a pas beaucoup de postes en France. Franchement, il n'y en a vraiment pas beaucoup par rapport au nombre de thésards qui sont diplômés chaque année. Ce qui fait qu'en fait... Tu peux avoir un, comme plusieurs post-docs, avant d'avoir un poste ou de ne pas en avoir. Et c'est ça qui est assez fou. C'est-à-dire qu'en gros, moi, je me projette jusqu'à la thèse. Et ensuite, je ne sais pas de quoi le monde sera fait. Parce que ça se peut que... C'est ta ligne d'arrivée. Oui, c'est ma ligne d'arrivée. Et ensuite, tu ne peux pas du tout prédire ce qui va se passer. Tu peux savoir à peu près le domaine. Et même là, ça risque de changer. Peut-être qu'avec les stages, je vais me rendre compte que j'aime autre chose. Et puis, c'est OK. Il n'y a pas de pression là-dessus.
- Speaker #1
Je te dis ça parce que... On se met souvent, notre ligne d'arrivée a commencé quand on voit finir nos études. Et après, comme c'est incertain, ce passage-là, tu vois, il est assez... Je dirais pas anxiogène, mais assez bizarre, puisque tu te dis, il y a un pont, et parfois le pont, il n'est pas construit, donc il faut construire un toit de traversée. dur de passer de la vie semi-étudiante voire alternante, etc. à la vie vraiment, comme tu dis, très incertaine. Et ce passage-là, il n'est pas évident.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu penses ? Oui, il n'est pas évident. Je pense que c'est une source de stress pour la plupart des gens qui ont envie de faire de la recherche parce qu'on se dit qu'on aura notre diplôme mais on n'est pas sûr de trouver un poste ensuite parce qu'il y a des problèmes de financement, il y a des problèmes de poste. Donc, ce n'est pas... C'est pas le même pour la recherche. mais c'est pas évident alors que justement je trouve qu'il y a vraiment un décalage avec ce qu'on nous voit parce que quand on est en primaire on a l'impression que si on a envie de faire un métier c'est super facile et qu'on le fera parce qu'on a envie de le faire alors que c'est un peu plus compliqué que ça en réalité et on a l'impression aussi que dès qu'on a notre diplôme l'entreprise nous embauche et puis c'est bon on travaille, on est adulte ça marche pas comme ça je me mets pas trop la pression et ce qui me rassure aussi c'est de voir d'autres parcours En fait, quand je vois que ça se passe bien pour d'autres, je me dis, pourquoi ça se passerait mal pour moi ? Il faut vraiment être très pessimiste. Donc je sais que c'est possible, qu'on s'en sort, et puis je me dis que je verrai. Mais j'avoue que je n'y réfléchis pas trop.
- Speaker #1
C'est un mindset un peu chill, un peu je prends les choses comme elles viennent, et puis en même temps, tu n'es pas inerte. Ce n'est pas genre je prends les choses comme elles viennent, je me laisse porter par la rivière. Et plus, ok, je prends, mais je réagis et je vois en fonction, je solutionne.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. En fait, le problème, c'est que ça sert à rien de se projeter parce que c'est dans trop longtemps et qu'objectivement, on ne peut rien planifier, anticiper là tout de suite. Par contre, là où je vais être un peu plus réfléchie ou là où je vais plus me projeter, ça va être à plus petite échelle. Donc, le master que je fais, le choix de thèse que j'ai envie de faire, etc. Il y a un besoin d'anticipation, c'est utile, et en plus, c'est des choses qui ne vont pas trop varier d'ici quelques années. Mais par exemple, ce qu'on va faire après la thèse, c'est juste du stress pour rien, parce que ça peut changer. Il y a peut-être de nouveaux sujets qui vont apparaître. Il y a plein de choses qui peuvent changer d'ici là, pas en gros. C'est-à-dire qu'au lieu de voir l'échelle dans son ensemble, je regarde les marches qui sont juste après. Et puis au fur et à mesure, tu te retrouves en haut sans avoir pour autant... analyser en détail justement le sommet de l'échelle dès le début,
- Speaker #1
mais le chemin c'est le même Non mais tu le fais en bonne intelligence c'est bien parce que effectivement Et moi, j'avoue que parfois, j'étais comme ça. C'est que tu regardes une plante, enfin, tu plantes la plante, et du coup, tu te dis, ah, c'est quoi qu'elle a grandi ? Tu vois, tu t'es fixée dessus, alors que si tu vas faire autre chose, tu reviens, tu vois qu'elle a grandi.
- Speaker #0
Donc,
- Speaker #1
il faut juste un peu lâcher prise.
- Speaker #0
Ça ne grandit pas plus vite parce qu'on le fixe, donc...
- Speaker #1
Il faut juste lâcher prise, et puis là, tu continues, tu re-processes et tu te dis, ah, c'est cool. Tout à l'heure, je t'ai parlé d'avoir marqué ta vie. Est-ce que toi, tu as marqué ta vie ? D'avoir marketé en disant à 25 ans j'aurais ça, à 28 ans j'aurais ça,
- Speaker #0
à 30 ans... Non j'avoue que j'ai jamais vraiment fait ça. Je sais qu'il y a beaucoup de gens dans notre forêt qui se disaient ah oui à 25 ans j'aurais une maison et un chien, un gobelet de ténérés... rétrovire, des choses comme ça. Mais moi, je ne le faisais pas trop. En fait, j'ai toujours eu beaucoup de mal à me projeter, justement. Donc, je ne le faisais pas trop. Et en fait, en gros, ma projection, ça a toujours été académique. Donc, je me disais, j'ai envie de faire ça, j'ai envie de faire ça, mais... mais je ne me suis jamais dit qu'à tel âge, j'allais faire ça. Et en fait, ça stresse, je trouve, de se donner un âge. Parce qu'une fois qu'on y est, après, on se dit, je ne l'ai pas fait, il se passe quoi. Et même quand je me mettais, en gros, des objectifs, etc., c'était très rarement des objectifs avec une date précise. J'ai toujours su que j'avais envie de faire un TED Talk. Ça a été un peu un truc dans ma bucket list. Mais je ne m'étais pas dit qu'en 2023, j'allais faire un TED Talk. Ça n'avait pas de sens. Je ne m'étais pas dit, avant mes 20 ans, je fais un TED Talk. Je me suis dit que j'avais envie d'en faire un. En fait, le truc, c'est qu'ensuite... quand t'as des objectifs, même si t'as pas de deadline, comme tu sais qu'ils sont là en fait, au quotidien, bah en fait tu fais en sorte qu'ils se produisent donc t'avances en fait pas à pas dans plusieurs domaines des fois tu vas plus avancer dans un domaine que de l'autre parce que t'auras telle ou telle opportunité des fois en fait tu vas cocher une case pour tel ou tel objectif alors que tu pensais que t'allais le faire dans très longtemps et un autre objectif où tu pensais justement que t'allais le faire demain et en fait tu te retrouves à le faire dans deux ans donc je pense que c'est bien d'avoir en fait des objectifs, des choses qu'on a envie de faire mais ça sert pas à grand chose de se mettre une pression sur la date, parce que déjà, il n'y a pas de date de péremption aux objectifs. Il a tout autant de valeur si on le fait maintenant que si on le fait dans deux ans. Et puis, la vie, en fait, elle est faite de plein d'imprévus. Et il y a des choses qui font que nos plans peuvent totalement changer. Il ne faut pas être énervé pour ça. Ce n'est pas de notre faute.
- Speaker #1
Mais le secret, ce ne serait pas être comme toi, tu l'es là.
- Speaker #0
Je pense que oui. En fait, être dans le moment présent, parce que du coup, tu profites mieux. Mais en plus, enfin... C'est comme ça que t'es alerte, on va dire, à toutes les opportunités que tu peux saisir. Des fois, il y a des choses où vraiment tu ne les vois pas venir, et elles se présentent à toi, et en fait, là, t'as pas trop le temps de réfléchir, juste tu te dis, ok, j'y vais, et puis je vois ce que ça donne. Alors que justement, si on est trop angoissé par son passé, ou qu'on réfléchit trop au futur, il y a des choses incroyables qu'on ne prévoit pas, qui peuvent se présenter à nous, et quand même on est trop focus sur ces choses qui nous rongent l'esprit, en fait, on va juste les balayer du revers de la main, alors qu'en fait, ça aurait pu être... une meilleure option future par rapport à ce que nous, on prévoyait pour nous et sur quoi on angoissait.
- Speaker #1
Je pense que les auditeurs et ceux qui nous regardent vont partager peut-être mon avis. Je trouve que tu es très mature sur plein de questions. La maturité, c'est super. Comment tu définirais la maturité ? Ta maturité.
- Speaker #0
En fait, la maturité, on l'associe souvent à un comportement qui fait plus âgé que l'âge que l'on a réellement. Mais en soi, ça ne veut pas dire grand-chose. C'est très bateau, mais là, je suis dans la tête. Mais c'est vrai, on rencontre des personnes qui, à 50 ans, se comportent comme des personnes de 20 ans ou des personnes à 20 ans qui se comportent comme des gens avec 40 ans d'expérience ou des choses comme ça. Je pense que la maturité, c'est plus avoir un recul sur ses expériences, avoir un regard objectif. Et personne n'est 100% mature. Moi, je ne me considère pas non plus comme quelqu'un de mature. C'est juste que j'ai des... Copying mechanism, on va dire, pour gérer mon angoisse. Et la maturité, en fait, c'est une bonne solution parce que ça permet justement de regarder la situation avec une neutralité, d'essayer de relativiser aussi. Et c'est aussi une manière de se protéger. Mais en soi, je ne me considère pas comme quelqu'un de mature. J'essaye de l'être, mais je ne dirais pas que non. Je suis un modèle de maturité.
- Speaker #1
Est-ce que c'est un gros mot pour toi, d'être mature ?
- Speaker #0
Un gros mot ? Non, mais je trouve que ça met un peu une responsabilité. En plus, comme je suis l'aînée de ma fratrie, c'est souvent un mot qu'on me ressort, etc. Ah oui, il faut être un exemple de maturité, machin. Donc, ouais, en plus, mature, c'est comme si on est arrivé au bout, qu'on ne pouvait plus s'améliorer, qu'on a déjà mûri, des choses comme ça, alors qu'en soi, personne n'a fini de s'améliorer. Je trouve ça un peu... C'est comme si c'était le final step, alors qu'en fait, il nous reste... plein de choses à faire.
- Speaker #1
Tu rejoins un peu cette idée-là ?
- Speaker #0
Oui, il n'y a pas de grand sage.
- Speaker #1
Est-ce que tu... Pour revenir sur le fait que tout à l'heure, tu m'as dit que tu ne te sens pas encore adulte quand je paye le tarif adulte. Est-ce que c'est pareil ? Tu rejettes un peu ce fait d'être adulte ?
- Speaker #0
Je ne dirais pas que je le rejette. Moi, j'ai envie d'être adulte, etc. Je commence même à me considérer adulte. Mais j'ai un peu du mal à savoir ce que c'est. De plus en plus, je me rends compte qu'en gros, les personnes autour de moi, les adultes, les figures parentales, les collègues de travail ou autres, la plupart du temps, il n'y a pas vraiment un changement. C'est juste des enfants qui ont grandi. Même quand on est adulte et qu'on est perçu comme adulte de la part des autres parce qu'on est plus âgé ou qu'on a telle ou telle expérience. En fait, on va forcément avoir un moment ou un autre, un comportement qui ne fait pas adulte. Personne n'est 100% adulte. Et même le mot adulte, en soi, je le trouve un peu absurde parce qu'il veut tout et rien dire.
- Speaker #1
Je te pose la question parce qu'il y a beaucoup de personnes qui rejettent le dire « je ne veux pas être adulte » .
- Speaker #0
Ah oui, genre syndrome de Peter Pan un peu. Ouais, voilà,
- Speaker #1
syndrome de Peter Pan. Et puis se dire, même sur TikTok, tu vois les trucs de dire... Ah j'ai besoin d'adultes, moi je le suis pas tu vois, je suis pas le genre de personne tu vois.
- Speaker #0
Du coup je me pose cette question de est-ce que tu vois quand t'arrives dans un rappel,
- Speaker #1
t'as un peu ce truc de dégoût un peu de dire non j'ai pas envie tu vois.
- Speaker #0
Bah en vrai au début ça stresse un peu, mais après en fait il y a quand même beaucoup d'avantages à être adulte. Enfin moi je sais que j'ai toujours voulu être adulte quand j'étais petite avec mes projets, parce que je détestais le fait qu'on me prenait pas au sérieux à cause de mon âge. au contraire c'est plus quelque chose que j'ai accueilli qu'autre chose et c'est même une étape que j'attendais et maintenant plus je me rapproche de cet âge et plus j'ai l'impression que ça s'éloigne mais non j'en avais pas peur parce qu'en fait pour moi être adulte c'est un peu être autonome et c'est quelque chose qu'on n'a pas et forcément c'est à double tranchant c'est à dire que t'as cette autonomie là mais en même temps tu perds un peu ton insouciance donc ouais faut trouver en fait un un écrivre en quelque sorte mais ça me fait pas peur pour moi c'est plus responsabilisant et c'est quelque chose qui me manquait mais bon Est-ce que t'es satisfaite quand même de cette situation d'être adulte ? Pour l'instant en fait quand même je travaille pas encore réellement et que j'ai pas genre des problèmes d'adulte tu vois je suis pas encore confrontée au vrai monde on va dire je sais pas si je peux donner mon avis là dessus je suis quand même étudiante et j'ai pas encore eu de vrais problèmes d'adulte je pense que j'aurais peut-être quelque chose à dire d'ici 5-6 ans
- Speaker #1
On va passer à la dernière question du podcast, c'est un peu la tradition Merci en tout cas C'est quoi ton dernier tips de la débrouille ?
- Speaker #0
Tips de la débrouille ? Désolée, ça va être bateau C'était un peu le sujet de mon této mais franchement, oser J'ai pas d'autres conseils à vous donner que d'oser. En fait, à chaque fois qu'il y a des gens qui s'autocensurent, je suis frustrée pour eux. Parce que je vois le potentiel et je me dis, c'est dommage si la personne avait juste tenté. Peut-être qu'il y aurait eu telle ou telle chose qui se serait passée. En fait, on ne le saura jamais parce que la personne n'a pas essayé. Et n'ayez pas peur d'échouer. Il y en a plein qui se disent, je ne vais pas tenter parce que je risque de perdre et je n'ai pas envie de perdre. En fait, ce n'est pas la honte. tout le monde échoue et puis c'est pas parce que t'as pas osé à ce moment là que tu vas jamais échouer il y aura forcément un échec qui va se présenter à toi sur une forme ou une autre donc franchement faut pas que ça te freine et surtout par rapport à tout ce que tu peux en tirer c'est tellement rien à côté donc osez et soyez humble, n'ayez pas peur de perdre ça arrive à tout le monde T'as eu ce sentiment,
- Speaker #1
enfin d'analyser ce sentiment d'échec est égal à émulation
- Speaker #0
Bah en fait ouais enfin moi on me l'a toujours rendu comme ça et puis fond C'est perçu comme ça. Même là, personne ne dit j'ai envie d'échouer, mais moi, je n'ai pas envie d'échouer. Mais en fait, le truc, c'est qu'on en a tellement peur que ça nous paralyse et que ça nous empêche de faire plein de choses. Donc, il faut dédramatiser le truc un peu. Et puis, même échouer, ça ne veut pas dire grand chose en soi. Bah ouais, t'as essayé, t'as pas réussi, mais peut-être qu'en fait, t'as quand même avancé par rapport à l'état auquel t'étais au moment où t'as essayé. Donc en soi, est-ce que t'as vraiment 100% échoué ? T'as appris des trucs et tout ?
- Speaker #1
Merci en tout cas, Sarah. C'était super de discuter avec toi. C'était super intéressant. Merci de nous avoir partagé ton parcours. T'as partagé plein de tips. et puis on mettra ton tech talk sur les notes du podcast comme ça on pourra les écouter parce qu'il est très intéressant sur l'audace merci de nous avoir écouté merci de nous avoir regardé laissez une note de 5 étoiles sur votre parfum d'écoute et puis on est là si vous avez un commentaire ou une réflexion sur l'épisode qu'on a partagé ensemble avec Sarah merci à vous