- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast de Ton Pierre, le podcast de la rénovation du patrimoine. Pour ce deuxième épisode en direct du Salon du Patrimoine, Jean-Christophe Baster reçoit Julien Pielou pour parler de compagnonnage. Messieurs, c'est à vous !
- Speaker #1
Bienvenue sur notre podcast Ton Pierre, nous continuons notre série consacrée au savoir-faire du bâtiment et à la préservation du patrimoine. Aujourd'hui, nous accueillons Julien, que j'ai l'honneur de connaître depuis 15 ans. qui va nous parler de son parcours chez les Compagnons du Tour de France. Bonjour Julien !
- Speaker #2
C'est Jean-Christophe, je rectifie, 17 ans.
- Speaker #1
Oh pardon, t'exagères. Je me suis dit, il va me challenger là-dessus.
- Speaker #2
Exactement.
- Speaker #1
Bon en tout cas, c'est un plaisir à partager mon Julien de t'accueillir. Explique-nous un peu comment et pourquoi on décide de partir faire le Tour de France au sein des Compagnons. Tu es parti à 16 ans, c'est ça ?
- Speaker #2
J'ai commencé l'apprentissage à 16 ans, pendant deux ans, et après je suis parti sur le Tour de France. Partir sur le Tour de France pour répondre à ta question, c'est une aventure à faire pour parfaire son métier, pour apprendre différentes techniques. Et je pense que pour l'ouverture d'esprit, c'est important de le faire.
- Speaker #1
Voilà, c'est comme ça qu'on grandit.
- Speaker #2
Et alors,
- Speaker #1
quels sont les avantages de cette formation ? J'ai toujours entendu parler des compagnons, mais qui malheureusement a du mal à fédérer des vocations et surtout en maçonnerie.
- Speaker #2
Oui, alors... Déjà parce que les Compagnons s'est reconnu d'utilité publique. C'est une association qui forme les élites de tous ces métiers de l'art. Pour revenir pour la maçonnerie, c'est un métier qui est peut-être encore, je ne vais pas dire mal vu, mais je pense que les jeunes ont... Je préfère peut-être maintenant s'orienter sur des métiers de bouche ou sur des métiers... Oui, enfin c'est un peu plus...
- Speaker #1
Sur les réseaux, surtout.
- Speaker #2
Oui, voilà. Donc maintenant, trouver des jeunes qui soient motivés à rester dans le froid et à salir les mains et à rentrer tard et avec tous les désavantages. Bon, voilà, c'est... Mais bon, malgré tout, il y a quand même pas mal d'avantages derrière.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'au fil du temps, à l'école, les métiers un peu manuels, pas un peu, d'ailleurs, les métiers manuels ont été un peu dégradés, un peu mis sur le côté en disant que c'était pas... Ce n'était pas forcément les métiers qu'il fallait faire, mais tout le monde voulait faire un informaticien, avec des métiers où aller loin dans les études, ce qui est bien aussi, mais les métiers manuels ne sont pas mis en valeur à l'école. J'ai l'impression que ça revient un peu. Et souvent justement, je voulais dire, souvent alors à l'époque, peut-être maintenant, souvent on choisit par dépit d'aller au compagnon ou ailleurs. C'était ton cas ? Quand je dis par dépit, non, mais par rapport à l'école ? Tu ne te voyais pas faire une carrière à l'école ?
- Speaker #2
Non, pas du tout. Non, non. Mes parents, ils voyaient déjà quand j'étais en seconde que je voulais plus un petit peu être manuel. Enfin, ils me voyaient en moi plutôt manuel que de pousser les études. Après, je choisis les compagnons. Moi, à 16 ans ou 15 ans et demi, quand on m'en avait parlé, je...
- Speaker #1
C'est jeune.
- Speaker #2
C'est jeune. C'est mes parents qui, forcément, m'ont orienté un petit peu vers cette école de l'excellence. De ma propre initiative, non. J'aurais essayé de te connu, j'aurais pas...
- Speaker #1
Donc tes parents connaissaient un peu, pour le pareil, comme souvent. On a tort de pas écouter ses parents souvent, mais c'est vrai. On ne veut pas, mais j'espère que mes filles m'entendent. Oui,
- Speaker #2
elles écouteront le podcast, j'espère.
- Speaker #1
Alors, pour revenir aux compagnons, tu n'as pas terminé ton tour. Pour quelles raisons ?
- Speaker #2
C'est les raisons, un petit peu, c'est ce qui est compliqué chez... qui peut être compliqué chez les compagnons, c'est quand on part jeune, En fait, on est vite lancé un petit peu dans le monde des adultes. Et c'est soit on a la maturité, soit on ne l'a pas, ou soit on l'acquiert tout doucement. Moi, je n'étais pas du tout mature à vouloir rester. J'ai voulu sortir de ce milieu-là parce que j'avais envie de plus d'autonomie, avoir mon chez-moi, avoir tout ça. j'avais rencontré une... une petite copine. Et puis voilà, donc j'ai pu l'esprit là-dessus. Voilà, je n'étais pas assez battu.
- Speaker #1
Ce n'est pas facile. Ce n'est pas facile en même temps. Il faut essayer de ménager un peu les deux univers et on est obligé de faire des choix. Mais pour le coup, tu y es retourné 15 ans ou tu vas encore me dire que ce n'est pas 15 ans, mais à peu près 15 ans après. Et ça, à peu près. tu as décidé d'y retourner, moi c'est tout à ton honneur on en avait parlé et moi je trouvais ça extraordinaire et en plus maintenant tu fais partie des sages je ne sais pas, tu as quel âge ? tu as 44 ans ? 44 Julien, alors tu fais partie des sages ok, revenons
- Speaker #2
au sein des compagnons et maintenant tu es de l'autre côté de la barrière entre guillemets ah oui bah c'est quand j'ai arrêté s'il m'a fallu peut-être une petite dizaine d'années que ça commence un petit tir en me disant rapide c'était des bonnes années c'était h qu'est ce que j'étais con et et en réfléchissant et puis bah c'est peut-être voilà je commence et à moi j'ai été moi sûrement mature beaucoup plus tard que d'autres donc j'ai appris J'ai eu la chance, grâce au réseau, de pouvoir retrouver quelques contacts chez les compagnons qui ont réussi à me réaccepter, à me reprendre, à me réintégrer. Et puis, en fait, je prends plaisir à faire ce que je fais dans cette association, à m'occuper des jeunes, à m'occuper de la corporation, du métier. C'est très enrichissant et ça me fait grandir encore beaucoup plus.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui peut faire décider ou pas quelqu'un à faire les compagnons ? Alors, parce que je vais reposer ma question, je vais mieux la poser. Parce que moi, j'ai toujours entendu parler des compagnons. Les compagnons du Tour de France. On fait le Tour de France. C'est-à-dire que c'était six mois, un coup c'était un an, mais on était six mois quelque part ou un an dans une entreprise à l'autre bout de la France, à Nancy, à Bordeaux, à Marseille, à Lille. Et même dans les dom-toms, je me dis, c'est quand même quand il pense, c'est génial parce qu'on voit du pays. Et pourquoi on a du mal à trouver des gens pour faire ça alors qu'au final, c'est plutôt intéressant ou sympa sur l'idée ?
- Speaker #2
L'idée est très sympa. Elle est même, je dirais, comme j'ai dit tout à l'heure, le voyage est enrichissant. Mais par contre, c'est toujours pareil. Est-ce que les jeunes maintenant ont envie... J'ai vraiment l'impression que les jeunes sont de plus en plus sédentaires, un peu très casaniers. Je généralise sûrement, mais c'est un petit peu l'esprit. Je fais pas mal de journées portes ouvertes, je parle pas mal avec les parents et leurs enfants. Mais les jeunes ont l'impression qu'ils ne veulent pas partir du cocon. Ils ont du mal à partir du cocon.
- Speaker #1
C'est le déracinement familial qui les emmène. Alors que... A ton époque, même si t'es pas vieux, c'était plus compliqué parce que les réseaux c'était pas pareil, on n'avait pas les Whatsapp, on n'était pas toujours connecté comme on est maintenant. En fait maintenant tu peux aller à l'autre bout du monde mais en fait c'est comme si t'étais toujours là.
- Speaker #2
C'est exactement ça, moi j'aurais fait actuellement, j'aurais 16 ans et je serais parti chez les compagnons ou 18 ans et je serais parti chez les compagnons. Mais j'aurais kiffé avec l'ère du numérique et les visios. Voilà, ceux qui sont peut-être beaucoup très proches de leurs parents, plus sensibles, voilà, pour le coup, ils ont ce lien, ce contact. Mais bon, c'est un voyage, c'est à faire. Il faut vraiment que les jeunes comprennent qu'avant, l'expérience qu'avaient les plus anciens, quand ils partaient au service militaire, c'était, je pense, et j'ai jamais entendu... Quelqu'un dire à mon père ou mon oncle que le service militaire c'était nul, c'était enrichissant ?
- Speaker #1
Moi je peux te le dire parce que moi je l'ai fait, parce que je suis un petit peu plus âgé que toi. Alors j'avais pas envie d'y aller, mais vraiment pas, comme tout le monde je pense, mais je l'ai fait et je ne regrette absolument pas. J'ai passé 20 mois et c'était vraiment une expérience extraordinaire. Franchement je trouve que ça manque, mais bon je vais pas faire mon vieux con. Voilà. Et donc cette expérience au sein des compagnons, est-ce que c'est ce qui a poussé ton cheminement actuel ? Parce que tu as ta carrière dans la maçonnerie, dans le Grosse Oeuvre, qui t'a poussé au sein d'une entreprise de Grosse Oeuvre maçonnerie, chez Baster, et ensuite ce cheminement-là des compagnons qui t'a poussé à venir rejoindre l'aventure Tompierre ?
- Speaker #2
Oui, complètement. Ton Pierre, c'est un petit peu l'aboutissement, je dirais, de la mentalité que j'ai actuellement, de cette maturité que j'ai acquise d'année en année, cette maturité tardive me concernant. Mais oui, ton Pierre, c'est révélateur pour moi et je suis vraiment... pleine admiration de ce que je fais chez ton pierre et de ce que nous faisons en tout cas pour le patrimoine.
- Speaker #1
Je vois beaucoup de motivation et d'envie. Et tu as même poussé le détail à te marier, mec. Te marier dans l'église que tu as rénovée à Santeny. Je le sais, j'y étais. C'est incroyable ça quand même quand tu y penses. Ça n'arrive pas à tout le monde.
- Speaker #2
Non, c'est vrai que c'est incroyable d'avoir eu cette chance de me marier dans l'église que nous avons refait ensemble. avec nos équipes à cette magnifique église et voilà ce moment symbolique qui franchement c'était obligé que je le fasse même si là on a eu la chance que ça n'était pas forcément trop loin de la salle de réception mais c'était trop loin heureusement que c'était dans les moments il fallait que t'attendes 10 ans pour te marier tant qu'elle n'était pas rénovée ça aurait été un peu dommage je ne sais pas si t'aurais pu garder Aurélie mais le timing était très bon et très heureux très bien Merci.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a quelque chose que tu veux nous dire pour terminer, Julien ?
- Speaker #2
Non, non, rien du tout. Je te remercie en tout cas de toutes tes questions et d'avoir pu y répondre. Je te souhaite un bon salut.
- Speaker #0
Dans le prochain épisode du podcast de Ton Pierre, Jean-Christophe Baster recevra Marc Saint-Severt, qui nous parlera de Pierre, de taille de Pierre et de son parcours. Alors à très vite ! Vous pouvez retrouver nos podcasts sur toutes vos plateformes préférées comme Apple Podcasts, Spotify, Deezer ou Amazon Podcasts.