Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans Tosolola, le podcast à l'écoute des histoires singulières. Avec mes invités au fil d'une thématique, nous allons explorer les héritages visibles ou invisibles, assumés ou non, qui prennent souvent racine dans l'enfance et qui d'une manière ou d'une autre influencent notre façon de percevoir et de vivre notre vie. Bonjour, c'est Josépha. Je suis heureuse de revenir par ici. après un peu plus d'un mois d'absence. Franchement, vous m'avez manqué. Bon, je vous avoue que la vie de podcasteuse me demande bien plus de travail que je le pensais. Mais bon, c'est la vie que j'ai choisie. Aujourd'hui, je vais aborder avec vous un sujet dont j'entends énormément parler ces derniers temps. Le célibat. Peut-être que comme moi, vous voyez circuler sur les réseaux sociaux Des vidéos dans lesquelles essentiellement des femmes prônent et sacralisent leur statut de célibataire. Statut qu'elles présentent comme le nouveau lifestyle et qui, contrairement au mariage, permettrait aux femmes de garder leur liberté, leur indépendance et favoriserait la réalisation de soi. Certaines vont même un peu plus loin en présentant le mariage comme un cadre limitant l'épanouissement et la prospérité des femmes. Bon, que l'on soit d'accord ou non avec ce discours, je pense que les personnes qui en font la promotion ont choisi ce discours pour revendiquer l'autonomie et la liberté d'agir des femmes. C'est certainement aussi une manière de briser les injonctions liées au mariage et l'idée qu'une femme ne peut s'épanouir sans un homme. Mais derrière ces images polarisées se cache une réalité beaucoup plus nuancée. D'ailleurs, une enquête réalisée en 2022 par Badoo dit que 44% des célibataires français se sentent hors normes du fait de leur célibat. Vous avez bien entendu, hors normes. J'ai donc questionné des célibataires de mon entourage et je leur ai demandé s'ils se sentent hors normes. Et effectivement, une personne sur deux m'a dit se sentir en dehors de la normalité du fait de son célibat. De même, une personne sur deux m'a dit avoir honte d'être célibataire. Ce sont notamment ces deux émotions qui font qu'aujourd'hui, personne n'a accepté de parler dans mon micro. J'ai cependant réussi à interviewer quatre femmes afrodescendantes, Kimia, Yacine, Abby et Sophia. Avec elles, j'ai écouté, j'ai creusé, j'ai tenté de comprendre ce que le célibat rêvait de nos sociétés africaines et des héritages culturels des afrodescendantes. Par nos échanges, j'ai essayé de mettre en lumière la manière dont les femmes afrodescendantes de plus de 35 ans et sans enfants composent entre leur statut de célibataire et les injonctions sociales et culturelles liées au mariage. Vous verrez qu'entre tradition familiale, pression sociale et quête d'autonomie, les réponses sont multiples, nuancées et souvent intimes. Je centre mon épisode sur le célibat des personnes afrodescendantes parce que malheureusement, elles ne sont pas assez représentées dans les médias occidentaux lorsqu'on parle d'amour romancé. Avant de vous partager les témoignages, je tiens d'abord à vous partager la définition du mot célibataire. J'ai dans un premier temps questionné mes invités. Les réponses ont été différentes et toutes aussi intéressantes. Pour l'une, le fait d'être célibataire signifie ne pas avoir... Pour l'une, le fait d'être célibataire signifie ne pas entretenir de relations amoureuses. Pour l'une, le fait d'être célibataire signifie ne pas entretenir de relations amoureuses. Pour une autre, le fait d'être célibataire induit ne pas avoir de partenaire sexuel. Je suis allée voir ce que le Larousse en dit. D'après notre cher dictionnaire, le célibataire est une personne qui est en âge de se marier, mais qui ne l'est pas. Bon, le Dicot m'apprend qu'il y a un âge pour se marier. Lequel ? Le Larousse ne le dit pas. Je suis allée un peu plus loin en cherchant une définition juridique. Et là j'apprends que le célibataire est une personne ni mariée, ni veuve, ni divorcée. En effet, les trois statuts sont encadrés légalement par des droits et devoirs, notamment en termes d'héritage, de fiscalité, de pension de réversion, etc. Ce qui n'est pas le cas pour les personnes non mariées, dites en couple, même avec plusieurs enfants. En effet, ils sont reconnus comme célibataires, le concubinage n'étant pas un cadre institutionnalisé. Allez, je vais rentrer dans le vif du sujet avec la situation de Kimia. Donc Kimia est une jeune femme de 36 ans. Elle est née en France, de parents congolais. Elle travaille dans le domaine de la communication artistique. Lorsque je demande à Kimia ce que lui évoque le thème de mon podcast, elle me dit « j'ai peur de finir vieille fille » . Kimia évolue dans un secteur où beaucoup de femmes ont de grandes responsabilités. La plupart d'entre elles ont plus de 40 ans, sont célibataires et sans enfants. Ce qui lui a fait intégrer que pour une femme, occuper un poste à haute responsabilité est incompatible avec le fait d'être mariée et d'avoir des enfants. J'ai demandé à Kimia ce qui est pour elle le plus difficile à vivre dans le célibat. Elle a pu me dire que la solitude est ce qui lui pèse le plus. Elle évoque être entourée par sa famille et ses amis, avoir une vie sociale riche, mais que rien de tout ça ne comble son sentiment de solitude. Kimia est issue d'une famille polygame. Son père a plusieurs bureaux, comme on dit au Congo. Elle me raconte avoir grandi dans un environnement familial où la présence du père se faisait rare. Et lorsqu'il était présent, Kimi a alors observé que la femme était reléguée au plan de ménagère et a eu l'impression qu'on lui retirait tous ses droits de décider et d'agir. Cela alors même que l'homme s'octroyait tous les droits et privilèges. En plus de cette injustice, elle a été témoin de scènes de violence physique et psychologique. Des traumas d'enfance qui l'ont amené à être en hyper-vigilance avec les hommes. Dans sa vingtaine, elle a eu une proposition de mariage de la part d'un homme pour lequel elle n'avait pas de sentiments amoureux. Elle a de ce fait éconduit ce dernier, malgré le fait que les deux familles aient tout mis en œuvre pour la réalisation de cette union. Cette attitude lui a valu d'être étiquetée de fière et de snob par ses frères et sœurs. Des remarques violentes qui l'ont mise à mal, elle qui a une confiance en elle fragile et qui a peur de finir seule. Dans sa fratrie, tout le monde a fait l'expérience du mariage, sauf... elle et ses sœurs plus jeunes. Kimia dit devoir gérer les critiques de ses proches quand on fête qu'elle soit toujours célibataire. Elle fait suivre des remarques telles que « tu attends quoi pour te marier ? Tu fais peur aux hommes, tu es trop exigeante » . Dans sa famille, l'injonction du mariage est forte. Pour sa communauté, le mariage est un devoir. Adolescente, Kimia nourrissait le rêve de s'unir à un homme et avoir des enfants. Elle me dit qu'elle se voyait mariée à 23 ans. 13 ans plus tard, bien que Kimia ait une vie sociale riche, la peur de ne pas se marier grandit chaque année. Elle me dit avoir eu des expériences amoureuses, mais rien de concluant. Elle me confie ne pas savoir séduire. On ne m'a jamais appris, me dit-elle. On me demande de me marier et de confonder un foyer, mais personne ne m'a appris, montré, ce qu'est un foyer stable et aimant. Elle regrette de ne pas avoir eu des discussions entre mère et fille autour de l'amour romantique. Elle déplore que le sujet ait été tabou dans sa famille alors que le mariage est un devoir. Dans beaucoup de familles, il n'existe pas d'espace pour parler des premiers émois, de sexualité ou encore de relations homme-femme. De nombreuses jeunes femmes se retrouvent d'une manière brutale parachutées dans une vie maritale alors même qu'aucun code ne leur a été partagé. Kimia ne donne pas de raison directe à son célibat, mais cette inconnue me paraît y avoir contribué. Kimia a la volonté d'accueillir l'amour et de le concrétiser par un mariage et la naissance de plusieurs enfants. Kimia est pratiquante. Au cours de la discussion, elle a fait référence à la religion en disant savoir que tout le monde n'est pas voué à se marier et que si elle fait partie de ces personnes, elle l'accepterait même s'il restera en elle un regret. Mais pour le moment, elle y croit et elle met toutes les chances de son côté pour y arriver. Elle a notamment pris la décision de faire un travail sur ses blessures intérieures. En mettant des mots sur ses traumas d'enfant et de jeune adulte, Kimia s'est donné la chance de comprendre et accepter d'où elle vient, mais aussi de faire fi des traditions et des injonctions familiales. Et ainsi, elle assume sa propre identité et elle apprend à s'aimer. Elle a également fait un travail sur ses pensées limitantes et sur ses mécanismes de défense. Pour elle, ce travail sur soi est essentiel, essentiel pour accueillir l'autre et réussir sa vie de femme mariée. Kimia souhaite rencontrer un homme avec lequel elle ne se sent pas obligée de se travestir. Un homme qui l'aime dans son entièreté. Elle s'est aussi questionnée sur ce qu'elle est prête à offrir à un homme. Ce qu'elle est prête à partager, ce qu'elle est prête à donner. Mais aussi à recevoir. Aujourd'hui, Kimia date en ce sens. Elle date pour se marier. Quand elle va à un rendez-vous, elle dit clairement qu'elle est dans une démarche de mariage. Un événement qui, lorsqu'il se réalisera, fera le bonheur de ses parents. mais également le sien. Non parce qu'elle aura répondu à une injonction, mais parce que c'est réellement un projet pour elle. Je continue avec l'histoire de Yacine. Yacine a 43 ans. Elle est d'origine sénégalaise. C'est une femme que j'admire tant pour son intelligence, sa prestance que pour sa beauté naturelle. Faut que je vous avoue quelque chose. Au bout de deux minutes d'échange avec Yacine, je lui ai sorti la phrase la plus clichée du monde. Je lui ai dit « Mais comment ça se fait que tu es célibataire ? Tu as tout pour toi. » Électrochoc. J'ai réalisé que je venais de lui dire exactement le stéréotype qu'on colle aux femmes célibataires. Et je ne vais pas vous mentir, j'en étais pas fière. Ces clichés sont lourds et très lourds, notamment pour la personne à qui on le dit. Allez, soyez honnête. Quand je vous dis célibataire, quels mots vous viennent en tête ? En tout cas, Yacine ne m'a pas envoyée balader. Au contraire, elle m'a éduquée en partageant son histoire. Elle m'a montré que le célibat n'est pas juste une question de choix ou de non-choix. C'est bien une histoire intime traversée par l'histoire familiale, la culture. l'éducation et bien sûr sa volonté personnelle. Ses parents lui ont transmis des valeurs telles l'ouverture vers le monde, la curiosité et le goût de la réussite. Des valeurs qui certainement selon eux garantissent une intégration sociale réussie. Nos parents sont venus chercher une vie meilleure en Occident et ont beaucoup misé sur la réussite sociale et professionnelle de leurs enfants. Ils ont souvent sacrifié beaucoup pour que leurs enfants aient accès à l'éducation et à des métiers stables. Mais il leur a fallu aussi transmettre aux enfants la culture et les traditions du pays d'origine. Un équilibre fragile, parfois source de tensions individuelles et collectives, notamment lorsque l'enfant, avec sa double culture, ne donne pas sens à certaines pratiques culturelles et traditionnelles. Dans l'ethnie des parents de Yassine, le mariage est sacré et perpétue l'alliance entre deux lignées. C'est pourquoi ils sont souvent arrangés et se font traditionnellement entre membres d'un même clan. Les rites autour du mariage sont très importants et se transmettent de génération en génération. Mais cette injonction culturelle ne ressemble pas à Yassine. Au cours de notre échange, elle m'a fait part de son incompréhension face à cette injonction culturelle et traditionnelle. Elle me dit alors qu'elle trouve paradoxal le fait que ses parents encouragent leurs enfants à faire des études, et donc à avoir un sens critique, tout en les enfermant dans une culture qui n'est pas totalement la leur. Son célibat est un choix conscient et assumé. Elle refuse de se marier juste pour rentrer dans les normes ou pour être validée par les autres. Je vais poursuivre avec la présentation de Abby. Abby a 45 ans, elle est née au Niger et est arrivée en France il y a une vingtaine d'années. Elle m'avoue que son arrivée à Paris lui a donné une claque. En effet, les codes relationnels étaient très en marge de son éducation, mais aussi de ce qu'elle avait connu en Afrique, notamment dans les relations hommes-femmes. Jeûne elle a eu des petits amis, ce qui n'était pas autorisé mais toléré par ses parents. D'ailleurs, elle me dit n'avoir jamais ressenti de pression autour du mariage. Ses parents voulaient surtout que leurs filles finissent leurs études avant de penser au mariage et aux enfants. Son propre père a fait fi des normes et des traditions concernant son mariage. Elle fait également référence à sa grand-mère maternelle, qui n'a pas craint le regard des autres après ses trois divorces. Pour sa grand-mère, en effet, Il n'était pas question de s'embarrasser avec un homme qui ne répondait pas à ses obligations parentales et qui n'était pas correct avec elle. L'anecdote familiale est que dès qu'un homme ne l'arrangeait pas, elle prenait ses clics et ses claques et elle partait. Abou me dit que plusieurs femmes de sa famille sont célibataires. Elle fait notamment le lien avec ce qu'elles ont pu voir de leurs parents ou encore de cette grand-mère. D'ailleurs, un des points communs entre les femmes que j'ai interviewées est le fait que leur fratrie compte plusieurs célibataires sans enfants. Dans les cultures africaines, lorsqu'au sein d'une même fratrie plusieurs enfants ne se marient pas ou n'ont pas d'enfants, cela peut être perçu comme anormal, voire interprété à travers l'idée de la sorcellerie ou de la malédiction familiale. De ce fait, des cultes ou encore des cérémonies sont organisées pour chasser le démon et le mauvais sort. Ce qui montre bien qu'en Afrique, le mariage et la procréation ne sont pas seulement des choix individuels et qu'ils ont un enjeu. collectif qui engage l'honneur, la continuité et l'équilibre de toute une famille. Abby m'avoue que sa mère ne comprend pas que ses filles, avec toutes leurs qualités, ne soient pas mariées. Pour elle, c'est comme avoir raté quelque chose dans leur éducation. Abby rajoutera avec une pointe d'humour, elle a consulté tous les marabouts pour que ses filles puissent se marier. Quant à son père, aujourd'hui décédé, Abby me confie qu'avant sa mort, ce dernier a validé ses choix de vie et le fait qu'elle les assume. Ce qui l'a fortement réconcilié avec son célibat. Abiy a néanmoins déjà ressenti une pression. Une pression à la maternité. Une pression qu'elle s'est elle-même mise en entrant dans la quarantaine. Elle m'a confié avoir voulu congeler ses ovocytes, mais y avoir renoncé car il lui était difficile d'assumer l'idée de faire un bébé toute seule. Elle réfléchit néanmoins à l'adoption. Abby m'explique ne pas avoir de problème avec l'idée de ne pas avoir un enfant qui porte son ADN. Pour Abby, être célibataire à 45 ans n'est pas une défaite sociale, mais une affirmation de soi. Elle m'a exprimé être heureuse avec elle-même et satisfaite de la vie qu'elle a choisie et de ses accomplissements personnels. Je poursuis et finis avec la situation de Sophia. Sophia a maintenant 41 ans. Elle est née en France et est d'origine algérienne. Elle travaille dans le milieu paramédical. Lorsque je demande à Sophia qu'est-ce qu'être célibataire selon elle, elle me répond instinctivement « c'est la honte » . Plus jeune, je me voyais mariée avec deux enfants. Les années passent et depuis 2-3 ans, je me dis que je vais finir seule. Ce qui m'est difficile à imaginer. Elle me dit vouloir être en couple, mais qu'il est de plus en plus difficile de rencontrer des personnes célibataires. Au vu du nombre de personnes qui se rencontrent via les réseaux sociaux et les sites de rencontres, je lui demande si elle utilise ces plateformes. Sophia m'explique que ce mode de rencontre ne lui ressemble pas. Elle aimerait, elle, rencontrer son mari à l'ancienne, c'est-à-dire au détour d'un heureux hasard ou alors par le biais d'une connaissance commune. Elle regrette notamment qu'il n'existe pas d'espace de rencontre dédié aux célibataires de sa génération, comme il a pu être le cas à l'époque avec les balles notamment. Le témoignage de Sophia sur la difficulté de rencontrer me rappelle un article que j'ai lu il y a peu, dans lequel il est dit que les femmes et les hommes célibataires peinent à se rencontrer. L'article dit qu'effectivement, les espaces traditionnels de rencontre, comme ce qu'a décrit Sophia, se sont transformés et les codes ont changé. Des codes qui donnent parfois l'impression que l'amour est devenu un produit de consommation rapide. Sophia me dit sans détour que son célibat lui est très difficile. Je lui demande alors si elle en discute assez facilement avec les personnes de son entourage. Et c'est avec émotion qu'elle me dit qu'il lui est parfois difficile de parler de sa situation. Elle me raconte que dans sa famille, le sujet est tabou. On est conditionné à ne pas en parler, me dit-elle. Elle a effectivement grandi dans une famille où l'on ne parle pas de ses sentiments ni de ses peines. Dans la famille de Sophia, l'injonction au mariage est détournée. Il ne lui est pas demandé quand est-ce que tu vas te marier, mais quand est-ce que tu auras un enfant. A savoir que dans sa culture, il est inconcevable d'avoir un enfant en dehors du mariage. Un cercle vicieux qui ne fait qu'augmenter sa solitude et sa peur de rester seule. Sophia se sent parfois incomprise par ses proches et a l'impression d'être hors normes. Notamment lorsque ces derniers évoquent des situations de couple ou parlent d'enfants. Elle déplore que dans ces moments-là, Lorsqu'elle donne son avis, qu'il ne soit pas entendu ni pris en compte, il lui est alors dit « tu ne peux pas comprendre » . Les « tu ne peux pas comprendre » sont pour elle lourds de sens, ils isolent et font grandir son sentiment de solitude. Il faut savoir que le célibat n'est pas synonyme de solitude, mais beaucoup de personnes célibataires parlent de ce vide. Elles peuvent avoir une vie sociale riche, être entourées de leurs amis, de leur famille et malgré tout ressentir une solitude profonde. Pour Sophia, ce n'est pas l'absence du monde autour d'elle qui pèse, c'est l'absence d'un lien intime. Le lien intime pour elle se caractériserait par le fait d'avoir quelqu'un qui pense à elle, une épaule sur laquelle se reposer ou encore avoir l'impression d'exister à travers les yeux de quelqu'un. Apaiser son sentiment de solitude demande à Sophia beaucoup d'efforts. Elle me dit que la solitude peut lui être très difficile. Dans ce cas, elle s'entoure d'amis. Elle sort et fait des choses qui lui font du bien, des choses qui lui rappellent qu'elle est une femme accomplie dans tous les autres aspects de sa vie. Des choses qui lui rappellent qu'elle est solaire, qu'elle est entourée, qu'elle est aimée. Sophia est une femme profondément humaine qui, de par son métier et dans sa vie quotidienne, sait prendre soin des autres et le fait très bien. Sophia, je te souhaite tout le bonheur du monde. Pour conclure, je dirais que le parcours de Kimia, Sophia, Yassine et Abby montrent que le célibat des femmes afrodescendantes de plus de 35 ans n'a rien d'une expérience uniforme. Pour certaines, comme Kimya et Sophia, il est vécu dans la douleur, associé à un sentiment de solitude, au poids des traditions familiales et aux attentes parfois étouffantes de leur entourage. Pour d'autres, comme Yassine et Abhi, ils s'apparentent davantage à une affirmation de soi, à un choix assumé qui traduit une quête d'indépendance, de liberté et d'épanouissement personnel. Ces expériences contrastées révèlent une réalité complexe. Être une femme célibataire afrodescendante après 35 ans, c'est naviguer entre héritage culturel, injonction sociale et aspiration individuelle. C'est composé avec le silence ou le tabou dans certaines familles, avec des modèles parentaux où l'amour se traduit plus par les actes que par les mots, mais aussi avec une société où les espaces traditionnels de rencontre se sont transformés. Au fond, ce que nous disent toutes ces femmes, chacune à leur manière, c'est qu'il n'existe pas une seule façon de vivre le célibat. Qu'il soit subi ou choisi, il l'interroge la place qu'elles veulent prendre, entre fidélité aux traditions et affirmation de leur propre voie. Et si le mariage et la maternité restent des horizons valorisés par la société, ces femmes nous rappellent que leur dignité, leur valeur et leur accomplissement ne se résument pas à ces seuls cadres. Je vous remercie pour cette écoute et j'espère que l'émission d'aujourd'hui vous aura plu et peut-être vous aura fait réfléchir. N'hésitez pas à me laisser un commentaire ici ou encore sur Instagram. Je vous invite aussi à vous abonner. Je vous dis au mois prochain pour un nouveau numéro.