- Speaker #0
Hello, c'est Josepha, j'espère que tu vas bien. Alors, bienvenue dans ce nouvel épisode de Tosolola by Joe. Aujourd'hui, on se retrouve pour un épisode sur une pratique qui compte plus de 230 millions de victimes dans le monde. Je parle des mutilations sexuelles féminines. Alors, dans cet épisode, tu vas entendre le témoignage de trois femmes qui, enfants, ont été mutilées et aussi des témoignages de femmes qui militent chaque jour. dans la lutte contre les violences faites aux femmes. J'espère que cet épisode te donnera envie de parler, ou encore qu'il t'apportera matière à réfléchir, qui t'aidera à saisir l'ampleur du sujet, et peut-être, qui sait, enfin je l'espère, qui te donnera l'envie d'agir. On commence avec le témoignage de Mariam, une amie de longue date qui, au détour d'une conversation, m'apprend que lorsqu'elle était petite, elle était excisée.
- Speaker #1
J'ai subi l'excision étant bébé. Aucun souvenir. Je n'étais même pas au courant que j'avais été excisée jusqu'à mes 22 ans. À l'époque, j'avais une amie qui, elle aussi, avait été excisée. Elle ne le savait pas non plus. Lors de son premier rapport sexuel, elle a rencontré une difficulté. difficultés. Donc, son premier rapport sexuel était juste un cauchemar pour elle. Par la suite, elle a été consultée à un gynécologue qui lui a révélé qu'elle avait été excisée. Et de là, elle me raconte. Je prends note et je lui dis « Bon, je vais aller aussi voir, puisqu'on n'est pas du même pays, mais on a à peu près les mêmes coutumes, les mêmes pratiques. » Du coup, je vais voir le gynécologue et je lui demande est-ce que je suis extisé. Et je n'oublierai jamais le visage, le regard qu'elle m'a lancé. Pardon. Elle me dit oui, mais oui, tu ne savais pas. Et là, c'est comme si le ciel m'était tombé sur la tête. Et voilà, c'est ce jour-là que j'ai découvert, que j'ai décidé. J'avais déjà consulté les gynécologues, mais peut-être parce que je n'ai pas posé la question, et que vu que c'est une pratique courante, donc je pense que le gynécologue a dû se dire que j'étais déjà au courant. Et à l'époque où je consultais des gynécologues, je n'y allais pas seule. Donc, forcément, le gynécologue, il devait se dire que j'étais au courant.
- Speaker #0
Et là, quand tu es dans ce cabinet, quand tu annonces ça ?
- Speaker #1
Douche froide, j'en ai voulu à mes parents. J'en ai voulu longtemps, longtemps, longtemps. Comment ils ont pu faire ça ? Comment ils ont pu laisser faire ça ? Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que finalement... C'est pour m'empêcher de m'épanouir dans ma vie de femme, parce que si c'est pour empêcher d'avoir des relations sexuelles avant le mariage, il y a un après-mariage aussi. Donc je sers juste... Ça a été compliqué. Ça a été très très compliqué. Et je pense que psychologiquement, ça joue aussi lors des rapports sexuels. Tu sais que tu n'as pas le même organe que les autres femmes. Je pense que j'ai dû faire beaucoup de blocages, beaucoup de blocages dans mes relations. Et je ne ressentais rien, en fait. Je ne ressentais rien. J'ai stimulé pendant des années. Parce que c'est une partie de moi qui n'est pas là. J'en avais marre de faire semblant lors de rapports sexuels. Et puis de rien ressentir. Surtout, pratiquer quelque chose que tu ne ressens pas, déjà pour moi et pour la personne qui est avec moi. Jusqu'au jour où encore cette même amie qui avait... qui m'avait appris son exil. m'a parlé d'un médecin pardon m'a parlé d'un médecin à Saint-Germain qui faisait la réparation et grâce à ce médecin il a pu me reconstruire le clitoris effectivement depuis je ressens quand même beaucoup de choses beaucoup plus après comme je t'ai dit aussi je pense que c'est aussi psychologique et puis c'est aussi peut-être la personne qui t'accompagne, qui te fait sentir, mais au niveau sexuel, je me sens mieux qu'il y a quelques années. Je voulais me sentir femme totalement, en fait. Parce qu'il me manquait quelque chose. Il me manquait une partie de moi. Je ne l'ai pas totalement, mais j'en ai un peu plus que... que ce qu'on m'a appris. Malheureusement, après l'opération, il n'y a pas de suivi. Il n'y a pas de suivi psychologique en tout cas. Il y a un suivi chirurgical, médical, mais pas psychologique. J'en avais besoin parce que j'avais quelque chose de nouveau sur moi. Et il ne m'a pas... Enfin, je n'ai pas eu d'explication par la suite. Les sensations que j'allais avoir, rien du tout. Du coup, là, oui, c'était un peu déstabilisant. Et j'avais peur de m'en servir parce que, est-ce que je peux là ? Est-ce qu'il faut attendre encore un petit peu ? Est-ce qu'il y avait plein de questions dans la tête dont je n'avais pas les réponses ? Et à l'époque, Internet, ce n'était pas trop ça.
- Speaker #0
Donc, j'étais un petit peu perdue.
- Speaker #1
C'est un sujet tabou jusqu'à aujourd'hui. Alors moi, je suis la dernière d'une fratrie de huit. Et j'ai deux grandes sœurs avec lesquelles on n'a jamais abordé ce sujet. Jamais jusqu'à... J'ai 48 ans aujourd'hui. Et jamais je n'ai abordé ce sujet avec l'une de mes sœurs. Pourtant la plus âgée de mes sœurs a 65 ans. Ces filles ont subi également cet acte. Mais Dieu merci, on est quasiment toutes mères aujourd'hui. Et nous avons quasiment que des filles. Et nos filles vont bien. Nos filles ne connaîtront jamais cet acte barbare. D'où je viens ? en tout cas dans ma famille je n'ai plus jamais entendu parler d'excision maintenant la région d'où je viens je pense que ça se pratique encore peut-être pas autant qu'à mon époque dans les années 80 début 90 mais ça se fait toujours et je pense qu'il est temps que ça s'arrête
- Speaker #0
Les mutilations génitales féminines prennent différentes formes et leurs origines remontent à au moins 4000 ans. Pourtant, les raisons avancées pour perpétuer cette pratique sont souvent incohérentes, voire complètement absurdes. Entre discours de célébration et violence réelle, deux univers se font face. Aliceta Ndiaye, directrice régionale Paris-Ile-de-France au GAMS, va nous éclairer sur ces contradictions. Alors, Aliceta, vous parliez d'excision. Alors moi, personnellement, effectivement, je connaissais le mot excision sans savoir exactement ce que c'était. Et l'excision, ça faisait des années. Aujourd'hui, j'ai 42 ans. Je pense que la dernière fois que j'en ai parlé, je devais avoir 16 ans. Pour moi, c'est une pratique qui n'existait plus. Et je pense même que je ne mettais pas le mot mutilation derrière cet acte, cet acte violent. Est-ce que vous pouvez en plus nous expliquer qu'est-ce que sont les mutilations sexuelles féminines ? et les différentes formes.
- Speaker #2
Alors, les mutilations sexuelles féminines, donc dit plus couramment l'excision, c'est l'ablation du gland du clitoris, de base. Il y a plusieurs typologies d'excision, et c'est là où on arrive dans la partie, j'ai envie de te dire, médicale, mais en tout cas l'OMS la classifie en quatre catégories. Donc c'est l'ablation du clitoris, et ou partiel des petites lèvres, des grandes lèvres, et tu as l'infubulation, où c'est l'ablation du clitoris des petites lèvres, des grandes lèvres, et c'est refermé. Tout ça est refermé ou recousu ou recollé. Et donc ça c'est le type 3, qu'on appelle l'infubulation, donc qui fait partie des types d'excision. Et tu as un type 4, qui est un peu moins connu. parce qu'il se fait dans des régions bien spécifiques ou des régions auprès d'ethnies, ça dépend, qui est l'étirement des lèvres ou la scarification des petites lèvres.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et pour répondre à ta question, l'excision a toujours existé de tout temps et n'a jamais cessé. Il y a eu une baisse. Mais à ce jour, en tout cas en 2024, on a eu des chiffres de l'UNICEF, qui est donc 2024. Et d'ailleurs, c'est intéressant parce que les chiffres qui sont sortis, c'était le 8 mars 2024, la journée des droits de la femme. C'est 230 millions de femmes excisées dans le monde. Donc, ça ne s'est pas arrêté. Ça s'est arrêté quand tu étais 16 et 42 ans.
- Speaker #0
Ça m'amène à te poser la question sur les origines et les raisons qui font que l'excision existe.
- Speaker #2
Les origines sont très anciennes. On voit des traces à l'époque des pharaons sur des momies. On voit des femmes affibulées. Donc, toi, tout à l'heure, je t'expliquais les différents types d'excédents, qu'il y en avait quatre, l'infibulation qui est le type 3, où tout est coupé et c'est refermé. Donc, c'est quelque chose qui est très ancien. Les raisons, elles sont diverses et variées. Et ça, c'est important de... Comment te dire ? En fonction du prisme par lequel tu le prends. C'est-à-dire qu'il y a... L'Occident, comment ils voient cela ? Et en Afrique, comment ils peuvent le justifier ? Mais pas que en Afrique. Parce que, comme je te dis, les 230 millions ne sont pas tous sur le continent africain. Mais comme ils n'ont plus le reste sur le continent européen, il est aussi sur le continent asiatique. Donc, il est sur les cinq continents, finalement. Ce qu'il faut savoir, c'est qu'il est sur cinq continents. Et à la fois où tu le retiens, et ce qui est normal qu'au XVIIIe siècle, des caucasiennes ont pu être excisés. Au Pérou, il y a de l'excision. En Malaisie, il y a de l'excision. D'accord ? Alors, est-ce que c'est partout au Pérou ? Non, mais c'est une tribu qui le fait. D'accord ? Est-ce qu'en Malaisie, ça se fait ? Oui, un certain pourcentage, mais c'est une normalité. Ça s'inscrit. Alors, pourquoi ? La question, c'est pourquoi ? Si on repart sur... Parce qu'on va parler de l'Europe, on va parler de la France, parce que c'est là où on est. Et c'est là où le GAMS agit. Il faut savoir que les femmes qui étaient excisées au XVIIIe siècle, et ça va te donner un début de réponse, c'était des femmes dits considérées comme hystériques, donc en termes de pathologie, d'accord ? Des femmes dits volages. Donc entendons-nous bien, volage au XVIIIe siècle, c'est absolument pas la volage qu'on pourrait voir en 2025. Des femmes qui sont dans un rapport adultérien. Voilà, et donc c'est les maris, les pères, les frères qui décident de ne pas sanctionner la femme. Mais au vu de son comportement, il faut la maîtriser.
- Speaker #0
Oui, parce que tu dis sanctionner, effectivement, lorsque moi tu me racontes un peu ça, ce que je comprends, c'est la punition.
- Speaker #2
Oui, de notre Christ. Mais le père, encore une fois, c'est une explication, ce n'est pas une justification. Mais le père ou le mari qui décide d'exciser sa femme, C'est surtout, arrête de me tromper, tu es trop excité et tu vas trop ailleurs. Ou je ne veux pas que tu me salisses ou que tu salisses le nom de notre famille. Donc, on va couper le gland de ton clitoris pour que tu arrêtes d'être excité et d'aller coucher avec d'autres hommes. Revenons au public qu'on reçoit essentiellement, en tout cas par majorité, aux Gams. Donc l'Afrique subsaharienne et aussi l'Afrique de l'Est. Certains discours tendent à dire que le sexe de la femme est sale. Et donc, en fonction de sa religion, dans la particularité de la religion musulmane, humaines, on va dire que Baccha fait des ablutions, le fait que les lèvres couvrent, au niveau de la vulve, il faut retirer ça pour qu'elle soit pure. Parce que quand on fait la prière, il faut être pur. Mais à la fois, ça c'est des musulmans qui vont tenir ce propos-là, mais le protestant, le catholique, animiste ou des juifs falachas font aussi. Donc ils ne vont pas parler de la pureté, de la prière, ce n'est pas ça. Les hommes, en tout cas, les hommes et les femmes, parce que l'excision ce n'est pas qu'une histoire de femmes, c'est porté par les femmes pour les hommes, d'accord ? Et on a aussi aujourd'hui beaucoup d'hommes qui refusent de se marier avec une femme non excisée. Donc c'est-à-dire que dans l'éducation, dans l'esprit collectif de certains et d'un certain nombre, une femme non excisée, c'est une femme qui n'est pas pure. Et je le mets au même niveau que la virginité. On ne va pas employer le mot, le même terme, on parle de pureté. Donc, slash, virginité. Donc une femme pure, c'est une femme honorable. Une femme honorable, elle honore son mari, mais elle honore aussi toute sa destinée, sa famille, sa communauté, son quartier, etc. Et en plus, quelque chose qui va être d'une certaine manière, en fonction des gens, de la population, de l'ethnie, de ce que tu veux, va glorifier l'excision parce que tu es encore dans certains endroits. Des célébrations des filles qui ont été excisées. Donc, on les applaudit. Musique, tam-tam, tenue, fête, grande pompe, etc. Parce que ça y est, super. Elles sont devenues des femmes. Elles se sont devenues des jeunes filles honorables, etc. On reste que là-dessus, tu vois, le côté bling-bling, on va dire. Mais quand tu tires le rideau... Les jeunes filles qui sont en train de défiler et serrer les jambes, elles serrent les jambes pas parce qu'elles sont stressées ou elles ont le trac, elles serrent les jambes parce qu'elles viennent de se faire exciser.
- Speaker #0
Je laisse place à Ramatha Kapo, présidente et bénévole de l'association Excision Parlons-en. Elle va nous sensibiliser aux conséquences profondes des mutilations sexuelles féminines et à ce que vivent les femmes qui emportent les traces dans leur corps comme dans leur histoire.
- Speaker #3
Mais ce qui est aussi important de dire, c'est que ce n'est pas parce qu'une femme a été excisée Merci. qu'elle ne peut pas avoir de plaisir sexuel. Donc souvent, on fait aussi le raccourci, pas de coupé, donc pas de plaisir. Il y a des femmes qui ont été excisées, qui ont une activité sexuelle très épanouie. Et puis vous avez des femmes qui n'ont jamais été excisées, qui ont une activité sexuelle pas du tout épanouie. Donc c'est aussi important de le dire. Et aussi, les conséquences psychologiques. Les conséquences psychologiques, je dirais même qu'elles sont quelquefois les plus fortes. Parce que, prenons l'exemple d'une femme qui a été excisée entre 3 et 8 ans, en règle générale, elle se souvient exactement de ce qui lui est arrivé. Elle revit la lame, elle revit l'ambiance, elle revit l'odeur, elle revit énormément de choses. Et souvent, on adosse l'excision, je vous dis, c'était un rituel de passage. Donc souvent, il y a une fête, il y a plein de choses. Donc vous avez d'un côté des gens qui sont joyeux, qui font la fête, et de l'autre côté, vous vivez juste un cauchemar. Le cerveau n'arrive pas à capter tout ça. Il y a beaucoup de psychotraumas liés à l'excision. Et puis ceux qui ont été excisés bébés, qui ne se souviennent pas de l'excision, il y a une chose qu'il ne faut jamais oublier, c'est que le corps n'oublie jamais. Le corps n'oublie jamais. Quelquefois, on développe des réflexes, on ne sait pas pourquoi, mais le cerveau a tellement été choqué qu'il a créé un blackout pour oublier. Quelquefois, dans la vie de tous les jours, on peut vivre des choses qui font que... Ça ne nous rappelle pas l'exemple. Moi, je prends un exemple. J'ai été excisée bébé, je ne m'en souviens pas. Mais par contre, moi, le rouge, il y a des odeurs que je n'arrive pas à supporter, qu'on arrive derrière mon dos. C'est un truc que je ne supporte pas parce que peut-être c'est en lien avec ce que j'ai vécu. Quoi qu'il en soit, il y a 230 millions de femmes. Il y a autant de conséquences, plus ou moins selon aussi le type d'excision. Quelqu'un qui a été infibulé, Donc un fublé, c'est le type le plus... Entre guillemets, le plus grave, c'est qu'on vous a complètement fermé le sexe et on vous l'ouvre au moment du rapport sexuel, au moment du mariage. Et quelquefois, les femmes, elles peuvent avoir des déchirures et mourir au moment de l'accouchement ou mourir au moment des rapports sexuels. Donc vraiment, il n'y a rien de positif. pour l'excision.
- Speaker #0
En préparant cette émission, j'ai eu la chance de rencontrer des femmes incroyables et motivantes. Aïssatou fait partie d'elles. Exemple de résilience, elle a transformé son vécu de victime de mutilation en engagement contre cette pratique néfaste. Avec son entreprise et association Les Fruits d'Élisse, elle accompagne les femmes pour libérer leur créativité en sculptant des fruits et légumes. Un geste à la fois artistique et libérateur.
- Speaker #4
Alors le jour où j'ai été excisée, je ne peux pas dire quel jour exactement c'était. J'avais 8 ans. Et c'était au Sénégal. C'était au Sénégal, à Dakar, on était partis pour des vacances. J'avoue, je ne comprenais pas. Je n'ai rien compris. Il faisait sombre. Il faisait sombre. Et puis après ça... On était trois, moi je suis passée la dernière, c'est vrai que j'entendais des cris, ça me faisait peur. Et puis ça s'est passé à même le sol, dans une pièce que je n'avais pas l'habitude d'y aller. J'avais pas l'habitude d'y aller, dans une maison familiale. Et du coup, voilà, ça s'est passé. Je ne pourrais pas dire c'était quelle personne parce que c'était dans le noir. Et puis, ça s'est passé. Après, il s'est suivi un gros tour noir parce que je ne me souvenais plus de... Parce qu'après, je n'en parlais pas, en fait. Il n'y avait pas de... Je ne me suis jamais posé la question de ce qui s'est passé, en fait. Voilà, un gros tour noir pendant plusieurs années. sans question, c'est vrai que ça me revenait comme ça mais je pense que comme disent le corps le cerveau se protège et du coup on n'en parlait même pas avec ma soeur avec mes soeurs et du coup voilà, mais je sais que c'était quelque chose qui était assez C'était traumatisant, c'était violent, et puis avec tout ce qui va avec, parce qu'il n'y a pas eu de discussion, il n'y a rien eu, il n'y a pas eu de parole, on ne m'a pas expliqué en fait. En plus c'est une chose qu'on ne peut pas expliquer, c'est inexplicable quelque part. Un enfant, des adultes, c'est... Je ne sais pas, c'est bizarre en fait. On ne peut pas comprendre cet acte-là et je pense qu'on ne pourra jamais le comprendre. Et que l'excision, en tout cas moi je l'ai vécu comme une coupure, une coupure, une mort. Qu'on nous excise, qu'on nous mutile, qu'on ne vit plus. Qu'on est là, mais qu'on est mutilé.
- Speaker #0
Pendant combien de temps tu as eu l'impression de ne plus avoir existé ?
- Speaker #4
Je pense pendant tout le temps. Tout le temps. Dès lors, j'ai pris conscience. C'est là que j'ai dit... Dès lors, j'ai pris conscience. En 2000... C'est même pas en 2020. C'est en 2014, en fait. En fait, à chaque épreuve. À chaque épreuve, je me dis, quelque part, il y a des gens qui existent, il y a des gens qui vivent, il y a des gens qui vivent des choses. Et moi, j'avais l'impression d'être là et de... De regarder. Je me voyais, je me vois, il faut contrer le chirurgien qui m'a expliqué la démarche, tout le protocole, comment ça allait se passer. Moi, j'étais déterminée, je n'ai pas posé plus de questions. Par contre, il m'a dit qu'il y avait un groupe de parole et pour, on va dire, pas valider tout ce projet, mais que quelque part, il fallait que j'aille au moins... un groupe de parole qui est organisé par Women's Safe. Je ne connaissais pas, donc ce n'est pas grave, j'y vais. Et moi, j'étais déterminée. D'un côté, je me disais, je vais me faire opérer le lendemain, ça va bien se passer et tout. Là, ils me demandent encore d'aller voir une personne. Je me suis dit, d'aller assister à un groupe de parole. Je me suis dit, ça va encore me mettre peut-être un frein ou autre, je ne sais pas quoi. Et du coup, je suis partie et franchement, c'est ça qui a changé toute ma vie en fait C'est le groupe de parole de me retrouver avec... Ce jour-là, il n'y avait pas que des femmes. Je pense que c'était un groupe qui était aussi ouvert à toutes les personnes qui étaient intéressées par ce sujet-là. Et du coup, ça a changé carrément ma vie. Parce qu'après, j'ai rencontré trois belles... personnes avec qui on a créé un groupe WhatsApp et on discutait. Il y en avait une ou deux qui avaient déjà fait la reconstruction. Et je pense qu'on était deux ou il y en a une qui était en cours. Après, il y a eu le Covid. Du coup, il y a eu des moments où c'était les opérations qui étaient les plus importantes, qui passaient comme c'était pendant le Covid, le confinement. Donc du coup, moi, je devais être opérée. je crois début de l'année 2020 et du coup ça a été reporté en juillet et je me dis encore un obstacle et tout mais bon pendant le Covid aussi c'était un moment où je pense que je me suis bien ressentie sur moi-même où j'ai beaucoup travaillé sur moi et que ça m'a juste aidée de me retrouver entre moi et puis c'était quelque chose d'exceptionnel pendant le Covid Quand je me suis découverte, et c'est là que... Après, j'ai fait l'opération en 2020. Ça s'est bien passé. Ça s'est bien passé. Après, c'est vrai qu'on nous avait parlé lors du groupe de parole et tout. Ça qui est bien, et puis quand on échangeait entre amis et tout, c'est qu'à un moment, on se revoit petite. Moi, le jour de l'opération, Euh... Enfin, ouais, quand ça s'est fini, quand je me suis réveillée, je me suis revue pendant quelques jours aussi qu'on suivit, petite. Je repensais souvent à la petite Aïssatou et quand je me parlais, c'était la petite Aïssatou, j'avais l'impression. Je ne sais plus comment le terme, comment on appelle ça. Chaque fois, j'oublie, mais ça faisait partie du processus. En tout cas, nous avait expliqué ça, voilà. Et c'est bizarre, franchement, c'était bizarre, mais j'étais fière, en fait. Et c'était, ouais. Je savais que c'était un chemin, quelque part, qui allait être long. Je me suis dit, il y a une vie, mais il y a quelque chose à enterrer, en fait. On va dire que ça y est, c'est fini. Et ce n'est pas venu comme ça, parce qu'après 2020, là on est en 2025, cinq ans après, il y a eu des choses qui se sont passées. Et en fait, voilà, moi... Je ne suis plus excisée, je ne me vois plus du tout excisée. Je pense que c'est vraiment une page qui est quelque part qui est tournée.
- Speaker #0
Je vous invite maintenant à écouter Radha Athem, gynécologue obstétricienne et fondatrice de la Maison des Femmes. Elle nous expliquera l'acte de la réparation clitoridienne et rappellera que la mutilation sexuelle féminine s'inscrit souvent dans un continuum de violences vécues par les victimes.
- Speaker #5
Quand les femmes viennent nous voir pour l'excision, souvent elles se sont un peu renseignées, et très souvent elles viennent dans l'idée de se faire opérer. Je veux qu'on me répare, je veux qu'on me rende ce qu'on m'a enlevé, je veux redevenir une vraie femme, voilà. Il y a tout un tas de croyances aussi, parce que moi je commence par leur dire je crois que vous êtes déjà une vraie femme, ça ne va pas changer. et alors on a On a travaillé le sujet, donc on a compris qu'il fallait être extrêmement prudent et qu'il ne fallait absolument pas vendre du rêve. Parce que vendre du rêve, c'était la meilleure façon de trahir la confiance des patientes en leur faisant croire qu'on allait changer leur vie, ce qui n'est absolument pas le cas. Et notre idée, c'est d'accompagner progressivement la femme jusqu'à ce qu'elle soit très au clair avec ce qu'elle attend de la chirurgie et nous très au clair avec ce que la chirurgie peut lui donner. Moi, je commence toujours par leur dire... La chirurgie n'est pas indispensable. Et la chirurgie ne vous rendra jamais votre corps d'avant. Je ne peux pas vous transformer en une femme qui n'a jamais été excisée, je ne sais pas faire. Et on ne va pas vous rendre ce qu'on vous a pris, parce que le petit bout de clitoris de 1,5 mm, il a nourri la terre de votre village, et je ne sais pas où il est. En revanche, il vous reste 99,9% de votre clitoris, et avec ça, je vais pouvoir vous rendre une anatomie
- Speaker #0
un peu plus proche de celle d'une femme non excisée. Et je l'espère, en ramenant votre clitoris de la profondeur où l'excision l'a renvoyé à la surface, de le rendre plus accessible à la stimulation, de vous permettre de mieux ressentir quand il gonfle, quand il y a une micro-érection et quand il y a un orgasme. Et ça, je peux m'engager à vous accompagner là-dessus. Je ne peux pas vous dire à 100% que ça va fonctionner. Et je dois vous dire que si vous avez déjà des sensations et des orgasmes, il faut se poser la question de la chirurgie parce que parfois la chirurgie peut altérer certains nerfs et finalement vous supprimez des sensations alors que notre objectif est plutôt de vous aider à aller mieux. Donc bien se poser la question de quelle place je donne à la chirurgie dans mon parcours de réparation, même s'il y a des gens qui me disent qu'on répare les bagnoles et pas les femmes. Mais je trouve que c'est un mot quand même qui convient, parce qu'on répare une blessure, on répare un organe qui est amputé d'une de ses fonctions, et on redonne confiance. Donc voilà, on leur explique en quoi consiste la chirurgie, on a même fait créer par un monsieur dont c'est le métier, des vidéos explicatives, parce qu'on voulait montrer l'acte chirurgical, mais pas avec des vrais organes, du sang, etc. Mais juste techniquement, qu'est-ce qu'on va vous faire ? À quoi ça va ressembler ? Quelles sont les étapes ? Donc ça, on s'appuie aussi sur ces petites vidéos. Et puis on explique aux femmes que c'est quelque chose qui a atteint leur corps, mais aussi leur estime d'elle-même, leur santé mentale. Beaucoup sont un peu déprimées, parfois beaucoup. Elles sont parfois assez traumatisées. Chaque fois qu'elles font l'amour, elles peuvent revivre aussi. pour celles qui se souviennent. Et que donc, il faut travailler tout ça. Et après, on va les confier aux sexologues pour faire une évaluation sexologique. Parfois, elles ont du mal à dire si elles ont un orgasme ou pas, c'est compliqué. Il n'y a pas de... On ne peut pas cocher. Si elles n'en ont jamais eu, c'est compliqué pour elles. Ensuite, le psychologue qui va accompagner leur trauma. Et nous, on se réunit pour discuter des cas. Il y a des cas faciles. Une femme qui a très mal, chaque fois qu'on la touche. On ne va pas la faire attendre deux ans avant de l'opérer. Là, c'est du bon sens. Une femme qui est infibulée, qui est refermée, on ne va pas lui dire, écoute, essaie de faire l'amour, et puis si ça ne marche pas, reviens me voir. On va la désinfibuler. Mais si sa demande est soit sexuelle, soit identitaire, c'est-à-dire je veux reprendre le pouvoir sur mon corps, on va prendre le temps, tout doucement, le temps qu'on puisse lui dire, non, mais là, vous attendez ça de la chirurgie, La chirurgie ne vous apportera pas ça. Il y a parfois des femmes qui disent, par exemple, moi je veux récupérer mon mari. Parce qu'il me dit, je n'ai pas envie de faire l'amour avec toi, tu es immobile, tu n'as jamais envie, ce n'est pas intéressant, et j'ai peur qu'il me quitte. Bon, alors c'est un motif, mais je peux lui dire, si je t'opère, tu vas récupérer ton mari. On va y aller doucement. Et ce que j'essaie de leur dire aussi, c'est qu'une grosse partie du travail, c'est elles qui vont le faire. Parce que si on les opère, et qu'elle continue. Parce que dans la culture africaine, notamment, mais dans beaucoup de cultures communautaires, le sexe est mal, le sexe est sale, le sexe, on n'en parle pas, et notamment pas avec les adultes, on ne le touche pas, on ne le regarde pas. Si on vous refait un joli volume qui est originaire, mais que vous n'osez toujours pas le toucher, le caresser, l'investir, c'est comme si on n'avait rien fait. Donc si vous ne faites pas votre part du travail, on ne va pas y arriver. C'est un vrai partenariat. entre le patient et le soignant. Et ça, c'est important parce qu'on voit arriver des femmes qui ont été opérées par des chirurgiens très bien, mais qui n'ont pas cet accompagnement global et qui arrivent en disant, en fait, je me suis opérée, ça n'a rien changé.
- Speaker #1
Est-ce que vous pouvez nous dire un peu ce qui est fait techniquement lors d'une réparation ?
- Speaker #0
Alors, on sait aujourd'hui, le grand public le sait, que le clitoris est un organe qui est assez long, qui mesure entre 8 et 12 cm, et qu'il est en grande partie souterrain, c'est-à-dire qu'il est de part et d'autre du vagin, donc profondément, verticalement, et qu'il y a juste une partie horizontale qui pointe un peu au-dessus de... du méa urétral, le trou par lequel on fait pipi, et c'est là qu'on va trouver le gland du clitoris. Et ce gland est recouvert d'un petit capuchon qui vient de la fusion des petites lèvres qui sont de part et d'autre du vagin. Donc ça c'est l'anatomie normale. Quand l'exciseuse coupe ce petit bout qui sort, parce qu'elle, elle ne sait pas ce qu'il y a dedans, elle n'a même pas l'idée que ça existe, elle coupe un peu ce qui dépasse, et comme elle peut, parce que si ça se trouve, la petite fille va se débattre, lui donner un coup de pied, elle va couper de travers, etc. Et bien comme le clitoris est un organe très érectile, très élastique, il va reculer, il va se redresser, se coller sur l'os du pubis. Ce qui fait que l'anatomie de la femme va devenir toute lisse. Alors il y a même des femmes, des mères qui me disent « Ah mais c'est très bien comme ça, c'est propre, c'est facile à nettoyer, c'est mieux que quand il y a tous ces plis et ces replis. » C'est un des arguments de vente de l'exclusion, la propreté. Et donc c'est tout lisse, le clitoris est profond, Et il n'est pas au-dessus du trou pour faire pipi, il est beaucoup plus haut. Et c'est pour ça aussi que, par exemple, le rapport sexuel, qui par le mouvement de la verge est supposé frotter aussi sur le gland, le gland n'est pas là, le gland est profond, le frottement ne produit pas l'effet escompté d'excitation sexuelle. Donc l'objectif, il est très simple. Il est d'aller rechercher cette partie du clitoris qui existe encore, mais qui n'est pas au bon endroit. et qui est trop profonde. Donc on va reprendre la cicatrice, on va creuser jusqu'à arriver à l'os, là on retrouve le clitoris, et simplement on coupe le ligament qui le colle sur l'os. Donc on va le rabattre en avant, et on va le refaire sortir, refaire pointer au bon endroit. Et là on va le fixer, parce que nous, chirurgicalement, notre grande angoisse, c'est que comme les tissus sont très cicatriciels, il aurait tendance à... revenir là où il a passé 30 ans là-bas, il va avoir envie d'y retourner. Donc on l'attache le plus soigneusement possible à sa bonne place. Et ensuite on laisse la peau recouvrir cette partie qui est très rose, puisqu'elle vient des profondeurs et que c'est justement cet organe de tissu spongeux, il est rose. Et il va se recouvrir progressivement de peau noire, mais ce qu'on voudrait garder c'est justement ce volume. Parce que c'est ça qui fait toute la différence. Et les femmes, elles nous disent, avant, il n'y avait rien là. Et maintenant, il y a quelque chose. Et on voit que ça les remplit de fierté, quand même.
- Speaker #1
J'ai pu lire qu'aujourd'hui, les mutilations sexuelles féminines se pratiquent dans des hôpitaux, dans les pays où cette mutilation est pratiquée. Je voulais avoir un peu votre avis, en tant que médecin, sur cette question-là.
- Speaker #0
Ça, c'est encore une fois la fausse bonne idée. C'est-à-dire qu'on a pu renvoyer aux personnes qui pratiquaient l'excision dans les pays concernés des images très négatives de barbarie, de dangerosité. Et en fait, la réponse ne s'est pas faite attendre. Vous nous accusez de le faire avec des instruments dégoûtants qui sont passés de petite fille en petite fille et on leur transmet le sida et des tas d'horreurs. Vous nous accusez de ne pas respecter leurs douleurs parce qu'on ne les endort pas. Vous nous accusez de ne pas anticiper l'infection parce qu'on ne leur donne pas des antibiotiques. Il n'y a pas de problème. Il faut le faire à l'hôpital. Elles dorment, les instruments sont stériles, on leur donne les antibiotiques, il n'y a plus de sujet. En fait, il y a un vrai sujet. Parce que puisqu'elles dorment, je peux couper aussi profond que je veux. Et donc, je vais rendre de ce fait la réparation beaucoup plus difficile, le trauma beaucoup plus profond. et la séquelle physique pure, parce que si on arrive à racler un maximum de clitoris, il n'y aura plus grand-chose à simuler. Donc c'est une pratique détestable, ce d'autant que, portée par la paix du gain, certains chirurgiens vont faire dans la même clinique, je coupe, je répare. Dans les deux cas, ça me rapporte des sous.
- Speaker #1
Un dernier mot pour nos auditrices, qu'est-ce que vous pourriez dire à un homme ? qui vous écoute, qu'il soit ou non issu d'une ethnie ou d'une famille qui pratique l'excision, sur l'important, sur sa participation. de près ou de loin contre ce fléau ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est assez simple. Je dis toujours que si les hommes se levaient tous en disant, il est hors de question que j'épouse une fille excisée parce que j'ai envie d'avoir une vraie partenaire qui soit mon égale, qui soit aussi impliquée que moi dans notre sexualité de couple, je pense que les mères arrêteront de couper leur fille parce qu'elles sont coupées, elles ne sont plus mariables, et donc on va arrêter de les couper. Je pense que les hommes ont une très grosse responsabilité, parce qu'ils la jouent un peu, c'est pas ma faute, c'est pas moi qui décide, c'est ma mère, ma grand-mère, ma tante, etc., sans se questionner sur la finalité de cet acte. Et je le vois, parce qu'il y a parfois des femmes qui me disent, mon mari a pris une femme non excisée, qui est devenue sa maîtresse, et il me dit qu'il s'amuse beaucoup plus avec elle. Donc j'ai envie de lui dire, mais il suffit que tu aies d'emblée, tu prennes une femme pas excisée, ça va aller mieux pour tout le monde. Donc... J'espère que cette prise de conscience des hommes permettra petit à petit de transformer cette tradition néfaste en une tradition antique qui a disparu, parce qu'on a bien compris qu'elle était vraiment très néfaste.
- Speaker #2
Je pense que la place des hommes, elle est indéniable. Et malheureusement, on n'a pas assez d'hommes qui prennent la parole sur le sujet. Parce que bien que l'excision soit une pratique faite sur les femmes, Par les femmes, on oublie une chose, c'est qu'au bout du bout, c'est pour les hommes que les femmes sont victimes de mutilations. C'est une violence patriarcale, c'est une violence pour contrôler la sexualité de la femme, c'est une violence qui permet de contrôler l'intégrité physique des femmes. Et tant que les hommes n'ont pas pris conscience qu'on n'est pas en train de purifier une femme, on est en train de mutiler une femme, que tout au long de sa vie, cette femme, à partir du moment où elle a vécu une excision, ... tout au long de sa vie, elle aura des conséquences plus ou moins fortes, mais elle aura forcément des conséquences psychologiques, sexuelles, médicales. Et l'homme qui partage la vie avec la femme est aussi concerné par ça. Donc pour moi, c'est important que les hommes s'impliquent et aujourd'hui, malheureusement, il n'y a pas assez d'hommes qui s'impliquent. Mais quand même, il y a des hommes qui aujourd'hui travaillent sur ces sujets-là. Il y a une association qui s'appelle Femmes en Traite et Autonomie qui travaille beaucoup sur les médiateurs. hommes qui eux s'impliquent sur ce sujet, qui mettent en place des actions pour aussi accompagner des hommes pour qu'ils comprennent que l'excision n'est pas qu'un problème féminin, c'est avant tout un problème mondial de droits humains et qu'on a tous un rôle à jouer. Donc pour moi la place des hommes elle est indéniable et si on parle en faisant lors de différents événements que nous avons organisés, nous avons pu avoir des hommes qui sont venus parler des sujets, on a des hommes artistes qui prennent la parole sur le sujet, je peux vous donner un exemple qui... qui pour moi est juste une figure hyper inspirante. Tiken Jafakoli, c'est quelqu'un qui s'implique sur la thématique de l'excision. Pourquoi ? Parce qu'il a des sœurs qui ont été excisées et qu'il a vu la souffrance de ses sœurs. Et en tant qu'homme, il a trouvé nécessaire de prendre la parole sur ce sujet. Et des Tiken Jafakoli, il y en a partout. Il faut juste qu'ils osent parler aussi et œuvrer dans la lutte contre l'excision.
- Speaker #1
Voilà, ici se termine cet épisode. Je vous avoue que je suis pas peu fière de ce que j'ai fait. Ceux qui me connaissent savent que l'ordinateur, les sons et moi, c'est un peu compliqué. bon alors si tu as des retours à me faire sur les mutilations sexuelles féminines ou encore les violences faites aux femmes n'hésite pas à me laisser un commentaire sur la plateforme ou encore venir en échanger avec moi sur instagram Tu peux aussi, si ça t'a plu, mettre des étoiles. Les 5 étoiles, je t'avoue que ça m'aiderait à me faire connaître et ça me donnera un peu de force. Je t'invite également à visiter les sites du GAMS, de la Maison des Femmes et également de Exilion Parlons-en. Tu trouveras plein d'informations pour toi-même, ta culture générale ou encore pour pouvoir partager autour de toi. n'oublie pas non plus que si tu as envie de manger des bons fruits, tu peux contacter par Instagram Aïssatou les fruits délices. Voilà, merci encore et je vous dis à très bientôt.