Speaker #0Ce qui a été le plus difficile pour moi, ça a été finalement la stigmatisation, le jugement et le regard que les autres ont pu poser sur moi. Parce qu'il y a quelque chose dont on parle très peu, c'est la stigmatisation des personnes qui rompent. Parce que oui, j'ai su à ce moment-là que rompre, ça te dérange. Et ça te dérange beaucoup plus que ce que je pensais. Parce que c'est une réalité, on est dans une société qui valorise... énormément le fait d'être en couple. Et en fait, on a l'impression qu'être en couple, ça se mérite. Ça veut dire qu'il faut accepter de tenir, il faut accepter de supporter, même ce qui est pourtant insupportable. Et qu'il faut faire pour que ça fonctionne des efforts coûte que coûte et le temps qu'il faudra. Alors, quand quelqu'un décide de rompre, notamment lorsque c'est une femme, on le regarde souvent comme une personne qui abandonne. Et d'ailleurs, souvent, on entend dans les conseils, mais essaie encore, mais est-ce que tu as essayé ça, est-ce que tu as essayé ça ? Mais non, mais là, tu laisses, mais il ne faut pas abandonner, il faut continuer. Ouais, mais continuer jusqu'à quand ? Continuer jusqu'à où ? Jusqu'à se perdre totalement ? Je ne sais pas. Et moi, j'ai besoin de dire que rompre, en fait, ce n'est pas un échec. Et on a l'impression que rester coûte que coûte, ou quoi qu'il en coûte, comme dirait notre cher président, était la seule preuve d'amour valable. Mais c'est la preuve d'amour à qui ? À l'autre. En fait, ce qu'on oublie, c'est que rompre n'arrive jamais par hasard. C'est jamais une décision qui a été prise à la légère. Ce qui sort des différents témoignages que j'ai pu avoir, c'est qu'avant de dire « je te quitte » , il y a eu l'aboutissement d'un long processus intérieur. Avec des doutes, des remises en question, des tentatives d'arranger, des silences et surtout une grosse fatigue émotionnelle. Et c'est ça qu'on ne voit pas. Ça, on ne voit pas tout ce que la personne qui est rond a vécu pendant des mois, voire des années. Pour essayer de comprendre la situation, pour arranger la situation, pour tenir. Et on ne parle pas des concessions répétées et surtout aussi tout ce qu'on laisse de soi derrière. Tout ce qu'on laisse de soi en acceptant, en se taisant, en supportant. Puis autre chose, qu'on se le dise et qu'on soit honnête, c'est que quand quinquairons, ça renvoie aux autres à leur propre champ. Ça nous le fait tous. Ça nous renvoie à ce que nous on accepte qu'on ne devrait pas accepter, à ce qu'on tait dans nos couples, et Merci. à ce qu'on supporte en silence. Alors oui, c'est humain. Plutôt que de se regarder en face, on préfère juger. Et en plus du regard et de la stigmatisation des personnes de l'extérieur, tu dois aussi gérer les étiquettes que te met la personne que tu quittes, qui va certainement te dire ou qui t'a certainement dit que t'es égoïste, que t'es instable, que de toute façon tu ne l'as jamais aimé. Et surtout, ce qu'on entend beaucoup, c'est Il y a forcément quelqu'un d'autre. Parce que ce qu'il faut aussi se dire, c'est que finalement, pour celui qui entend « je te quitte » , ce n'est pas simple d'accepter la vérité. Notamment quand la vérité est « oui, je t'aime, oui, je crois et j'ai cru en notre histoire, pourtant il faut que je parte parce que j'ai besoin de me préserver » . Souvent on dit « parce que je m'aime plus que je t'aime toi » . Et là... Ça peut être chaud. Ça peut être chaud parce qu'on nous a appris, à nous les femmes, à tout donner pour notre couple, nos enfants, notre famille. Et là, comment ça, on peut se permettre de s'aimer plus que tout ça ? C'est une véritable transgression. C'est pour ça que je ne supporte pas entendre qu'on puisse dire à la personne qui quitte, c'est un lâche. Alors je ne vais pas rentrer dans les histoires individuelles, mais quelle que soit la raison, quelle que soit la manière dont ça a été fait, pour moi, on a toujours une raison qui est profondément intime et douloureuse. Ou quelque chose qui, comment je vais dire, dans lequel c'est, dans beaucoup de cas, il y a aussi le truc où soit j'arrête, soit je perds la vie. C'est une question de vie ou de mort. Ça peut paraître fort ce que je dis, mais pour l'avoir vécu, c'est réellement ça. Si aujourd'hui tu m'écoutes et que tu as décidé de rompre, non pas pour fuir, mais pour te choisir, arrêter de te perdre et refuser de continuer à t'éteindre un petit peu, sache que si tu ressens de la culpabilité, de la tristesse ou encore un poids du regard des autres, sache que ce que tu vis... est profondément humain. Et c'est justement pour ça que là, j'ai envie de te parler tout de suite des étapes du deuil. Parce que pour moi, comprendre ce processus, c'est déjà commencer à se réparer. Alors oui, je parle de deuil parce qu'une rupture, c'est un deuil sentimental. Parce que tu ne perds pas seulement une relation, tu n'arrêtes pas seulement une relation, tu perds aussi un quotidien, des habitudes, des projets, une version de toi-même. Et même si tu es la personne qui rompt, le processus du deuil est réel et il est important. Alors, je vais te le présenter avec un certain ordre, mais il est important que je te dise et que tu saches qu'il n'y a pas d'ordre précis. Et il n'y a pas non plus de durée idéale. Donc, je dis ça parce que souvent on me dit, oui, mais il faut combien de temps pour sortir de ce deuil sentimental ? Et là, moi, je n'ai pas de réponse et finalement, personne ne l'a. Après, il est vrai que le processus de guérison... Et plus ou moins long en fonction déjà de ce qui est long ou pas pour toi, mais aussi le temps pour se remettre dépend de la durée de la relation, de la présence ou non d'enfant, du motif de la rupture, mais aussi de la manière dont la séparation s'est déroulée. Alors, avant d'amorcer sur les 7 étapes du deuil lors d'une séparation, il est important que je puisse te dire que je vais présenter sous forme d'étapes, avec des numéros d'étapes. C'est un ordre que je te présente là, mais chacun, avec ce qu'il est, la manière dont il réagit, dont il fait face aux choses, peut vivre l'ordre différemment. Tu peux passer d'une étape à l'autre, donc l'étape 1, 2, 3, et finalement revenir à l'étape 4, repartir à l'étape 7 pour revenir, vraiment tout ça dépend de toi. Mais en tout cas pour moi, je le redis, c'est primordial de les connaître, parce que ça te permet déjà de te sentir un peu moins perdu. Alors il y a 7 étapes, alors comment je vais te les présenter, je vais te donner un peu, non pas la définition, mais ce que tu peux ressentir. ou comment tu peux vivre dans chaque étape. Et je te donnerai quelques petits conseils, des petits exercices à faire pour pouvoir te sentir mieux et aussi avancer vers les autres étapes. Donc la première étape est l'étape du choc. Dans cette étape, les choses te paraissent irréelles. Bon, tu sais que la décision est prise, tu l'as prise, mais... tu as quand même du mal à y croire. Soit tu peux te dire, j'ai osé, ou merde, qu'est-ce que j'ai fait ? En tout cas, tu as ce sentiment que ton corps avance, comme un automate, mais que ton esprit est totalement ailleurs. Tu peux te sentir vide, complètement anesthésié ou déconnecté. Ce qui est important que tu saches là, c'est qu'il faut que tu te laisses le temps, le temps d'atterrir. En tout cas... le choc, c'est le signal que ton corps a besoin de temps pour t'ajuster. Ce que je te propose de faire, c'est de noter dans un cahier ce que tu ressens. Même si c'est désordonné, tu n'as pas besoin d'écrire des choses bien structurées, etc. ou quelque chose de propre. C'est vraiment noter ce que tu ressens. Essaye de prendre aussi chaque jour un temps pour respirer profondément et essayer de te reconnecter à ton corps. Je sais que j'ai une amie qui, tous les matins, Prend le temps de se réveiller et de méditer. Et ce temps-là, c'est un temps où elle reprend certaines sensations, où elle ressent, comme elle peut dire, son cœur battre, ses poumons respirer, ses doigts bouger, vraiment. Donc voilà, moi je te propose ça, de te reconnaître à ton corps et surtout de parler. Parle, trouve-toi des personnes ou une personne de confiance. à qui tu peux échanger sur ce que tu vis. Et je te souhaite de trouver la bonne personne, celle qui aura une écoute et laquelle tu te sentiras en sécurité et assez libre. La seconde étape est celle de la colère. Alors tu peux ressentir une forte colère envers toi-même, envers l'autre, envers la vie. Cette colère peut être silencieuse, après ça dépend vraiment de certains, ou d'autres plus explosives. mais c'est pas parce qu'elle est silencieuse que ça veut dire que tu t'en fous et plus explosive ça veut dire que tu as fait le mauvais choix donc ça c'est important que je te le dise en tout cas accueille-la, autorise ta colère à exister, écris, bouge ton corps la colère en fait c'est une énergie c'est une énergie et c'est pas une faiblesse elle est là pour te pousser à poser tes limites et à prendre soin de toi Donc vraiment, accueille-la. Ce que tu peux mettre en place comme action véritable de la colère, c'est toujours bouger, comme un peu dans le choc. Fais de la danse, fais du sport. Enfin, vraiment les choses qui te plaisent et qui te permettent de bouger. Marche, va voir des expos, va au ciné, écris. Voilà, crie. S'il faut crier, crie. Mais en tout cas, c'est important que... C'est important que tu prennes conscience que cette émotion t'indique ce qui est important pour toi. C'est le moment finalement où tu commences à penser un peu à ce qui te fait du bien. C'est aussi pour ça que des fois, t'as l'impression que c'est contradictoire. C'est aussi pour ça que des fois, les personnes pensent qu'elles n'attendaient que ça pour vivre sa life. Mais non, en fait, c'est faire des choses qui te font du bien pour pouvoir avancer. Et surtout... Essaye chaque jour, en fin de journée, de prendre le temps de faire un geste doux pour toi. Une respiration, te souvenir d'un moment de gratitude, prendre un bain, aller te faire masser. Enfin, vraiment, là, c'est all for you. Alors, je poursuis par la troisième étape qui est le marchandage. Donc le marchandage, il faut le comprendre comme le fameux « et si ? » « Et si j'avais fait autrement ? » À cette étape, tu as ton esprit qui cherche à comprendre, qui rejoue les scènes. Je voulais juste attirer ton attention sur le fait que tous ces questionnements-là ne veulent pas dire que tu as pris une mauvaise décision. Il faut comprendre aussi que là, tu es dans un processus de deuil. Et ces questionnements-là valident que le processus est bien en train de se faire. D'accord ? Ce que je te conseille, moi, dans ces moments-là pour aller mieux, c'est de te rappeler que tu as fait de ton mieux, que tu as pris une décision qui était pour toi et qui était bonne pour toi au moment où tu l'as prise. D'accord ? N'hésite pas à l'écrire, à te l'écrire et à te le dire. J'ai fait ce qu'il y a de bon pour moi. La prochaine étape est la tristesse. qui, comme pour la colère, est une étape qui va te permettre d'évacuer ta souffrance. C'est une étape dans laquelle beaucoup d'entre nous ne voulons voir personne. On s'isole et on repense au passé. Et tout ça, ça épuise. Ça épuise, ça fatigue l'esprit, ça fatigue le moral, ça t'empêche de dormir. Et très régulièrement, c'est aussi une phase qui est dite comme la phase dépressive. Alors juste pour reprendre un peu pour cette étape, mais comme aussi pour les autres, on parle ici de deuil d'une relation, et le mot deuil est quelque chose d'assez fort. Et le deuil amoureux peut agir en nous comme un révélateur émotionnel super puissant. Il va réveiller des choses profondes, parfois anciennes, et très souvent inattendues. Alors moi je ne suis pas du tout psy, mais par contre ce que je peux voir c'est par exemple une peur profonde de l'abandon qui refait surface, des questionnements finalement sur son identité propre, donc qui je suis sans cette personne et puis comment je vais avancer sans le nous. Ça peut être une baisse d'estime de soi, une forte solitude. C'est pour toutes ces raisons, entre autres, que vraiment je t'invite, si tu te retrouves dans une situation de séparation difficile et douloureuse, euh aller consulter un thérapeute ou encore en parler avec ton médecin traitant. Donc là, j'en suis à l'étape 5, qui est l'étape de la résignation. Alors, même quand tu as pris la décision de rompre, il arrive un moment où la réalité s'installe et les émotions se calment. Tu es beaucoup moins dans la lutte ou dans la justification, mais tu es dans l'acceptation de ce que tu as choisi. Et la résignation, c'est un espace de repos et de clarté intérieure. Alors, t'es passé par pas mal de phases difficiles, donc là, accueille, accueille, accueille. Profite vraiment de ce temps du silence, de la nature, du silence et de l'apaisement de ton cœur et de ton esprit. Profites-en pour essayer de te recentrer sur toi, sur tes projets, sur tes proches. Aime, aime, aime. Aime la bouffe, aime-toi, aime sortir, aime ta décision, enfin aime. Prends soin de toi, n'hésite pas. n'hésite pas à continuer les petits rituels que tu as déjà commencé peut-être il y a plusieurs semaines, plusieurs mois, qui peuvent être la marche, la relecture, le cinéma, flâner, enfin vraiment, prends soin de toi. Ce que là je peux te proposer, c'est peut-être de noter sur un carnet ce que la rupture t'a appris sur toi, mais également sur tes besoins. Alors par exemple, ce que ça peut T'apprendre sur toi, ça peut être tes limites, ce que tu ne veux plus accepter dans une relation. Ça peut être aussi tes forces, tout ce que finalement tu es capable de faire sans l'autre, comme prendre une décision, faire de la peinture, trouver un appart, enfin voilà. Mais aussi tes préférences sur ce que toi tu aimes faire toi, ce qui te fait du bien. Et quand je parle de besoin, ça peut être par exemple le besoin... De temps pour soi, le besoin d'un équilibre entre la vie perso et la vie pro. Alors peut-être que mes exemples ne vont pas du tout te parler, donc n'hésite pas, reprends ton carnet et écris « Cette rupture m'a appris que j'ai besoin de… » et voilà, « et j'ai découvert que je suis capable de… » Et toutes ces phrases devraient te permettre de prendre conscience de tes valeurs, mais aussi de tes limites, comme de tes envies. Et ça va te permettre finalement de construire des relations plus saines à l'avenir et aussi d'être, comment je vais dire ça, au niveau identitaire, être plus en phase avec toi-même. C'est vraiment un exercice de recentrage sur soi qui, moi, je le trouve très puissant pour pouvoir transformer la rupture en apprentissage et surtout en croissance personnelle. Et c'est là, oui, où on se rend compte que rien n'arrive par hasard et que de chaque situation, même les plus douloureuses, on peut en sortir le meilleur de soi. Et là, on arrive à la dernière étape. Donc, ça va être l'acceptation et la reconstruction. Et à ce stade, tu arrêtes de lutter. Tu arrêtes de lutter contre la réalité et tu commences à reprendre les rênes de ta vie. Dans les autres étapes, tu as... identifier des besoins, là dans cette étape, tu les mets en action. Ça y est, la rupture, tu l'as reconnue, tu sais que c'était nécessaire, tu sais qu'elle était bien pour toi, tu t'es choisi, tu as choisi de te respecter et de reconstruire en te respectant. Tu ressens à ce moment-là une forme de paix intérieure qui va être de plus en plus grande. Tu retrouves une énergie, tu prends soin de toi. voilà, et mon seul conseil si je peux parler de conseil, c'est profites-en, voilà, profite crée ton petit monde, penser à soi n'est pas de l'égoïsme c'est un cadeau que tu te fais et un cadeau que tu fais au monde ah, j'allais arrêter là mais il y a une chose que je dois te dire n'oublie pas, s'il te plaît de visualiser tout ce que tu as accompli, tout ce que tu es en train d'accomplir. Ne l'oublie pas, parce que souvent on oublie, on pense souvent à ce qui a été compliqué, mais pas à toutes les victoires, même celles qu'on a l'impression qu'elles sont infimes. D'accord ? Et ça, ça va te permettre de vraiment poursuivre ta réalisation et ta croissance.