- Speaker #0
Et si votre passion du vélo prenait une nouvelle dimension ? Rejoindre la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est bien plus que rouler à vélo. C'est partager des sorties conviviales, c'est progresser grâce aux conseils des plus expérimentés, c'est transmettre aux plus jeunes qui souhaitent se développer. Mais c'est aussi et surtout profiter de milliers d'événements. Adhérer à la Fédération Française de Cyclotourisme FF Vélo, c'est aussi bénéficier de nombreux avantages de formation dans un cadre qui donne encore plus de sens à chaque coup de pédale. Alors, êtes-vous prêt à trouver un club ? Pour cela, je vous invite à aller sur le site ffvélo.fr et rejoindre la grande communauté des cyclotouristes. FF Vélo, le vélo ensemble. Salut à toutes et à tous, bienvenue dans Tous en Seine, le podcast qui te donne envie d'enfiler un casque et de partir seul ou à plusieurs à l'aventure. Ici, pas de chichi, pas de filtre, on parle vrai, on parle passion, on parle kilomètres. Des kilomètres qui font vibrer, mécanique mais aussi un partage d'expérience. Que tu sois cycliste du dimanche, compétiteur, ultra-cycliste, vélo-taffeur, ou tout simplement passionné du vélo et du deux-roues, tu es au bon endroit. Alors, installe-toi, respire profondément et prépare-toi à embarquer. Ici, on roule ensemble et on roule loin. C'est parti, toutes et tous en selle. Eh bien, écoute Thibaut, je suis heureux de te retrouver face à moi parce que ça fait quand même pas mal de temps qu'on échange. Et puis, je te suis aussi depuis très longtemps. Donc, je suis ravi de t'avoir face à moi sur le podcast. Tout sans sel, alors les gens vont se dire Thibaut Barognon, le trailer, l'ultra trailer sur un podcast de vélo, vous allez découvrir qu'il y a une sacrée relation. Comment ça va Thibaut ?
- Speaker #1
Salut Arnaud, salut tout le monde. Bah écoute, plaisir partagé, ça va très bien, de retour de voyage là sur Lyon du coup. Et puis l'hiver approche donc ça fait plaisir.
- Speaker #0
Alors c'est vrai qu'au moment où on enregistre cet épisode, Thibaut revient tout juste d'Argentine et on est le week-end de la Saint-Élion, c'est pour ça que j'en ai profité pour pouvoir enregistrer en studio avec Thibaut, sinon le reste du temps, l'emploi du temps est assez chargé. Pas trop de décalage horaire ?
- Speaker #1
Un petit 4 heures, mais écoute, il faut se réveiller puis après ça va être bon pour la journée.
- Speaker #0
Tu nous raconteras également la performance que tu viens de réaliser le week-end dernier, justement sur les chemins argentins. La première question que j'ai envie de te poser Thibaut, c'est à quel moment est-ce que ta relation commence avec le sport ?
- Speaker #1
J'ai 37 ans au mois de janvier, je pense que ça fait 37 ans que ma relation a commencé.
- Speaker #0
Ça veut dire que tu as été baigné dès petit avec des parents sportifs ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et ça faisait partie du quotidien ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors mes parents étaient sportifs sans être sportifs de haut niveau ou athlètes en tout cas. Mon père faisait de la course de montagne quand j'étais jeune. Mais on a toujours été dehors, on a toujours été en montagne, on a toujours été à la neige. on a toujours vécu déjà dans une région montagneuse et proche de la nature.
- Speaker #0
Tu dis course de montagne, c'était ce qu'est le trail aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, ce qui fait maintenant le trail. C'était forcément des formats un peu plus courts à l'époque, mais par exemple un cierginal ou des montées d'une aigle. Ils prenaient des dossards en tout cas en course à pied, et c'est marrant de revoir les images aujourd'hui. Mais oui, depuis tout petit, on est dehors, on est à la neige, on faisait de la luge. Depuis tout gamin, nos parents nous emmènent avec mon frère en montagne. Et puis, je pense que c'est comme ça que tu commences à apprécier forcément la nature.
- Speaker #0
Et alors, est-ce que petit, tu avais un sport de prédilection ? Est-ce que la course à pied, tu étais dans un club d'athlétisme ? Est-ce que tu faisais des compétitions ou est-ce que tu faisais un autre sport ?
- Speaker #1
Alors, j'ai fait un autre sport où forcément on court, mais on court après un ballon. J'ai fait du foot, comme à peu près tous les gamins de mon âge. J'ai fait du foot une dizaine d'années depuis... L'école primaire, on jouait dans la cour avec les copains, puis après en switché, on allait au stade, au club. Et puis on adorait ça parce qu'on était une bande de copains et moi j'adorais courir, donc j'étais attaquant, j'adorais les ballons en profondeur et je courais. Ça rendait fou mes défenseurs, je courais partout sur le terrain, donc j'avais déjà une certaine affinité avec la course à pied.
- Speaker #0
T'avais pas de poste en fait ?
- Speaker #1
Ouais, j'étais devant mais après je bougeais. Et après, forcément avec l'école primaire plus le collège, t'as les cross qui commencent à... Le fameux cross du collège. Et puis je me débrouillais pas mal, j'aimais bien courir, donc j'ai fait toutes les petites saisons de cross scolaires on va dire. Mais j'ai jamais été en club d'athlètes en tant que tel.
- Speaker #0
Proprement dit, il y a fait des tours de piste.
- Speaker #1
Ouais voilà, j'ai jamais été à l'entraînement d'athlètes du moins. Et puis après j'ai commencé parallèlement le ski de fond. à l'école primaire aussi, donc j'ai fait longtemps du foot et du ski de fond. Et puis forcément, en ski de fond, on s'entraîne aussi en course à pied pour l'hiver, donc sur la saison estivale-autonale. Donc voilà, j'ai quand même couru depuis tout petit, sans faire des compétitions, on va dire, hors scolaire, en course à pied.
- Speaker #0
Et est-ce que petit, tu avais déjà des rêves ? Tes rêves de sport adulte, d'être professionnel sans connaître précisément le sport. Est-ce que déjà, tu avais des ambitions ou des rêves de sport quand tu serais grand ?
- Speaker #1
Pas forcément. J'adorais la compétition. Après, quand le ski a pris un peu plus de place, forcément, on s'identifie à ceux qui sont en équipe de France, etc. Donc là, j'étais plus porté sur le ski. Et comme ça marchait bien, je me disais pourquoi pas. en tout cas pour pourquoi pas intégrer un sport-études, puis après, on verra ce qui se passe. Mais je n'avais pas forcément un rêve bien défini. J'aimais la compétition, mais j'ai aussi fait du ping-pong, j'ai touché un peu à plein de choses. Tu aimais les sports. Oui, j'aimais les sports, j'aimais la confrontation. Et voilà, après, ça m'a amené là où ça m'a amené. Mais je n'avais pas forcément un rêve prédéfini qui m'a amené à être sportif de haut niveau.
- Speaker #0
Alors, le ski de fond, c'est vrai que tu en parles, mais tu vas aller jusqu'à l'équipe de France de ski de fond. et est-ce qu'à un moment donné le biathlon était aussi visible qu'aujourd'hui ? Est-ce qu'à un moment donné tu t'es posé la question de tester ce sport ? Ou est-ce que tu as toujours été focus sur le ski de fond ?
- Speaker #1
Alors dans la catégorie KD, donc on doit avoir 14-15 ans, j'avais fait quelques stages de biathlon. Comme je me débrouillais bien sur les skis en fait, j'avais été repéré aussi par le côté biathlon. Et mon club, qui était le ski club nordique du Pays Ausha, donc à la Roche-sur-Ferrand en Haute-Savoie, était plutôt porté ski de fond à l'époque. Et le biathlon avait moins la visibilité qu'il a aujourd'hui. Donc j'ai penché forcément pour le ski de fond. Puis j'aimais bien aussi le fait de courir en style alternatif classique, enfin d'avoir les deux styles quoi. Mais je me débrouillais bien dans les deux styles, donc c'était aussi un point fort. Mais voilà, j'ai touché un tout petit peu au biathlon, mais je n'ai jamais poussé sur cette voie-là.
- Speaker #0
Et est-ce que tu penses que la caisse, probablement que tu as développée dans ces années-là, te sert aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Parce que le conflit du ski de fond, pour l'avoir testé un peu, tu comprends tout de suite que ça développe la condition physique plus plus. J'allais dire, tu prends une caisse avec le ski de fond qui est incroyable.
- Speaker #1
Oui, les deux sports où les VO2 sont les plus élevés, c'est l'aviron et le ski de fond. C'est les deux sports où tu utilises le plus de muscles de ton corps. Donc depuis des années, je m'entraînais l'été pour l'hiver. Et puis après l'hiver, tu enchaînes les compétitions, les heures sur les skis. depuis tout petit avec les stages d'entraînement en altitude etc donc tu développes des compétences, des capacités même d'adaptation sur plusieurs sports qui sont énormes et puis qui font qu'aujourd'hui c'est ma base finalement que j'ai presque plus, c'est une base que tu travailles plus quoi, qui sera là tout le temps. Oui,
- Speaker #0
c'est à base. Effectivement, et c'est vrai que quand j'ai préparé cet épisode, je ne connaissais pas cette face-là, cette expérience-là en tout cas de ton passé, cette facette de ton passé sur le niveau quand même... L'équipe de France Junior, voilà, ça met quand même le niveau. Est-ce que tu as vu aussi, je te poserai la même question sur le travail tout à l'heure, mais est-ce que tu as vu les équipements évoluer sur le ski de fond ? Entre le moment où toi, tu étais en équipe de France, et aujourd'hui, notamment avec Salomon, la marque que tu représentes, mais est-ce que tu as vu le matériel considérablement évoluer, parce que tu pratiques toujours ? On en parlait juste avant d'ouvrir les micros, Thibaut me disait, j'ai fait 120 bornes en ski de fond, j'ai mis 7 heures. Ensuite, j'ai fait le parallèle avec une sortie de vélo, je me suis dit, ah ouais. Ça va vite. Est-ce que tu as vu le matériel évoluer ?
- Speaker #1
Oui, le matos a évolué, mais je trouve qu'il n'a pas forcément évolué de la même manière que sur le vélo ou sur la course à pied. De la même manière, c'est-à-dire ? Oui, moins rapidement, il n'y a pas eu de gros gaps. De grosses révolutions, oui. Moi, mes skis d'il y a 20 ans, je les utilise encore aujourd'hui et ils vont très vite et ils marchent très bien. Parce que ce sont des technologies qui n'ont pas eu de révolution sur un ski. la structure Alors oui, il y a le carbone qui est arrivé, il y a des choses fines.
- Speaker #0
Mais il n'y a pas eu de révolution comme il peut y avoir dans le vélo avec des roues, effectivement, avec des cadres, ce genre de choses ? Non,
- Speaker #1
je peux me tromper parce que je ne suis pas dans le milieu technique du ski. En tout cas, je le pratique et forcément, il y a des choses fines sur le ski, il est plus léger, etc. Mais ce n'est pas une grosse révolution.
- Speaker #0
Le fart peut-être ?
- Speaker #1
Oui, certainement. Quand fart, ils ont évolué. Après, moi, j'utilise du fart comme toi, tu peux l'utiliser, juste plutôt pour l'entretien. Je pense qu'en ski classique, ils ont aussi un peu affiné leur farte, mais il y a des anciennes méthodes qui marchent très bien aujourd'hui. Je pense qu'aussi, les forces des grosses équipes, c'est d'avoir toutes ces anciennes méthodes et de pouvoir les réutiliser aujourd'hui, des choses qui marchaient il y a 20 ans et qui remarchent encore aujourd'hui. Je pense qu'il y a eu moins de grosses révolutions en ski de fond. Je pense que l'évolution la plus majeure, c'est l'entraînement. Les techniques d'entraînement. de l'athlète de la physiologie, de ce qui marche, ce qu'il faut faire à l'effort comment optimiser finalement la préparation pour arriver à être qu'un tube champion du monde comme Clébeu ça reste impressionnant comme sport en tout cas moi là,
- Speaker #0
j'imagine la condition physique que doivent avoir ces athlètes ça reste impressionnant et le ski de fond fait toujours partie de ta préparation aujourd'hui ?
- Speaker #1
Oui, clairement, dès que l'hiver arrive, j'ai envie de remonter sur les skis et je fais beaucoup d'heures. Je fais peu d'intensité l'hiver sur les skis. Je suis de faire une ou deux courses quand le calendrier le permet, mais vraiment pour m'amuser. Je sens que j'ai perdu énormément en intensité sur les skis fonds, en fréquence. Alors, j'arrive à m'amuser un peu avec les pelotons, mais c'est quand même un peu plus compliqué qu'avant. Mais ça fait partie pleinement de ma préparation aujourd'hui. J'aime bien poser, en tout cas, beaucoup moins courir l'hiver. presque poser les baskets et puis mettre les skis de fond.
- Speaker #0
Est-ce que c'est à l'occasion de tes stages ou quand tu pratiques le ski de fond ? Est-ce que c'est un moyen pour toi aussi de ne pas te vider la tête et de maintenir ta condition tout en prenant du plaisir sur des pistes quand tu vas justement en stage en Norvège ? Mais est-ce que ce n'est pas aussi un moyen de maintenir une condition tout en faisant baisser la pression ?
- Speaker #1
Oui, clairement. Je pense que dans tout sport, c'est quand même bien d'avoir une autre activité sportive qui justement…
- Speaker #0
Ça permet d'évacuer la pression. Parce que tout au long de l'année, vous êtes quand même... Je ne sais pas, on en parlera, mais il y a une énorme pression. Mais il y a quand même une préparation, des entraînements dans l'objectif d'une compétition pour avoir des résultats. Et là, le fait de faire un sport plaisir, qui en plus tu maîtrises parfaitement, ça doit aussi permettre de faire retomber tout ça.
- Speaker #1
Comme tu dis, tu n'as pas de pression de bien faire tes entraînements au kilomètre près, à la vitesse, au dénivelé, etc. Là, tu vas skier, si tu fais deux ou trois heures, c'est très bien. Si tu en fais quatre, c'est bien aussi. Si tu rentres avant, ce n'est pas grave. Il n'y a pas cette pression de l'entraînement un peu timée, tu n'as pas la pression non plus d'une compétition qui arrive, donc il faut bien faire les choses, tu as beaucoup plus d'adaptation possible. Et puis voilà, au niveau mental, tu as autre chose, je maîtrise le sport comme tu dis, donc c'est hyper plaisant pour moi d'aller sur les skis. Si je veux faire une heure et demie, très cool, je peux faire. Si je veux mettre plus d'intensité, je peux faire aussi. donc ouais c'est le moyen de de vider la tête, de faire un peu un reset et tu travailles ta condition physique tu travailles du volume la caisse de base quoi, t'avais O2 de base, donc c'est juste hyper complémentaire avec l'été.
- Speaker #0
Et en plus tu partages, parce que de ce que j'ai pu voir, c'est que tu pars avec des potes, des amis, pour partager tout ça, notamment Camille Bruyat, qui t'accompagne souvent.
- Speaker #1
Que t'as eu au pote.
- Speaker #0
Alors moi j'en parle souvent de Camille, parce que c'est la seule personne, enfin en tout cas c'est parmi, j'ai dû faire ça sans podcast en 6 ans, Et j'en parle souvent dans mes podcasts parce qu'elle m'a impressionné par l'écoute de son corps. C'est une athlète qui n'a pas de pression. Si je me sens fatigué, si je ne me sens pas bien, je ne vais pas m'entraîner. Elle a transpiré le fait de connaître parfaitement son corps. Et effectivement, je vois qu'elle va skier avec toi les hivers en Norvège.
- Speaker #1
Oui, on essaye de partager beaucoup. Déjà, on n'habite pas très loin. avec le même entraîneur donc c'est pratique pour pour partager et puis camille elle a une caisse de fou que ce soit à pied à vélo ou est ce qu'elle pédale beaucoup si elle pédale beaucoup mais plusieurs passes plus elle est forte donc c'est plutôt cool non mais ouais cam c'est toujours un plaisir de les partager avec elle et puis bah Le sport qu'on pratique.
- Speaker #0
Ton compagnon aussi, Pénal. Oui,
- Speaker #1
Antoine et Camille, on partage beaucoup. Je partage autant avec Antoine qu'avec Camille, je pense. Et tu parlais de partage, c'est essentiel pour nous de partager notre activité. C'est notre boulot aussi. Donc ça permet de passer du temps ensemble et puis que les séances passent un peu mieux, que ce soit à pied ou à ski ou à vélo. Dès qu'on peut le faire ensemble, en tout cas, on essaie de caser des choses ensemble.
- Speaker #0
Bon, génial. On parlera du Team Salomon tout à l'heure. On revient sur l'équipe de France Junior. Est-ce que ça veut dire, Thibaut, qu'à un moment donné, quand on est en équipe de France, ça va m'amener sur le volet les études ? Comment tu t'orientes dans tes études à ce moment-là ? Est-ce qu'il y a eu des choix à faire à un moment donné ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu un gros choix à faire après le bac. Moi, je fais ma meilleure année sur les skis. Quand tu es en sport et études, les années s'appellent ski 1, ski 2, ski 3, ski 4.
- Speaker #0
Et ton sport et études, tu l'as fait en... Quelle phase scolaire ? C'était quoi ? Au collège ? Au lycée.
- Speaker #1
J'étais au lycée du Fayet où j'habite maintenant aujourd'hui. Au lieu de faire trois ans de lycée, tu en fais quatre. Tu n'as pas cours l'hiver, tu n'as pas cours le mardi, mercredi, jeudi, après-midi pour pouvoir t'entraîner.
- Speaker #0
En fait, tes années, tes matières s'étalent. Tu choisis celle que tu veux faire en première année ou tu t'imposes, mais en tout cas, ça s'étale sur deux ans.
- Speaker #1
Voilà, c'est imposé, mais le calendrier, il est étalé. Au lieu de faire ton année en un an, tu la fais en un an et trois mois. Donc, quand tu attaques ta deuxième année, tu es toujours dans ta fin de première un peu. Mais ça, en fait, c'est des programmes qui sont spécifiques aux skieurs, à la classe de ski.
- Speaker #0
Et est-ce que c'était une discussion avec tes parents ? Parce que parfois, tu sais, tu as certains parents qui disent, « Attends, c'est du sport, je préfère que tu sois dans tes études, et là, tu vas rajouter une année d'études pour le sport. » Est-ce que ça a été une discussion ou c'était naturel de dire, « Tu es en équipe de France Junior, tout se passe bien, tu es motivé, vas-y. »
- Speaker #1
Alors, quand tu rentres, tu n'es pas encore en équipe de France, parce que tu es en dernière année de cadet, si je ne me trompe pas, quand tu rentres en seconde. Donc, tu es plutôt dans les comités régionaux. Donc il faut être au comité régional pour pouvoir prétendre à rentrer en ski-études. Non, non, c'était pas du tout une discussion. Moi, j'adorais le ski. Au niveau des études, ça marchait largement correctement. Donc ça s'est fait naturellement. Puis perdre un an, c'est jamais un an de perdu finalement. Quand tu es dans des structures comme ça, à l'internat, tu apprends beaucoup, beaucoup de choses. Et puis ça te fait évoluer en tant qu'homme et en tant qu'athlète. Donc le choix, il a été surtout en fin de lycée, quand j'ai passé mon bac. Enfin, avant le bac, il faut forcément faire le choix avant. Est-ce que je continue sur la voie de skieur qui m'obligeait à faire des études un peu par défaut ? Ou est-ce que j'arrête le ski et je fais des études que j'ai envie de faire ? C'est ce que j'ai fait. Même si ma dernière année en sein de l'équipe de France, c'est ma meilleure année finalement sur le papier. Donc j'avais largement les capacités de continuer le ski. Je ne sais pas où ça m'aurait mené, mais en tout cas je pouvais le faire. Mais je n'avais pas envie de faire des études par défaut ou que je n'avais pas envie de faire. Donc je me suis dit, bon ben là je privilégie maintenant les études. Et donc, je suis allé passer mon concours de kiné à Besançon. Et je m'étais dit, je reviendrai dans le ski quand je serai kiné dans le SAF. Ça, c'était mon objectif quand j'ai quitté un peu le...
- Speaker #0
Donc, il y a toujours quand même une vision, une bonne réflexion sur ce que c'est ce qui va se passer. Tu vas nous l'expliquer. Donc, alors là, tu te concentres dans tes études. Ce qui veut dire que, moins ou pas, tu vas nous le dire, mais moins de sport. Comment tu as compensé ? Parce qu'il faut forcément compenser. t'as envie tu vois Tu n'as plus la structure de l'entraînement, surtout quand tu es à haut niveau, où chaque minute quasiment est bien programmée. Comment tu as compensé à ce moment-là ? Est-ce que tu t'es mis full dans les études ? Parce que ça nécessite, moi j'ai côtoyé des personnes qui étaient dans ces études-là, tu as fait une première année de médecine, donc ça nécessite du temps, il faut bosser. Comment tu compenses ?
- Speaker #1
Tu l'as dit, j'ai switché entre sportif de haut niveau et étudiant de haut niveau. C'est-à-dire que j'étais à bloc dans un truc, je me suis mis à bloc dans un autre, comme si je préparais les championnats du monde en fin d'année. Donc en fait, je me suis mis à bloc dans les études, j'étais programmé, comme à l'entraînement. J'ai cours le matin de 8 à 12, après je rentrais, je mettais une heure pour manger, et après le 14-18, c'était mes révisions, retravailler les cours de la journée, une petite pause, et après révision le soir, et puis pendant 8 mois, j'ai fait ça. Alors je te cache, je ne sais pas si ça n'a pas été facile.
- Speaker #0
Ah mais c'est sûr !
- Speaker #1
Je prenais une heure le dimanche après-midi pour partir. Donc, je mettais mes baskets, tu vois. J'allais courir une heure et je revenais. Ça m'avait fait du bien. Je prenais un peu de temps pour moi le dimanche après-midi. Mais je me suis mis en mode étudiant de haut niveau. Ça a marché. Ma première année, je fais troisième du concours. Alors,
- Speaker #0
c'est l'année où il y a un tri énorme qui se fait justement pour les étudiants.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est dur. La première année de médecine, il faut taffer. Il faut bosser tout le temps, tout le temps, tout le temps. et je pense que la rigueur du sport Je l'ai appliqué à la rigueur d'un étudiant et quand tu sors d'une filière classique où tu n'as pas eu forcément la rigueur que peut t'apporter l'entraînement d'un sportif, c'est plus dur de se dire tiens il faut que je travaille encore un peu plus qu'au lycée, il faut que je structure les choses, il faut que j'ai une planification qui fasse que je vais réussir en fin d'année. Donc ça, ça m'a apporté beaucoup même si c'est sûr pendant l'année ça a été compliqué de passer de plusieurs centaines d'heures de sport à quelques dizaines. Et à quel moment alors ?
- Speaker #0
À quel moment le sport revient dans ta vie ?
- Speaker #1
Là, je l'ai vraiment quitté pendant huit mois. Je faisais vraiment, comme je te disais...
- Speaker #0
Huit mois, c'est long ? Et sur l'échelle de... C'est long et court à la fois, tu vois. Mais en même temps...
- Speaker #1
Sur le moment, c'est long.
- Speaker #0
Ça peut être une grosse blessure qui nécessite huit mois. Mais ça peut paraître, sur le moment, comme tu le dis, oui, ça doit être long. Mais ça reste encore... Ça peut aller au niveau conditions. Tu perds, certes. Au niveau poids, peut-être. Et à quel moment ça revient ? Est-ce que ça revient juste après, effectivement, ta première année, ça se passe bien ? Tu as atteint l'objectif que peut avoir un sportif, mais toi, c'est au niveau des études. Est-ce que le sport revient tout de suite derrière ou il a encore fallu un temps pour que ça revienne dans ta vie ?
- Speaker #1
Oui, le sport est revenu direct. J'ai passé mon concours, après je ne me rappelle plus exactement, mais je suis rentré chez mes parents en Haute-Savoie. J'ai fait du vélo, j'ai fait un GR20, j'étais en montagne tout le temps. J'ai repris mes activités outdoor sans pression, mais en tout cas, je me faisais plaisir, je faisais des choses dehors. Le vélo était là ?
- Speaker #0
Tu parlais du vélo, le vélo était déjà là dans ta vie ?
- Speaker #1
Ouais le vélo il est arrivé tôt, on en a pas parlé mais en fait quand on est skieur on s'entraîne beaucoup à vélo l'été aussi. J'ai été dans les années avec Jérôme Coppel par exemple, qui était aussi au comité, qui était au ski en sport et études.
- Speaker #0
Et qui était un grand professionnel.
- Speaker #1
Voilà, donc on roulait beaucoup et j'ai fait deux ans au vélo club d'Anne-Mas où Jérôme était passé. Ouais je le connais bien. Pareil quand j'étais cadet, donc tu vois à un moment donné j'ai fait du foot, du ski, du vélo, un peu tout mélangé. Et puis, il fallait faire des choix, donc j'ai choisi le ski. Mais le vélo, ça fait partie de ma vie d'athlète depuis tout petit. Donc, quand j'ai passé mon concours de médecine, après, j'ai repris les activités que je faisais déjà. Donc, le vélo en faisait partie.
- Speaker #0
Ça a toujours été dans ta prépa.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Mais est-ce que le vélo t'a amené jusqu'à la compétition ? Donc, avec le club d'Anne-Mas, tu faisais des compétitions tous les dimanches ou est-ce que c'était juste histoire d'avoir une licence ? et de t'entraîner pour justement maintenir ta condition quand tu n'étais pas en phase de compétition sur les skis.
- Speaker #1
J'ai fait quelques compétitions l'été, quand j'avais la possibilité de le faire, mais après il y a vite eu un conflit entre l'entraînement de ski et l'entraînement à vélo. Les entraînements de ski, il n'était pas hyper chaud que j'aille faire des courses de vélo, etc. Donc j'ai fait deux ans et quelques petites compétitions avec Lionel.
- Speaker #0
Grimpeur ?
- Speaker #1
Plutôt grimpeur, oui, forcément, déjà. Oui je me faisais plaisir, après j'aurais bien aimé pousser un peu plus mais il fallait faire des choix, j'étais déjà beaucoup plus implanté dans le ski de fond. Donc c'était un petit crochet on va dire pour le vélo mais quand j'ai arrêté, enfin quand j'ai passé mon concours de médecine, après je voulais reprendre la compétition que ce soit à pied ou à vélo et j'avais hésité justement à reprendre une licence à Besançon à vélo ou faire de la course à pied.
- Speaker #0
Besançon qui avait un... Très bon club aussi.
- Speaker #1
Oui, il y a un très bon club à Besançon où Romain Grégoire était. Oui, très bon club. Et voilà, après, c'était plus un choix qui a été fait par le planning et le temps que j'avais. Je me suis dit qu'à pied, j'aurais plus de temps pour aller courir que pour aller rouler.
- Speaker #0
Et donc, tu vas te mettre à courir, si j'ai bien suivi ton parcours. Tu vas te mettre à courir. Tu vas donc devenir kiné. Tu vas revenir en équipe de France comme La promesse que tu t'étais faite de dire je reviendrai en équipe de France, je l'acquérirai en junior, mais je reviendrai dans cette équipe une fois que j'aurai mes diplômes, ce qui va se passer. Est-ce que c'est à ce moment-là que la course à pied ou le trail, tu vas nous le dire, mais est-ce que tu remets en route à ce moment-là au niveau de je me refais un programme, je m'entraîne ?
- Speaker #1
En fait, dès que je rentre en première année de kiné, nous il y avait trois ans à l'époque, maintenant il y en a quatre.
- Speaker #0
Donc la première année de médecine plus trois ans d'école.
- Speaker #1
Maintenant, il y a une quatrième année qui a été rajoutée. Quand je rentre en première année de kiné, je reprends la course à pied, parce que c'est le sport qui est facile, que j'aime depuis. Tu peux avoir une carte de basket, tu peux avoir une bateau. Tu as une heure, tu vas courir à la pause entre les cours. Et puis, je rencontre des gens qui courent, je viens à un magasin à l'époque. Du coup, je commence à faire un peu des rencontres autour de la course à pied. Et puis, ils m'embarquent sur une course au printemps 2010. Donc ouais ça faisait quelques mois que j'étais à l'école de kiné. J'étais rentré septembre 2009 donc ça ouais printemps 2010 et puis je fais une première course. Première course, premier podium, je me fais plaisir, c'était cool. Et puis une deuxième, puis une troisième, puis une quatrième, puis je fais une Saint-Élion en fin d'année 2010. Alors je suis pas du tout prêt, il y a de la neige, je prends des crampes au bout de 50 bornes. Enfin bref c'était une première expérience sur un peu plus long. Et puis 2011, je me dis tiens ça me plaît ce sport, je vais essayer avec, à l'époque c'était Endurance Shop, le magasin de Besançon, de faire une saison un peu avec eux, tu vois, avec des courses locales, mais aussi de les programmer, de les planifier.
- Speaker #0
Un peu plus structuré.
- Speaker #1
Un peu plus structuré, je fais les entraînements un peu avec eux, enfin voilà, ça commence à prendre forme. Et puis ça marche bien, je fais premier espoir sur le marathon du Mont-Blanc en 2011, et là je suis repéré par Salomon. et on fait une sélection fin septembre pour le premier team Salomon Espoir et puis j'intègre ce team là donc je suis en deuxième année de kiné à ce moment là donc dans les études ce qui n'était pas du tout prévu moi je n'avais pas du tout prévu de refaire un sport enfin j'avais envie de refaire du sport mais pas dans tes plans je voulais refaire du haut niveau plus par le kiné que j'allais être que par l'athlète alors ce qui veut dire que Merci.
- Speaker #0
Dès le départ, quand on est venu te contacter ou quand Salomon t'a sollicité, il y avait déjà ce plan de haut niveau. On t'a tout de suite dit, voilà, nous, on veut construire un projet. C'était le haut niveau ou c'était juste, viens faire partie de notre équipe ? Quel était le deal au départ ?
- Speaker #1
Ouais, non, c'était pas forcément faire du haut niveau parce qu'en plus, en 2011, le trail n'était pas encore propépenel. Alors, il commençait à y avoir des très bons coureurs en France, des grandes classiques françaises en course. mais c'était plus bah On a envie de créer un team de jeunes, de soutenir les jeunes, de les amener dans le sport et de voir où ça va nous mener. Et je pense qu'ils ont une belle vision à ce moment-là, notamment Jean-Michel Fort-Vincent.
- Speaker #0
Il y a 14 ans. Ouais,
- Speaker #1
c'était 2011, donc plus de 14 ans. Ouais,
- Speaker #0
belle vision, effectivement.
- Speaker #1
C'était le premier Team Espoir, donc ils avaient vu venir un peu la chose. Et je remercie Jean-Michel Fort-Vincent qui est maintenant Team Manager New Balance, qui à l'époque m'avait repéré et avait eu cette vision-là. Et puis voilà, l'idée c'était de nous faire progresser, nous amener sur l'univers du travail français. Et puis bon, on a progressé, le team a un peu changé au cours des ans.
- Speaker #0
Tu avais évolué, on en parlera.
- Speaker #1
J'ai évolué avec. Tu as évolué avec eux,
- Speaker #0
effectivement. Donc là, Salomon vient te solliciter pour faire partie de ce mouvement. Toi, tu es toujours kiné. Tu fais des études de kiné. Derrière, tu vas être kiné en équipe de France.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là aussi, comment tu gères tout ça avec les entraînements, le trail que tu découvres et tu fais partie du lancement du Team Salomon, mais en même temps, l'équipe de France qui doit te solliciter avec des déplacements probablement. Comment tu gères tout ça ?
- Speaker #1
L'idée, c'était de faire… Il y a eu des choix à faire. Oui, ça a été un peu complexe parce que je voulais faire plein de choses. Finalement, il y a eu trop de choses qui sont arrivées en même temps. Mais c'était des belles opportunités. Oui, c'est clair. Donc 2012 j'ai mon diplôme de kiné, après je me fais un peu la main pendant deux ans, parce que quand tu sors de l'école tu ne peux pas être direct en équipe de France de ski en tant que kiné. Je me fais un peu la main pendant deux ans et puis je crois qu'à partir de 2014-2015 je commence un peu à faire des piges avec l'équipe de France de ski de fond. Mais j'avais déjà bien commencé et j'étais bien intégré au sein du team Salomon. Donc voilà, après c'était des choix à faire. Je pouvais mettre un petit peu de temps avec l'équipe de France, mais je ne pouvais pas non plus être tous les week-ends ou tous les stages avec eux. Donc après, quand tu es en équipe de France, c'est un pool de kiné, donc tu choisis un peu tes dates à l'avance. Mais le travail prenait de plus en plus de place. À côté, je bossais dans un cabinet libéral, donc il fallait jongler avec les employés du temps, avec les remplaçants aussi quand je partais longtemps. Donc pendant 2-3 ans, là, ça a été un peu chaud. alors j'ai fait des piges avec l'équipe de France de ski de fond. Tu vois, je n'ai pas été sur les grandes, grandes compétitions internationales. J'ai fait quelques Coupes du Monde, j'ai fait des stages. C'était très cool. Puis après, il y a un moment donné où je leur ai dit, j'aurais aimé être plus souvent là, mais j'ai quand même la possibilité de me faire évoluer en tant que trailer.
- Speaker #0
Alors, à quel moment, justement, tu fais cette prise de décision ? On est dans quelle période où tu te dis, voilà, bon, maintenant, je focus et je... tente de devenir trailer professionnel ? En tout cas, à quel moment tu fais ce choix de dire, bon ben voilà, j'arrête l'équipe de France ? Est-ce que tu as aussi en même temps arrêté les replacements ou le cabinet dans lequel tu étais ? pour être focus justement sur le Team Salomo.
- Speaker #1
Comment ça s'est fait ? En 2016, je fais une grosse année de course à pied, où je fais beaucoup de compétitions, j'en gagne, je crois que j'ai 15 victoires sur l'année, j'avais fait beaucoup de petites courses, donc ça marchait très bien, je sentais que j'avais vraiment passé un cap.
- Speaker #0
Je peux te dire que j'ai tes classements ou tes résultats sous les yeux, effectivement en 2016.
- Speaker #1
Ouais, c'était une grosse année. Et puis je me suis quand même blessé dans l'année 2016, parce que forcément je faisais beaucoup de choses avec la kiné plus le trail et puis là je me suis dit ok maintenant si je veux passer un cap il va falloir que je fasse des choix donc le choix ça a été déjà d'arrêter l'équipe de France de ski de fond même si j'ai pas passé beaucoup d'années je leur ai dit je peux pas être autant dispo que ce que j'aurais aimé l'être pour vous donc malheureusement je les ai quittés même si maintenant je les suis tout le temps et que je suis très bien l'univers et que j'ai placé mon kiné même avec eux, donc je suis hyper content de ça. Et puis 2018, j'arrête totalement le cabinet, enfin fin 2017, j'arrête le cabinet dans lequel je travaille à Besançon, pour me lancer quasiment à plein temps. Je me suis dit, je quitte le cabinet libéral, je fais quelques remplacements si j'en ai l'envie et le besoin, et puis à côté, je me lance en tant qu'athlète professionnel.
- Speaker #0
Ta priorité était d'être athlète professionnel ? Et éventuellement le cabinet à ce moment-là. Donc on est en 2018. Que vous partiez en gravel, en bikepacking, ou que vous rentriez du boulot le soir, chaque détail compte. Des pneus adaptés, une sacoche bien placée, une chaîne impeccable, c'est là que Cyclable entre en jeu. Que ce soit pour une escapade en pleine nature ou à travers la ville, tu peux tester, choisir et personnaliser ton vélo avec des experts passionnés dans plus de 83 magasins Cyclable en France et en Suisse. Parce qu'un vélo bien préparé, c'est plus de plaisir, plus de kilomètres et surtout beaucoup d'aventures. Donc allez à l'encontre d'un expert dans une des boutiques Cyclable, mais aussi sur cyclable.com. Cyclable, le spécialiste du vélo électrique, vélo en ville, en voyage et surtout en famille.
- Speaker #1
Ouais, 2018. Et le cabinet, je le quitte fin 2017. Donc j'ai plus mon poste. Et puis je peux toujours faire des remplacements si j'ai l'envie, le besoin. Donc tu vois, tu remplaces un collègue qui a besoin. Mais j'ai vite compris que ça serait compliqué avec mon rythme. Et puis là, je gagne énormément de temps de récupération.
- Speaker #0
C'est souvent la question qu'on pose. Je pense notamment, j'ai eu des athlètes qui étaient des bons triathlètes et qui sont devenus des triathlètes professionnels. Et quand on pose la question, ça veut dire que tu t'es plus entraîné. La question n'est pas non, je ne me suis pas plus entraîné. Par contre, j'ai beaucoup mieux récupéré.
- Speaker #1
C'est évident. Certainement que mon volume a un petit peu changé, mais c'est la qualité de ton entraînement. Tu te lèves le matin, tu n'as pas besoin d'être à 8h au cabinet. Tu vas faire ta séance quand c'est le mieux pour toi dans ta journée. Tu rentres, tu peux manger tranquille, tu peux faire la sieste, tu peux récupérer convenablement. Et en fait, tu peux organiser ta journée autour de ton entraînement et puis faire que ça se passe le mieux possible pour chaque entraînement. Alors que quand tu as une contrainte professionnelle, tu n'as pas le choix. Tu vas soit tôt le matin, soit tard le soir. T'enchaînes toute la journée, c'est speed. Et en fait, tu passes à un mode de vie très rythmé, très speed. J'ai le temps, je ne mets pas de réveil le matin, je dors plus, je suis beaucoup plus serein.
- Speaker #0
Beaucoup plus de qualité.
- Speaker #1
C'est ça. Et le niveau de récupération est totalement différent.
- Speaker #0
Et donc, les résultats, effectivement, je vous invite à aller suivre les résultats de Thibault. Mais bon, c'est vrai que 2018, 2019, même 2020, on va en parler aussi avec le Covid, comment on gérerait ça. Mais les résultats sont là. Et avant qu'on aille sur le Covid, parle-nous du team Salomon, comment tu l'as vu grandir quelque part, parce que tu étais dès le départ. Aujourd'hui, tu fais toujours partie, tu es vraiment la personne qui incarne le team également, mais parle-nous de ce team, comment tu l'as vu évoluer, comment ça se passe ?
- Speaker #1
Moi, je suis rentré en 2011, il existait déjà le team, il a eu 20 ans, il y a quelques années, donc je ne sais pas, il doit peut-être avoir 24, 25 bientôt. Donc il est un peu plus vieux que moi quand même. Moi je suis rentré en Espoir après j'ai upgradé on va dire en Team France Oui parce qu'il y a plusieurs teams Il y a 3 teams en gros, il y a vraiment les Espoirs après il y a le Team France où c'est des coureurs entre national et international et après il y a le Team International où là c'est les meilleurs nationaux un peu de chaque pays Donc 2014 je suis rentré Team France et après 2018 je suis rentré à l'international Et puis forcément, j'ai vu beaucoup de coureurs passer, revenir, un peu comme un mercato. Oui,
- Speaker #0
c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #1
Et puis là, ça fait quelques années que je suis à l'international et qu'on a vraiment une équipe soudée et qui est là depuis quelques années. On a tous un bagage Salomon assez fort, donc on a une équipe qui est quand même assez soudée. Et je trouve qu'on a une vraie force d'équipe, tous ensemble.
- Speaker #0
Et ça doit être intéressant justement quand tu vois arriver... On ne peut pas dire des jeunes ou des nouveaux, mais il y a une phase d'observation probablement, parce qu'aujourd'hui le trail n'est plus ce qu'il était, comme tu l'as dit toi quand tu es rentré. Aujourd'hui, il y a beaucoup de... On parle d'explosion du trail, pour moi c'est déjà très très haut. L'explosion était il y a longtemps, mais quand tu discutes avec des professionnels, on te dit le trail va exploser. Parce que ça n'a pas déjà explosé, je pense que ça a déjà explosé. Mais en tout cas, ça doit être intéressant. Donc ça veut dire de la visibilité, de la communication. Les réseaux sociaux aujourd'hui apportent à beaucoup de personnes la possibilité d'être mises en avant et en valeur. Et donc, beaucoup de jeunes sportifs qui peuvent arriver. Comment vous, les anciens, je dis bien l'équipe expérimentée qui est là depuis plus longtemps, vous observez de nouveaux membres qui arrivent ? C'est-à-dire que dans la Team Salomon au niveau international, est-ce qu'il faut forcément passer par la Team Salomon nationale avant d'intégrer l'international ? Ou suite à de bons résultats ou un recrutement, tu peux directement intégrer l'international ?
- Speaker #1
Non, tu peux directement intégrer l'international.
- Speaker #0
Ça veut dire que vous, vous devez aussi avoir cette... Ce rôle d'observation pour aussi bien faire passer les messages de dans cette équipe, on fonctionne comme ça, on a cette valeur.
- Speaker #1
Oui, et puis même sur le recrutement, des fois, on est un peu sondé sur qu'est-ce qu'on pense de l'athlète. Est-ce que tu penses que ça va fitter avec le groupe ? Des fois, on connaît des athlètes d'autres marques, on a des affinités avec eux. Et puis, on vient nous demander comment on se sent les gens. C'est normal. Oui, il y a vraiment une philosophie, un ADN dans l'équipe qui doit fitter avec tout le monde. Et quand il y a des nouveaux qui arrivent, généralement, c'est qu'on sait déjà que ça va marcher humainement parlant. Et puis, c'est là où c'est vraiment intéressant. C'est d'essayer de transmettre, d'essayer d'intégrer tout le monde pour que l'équipe soit encore meilleure et que ça pousse tout le monde vers le haut. Donc, c'est assez cool. Et je pense, tu vois, cette année à Simon Pacard et Louis Zoncoiffé qui nous ont rejoints. Et c'était génial pour nous parce que déjà, ça met de la fraîcheur. Oui, aussi. C'est des jeunes. Ils ont un niveau de dingue, le niveau augmente partout, donc les jeunes arrivent déjà avec des niveaux stratosphériques. Du coup, ça pousse tout le monde vers le haut, ça met un vent de fraîcheur dans l'équipe, et puis ça fait du bien à tout le monde. Mais il y a vraiment une cohésion d'équipe qui est intéressante et qui pousse tout le monde à travailler différemment, à penser différemment et à s'élever.
- Speaker #0
Et tu penses que le niveau justement des jeunes, comme tu dis, qui arrivent, qui est stratosphérique, c'est quoi ? C'est la bonne gestion des datas ? C'est les stratégies d'entraînement qui ont évolué, qui font que tu peux performer beaucoup plus tôt qu'avant ? Tu penses que c'est dû à toi qui as l'expérience ?
- Speaker #1
Oui, il y a un peu de tout. Il y a la professionnalisation aussi qui fait que des jeunes, tu peux être professionnel, te dégager énormément de temps et arrêter de travailler. Tu vois, moi, j'y ai passé quand même.
- Speaker #0
Tu ne peux même jamais travailler, c'est-à-dire sortir des études et tout de suite...
- Speaker #1
Peut-être que te lancer en tant que sportif, tu sors des études, tu fais un ou deux ans, puis tu peux switcher. Donc ça, directement, tu passes direct à un niveau. Moi, j'ai mis 7-8 ans à passer parce que j'avais un boulot presque à temps plein. Et puis après, il y a l'analyse des données, l'entraînement, la physiologie, tout évolue et tout évolue vite. La nutrition en cours, il y a plein de choses qu'on... C'est la science qui a boosté sur ce sport-là. Et puis tout le monde a passé un cap très vite. Et puis forcément, quand tu es jeune, tu as des capacités qui évoluent plus vite que quand tu approches la quarantaine.
- Speaker #0
Comment tu as géré le Covid 2020 ? Parce que tu étais en pleine explosion. Je veux dire, on voit les résultats. Tu es lancé depuis 2018, professionnel. Comment tu as géré le Covid ?
- Speaker #1
Plutôt bien. C'était cool ? Oui, ça m'a marqué comme tout le monde. mais ça m'a...
- Speaker #0
Il n'y a pas eu un stop ou un frein dans ta pratique ?
- Speaker #1
Il y a eu un gros frein. Forcément, dans les six premières semaines, on a été confiné. Il n'y a pas eu de course. Et puis, les premières courses ont recommencé en août 2020. J'ai couru en Ubaï en août 2020.
- Speaker #0
Avec une victoire.
- Speaker #1
Avec une victoire. J'ai fait beaucoup, beaucoup de home trainer dans cette période-là. Je courais quasiment plus, ça m'énervait de courir en rond comme un père. Je m'amuse avec les copains sur Zouïs, sur le home trainer, ça va très bien. Je me faisais plaisir, on faisait des trucs marrants. Et puis voilà, après on fait en juillet, quand on a été un peu libérés, on a fait une grande traversée avec tout le team Salomon, donc ça, ça a été assez marquant. On est parti de Nice, on est parti d'Alsace pour rejoindre Nice. en 7 jours. Et puis chacun faisait une partie à pied ou à vélo pour avancer en fait avec chacun là où il habitait en quelque sorte. À l'époque on avait Seb Speller dans l'équipe donc lui il avait fait la partie Alsace avec Théo Détienne.
- Speaker #0
Et là l'objectif c'est de souder le team ?
- Speaker #1
Ouais c'est de faire un truc ensemble, on n'avait jamais l'occasion d'être tous ensemble, là il n'y avait pas de course, tout le monde était chez soi et c'était se dire qu'est-ce qu'on fait de tout tout ça, comme on se lance et... Comment on le fait ? Donc on a imaginé un tracé où chacun se retrouvait un peu dans les types de trail ou de sport qu'il aimait. Donc Seb et Théo avaient fait le nord-est avec les Vosges, l'Alsace jusqu'à Besançon. Moi j'avais fait Besançon-Annecy à pied et à vélo. Donc on faisait des grandes journées de sport où les copains nous accompagnaient, mais il y en avait toujours un qui avait sa grande journée. Cam avait fait Annecy-Beaufort et après c'était... Après c'était Nathan et Julien qui avaient fait Beaufort-Briançon et puis François et Michel avaient fait Briançon-Nice. Génial. Ouais et puis voilà on accompagnait toujours ceux ou celui qui faisait les grosses sections. Donc on a fait, tu vois on a passé un Galibier à minuit, on a traversé la France, on a très peu dormi donc tu vois on était en van. Donc nous, les athlètes, on accompagnait les autres. C'était vraiment aventure tous ensemble pendant une semaine dans notre bulle. Et puis, dans les villes où on passait, on était un peu accueillis, etc. Donc c'est cool ça. Ça nous a fait un petit fil rouge de préparation, tu vois. Et puis du coup, on est sortis de ce Covid avec ça. Et puis derrière, on a repris la compétition quelques semaines après.
- Speaker #0
C'est intéressant. Et puis,
- Speaker #1
je suis arrivé fin 2020, j'étais quand même cramé. On a fait la première... On avait fait une finale Golden Trail Series aux Açores. On avait appelé ça un championnat. En fait, on était restés sur deux îles des Açores. Et puis, on avait fait cinq ou six courses. J'ai quand même fini complètement cramé la saison malgré le Covid.
- Speaker #0
Et alors, on l'a compris, le vélo a toujours fait partie de ta préparation. Mais maintenant ? Tu es athlète professionnel dans le trail et l'ultra-trail, parce qu'on voit que les distances aussi, avec ton parcours, les distances s'allongent. Au départ, tu étais sur des distances plus courtes, maintenant tu es vraiment sur les ultras. À quel moment, enfin à quel moment, le vélo a toujours été là, mais comment tu utilises le vélo dans une saison, de janvier à décembre ? Est-ce qu'il est toujours en fil rouge tout au long des mois ? Est-ce qu'il y en a un peu plus en janvier-février qu'en juin ? Comment est-ce que tu utilises le vélo aujourd'hui ? dans ta préparation ?
- Speaker #1
Récup,
- Speaker #0
volume ?
- Speaker #1
Alors, il n'y a pas de vélo l'hiver, clairement.
- Speaker #0
Même en intérieur ?
- Speaker #1
Ah si, un peu d'eau de trainer, ouais. Mais je préfère quand même aller faire du ski, aller faire ma muscu, faire autre chose. Alors, évidemment, je vais garder un peu de Zwift, mais c'est vraiment pas le... Je ne vais pas faire du Zwift tous les jours, par exemple. Je vais en garder un tout petit peu. Tu peux plus garder un peu le mouvement
- Speaker #0
Il est intégré dans ton programme de préparation C'est juste Là j'ai une envie, c'est pas forcément dans mon programme Mais je vais faire un peu de drift Ou est-ce qu'il est intégré dans ton programme ?
- Speaker #1
Ouais il est intégré Ou si aujourd'hui je dois faire 2h Mais en fait la météo ne me permet pas Et bien je vais monter sur le vélo Pour compenser, ça permet d'avoir une option A l'intérieur safe Mais sinon à l'extérieur je ne roule pas Avant les premiers rayons de soleil En étant dans les Alpes un Alors des fois, je crois qu'il y a deux ans, on fait un col des Aravis mi-février. C'est exceptionnel. Ouais, la température a été montée au-dessus de 10-15 degrés. Une après-midi, j'étais avec Gédé en Ausha qui fait du ski alpi, et on avait skié le matin, puis l'après-midi, il me fait grand beau, j'avais mon vélo, j'ai dit tiens, on se fait un col des Aravis à l'air tour, c'était cool. Mais voilà, j'attends que les sols soient ok, pas glissants, que ce soit safe. Je ne suis pas du genre à aller faire du... Quand je vois du vélo sur la neige, moi ça m'énerve. C'est risqué,
- Speaker #0
mais je pense aussi en tant qu'athlète professionnel, tu dois mesurer le risque de chute, de blessure. Tu ne peux pas y aller de la même manière que quelqu'un dont son corps n'est pas un outil pour un métier sportif.
- Speaker #1
Oui, certainement.
- Speaker #0
Tu ne peux pas avoir cette même...
- Speaker #1
T'as des visions à long terme qui te disent si tu tombes à vélo sur la glace, tu te pètes le pémure, c'est quand même con.
- Speaker #0
La saison est cliquée derrière.
- Speaker #1
pas grand chose d'aller rouler deux heures sur la neige et puis rapport au risque que tu prends bref donc j'attaque le vélo dès que je peux au printemps et puis après c'est plutôt de la récup et du volume je fais peu d'intensité sur le vélo un peu sur home trainer mais pas dehors et puis puis après voilà ce dans l'été c'est de faire des heures faire des heures tranquilles avec les copains, partager, faire des calls mais pas peu d'intensité Ça m'arrive des fois d'avoir un col un peu plus vite. Oui,
- Speaker #0
je challenge toi-même, mais il n'y a pas une intensité à tenir, un intervalle comme tu peux faire dans ta préparation. Et on parlait d'ultra, donc on ne va pas refaire tout ton palmarès, sinon deux heures de podcast ne suffiraient pas. Mais on voit aussi que quand tu fais du vélo, tu vas aussi sur du long. je sais que t'es accompagné Plusieurs marques pour la partie vélo. Tu es ambassadeur café du cycliste. Tu es accompagné par la pierre également. Et on avait échangé l'été dernier sur justement la possibilité d'être sur une race cross-series, notamment à 500 kilomètres, si ma mémoire est bonne. Est-ce que justement, on voit quelques trailers, je pense à Julien Chaurier qui vient sur nos événements maintenant. Est-ce que l'Ultra Trail observe l'Ultra Cycling ? L'ultra cycling, pardon. Ce que je veux dire, c'est que ça vous attire parce que vous y retrouvez des sensations. Quel parallèle tu fais entre l'ultra cycling et l'ultra trail ? Ce sont des émotions. Qu'est-ce qui réunit, tu penses, les deux disciplines ?
- Speaker #1
Je pense que c'est le voyage que ça t'amène à faire, qu'il soit intérieur ou le voyage, la destination, le chemin que tu as à faire. Et puis, tous ces petits paramètres à gérer, qu'on aime bien gérer. en ultra quoi, que ce soit la nutrition, le sommeil, le matériel, tout ce qui va t'amener, tout ce qui te conduit à faire un beau voyage jusqu'à destination. Mais tous les trailers ne sont pas ultra fans de l'ultra cycling, je pense qu'il faut aimer le vélo quand même. Il faut aimer le vélo, oui.
- Speaker #0
Parce qu'il y a certaines différences justement, et c'est là que je veux que tu puisses nous partager ça sur le... sport porté, c'est-à-dire que le vélo va être le sport porté, alors que sur les sentiers, il y a quand même cet impact. Est-ce que le vélo, pour vous, est moins traumatisant au niveau des muscles, ou tout autant ? Il y a aussi surtout le côté sommeil et alimentation. C'est-à-dire que l'alimentation doit probablement être plus compliquée en ultra-trail parce qu'il y a ces chocs, et donc au niveau gastrique, il y a des soucis, alors que sur le vélo, c'est porté. Et à l'inverse, le sommeil, parce que quand tu fais de l'ultra, tu passes à travers des nuits, doit être plus compliqué à gérer en vélo, parce que porté, justement, et donc un peu plus de sensations ou de facilité à te laisser partir. Comment toi, tu... Comment tu gères tout ça ? L'alimentation, le sommeil ?
- Speaker #1
Je pense que tu as juste l'alimentation. C'est quand même facile quand tu es sur le vélo. Quand tu fais de la course à pied, tu montes sur le vélo, tu vois que tu peux tout manger. Moi, j'ai zéro problème sur le vélo. Je peux m'arrêter, taper une pizza, repartir. Tout le monde est capable de le faire. C'est sûr que tu as du temps que ça digère un petit peu pendant une heure. Tu n'as pas les problèmes que tu peux avoir avec la course à pied, avec les chocs, où tu n'as plus envie de manger, pourtant ça fait des heures que tu es sur le trottinier, tu as des nausées, tu as des problèmes digestifs. Donc, c'est beaucoup plus safe sur le vélo. Et côté nuit, je n'ai pas passé énormément de nuit dehors encore, moi. Comme tu l'as dit, j'ai fait beaucoup de trails courts. Après, j'ai fait des formats 100 kilomètres, mais 100 kilomètres, tu ne passes pas forcément de nuit dehors. Même quasiment jamais. à part quelques formats qui partent à minuit mais c'est quand même oui tu n'es pas une nuit entière on va dire tu traverses pas la nuit je les fais quelques fois sur des projets plus une fois à l'utmb mais en tout cas ce que tu as dit est assez juste c'est que sur le vélo tu as vite un effet de somnolence qui est un peu plus fort parce que tu as toutou n'est pas réveillé sur ton corps tu tournes les jambes mais le haut est posé si tu as des prolongateurs bah tu vois tu es relâché alors qu'à pied Il faut être vigilant tout le temps. Tout bouge, donc tout te réveille un peu plus.
- Speaker #0
T'es en vigilance permanente.
- Speaker #1
Ouais, t'es un peu plus en vigilance. Et c'est vrai qu'en septembre, là, j'ai fait une petite traversée à Tzinis. J'ai traversé la nuit à vélo. Et c'est vrai qu'avec le froid, toi, ça t'endort un peu plus facilement. T'es bien posé sur tes prolongateurs. Donc, il faut quand même faire un peu plus d'efforts pour rester bien vigilant.
- Speaker #0
Et l'alimentation, justement, est-ce que... je sais que dans le long, là je reviens sur l'ultra-trail et je sais que dans le long c'est un point de performance, savoir gérer son alimentation, quelle est ta relation avec l'alimentation, est-ce qu'aujourd'hui avec tes années d'expérience tu as trouvé ton alimentation et tu te connais parfaitement, ou est-ce que parfois sans vraiment savoir pourquoi il y a un truc qui passe pas c'est difficile ça, je trouve qu'elle évolue énormément en fait.
- Speaker #1
Ouais, il y a déjà une grande évolution là ces dernières années sur la nutrition, et puis quand Merci. Il ne faut jamais être trop confiant et se dire, j'ai mon plan, je sais faire, ça va marcher. Il faut toujours avoir des petites possibilités de changement, d'adaptation. Parce que même si, tu vois, ma dernière course, je fais 10 heures à plus de 90 grammes heure, j'ai eu zéro souci, ça ne veut pas dire que la prochaine, je ne vais pas avoir un problème ou qu'au bout de 5 heures, je n'arrive plus à manger parce que, je ne sais pas, il fait trop chaud, trop froid, il y a quelque chose qui n'est pas passé. Bref, c'est vraiment une science la nutrition. Et quand on a un plan, on essaye de le reproduire, on essaye d'avoir des options d'adaptation, mais on ne sait jamais trop ce qui va se passer. Donc c'est sûr qu'à pied, c'est toujours un point qui est orange. La nutrition, il peut passer vert toute la course, mais il peut passer rouge d'un coup, et puis là, quand c'est rouge, il n'y a plus rien qui rentre.
- Speaker #0
C'est vrai que 90 grammes, ça a évolué. Ça aussi, tu l'as fait évoluer, le sucre par heure. Je me souviens, il y a plusieurs années, on me disait 60 grammes par heure, c'est déjà le maximum. Aujourd'hui, certains athlètes sont à 120 ou plus. Ça, c'est quelque chose que tu fais évoluer ? Comment tu gères ça ? Tu es accompagné déjà sur ça ?
- Speaker #1
Oui, je suis accompagné. Après, j'ai aussi une formation en nutrition que j'ai faite quand j'étais kiné. J'ai quand même des bonnes bases et je n'ai pas besoin qu'il y ait quelqu'un tout le temps derrière moi. Mais quand j'ai commencé à courir, je ne sais pas, on devait être à 20 ou 30 grammes. Je pense que les premières années, on ne se rendait pas compte. C'est vrai que je faisais beaucoup plus d'hypoglycémie à l'époque que j'en fais maintenant. Là, on est plutôt sur l'hyperglycémie par moment. D'ailleurs, sur l'étape du tour cette année, je pense que j'en ai fait une.
- Speaker #0
C'est dur l'hyperglycémie. Moi, j'en ai fait plus. C'est dur qu'une hypo en fait. J'en ai fait plus, oui. Moi, je pense que je suis passé…
- Speaker #1
C'est parce que j'avais l'impression que ça ne redescendait pas. Non,
- Speaker #0
ça ne fait plus longtemps. En fait, il faut que ton corps mette entre 5 et 6 heures à évacuer le surplus. Et donc pendant 5 et 6 heures, tu as des tremblements, tu es incapable de faire quoi que ce soit. J'ai bien joué dans la plagne.
- Speaker #1
Je ne pouvais rien faire.
- Speaker #0
Alors qu'une hippo, tu remanges et tu sens que ça revient. En minutes après,
- Speaker #1
je vais faire partie.
- Speaker #0
Mais trop de sucre, c'est plus compliqué à gérer qu'en manque de sucre.
- Speaker #1
J'étais du coup trop confiant. Voilà, à me dire, à pied, j'arrive à être à 100 grammes, je peux être à 120, 130 sur le vélo sans problème. Mais en fait, pas du tout. Je pense qu'à un moment donné, je suis passé bien plus haut parce que j'avais des ravitaux un peu trop souvent. Et c'est une expérience comme ça. Exactement. C'est très bien que ça tombe sur une course comme ça. L'étape du tour, c'était juste pour m'amuser, tu vois.
- Speaker #0
Alors, ça veut dire que tu l'es fait régulièrement ? C'est un rendez-vous pour toi ou là, ça tombait comme ça l'étape du tour ?
- Speaker #1
Non, ça tombait...
- Speaker #0
L'habitant dans les Alpes, c'est vrai que souvent, il est dans les Alpes, et ça peut être sympa de... de participer à être roulé sur une étape du tour.
- Speaker #1
Oui, j'adorerais pouvoir en faire plus. On en a parlé un peu tout à l'heure, le risque, c'est la chute et que ça compromette ma saison de trail, surtout dans des pelotons énormes. Oui, ça va très vite. Mais cette année, j'ai eu une année un peu plus compliquée avec la blessure. Du coup, c'était l'opportunité de faire un peu autre chose sans prendre beaucoup de risques parce que de toute façon, j'étais déjà blessé. Donc, s'il y a toujours le risque de chute qui te surblaisse et qui t'amène à encore plus. plus d'arrêt mais il fallait aussi que je fasse quelque chose je pouvais pas rester sans rien faire pour la tête et pour le corps et puis cette année l'étape était quand même assez cool parce qu'il y avait 10 km de vallée et on prenait directement le premier col donc après ça t'amène direct dans des groupes qui sont beaucoup plus petits pour rouler et après j'ai même fini tout seul donc il y a beaucoup moins de risques de chuter sur une étape toute plate ou il y a beaucoup de vallée où c'est beaucoup plus tendu ...
- Speaker #0
C'est une belle expérience. Tu as pu découvrir cette relation avec le sucre, comme tu l'as dit aussi, dans la plagne. J'aimerais revenir sur l'Ultra Trail et ta relation avec l'UTMB. Est-ce que l'UTMB, c'est la course qui te fait rêver ou est-ce que c'est plus une épreuve sur le continent américain ? Quelle est ta relation avec l'UTMB aujourd'hui ?
- Speaker #1
Tu vois, quand je suis rentré Team Espoir Salomon, on avait un entretien en one-to-one avec le petit jury qui allait devant nous. Et on devait marquer nos courses de rêve et celles qu'on aimerait faire. Et c'était déjà marqué UTMB en 2011.
- Speaker #0
Ce n'était pas l'engouement qu'il y a aujourd'hui. Oui,
- Speaker #1
c'était déjà une grande course. Une grande course, mais c'était ridicule par rapport au monde que ça draine aujourd'hui et à la médiatisation qu'il y a autour. Donc non, c'est clair que c'est un rêve l'UTMB. Je l'ai couru une première fois en 2024. Ça s'est relativement bien passé pour cette première découverte. Mais j'ai envie d'y retourner et j'ai envie de faire beaucoup mieux, c'est sûr.
- Speaker #0
Il y a plusieurs formats sur la semaine de l'UTMB. Là, tu parles de l'UTMB à la grande distance. Mais est-ce que tu as déjà participé aux autres formats ? Il y a eu des victoires ?
- Speaker #1
Je n'ai pas gagné à Cham. Mais j'ai participé à trois OCC. J'ai deux podiums, deuxième et troisième. Et j'ai fait trois CCC. C'est un peu moins bien. passé, j'ai fait un podium 3ème en 2021 et j'ai abandonné les deux autres.
- Speaker #0
Je me souviens d'un de tes abandons, parce que j'ai suivi le live, et c'était le problème digestif, c'est ça qui t'avait contraint l'abandon ?
- Speaker #1
Une fois, problème digestif, et une fois, j'étais fatigué, je pense. En fait, c'est dur d'être en forme en août, surtout quand tu... Enfin, à cette époque-là, je faisais les trails courts, mais j'avais aussi envie de faire autre chose, et forcément, quand tu commences en mars, les trails courts... t'enchaînes, j'avais fait une grosse année c'était 2023, 2022 c'est le problème digestif et 2023 j'avais fait ma saison sur cours avec un Zegama, avec les championnats du monde les championnats de France, les championnats du monde et puis fin août j'étais arrivé déjà un peu rincé donc voilà, abandon sur mes formes quoi
- Speaker #0
Comment tu gères ça, quand on a la tête professionnelle ?
- Speaker #1
Ah bah
- Speaker #0
Est-ce que c'est une grosse remise en question ? Ou est-ce que les conditions n'étaient pas réunies ? Ou une blessure, un problème gastrique, et on se remobilise tout de suite pour la suite ? Vous en parlez en équipe, comment toi ça t'affecte ? Parce que quand on est professionnel, on veut performer.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est sûr, ça affecte toujours. C'est toujours dur d'abandonner, parce qu'on a toujours envie de faire mieux, pour soi, pour les gens qui sont là, qui nous accompagnent. tout ce qu'on a mis en place. Le travail que tu as fait, effectivement. Après, quand je fais 8 mois de saison courte et que je tente à 100 km, tu sais qu'il y a aussi le risque d'abandonner parce que tu as laissé déjà beaucoup de plumes. Donc là, il faut rebondir derrière. Après, tu vois, un mois après, j'étais allé à Nice, ça s'était mieux passé. Donc ça te remet un peu en confiance, même si ce n'était pas la forme de ma vie. Mais il faut apprendre aussi de ces périodes-là, de ces expériences-là.
- Speaker #0
Tu analyses après un abandon ? Est-ce que tu... Tu essaies vraiment de comprendre qu'est-ce qui fait que ça t'a conduit à l'abandon ? Ou est-ce que c'est acté, c'est le passé, tu te refocuses sur l'avenir ? Ou est-ce que tu essaies de comprendre ?
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il faut essayer de comprendre, mais sans trop se prendre la tête non plus. De toute façon, c'est fait maintenant. Comprendre, c'est bien pour essayer de ne pas refaire ces erreurs-là. Mais l'analyse, elle est quand même souvent assez vite faite. Quand tu abandonnes, tu n'as plus d'énergie. C'est juste que tu es arrivé avec pas assez d'énergie. Par contre, si tu as tout mis en place... pour un UTMB, que tout était optimisé, puis que 50 bornes t'arrêtent, bon, là, il faut creuser un peu plus. Moi, clairement, en 2023, je n'ai pas eu besoin de chercher trop longtemps le pourquoi. Mais c'est toujours bien de comprendre, d'en parler avec l'entraîneur, de faire un petit point, et puis de vite rebondir derrière, et de laisser ça derrière.
- Speaker #0
Donc 12ème en 2024 sur l'UTMB, la semaine de l'UTMB, moi je me suis rendu deux fois à Chamonix, c'est juste incroyable. Est-ce que c'est, je pense que bientôt certaines parties du parcours seront barriérées comme l'Alpe d'Huez, parce que tellement il y a de monde, c'est juste incroyable. Est-ce que cette semaine-là, vous le team Salomon, vous êtes quand même un peu mis hors circuit, un peu protégé quand même, face à l'engouement et l'enthousiasme ?
- Speaker #1
Bah... Que tu sois au Team Salomon ou n'importe quel team, je pense que c'est essentiel pour ta performance. Maintenant, tu ne peux plus aller traîner cinq jours sur le salon, sortir tous les jours. Il a déduit,
- Speaker #0
en tant qu'athlète, ce n'est plus possible.
- Speaker #1
Non, ça te prend trop d'énergie, il y a trop de pression. On a des chalets qui sont un peu à l'écart de Cham, 2-3 kilomètres du centre-ville, donc on est au calme. Cette année, on avait la chance d'avoir un chalet athlète qui court et un chalet athlète qui ne court pas sur la semaine de l'UTMB. parce que c'est des rythmes différents, au moins c'est calme d'un côté, un peu plus animé de l'autre,
- Speaker #0
chacun s'y retrouve.
- Speaker #1
Mais ce qui est important, c'est de se protéger de tout ça, de rester un peu dans sa bulle. Alors après, tu es obligé d'aller faire un peu des excursions en Chamonix, de laisser un petit peu de temps au partenaire, de bien le caler en amont, de se dire là, je donne deux fois deux heures au partenaire.
- Speaker #0
Pour ne pas être débordé en fait.
- Speaker #1
Pour ne pas être débordé et ne pas répondre. pas répondre au dernier moment aux sollicitations et puis après je me laisse mercredi, jeudi, vendredi, c'est que pour moi je vois personne, je vais juste récupérer mon dossard et puis je rentre
- Speaker #0
pour ne pas se faire bouffer.
- Speaker #1
Il y a aussi le rôle d'être dans la Team Salomon. Moi, je suis, et ce que j'apprécie, c'est qu'on vous voit aussi être parfois accompagnant. L'athlète accompagne un autre athlète dans sa performance. Je pense notamment au rôle des pesseurs dans le continu américain. Moi, je trouve ça extraordinaire. Est-ce que tu prends autant de rôle, de plaisir, pardon, en tant que pesseur, d'accompagner quelqu'un dans la performance que quand tu cours ? Moi je trouve ça génial pour vraiment solidifier un team.
- Speaker #0
Tu comprends,
- Speaker #1
t'accompagnes, tu peux comprendre aussi la douleur, l'échec, les émotions.
- Speaker #0
Ouais, t'apprends beaucoup en étant un compagnon. On est d'un côté, on s'observe. Tu vois beaucoup de choses que tu ne vois pas quand t'es coureur. Tu vois d'avoir fait l'UTMB cette année de l'extérieur, et d'avoir suivi les deux grosses courses CCC UTMB sur le terrain. Ouais, tu vois plein de choses que tu ne vois pas quand t'es coureur, parce que tu ne vois pas les autres. Sur l'UTMB, tu ne peux pas être pacer. Il n'y a pas de pacer.
- Speaker #1
De ce que j'ai lu, c'est propre aux US. Aux US américaines.
- Speaker #0
Il y a eu deux courses en France qui le font.
- Speaker #1
Et pourquoi ? C'est culturel, tu penses ?
- Speaker #0
Oui, je pense que ça a toujours existé aux US et que du coup, c'est rentré dans les mœurs. Après, il y a un côté sécurité aussi aux US où tu as beaucoup plus de courses reculées, où il n'y a pas trop d'accès, où il fait très chaud, beaucoup d'altitude sur la hard rock, par exemple. Ou du coup, tu as des organismes qui sont quand même bien amochés et c'est quand même cool d'avoir quelqu'un qui est là si jamais il y a un problème. Parce que le rôle du blesseur,
- Speaker #1
pour les gens qui écoutent et qui ne connaissent pas ça, c'est effectivement le sportif, le participant, la possibilité sur un secteur défini, sur une distance définie, d'accompagner, d'apporter du support à l'athlète pour l'accompagner dans sa performance ou alors, en cas de problème, d'être là pour l'aider en fait.
- Speaker #0
Ouais, alors t'as rarement le droit de... De porter ses affaires, de lui donner à manger, de choses comme ça. D'avoir une vraie aide. Une vraie aide, un vrai support. Sauf s'il y a une assistance à donner. Mais c'est plus être là en soutien moral et sécurité. Mais tu n'as pas le droit ni de le pousser, ni de porter son eau par exemple. Mais en Europe, c'est vrai que ça se fait très peu, même si on adorerait voir le faire.
- Speaker #1
Excellent.
- Speaker #0
Mais on y réfléchit aussi, pourquoi pas, à le faire sur des courses, sans se dire que tu es pacer, mais tu pourrais aussi très bien courir, je pourrais très bien courir avec Camille sur 100 km de l'UTMB, en ayant mon dossard, mais faire comme si je faisais la course, et je l'accompagne. Donc ça peut aussi se réfléchir, peut-être qu'un jour, on verra dans le trial, des choses se faire. Moi,
- Speaker #1
je sais que je m'étais inspiré de ça, sur Racecross France notamment, je crois qu'il y a deux ou trois ans, j'avais autorisé la montée du Ventoux. La course arrivait et j'avais créé un espace sur le parking par la montée Malossène. Des gens, on avait sur le site une inscription. Tu t'inscrivais, tu disais, moi, je vais suivre tel coureur. Ils recevaient une plaque de cadre d'une couleur différente et un sticker pour bien identifier ton casque. Et on leur avait donné la possibilité de monter le Ventoux en disant, de toute façon, même si tu draftes dans le Ventoux, après 1500 bornes, tu ne vas pas gagner grand-chose, mais au moins, tu vas partager quelque chose. Et on avait eu quand même pas mal de participants qui étaient accompagnés. Et je trouvais que ça rendait officiel le fait de pouvoir suivre un coureur sur quelques kilomètres et de partager ça dans le Mont Ventoux après avoir traversé la France. Donc, on était inspiré d'épaisseur, en fait.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Moi, je l'avais fait pour Mathieu Blanchard sur la Western en 2023. J'avais fait 70 kilos avec lui sur sa fin de parcours. Et tu as un dossard d'une autre couleur, mais le même numéro, mais d'une autre couleur. Et tu es vraiment le pêcheur de l'athlète. Tu fais partie de la course. Tu vois, les gens, ils t'encouragent. Ils te reconnaissent. C'est vraiment, tu es un vrai duo pour cette fin de course.
- Speaker #1
J'allais dire que la pression n'est pas la même, mais tu as quand même aussi un niveau de dire je n'ai pas la pression du résultat, mais par contre, il faut que je sois prêt à aider.
- Speaker #0
Oui, tu n'as pas du tout la pression. En plus, le coureur, il arrive, il a 100 kilos dans les jambes. Tu ne vas pas te dire, je vais me faire lâcher dans la première bosse. Donc, tu n'as pas cette pression-là. Mais tu as envie de bien faire, d'être là pour lui. S'il y a quelque chose à faire en urgence, de pouvoir le faire, s'il faut l'aider mentalement de trouver les bons mots, ou juste avoir la bonne attitude au bon moment, parce que des fois, c'est pas que parler, c'est juste les prédateurs.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire, il y a des coureurs parfois qui ont envie que tu leur parles, et d'autres...
- Speaker #0
Ouais, Mathieu en 2023, il était pas très bien sur la course, et il fallait juste trouver le bon moment, est-ce qu'il faut parler, pas parler, ou être calme, ou se mettre devant, guider, respecter, sentir l'athlète finalement. Et c'est un vrai rôle qu'il faut...
- Speaker #1
Moi, je trouve ça génial. C'est vraiment un truc qui m'a interpellé. Je me suis dit comment je pourrais l'introduire dans le cyclisme. Parce que je trouve le partage, le soutien hyper intéressant. Et ça permet de nouer aussi des relations différentes.
- Speaker #0
Oui, c'est un vrai partage. Comme tu dis, ça soude entre deux personnes sur quelques heures de sport partagé qui sont différentes. Oui,
- Speaker #1
c'est différent. En plus, le sportif choisit son pesseur. donc ça veut dire qu'il sait qu'il va lui apporter... telle ou telle compétence qui pourrait lui manquer à ce moment-là. Je trouve que je trouve en tout cas, moi, je trouve ça, je trouve ça bien. Je pense que ça pourrait être bien pour le sport de l'importer, de l'intégrer en France.
- Speaker #0
Ça pourrait être intéressant une année sur une grande course française d'avoir des pesseurs juste pour faire un test et voir comment ça se passe. Après, je pense qu'on a une autre problématique par rapport aux US, c'est qu'aux US, c'est des courses où il y a 200 coureurs. sur une western ou une hard rock, c'est entre quelques centaines, peut-être 500. Donc 500 fois 2, ça fait 1000. Alors qu'à l'OTMB, 2500 fois 2, ça fait 5000. C'est un autre problème pour la sécurité.
- Speaker #1
C'est plus Chamonix qui va pouvoir privatiser, c'est la vallée. C'est la vallée bientôt.
- Speaker #0
Je pense que c'est ça qui bloque sur ces grosses courses françaises. On est vraiment sur des... Il y a des réglementations avec la préfecture, etc. Exactement. Les niveaux sont déjà au max.
- Speaker #1
En fait, voilà, c'est ce que Chamonix pourrait avoir beaucoup plus de coureurs. C'est juste que la préfecture dit, sur les sentiers, partage de 24 heures, je veux maximum 20 personnes. Et donc, c'est pour ces raisons-là qu'il y a des sold-out sur ce niveau-là. 2025, j'ai vu que tu l'avais appelé l'année Reset.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est ça ?
- Speaker #0
Oui, j'espère que c'est ça, en tout cas.
- Speaker #1
Je ne sais pas c'est quoi 2025, explique-nous.
- Speaker #0
Il y a eu plus de vélo que d'habitude j'ai cru comprendre Il y a eu beaucoup plus de vélo que d'habitude Parce qu'il y a eu blessure ? Ouais il y a eu blessure, je pense qu'il y a eu un peu surménage 2023-2024 Que j'ai payé Que j'ai payé 2025 Alors un surménage, on peut l'appeler comme on veut Burnout, surménage, overreach Une fatigue physique Une fatigue physique et mentale De par les saisons qui se sont enchaînées Plus une situation personnelle qui a été un peu compliquée à ce moment là Donc ça a fait déborder le vase clairement Et après l'UTMB, j'ai eu très très mal à un pied, mon pied gauche. Donc juste après l'UTMB, mon pied a énormément gonflé. Pas de douleur pendant ? Non, pas de douleur pendant. J'avais une douleur sur le long du tibial postérieur que j'avais depuis le début de l'année. Donc déjà, je traînais un truc, pas ouf. Mais je me suis dit, après l'UTMB, je vais prendre du temps, ça va passer. Et juste 10 minutes après l'UTMB, mon pied a triplé de volume. Je ne me suis pas inquiété sur le moment. Mais finalement, ça a traîné, ça a traîné, ça a empiré, mais ça faisait des vagues. Donc des fois, ça allait mieux, moins bien.
- Speaker #1
Donc ce n'était pas un OEDEM en fait. Tu pouvais avoir un OEDEM, mais c'était vraiment une blessure.
- Speaker #0
Là, il y avait quelque chose sous-jacent. On a raté aux premiers examens en novembre 2024, parce qu'ils se sont focalisés sur la douleur que j'avais l'antithéâtre postérieur. Bref, petit erreur médicale. Je pars en Nouvelle-Zélande essayer de choper une qualif pour la Western. Ça ne se passe pas bien du tout sur la course. Je pense que mon corps est fatigué. pas récupéré l'UTMB, j'ai toujours cette douleur au pied. Je suis vraiment dans un état un peu vraiment sur le fil. Je rentre de Nouvelle-Zélande, j'ai mal au pied quasi non-stop. Et puis, il a fallu quasiment deux mois pour que mon corps me dise complètement stop. Je me sur-blesses aux adducteurs, je me sur-blesses au pouce. Donc là, j'ai trois blessures. Je ne peux plus courir, j'ai mal au pied, j'ai mal à l'adducteur.
- Speaker #1
C'est toi qui te dis stop ? C'est...
- Speaker #0
ton entourage qui te dit bon là Thibaut c'est trop il y a un peu tout qui s'accumule quand j'ai trois blessures je sens que l'énergie elle est basse j'arrive pas à récupérer je suis pas bien mentalement tu cours après ta forme donc tu fais des choses pour limiter de pas trop perdre mais t'es pas en forme c'était le bas très mauvaise période Donc là, je me rends compte qu'il faut que je fasse quelque chose. Donc déjà, on refait des examens, on diagnostique. En fait, mon pied est vraiment empiré par rapport à novembre. Donc là, on voit réellement ce que j'ai. J'ai une fissure de la peau névro, j'ai une grosse inflammation du talon, j'ai toujours mon inflammation tibiale postérieure. En plus de ça, j'ai ma lésion des adducteurs, ma fixation du cou. C'est une grosse déséquilibre. Tout était déséquilibré. Donc là on dit ok stop, on arrête tout, je pose le sport, on fait une période de récupération, on fait les examens, on met en place un vrai protocole pour les prochains mois. Et puis voilà ça m'a pris plusieurs mois pour pouvoir recourir et puis ça a été un reset physique et mental. Donc pendant cette période là, beaucoup de rééducation, beaucoup de muscu, c'est quelque chose que j'ai intégré vraiment dans ma planification qui n'existait pas avant. Et puis j'ai pris le temps en fait. J'ai fait beaucoup de vélo, mais par contre je n'avais pas de plan. Les jours où ça n'allait pas très fort, je n'allais pas. Si j'avais besoin de récup, je prenais de la récup, je faisais ma muscu. Et puis quand il y avait des belles journées, j'en profitais. Quand j'avais de l'énergie, j'en profitais. Pas de stress. Et puis on s'était dit, maintenant c'est reset trois mois. Peut-être que dans trois mois, on arrive à recourir. Si on arrive à recourir, on s'entraîne, on va en Argentine pour aller choper un ticket UTMB. Ça, c'était le plan de départ. pour aller jusqu'à fin novembre aujourd'hui. Et puis voilà, j'ai pris cette année du coup comme une année de grande pause, de réflexion aussi par rapport aux années précédentes, que ce soit au niveau de la planification, de mon quotidien, de comment m'entraîner. Oui,
- Speaker #1
tu as pris un peu de hauteur en fait.
- Speaker #0
Il fallait, oui.
- Speaker #1
Et comment ça se passe quand on est un athlète professionnel avec des résultats au niveau international ? Comment ça se passe au niveau de... du team justement ? Est-ce que ça t'a pas un peu coupé justement du team ? Est-ce qu'au contraire, ça t'a permis de nouer des relations différentes avec d'autres membres du team ? Parce que quand un athlète est en difficulté, il y a aussi l'équipe qui peut dire, on va continuer à l'accompagner, à lui parler, lui montrer qu'il est encore avec nous. Comment ça se passe quand on est athlète professionnel ? On peut aussi avoir à se dire, maintenant je ne peux pas m'arrêter parce que je dois aller courir, je suis professionnel, il faut que je cours. Comment tu as géré ça et comment le team a géré ça avec toi ?
- Speaker #0
Ce n'est pas facile parce que tu te sens un peu en retrait par rapport aux autres. Tu ne peux pas aller t'entraîner avec les autres. Tu es en stage, mais je suis allé en stage plusieurs fois pour avoir accès aux soins tous les jours. Tu es avec l'équipe, donc c'est cool, mais tu ne partages pas les moments en course à pied. Donc, tu es quand même un peu en retrait et c'est difficile quand même à vivre. Même si tu peux aller sur le vélo, même si tu partages la côté avec les autres. Mais j'en ai profité pour aller les voir sur les courses, pour les assister sur les courses. pour essayer de faire partie quand même de la performance de l'équipe et d'être présent pour les copains parce que j'aime bien aussi qu'on le soit pour moi j'aime bien quand les copains sont à bord du terrain puis j'aime bien les suivre comme on disait tout à l'heure t'apprends beaucoup de choses aussi en étant à côté en observant et puis j'ai pris quand même beaucoup de plaisir une fois que j'avais fait le chemin dans ma tête de me dire je ne vais pas courir cette année mais je prends la chose telle qu'elle est J'essaie d'en tirer du positif, je ne cours pas, ce n'est pas grave, donc je n'étais pas frustré d'être au bord du chemin par exemple, comme des fois ça peut l'être quand tu es à nuque, c'est dur d'être au bord du chemin. Là j'avais fait le chemin pour me dire, suffisant en tout cas, pour me dire qu'il n'y a pas de problème d'être à côté du chemin, donc j'ai été là pour les copains, c'était très cool aussi, mais tu es quand même en retrait de ton sport, donc ce n'est pas facile.
- Speaker #1
Oui, mais est-ce que tu as senti au fur et à mesure des mois qui passaient, déjà, est-ce que tu t'es senti est-ce que tu as retrouvé de l'énergie ? Parce que tu peux très bien être au fond du saut, mais te reconstruire tout doucement et puis sentir, je pense que les sportifs voient de quoi je veux parler, tu vas comprendre, mais tu sens que ça revient. Et donc là, la motivation, elle est décuplée en fait.
- Speaker #0
Oui, énergétiquement, j'ai senti que la pause, elle m'avait fait beaucoup de bien, que j'avais quand même une énergie de fond qui était bonne. Tu vois, quand je vais aller, j'allais rouler.
- Speaker #1
Tu n'étais pas cramé, cramé. 150,
- Speaker #0
200 bandes tout seul. Oui, j'ai suivi ça.
- Speaker #1
Vous voyez les moyennes ?
- Speaker #0
Je me disais, ça va, tu vois. Oui,
- Speaker #1
ça allait.
- Speaker #0
Je n'avais pas de... Tu vois, la fatigue, tu la sens quand même quand elle est là. C'était juste, il fallait se souvenir que c'était une blessure en fait.
- Speaker #1
Pas physiquement.
- Speaker #0
Il y avait un peu de tout, mais quelques semaines, tu vois, on suffit pour me faire un rivet de politique, me régénérer. Et après, en fait, quand tu ne rentres pas dedans, comme tu le fais en course à pied sur les courses, c'est quand même pas la même fatigue que... d'aller rouler 200 bornes en aéro, en tremplin dedans. Donc j'essayais de bien faire les choses, de bien faire ma réduc, de bien faire mes récup, d'être toujours dans mon quotidien d'athlète de haut niveau, et de prendre cette réduc comme un challenge de haut niveau. Et puis l'énergie est assez vite revenue, je sentais qu'elle était là, que je l'avais, mais par contre le pied a quand même besoin de temps, encore aujourd'hui, c'est pas totalement fini, j'ai du déséquilibre en tout cas. au niveau du bassin qu'il faut que je règle, je pense que c'est un peu lourd en plus, ça s'est un peu tout mêlé, tu vois, et ça a un peu amplifié les choses, donc donc non, l'énergie est vite revenue, après c'est sûr que j'avais envie de courir et il faut aussi respecter les temps de cicatrisation, mais je suis plutôt positif pour 2026 en tout cas, et ça devrait bien se passer, et je devrais retrouver aussi l'équipe sur les sentiers.
- Speaker #1
Et surtout après là au moment où on se parle L'objectif qui avait été fixé au mois de mai, dont tu parlais juste avant, a été atteint. Tu peux nous expliquer l'Argentine ? Parce que c'était l'objectif, tu l'as dit, c'était de laisser passer 2025, mais d'aller quand même en Argentine sur un bail UTMB justement pour aller chercher une calife, ce que tu as fait, puisque tu viens de terminer 3ème d'une épreuve en Argentine. C'était comment dans ta tête suite à cette année-là et ce résultat-là ?
- Speaker #0
L'objectif de... de début juin, la fin mai début juin c'était vraiment de se dire j'essaye d'avoir une qualif si je peux avant la fin de l'année, comme ça l'année prochaine je peux faire un vrai focus UTMB je suis pas obligé d'aller courir sur les courses by UTMB en début d'année, donc pas être à la chasse, à la qualif pas de pression par rapport à ça j'ai pu recommencer à courir vraiment fin août début septembre mais quand je te dis courir c'est des 5 km tu vois, et m'entraîner on va dire mi septembre troisième de septembre
- Speaker #1
Donc le challenge,
- Speaker #0
il était quand même assez élevé, on va dire, parce que j'ai eu... Dans ma préparation, je n'ai eu que trois semaines au-dessus de 80 km avant la course. Donc, c'était vraiment très peu pour une course de quasiment 90 km avec quasiment 5 000 de dénivelé.
- Speaker #1
C'était un 100K effectivement, mais le dénivelé était... C'était balèze,
- Speaker #0
c'était technique la course. On ne s'est pas trop rendu compte sur le profil et les images, mais c'était quand même ultra technique. Donc ouais, on l'a tenté, on a réussi. Après, clairement, j'étais à 70% de mes capacités, ou même 60%, je pense. Mais j'ai essayé de construire ma course en fonction des capacités que j'avais. J'ai quasiment plus mal aux pieds. En fait, j'ai plus mal aux pieds en courant, mais j'ai encore quelques douleurs à côté. Mais on savait que... Après, c'était le risque à prendre. Si j'avais des grosses douleurs pendant la course qui étaient revenues, j'aurais arrêté. Tu vois, parce que je sais où ça peut me mener. Mais forcément je suis très content aujourd'hui d'avoir cette qualif parce que c'était l'objectif même si je suis loin de mon niveau ça m'a montré aussi les points qui sont à travailler cet hiver donc c'est intéressant, quand tu viens travailler sur mon pied mon bassin, on commence à comprendre aussi qu'est-ce qui est déséquilibré pour aller mieux donc il y a des très bonnes choses l'excellente chose c'est que j'ai ma qualif et que je suis libéré de mon hiver tu dois être... Ouais. Je me lance dans l'hiver, je n'ai pas de pression. Si la première course est en avril, elle est en avril. Si elle est en mai, elle est en mai. J'ai le temps maintenant de faire les choses bien pour aller jusqu'à l'UTMB en fin août.
- Speaker #1
Oui, mais ça vient aussi récompenser les décisions qui ont été prises quand il y a eu cet abandon en février dont tu parlais. Ça a permis aussi de dire que les choix ont été les bons. Certes, ce n'est pas facile quand on est sportif professionnel de ne pas être sur les compétitions. Mais le choix était bon parce que juste avant ça aussi, il y a cette victoire sur le kilomètre vertical. Dès hier, au début octobre, qui t'avait permis aussi de voir que la caisse quand même était là. Mais moi, c'est toujours ce qui me fascine chez les champions, c'est que vous avez ce truc en plus. C'est-à-dire sans avoir un entraînement hyper poussé juste sur la classe, juste sur le côté physiologique qui est différent d'un amateur. Avec un minimum d'entraînement, comme tu l'as dit, je suis à 60%. on va claquer un podium sur un bas UTMB. Moi, je vois vraiment qu'il y a une différence entre l'amateur, le passionné de sport, et le champion, parce que physiologiquement, il y a ce truc en plus.
- Speaker #0
Oui, tu as une vraie mémoire cellulaire qui réactive très vite, et tu comprends vite que tu ne peux pas retrouver ton niveau à 100%, mais retrouver un niveau qui te permet de jouer, d'être devant, comme sur ce kilomètre vertical que tu es en entraînement. C'était vraiment ma recourse de reprise pour voir le pied, comment il... Il répondait aussi, mais ça revient quand même assez vite. Après, pour retrouver le niveau, pour jouer devant sur des courses internationales, il faut quand même quelques semaines d'entraînement. Tu n'as pas trop le choix. Pour ranger du volume à pied, ça ne s'invente pas. Faire 5000 mètres de descente à pied, si tu n'as pas fait 1000 mètres par l'entraînement,
- Speaker #1
tu es lourd, tu es rué. Il faut aussi travailler. Il y a le côté physiologique, mais il y a le travail qui est derrière.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
2026, tu nous en parlais. Quels sont les... Là, on est au moment où on enregistre, mais au moment où sera diffusé cet épisode, on sera déjà en 2026. Comment on se prépare ? Comment s'annonce ta saison ?
- Speaker #0
Du coup, elle se prépare avec plus de sérénité maintenant. L'idée de l'hiver, c'est de monter sur les skis, de passer du temps sur les skis et de travailler en arrière-plan tous les petits bobos qui sont là depuis 2-3 ans et qui m'embêtent. Je pense aux pieds, je pense aux bassins. Vraiment de prendre l'hiver comme un temps de structuration dans l'ombre, des choses qui vont être rapportées.
- Speaker #1
De construire la base, le socle.
- Speaker #0
Construire la base, se faire plaisir sur les skis, prendre un peu de temps aussi mentalement un peu plus serein que les derniers mois où il y a eu une grosse charge mentale avec la blessure. Et puis après, j'aimerais retourner sur l'UTMB. J'ai ma qualif et j'ai vraiment envie de retourner sur l'UTMB. Et puis en début d'année, peut-être faire le Mute à Madère. Donc ça, c'est encore à confirmer avec l'équipe. Mais c'est quelque chose qui a déjà été évoqué en mai 2025 sur la planification. C'est avoir un ticket au UTMB, puis se faire un Ultra un peu plus tôt que d'habitude. Mais comme j'ai moins couru cette année, tu vois, ça peut être intéressant. Donc le Mute, c'est 115 avec 7000 de dénivelé. Donc c'est quand même un bel Ultra en début de saison, fin avril à Madère. Et puis après, direction l'UTMB avec certaines courses de prépa.
- Speaker #1
Et comment on vit émotionnellement un départ d'UTMB ? Parce que c'est la grande finale. Tous les focus sont vraiment tournés sur ça. Il y a les lives, il y a les gens du monde entier qui viennent. Quand on est sur cette ligne de départ, à quelques minutes du départ, la musique s'enclenche, on revoit sa saison, on est focus sur ses premiers kilomètres et le fait de se frayer un chemin, comment en tant qu'athlète, toi, tu vis ça ?
- Speaker #0
Ouais, c'était bizarre ma première année parce que tu te dis que ça va être hyper intense. En fait, quand tu es à l'intérieur, j'ai trouvé que d'être spectateur, c'était même plus intense que d'être à l'intérieur. Parce qu'à l'intérieur, tu es déjà dans ta course, tu es déjà focus sur les premiers kilomètres, sur le premier ravitaillement, à quoi je dois penser, directement pour me mettre dans ma bulle. Alors le premier kilomètre, il est juste incroyable. En plus, en 2024, j'ai eu la chance de le faire devant avec Mathieu Blanchard. Donc on a kiffé pendant un kill, tu vois, tous les deux. C'est un shoot d'émotion direct quand tu commences, mais il faut vite se remettre dans sa bulle. Qu'est-ce que j'ai à faire dès les premiers kilomètres pour réussir mon UTMB ?
- Speaker #1
Est-ce que tu peux tout perdre sur le premier kilomètre ? Quand je te dis est-ce que tu peux tout perdre, parce que je me souviens d'un départ, je ne sais plus si c'est 2023 ou 2024, mais un départ, j'avais l'impression que ça partait pour 5 kilomètres. Oui, tu avais vite. C'était parti à une vitesse. Alors moi,
- Speaker #0
j'aime bien les départs, partir devant pour être serein, ne pas être dans un peloton, toucher les gens, etc. Parce que là, tu peux tout perdre. Si tu te mets une vôtre, que tu t'abîmes les deux genoux, que tu commences déjà... Tu pars très mal. Donc j'aime bien partir vite juste pour me dégager un peu de la foule. Et après, j'ai pris mon rythme. Mais c'est sûr que si tu fais les 10 premiers kilomètres trop vite, tu vas déjà griller des cartouches par rapport à ton rythme.
- Speaker #1
Et c'est ça que j'ai trouvé dans l'ultra trail, c'est que les positions en tête de course changent. Alors tu vas me dire si je me trompe ou pas, mais les positions en tête de course peuvent vite changer. Moi, je suis le live. Et d'ailleurs, je trouve ça génial parce que ça m'a permis vraiment de découvrir l'intérieur de l'ultra trail que je n'imaginais pas de cette manière. donc les lives pour moi C'est vraiment le côté éducatif. Pour moi, c'est incroyable. Et j'ai trouvé qu'en tête de course, ça changeait souvent. Tu vois, je regarde le live, je vais faire autre chose avec les enfants, je reviens, hop, c'est plus le premier, c'est plus le même. Le lendemain matin, je quitte à minuit, une heure du mat, je reprends le lendemain, c'est déjà plus du tout le même. Je trouve que ça change très, très vite en tête de course, alors que dans l'ultra-cycling, une fois que la tête de course se met en place, sauf une grosse défaillance, à mi-course, ça change quand même très, très peu. Est-ce que tu aurais des raisons à me donner pour ça ?
- Speaker #0
Sur les premières parties de course, par exemple si on prend jusqu'à Courmayeur, ça peut très vite changer parce qu'en fait tous les athlètes sont assez proches. Des fois tu en as un qui a fait un départ un peu trop rapide, l'autre un peu moins, etc. Donc ça va beaucoup bouger parce qu'il n'y a pas trop d'écarts, il y a encore un peu de fraîcheur.
- Speaker #1
En fait je pense que c'est ça, c'est que les écarts sont relativement serrés et donc tu peux vite se combler ou tu peux vite les perdre. Alors que dans l'ultra cycling, les distances entre les participants, parfois il y a plusieurs dizaines de kilomètres. Donc tu peux te permettre d'avoir un coup de moins bien, c'est pas pour ça que tu te feras rattraper par la personne qui est derrière.
- Speaker #0
Ouais, ouais, sur un UTMB, la densité elle est quand même énorme. Donc des fois le 20ème, il est à juste 3 minutes, mais 3 minutes ça peut se reprendre sur un demi-call, et puis tu vois, ça bascule sur le ravito suivant, t'as un autre mec qui est en tête. Mais par contre, ce qu'on voit quand même globalement sur les ultras aujourd'hui, c'est que les gars qui sont partis devant, ils vont finir devant. Tu vois, il n'y a plus trop de remontada, tu vois, à Ludo Pommeray, qui est 50e au premier avito et qui gagne. Ça, on le voit quand même beaucoup moins. Alors, des fois, tu passes 50e au premier avito, mais à une minute, tu vois, donc ça, c'est rien.
- Speaker #1
Mais il n'y a plus les remontadas dont tu disais. Et puis,
- Speaker #0
tu as une demi-heure de retard au 50e kill. tu as quand même beaucoup moins de chance aujourd'hui d'aller gagner. On voit quand même que la densité fait que si tu veux jouer devant, à l'arrivée, il faut quand même être devant, pas les premiers kilomètres, mais en tout cas la première moitié de course, il ne faut pas être largué ou pas avoir trop de retard.
- Speaker #1
Ce qui veut dire que stratégiquement, même si parfois tu es moins bien, et on sait que dans l'ultra à distance, tu ne peux pas être bien au début, et puis d'un seul coup, tu peux être très très bien, parfois il faut stratégiquement... de forcer un peu pour suivre le groupe parce que tu sais que si tu te fais distancer, ça va être compliqué.
- Speaker #0
Oui, prendre plus de risques en fait. Le niveau des athlètes aujourd'hui et la densité fait que si tu en as 10 devant toi, tu n'en as pas 10 qui vont avoir un coup de moins bien. Tu auras peut-être un ou deux, donc tu pourras reprendre quelques places, tu auras peut-être un abandon. Mais si tu es dixième à Champey, tu as très peu de chances d'aller gagner la course. Alors que je pense qu'il y a 15 ans, c'était faisable.
- Speaker #1
Est-ce qu'on va avoir de... l'ultra cycling en 2026 pour toi Thibaut ?
- Speaker #0
J'aimerais bien
- Speaker #1
Il y a aussi le calendrier qui n'est pas facile,
- Speaker #0
qui n'est pas simple Il y a le calendrier, il y a l'UTMB en fin août qui est vraiment mon objectif donc il faut que ça fitte L'idéal pour moi ce serait de faire l'ultra cycling après l'UTMB mais on en a parlé un peu en off il y a beaucoup moins de dates donc je suis en train de regarder comment je peux agencer un peu les choses ... Il y a peut-être un petit créneau sur fin mai pour moi. Il faut que je vois comment j'arrive à le caler. Mais j'ai vu qu'il y avait le Benelux. Il y a le Benelux, effectivement. Une partie, en plus, je ne connais pas trop de l'Europe.
- Speaker #1
Très sympa. On est par l'Amsterdam, effectivement. On part d'Amsterdam cette année devant le stade olympique. Et puis, on va descendre par le Luxembourg jusqu'à Arlon. Et après, on ira chercher les cols mythiques, les monuments d'Ismebelge.
- Speaker #0
Oui, peut-être un profil qui me convient peut-être un peu moins sur le papier. Il y a des bons qui sont...
- Speaker #1
Des bons pourcentages,
- Speaker #0
tu vois. J'en doute pas. Mais c'est aussi peut-être passer un peu moins de temps sur le vélo que si tu fais 10 ou 15 000 dans les Alpes. Donc j'aimerais bien faire un... Après, il faut que ça fit, comme tu dis. Il faut qu'on en parle avec l'équipe de performance, la Salomon. Mais c'est quelque chose que j'aimerais intégrer. Puis j'ai un projet Guatemala aussi, en novembre-décembre, l'année prochaine, où il y aura du vélo et de la course à pied. Donc il y aura l'ultra cycling et l'ultra running, tout mélangé.
- Speaker #1
C'est quoi ? C'est une compétition ? C'est un stage que tu fais, que tu organises ?
- Speaker #0
Non, c'est vraiment un projet off où j'aimerais traverser le Guatemala.
- Speaker #1
Pourquoi le Guatemala ?
- Speaker #0
Les volcans me fascinent et m'attirent. Et la ceinture de feu là-bas est juste incroyable. Il y a des plus beaux volcans au monde en tout cas.
- Speaker #1
Tu le parles pas seul ou avec des potes ?
- Speaker #0
J'aimerais le documenter et faire l'aventure physique seul. entre guillemets.
- Speaker #1
Et donc tu veux mixer vélo et course à pied, traverser une chaîne.
- Speaker #0
Traverser la ceinture de feu du Guatemala, en gros de la frontière du Mexico-Salvador, faire les portions volcans à pied et puis faire les connexions à vélo. Donc ça fait à peu près 300 à pied, 300 à vélo. Et puis faire quelque chose comme une aventure où je pars et je ne sais pas quand j'arrive, je ne sais pas quand je dors. L'aventure.
- Speaker #1
Ça, je pense que ça peut intéresser tous en selle. Je pense que ce documentaire pourra intéresser tous en selle. C'est un super projet.
- Speaker #0
Ça peut être très cool. J'aime bien penser des projets un peu off, découvrir des pays, des zones un peu inconnues, et puis me challenger aussi sur des choses qui ne sont pas des courses. Là, ça serait plus tester comment mon corps répond au sommeil, à l'endurance, à l'ultra-endurance, plus que 24 heures. puis prendre ça sous une autre forme génial,
- Speaker #1
génial tu vois j'ai déjà hâte de voir les images tu me l'as bien vendu on arrive sur la fin de l'épisode, Thibaut quel message tu aimerais faire passer aux gens qui nous suivent, aux auditrices,
- Speaker #0
aux auditeurs c'est la question la plus difficile de prendre plaisir dans ce que vous faites, de prendre les choses avec une certaine légèreté de vous dire qu'on a de la chance d'être dehors, de pouvoir profiter de notre corps, d'être en bonne santé d'en profiter pleinement et d'être conscients de ce qu'on est capable de faire aussi avec notre corps.
- Speaker #1
Génial, un grand merci pour ton temps, je sais que c'est difficile de caser tout ça dans ton agenda mais en tout cas un grand merci pour cet échange, pour cet entretien et puis bonne année 2026, je te souhaite tout le meilleur que ces projets t'amènent plein plein de choses, des émotions, des rencontres et aussi des résultats Je vous donne rendez-vous très prochainement pour un nouvel épisode. Merci beaucoup Thibaut.
- Speaker #0
Merci Arnaud. Merci à tout le monde. A bientôt.
- Speaker #1
Voilà, c'est la fin de cet épisode de Tous en selle. Merci d'avoir pris le temps de rouler avec nous, d'écouter ces histoires, d'écouter ces conseils, mais aussi ces expériences qui, je l'espère, t'auront donné envie d'aller chercher un peu plus loin, un peu plus haut et de simplement savourer ta prochaine sortie à vélo, mais aussi pourquoi pas de comprendre les vibrations de ta machine. Si ce podcast t'inspire, te motive, te fait sourire ou te donne simplement envie pour une nouvelle sortie à vélo. n'hésite pas à le partager sur les réseaux ou à un ami simplement avec WhatsApp, tu verras, c'est très simple, à en parler autour de toi et à laisser le fameux 5 étoiles sur les différents sites. C'est ce qui fait grandir l'aventure, c'est ce qui fait grandir le podcast et c'est ce qui nous permet de continuer à avoir d'autres invités. Tous en selle, c'est une communauté, une énergie, une envie commune, se dépasser, s'amuser, apprendre et vivre pleinement cette passion qui nous rassemble le vélo. On se retrouve très vite pour un nouvel épisode du podcast Tous en selle avec de nouvelles voix, de nouveaux conseils et de nouveaux récits. D'ici là, prenez soin de vous, et comme toujours, toutes et tous en selle !