Bénédicte DelelisBonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Dans cet épisode, je vais vous raconter l'histoire d'Elisabeth Leseur. Cette jeune parisienne, très amoureuse de son mari Félix, souffrit pourtant beaucoup de l'athéisme de celui-ci. Elle mourut avant de voir la conversion radicale de Félix. Comment garder l'espérance quand rien ne semble s'arranger ? C'est ce que nous allons voir. Le 31 juillet 1889, les cloches de Saint-Germain-des-Prés à Paris carillonnent à toutes volées. Une radieuse mariée de 23 ans, Elisabeth Aridji, sort au bras de son élégante époux, Félix Leseur. « S'il n'y a jamais eu sur terre deux êtres heureux, je crois que c'est bien nous » , écrira plus tard Elisabeth. Les amoureux s'étaient rencontrés l'été précédent chez des amis. Elisabeth était parisienne, Félix, lui, venait de Reims, au départ pour étudier la médecine. En fait, changeant de voie, il se dirigea plutôt vers la société de géographie et le journalisme. La beauté et la culture d'Elisabeth, sa délicatesse de cœur l'avait immédiatement attirée. Une seule chose, chez elle, lui déplaisait, sa foi. Félix, là-dessus, était déterminé. Ses rencontres avec le milieu intellectuel parisien de l'époque l'avait résolument détourné de la foi de son enfance. « Ce ne serait qu'une question de temps et de persuasion » , pensait-il. « Il saurait bien éloigner son intelligente femme de ses stupidités puériles. » Pour l'heure, ils n'étaient tous deux qu'à leur bonheur, goûtant l'ivresse de leur joyeuse harmonie. Après leur voyage de noces, les jeunes mariés s'installent d'abord à Reims, où Élisabeth se sent bientôt souffrante. Elle espère une heureuse nouvelle. Mais les médecins diagnostiquent un abcès à l'intestin. À leur retour à Paris, d'autres professeurs sont consultés et annoncent une maladie chronique du foie. La jeune Madame Leceur devra apprendre à vivre avec. Il y aura des périodes de rémission. Et en effet, en 1891, Elisabeth se sent beaucoup mieux. Félix commence une prestigieuse carrière de rédacteur en chef d'un journal très anticlérical, La République française. Le couple mène une vie mondaine animée. Félix s'emploie à faire rencontrer à sa femme ses amis les plus athées et compte bien que leur existence étourdissante lui fasse oublier peu à peu les austérités religieuses. L'année suivante, les médecins consultés à nouveau font comprendre à Élisabeth que sa maladie l'empêchera d'avoir des enfants. Le chagrin est immense. Nous aimerons nos neveux comme nos enfants. se disent Élisabeth et Félix. Commence alors pour le couple une vie de voyage, de réception, de balle, de spectacle. Élisabeth est partante pour tout, intéressée, curieuse. Assez vite, elle n'a plus le temps d'aller à la messe tous les jours comme elle le faisait autrefois. Puis, plus le temps de prier, peu à peu, elle adopte sur les choses et les événements. le point de vue de Félix qui s'en félicite. Son discret travail de sape religieuse semble opérer. Au mois de juillet 1896, ils tombent ensemble sous le charme d'un lieu enchanteur où ils feront construire une maison pour accueillir famille et amis tous les étés, juignes, dans le Jura. Élisabeth cesse tout à fait d'aller à la messe. Pourtant, ce n'est pas encore assez pour Félix. Il veut détruire en elle les racines mêmes de sa foi. Pour cela, il lui offre la vie de Jésus de Renan, qui déstabilise alors de nombreux croyants. En réalité, Élisabeth est blessée par ce livre. Les arguments de Renan, qui décrédibilisent la figure historique du Christ, lui semblent hypothétiques, contradictoires. Aussi se met-elle au travail. Elle lit les théologiens qui lui ont répondu. Elle reprend l'évangile et Jésus croise à nouveau son regard. Félix remarque son regain de vie spirituelle, se moque plus ou moins gentiment d'elle. Élisabeth en souffre, mais ne dit rien. Elle a vite compris que la polémique entre eux serait stérile. « J'aime plus que d'autres ces êtres que la lumière n'éclaire pas » , écrit-elle. ou plutôt qu'elle est claire d'une façon que nous ignorons. Il y a un voile entre de telles âmes et Dieu, un voile qui laisse seulement passer quelques rayons d'amour et de beauté. Dieu seul peut, de son geste divin, écarter ce voile. Et moi, qui vaux si peu pourtant, je crois à la puissance des prières que je fais sans cesse. pour ses âmes chères. En 1900, lors d'un voyage près de Tangier, dans le silence du désert, Élisabeth, montée sur une mule, consacre sa vie à Dieu. Je me suis donnée à lui, dans un élan de tout mon être. J'ai ardemment prié pour tout ce que j'aime, pour celui que j'aime, par-dessus tout. Élisabeth se décide. Elle ne rêvera pas son couple. autrement qu'il l'est. Elle cherchera seulement à aimer son mari, si bon et tendre par ailleurs, en consentant à la tristesse de la foi qu'il ne partage pas. Elle tentera de la lui communiquer, non pas en discours, mais en amour. Les années suivantes, la maladie d'Elisabeth connaît des périodes d'aggravation. « Rien ne se perd » , exprime-t-elle cependant. Pas une souffrance, pas une larme. Elle offre tout pour la conversion de son mari. Félix ne fait plus de remarques désobligeantes sur la foi de sa femme. À vrai dire, il est édifié par son courage, son sourire. Il fait tout ce qu'il peut pour la soulager. L'emmener à Jougnes ou en voyage dès qu'elle s'en sent capable, il accepte même d'aller à Rome. Quand il doit s'éloigner d'elle pour son travail, il lui fait parvenir des petits billets. Dans l'un, je m'ennuie à chaque tour de roue d'être séparée de toi. Tu me manques à souffrir, je t'aime. Dans un autre, tu es mon ange gardien. Et quand tu n'es pas là, je ne vaux plus rien. Tu ne peux te figurer à quel point tu m'es nécessaire. Pourtant. L'ange gardien ne sera plus sur terre très longtemps. Un jour, en voiture, Elisabeth annonce à une amie « Quand je serai morte, Félix se convertira et deviendra prêtre. » Félix, à l'avant, intercepte ses paroles mais n'ose pas protester. Il est trop ému de cette allusion à un départ qu'il redoute. En 1913, Elisabeth est très mal. Les nombreux amis, pour la plupart incroyants, se pressent autour de celles qui rayonnent de bonté et d'attention pour tous. « Tu viendras me retrouver, je le sais » , affirme Élisabeth à son mari. « Tu es de la graine de saint. Je demande au bon Dieu de permettre à ma souffrance de faire pousser cette graine-là. » Élisabeth s'éteint le 3 mai 1914. à l'âge de 48 ans, auprès de son Félix, effondré. Les mois suivants, c'est le noir complet pour lui, plus de sens à sa vie. Un jour où il pleure, la sœur d'Elisabeth lui glisse un paquet. « C'est le journal d'Elisabeth, elle me l'a passé pour toi. » Félix le lit et le relit, il s'interroge, il ressent la présence d'Elisabeth. Alors, y a-t-il une vie ? Après la mort ? Dieu existe-t-il ? Ou bien imagine-t-il tout cela pour se consoler de sa douleur ? Un de ses amis l'emmène en voyage pour le distraire. Partout, Elisabeth lui semble présente. À parelmonial, soudain, il tombe à genoux et pour la première fois, il prie. Quand la guerre éclate en 1914, Il ressent un appel pressant de sa femme. « Tu dois aller à Lourdes. » C'est à Lourdes que ces dernières barrières tombent. À la grotte, il est inondé de douceur. Il sait avec certitude que le Seigneur l'appelle. Selon la prédiction d'Élisabeth, il deviendra prêtre dominicain et prêchera l'évangile en parlant de la foi de sa chère épouse jusqu'à sa mort, le 25 février 1950. Chères Élisabeth et Félix, aidez les couples à s'aimer avec tendresse malgré leurs différences et leurs blessures. Demandez à Dieu d'agir puissamment en chacun de nous, comme il a agi en vous. Merci pour votre écoute ! Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Vous pouvez aussi retrouver ces podcasts dans le livre « Tous Saints » publié aux éditions MAM. Et puis, si ce n'est déjà fait, courez écouter les autres épisodes de ce podcast et découvrez tous les podcasts de Familles Chrétiennes, Un Beau Jour, Maman Prie, Sexo, Prières Catholiques et d'autres encore. Merci et au prochain premier mercredi du mois. pour un nouvel épisode.