Speaker #0Bonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Dans cet épisode, je vais vous raconter l'histoire du serviteur de Dieu, le Père Jacques Hamel. On connaît tous sa fin tragique, son sauvage assassinat en pleine messe, le 26 juillet 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray. Mais avant ? Et bien avant, c'était une vie toute ordinaire, d'un simple prêtre de paroisse qui avait quelques défauts, mais qui, sans bruit, constamment donnait sa vie. Je me demande où a bien pu passer Jacques. Jeanne Hamel se rend au jardin. Il descend vers la Seine, dans la jolie Normandie tout près de Rouen. Le père de Jacques, Georges, y a construit une cabane. Jeanne en pousse la porte. Il fait frais. Alors, elle l'aperçoit. Son blondinet a transformé la table de la cabane en hôtel. Avec de vieux chiffons, il a déguisé sa peluche en enfant de cœur et en cette pieuse compagnie, Solennellement, il joue à la messe. Jacques Hamel est un enfant timide, de santé fragile. Né le 30 novembre 1930, il sert la messe tous les dimanches depuis ses 6 ans. D'ailleurs, quand il y a des obsèques à la paroisse, le directeur de l'école a donné la permission que le prêtre vienne chercher Jacques pour que celui-ci l'aide. Le père de Jacques est contrôleur à la SNCF. Sa mère, Tisserande, a toujours son chapelet dans la poche. Elle fait le ménage de l'église pour rendre service. Lorsque Jacques a 10 ans, il a la joie d'avoir une petite sœur, Roselyne. Nous sommes alors en 1940. C'est la guerre. Georges a été enrôlé au service du travail obligatoire en Allemagne, dans une usine de produits chimiques. Jeanne s'occupe seule de son bébé et de son petit garçon. Lorsque les sirènes hurlent, Pour avertir les populations des bombardements, Jacques aide sa mère à envelopper Roselyne d'une couverture chaude. Et il court se réfugier dans la cave d'un commerçant voisin. En 1942, Georges est rapatrié. Les produits chimiques ont ravagé sa santé. Il est changé, sombre, nerveux, il se met dans de violentes colères contre sa femme. N'y tenant plus, Jeanne s'enfuit un jour chez ses parents dans le Nord. Avec Roselyne, qui a deux ans, elle n'a pas pu emmener Jacques. Son mari n'a pas voulu s'en séparer. Le jeune garçon, à douze ans, se retrouve donc seul avec son père. À cette époque, le curé vient trouver Georges. « Votre fils semble avoir la vocation » , déclare-t-il. « Il faudrait l'inscrire au petit séminaire. » M. Hamel n'est pas emballé, mais consent. Son fils aura au moins une bonne formation. Au petit séminaire, la vie est rude. Jacques souffre du froid, des douches glacées en plein hiver. Le dimanche, les jeunes attendent la visite de leurs parents dans la salle commune. Mais pour Jacques, pas de visite. Georges, entre-temps, se remarie. Lorsque le jeune homme a 17 ans, il retrouve enfin sa sœur, que son père est allé chercher en cachette de Jeanne, pour la ramener dans la maison au bord de la Seine. La petite fille, contente au départ, réclame très vite sa maman. Mais Georges l'interdit. Roselyne apercevra seulement sa mère, quatre ans plus tard, le jour de sa première communion, cachée derrière un pilier. Jacques... Entre au séminaire, M. Hamel, furieux que son fils persiste à vouloir devenir prêtre, l'emmène en voyage à Paris. « Regarde tout ce dont tu vas être privé ! » tempête le père. « Les spectacles, les filles, la vie quoi ! » Jacques ne cède pas. En 1952, le jeune séminariste part en Algérie pour son service militaire. Là-bas, c'est la guerre. Jacques est nommé brigadier-chef aux transmissions. Il doit protéger les munitions, faire circuler des dossiers secrets, être le chauffeur des officiers. Un jour, comme il est au volant d'une Jeep au sein d'un convoi, il entend une rafale de mitraillettes. Il n'a pas le temps de réfléchir. Quand il relève la tête, il découvre qu'à l'arrière, les passagers sont morts. Devant, les voitures ont explosé. Il est le seul survivant. Accroché à son volant, il se répète « Qu'est-ce que je fais là ? Pourquoi suis-je encore là ? » À son retour... Il reprend le séminaire. Ses supérieurs convoquent son père. « On ne sait pas si on pourra ordonner votre fils » , déclare-t-il. « Il faut absolument qu'il réussisse à vaincre sa timidité. À ce jour, on ne le croit capable ni de prêcher, ni de diriger une paroisse. » Jacques se démène alors pour dominer sa réserve. Le 30 juin 1958, à 28 ans, il est finalement ordonné prêtre. Sa joie. est immense. Derrière un pilier, Jeanne, sa maman, regarde la cérémonie. Le jeune homme devient vicaire dans la région de Rouen, et puis curé. Là, il recueille sa mère qui vieillit. Jacques est un prêtre pauvre, disponible et fervent. Toujours timide et perfectionniste, il prépare ses homélies pendant des heures avec des quantités de brouillons préparatoires. Quand Jeanne le taquine, il explique que chaque messe doit être magnifique, comme si c'était la dernière. Il connaît les heures de catéchisme avec des enfants plus ou moins sages, les heures de permanence de confession avec plus ou moins de pénitents, les préparations au mariage, au baptême. Discret, il aime mieux écouter que parler. Il sait bien ses limites. Il s'inquiète facilement, il s'emporte à des sautes d'humeur. « Quand je ne serai plus râleur, c'est que je serai mort » , sourit-il. Un jour, comme les enfants du cathé sont terriblement agités, il leur lance. « Bon, puisque c'est comme ça, je vous laisse pour ce que vous êtes, des petits païens ! » Et il s'en va furieux dans la sacristie. Dix minutes plus tard, il revient. et demande pardon. La vie se poursuit. Le prêtre est fidèle aux brévières, à l'eucharistie qu'il chérit, à la prédication, à l'accueil de tous. À 80 ans, l'archevêque de Rouen lui propose de prendre sa retraite, mais il se récrit. « Je suis prêtre jusqu'à ma mort ! » À Saint-Étienne-du-Rouvray, où il a été nommé, le travail ne manque pas, et le père Jacques ne ménage pas sa peine. Il célèbre jusqu'à sept célébrations de funérailles par semaine et dessine encore pour les enfants du cathé. Son amour pour Jésus et Marie est aussi vif qu'au premier jour. Le soir, il garde sa porte ouverte au cas où quelqu'un aurait besoin de pain ou d'une parole de réconfort. Pourtant, en vieillissant, il se sent angoissé. Sa sœur le perçoit et s'inquiète. Cela tombe bien, elle vient passer ses vacances habituelles chez lui. avec ses enfants et ses petits-enfants en ce mois de juillet 2016, où ils gardent la paroisse. Le soir de leur arrivée, on fait un bon dîner. Jacques les regarde, il est heureux. Le lendemain matin, il va acheter du pain frais, prépare le petit-déjeuner et part célébrer la messe. Il y a là un vieux couple et trois religieuses. C'est la fête de Sainte-Anne, le 26 juillet. L'office à peine achevé, deux adolescents armés pénètrent dans l'église en hurlant « Allahou Akbar ! » Ils renversent la croix et tout ce qui se trouve sur l'autel. « Que faites-vous ? Calmez-vous ! » s'écrit le prêtre suffoqué. « À genoux ! » ordonnent les jeunes au vieil homme. Et devant sa résistance, il le frappe d'un premier coup de couteau. « Satan ! Va-t'en ! Va-t'en, Satan ! » supplie le père Hamel. Alors ? Il est à nouveau frappé à la gorge et il s'effondre. Cher Père Amel, vous êtes un simple prêtre, mort martyr, en servant le corps du Christ jusqu'au bout. Nous vous prions pour tous les prêtres, surtout ceux qui sont âgés, malades, fatigués, souffrants. Que Jésus, par votre intercession, leur donne courage et réconfort, qu'ils fassent porter de nombreux fruits à leur travail persévérant. Nous vous prions aussi pour les jeunes, qu'ils osent devenir disciples du Christ. Merci pour votre écoute. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Vous pouvez aussi retrouver ces podcasts dans le livre Tous Saints, publié aux éditions MAM, et puis si ce n'est déjà fait, courez écouter les autres épisodes de ce podcast et découvrez tous les podcasts de Familles Chrétiennes, Un Beau Jour, Maman Prie, Sexo, Prières Catholiques et d'autres encore. Merci. Et au prochain premier mercredi du mois, pour un nouvel épisode.