Speaker #0Bonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Dans cet épisode, je vais vous raconter l'histoire de Léontine d'Olivet. Que peut nous dire l'histoire d'une femme qui fut catéchiste toute sa vie, dans son village natal de Bretagne ? Comment le Seigneur a-t-il fait éclater sa gloire dans cette vie très humble ? C'est ce que nous allons voir. Ce sera un kilo de tomates, deux de courgettes, une livre de beurre et un grand pot de crème, s'il vous plaît, mademoiselle Léontine. « Et vous ne prenez pas les petits biscuits habituels aujourd'hui, Madame Michel ? » « Ah, vous avez raison que je suis sotte. Mettez les biscuits. Le sachet rose. » « Vous avez l'air un peu palote. Vous n'êtes pas malade au moins ? » « Non, non, non. Juste une nuit un peu courte. Voici, ce sera tout. À demain, Madame Michel. Attention à ne pas glisser sur les pavés. Il pleut vite ce matin. » « À béton ? » Une petite ville près de Rennes, en Bretagne, on connaît bien la famille d'Olivet. Ils tiennent l'épicerie en face de l'église. Léontine, leur fille, les aide au magasin après l'école et aussi le jeudi, quand il n'y a pas classe. Née le 28 décembre 1888, elle est venue égayer le foyer de Pierre-Marie et Marie-Ren, ses parents, endeuillés de leur premier enfant, mort à l'âge de 15 mois. Léontine vit seule avec ses parents tendrement aimés, dans une jolie maison près de l'épicerie. Elle aime nager, danser, jouer du violon. Chez les religieuses de l'Immaculée, ses professeurs, elle a une quantité d'amis avec lesquels la vie lui apparaît pleine de couleurs et de gaieté. La nuit dernière, celle du 13 mars 1903, elle n'a en effet pas beaucoup dormi. Il ne faisait ni trop chaud, ni trop froid, mais pourtant, elle ne parvenait pas à trouver le sommeil. Son âme était occupée par une certitude nouvelle, un appel mystérieux, qui s'était imposé à elle avec insistance tout au long de sa journée, pourtant ordinaire. Elle se sentait invitée à consacrer sa vie à Dieu. Elle avait 15 ans et cela lui apparaissait clair comme une source. Elle appartiendrait au cœur de Jésus et à lui seul tous les jours de sa vie. Où pourrait-elle accomplir cela ? Au Carmel ? Elle se retournait dans son lit encore et encore. Demain, elle en parlerait à son père. Au Carmel ? s'étonna le père. Attends donc d'avoir 21 ans, alors tu décideras. Le printemps 1903 est agité à la paroisse de béton. On apprend que l'école des garçons, tenue par des frères de l'instruction chrétienne, doit fermer en raison d'une application drastique de la loi de 1901 qui interdit les membres de communautés non autorisées à enseigner. Les congrégations religieuses demandent les autorisations nécessaires, mais celles-ci leur sont refusées. À partir d'avril 1903, la plupart d'entre elles sont expulsées de France. C'est un choc pour les catholiques. À l'épicerie, les langues vont bon train. Et les frères qui partent comme ça sur les routes ? Tous les bâtiments sont récupérés par l'État. On n'a pas le choix. Nos garçons devront aller à l'école publique. Mais où apprendront-ils le catéchisme ? Léontine grandit. Sa décision de se consacrer à Dieu mûrit. Elle refuse deux demandes en mariage. En 1905, elle termine sa scolarité. et décide de s'occuper des garçons de l'école publique qui ne reçoivent plus d'instructions religieuses. Au départ, ce sont simplement 4 ou 5 enfants qui se réunissent chez elles pour une leçon de catéchisme. Mais de semaine en semaine, leur nombre ne cesse d'augmenter. Léontine se forme à Rennes, où vient d'être créée l'école des catéchistes. En 1908, son père achète une maison plus grande en belles pierres grises juste à côté de l'école. Là, Léontine aura plus de place pour ses classes. Les pièces sont vastes, de grandes fenêtres donnent sur un jardin fleuri, les enfants affluent. Léontine a besoin d'aide, elle ne peut plus faire face toute seule. L'année suivante, en 1909, elle fonde avec deux amis l'œuvre des catéchistes volontaires de béton. En 1913, lors d'un pèlerinage à Lourdes, la jeune fille décide de renoncer au Carmel. Elle a 24 ans. « Dieu m'a fait comprendre, dit-elle, que ma vocation de catéchiste est une vocation aussi sérieuse que la vocation religieuse. » celle qui se veut apôtre, se donne une règle de vie, messe tous les jours, lecture de la parole de Dieu, prière, elle se nourrit de la spiritualité des saints du Carmel et particulièrement de la petite sœur Thérèse de Lisieux, nouvellement célèbre, dont elle a lu l'autobiographie « Histoire d'une âme » qui l'a particulièrement touchée. « Je voudrais, écrit Léontine, devenir un ostensoir vivant, montrer Jésus aux enfants. » Elle est déterminée. « Je veux coûte que coûte être une sainte, déclare-t-elle. Seigneur, donnez-nous des mères profondément chrétiennes, donnez-nous des âmes d'apôtres et de saints pour embraser et transformer le monde. » Léontine ne fait rien d'extraordinaire. Chaque jour, elle reçoit une troupe d'enfants pour une leçon de catéchisme. Il y en a pour tous les âges. Elle visite les pauvres ou les malades de la paroisse, accueille ceux qui frappent à sa porte, elle partage avec les visiteurs et les voisins les fruits de son jardin, accepte d'être sans arrêt dérangée dans sa solitude et son silence par ceux qui viennent chercher un peu de compagnie, d'amitié. Que je sois une âme qui répand autour d'elle le p... parfum de Jésus, demande-t-elle dans la prière. Un parfum qui, faisant penser à Jésus, lui gagnera doucement les cœurs. Le temps passe. La première guerre mondiale fait souffrir les habitants de béton comme les autres. Puis, la paix revient. Léontine poursuit son métier de catéchiste. Quelquefois, la lassitude la guette. Avec certains enfants, il semble qu'elle n'y arrivera jamais. Après la fervente première communion, les voilà qui disparaissent. Pendant les vacances, ils ne mettent plus les pieds à l'église. Les parents, souvent indifférents à la foi, ne soutiennent pas ces efforts. Et des fruits de son labeur de l'annonce inlassable de l'évangile, elle n'en voit pas beaucoup. « La formation religieuse des enfants est bien difficile, soupire-t-elle. S'il fallait s'attacher uniquement aux apparences, le découragement serait inévitable. Pourtant, il ne faut jamais désespérer d'une âme, il faut seulement savoir attendre et prier. Ainsi s'écoulent les années de Léontine, marquées par la persévérance et la fidélité, la douceur et la fermeté de son enseignement à la sable auprès des générations d'enfants qui se succèdent. Celle qui voulait être sainte coûte que coûte apprend que par elle-même... Elle sera toujours loin de la sainteté et que seul Dieu la donne. En 1974, la catéchiste désormais âgée se casse le col du fémur. Ne pouvant être opérée, elle demeure allongée. Elle meurt le 14 novembre 1974. Les derniers mots recueillis sur ses lèvres sont « comme le bon Dieu voudra » . Quarante ans plus tard, l'archevêque de Rennes tombe, au cours d'une visite pastorale à Béthon, sur une grande photo d'une demoiselle au regard de feu et au sourire doux. « Qui est-ce ? » demande-t-il. « C'est notre sainte ! » répondent les fidèles. Le souvenir de Léontine ne s'était pas effacé. C'est ainsi que son procès de béatification fut ouvert. Chère Léontine, partagez avec nous votre ardeur missionnaire. Apprenez-nous la fidélité et la persévérance dans l'annonce de l'Évangile, que Jésus fasse lever une nouvelle génération de catéchistes, afin de poursuivre cette splendide mission de montrer Jésus. Merci pour votre écoute. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. 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