Bénédicte DelelisBonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Saint Louis et Zélie Martin, peuvent-ils vraiment être proches pour nous ? Eux si pieux ! Eux dont toutes les filles sont devenues religieuses ! Eux qui ont donné une immense sainte à l'église, la petite Thérèse ! Eh oui, car leur sainteté ne s'est pas conquise à coup d'actions extraordinaires, mais s'est tissée dans la vie bien ordinaire d'une famille comme les autres, avec ses soucis de santé, de travail et d'éducation, et ses joies simples. Louis et Zélie Martin se sont rencontrés non pas sur le pont d'Avignon, mais sur le pont d'Alençon. Du moins, c'est ce que l'histoire raconte. Tous les deux enfants de militaires, ils avaient au cœur le même rêve de jeunesse, se consacrer à Dieu dans la vie religieuse. Louis avait fait son entrée au monastère du Grand Saint Bernard, mais il n'arrivait pas à maîtriser le latin. Alors il sortit. Et de retour à Alençon, la ville de sa famille, il ouvrit en 1850 Merci. une horlogerie-bijouterie. Il avait 27 ans. Zélie souhaitait, quant à elle, devenir religieuse chez les sœurs de l'adoration perpétuelle. Et c'est la supérieure du couvent qui la refusa. Alors, à la fin de l'année 1853, à 22 ans, Zélie se lança dans le point d'Alençon une technique de dentelle à l'aiguille. Très vite, elle recruta des ouvrières et se trouva à la tête d'une petite entreprise qui marchait très bien. Il semble que c'est la mère de Louis qui parla à son fils de Zélie. Avait-elle repéré que ces deux-là sauraient s'accorder ? En tout cas, après s'être vus pour la première fois en avril 1858 à 35 et 27 ans, ils ne se quittèrent plus. Le mariage fut célébré selon la coutume à cette époque, le 13 juillet 1858 à minuit. Ce qui était certain, pour l'un comme pour l'autre, c'est qu'ils voulaient appartenir à Dieu. Appartenir à Dieu et être marié, si aujourd'hui c'est déjà original, à l'époque cela paraît presque impossible. Aussi les deux époux tâtonnent. Doivent-ils vivre une continence totale pour que Dieu soit le premier servi ? Au bout de quelques mois, ils comprennent que là n'est pas le bon chemin. Une petite Marie voit le jour, neuf mois plus tard, chez les Martins en 1860, puis c'est Pauline et ensuite Léonie. Après survient Hélène et deux petits garçons. Zélie est heureuse. J'étais faite pour être maman, s'émerveille-t-elle. Mais une série de deuils vient frapper vivement le jeune couple. Le premier petit garçon s'éteint à cinq mois. en 1867, le second avant huit mois, en 1868. L'année suivante, Céline naît. 1870 est sombre pour les Martins. C'est la guerre contre la Prusse. On se fait beaucoup de soucis. Jusqu'où les Prussiens avanceront-ils ? La petite Hélène, qui a cinq ans, tombe malade. En février, elle meurt. C'est le désarroi. Zélie est enceinte de trois mois. Elle met au monde Mélanie-Thérèse en août et celle-ci meurt. En octobre, en trois ans, Zélie a perdu quatre enfants. Elle est terrassée. Durant toute son existence, Zélie écrit beaucoup à ses proches. À sa sœur religieuse, à son frère Isidore, à sa belle-sœur Céline, puis à ses filles aînées quand elles partiront en pension. Mais de cette époque-là, il ne reste... Rien, aucun courrier. Les filles Martin ont tout jeté après la mort de leur mère. Les lettres de Zélie devaient refléter sa profonde détresse. Elles parurent sans doute trop noires pour être gardées. Pourtant, elles nous auraient fait du bien, montrant qu'on peut s'enfoncer dans la nuit et remonter. C'est ce que vit Zélie. Elle s'accroche à la providence de Dieu, qui tient tout dans sa main. À Louis, son mari qui l'aime d'un amour tendre. À son métier qu'il apprend beaucoup. À ses enfants vivants, qui exigent ses soins et ses forces. Marie et Pauline grandissent bien et beaucoup. Léonie est plus compliquée. Elle a de l'eczéma et n'arrive à rien à l'école. Céline est sage. Zélie n'arrête jamais. Comme toutes les mamans du monde, elle est sans cesse dérangée. Son travail la tracasse souvent. Quelquefois, elle n'a pas assez de commandes et s'inquiète de ne pas pouvoir payer ses ouvrières. Parfois, elle en a trop et ne sait plus où donner de la tête. Justement, ces années-là, les demandes sont si nombreuses que Louis décide d'arrêter son activité pour seconder sa femme. Louis rassure beaucoup Zélie. Il a un caractère fort, mais qui avec le temps s'adoucit. Il est très tendre avec sa femme. D'ailleurs, elle déteste se séparer de lui. Quand il n'est pas là, Elle dit qu'elle est comme un poisson hors de l'eau. Louis aime pêcher le dimanche, emmener ses enfants en promenade. Il aime l'éveiller du soir au coin du feu, où l'on lit et raconte des histoires. Chaque matin, les époux se lèvent très tôt pour assister à la première messe. Ils prient, leur porte est ouverte aux gens souffrants, aux pauvres. Louis a une foi de marcheur. Dès qu'un souci les frappe, il part en pèlerinage. J'ai les martins. Jésus. est si vivant qu'on pourrait lui avancer une chaise dans le salon pour qu'il s'installe. Lorsque Zélie découvre, en 1872, qu'elle attend la petite Thérèse, elle s'angoisse. Va-t-elle perdre ce bébé comme les autres ? Elle ne le supporterait pas. Et nous ? Nous savons bien ce que deviendra cet enfant-là, qui, heureusement bien vivant après quelques alertes, grandit, fait des caprices, ne veut pas quitter sa maman, se roule par terre de rage. Cependant, Zélie a remarqué depuis quelques temps qu'une grosseur qu'elle avait au sein augmentait. Un jour, le verdict tombe sans appel. C'est un cancer très avancé. Toute la famille est effondrée. Louis va ranger ses cannes à pêche. Au grenier, à quoi bon péché si sa Zélie disparaît ? Il la supplie d'aller faire un pèlerinage à Lourdes, mais elle ne veut pas. Que diraient les gens si elle revenait sans être guérie ? Cela ne leur ferait-il pas perdre la foi ? Finalement, elle cède. Elle veut confier Léonie, qui ne va pas bien, et remettre toutes ses filles au bon soin de la Sainte Vierge. Zélie porte au cœur cette prière si émouvante quand on connaît la fin de l'histoire. Que mes filles soient toutes des saintes et que moi, je les suive de près. Quand elle rentre, elle n'est pas guérie, mais elle est plus paisible, abandonnée entre les mains de Dieu. Elle meurt le 28 août 1877, laissant une famille désemparée. Pourtant, la Sainte Vierge va tenir sa promesse. Elle ne les abandonnera pas. Louis déménage avec toute la troupe à Lisieux, au Buissonnet. Il doit désormais apprivoiser la vie sans sa zélie. Louis est un papa attentif, dévoué. Durant toutes les années suivantes, il entoure ses filles de gaieté, d'affection. Et puis, l'une après l'autre... Marie, Pauline, Léonie et enfin Thérèse, à même pas quinze ans, annoncent à leur père aux cheveux qui blanchissent qu'elles vont rentrer au couvent. Cet homme, à qui ont été demandés tant de détachements, déclare simplement « Dieu me fait un grand honneur » en me demandant ainsi mes enfants.
Bénédicte DelelisAprès le départ de Thérèse au Carmel, Louis reste avec Céline et Léonie, qui fait des allers-retours entre le couvent de la Visitation, où elles n'arrivent pas à rester, et les Buissonnets. Et là... En 1888, Louis déclare une sorte d'Alzheimer très violent. Il se perd, divague, menace des gens avec une arme. Il est alors interné au bon sauveur de camp. C'est un drame terrible pour lui et pour ses filles, épouvantées. C'est l'heure, pour lui, de l'humiliation de la maladie et de la dépendance. Dans une phase de lucidité, il dit en désignant l'hôpital, « J'aurais préféré être apôtre ailleurs. » Il meurt le 29 juillet 1894 à 71 ans. Cher Louis Ezely, vous êtes pour nous des témoins que Dieu ne déçoit pas notre espérance. Vous avez traversé de grandes épreuves. Dieu paraissait bien silencieux et pourtant, il exaucait en secret votre désir le plus profond. Lui appartenir, que tous vos enfants soient des saints et que vous les suiviez de près, et vous ne les avez pas suivis, vous les avez devancés. Nous vous prions pour les veufs, les veuves et toutes les familles endeuillées par la perte d'un enfant ou soucieuses d'un enfant malade ou en difficulté. Demandez à Dieu pour nous votre courage. et votre amour inlassable les uns pour les autres. Merci pour votre écoute. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Vous pouvez aussi retrouver ces podcasts dans le livre Tous Saints. Publiez aux éditions MAM et puis si ce n'est déjà fait, courez écouter les autres épisodes de ce podcast et découvrez tous les podcasts de Famille Chrétienne. Un beau jour, Maman prie, sexo, prière catholique et d'autres encore. Merci et au prochain premier mercredi du mois pour un nouvel épisode.