Speaker #0Bonjour, je m'appelle Bénédicte Delelis et vous écoutez Tous Saints. Dans ce podcast de famille chrétienne, je vous raconte l'histoire de saints et de témoins de la foi récent qui nous donnent envie, à leur suite, de grandir en sainteté et en amour de Jésus. Dans cet épisode, je vais vous raconter l'histoire de Zita de Habsbourg. Le sort sembla s'acharner sur la dernière impératrice d'Autriche. Guerre, exil, mort prématurée de son époux. Comment cette femme énergique sut-elle garder vives les vertus de foi, d'espérance et de charité durant sa très longue vie ? Son procès de béatification ? a été ouvert en 2009, cinq ans après que son mari Charles ait été béatifié par Jean-Paul II. On l'a appelé l'impératrice Courage. Et ce surnom lui sied certainement comme la pantoufle de Cendrillon. Zita est née en Toscane le 9 mai 1892. D'une famille princière, ses parents choisirent pour elle un prénom d'une servante et même de la sainte patronne des servantes. C'était déjà original pour une princesse. Et peut-être cela marqua-t-il d'emblée son caractère, énergique, simple, les mains au travail et le cœur à Dieu. Son père, Robert, duc de Parme, a eu d'abord douze enfants d'un premier mariage, puis, après la mort de sa femme, a épousé une princesse du Portugal qui lui donna à nouveau douze enfants, dont Zita. L'enfance de la princesse au prénom de servante est donc marquée par une atmosphère animée, joyeuse et bruyante. La famille habite six mois par an en Italie et six mois en Autriche. Un fait comptera beaucoup pour Zita. Sa grand-mère, ancienne reine du Portugal, une fois devenue veuve, était rentrée au monastère de Solème, une abbaye bénédictine française. Solème, où rentreront trois des sœurs de Zita, deviendra pour la princesse au destin d'exil le point fixe La maison, le phare. Dans la famille de Zita, l'ambiance n'est pas à l'oisiveté. Zita étudie sous la direction de précepteurs jusqu'à 10 ans, puis part en pension en Haute-Bavière. À la maison, les grands sont chargés d'aider les petits. De plus, racontera Zita plus tard, nous raccommodions le linge des personnes âgées et des malades de notre village. Zita et ses sœurs sont aussi en charge de 12 petits-enfants du village sans ressources. Elles doivent notamment... leur confectionner des habits. Travail, service et bonne humeur, voilà le socle d'éducation de notre princesse. Avec une leçon très forte donnée par l'histoire de sa famille. Une couronne se perd, une fortune peut s'égarer, tout passe. Seul l'amour, explique Zita, est la force constante et indestructible. Avec Charles de Habsbourg-Lorraine, cousin éloigné et voisin en Autriche, la rencontre avait plutôt mal commencé. Charles était venu plusieurs fois chez les Bourbons-Parmes à des pique-niques ou à des goûters. Un jour, il semble qu'il tira sur un lapin et fit exploser une vitre de la villa des parents de Zita qui en fut très contrariée. Que pensa-t-elle ? Qu'il était maladroit ? Brise tout ? On ne saura jamais. Mais quand ils se revirent quelques années plus tard, ils se... plurent instantanément et de plus en plus. Zita pétillait. Charles avait un don de sympathie. Il était chaleureux, simple. Les deux s'accordaient à merveille. Le 13 juin 1911, leurs fiançailles furent célébrées. Ah, mais j'oubliais de le dire. Charles était le petit-neveu de l'empereur d'Autriche, François-Joseph. Le fils de François-Joseph étant mort, L'héritier du trône était François Ferdinand, un neveu de l'empereur. Et après lui, le successeur du trône, c'était Charles, qui avait perdu son père. Zita le savait bien. Un jour, l'homme qu'elle épousait montrait certainement sur le trône d'Autriche. Mais ils avaient le temps d'ici là, le temps d'être heureux, de construire leur propre vie. Ils eurent en fait très, très peu de temps. Quelqu'un l'avait étrangement prédit, le pape Pidis. Fiancé, Zita avait été reçu par lui en audience. Le Saint-Père avait eu des propos bizarres. « Vous allez épouser l'héritier du trône. Je vous souhaite toutes les bénédictions. » Zita se récrit, mais le pape insiste. « Je m'en réjouis infiniment, parce que Charles est la récompense. » que Dieu a réservé à l'Autriche. « Dieu merci ! » déclare Zita, mi-figue, mi-raisin en sortant de là. « En matière politique, le pape n'est pas infaillible ! » À cette heure, le 21 octobre 1911, les festivités du mariage commencent par la messe. Charles regarde celle qui dans quelques instants sera son épouse. Maintenant, notre devoir est de nous aider mutuellement à aller au ciel. Cette phrase se grave dans le cœur de Zita. Après leur voyage de noces, Charles est nommé capitaine, puis commandante à Vienne. Otto, né en 1912, c'est la joie, puis Adélaïde, à l'aube de l'année 1914. Suivront ensuite six autres enfants. Le 28 juin 1914, alors que le couple déjeune gaiement dans la véranda, un domestique apporte un télégramme. François Ferdinand. et son épouse ont été assassinés. Charles devient blanc comme un linge. La vie bascule. Le voilà maintenant héritier direct de l'empereur, alors que la guerre 14-18 commence. Effroyable ! Charles hésita, déménage au château de Chênebrune. De là, Charles se rend au front chaque jour. Puis survient la mort de l'empereur François-Joseph. Le 21 novembre 1916, les deux époux pleurent à eux désormais de prendre la suite. À peine couronnés, Charles se met à l'immense tâche qui l'occupera inlassablement, conclure la paix à tout prix. pris. Pendant ce temps, Zita déborde d'activités. Elle visite les blessés dans les hôpitaux, les orphelinats, les soupes populaires. Elle organise un fonds pour les veuves de guerre, une œuvre pour l'enfance. Elle crée des centres de réfugiés de l'Est, des foyers du soldat, sortes de maisons où ils peuvent reprendre des forces. Et un hôpital orthopédique pour les mutilés. Cette femme énergique a un caractère de feu. Zita s'est exprimée à son cher époux son amour immense, mais aussi parfois ses reproches, son inquiétude ou son irritation, avant de demander pardon pour ses emportements, puis de se réconcilier avec la fougue et l'amour passionné de la jeunesse. Comme tous les couples de la Terre, on s'aime, on se dit les choses, on se dispute, on se pardonne et on recommence. Un long chemin de croix commence pourtant pour le jeune couple. Les tentatives de... paix de Charles auprès des pays de l'Entente, la France, la Grande-Bretagne et la Russie, sont révélés et affaiblissent son autorité. Puis, c'est la débâcle et les États membres de l'Empire déclarent leur indépendance. Sonne la fin de l'Empire austro-hongrois. Plus de garde au château de Schönbrunn. Les serviteurs s'éparpillent. La famille royale fait ses adieux. Elle se retire d'abord dans un château, non loin de là, puis est exilée en Suisse. Après deux tentatives avortées de restauration en Hongrie, Zita et Charles sont emprisonnés, puis envoyés sur l'île de Madère. Zita attend son huitième enfant. Ils ont tout perdu. Tout passe. Seul l'amour est une force indestructible. Peut-être peut-on dire ici deux choses qui caractérisent ce couple étonnant. Zita et Charles reçoivent tous les événements comme venant de la main de Dieu. Leur attitude constante du cœur, c'est « Fiat ! » « Que ta volonté soit faite ! » Ce qui leur donne une souplesse et un détachement ahurissant. L'autre élément saisissant, c'est l'absence d'amertume. Tant de gens les ont trahis. On les jette sans ressources dans cette île lointaine, Madère, Charles, en mourra en peu de temps. En 1922, à 34 ans, d'une sotte grippe, juste parce qu'il n'a plus les moyens de se loger correctement et de se soigner. Eh bien, dans ces deux cœurs, pas d'aigreur, pas de rancune, juste un amour intact pour leur pays et pour chacun. Les derniers mots de Charles Azita sont « Je t'aime infiniment » . Nous nous retrouverons dans le cœur de Jésus. Et cette femme intrépide essuie ses larmes et relève le défi. Elle élève les huit enfants et continue sa route d'exil, droite, dans sa robe de veuve. Portugal, Espagne, Belgique, Canada pendant la Seconde Guerre mondiale, États-Unis, Luxembourg, puis Suisse de nouveau, où elle mourra à 96 ans après qu'on lui ait rouvert l'accès à l'Autriche et qu'elle ait pu revoir enfin son cher pays. Durant ces années, la source de Zita, c'est le... cœur de Jésus et le monastère de Solème, où elle devient oblate. Zita et Charles, merci de votre témoignage si beau. Donnez-nous la grâce de votre abandon à la providence divine, même déroutante, la grâce de votre foi. qui ne vacilla pas. Merci pour votre écoute. Si ce podcast vous a plu, n'hésitez pas à vous abonner, à partager cet épisode sur les réseaux sociaux et à mettre 5 étoiles et des commentaires sur Apple Podcasts et Spotify. Vous pouvez aussi retrouver ces podcasts dans le livre « Tous Saints » publié aux éditions MAM. Et puis, si ce n'est déjà fait, courez écouter les autres épisodes de ce podcast et découvrez tous les podcasts de Famille Chrétienne. Un beau jour, Maman prie, sexo, prière catholique et d'autres encore. Merci et au prochain premier mercredi du mois pour un nouvel épisode.