- Speaker
« Être entrepreneur, c'est être confronté au sentiment de solitude. Est-ce un frein, une liberté, une angoisse ou un challenge ? » « Tout seul. » « Tout seul, oui. » « Tout seul. » « Tout seul. » « Tout seul. » « Tout seul. »
- Journaliste
Avec Tout seul, un des podcasts d'Orange pour les pros, nous rencontrons partout en France des entrepreneurs qui vous partagent leur expérience, leur histoire. Vous le saviez que seulement 6% des entreprises de la French Tech ont été créées par des femmes ? Et oui, 6% ! Femmes et mères au parcours éloigné de la tech, Colline Cinquin a déjoué tous les pronostics en lançant Omedom. Si vous n'en avez pas entendu parler, Omedom, c'est la première application qui permet de gérer son patrimoine immobilier. L'entrepreneur basé à Albi vit ce projet et le porte avec la force des personnes qui ont un besoin intense d'accomplir leurs rêves. C'est dans sa nouvelle maison dans le Tarn qu'elle nous reçoit pour nous raconter son parcours deux jours après son emménagement. Une vraie victoire pour celle qui a vécu un an et demi chez sa maman avec ses deux filles le temps de lancer son entreprise.
- Coline Sinquin
Je suis passionnée de musique, donc il y a tout le temps de la musique chez moi. Plutôt que du classique, là je vous ai mis un truc moins classique pour pas que ça plombe quand même l'ambiance. Donc voilà, moi j'ai emménagé ici ce week-end, enfin, parce que j'habitais un an et demi chez ma maman avec... avec mes deux filles, suite à ma séparation. Et donc le temps que mes dômes se mettent en marche, que j'ai un salaire régulier, je ne pouvais pas louer, je ne pouvais pas acheter. Et là, ça y est, depuis quelques mois, ça a commencé à se stabiliser. Donc j'ai pu enfin trouver ma maison avec mes filles. c'est un grand pas, c'est pour ça que je suis un peu émue parce que c'est le boulot de l'entrepreneur, c'est ça, c'est beaucoup de concessions, c'est des choix c'est de la patience, c'est beaucoup de travail et c'est le travail à payer avec cet emménagement ça veut dire beaucoup j'ai enfin ma place j'ai trouvé ma place et je commence à être en paix trop chouette Donc moi je suis albigeoise, je suis née à Albi et puis j'ai toujours voulu être médecin. Et puis arrivé en première, j'étais complètement larguée en physique-chimie et j'ai eu très peur. Je pense que j'avais la pression de l'échec, de par la pression familiale, et du coup, soit par panique ou alors par lucidité, je sais pas, j'ai basculé en terminale éco. Donc pour moi, les rêves de médecine s'étaient envolés à ce moment-là. Donc j'ai commencé une année en droit à Albi. Et puis ça m'emmerdait comme ce n'était pas permis. Et donc pendant le droit, j'ai commencé à être serveuse dans un domaine, un viticole. Et là, très rapidement, je me suis éclatée. Et j'ai gravi les échelons. Et dans un souci de rayonnement familial, où mes soeurs avaient fait des grandes études. J'avais l'impression de faire la même chose et donc j'ai commencé à chercher une école, une grande école dans l'hôtellerie restauration et donc j'ai passé le concours et j'ai été admise à Vattel. Donc Vattel c'est une école privée de management en hôtellerie de luxe. Je me suis régalée et puis il y a eu un stage, je suis allée à l'Alpe d'Huez faire un stage et j'ai rencontré mon mari qui est devenu ex, donc qui était chef de cuisine de là où je travaillais. Et je crois que son rêve est devenu le mien, c'était d'avoir un restaurant. Il se trouve qu'il y a eu un héritage qui est tombé à ce moment-là et on a eu l'occasion et l'opportunité de créer un restaurant. On a cherché et on a trouvé un magnifique endroit qui était à Saint-Martin dans les Caraïbes. Et on a monté et tenu ce restaurant pendant 5 ans et demi, 6 ans. Et ma petite fille Marie-Lou... qui a maintenant 15 ans a vécu de 0 à 5 ans et demi sur l'île de Saint-Martin. On a vendu le restaurant suite à notre séparation. Je suis retournée à Paris pour faire de l'hôtellerie à des postes de direction. Et puis je suis revenue en Albijoie parce que ma mère est tombée malade. J'avais mon divorce qui était compliqué. Et donc j'ai monté ma société en tant qu'auto-entreprise où je faisais des business plans pour de l'hôtellerie de luxe. En gros, c'est que j'avais des investisseurs qui avaient des projets de création d'hôtels de luxe dans le monde. Et donc mon livrable était de fournir un business plan et un rétro-planning pour l'ouverture de cet hôtel-là. Donc j'ai pu mettre, on m'a mis à contribution sur un hôtel à Bali, à Marrakech, à Barcelone, et un dans le Tarn. Il y avait eu un projet dans le Tarn, donc maintenant qui a ouvert.
- Journaliste
Omédom, du coup, c'est ta troisième expérience d'entrepreneuriat. Tu as une expérience en couple et une expérience toute seule déjà. Et là, tu t'es relancée dans une troisième expérience toute seule.
- Coline Sinquin
Oui, au Médam, effectivement, c'est la suite logique d'une histoire qu'on a vécue, c'est-à-dire que ma grand-mère décède, et donc ma mère, qui est fille unique, se retrouve à gérer un patrimoine immobilier dont elle hérite de droit. C'est un chalet qui a été construit par mon grand-père, c'est un terrain au fin fond du Tarn qui a lui-même sa propre histoire. En fait, c'est des endroits où on a vécu en tant que petite fille avec mes sœurs. qui nous ont construites quelque part où on a plaisir à revenir. Et donc en fait, en bout de ligne, c'est comment fait-on quand on est seul pour piloter un patrimoine immobilier dans un souci de transmission à nous, ses filles, au moment voulu. Mais en attendant, quid de comment ça se passe ? Elle n'a pas envie de vendre, elle n'a pas envie de déléguer à quelqu'un, elle a envie de garder le contrôle sur ses biens, en plus de sa résidence principale. Avec mes sœurs, on a fait le tableur Excel, on lui reconstituait le drive par bien, et puis on se relayait, on sentait la pression qui montait, aller à la pêche aux informations chez le notaire, chez l'assureur, chez le syndic, chez l'agent immobilier, pour essayer de reconstituer le pulse de tout ça. Tout s'est passé pendant le confinement, c'est-à-dire que la journée, je travaillais à mes business plans pour l'hôtellerie, Charlotte avait deux ans, d'une deuxième union. Donc je jonglais entre Charlotte la nuit et cette idée. Donc je faisais des business plans pour des hôtels. Je me suis dit ok, je vais prendre la même trame qu'un business plan hôtelier et je vais faire ce business plan pour cette idée. Une idée d'une appli qui aide au pilotage de plusieurs biens, de différentes natures. Et cette idée m'obsède et je déroule mon business plan à moitié sur la nuit. pendant le confinement, et c'est à la fin du confinement où j'ai fini mon business plan sur Omedom, qui ne s'appelait pas Omedom à ce moment-là, et je regarde dans mon carnet d'adresses, dans mon répertoire, je me vois encore chercher des personnes qui sont en lien avec l'immobilier. Parce que je me dis, ok, j'ai une idée, je me suis bien éclatée à faire mon business plan et à me torturer le cerveau, mais je vais quand même voir si ça a un impact, ou si je suis complètement à côté, ou has been, ou ça s'est déjà fait. et je trouve une... Une personne qui m'en fait rencontrer deux autres qui sont des courtiers en gestion de patrimoine. Je ne connais rien en immobilier, je n'y connais rien en technologie. Il me fait m'asseoir et je commence à pitcher, à présenter mon projet. Et là, ils ont trouvé ça plutôt bien. Et ces personnes-là sont devenues membres fondateurs avec moi. Au même moment, je dirais un mois plus tard, j'ai rencontré une amie de ma sœur à une réunion de fringues. Tu vois, une réunion à domicile de fringues où ma sœur m'avait dit, viens, viens de changer les idées.
- Journaliste
Le vide-dressing. Ouais,
- Coline Sinquin
le vide-dressing, voilà. Et elle a invité ses copines, bien sûr. Et je m'assois à côté d'une fille et on commence à discuter. Et je lui explique mon projet et elle me dit, écoute, moi ça m'intéresse, on reste en contact. Et cette fille-là, c'est Héloïse, que tu vas voir tout à l'heure. Et encore une fois, je suis très émue parce que j'ai l'impression que depuis que j'ai ouvert la porte de ces courtiers en gestion de patrimoine, c'est encore une fois, il y a tout qui arrive au bon moment avec les bonnes personnes. J'ai fait beaucoup d'erreurs dans ma vie avant à ne pas bien m'entourer, à être plutôt naïve et influençable et manipulable. Là, depuis que j'ai au médium, je sais qui je suis, je sais où je suis bonne, je sais où je ne suis pas bonne, je sais qu'il faut que je m'entoure de gens brillants de cime qui ne me ressemblent pas. Je sais que je n'y connais rien en tech, que je n'y connais rien immobilier, donc il me fallait des gens qui soient experts à ma place pour pouvoir faire ensemble un projet commun. Et Héloïse qui sort, qui était chez Airbus en tant que salariée, me rejoint officiellement en tant que salariée, responsable du pôle techno, dev et cybersécurité chez Omedom. Elle m'a fait confiance dès le début et je ne dirais pas que c'est une amitié parce qu'on ne se connaissait pas il y a encore trois ans. Mais c'est des personnes incroyables comme Lou ou Chloé qui me suivent dans tous mes projets, mes idées farfelues, qui me font confiance et c'est Tapie Rouge. On se fait un courant ? Ouais,
- Lou
ça va, bisous. Alors moi je suis donc Lou, je suis responsable communication et médias au sein d'Omédome depuis le 30 mai dernier. J'accorde l'importance à ce que je fais, pour qui je le fais, avec qui je le fais. Colline Cinquin, comme je lui dis, c'est... T'aurais fait une appli pour vendre des pantoufles ou pour vendre des meubles. En fait, moi, c'est toi qui m'as accrochée grave. Elle a une manière de fédérer, d'accompagner avec elle, de booster. Enfin, vraiment, c'est... J'avais trop envie de bosser avec elle, en fait. Reconversion professionnelle aussi, moi, je suis super... Intéressé, fasciné par tous ces parcours qui là se multiplient en plus beaucoup aujourd'hui, de ben voilà, hôtellerie de luxe à j'ai une idée. En fait le storytelling il n'a pas été à créer parce que c'est une histoire vraie en fait, moi il y a ça aussi.
- Coline Sinquin
On crée la société en mars 2021, en bonne et due forme, et là ça s'accélère. Ça s'accélère parce que c'est ma sœur aînée, je crois, qui me dit écoute, t'es pas de la tech, t'es pas de l'immobilier, il faut que tu rejoignes un incubateur. Donc déjà, premier mot, c'est tout un verbatim qui arrive. Et donc je recherche des incubateurs dans la tech. J'envoie plusieurs dossiers et c'est l'IOTI Valais, où on va aller cet après-midi à la Bège, qui me recontacte. On a retravaillé le projet, affiné... finir le marketing, l'étude de marché, des gens vraiment chouettes, et qui m'ont appris tout le verbatim, sans le chercher, mais dans les formations, les ateliers, tout le verbatim des startups, de la tech, pas forcément des mobiliers. mais de la tech, d'une organisation startup, élevé de fonds, financement, innovation, tous ces termes-là rentraient, comme j'en magazine rapidement. Et j'adore ça, j'adore ça. Je creuse chaque mot, j'essaye d'être le plus à l'aise possible, parce que je n'allais pas lever la main à chaque fois en disant je ne comprends pas, je ne comprends pas. En même temps, j'apprenais. C'est fin 2020, je n'ai pas de projet, je n'ai pas d'appli. C'est le salon RENT et le groupe Se Loger qui a organisé un concours national de la PropTech au féminin. La PropTech, c'est la Property Technology. Ça aussi, je ne le savais pas. Avant d'avoir ce prix, je ne savais pas ce que c'était la PropTech. Qui récompensait un projet national innovant porté par une femme dans le milieu immobilier. Et donc, j'envoie un peu ce dossier par hasard. Je fais vraiment un dossier, j'écris comme je parle, avec des points de suspension, des points d'exclamation. Et il se trouve que j'ai gagné ce concours, donc je me retrouve à Rennes, le salon de l'immobilier Il Faut Être, donc ça c'était octobre 2020, où je reçois la première reconnaissance d'un projet innovant.
- Journaliste
Avant même les statuts d'entreprise. Oui,
- Coline Sinquin
et enfin, enfin, c'est pas enfin parce que je ne l'attendais pas, mais le mot innovation était posé pour Romédom. Et ça m'a ouvert beaucoup de portes. Au niveau des financements, des subventions, l'IoT dans la foulée m'a mis en relation avec la BPI, qui est un service de l'État, qui finance l'innovation en région. Donc avec la BPI Toulouse, j'ai eu un super contact qui a eu les premières subventions, la bourse French Tech. Ensuite, j'ai ouvert le capital pour faire entrer des business angels. Et dans les business angels, la seule personne... Merci. Qui fait partie de l'aventure qui est le plus proche de moi, c'est cette fille. Laure Soulier, elle est docteure en intelligence artificielle à Paris-Sorbonne maintenant. On était au lycée à Albi et on se suit depuis 25 ans. Elle est rentrée et je lui ai demandé de m'aider à monter un dossier d'innovation technologique. Et c'est ce qu'on a fait pendant 4 mois, elle a travaillé avec Héloïse pour pouvoir après pitcher le projet devant un comité qui validait l'innovation. Et donc c'est ce qu'on a fait, on s'est plongé dans l'intelligence artificielle, à prendre le machine learning, et encore une fois tout ce verbatim sur l'intelligence artificielle, puisqu'on y va, la roadmap déroule et on va y aller, pour pouvoir faire levier, avoir plus de financement, et enfin recruter. En 2022, c'est 650 000 euros qui m'ont permis de recruter les premiers staffs, internaliser Héloïse. et d'être à 6 pour pouvoir avoir in-house le code, le code source de l'appli. Donc Omedom, c'est une application, c'est même une web app, c'est-à-dire qu'on la trouve sur les stores Android et Apple, mais aussi en version ordinateur. Un propriétaire va s'inscrire, il va créer son compte, tout simplement, et là il va ajouter ses biens. Ça peut être de la résidence principale, de la résidence secondaire, ça peut être des investissements locatifs, ça peut être des sociétés, différents types de sociétés. Donc le but c'est de rassembler différents types d'actifs immobiliers, de centraliser les documents, c'est-à-dire qu'on va pouvoir importer ou photographier les documents et les ranger par biens. En fait c'est numériser les armoires. des grands-parents ou des parents qui sont un peu essimés et semés dans différents endroits. Connecter un compte bancaire à un bien, et l'appli va faire remonter uniquement les mouvements incombants à ce bien. Quatrième chose, c'est le partage de biens entre tiers. On va pouvoir partager un bien, une société, à ses parents, à ses enfants qui vont louer un appartement, tout ça pour suivre à distance. mais aussi à ses associés quand on a une SCI. L'objectif, c'est qu'au médium in fine, c'est deux tableaux de bord. Un pour tout ce qui est résidence privée, l'autre pour le parc locatif. L'appli va simplement informer un utilisateur, un propriétaire, qu'est-ce que j'ai payé hier, sur quel bien et quoi. Qu'est-ce que je vais devoir payer demain, sur quel bien et quoi. Ça, on va pouvoir le faire sur l'ensemble du patrimoine ou par bien, quel est mon dernier et mon prochain mouvement. Et ensuite, il y a une vue sur un prévisionnel de trésorerie, c'est-à-dire qu'avec toutes les informations collectées, l'appli va délivrer un prévisionnel de trésorerie à 12 mois pour anticiper des mouvements bancaires et afin d'anticiper les taxes foncières, les taxes d'habitation de fin d'année. J'ai toujours grandit dans des maisons avec des escaliers, donc voilà, je savais que si j'avais rejoué une maison, j'aurais plein d'escaliers. Une sèche de bain avec double basse, ça c'est le grand luxe. Ça c'est ma chambre. J'ai mis mon bureau là, dans la maison de ma mère, je lui louais une partie de la maison pour mes bureaux, j'avais tout. Et donc Chloé et Lou qui sont en bas, qui travaillent au Médome, me disent c'est hors de question que tu mettes ton bureau dans la chambre, sinon tu vas jamais décrocher. Je ne décrochais pas avant. Je me dis... Avec les filles, je suis obligée d'avoir un rythme. Je le sais que je peux déborder. Je peux y passer un temps fou. Quand on est passionné, comme tous les gens passionnés, on y passe un temps fou. Mais depuis deux ans, deux ans et demi, j'essaye de couper à 19 maxi et de ne pas reprendre en 9h le matin. De toute façon, j'ai les filles le soir, les filles le matin. Donc bon. Je sais qu'hier j'ai coupé, je ne m'y suis pas remise, donc je me dis qu'il faut que je continue comme ça, sinon le bureau trouvera un autre endroit, mais je ne sais pas trop.
- Lou
Nous le fait qu'on soit en 100% télétravail, il y a plein de gens qui disent « mais comment vous faites, moi je ne peux pas » , etc. Je pense que le télétravail c'est vraiment une question de tempérament, de personnalité aussi, parce que moi j'ai des copines, des potes ou quoi, qui me disent « mais moi 100% télétravail je ne pourrais pas, il y a Netflix qui sonne par là » . Il y a ma console qui clignote dans l'autre coin de la pièce, etc. En fait, c'est une discipline qu'on s'applique. Moi, je sais que je respecte mes horaires, je ne bosse jamais en pyjama. C'est une discipline, mais après, c'est clair que je ne pense pas que ce fonctionnement-là, puisqu'on correspondra à tout le monde, mais nous, étant donné que ça fait partie des critères de l'entreprise et des critères de recrutement, oui, c'était quelqu'un qui a besoin. de ton café à 10h avec tes collègues, etc. Nous, on peut le faire, mais en visio. Donc, ça n'empêche pas le lien. C'est ça qui est génial. C'est que développeurs à Paris, à Marseille, certaines à Albi, d'autres à Toulouse, ou autres un peu partout, ça n'empêche pas ce lien de confiance, de soutien et vraiment d'esprit d'équipe et de cohésion. Après, je pense que c'est une organisation à voir et c'est un changement aujourd'hui dans le milieu du travail. Je pense que certains, ça les fait se pousser dans les retranchements, mais qu'est-ce que tu préfères, être sur place et recruter par pur critère géographique ou par critère de compétence, de profil ?
- Coline Sinquin
Il y a des chartes de télétravail, des chartes du manager, des plannings bien précis avec des réunions toujours au même moment dans la semaine pour l'équipe DEF, pour l'équipe COM et un moment de tous ensemble. Donc c'est très vite mais. C'est très très rythmé, on pourrait croire qu'être en full remote ça peut être tendancieux et glissant, mais pas du tout, pas du tout. Il suffit que ça soit clair dès le départ, et si ça déborde, hop, on recadre. Non, c'est 9h le matin, tu te connectes à 9h, tu te connectes pas. Avant, et tu te déconnectes à 18h et tu ne te reconnectes pas après. Il ne faut pas, encore une fois, on dit une aventure vraiment extraordinaire qui demande beaucoup d'investissement et je leur dis encore couper à 18h. Je ne veux pas vous voir connecter, vous n'envoyez plus de messages après 18h. C'est un peu compliqué parce qu'il y a des événements qui arrivent et du coup on partage les infos. Mais c'est important pour tenir la distance. D'arriver, moi il faut que je me l'applique aussi, 9h, 18h, terminé quoi. Mais ça je peux pas contrôler, donc là c'est la bonne discipline de chacun.
- Héloïse
Donc moi je suis Héloïse Médina, j'ai 41 ans. Je suis toulousaine. Alors, pour les investisseurs, en effet, on a déjà eu des remarques là-dessus. Trois femmes, ça ébranle un peu, ça déstabilise. Je pense qu'ils ont un a priori pas forcément à notre avantage quand ils nous voient arriver. Peut-être que l'a priori change après qu'on ait pitché, et en général, il change. même le reconnaissent pour certains avec qui on a pu discuter par la suite donc donc donc en effet il reste des a priori on peut imaginer que des femmes à la tête d'une entreprise et avec ce projet c'est peut-être pas très rassurant au départ. Je ne me focalise absolument pas là-dessus. Je connais notre valeur, je connais notre rigueur. Et il voit qu'en face, il y a du répondant et qu'on ne met pas les pieds n'importe où. Bien au contraire, d'ailleurs, on a les pieds sur terre, on a la tête sur les épaules et on avance de manière assez sereine. En tout cas, en ce qui me concerne, je suis très sereine.
- Coline Sinquin
On a reparlé hier après-midi avec Héloïse et je la remerciais. En fait, je les remets... remercier une nouvelle fois d'être à mes côtés, de me faire confiance, et que nos places sont très, très claires. Moi, je me considère plus comme chef d'entreprise. C'est elle, le manager hors pair. Elle, elle a l'expérience d'un poste de salarié chez Airbus, grosse boîte, avec des process. Elle est parfaite dans ce lien entre tout le monde. C'est elle, la guimauve qui tient l'ensemble. Moi, je suis un peu là, en tête de file, ça me suit, ça me suit, faites-moi confiance, et j'ai des idées. Elle, elle n'aime pas se mettre en avant. Ce n'est pas son job et elle n'aime pas ça. Elle est derrière moi à dire attention, attention, mais, je dis souvent mais, elle c'est le mais. Moi je suis et, on fait ça, et ça, et ça, et elle dit mais, attention, mais, attention, mais, attention. Et en bout de ligne, il y a Chloé qui clôture avec la finance, oui, ça oui, ça non. Et donc c'est un trio, c'est un trio qui fonctionne. Et je les écoute en retour parce que j'ai tout à apprendre justement. Et moi, j'ai besoin, je suis remplie de ça. J'ai besoin d'apprendre des trucs. Et à chaque étape, on parle de levée de fonds, mais il y a encore un an, je ne savais pas ce qu'était une levée de fonds, quel est le parcours, les roadshows, les tables de capitalisation, les fonds d'investissement. Depuis six mois, ça s'intensifie. Maintenant, on excelle dans la manière de pitcher, de présenter les bons éléments. Et Chloé amène sa pierre à la défi, il se loue aussi, chacun sa part. Chaque jour est très différent chez Homedome. Chaque jour, c'est un challenge monstrueux. C'est des superbes victoires, comme des moments d'hyper inquiétude. Ça va très vite. Et donc, avec cette équipe-là, on a réussi à sortir une version 1, puis une version 2. La version 3, moi, c'est la 3 qui est sur les stores depuis janvier-février de cette année. Cette version 3 fait que les téléchargements ont bondi.
- Chloé
Alors je suis Chloé, je suis DAF, alors à la base externalisée, donc directrice administrative et financière. Pour l'instant en sous-traitance pour Romédom, certainement pas pour longtemps, puisque Colline voudrait que je rejoigne l'équipe. J'ai fait une grosse partie de ma carrière dans la santé, dans les établissements de santé où j'étais... responsable administrative et financière, directrice administrative et financière, puis directrice d'établissement de santé. J'ai fait pas mal de métiers et puis l'année dernière, je me suis dit, le salariat, c'est plus pour moi, je m'installe en freelance. Et j'ai rencontré Colline et finalement, quand on rencontre Colline, les choses peuvent changer. Donc voilà, on est en train de discuter. Je me suis prise de passion pour cette aventure au Médome et on est en train de discuter de la possibilité que j'intègre. L'équipe à temps plein. Le côté entrepreneurial est chouette. C'est vrai qu'on est relativement seuls ici. Il y a une équipe sympa, un peu atypique et très punchy. Donc ça fait du bien aussi.
- Coline Sinquin
Quelque chose qui est important pour moi, c'est que je suis dans plein de réseaux. En tant que femme, chef d'entreprise, maman, il faut se faire violence. Je sais que ce n'est pas donné à tout le monde. Mais il faut se faire violence de rentrer dans des réseaux, féminins ou pas, mixtes aussi, de votre secteur d'activité. S'obliger à rentrer dans des réseaux, c'est très important. La personne qui va débloquer la situation un jour, on ne la connaît pas encore, mais elle n'est peut-être pas loin non plus. Donc moi je sais que ça m'a aidée vachement. Mais dans cette aventure-là d'entreprise, je suis toute seule à prendre la responsabilité. à faire des choix au final, à me planter. Si je me plante, ce sera ma faute. À cramer trop d'argent ou justement investir dans pas les bonnes choses, de m'entourer de mauvaises personnes. Je suis toute seule à prendre ces décisions-là et il faut les prendre très rapidement. Donc oui, il avait raison là-dessus. L'avantage de la solitude, c'est la liberté. C'est effectivement, c'est la liberté. Je ne dirais pas l'indépendance. Je suis loin d'être indépendante financièrement. On est loin, mais Chloé m'aide. On a un objectif. Je n'ai pas besoin de milliers de cents. J'ai besoin de mes filles et de ma maison. Donc l'indépendance, c'est financier. Je ne l'ai pas encore. Bientôt, j'espère. C'est plutôt la liberté. La liberté d'aller à droite à gauche. La liberté de faire rentrer des personnes ou pas dans ma boîte. De ne pas faire entrer le verre dans la pomme, la liberté de pouvoir créer la suite, d'imaginer la suite, c'est la liberté. Et même si on met d'hommes s'arrêtent demain, j'ai déjà 3, 4 projets qui tournent dans ma tête, je rebondirai, j'ai des personnes incroyables autour de moi, des experts que je solliciterai si j'ai un autre projet, est-ce que l'équipe, je sais qu'il y a une partie de l'équipe qui me suivrait dans d'autres choses. Donc, je ne crains pas grand-chose.
- Journaliste
Merci beaucoup.
- Coline Sinquin
De rien. Avec plaisir.
- Journaliste
Bonne continuation à Colline 5.1. Merci d'avoir écouté, tout seul, un podcast d'Orange pour les pros.