- Mathilde
être tout seul quand on est entrepreneur est ce que c'est un frein une liberté ou une angoisse voir Un challenge, vous vous écoutez tout seul, un podcast d'Orange pour les pros.
- Voix off
Tout seul. Tout seul. Tout seul, oui. Tout seul. Tout seul.
- Mathilde
Tout seul. Tout seul. Je suis Mathilde Billaud et je rencontre pour vous, partout en France, des entrepreneurs qui ont accepté de partager leur expérience, leur histoire. Aujourd'hui, c'est l'heure d'un nouvel épisode de Tout Seul. Je suis dans le bus, je vais à Boulogne-Biancourt. Je vais rejoindre cette fois-ci Stéphanie Caz, une slasheuse. Mais qu'est-ce qu'une slasheuse ? Et bien vous le saurez dans quelques instants, elle vous expliquera ça beaucoup mieux que moi. Bonjour, je veux juste un call avec quelqu'un. Allez, je vous en prie. Vous pouvez s'installer. Merci. On va s'installer discrètement. Son appel. Bonjour Stéphanie, merci de nous recevoir chez vous, dans votre petit cocon. On vous a kidnappé en plein. En pleine tornade, une journée bien dense, vous nous avez réservé un petit peu de temps. Est-ce que je peux vous laisser le soin de vous présenter, parce que vous êtes dans une situation un peu particulière, vous êtes slasheuse, mais c'est quoi être slasheuse ?
- Stéphanie
Alors, je dois vous prévenir tout de suite que j'ai découvert très récemment que j'étais une slasheuse, parce que je ne savais pas que ce que je faisais, c'était être slasheuse. J'ai deux métiers que j'exerce, je suis juriste d'entreprise. CDI dans une entreprise, dans une grande entreprise, dans le secteur de l'armement et de la défense. Et je suis en même temps wedding planner depuis un peu plus de deux ans maintenant.
- Voix off
Vous étiez du coup juriste bien avant d'être wedding planner. Et ce métier, vous l'exercez maintenant depuis combien de temps ?
- Stéphanie
Depuis 2007, donc ça fait 15 ans.
- Mathilde
Alors, qu'est-ce que vous y avez trouvé ? Vous avez commencé assez rapidement, en plus dans le secteur que vous vouliez occuper. Vous y découvrez quelque chose qui est proche de votre vocation ?
- Stéphanie
En fait, ce que j'ai beaucoup apprécié dans ce métier, finalement, c'est un peu ce que j'avais apprécié aussi pendant mes études. J'ai appris plein de choses, j'ai rencontré plein de gens, j'ai voyagé, j'ai fait des négociations avec des clients français, internationaux, des clients institutionnels, des clients privés. Donc vraiment, ça m'a vraiment... On peut imaginer que le métier de juriste, et surtout dans l'industrie de défense, c'est un métier qui est complètement fermé où en fait, on applique des règles, on applique des process et on apprend et on ne découvre rien. En fait, c'est faux. En tout cas pour moi, j'ai été vraiment passionnée par ce que j'ai fait. J'ai côtoyé différents types de clients, différents profils, des ingénieurs, des financiers. Voilà, donc moi, ça m'a vraiment, ça m'a beaucoup, beaucoup plu. Vraiment ouvert l'esprit et puis ça m'a, oui par certains aspects, ça a fait de moi ce que je suis aujourd'hui. Ça m'a donné beaucoup de confiance, ça m'a donné beaucoup de capacités, certaines que j'avais déjà, certaines que j'ai découvertes. Jusqu'à ce que ? Jusqu'à ce que, voilà, je découvre, enfin je réalise en changeant, parce qu'en fait je suis restée 7 ans dans le premier groupe dans lequel j'étais et après je suis partie dans un autre grand groupe aussi de l'industrie de défense. Et quand je suis arrivée dans ce groupe-là, alors est-ce que c'est un ras-le-bol ? Est-ce que c'est un moment de ma vie où je me posais des questions sur moi, sur le sens de ma vie et plus généralement le sens de la vie ? Mais voilà, j'ai eu un moment où je me suis dit « Ok, c'est bien beau ce que tu fais, ça te plaît. En tout cas, ça t'a plu jusqu'à maintenant. C'est pas sûr que ça te plaise encore pendant des années. » Donc maintenant, qu'est-ce qu'on fait ? C'est quoi les prochaines étapes ? Qu'est-ce que tu as envie de faire ? Comment tu as envie d'évoluer ? Sachant que moi, à chaque fois que j'ai changé de poste, c'était toujours le même type de poste. Il n'y a pas eu d'évolution, alors le salaire bien sûr, mais il n'y a pas eu d'évolution hiérarchique. Et je savais déjà au fond de moi que je ne voulais pas continuer là-dedans. C'est tout le paradoxe. Pourquoi je ne savais pas quoi faire d'autre ? Parce que je pense que je ne m'étais jamais vraiment posé la question de... En vrai, Stéphanie, qu'est-ce que tu peux faire d'autre que juriste en entreprise ? Tu as fait 7 ans de fac de droit. Donc, normalement, mécaniquement, tu ne peux faire que du droit. Voilà. Et donc, je me suis fermée cette porte-là et je me suis dit... Ok, bon, en fait, comme je dis souvent, je me suis autocondamnée. Et en fait, cette espèce de sentence qui était tombée, ou que j'avais fait tomber sur moi-même, toute seule, j'avais besoin de personne pour ça, ça m'a mis à terre. Je veux dire, psychologiquement, je me suis dit, c'est comme si vous voyiez, je voyais ma vie devant moi, et je voyais le bout du tunnel. Et je me suis dit, en fait, ma vie, ça va être ça pendant les 30, 40 prochaines années. Et ça m'a foutu un coup d'angoisse, c'est pas possible. Je dois dire aussi que ça m'a rendue malade, dans le sens où j'ai fait, oui, je l'avoue, une dépression. Je me suis dit, c'est quoi mon objectif ? C'est quoi ma vie ? À l'époque, en plus, je n'avais pas d'enfant. J'étais célibataire. Donc voilà, ça plus ça plus ça fait que, qu'est-ce que je fais ?
- Mathilde
Et qu'est-ce que vous avez fait du coup ?
- Stéphanie
Du coup, un jour, j'ai rencontré le père de mon fils. Ça a été une superbe histoire d'amour. Je suis tombée enceinte. J'ai un merveilleux petit garçon aujourd'hui. Et en fait, je me suis dit, cool, ça m'arrive. J'ai pris ça comme une période de sursis. C'est-à-dire, je me suis dit, c'est cool, ça t'occupe en fait. Ça occupe ton esprit. Tu es en couple, tu es un enfant. et Et ces problèmes-là, on verra plus tard. On verra plus tard comment ça va se passer. Sauf que le plus tard est arrivé beaucoup plus tôt que prévu. Parce que quand mon fils a eu un an, un an et demi, donc quand même, c'est assez tôt dans la vie d'une maman. Là, je me suis dit, c'est pas possible. Il faut que je fasse quelque chose. Mon fils, il a un an aujourd'hui, d'accord. Mais demain, très longtemps, certes. Mais demain, il va en avoir 10, 15. Enfin, je veux dire, c'est quoi mon avenir ? Je ne peux pas me focaliser sur mon simple rôle de maman et de femme. Il faut que je construise aussi un nouveau projet professionnel. Et là, j'ai eu un déclic. Et au détour d'un poste, j'ai vu un cabinet de coaching qui avait été recommandé plusieurs fois. Je me suis lancée dans le coaching. Alors, j'ai pris un programme qui, à l'époque, s'appelait, il portait très bien son nom, Trouver ma voix.
- Mathilde
Gros programme !
- Stéphanie
Voilà, gros programme. Quand vous voyez ça, vous vous dites, aïe, aïe, aïe, je ne vais jamais y arriver. Et j'ai commencé donc avril, mai 2019. Et j'ai fait un coaching qui a duré, et ce n'est pas une blague, qui a duré neuf mois, le temps d'une grossesse.
- Mathilde
Et du coup, racontez-nous comment ça se déroule ce coaching, parce que je crois savoir qu'il n'a pas été si linéaire que ça. Vous avez failli arrêter à un moment. Comment ça s'est passé ? Oui,
- Stéphanie
alors je pense que Marina, une des coachs, serait heureuse de l'entendre, parce que c'est ce qu'elle dit souvent. Le coaching et la reconversion derrière qui suit, quand elle arrive, c'est vraiment les montagnes russes. Au début, j'ai trouvé ça sympa, j'ai trouvé ça assez stimulant et j'y ai vu, j'étais pleine d'espoir. Et puis, au bout de quelques mois, j'ai eu un down, comme on dit. Enfin, vraiment, ce n'est même pas de la montagne russe. Je pense que c'est vraiment de l'exploration sous-marine. Parce que j'étais vraiment dans le mal. Et je me suis dit, clairement, je ne vais pas y arriver. Je n'arriverai pas du tout à trouver ma voie. Tout ce qu'on me demande, c'est beaucoup trop dur. Et je ne vais vraiment pas y arriver. Et là, j'ai eu ma coach qui a été, mais vraiment, je pense que je ne la remercierai jamais assez pour ça, mais qui m'a dit de façon très simple. « Ok Stéphanie, je comprends, tu as envie de lâcher, tu as envie d'abandonner, c'est normal. Donc ce que je vais faire, c'est que je vais te laisser tranquille. Et après, quand tu seras prête, c'est toi qui reviendras vers moi. » Donc quelque part, j'étais là un peu à me dire, et donc la nana, super sympa, je lui dis que je ne suis pas bien, que je suis au bout du rouleau, limite j'étais en train d'appeler à l'aide et elle me disait « Ok, quand tu seras calmée, tu reviendras me voir. » Donc je me suis dit « Putain, j'ai fait génial, super de coaching ! » Et en fin de compte, je pense que c'est la meilleure des réactions qu'elle a eues, parce que moi, je me suis battue un peu contre moi-même pendant quelques semaines, en me disant « punaise, Stéphanie, t'as quand même pas fait tout ça pour rien » . Je me suis auto-persuadée devant ma glace dans la salle de bain. Et je me suis dit « on y va, on se remotive et on rappelle Anne » . Et finalement, j'ai appelé Anne et elle m'a dit après coup « j'étais persuadée que tu me rappellerais, je savais que tu me rappellerais parce que je te connais » . T'as de la force en toi, t'as de la niaque et je te fais confiance. Et je pense que ce qui m'a vraiment reboostée, je peux le dire avec du recul, c'est le fait d'avoir un enfant. Et je pense qu'avoir un enfant, ça m'a donné en tout cas à moi, et c'est très personnel, donc chacun se motive comme il veut, mais moi je me suis dit, punaise, c'est quoi que tu veux laisser derrière ? Imagine, Steph, c'est ton fils à ta place. Qu'est-ce que tu ferais ? Qu'est-ce que tu lui dirais ? Voilà mon petit gars, comment ça se passe la vie quand on n'aime pas un truc. On se donne les moyens de faire autre chose, parce que rien n'est impossible en fait. À la fin du coaching, en gros, on arrive à une conclusion qui est Stéphanie, c'est quelqu'un de vivant, c'est quelqu'un de très dynamique, qui est pleine d'énergie, qui est solaire, qui est rayonnante, qui aime faire la fête, qui aime décider, qui aime organiser, et qui n'aime pas qu'on l'embête. Et donc, du coup, il y avait... Faire la fête, organiser, être la chef, chef d'orchestre. Et là, j'ai regardé Anne, j'ai dit, écoute, alors là, tu vois, quand je vois tout ça, moi, il n'y a qu'un métier qui me vient en tête. Mais bon, c'est ridicule. Elle me dit, dis-moi, je t'écoute. Et là, je lui dis, wedding planner. Et elle me dit, voilà, tu as tout ce que tu aimes qui est dedans. Donc, du coup, je me suis dit, ok, wedding planner, allez, partons là-dessus. Donc, du coup, quand j'en suis arrivée à cette révélation, Là, en vrai, c'était début 2020 et là, tout s'est enchaîné, mais très, très vite. Pareil, là, je me suis renseignée. J'ai rencontré des femmes qui avaient déjà fait ce métier ou qui étaient déjà sur ce métier-là. Mais je n'ai pas mis mille ans à me décider. J'ai dû faire un ou deux appels à une ou deux nanas qu'on m'avait recommandées. Et puis, très vite, je me suis dit OK, c'est bon, ça confirme ce que je pensais. Et derrière, pareil, je me suis activée pour chercher une école. Alors, évidemment, je cherchais. Évidemment pas une école qui se fasse sur un an, puisque j'avais mon métier de juriste, une vie de famille aussi à gérer. Donc je me suis dit, bon, trouvons une formation qui matche avec mes contraintes. Et du coup, j'ai trouvé très rapidement une école de formation qui, d'ailleurs, était finançable par le CPS. Le CPS, merci beaucoup. Et en fait, je me suis renseignée, je suis allée voir sur le site de l'école. C'était une formation sur 15 jours. Donc, du lundi au vendredi. Et là, j'ai dit, en plus, c'était dans le 15e. Habitant à Boulogne, pour moi, c'était le rêve. Et du coup, j'ai dit, banco. En fait, début janvier, je réalisais que je voulais devenir wedding planner. Et fin janvier, j'étais inscrite pour une formation pour devenir wedding planner.
- Mathilde
À la fin de cette formation, vous savez que vous allez mener ce métier dans votre temps libre. Ou est-ce que vous vous posez la question d'abandonner votre métier de juriste ?
- Stéphanie
Alors, on va être très clair, dès le début, quand j'ai commencé, vraiment quand j'ai même trouvé l'idée du métier de wedding planner, pour moi, je me suis dit, je vais faire ça à la place de mon job en CDI. Sauf qu'encore une fois, je pense que je ne vous apprends rien, mais quand on commence dans l'entreprenariat, c'est très compliqué. C'est très compliqué, d'autant plus quand on a 37, 38 ans, qu'on a une vie de famille, qu'on a déjà vécu, qu'on a une famille à nourrir, qu'on a... un mode de vie, un style de vie qu'on souhaite conserver. Parce qu'il ne faut pas se leurrer. Voilà, moi, ça fait 15 ans que je bosse dans des grands groupes de l'aéronautique et de la défense. Donc forcément, j'ai un niveau de vie qui fait que je touche du bois, mais tout va bien. Je n'ai pas de difficultés, je n'ai pas de problème d'argent à la fin du mois. Donc, quelque part, je m'étais dit, bon, c'est un sacré challenge, mais je vais le faire, je vais me lancer. Je vais abandonner mon CDI et je vais me lancer complètement dans l'entrepreneuriat. Sauf que, encore une fois, avec les épisodes de Covid et de confinement et de couvre-feu qu'on a connus ces deux dernières années, en fait, à chaque fois, je repoussais l'échéance. J'étais là, je me disais bon, alors décembre 2020, je quitte mon job et je fais que ça, que wedding planner. Sauf que décembre 2020, tout le monde se rappelle de l'état dans lequel était le pays et en particulier le secteur de l'événementiel. Donc, je me suis dit, peut-être pas ce qu'il y a de mieux à faire. Donc, attendons. Et en fait, à chaque fois, je repousse l'échéance, jusqu'à réaliser cette année que finalement, d'une certaine manière, avoir ces deux jobs, ça me convient. Alors c'est vrai que j'ai des grosses journées, que c'est très dense, mais j'ai atteint un équilibre professionnellement, personnellement, qui me satisfait aujourd'hui. Alors je ne dis pas que ça va durer pendant 15 ans comme ça, mais finalement... Je ne suis plus si prête que ça à quitter mon CDI pour me lancer corps et âme dans le métier de wedding planner.
- Mathilde
Pratiquement pour ceux qui nous écoutent et qui se demandent comment les journées ne font pas 36 heures, comment est-ce que vous répartissez le temps entre... Votre métier de juriste entre justement le métier de wedding planner, qui demande sans doute beaucoup de disponibilité aussi. Je pense que vous êtes sur deux métiers très humains, vous êtes beaucoup en contact. Oui,
- Stéphanie
en fait, il n'y a pas de méthode type ou de recette parce que c'est très... Alors déjà, mon métier de juriste est un métier qui est très prenant. Et pour moi, il met toujours... Aucune journée ne se ressemble, en fait, globalement, en termes d'horaire. Voilà, mais le contenu de mes journées... Ça va vraiment varier d'une journée à l'autre. Il y a des journées où je vais être très très chargée, donc je ne vais pas pouvoir travailler sur mes mariages entre midi et deux, par exemple. Donc je ne pourrai travailler dessus que le soir ou le week-end. Et il y a des journées où c'est un peu plus cool. Et là, je peux adapter un petit peu mes plages horaires et les dossiers sur lesquels je travaille durant la journée.
- Mathilde
Vous aviez un accord avec votre employeur, vous avez eu la chance d'avoir une équipe souple ?
- Stéphanie
J'ai de la chance, et ça je ne remercierai jamais assez ma chef actuelle, donc si elle écoute, merci, mais je ne remercierai jamais assez ma chef actuelle pour me permettre de faire ce que je fais. Et même avant que je commence à être wedding planner, on était déjà dans une relation de confiance, elle et moi. Elle ne m'a jamais embêtée typiquement sur les horaires, respecter, etc. Donc, on a toujours eu énormément de confiance l'une en l'autre. Et voilà. De toute façon, je suis sur un métier où il est très compliqué de définir des horaires de travail. Typiquement, je vous le dis, on est même ce qu'on appelle le forfait jour. Moi, je suis sur un métier où l'organisation est très souple. Alors, j'avoue et je reconnais que ce n'est pas partout pareil. Donc, j'ai de la chance d'être tombée là-dedans. De toute façon, mon employeur est au courant que j'ai une deuxième vie pro. Ça n'a posé aucun problème et j'ai cette capacité, et je pense encore une fois, ce n'est peut-être pas donné à tout le monde, mais j'ai cette capacité à jongler d'un dossier à l'autre. Et c'est déjà ce que je fais en tant que juriste. Donc du coup, c'est vrai que là, avec ce métier de wedding planner, ça peut aussi m'arriver en journée de glisser un ou deux trucs à faire en tant que wedding planner alors que je suis au bureau.
- Mathilde
Vous vous souvenez de votre premier mariage ?
- Stéphanie
Oui.
- Mathilde
Le trac, l'angoisse, la révélation au contraire.
- Stéphanie
Raconte-moi. Je m'en souviens parce que, pour la simple et bonne raison, alors je ne l'ai pas dit au début, mais je suis wedding planner, mais je suis aussi officiante de cérémonie. Donc c'était un mariage où j'étais à la fois wedding planner et officiante de cérémonie. Et comme je n'aime pas les choses simples, c'était le mariage d'une de mes collègues qui se mariait en août. en Bretagne, un mariage de 150 personnes et qu'elle m'avait demandé aussi de faire sa cérémonie laïque et comme elle est française et anglaise, j'ai fait la cérémonie en anglais puisqu'il y avait de la famille à elle qui est née d'Angleterre et qui ne comprenait pas le français donc du coup j'ai dû faire la cérémonie en anglais.
- Mathilde
Un beau challenge ! Voilà !
- Stéphanie
Je vous avoue que je me suis mis la barre hyper haute. Alors c'est pas, il n'y avait rien de... Voilà, je voulais pas... C'était pas pour montrer aux gens que... Mais les circonstances ont fait que c'est ma collègue Anna, si elle écoute, elle se reconnaîtra, la première qui s'est mariée et que j'ai aidée pour son mariage et pour qui j'ai officié la cérémonie.
- Mathilde
Est-ce qu'on peut dire ou aller jusque là en disant que... percée un petit peu dans votre quotidien qui était très ronronnant et même déprimant parce que c'était une grande route tracée. Ça vous a ramené à une forme de vie qui vous ressemblait davantage, vous décriviez comme quelqu'un de très joyeux, de plein de vie, très solaire. Est-ce que ça vous a sauvé de quelque chose ? De quoi ?
- Stéphanie
Ça m'a sauvé parce que ça m'a redonné un peu d'espoir. Parce qu'encore une fois, Comme j'avais dit quand j'avais fait mon petit témoignage retour auprès du cabinet, j'avais dit que j'étais très contente d'avoir franchi ce pas-là et que c'était un métier, une reconversion, on appelle ça comme on veut, une reconversion, un métier qui me plaisait. Et j'avais conclu en disant jusqu'au prochain. C'est-à-dire qu'en fait, ça m'a donné l'espoir, ça m'a redonné de l'espoir, ça m'a redonné la foi, je parlais même de foi. Et ça m'a permis de me dire que, en fait, tout est possible et tout sera possible. Il suffira juste que je me fasse confiance parce que si je l'ai fait une fois, je peux le faire deux fois, je peux le faire trois fois, je peux le faire quatre fois.
- Mathilde
Donc, ça fait sauter des verrous et vous vous sentez beaucoup plus libre, j'imagine, aujourd'hui.
- Stéphanie
Et ça fait tellement sauter de verrous que, vous voyez, au début, quand j'ai commencé, je voulais à tout prix quitter mon job en CDI. Et bien aujourd'hui, je suis moins sûre de ça. Et non seulement je suis moins sûre, mais en plus, je suis également en train de réfléchir à changer de boulot. Là où je suis, en CDI. Donc vous voyez, c'est... Et je pense que c'est cette nouvelle activité que je fais en parallèle qui me booste. Alors attention, ça n'a pas que des côtés très positifs. Il y a des côtés sympas dans ce métier et des côtés moins sympas qu'il faut encaisser. Mais ça me permet aussi de me montrer sur un autre jour. Et ça permet aussi de me convaincre, de m'auto-convaincre que finalement, il y a des tas de choses que je sais faire et qu'il suffit juste que je me fasse confiance et derrière, je saurai faire ce qu'il faut pour que ça marche.
- Mathilde
Vous pensez que vos deux métiers se complètent ou se répondent ou qu'en tout cas ils s'enrichissent l'un l'autre ? Oui, paradoxalement oui,
- Stéphanie
malgré tout ce que j'avais pu imaginer au départ. En fait, pour moi... Je trouve que le fait de faire autre chose à côté de mon job en tant que salarié, de faire ce métier de wedding planner, ça me donne une autre image. C'est très bizarre ce que je vais dire, mais ça me donne une autre image de mon métier de juriste en entreprise. Je trouve que finalement, mon métier est beaucoup plus... Je le vois différemment. Je vois moins les côtés négatifs du métier que je voyais avant, en fait. Ça, clairement, le fait d'être wedding planner à côté, ça détourne un peu mon attention de ce métier-là, du métier de juriste. Et je trouve que finalement, mon métier de juriste, il n'est pas si mal que ça. Je trouve que finalement, je ne suis pas si mal là où je suis. C'est bête à dire, mais je vois moins les côtés négatifs de mon métier. Pour moi, tout est vachement plus simple. Ça me mine beaucoup moins qu'avant, en fait.
- Mathilde
Alors du coup, si on fait l'inverse, si on prend le chemin inverse, est-ce que ça marche aussi sur le métier de wedding planner ? Est-ce que les mauvais côtés du métier de wedding planner, parce que c'est un métier quand même ultra humain, où il faut gérer pas mal de stress, d'émotions, des mariés qui ne sont pas toujours faciles, est-ce que c'est allégé par le fait que, justement, ça ne soit pas votre activité principale ?
- Stéphanie
En fait, oui, c'est assez réciproque. C'est-à-dire que... Après, je suis quelqu'un de très sensible. Donc évidemment, même si wedding planner, ce n'est pas le métier dont j'ai besoin pour vivre, je pourrais me dire, après tout, on s'en fiche. Ce que disent les gens, on s'en fiche. Les coups de pression des clients, on s'en fiche. Non, en fait, ce n'est pas vrai. Je ne peux pas passer à côté parce que je suis quelqu'un de très sensible et ça va forcément me toucher. Mais c'est vrai que quand on prend un peu de recul, alors sur un moment, on vous gonne, on râle, machin. Mais quand on prend un peu de recul, on se dit que c'est normal. Après tout, c'est leur mariage. Ils ont le droit d'être stressés. Ils ont le droit d'être exigeants. Mais en même temps, ce n'est pas mon métier. Ce n'est pas ça qui me nourrit à la fin du mois. Donc, ce n'est pas très grave. Je le note. Je sais que potentiellement, je peux avoir des clients comme ça. Je sais que potentiellement, je peux avoir ces mauvais côtés-là. C'est à moi maintenant de les gérer. Et typiquement, ça m'a... Là, j'ai fait un petit retour d'expérience sur ces quelques mariages que j'ai déjà réalisés. Du coup, je tire des leçons de tout ça et je réoriente un petit peu ma façon de faire, ma façon de travailler et le type de clientèle typiquement que je souhaite approcher. Donc, c'est vraiment... Je trouve que c'est...
- Mathilde
L'un est la soupape de l'autre, en fait. Oui,
- Stéphanie
exactement.
- Mathilde
Et vous parliez d'affiner justement votre façon de travailler. Est-ce que ça veut dire que vous travaillez plus par affinité, par instinct, par intuition aussi ? Comment est-ce que vous choisissez vos clients ? Est-ce qu'ils viennent à vous ? Vous payez le luxe aussi de les choisir ? Parce que c'est aussi ça l'entrepreneuriat, c'est avoir le choix à 100% de gérer sa barque comme on veut.
- Stéphanie
Alors ce qui est clair, c'est que comme ce n'est pas un métier dont j'ai besoin pour vivre, je peux, comme vous l'avez dit, me payer le luxe de choisir mes clients. je sais qu'il y a d'autres entrepreneurs qui peuvent pas s'offrir ce luxe là, moi je sais que je peux donc du coup je le fais je suis un peu sélect sur les clients et j'ai décidé aussi ça c'est nouveau, j'ai décidé aussi que j'allais fonctionner encore plus à l'instinct, je pense que l'entrepreneuriat en plus, pour le coup je suis toute seule euh... J'incarne ma boîte et ma boîte, c'est moi. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc, je ne peux pas jouer un jeu. C'est faire des choix aussi d'orientation, des choix d'activité. Typiquement, quand j'ai commencé, je me rappelle, je ne voulais être que wedding planner. Et je m'étais dit, je ne serai que wedding planner et que wedding planner. Je ne ferai pas officiant de cérémonie. Ça, c'est cucu, ce n'est pas pour moi. En fait, il y avait un truc au fond de moi qui disait, attends, tu penses que ce n'est pas pour toi, mais en fait, ça va être génial, tu vas t'éclater.
- Mathilde
À quoi ressemble l'avenir ? C'est quoi les prochains projets pour Stéphanie ?
- Stéphanie
Il va être essentiellement pro. L'année dernière, je l'ai déménagé deux fois. C'est bon,
- Mathilde
vous avez tout donné.
- Stéphanie
Vous voyez, j'ai les déménagements gérés, plus la vie de maman solo, plus l'entrepreneuriat, plus le job. Enfin, c'était 2021. Non, les projets pour l'année prochaine, pour l'avenir. Déjà, c'est terminer ma saison de mariage, puisque j'ai encore un mariage le 1er octobre. et puis la suite, déjà ça va être prendre un peu de repos et être en forme pour réattaquer la préparation des mariages de l'année prochaine mais aussi et surtout profiter de la fin de l'année pour réfléchir à un nouveau boulot dans mon job actuel Merci beaucoup Stéphanie De rien, merci à vous
- Mathilde
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