- Speaker #0
Bienvenue dans la saison 1 de Tracés, un podcast libre et indépendant où l'on partage des histoires de vie et des chemins pas vraiment tout tracés. Ce sont des récits bruts, ni noirs ni blancs, des récits qui peuvent vous toucher, vous inspirer, vous questionner et même vous déranger. Le 7 mai 2025, on annonce à René Marc qu'il est condamné. Quelques mois à vivre, tout au plus. Dès le lendemain, il se lance dans un journal de bord quotidien sur YouTube. Comme plus de 300 000 personnes, j'ai visionné sa première vidéo. Et ce qu'il traverse me fascine autant que ça me fait mal au ventre. En fait, nous sommes tous condamnés, personne ne sait quand. Mais que se passe-t-il en nous et autour de nous quand cette condamnation nous est annoncée et qu'elle devient une certitude ? Quand on vous annonce que le temps est compté. J'ai rencontré René Marc à Paris, en début d'été 2025, pour en discuter. Attention, cet épisode aborde des sujets sensibles, comme la maladie et la mort. Si vous êtes dans un moment de vulnérabilité, prenez soin de vous. Quelques mots avant de lancer cet épisode. On veut passer du temps à rencontrer les gens et partager leurs histoires, et donc on est assez rare sur les réseaux sociaux. Le meilleur moyen pour nous suivre et ne manquer aucun épisode est de vous abonner à notre newsletter sur tracés, T-R-A-C-E-S, lepodcast.fr. Le lien est dans la description.
- Speaker #1
Je me souviens, c'était un mercredi à l'hôpital, le vendredi matin, elle me dit « viens, on va à la mairie » . Elle me prend par la main, on file à la mairie du 3e arrondissement, puisque nous sommes dans le 3e arrondissement de Paris. On arrive au guichet mariage, tout simplement. On prend notre petit ticket, on attend, mais on n'attend pas très longtemps. Et puis, arrivée au guichet mariage, elle me prend par la main et puis elle dit, devant la nana qui était au guichet... Voilà, c'est l'homme que j'aime. Je veux l'épouser, seulement il va mourir. Comment on peut faire pour se marier le plus vite possible ? Et là, il y a une bonne femme en face de nous, absolument géniale, qui a tout mis en branle. Donc, je te dis ça, on était le 10 mai. Et qui nous a dit, va voir. Et avec un adjoint au maire, ils nous ont rajouté un horaire le 6 juin à 14h. Donc, ça s'est fait en trois semaines. Nous nous sommes mariés en trois semaines. On avait de très jolis costumes, très très bien habillés. On s'était fait la surprise de la tenue jusqu'à la dernière minute. C'était un mariage festif, c'était un mariage agréable, c'était un mariage simple. C'était un mariage vrai, authentique, entouré que de gens que nous avions envie d'avoir autour de nous et qui sont des gens que nous aimons. J'ai toujours pensé que pour être capable d'aimer... Il fallait d'abord apprendre à s'aimer soi-même pour pouvoir s'offrir à l'autre comme un cadeau. Et si en face, au moment où cette personne se trouve en face de vous, cette personne se trouve exactement dans le même chemin personnel, c'est-à-dire qu'elle aussi de son côté, elle a appris à s'aimer et elle est au stade où elle peut s'offrir à toi comme un cadeau, il y a une totale osmose et le couple fonctionne, quel que soit le couple. Et j'ai la chance, avec Anne, j'ai la chance d'avoir vécu ça. Je pense qu'au moment où nous nous sommes rencontrés, nous étions arrivés dans nos vies respectives à ce moment-là. Donc la rencontre a été évidente tout de suite. Intérieurement, il y a quelque chose en toi qui te fait comme des papillons partout. Et puis... C'est comme si quelque chose devenait essentiel, comme si ça faisait partie de toi. Oui, c'est comme si ça faisait partie intégrante de toi, c'est-à-dire que c'est quelque chose dont tu ne peux pas te passer, tu ne pourrais pas vivre sans. C'est comme si quelque chose était imprégnant en toi. J'ai créé un concours d'humoriste qui s'appelle Candidator, il y a 13 ans. Et il s'est avéré que Anne faisait partie d'un quintet féminin a cappella qui s'appelait les Soulmates, qui a eu beaucoup de succès avant le Covid. Et j'ai été leur metteur en scène pendant deux ans. On a travaillé ensemble pendant deux ans. Et puis, au bout d'un moment, Anne est venue vers moi. Elle m'a avoué ses sentiments. Je n'y ai pas prêté attention au premier abord. Jamais question de mélanger le travail et le sexe, comme on dit. Et puis, elle est revenue à la charge de façon plutôt forte. Et au bout d'un moment, il s'est passé ce qui s'est passé. J'ai tout de suite appelé un ami metteur en scène pour me remplacer au sein du spectacle. Et voilà, ça fait dix ans, ça va faire dix ans que nous sommes ensemble. Alors pendant qu'elle faisait du spectacle, effectivement, elle était infirmière en palliatif. Alors d'abord en hôpitaux, et après elle a demandé à être infirmière en palliatif à domicile pour accompagner les mourants à domicile. Elle a fait ça pendant treize ans. Et lorsque nous nous sommes rencontrés, moi j'étais en train de créer l'EHAS, l'école de l'humour et des arts scéniques. La première école de l'humour en France, l'humour sous toutes ses formes. J'ai cherché une directrice, j'ai toujours préféré travailler avec les femmes, et souvent à des postes de direction, je trouve que les femmes savent prendre les initiatives où il faut, quand il faut. Et je l'avais vue gérer sa boîte de production avec l'arc-en-tête féminin. avec les Soulmates. Donc, j'avais vu de quoi elle était capable. Et je lui ai proposé de me rejoindre dans la direction de l'école de l'humour. Et elle a accepté tout de suite. Nous avons une grosse différence d'âge. Elle est 22 ans plus jeune que moi. Mais elle a quand même la quarantaine. J'entends par là qu'il y a toute une horloge biologique et tout un truc du côté de la femme qui se met en route. Dès le début de notre relation, on a parlé de ça. Il est vrai que même avoir un enfant, ce n'était pas un problème pour moi, malgré le fait qu'on s'est rencontrés, j'avais plus de 50 ans, j'ai déjà deux enfants, et âgé donc. Quand je dis âgé, c'est 37 et 27 ans, mais je suis dans une histoire d'amour, et il me paraissait complètement logique de rendre d'une part heureuse la femme avec qui je suis. et puis ensuite de donner un sens à notre rencontre et à notre histoire. Mais là aussi, la maladie a enrayé les choses, parce que par un gros cours de circonstances, ces envies sont arrivées en même temps en fait. Et à partir du moment où moi j'ai commencé les chimios, c'est évident que la fertilité en a pris un coup, on a fait tous les examens possibles et imaginables, mais il est hors de question d'essayer quoi que ce soit. À partir du moment où on est en traitement chimique, de ce côté-là. On n'en a plus jamais reparlé, évidemment, puisque j'ai enchaîné traitement sur traitement. Et donc, en ce qui concerne le mariage, on avait l'impression qu'il ne restait plus que ça. Pour officialiser et sceller quelque chose, il ne restait plus que ça. Donc le mariage est devenu une urgence, un peu. On s'est raccrochés à ça, pour donner un sens à notre amour. Il y avait le fait qu'elle voulait porter mon nom. C'était très important pour elle, même si elle porte au final les deux. Mais c'était important pour elle de porter les deux. Et puis, il y a le fait qu'elle ne veut pas, et je le conçois, elle ne veut pas se retrouver seule, sans moi, sans qu'il y ait quelque part une marque, sans qu'il y ait quelque part une trace de notre histoire. Et c'est devenu ce mariage. Elle était persuadée que j'étais l'homme de sa vie. Aujourd'hui, je pense que c'est la femme de ma mort, c'est Nougaro qui disait ça. Puisque la dernière partie de ma vie, je suis en train de la vivre avec elle et que je vis des moments merveilleux depuis 10 ans. À l'heure actuelle, avec ce que je traverse, ce qui est un petit peu fou, c'est que cet amour est... Je n'ai pas de limite sur la force. que l'on peut donner à l'amour, mais j'ai l'impression que chaque jour, on peut aimer encore plus. J'ai l'impression que c'est une puissance qui ne s'arrête jamais. Parce que tu penses bien que ce que je vis nous fait vivre des moments à deux qui sont uniques, qui nous rapprochent, qui sont douloureux, mais... Mais jamais, j'ai jamais vu une telle pureté dans les gestes, dans les paroles. C'est pur, quoi. Donc moi j'ai été victime, il y a bientôt 16 ans, d'un cancer de la gorge, de l'amidale gauche, qui n'était pas métastasée. On ne peut opérer une tumeur que quand elle n'est pas métastasée. Donc j'ai été opéré, on m'a enlevé la tumeur de l'amidale gauche, et derrière l'opération, par sécurité, j'ai eu 3 mois de chimio et 3 mois de radiothérapie. Je m'en suis sorti. Je me suis retrouvé en rémission. Au bout de 5 ans, de toute façon, tu es contrôlé régulièrement. Et au bout de 5 ans, si rien ne se renclenche, on estime que tu es en rémission. Donc 5 ans après, on m'a déclaré en rémission. Et finalement, 4 ans après cette rémission, c'est-à-dire 9 ans après l'apparition de ce cancer de la gorge, je me retrouve avec des difficultés pour me nourrir. avec du mal à avaler mes aliments, je m'aperçois que je ne peux plus avaler mes aliments. Et je décide d'aller voir un gastro-entérologue. On fait une fibroscopie. Et là, on me trouve une tumeur de 5 cm sur 4 dans l'œsophage, enfin, entre l'œsophage et l'estomac. C'est un endroit précis qui s'appelle le cardia. Et en fait, cette tumeur empêchait les aliments descendant dans l'œsophage d'aller dans l'estomac. Donc, je ne pouvais plus manger à cause de ça. Et là, le bordel a commencé. Alors, attention, le cancer du cardiaque a été trouvé, c'était métastasé dans l'os. Métastasé, ça veut dire qu'il y a eu au scanner un autre aspect sous forme de métastase, ils appellent ça une métastase, qui est apparue ailleurs qu'à la tumeur. Si jamais elle est métastasée, on ne peut pas opérer. Et il s'est avéré que moi, lorsqu'on m'a trouvé la tumeur du cardiaque, au TEP scan, on m'a demandé si j'avais une côte cassée. Pardon, je bois. Et je n'avais pas de côte cassée. Mais il y avait quelque chose qui apparaissait dans une côte. On a fait une biopsie. Il n'y a rien de pire qu'une biopsie dans l'os d'une côte. C'est l'expérience la plus douloureuse que j'ai jamais vécue de ma vie, même avec une anesthésie locale. Une biopsie, c'est quand avec une aiguille, avec quelque chose, on va chercher jusqu'à ce qu'on tombe sur la métastase et qu'on prélève pour savoir si c'est le même cancer. Il y avait possibilité que ce soit un cancer du cardiaque, certes. mais qui est peut-être avec la métastase un cancer de l'os qui se met en route. Mais il s'est avéré par la biopsie que c'était le même cancer. Donc immunothérapie et chimie en même temps, pour attaquer immédiatement tout, a bien fonctionné. Le premier trimestre, la tumeur a été réduite. Le deuxième trimestre, je me suis débarrassé de la tumeur, mais pas de la métastase qui était toujours dans l'os. Et le troisième trimestre, il n'y avait plus rien. Du tout. En neuf mois, grâce au traitement, j'ai tout déblayé. Donc comme il n'y avait plus rien, j'ai dit chouette, c'est parti, c'est relaki. Donc le professeur qui me suit par sécurité me dit, ce serait bien de continuer l'immunothérapie uniquement une fois par mois. Je dis ok, donc on continue l'immunothérapie pendant trois mois, pendant toutes les vacances, une fois par mois. Et arrive le nouveau contrôle en septembre et toujours rien. Donc, possibilité de début de rémission, effectivement. Et là, le professeur me dit, mais il vaut peut-être mieux continuer encore l'immunothérapie une fois par mois. Et je lui dis, écoutez, soyons francs, il n'y a rien eu au mois de juin, c'est fini. Là, recontrôle en septembre, c'est fini. On peut... On peut arrêter l'immunothérapie, on refait un contrôle dans trois mois, on verra. Et il m'a dit, oui, mais si ce contrôle, il est mauvais. Ben, j'ai dit, s'il est mauvais, ben tant pis. Tant pis pour ma gueule, on reviendra à tout, à la chimio s'il le faut. Mais s'il est encore bien, ça veut dire que je suis vers la rémission. Il me dit, oui, tout à fait. Il n'était pas pour, mais on a accepté d'un accord commun d'arrêter l'immunothérapie. Et puis est arrivé le contrôle d'après, le contrôle de février, et là, ça a été la catastrophe. Février 2023, je me retrouve dans la situation où la tumeur avait repris, et le cancer était devenu multimétastasé, à une vitesse, ni lui ni moi n'avons rien compris. Pourquoi ? Comment ? Impossible à savoir. On est reparti sur immunos et chimiothérapie. On est reparti pendant des mois et des mois. Là, ça a été cas 1, cas 1. Un contrôle, ça redescendait, ça allait mieux. Un contrôle, ça repartait, c'était de plus en pire. Et puis, jusqu'au dernier contrôle qui a annoncé la fatalité. J'étais dans le bureau du professeur qui me reçoit à l'hôpital Saint-Louis. contrôle qui est toujours en train de courir. On a toujours une heure, une heure et demie d'attente. Ça ne doit pas être simple, son taf. Et puis, on est face à son bureau, et là, il sort les scanners. Donc, d'une part, il y a le scanner sur l'écran d'ordinateur qui le tourne vers nous, qui nous montre. Puis après, il y a le compte-rendu écrit. Et là, il nous sort... Voilà, la maladie est devenue incontrôlable. Elle a pris le dessus. Et nous ne pouvons plus rien faire, nous avons tout essayé, nous ne pouvons plus rien faire. Voilà, donc deux solutions. Soit on vous propose une nouvelle chimiothérapie, de changer de protocole, et si cette nouvelle chimiothérapie, qui est une nouvelle chimiothérapie qui a été créée aux Etats-Unis le 24 juin 2024, dont nous n'avons pas encore suffisamment de recul. Sur les effets secondaires, nous savons que les effets secondaires peuvent être terribles, mais nous n'avons pas suffisamment de recul encore pour en être persuadés. Donc, soit vous tentez la chimio, on fait quatre cures et on voit comment vous réagissez, soit on en reste là, qu'est-ce que vous décidez ? Et là, tout de suite, ma femme, en tant qu'infirmière, a posé la question en disant « mais c'est une chimio palliative » . Il a dit, oui, bien sûr, c'est une chimio en palliatif. Ah, donc, ça veut dire que vous m'estimez en palliatif, qu'il n'y a plus rien à faire, et que cette chimio, je deviens un cobaye pour savoir si elle fonctionne sur moi ou pas. Mais si elle fonctionne sur moi, je vais gagner combien de temps ? Il me dit, si elle fonctionne sur vous, la situation dans laquelle vous êtes, vous allez peut-être gagner six mois, un an, pas plus. Et je dis, et sans chimio ? Je ne la fais pas. Vous avez quelques mois devant vous, l'été certainement, et peut-être jusqu'à Noël. Donc moi, face à cette annonce, me voir sous chimio à nouveau, c'était hors de question, surtout que j'étais devenu allergique à la chimiothérapie, donc nouveau protocole certes. Mais mon corps s'est mis à refuser tout ce qu'on pouvait lui injecter. Donc je me mariais mal repartir là-dedans. Comme c'est du palliatif, je me suis dit, ça veut dire que de toute façon, quoi qu'il arrive, je suis condamné. Je connais trop les dégâts des chimiothérapies pour en avoir fait pendant deux ans et demi. Je connais trop les effets secondaires. Si en plus c'est des effets secondaires compliqués. Puisqu'il n'y a pas de recul sur la chimie en question, si c'est pour me retrouver tous les 15 jours comme un zombie en train de vomir, alors que je peux vivre ma fin de vie plus tranquillement, je préfère éviter à nouveau de me retrouver emmerdé par des chimiothérapies. Donc je préfère partir sainement et sans aucune chimie. Ma décision a été prise là et il l'a tout de suite acceptée. On s'est écroulé en sortant du cabinet. Je ne pouvais pas prévoir ça. Il n'y avait rien qui transparaissait de quoi que ce soit. Je commençais à avoir quelques douleurs un petit peu avant le rendez-vous. Mais bon, je sais ce que j'ai. Mais je ne pouvais pas imaginer que ce serait si rapide en fait. que l'indense tombe comme un couperet comme ça maintenant, même si on l'a toujours redouté. On avait un petit doute parce que j'avais une toux persistante qui me causait de plus en plus de soucis. On a pensé que j'avais peut-être une infection pulmonaire. Pour s'en rassurer, il nous a dit « On va aller prendre une radio du poumon » . Il était tout seul à son cabinet, j'ai tapé à la porte, j'ai tendu les radios. Il a regardé les radios, il m'a dit « Non, il n'y a rien, il n'y a rien du tout, il n'y a pas d'infection, donc c'est plutôt bon signe. » Et voilà, il est retourné dans son papier, et j'étais tout seul là, et j'ai eu envie de soit fermer la porte pour rester avec lui, soit de lui dire « Oh docteur, stop, posez votre stylo. » J'avais envie de lui dire merci. Parce que pendant deux ans et demi, ce mec m'a accompagné. Il a tout testé, il l'a fait intelligemment, parfois avec culot. Ce mec m'a accompagné. Et il avait l'air tellement, tellement, tellement occupé dans ses dossiers, ses machins, etc. que je ne l'ai pas fait. J'aurais eu l'impression de le déranger. Donc, je pense que c'est sa vie de tous les jours, ça. Et que le mec, il doit vachement se protéger de... Des annonces comme celle qu'il m'a faite, il doit en faire plusieurs par jour. Il est blindé, le mec. Tout d'un coup, tu te sens impuissant, tu sens que tu ne peux plus rien faire. Donc tu t'écroules en larmes parce que ce n'est plus possible. C'est tout d'un coup, déjà ta ténère forcément qui lâche, je pense, parce que mine de rien, pendant deux ans et demi, chaque contrôle était une... Une trouille, une angoisse, ce n'est que de l'angoisse tout le temps. Donc tout d'un coup, tu n'as plus la trouille, tu t'écroules, tu lâches tout. Ça, ça me paraît normal. Et puis non, c'est une profonde tristesse face à l'impuissance. Qu'est-ce que tu veux faire ? Qu'est-ce que tu veux dire par rapport à ça ? Je pleure tous les jours en ce moment. J'ai pleuré hier soir, je pleure tous les jours. Parce que ce qui m'est arrivé est triste. Je pleure de tristesse. Et puis parce qu'il y a des choses tellement essentielles qu'on est en train de se dire, ma femme et moi, qu'on se dit au bord des larmes. Je ne peux pas dire que je lui impose ça. Parce que c'est comme ça, c'est la vie. Je n'impose rien, les choses sont arrivées comme ça. mais Anne ne mérite pas ça, donc je trouve ça profondément injuste. Donc c'est cette injustice-là qui m'a triste. C'est une injustice face à laquelle je ne peux strictement rien faire. Je suis totalement impuissant par rapport à ça. Et puis parce qu'il y a tellement d'amour, c'est tellement une histoire d'amour belle et profonde que je ne veux pas que ça s'arrête non plus. Quand on touche au vrai et qu'on est dans l'essentiel, ça ne peut pas se faire sans larmes. Parmi mes larmes, il y a des larmes de joie. Mais c'est important de ne laisser couler les larmes parce que si on les retient, on crée des maladies. J'en ai retenu longtemps, moi, des larmes que je n'aurais peut-être pas dû retenir. Si tu veux être un homme, mon fils, ne pleure pas. Un homme ne doit pas pleurer. J'ai entendu ça toute mon éducation. Et c'est une éducation qui continue. C'est encore l'éducation qu'on donne aux enfants, aux garçons. Sois un homme, mon fils, ne pleure pas. C'est terrible. Il faut pleurer. Il faut pleurer pour renaître. Il faut pleurer pour pardonner à son enfant intérieur. Il faut pleurer en psychanalyse. Il faut pleurer sur soi. Il faut pleurer sur ses peines. Il faut pleurer sur ses morts. Il faut pleurer sur ses deuils. Il faut pleurer sur ses manques. Il faut pleurer sur ses faiblesses, il faut pleurer sur tout ce qui nous atteint. C'est hyper important. La toute première fois, à ma naissance, en tant que bébé, quand on m'a tapé sur le cul, comme tout le monde, je pense que je fais partie des bébés qui n'ont pas pleuré tout de suite et qu'il a fallu me taper pour que je pleure. Tu vois, c'est complètement idiot. Il faut qu'un bébé pleure. Et après, quand tu grandis, on t'empêche de pleurer. Complètement idiot. Le fait est qu'il faut quand même se rendre à l'évidence, une annonce choc, quelle qu'elle soit, te crée une réaction. Par exemple... Moi, j'ai beaucoup, beaucoup, dans mes enseignements de coach artistique, j'enseigne et je transmets le lâcher-prise et le fait de vivre dans l'instant présent. Parce que quand on est sur une scène, quand on est artiste, on ne partage avec le public qu'un instant T, un ici et maintenant, au moment où on est sur le plateau. Et un bon artiste, c'est quelqu'un qui réussit à être en lâcher-prise face à son public. qui se donnent entièrement, qui ne se posent pas de questions. Je me suis rendu compte que le lâcher-prise est devenu mon quotidien, que je le pratique. Depuis cette annonce, je viens de passer 40 ans de ma vie à transmettre et enseigner quelque chose par des moyens que j'ai appris dans mon métier et par le fait d'avoir de temps en temps touché du doigt sur scène en tant qu'artiste le lâcher-prise, donc je sais ce que c'est, mais pour le pratiquer au quotidien et donc être léger. parce que c'est ce fameux lâcher-prise qui permet de se sentir léger comme une plume, pour le pratiquer au quotidien et être dedans en permanence, il m'a fallu un choc. Et je reste persuadé qu'il faut un choc. Je suis persuadé que ça amène à un changement de vie, ça amène à un changement de comportement, ça amène à un changement de réflexion, ça amène à nouveau à une introspection personnelle de soi-même. Si on n'est pas face à ce choc, on ne peut pas comprendre la légèreté qu'amène le léger prise. On ne peut pas comprendre ce phénomène-là. Après, il y a des gens qui sont légers sans avoir besoin de choc. Et il y a des gens dont la légèreté fait partie de leur caractère. Tu vois ? Je ne sais pas. Si la légèreté, c'est être débarrassé de ses poids, être débarrassé de ses pensées, mauvaises pensées, être débarrassé un petit peu comme les mongolfières de ses sacs de sable pour pouvoir voler, je suis obligé aujourd'hui de témoigner qu'il faut un choc. C'est dur à dire, mais il faut être face à un choc. À partir du moment où l'annonce de fin de vie arrive, tu as le choc de l'information. Et puis après, tu sais définitivement quel est ton sort. Il y a peut-être des personnes qui rentrent dans une espèce de déprime, j'en sais rien, qui face à ce genre d'annonce, ont une réaction qui ne relève absolument pas de l'acceptation, qui sont dans un refus ou dans une dénie totale. Moi, je suis passé par l'acceptation, et à partir de ce moment-là, j'ai décidé d'organiser... d'organiser ça. C'est-à-dire, si je pars demain, de faire en sorte de partir heureux, de partir avec le sourire aux lèvres, de partir sans avoir de dossier à régler. Donc, c'est ça cet état de plume. C'est le fait que tout d'un coup, tu as envie de te libérer de tous les poids, tu as envie de régler tous les problèmes qui le resteraient. T'as envie de faire en sorte d'organiser tout ce qui pourrait continuer sans toi. Les amis, les amours, les ex-amours, les enfants, tout le côté autour, les relations proches. Tout ça aussi, il est important que ce soit léger. Il est important que les choses soient dites. Il est important que rien ne soit laissé au hasard. Être léger dans ce genre de situation. Puisque je suis toujours dans la croyance d'un miracle, je n'ai pas baissé les bras et je m'aide avec des thérapies naturelles. Je m'aide encore. Ça m'évite aussi de stresser. Je ne sais pas, c'est un changement de comportement. Je change de comportement.
- Speaker #0
pour pouvoir être à fond connecté à moi-même. Et peut-être, je dis bien peut-être, que cette énergie est celle qui va m'amener vers le fait de tenir et de vivre plus longtemps avec la maladie, comme ça, de cette façon-là. L'espoir, tu ne le vois pas venir tout de suite, parce que dès l'annonce, tu ne penses pas à l'espoir. C'est après, une fois que tu as enregistré l'information, le contre-coup derrière, c'est la réflexion. Donc, l'espoir commence à venir après. Tu te dis, et s'il se trompait ? Ce qui est un peu fou, c'est que tu repars avec les résultats de ton scanner et tu repars avec ce qui est écrit. Et ce qui est écrit, c'est ce qu'on vient de te dire. C'est-à-dire que j'ai quand même vu les scanners, j'ai quand même vu. Il ne m'a pas raconté des bobards. La situation dans laquelle je me trouve est réelle. Le fait de visualiser aussi lors du rendez-vous les scanners et de visualiser ce que tu as dans le corps et de comprendre exactement où est le problème, ça remet les pendules à l'heure. Donc après, c'est... C'est suite à ces paramètres-là que tu organises ton espoir. Tu vois comment tu peux te démerder avec les informations que tu as. Moi, mon espoir, il est né du fait qu'il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens et d'exemples partout autour de nous et des millions de personnes qui ont été condamnées par les médecins et qui ont vécu des années entières derrière sans aucun problème. Donc, ça veut dire que... La médecine, à un moment donné, la médecine traditionnelle n'est plus efficace, mais il y a d'autres choses qui peuvent le devenir. Alors, dans mon cas, j'ai essayé tellement de choses que je ne sais plus ce qui est efficace et ce qui ne l'est pas. Mais il y a une chose qui me semble l'être plus que tout, c'est le mental. Et moi, il se trouve qu'au niveau du mental, je... Je suis quelqu'un qui, visiblement, parce que je me découvre au fur et à mesure, au niveau du mental, je pense que je ne baisse pas les bras si facilement. Alors, le mental me tient. Et tant que le mental décide de tenir, tout peut peut-être évoluer. Ma réaction a tout de suite été de me lancer dans quelque chose de créatif, puisque je suis un artiste et qu'il fallait que ce soit créatif. Et je me suis lancé dans un journal de bord sur YouTube dès le lendemain, dès le 8 mai, à travers des épisodes en vidéo et au quotidien, pour raconter mon quotidien de fin de vie. Parce que mentalement, c'est une idée que j'ai eue, et c'est aussi une manière d'être connecté en permanence à ce que j'ai décidé d'explorer. C'est-à-dire, enfin, le fait de continuer ma maladie sans chimio, sans traitement chimique. c'est peut-être une aubaine. Et en mettant des thérapies naturelles et d'autres médecines parallèles sur le coup, je suis en train d'essayer aujourd'hui, par d'autres moyens, non pas de guérir, parce que je sais que je ne peux pas guérir, que je suis face à quelque chose qui ne se guérit pas, mais en tout cas entretenir la maladie suffisamment longtemps pour éviter qu'elle ne se développe. plus. Sur YouTube, j'ai fait le 59ème épisode. Aujourd'hui, je me filme avec mon téléphone, volontairement, en improvisant. Je parle en vidéo selfie. Je parle de ce que je traverse depuis l'annonce. J'avais 48 abonnés sur ma chaîne YouTube et 3000 vues, tout compris. Et la plupart de mes sketchs, il y avait 38, 39 vues. Donc, j'ai utilisé ma propre chaîne. Le truc, c'est que j'ai simplement changé le titre et j'ai mis René Marc fin de vie pour ma première vidéo qui a fait 300 000 vues. Et alors là, face à l'impact, le nombre, je crois qu'il y a eu presque 2000 commentaires devant l'impact, je me suis tout d'un coup... retrouvé comme un con parce que je ne m'attendais pas à ça. et puis comme je m'étais mis en tête et c'est ce que j'annonçais dès la première vidéo de faire un journal de bord quotidien pour expliquer ce qui se passerait dans ma tête quelles seraient mes pensées et qu'elles deviendraient mon quotidien à partir de maintenant et ce jusqu'à ma mort que c'était un exercice auquel je tenais parce que tous les autres exercices bouquins, toutes les autres formes artistiques d'étudier le sujet ou de... d'analyser et de délirer autour du sujet, je l'avais déjà fait. Et que jamais je n'avais utilisé le support YouTube pour ça. C'est une aventure qui m'intéressait. J'ai continué, j'ai continué, j'ai continué. Et dans l'espace de deux mois, aujourd'hui, j'ai 14 000 abonnés. Je suis à 710 000 vues. Et mes vidéos font une moyenne de 6 000 à 10 000 vues à chaque fois. avec chaque fois 200-500 commentaires auxquels je réponds. D'ailleurs, ma vidéo aujourd'hui, c'est de remercier la communauté parce que j'ai posé une question sur mon épisode précédent et la communauté s'est exprimée. Et je me suis rendu compte que putain, les gens me disaient des choses vachement bien. Et que contrairement à ce qu'on me raconte, à savoir que sur YouTube, les commentaires, c'est que des cons, que les haters te salopent, qu'il faut faire attention sur les réseaux et tout. Moi, je me retrouve avec une communauté qui m'envoie de l'amour. Je me retrouve avec une communauté avec qui j'arrive à échanger de choses saines, positives, sérieuses. J'arrive à parler de tous les sujets. J'ai créé une espèce de tribune libre. sur laquelle tous les jours, on parle. Tout ça me maintient en vie. À chaque fois, c'est un jour de gagné. À chaque fois, je suis connecté à ma bataille, puisqu'il s'agit bien de ma bataille, à tel point que j'ai changé un peu le titre de ma série. Maintenant, c'est devenu fin de vie, point d'interrogation, et que je suis même en passe, peut-être. Je ne sais pas, j'attends confirmation de voir comment je serai dans 15 jours, 3 semaines, mais je suis en passe maintenant de changer le titre, de mettre guérison, point d'interrogation. Parce que je me demande si toute cette aventure-là, si tout ce journal d'Aubor, ce que j'échange, ce que je traverse, c'est ce que ça me fait vivre, cette manière de pouvoir parler librement de ce que je traverse et de pouvoir rencontrer des gens en parlant librement, ça c'est... C'est un enrichissement personnel que je trouve capital. Si l'homme passe par l'évolution, là je suis en train de franchir un stade d'évolution que je trouve très intéressant. Je trouve que c'est une belle manière de finir sa vie. C'est la première fois de ma vie en tant que comédien, en tant qu'artiste, où je suis moi-même, où je parle librement, sans tricher, où je suis réellement moi-même. Et je crois que c'est cette authenticité qui paye. Et nous vivons un monde où l'authenticité, putain, on la cherche partout. On est dans un tel monde de corruption, de mensonges, de perversité, de violence. Je crois que c'est cette authenticité qui fait que ça marche. Plus ça que ce que je dis, parce que je me répète finalement beaucoup dans ma thématique. Mais j'arrive toujours à rebondir. par rapport à des commentaires que j'échange, auxquels je réponds, qui font partir sur tel ou tel sujet, et qui me donnent finalement le sujet de la vidéo du lendemain, et qui intéresse. Alors, il y a les commentaires des gens malades qui me disent « Vous m'aidez à tenir, vos vidéos me font tenir, vous m'aidez. » Ça, ça me touche beaucoup. J'ai des commentaires. Ça y est, il y a des gens, un surnom, c'est qu'on m'appelle Monsieur Courage. Oui, il y a des gens qui m'appellent Monsieur Courage. On me dit que je suis courageux de faire tout ça, de dire tout ça. Je ne sais pas si c'est du courage. Je ne sais pas ce que c'est que le courage. J'en sais rien. Après, il y a des commentaires de gens qui font des comparaisons. Des gens qui ont perdu des parents ou qui ont perdu des proches et qui comparent avec ce que je dis et qui me disent « Oh, si j'avais su, je m'y serais plus autrement. Oh, là, j'essaie de faire ça avec ma mère qui ne veut pas entendre. Qu'est-ce que je pourrais faire d'autre qui demande des conseils ? » Ça, c'est plus délicat, parce que c'est difficile de rentrer dans la vie des autres à ce niveau-là. C'est compliqué. Et puis, j'ai des témoignages assez fous. Ça, je ne m'y attendais pas du tout. De jeunes, ça remonte jusqu'à 13 ans, entre 13 et 18 ans, complètement perdus, complètement paumés, certains au bord du suicide, à qui je redonne un espoir de vivre. Ça, je... Il y a un gamin de 16 ans, je ne sais pas si c'est une fille ou un garçon, mais qui m'a remercié de lui avoir donné le goût de vivre. C'est quand même fou. Moi, à 62 balais, en fin de vie, redonner le goût de vivre à quelqu'un qui a 16 ans, c'est troublant. Par WhatsApp, on me demande alors comment ça va aujourd'hui. Il y a des gens qui sont très maladroits dans leur façon de m'aborder, qui le font par texto, par messages vocaux. Je ne peux pas répondre à toutes les personnes qui se sont manifestées. Ce n'est pas possible. Par mon journal de bord, je sais qu'il y en a qui me suivent. J'ai appris qu'il y en a beaucoup plus que je connais qui suivent mon journal de bord, parce qu'on commence à me l'avouer, mais qui sont donc sur YouTube connectés tous les jours. Parce qu'il y en a qui, des fois, me laissent des messages en me disant « Par rapport à ta vidéo d'aujourd'hui, je pense que... » Donc, on dialogue et on échange. Ça veut dire qu'ils suivent et qu'ils regardent. Mais il y en a qui sont très maladroits dans leur démarche parce que je le conçois, parce qu'ils ne savent pas comment faire par rapport à une situation comme ça. C'est délicat, c'est difficile. Il y en a qui veulent m'aider. Chacune de leurs aides me touche, mais... Mais c'est des aides que je ne peux pas accepter. Parce que d'abord, je ne peux pas accepter des aides de tout le monde. Et puis ensuite, il y a des aides, c'est un peu n'importe quoi. Genre, j'ai mon meilleur ami qui est magnétiseur, qui va faire ça pour toi, il faut que tu me crois, machin. Oui, bon. Et moi, j'ai fait de l'hypnose, je peux t'aider à travers des sciences d'hypnose, ça me ferait plaisir de t'en faire une. Et moi, j'ai ma grand-mère qui ne mange que du jus de betterave. C'est ce que je te conseille de faire. Prends du jus de betterave, tu vas voir, ça va tout changer. Moi, je me suis isolé très rapidement. J'ai compris que l'isolement était la meilleure solution pour être tranquille et guérir. Les autres, c'est très compliqué. Très compliqué à gérer. C'est très honnêtement parce que j'ai eu la chance, il n'y a pas de hasard, d'épouser une femme ex-infirmière en palliatif. et que j'ai su, par justement mes premières expériences avec le cancer, m'être trouvé, que je peux avoir les relations que j'ai aujourd'hui avec mes proches, avec ma famille, avec mes enfants, etc. Sinon, j'aurais évité ça. Je serais resté seul. Je jouais sur scène une pièce à plusieurs, une comédie, et mon partenaire de scène me faisait remarquer, en coulisses, que je sifflais de la gorge. Je fumais. Il me dit, tu devrais consulter, parce que je trouve, quand tu nous parles sur le plateau, j'entends, moi, que tu siffles de la gorge. Mais lui, il n'était pas fumeur. Donc, je savais pertinemment que c'était la cigarette, évidemment. Mais il me dit, tu devrais consulter. Et je suis effectivement allé consulter. Et c'est comme ça qu'on m'a trouvé le cancer de la gorge. J'ai bien fait d'écouter mon ami. J'ai dit, écoutez, attends. J'ai été opéré. Je me suis retrouvé trois mois, presque trois mois, à l'hôpital Bichat, au service ORL Claude Bernard, dans une chambre seule, à regarder un plafond avec une trachéotomie. On m'avait reconstitué la gorge en m'enlevant une partie de la peau sur le bras et sur la jambe, parce que c'est, paraît-il, les endroits du corps qui sont les plus simples pour greffer et organiser des greffes sur la gorge. On m'a fait une très belle opération, très discrète quelque part, mais n'empêche que moi je me suis retrouvé allongé. à regarder un plafond sous des tuyaux sans pouvoir parler. Et je n'ai pas parlé pendant un an et demi derrière, puisque la gorge était touchée. Et que j'ai bien gambergé sur ma vie. J'avais 46 ans, je vivais pleinement de mon métier, je n'avais aucun souci, ni financier, ni professionnel, ni quoi que ce soit. Pourquoi ça ? Pourquoi ça maintenant ? Et j'en ai déduit de toute façon que je ne pouvais pas disparaître maintenant. Je ne laissais rien derrière moi. Je ne laissais rien derrière moi. Je laissais deux enfants, ok ? Mais à ces enfants-là, il n'y avait même pas un compte en banque avec de l'argent dessus. Il n'y avait même pas... Alors, je laissais un appartement, oui, j'étais propriétaire d'un appartement. J'étais marié. Mais qu'est-ce que je laissais ? Qu'est-ce que j'avais fait de ma vie ? Il y avait... Il n'y avait rien qui m'apparaissait flagrant. Donc, je me suis dit, ce n'est pas possible. Tu ne peux pas quitter la vie sans laisser des traces quelque part. Sinon, tu es venu sur Terre, elle ne servait à rien. Je pense que si on vient sur Terre, c'est pour réaliser quelque chose. On a tous une mission à réaliser. Donc, j'ai commencé à réfléchir. Je me suis dit, est-ce que le métier d'artiste que tu as choisi, c'est vraiment ce que tu veux faire ? Est-ce que tu ne dois pas faire autre chose ? Est-ce qu'il y en a ? J'en ai déduit que oui, c'était l'artistique, mon domaine. Que par contre, non, ce n'était pas forcément d'être comédien. Que le fait d'être comédien, ma vraie motivation pour être comédien, c'était d'attendre un « Je t'aime » de mon père, que je n'ai jamais eu. Et qu'en fait, là, j'avais déconné au niveau de ma motivation. Ce que j'avais fait de mieux jusqu'à présent, c'était m'occuper des autres artistes. Sans avoir vraiment réussi une carrière, j'ai eu des succès, j'ai eu des insuccès, mais j'ai été intermittent du spectacle pendant 30 ans. J'ai bien gagné ma vie parfois, puis après je réinvestissais dans autre chose où je perdais tout. Je n'ai pas connu de coup d'éclat là où je suis venu à 18 ans à Paris avec la volonté de devenir comédien et si possible célèbre. Donc j'en ai déduit que ce que je n'avalais pas, ce qui ne passait pas la gorge, c'était cet échec-là en fait. Et que ce que je faisais de mieux, c'était de m'occuper des autres. Parce que ça, j'avais réussi. Ça, j'avais lancé des artistes. Et ça, il y avait plein d'artistes qui sont devenus célèbres grâce à moi. Ça, c'est mon destin. Donc, je me suis dit, continue, mais continue en t'occupant des autres. Alors pour ça, il a fallu déjà sortir du cancer de la gorge, guérir. Donc, je suis rentré en phase de tout déconstruire autour de moi. C'est-à-dire, première, ma femme, qu'on allait divorcer. Je dis bien... prévenir ma femme qu'on allait divorcer, parce que je lui ai imposé. Elle lui expliquait que si j'avais besoin de divorcer, c'était parce que j'avais besoin de rester seule et que je ne pouvais pas en déduire le laps de temps. Ça ne pouvait pas être 15 jours, ça ne pouvait pas être 3 mois, ce serait peut-être plusieurs années, je n'en sais rien, mais que j'avais besoin de me chercher, d'avoir la certitude au fond de moi de qui j'étais. et que pour ça, j'avais besoin d'être seul. Donc, elle a accepté le divorce. Nous avons vendu notre appartement. Et une fois cet appartement vendu, je me suis retrouvé avec un certain petit pactole pour pendant quatre ans vivre seul dans un pavillon à Montreuil que j'ai loué et dans lequel je me suis reconstruit pendant quatre ans dans la solitude la plus totale en découvrant qui j'étais, en fait. Quels qu'étaient mes choix, ma famille les a acceptés. Puisque je suis en soins palliatifs, la question de mes derniers jours de vie... Tout est organisé pour que je rejoigne un centre. Il existe plusieurs centres dans Paris, mais ce sont des centres qui accueillent les malades en fin de vie et qui sont des centres nickels. Ce ne sont pas des hôpitaux, ce sont des endroits très aérés, très agréables et où progressivement, par une morphine qu'on augmente de plus en plus à ta demande, tu t'en vas le plus simplement du monde. et où tout le monde peut te rendre visite. Tout le monde peut venir te voir. Je sais que dans ces cadres-là, il y a pas mal de familles qui demandent à ce que on puisse garder la personne le plus longtemps possible vivante, même si c'est contre son gré. Je pense que ça, c'est lié à des... C'est pareil, je ne veux pas porter un jugement, mais je pense que c'est lié à des familles qui n'ont pas suffisamment parlé. qui n'ont pas suffisamment échangé, qui ne se sont pas suffisamment dites les choses. Moi, dans mon cas précis, on s'est tout dit. On a tous pleuré, on a tous fait le travail que chacun devait faire sur la situation. Ça a été fait de chaque côté. Donc c'est d'un accord commun que les choses se font. Mes enfants étaient très clairs là-dessus. Mon fils a été le premier d'ailleurs à m'épater en me disant « c'est ton choix, je le respecte » . Ma fille « c'est ton choix, je le comprends » . Mon ex-femme avec qui j'ai gardé contact, et qui donc j'ai divorcé, vendu l'appartement pour me reconstruire, etc. et qui est toujours très très proche de moi, parce qu'on a su garder contact quand même. D'ailleurs, mon ex-femme était à mon mariage, ce qui était aussi original, et Anne et elle sont devenues très amies. Tout le monde comprend mes choix. Et en ce qui concerne Anne, son côté infirmière m'intéresse souvent. Souvent, je lui dis, toi, qu'est-ce que tu aurais fait à ma place ? Et souvent, elle me dit, j'aurais fait comme toi. Donc, j'en déduis que soit tout le monde m'écoute comme le Saint-Père, soit j'en déduis que mes choix sont les bons. Ou en tout cas, que les personnes qui m'entourent, dans la même situation que moi, feraient les mêmes choix que moi. C'est peut-être moi qui ai provoqué tout ça. C'est certainement moi qui ai provoqué tout ça. C'est ma manière d'être. La façon dont j'ai réagi. Cette espèce de plume, de poids plume. La façon dont j'ai accepté la nouvelle. Ça a été ma réaction qui a enclenché tout ça. Donc, oui, c'est logique. Ça devrait se passer comme ça. C'est parfait. je m'en réjouis Mais ça ne se passe pas forcément comme ça tout le temps, partout. Et ça, je le comprends. Depuis mi-avril, je sais très bien à quel moment ça a commencé à partir en couille. Depuis mi-avril, je n'arrive pas à retrouver le corps que j'avais avant. Et je ne sais pas si je vais le retrouver. Je crois que c'est trop tard. C'est ce que je ressens. J'aimerais bien. Mais je sens qu'à chaque fois, il y a un truc qui se met en route et qui tire vers le bas. Je crois que le corps n'en peut plus, tout simplement. Alors la tête, évidemment, c'est le conflit. C'est le conflit permanent entre la tête et le corps parce que le corps subit et la tête, elle, elle fonctionne à plein régime. Donc la complexité, elle est là. Mes matins sont difficiles parce que parfois j'ai des nuits difficiles. Quand j'ai des nuits où je dors bien, où tout va bien, la journée se passe un petit peu mieux. Là, comme j'ai eu une nuit très difficile où j'ai eu des douleurs toute la nuit, où je n'ai pas très bien dormi, il est sûr que ça va être une journée où je vais essayer de dormir, où je vais rester allongé, où je ne vais rien foutre. Où je suis obligé, par la force des choses, d'écouter mon corps. La morphine, c'est pour calmer les douleurs. qui sont insupportables. Elles sont insupportables, les douleurs. Je suis plié en deux à longueur de journée. Sous ma chemise, il y a le cathéter sur lequel on m'a fait toutes mes chimios. Donc il y a une aiguille qui est branchée avec un tuyau qui pend, qui permet de me relier à la machine qui me donne la nourriture liquide toute la nuit, puisque je suis nourri la nuit, pendant que je dors. Sinon, je serais obligé de me trimballer mon attirail sur roulette toute la journée. Ce n'est pas pratique. Ça, c'est une chose. Ensuite, à l'intérieur de mon corps, l'image est simple. Elle n'est pas agréable une seule seconde. Il faut vous imaginer dans un étau. C'est comme si j'étais un bout de ferraille qu'on est en train de mettre dans un étau. Et l'étau, on est en train de le resserrer. C'est-à-dire que... Les multimétastases et les multiples ganglions qui sont partout sur mon corps sont en train de faire pression. sur les organes, sur tout ce qui reste vital à l'intérieur de mon corps. Je n'ai aucun organe vital de touché, je n'ai que la tumeur, enfin je n'ai que, c'est énorme ce que je vais dire, je n'ai que la tumeur qui grossit dans l'estomac et du coup l'estomac devient de plus en plus petit, donc je peux de moins en moins manger. Cette tumeur qui grossit dans l'estomac, à partir du moment où elle va entièrement occupé à l'estomac. Et il va se passer quoi ? Soit je meurs, soit on continue sans arrêt la nourriture liquide. Ça, je n'en sais rien. Et au quotidien, je ressens cette espèce d'étau qui me broie les côtes, qui me serre. Et c'est une douleur de quelqu'un qu'on est en train de serrer en permanence. Donc ça, c'est des douleurs dans le dos, c'est des douleurs dans le ventre. C'est des douleurs... Oui, à partir du bassin et jusqu'en haut, tu sens que tu vas mourir d'étouffement. Tu commences à étouffer petit à petit, c'est progressif. Ce n'est pas agréable une seule seconde. Et je pense que je vais mourir d'étouffement. Je pense que ça va être ça, le truc. La mort, c'est quelque chose... que tu subis, qui te tombent dessus. La vie, c'est quelque chose qui fait partie de toi. C'est-à-dire que je n'ai pas peur de la mort dans le sens où si elle vient me chercher, je suis prêt à la recevoir. Mais j'ai peur de quitter la vie dans le sens où je sens bien que la vie est encore en moi et que je n'ai pas envie qu'elle s'arrête. La vie, je la sens très fort en moi. Même si je sens la maladie, la vie, je la sens très fort. Mais c'est la différence entre l'âme et le corps. J'en déduis que ma vie, la vie qui crépite au fond de moi, c'est mon âme. Or, c'est mon corps qui est en train de mourir. J'ai peur de quitter la vie, de quitter les gens que j'aime. Je n'ai pas de notion de temps. Je n'ai plus de notion de temps. Je ne sais pas à quelle heure il est, je m'en fous. Et le temps que prennent les choses m'importe. Attention, je ne suis pas au point d'aller faire la queue trois heures à Disneyland pour une attraction. Tu vois ce que je veux dire ? Là, ce serait une perte de temps qui m'agacerait. Ce n'est pas ça, c'est profiter pleinement des choses. Sans voir défiler une montre, un timing précis, sans savoir que tu as rendez-vous à telle heure, dans un emploi du temps normal, d'activité normale. Là, je n'ai plus d'activité. J'aimerais en gagner du temps. Évidemment que j'aimerais en gagner du temps. Puisque comme je te l'ai dit, tout ça me paraît bien trop court. Mais perdre agréablement mon temps, c'est ne faire que des choses qui me font plaisir. Prendre une glace chez un glacier et m'asseoir sur un banc public et manger ma glace, c'est un plaisir. Mes journées, à l'heure actuelle, elles sont consacrées essentiellement à profiter du moindre instant avec ma femme, mes enfants, mes proches. Mes journées ne sont faites que pour ça. Ça va être une journée pour ma femme et moi. On va se prendre dans les bras, on va dormir ensemble encore parce qu'elle a passé une très mauvaise nuit comme moi, parce qu'elle s'est occupée de moi cette nuit aussi, elle était très inquiète. On va parler, on va peut-être regarder un truc à la télé, bouquiner, il y a toujours des piles de bouquins partout. Se promener, oui et non, ça dépend. Des fois ça nous pète, on va se balader. sur l'île de la Cité à Paris, on va sur une promenade. Et puis là, on envisage de partir, de louer une voiture un mercredi et d'aller se balader à la montagne. Voilà. Ma journée type, à partir de maintenant, ça va être ça. Le matin, je fais ma vidéo. Après, je suis sur les réseaux sociaux. Je gère mes réseaux sociaux, je partage pas mal de trucs. pour continuer à faire exister ce que j'ai créé sur les réseaux. Je pense que je le ferai de moins en moins, mais là je le fais encore. Et puis après, on profite de nous. On profite de l'instant présent. Un journaliste avait demandé à Jacques Brel ce que c'était qu'un con. Qu'est-ce qu'un con ? Et Jacques Brel dit un con, un con c'est quelqu'un qui dit je vis, ça me suffit. Et j'avais trouvé ça vachement intéressant comme remarque, c'est discutable, parce qu'elle donne un jugement sur certaines personnes. Exister c'est autre chose que vivre, c'est-à-dire que vivre pour moi c'est déjà être vivant, être debout, mais c'est avoir sa... Sa maison, savoir ses enfants, savoir sa famille, c'est faire partie d'une société, c'est d'être dans un moule, d'être un mouton. Ça, c'est vivre. Exister, c'est ce que tu vas faire à l'intérieur de ce moule. Comment tu vas te démarquer ? Qu'est-ce que tu vas faire de plus que les autres ? qui va être... utile plus tard pour les autres ? Comment tu vas évoluer ? Est-ce que tu vas devenir artiste, même comme ça, en passant ? Mais peindre, y avoir des tableaux reconnus et peut-être changer ta vie et devenir un peintre reconnu. Est-ce que tu vas inventer quelque chose qui va changer le quotidien de tout le monde ? Même une connerie, le mec a inventé la pince à linge, il a changé le quotidien de tout le monde. Mais il existe. C'est-à-dire qu'exister, c'est amener une pierre supplémentaire à la raison d'être vivant sur Terre. Et ça, il y a peu de gens qui existent. Il y a peu de gens qui font. Il y a des gens qui subissent, beaucoup. Il y a des gens qui croient faire. Mais des gens qui font, réellement, il n'y en a pas un. Elle est chouette, mon existence. Comme on dit, je revois le film défiler. Si les choses étaient à refaire, je les referais exactement de la même façon. Ça, c'est clair. Il y a peut-être un ou deux moments dans ma vie, si je revenais en arrière, où je changerais mon comportement, où j'ai perdu peut-être du temps à tel ou tel endroit. Bon, mais ce n'est pas gênant au point d'en faire un regret. mais elle est chouette ma vie mon existence mon existence est bien, je suis content de ce que j'ai fait je suis juste déçu du fait que j'ai que 62 ans alors que la moyenne de vie pour un homme aujourd'hui elle est de 78 ça veut dire que je pourrais encore profiter de 16 bonnes années à faire des choses donc je suis juste un petit peu déçu Merci. de voir que le temps se raccourcit pour moi. Mais si je pars maintenant, là si je pars bientôt, je partirai apaisé, mais j'aurai une vie très riche, très pleine, peut-être un peu trop courte.
- Speaker #1
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode. J'avais envie de la faire dans le jardin en fin d'après-midi. Donc l'épisode que vous voyez ce matin, aujourd'hui, a été fait hier en fait. J'avais envie parce que le cadre est bien agréable, que ça change un peu, et puis parce que ça relativise... par rapport à la nature, la nature qui nous entoure, la vie, la vie qu'il y a autour de moi, tout ce qu'il y a autour de moi vit. Les moustiques, les moustiques aussi c'est de la vie, parce que qu'est-ce qu'il y a comme moustiques ? Il y a beaucoup de moustiques. Vous êtes toujours aussi nombreux à me féliciter de tenir le coup. A me battre ainsi, mais je ne... Oui, bien sûr que j'ai le sentiment de me battre, mais je ne fais que rallonger des jours. Je ne sais pas si c'est ça la bataille, je n'en sais rien. J'ai envie d'écouter le silence. Le silence. Voilà, une minute de silence dans le jardin. Il y a des oiseaux, il y a un petit tracteur qui travaille au lointain, dans des vignes sûrement. Des avions, des avions qui passent dans le ciel. Voilà ce que je retiens de ce silence, qui n'est jamais vraiment un silence d'ailleurs. Le silence n'existe pas. Très rare le silence. Vous voyez ? Là il y a un avion qui approche. Moi j'entends du vent dans mes oreilles. Je ne sais pas ce qui parvient dans le micro du téléphone, mais peut-être un peu de vent, si vous l'entendez. Je ne sais pas. Voilà, là, il y a une belle petite rafale de vent qui est passée. C'est du bien. Je suis bien. C'est peut-être ça la vie. Je ne sais pas, c'est la question que je pose. Est-ce que ce n'est pas ça la vie ? Est-ce que ce n'est pas ce que je suis en train de vivre là à l'instant même, la vie ? Plutôt que de se faire chier à courir partout, à travailler comme des forcenés, à donner un sens, un sens à quelque chose, un sens à quoi en fait ? Je n'en sais rien. Dans ce jardin, à cette heure-là, tout est relativisé. La notion de la vie est tout autour de moi. La notion d'existence, elle est sérieusement remise en question. Est-ce que ce ne serait pas possible d'exister comme ça ? Juste comme ça ? Pas par bribes ? pas par moment, pas par instant, mais juste de pouvoir vivre comme ça. Alexandre le bienheureux, vous voyez, qui a été assimilé à l'oisiveté, à la paresse, comme si c'était paresseux de se poser, de savourer des instants comme celui-là. Rien n'est paresseux quand même. C'est juste de savourer ce vent et ce silence en fait. Voilà, petite philosophie de fin d'après. Regarde le soleil comme il le souhaite. Comme il regarde le soleil, son souhaite. Il y a tout qui respire le bonheur autour de moi, absolument tout. Et il y a tout et je vais mourir. C'est un peu fou, c'est totalement fou, totalement fou. Mais je ne sais même pas quoi dire face à la phrase que je viens de sortir, il y a tout et je vais mourir, oui. Voilà, j'espère juste continuer à savourer ces moments-là sans paniquer. Juste rester oisif et paresseux, comme ça, jusqu'au bout. Ce serait bien, ce serait bien si j'y arrive. C'est le but, rechercher en tout cas, c'est le but. Tiens, un petit verre d'eau. Allez, hop !
- Speaker #2
René Marc nous a quittés dans la nuit du 29 au 30 juillet 2025. Honnêtement, j'ai longuement hésité à vous partager ses propos. Parce que les diffuser alors que René Marc n'est plus là, c'est une responsabilité qui pèse. J'ai plein de questions qui me traversent encore. Sommes-nous à la hauteur de la confiance qu'il nous a accordée ? Comment rendre hommage à un témoignage aussi brut, aussi honnête, sans trahir sa mémoire, sans tomber dans le pathos ou le sensationnel ? Je pense aussi à ses proches, à ceux qui l'ont accompagné jusqu'au bout et qui écoutent peut-être ses mots. Et puis il y a cette question qui me honte. Qu'en aurait-il pensé René Marc de cet épisode ? Aurait-il trouvé que nous avions su capter l'essence de ce qu'il voulait transmettre ? Je ne le saurais jamais. Mais une chose est sûre, ce podcast, Tracés, a trouvé tout son sens dans cette rencontre. Paradoxalement, c'est en parlant de sa mort qu'il nous pose indirectement cette question « Et vous, comment choisissez-vous de vivre ? » Il nous rappelle que la finitude n'est pas une malédiction, mais peut-être la condition pour donner du sens à notre vie. On veut continuer à passer du temps à rencontrer les gens et partager leurs histoires, c'est pour cela qu'on est assez rare sur les réseaux sociaux. Le meilleur moyen de nous suivre et de ne manquer aucun épisode, c'est de s'abonner à notre newsletter sur tracetraceslepodcast.fr. Le lien est dans la description. A très vite.