Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceurs de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent en levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Il y a une idée qu'on ne remet presque jamais en question. Manquer, c'est dangereux. Manquer d'argent, de clients, de temps, de ressources, c'est le signe que quelque chose ne va pas, que quelque chose doit changer, vite. Alors on fait tout pour ne pas manquer. On accumule, on anticipe, on se protège, on dit oui à tout, on garde tout, on contrôle tout. Mais aujourd'hui, j'aimerais sortir des sentiers battus. Je voudrais explorer une hypothèse qui va peut-être vous surprendre. Et si manquer un peu n'était pas toujours un problème à résoudre ? Et si parfois, manquer était justement ce qui nous permet de voir clair, de choisir mieux, de construire autrement ? Bienvenue dans le 17e épisode de Traceurs de voix, le troisième et dernier volet de la série sur la peur du manque. Vous venez ? On commence. Toute notre vie, on nous a vendu une idée. Celle de l'abondance permanente. L'idée que si on fait bien les choses, si on travaille assez dur, si on est assez stratégique, on ne devrait jamais manquer. Jamais un mois faible, jamais un creux de trésorerie, jamais un mois où il faut ralentir, réajuster, faire des choix. Et quand ça arrive quand même, on a l'impression d'avoir échoué. On se dit, je n'ai pas assez anticipé, je n'ai pas été assez bon. Les autres n'ont pas ce problème. Mais ce qu'on ne dit pas assez, c'est que les cycles existent. Dans la nature, dans l'économie, dans nos vies, dans nos corps, il y a des saisons hautes et des saisons basses. Il y a des périodes d'expansion et des périodes de contraction. Des moments où ça pousse et des moments où ça se prépare. Ce n'est pas un bug, ce n'est pas une anomalie. C'est la structure même du vivant. Je pense à cet entrepreneur qui me racontait sa première année vraiment difficile. Après trois ans de croissance continue, il avait traversé six mois de vache maigre, mois de clients, mois de revenus, mois de certitudes. Il m'a dit « j'ai vraiment cru que c'était fini, que j'avais tout gâché » . Et puis il a fait quelque chose d'inhabituel. Il a arrêté de paniquer, il a arrêté de courir après n'importe quoi pour combler le vide. Il s'est posé et il a regardé. Et c'est là qu'il a vu ce qu'il n'avait jamais vu avant. Que la moitié de ses clients ne lui convenaient pas. Qu'il passait son temps sur des missions qui l'épuisaient. qu'il avait dit oui à tout. par peur de manquer. Et qu'en faisant ça, il s'était éloigné de ce qu'il animait vraiment, de ce pourquoi il avait lancé ce business à l'origine. Pendant les mois d'abondance, il n'avait jamais eu le recul de voir tout ça. Parce qu'il était beaucoup trop occupé à gérer le flux, les urgences, à répondre, à livrer, à tenir. Mais dans le creux, il avait de l'espace. Il avait de l'air. Il avait du silence. Et c'est dans ce silence qu'il a pu entendre quelque chose d'essentiel. Ce n'est pas parce que ça marche que c'est juste pour nous. Des recherches en sciences cognitives ont d'ailleurs montré quelque chose de très pertinent là-dessus. Notre cerveau prend de meilleures décisions stratégiques quand il n'est pas en mode saturation. Quand on a trop de demandes, trop de sollicitations, trop de flux, le cortex préfrontal, zone du cerveau qui gère la planification et le discernement, fonctionne en mode automatique. On répond plus qu'on nous choisit. Mais quand le rythme ralentit, même involontairement, On récupère de la bande passante cognitive. On peut voir ce qu'on fait, pourquoi on le fait, et si on veut vraiment continuer à le faire de cette façon-là. Manquer un peu, ça fait mal, oui. Mais parfois, ça révèle aussi ce qui était caché sous l'abondance. À présent, je vous propose de regarder ce que le manque peut nous apprendre. Pas de manière romantique, pas pour glorifier la précarité, mais en regardant honnêtement ce que ça produit dans nos vies, dans nos structures de pensée. Je vous propose quatre pistes, quatre repères. qui vont vous montrer ce que le manque peut créer comme réalité. Première piste, le manque nous force à prioriser. Quand on a beaucoup de ressources, on peut tout faire. Tester plein de choses, se disperser, dire oui à tout. Mais quand les ressources se resserrent, temps, argent, énergie, on est obligé de choisir. Qu'est-ce qui compte vraiment ? Qu'est-ce qui est essentiel ? Qu'est-ce qui peut attendre ? Et cette clarté-là, on ne l'obtient pas dans l'abondance. On ne l'obtient que dans la contrainte. Des travaux en psychologie de la décision ont d'ailleurs montré que les personnes confrontés à des ressources limitées développent souvent une meilleure capacité à identifier ce qui a de la valeur. C'est ce qu'on appelle le principe de focalisation. Quand on ne peut pas tout avoir, on devient meilleur pour savoir ce qu'on veut vraiment. Deuxième piste, le manque développe la créativité. Quand on a tous les moyens, on reproduit ce qui marche ailleurs. On achète des outils, on embauche, on externalise. Mais quand on manque, on invente, on trouve des solutions, on bricole, on fait appel au système D, on fait autrement. Je pense à cette créatrice de contenu qui n'avait pas les moyens de s'offrir un studio, un micro-professionnel, un monteur vidéo. Elle enregistrait ses podcasts dans sa voiture avec son téléphone. Elle les montait elle-même le soir, chez elle. Elle pensait que c'était temporaire, que dès qu'elle aurait les moyens, elle ferait comme il faut. Et puis elle a remarqué quelque chose. Ses auditeurs adoraient justement cette authenticité-là, cette proximité, ce côté brut, humain, non formaté. Et ce qu'elle vivait comme un manque était devenu sa signature. Troisième piste, le manque nous enseigne qui est qui. Je m'explique. Quand tout va bien, tout le monde est là. Les clients affluent, les partenaires se manifestent, les opportunités s'enchaînent. Mais quand ça ralentit. Il arrive qu'on voit qui reste, qui appelle quand même, qui croit en vous même quand les résultats ne sont pas au rendez-vous. Et cette information-là, elle est d'une valeur inestimable. Parce qu'elle vous dit sur qui vous pouvez compter vraiment et avec qui vous voulez vraiment construire. Quatrième piste, le manque nous enseigne la résilience. Pas la résilience théorique, celle qu'on lit dans les livres. Je parle de résilience vécue. Celle qui se construit avec des moments où on pense qu'on ne peut pas y arriver. Mais où on y arrive quand même ? Les neurosciences de l'adaptation montrent que notre cerveau développe de nouvelles connexions cognitives quand il est confronté à des défis qu'il doit surmonter. C'est le principe de la plasticité dirigée par l'adversité. Chaque fois qu'on traverse une période difficile, qu'on trouve des solutions, on renforce notre capacité à faire face aux suivantes. En d'autres mots, manquer et s'en sortir rend plus fort, de manière structurelle. On apprend qu'on peut traverser, qu'on a les ressources, qu'on n'est pas aussi fragile qu'on le croyait. Maintenant, attention, je voudrais être claire sur une nuance qui me paraît essentielle. Manquer un peu, ce n'est pas vivre dans la précarité chronique. Ce n'est pas glorifier la pauvreté. Ce n'est pas dire que c'est bien de ne pas avoir assez pour vivre dignement. La précarité structurelle, elle, n'enseigne rien du tout. Elle épuise, elle abîme, elle rétrécit le champ des possibles. Quand on manque trop, pendant trop longtemps, le cerveau bascule en mode survie permanent. Le cortisol, l'hormone du stress, reste élevé, l'amidale reste en alerte et la capacité à penser stratégiquement, à se protéger, à crier, s'effondre littéralement. Ce dont je parle ici, c'est d'autres choses. Je parle de ces moments où, dans une vie, globalement stable, on traverse une période de creux, un mois faible, un trimestre difficile, une phase de transition. Ces moments-là ne sont pas agréables. Oui, ils stressent, ils inquiètent, ils remettent en question. Mais si on a un filet de sécurité minimum, de l'épargne, un réseau, une structure qui tient, alors ce manque-là peut devenir un espace de clarification. Parce qu'il nous sort du pilote automatique. Il nous force à nous demander « Est-ce que je veux vraiment continuer comme ça ? Est-ce que ce rythme me convient ? Est-ce que ces clients me nourrissent vraiment ? Est-ce que cette stratégie a du sens pour moi ? » Et c'est là que la nuance est cruciale. Pour que le manque soit porteur, il faut qu'il soit temporaire et qu'il intervienne sur un socle de sécurité minimum. Si vous n'avez aucune réserve, aucun filet, le moindre creux devient une menace existentielle. Et dans ce cas, votre priorité absolue, c'est de construire ce socle. Mais si vous avez ce socle, même petit, même modeste, alors les périodes de creux peuvent devenir des moments de réajustement pertinents. Des moments où vous arrêtez de courir, où vous regardez, où vous choisissez. Et c'est souvent dans ces moments-là que naissent les meilleures décisions de votre vie. Alors, comment on fait ? Comment on traverse ce moment de manque sans paniquer, sans tout casser, sans prendre de mauvaises décisions ? Tout d'abord, on nomme ce qui se passe. Là, j'ai moins de revenus qu'avant. Là, j'ai moins de clients. Là, je traverse une période de creux. Rien que ça, ça aide. Parce que nommer, c'est déjà sortir du flou. Et le flou, c'est ce qui alimente la peur. Ensuite, on sépare le fait... De l'histoire. Le fait, c'est que j'ai gagné 2000 euros de moins ce mois-ci. L'histoire, c'est par exemple, je suis en train d'échouer, tout s'effondre, je ne vais jamais m'en sortir, ce n'est pas la même chose. Et tant qu'on ne sépare pas les deux, on agit depuis l'histoire, depuis la peur, depuis l'urgence. Mais quand on regarde juste le fait, on peut se demander, c'est grave comment, concrètement ? Est-ce que je suis en danger immédiat ? Est-ce que j'ai quelques semaines, quelques mois pour ajuster ? Souvent, on découvre qu'on a plus de marge qu'on ne le pensait. Ensuite, on utilise ce temps pour voir ce qu'on ne voyait pas avant. Qu'est-ce qui ne me convient pas dans mon activité ? Quel client me tire vers le bas ? Quelle partie de mon offre me fatigue ? Qu'est-ce que j'ai envie de garder vraiment ? Et surtout, qu'est-ce que je veux construire à partir de maintenant ? Parce que ce qu'il y a de puissant dans ces moments de creux, c'est qu'on peut reconstruire différemment. On peut réajuster ses tarifs, repositionner son offre, changer de client cible, ralentir son rythme, simplifier sa structure. On peut arrêter de faire ce qui marchait, un peu, pour se concentrer sur ce qui a réellement du sens pour vous. Et enfin, on construit son socle pour la suite. Parce que si ce moment de manque vous enseigne quelque chose, c'est peut-être l'importance d'avoir un filet. Un filet financier qui vous permet de traverser les creux sans paniquer. Et ce filet, ce n'est pas juste une épargne de précaution qui dort sur un compte. C'est aussi une épargne qui travaille pour vous, qui grandit, qui se diversifie, qui vous donne de la marge de manœuvre. Parce que la vraie liberté, ce n'est pas de ne jamais manquer. C'est de pouvoir traverser les moments de manque sans que tout s'effondre. Et ça, ça se construit. Pas en accumulant frénétiquement, mais en investissant. intelligemment. Alors j'aimerais vous laisser avec ceci. Manquer un peu ne signifie pas échouer. Ça peut signifier ralentir, réajuster, clarifier, reconstruire. C'est peut-être le moment où vous arrêtez de courir après ce qui ne vous convient pas, pour enfin construire ce qui a du sens à vos yeux. Mais pour que ce moment soit réellement porteur et pas destructeur, il faut un filet, une structure. Un socle financier qui tient. Et c'est justement ce dont on va parler à partir de la semaine prochaine. Parce que dans la série qui commence la semaine prochaine, on va explorer l'investissement. Pas de manière théorique ou intimidante, mais de manière concrète, accessible. Comment faire travailler votre argent pour vous ? Comment construire ce filet qui vous permet de choisir ? Comment transformer votre épargne en levier de liberté ? Parce qu'investir... Ce n'est pas du tout réservé à ceux qui ont déjà beaucoup. C'est justement ce qui permet de sortir de la course perpétuelle. On se retrouve donc la semaine prochaine pour le premier épisode de cette nouvelle série sur l'investissement. D'ici là, je voudrais vous laisser avec une citation de Léonard Cohen. Je cite. Il y a une fissure en toute chose. C'est là que la lumière entre. Je répète. Il y a une fissure en... toute chose. C'est là que la lumière entre. Cette phrase dit quelque chose d'essentiel sur le manque. Ce n'est pas dans la perfection, l'abondance permanente, dans le plein absolu qu'on voit clair. C'est parfois dans la fissure, dans le creux, dans le moment où quelque chose se retire. Parce que c'est là que la lumière peut entrer. C'est là qu'on peut voir ce qu'on ne voyait pas. C'est là qu'on peut choisir. Autrement, le manque n'est pas toujours un problème à régler d'urgence. Parfois, c'est une porte qui s'ouvre. À la semaine prochaine sur Traceurs de Voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic Traceurs de Voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile... Vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !