Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Traceur de Voix, le podcast qui vous aide à retrouver de la clarté dans votre relation à l'argent. Entreprendre, investir, gérer son activité, c'est intense. Et quand le stress s'installe, c'est souvent notre relation à l'argent qu'on a besoin d'apaiser. Je suis Koumba Diaby, exécutive coach et consultante en investissement. J'aide les entrepreneurs et dirigeants à faire de l'argent un levier de liberté. Chaque semaine, en moins de 10 minutes, je vous partage des clés concrètes pour avancer en toute sérénité. Il y a des gens qui gagnent très bien leur vie et qui ont toujours peur de manquer. Il y a des entrepreneurs qui remplissent leur agenda et acceptent encore des clients qui ne leur conviennent pas. Il y a des comptes en banque qui se remplissent pendant que l'ancienneté financière reste intacte. Il y a des patrimoines qui grossissent et des nuits où l'on ne dort pas toujours tranquille. Et ça pose une question qu'on n'ose pas toujours formuler. Pourquoi avoir plus ne calme pas toujours la peur de manquer ? Bienvenue dans le César. C'est le troisième épisode de Traceurs de voix, le podcast où l'on explore notre rapport à l'argent, au travail, à nos choix de vie et à la place que l'on ose prendre. Je suis Koumba et aujourd'hui, nous allons tenter de comprendre d'où vient vraiment ce travail. peur du manque comment elle s'installe dans notre système nerveux et pourquoi elle peut rester active même quand objectivement nous ne sommes plus en danger pour comprendre pourquoi la peur du manque prend parfois toute la place il faut d'abord comprendre d'où elle vient et elle vient rarement de nulle part C'est une peur qui a une histoire, des racines. Parfois, elle vient de ce qu'on a vécu directement. Une période de précarité, un parent au chômage, des fins de mois difficiles qu'on a observées, enfants, même si on ne comprenait pas tout. Le cerveau des enfants est une éponge émotionnelle. Vers 3-4 ans, notre système nerveux commence à capter et encoder les signaux du stress de notre environnement. Saviez-vous que des recherches en neurosciences du développement ont montré que les enfants qui grandissent dans des environnements où l'argent est source de tensions chroniques développent une sensibilité accrue aux menaces liées à la sécurité matérielle ? Concrètement, vous avez peut-être 8 ans, vous ne comprenez pas les mots « découvert » ou « huissier » mais vous captez la tension dans la voix de vos parents. Vous voyez leur visage changer quand ils arrivent avec le courrier. Vous les entendez se disputer tard le soir. Et là, ce qui se passe, c'est que votre amygdale, cette petite zone du cerveau qui détecte les dangers, enregistre argent égale danger. Manquer égale menace. Parfois, la peur vient aussi de ce qu'on a entendu. Vous savez les phrases toutes faites du style « On ne peut pas se permettre » . L'argent ne pousse pas dans les arbres. Il faut toujours mettre de côté, on ne sait jamais. Rien n'est jamais acquis. Ces phrases ne sont pas neutres, ce sont des programmes, des croyances qui s'installent et qui structurent notre rapport au monde. Une étude de l'Université de Cambridge publiée en 2013 a montré que nos attitudes face à l'argent sont largement formées dès l'âge de 7 ans. 7 ans ! Bien avant qu'on ait notre premier salaire. Bien avant qu'on comprenne réellement ce qu'est un budget, il y a aussi ce qu'on a vu se transmettre. C'est la mémoire familiale. Peut-être que vos grands-parents ont connu la guerre, la famine, l'exil. Peut-être qu'ils ont tout perdu une fois, deux fois. Et même s'ils ne racontaient pas tout, leur rapport à l'argent parlait pour eux. Ils gardaient tout, ils ne jetaient rien, ils économisaient tout. Parce que pour eux, gaspiller, c'était prendre un risque mortel. Et cette mémoire de survie, elle se transmet, pas forcément avec les mots, mais par des comportements, par les tensions, par les peurs non verbalisées. Des travaux en épigénétique suggèrent même que le stress intense vécu dans une génération peut influencer biologiquement la suivante. Le trauma de la précarité ne disparaît pas toujours avec l'abondance matérielle. Oui, tout à fait, il arrive qu'on hérite d'une peur de manquer sans avoir manqué soi-même. On peut avoir grandi dans un foyer stable financièrement, Et pourtant, porter en nous cette vigilance constante, cette incapacité à se détendre, ce besoin d'accumuler à tout prix, au cas où, parce que quelque part en nous, il y a une mémoire qui dit « ça peut basculer, ça a déjà basculé, ne baisse jamais la garde, ne prends rien pour acquis, tu peux tout perdre » . Maintenant, regardons comment cette peur s'installe durablement dans notre système nerveux et devient un mode de fonctionnement. Parce qu'une fois que la peur du manque est là, elle ne reste pas passive, ce serait trop beau. Elle structure nos décisions, elle influence nos comportements, elle devient un filtre à travers lequel on voit le monde. Et le cerveau, lui, apprend par répétition. Chaque fois qu'on vit une situation où l'argent est tendu, chaque fois qu'on ressent de l'anxiété face à une dépense, chaque fois qu'on se dit « je dois faire attention » , on renforce les connexions neuronales associées à la vigilance financière. C'est un système qui s'auto-entretient. Prenons un exemple concret. Vous travaillez à votre compte. Un mois, vos revenus baissent de 30%. C'est un fait objectif. Votre système nerveux réagit immédiatement. L'amidale détecte une menace, elle envoie un signal d'alerte à l'hypothalamus qui active l'axe du stress. Résultat, libération de cortisol, augmentation du rythme cardiaque, tension musculaire, vigilance accrue. Et dans cet état, vous ne pensez plus de la même manière. Le cortex préfrontal Zone du cerveau responsable de la planification, du recul, de la nuance, fonctionne moins bien sous stress chronique. Des études en neurosciences cognitives montrent que le stress aigu rétrécit littéralement notre champ d'attention. On pense en tunnel. On voit les menaces, pas les opportunités. Dans ce cas, vos pensées automatiques ne seront plus « ce mois est faible, mais j'ai trois prospects chauds pour le mois prochain » . Vous allez penser « ça y est, ça recommence, je vais manquer » Il faut que je fasse quelque chose et vite. Et là, vous êtes en mode survie. Vous acceptez un client qui ne vous convient pas. Vous baissez vos prix trop vite. Vous surchargez votre planning et vous dites oui à tout. Bien sûr, à court terme, ça soulage. Parce que vous avez l'impression de reprendre le contrôle. Mais voilà le piège. À chaque fois que vous agissez depuis la peur, vous renforcez le circuit neuronal de la peur. Vous apprenez ainsi à votre cerveau que le monde est dangereux. Que vous devez rester en alerte. que vous n'êtes jamais vraiment en sécurité. C'est ce qu'on appelle le conditionnement. Le cerveau apprend par association. Moins de revenus égale danger, égale action urgente, égale soulagement temporaire. Et ce cycle se répète, encore et encore, jusqu'à ce qu'il devienne automatique. Résultat des courses, même quand vos revenus remontent, même quand votre situation s'améliore, se stabilise, le système de vigilance reste toujours actif. parce qu'il a appris que la sécurité était toujours temporaire, que le danger peut revenir à tout moment, qu'il faut toujours prévoir le pire. Une recherche de l'université de Princeton sur la psychologie de la rareté a montré quelque chose de fascinant. Quand on vit dans une période de manque, notre cerveau développe ce qu'on appelle un tunnel cognitif. On devient hyper focalisé sur ce qui nous manque et cette focalisation persiste même quand la rareté disparaît. En d'autres termes, On peut sortir de la précarité matériellement sans sortir de la mentalité de précarité. Et c'est là que commence le paradoxe de l'accumulation. Justement, parlons-en de ce paradoxe de l'accumulation. Quand on porte cette peur, la solution qui semble logique, c'est d'accumuler. Plus d'argent, plus de clients, plus de réserves, plus de marge, plus de tout. Et on se dit, quand j'aurai X, je serai tranquille. Et puis, on y arrive. Et la tranquillité ne vient pas. Ou elle dure deux semaines, trois semaines et puis s'en va. Parce qu'entre-temps, on s'est fixé un nouvel objectif, un nouveau montant à atteindre, une nouvelle barre à franchir. Et voilà pourquoi le système nerveux ne se calme pas avec l'accumulation. Il se calme avec une sécurité perçue. Et ce n'est pas la même chose. Des travaux en neurosciences affectives montrent que notre sentiment de sécurité ne dépend pas seulement de nos ressources objectives. Il dépend de la manière dont notre cerveau interprète ces ressources. Si votre cerveau est conditionné à détecter le danger, il continuera à le faire même quand objectivement vous êtes en sécurité. Vous pouvez avoir 50 000 euros sur votre compte et votre système nerveux peut quand même envoyer des signaux d'alerte. Parce que pour lui, la menace n'est jamais vraiment écartée. Je pense à cette consultante que j'avais accompagnée et qui avait atteint le revenu mensuel stable qu'elle s'était fixé 3 ans plus tôt. Le chiffre était là, récurrent, sécurisé. Mais au lieu de se détendre, elle m'a dit « Maintenant, il faut que je constitue une réserve de 6 mois. Il faut que je diversifie mes sources. Il faut que je sécurise l'année prochaine. » Évidemment, rien de tout ça n'est absurde. Ce sont même des stratégies financières saines. Mais il y avait quelque chose dans sa voix. Une tension qui ne lâchait jamais. Comme si chaque objectif atteint révélait immédiatement le suivant. Sans pause, sans respiration, jamais un moment où elle se posait pour savourer. Et c'est là que j'ai compris. Elle ne cherchait pas à atteindre un chiffre, elle cherchait à éteindre une alerte. Sauf que, on ne peut pas éteindre une alerte neuronale en accumulant. Parce que l'accumulation ne parle pas au système nerveux. Elle parle au compte en banque. Et pendant ce temps, il y a un coût invisible. Le coût de vivre en permanence comme si on était à deux doigts de tout perdre. Alors qu'objectivement, on ne l'est pas. Le coût de repousser des décisions importantes parce que, parce que, ce n'est pas le moment. Le coup de ne jamais habiter pleinement ce qu'on a construit. Le coup de ne jamais se sentir légitime à dire « Là, c'est bon, j'ai assez. » Alors, comment on en sort de ce cycle ? En tout cas, pas en accumulant. On l'a bien vu. Mais en redéfinissant ce qu'est la sécurité pour nous. Et ça commence par une question différente. Pas « Combien il me faut ? » Demandez-vous plutôt « Assez pourquoi ? » Est-ce que j'ai assez ? Pourquoi ? Parce que la sécurité n'est pas un chiffre dans le vide, c'est un plancher, c'est une structure, c'est une réponse concrète à des besoins précis. Qu'est-ce qui constitue votre sécurité réelle ? C'est combien de mois de trésorerie pour dormir tranquille ? 3, 6, 12 ? Et quel est ce niveau de revenu mensuel qui vous permet de vivre sans vous priver ? Travailler sans vous épuiser ? C'est quelle capacité d'épargne qui vous donne la sensation de pouvoir faire face à un imprévu sans que tout bascule ? Et surtout, qu'est-ce que vous voulez vraiment protéger avec votre argent ? Votre liberté de choisir vos clients ? Votre capacité à prendre des vacances sans culpabiliser ? Votre possibilité de ralentir si vous en avez besoin ? Parce qu'à partir du moment où vous définissez votre plancher de manière consciente, quelque chose change dans votre cerveau. Vous sortez du flou. Et le flou, c'est ce qui maintient votre amygdale en alerte. Quand on sait ce qu'on protège et où est la limite, le cortex préfrontal peut reprendre la main. On peut penser de manière plus stratégique, moins réactive. Et tout l'argent que vous gagnez au-delà de ce plancher, ça prend un autre sens en fait. Ça devient une marge de liberté, une capacité d'investir, une possibilité de choisir des projets qui ont du sens, même s'ils rapportent moins. Ça ne veut pas dire qu'on arrête de vouloir gagner plus. Ça ne veut pas dire qu'on s'interdit de grandir. Ça veut dire qu'on cesse de vivre comme si on était en danger permanent. Alors qu'objectivement, on ne l'est pas. Et pour calmer le système nerveux, il y a aussi des pratiques concrètes. Parce qu'on ne peut pas juste se raisonner. Vous ne pouvez pas caresser votre tête et dire à votre cerveau « Calme-toi, on a de l'argent » , ça ne fonctionne pas. Il faut parler au corps. Respiration lente, cohérence cardiaque, marche en conscience, ancrage somatique. Ça, ça fonctionne. Des études de l'université d'Harvard montrent que des pratiques régulières de régulation de stress peuvent littéralement modifier la réactivité de l'amidale. On peut apprendre à notre système nerveux qu'il peut baisser la garde. Petit à petit, on entraîne le cerveau à sortir du mode survie. On lui apprend qu'il faut se détendre, qu'il faut faire confiance. À chaque fois qu'on prend une décision depuis la clarté, plutôt que depuis la peur, on renforce un nouveau circuit. Un circuit qui dit, je peux faire face, je sais où je vais, j'ai assez. Pour conclure, j'aimerais vous dire ceci, votre peur du manque n'est pas un défaut, elle est la trace d'une histoire, la mémoire d'un danger réel ou observé, la marque d'un système nerveux qui a appris à rester vigilant. Mais elle n'a pas à diriger toute votre vie. Vous pouvez honorer cette peur, comprendre d'où elle vient et choisir de ne plus lui laisser la télécommande. Vous pouvez définir votre chiffre de respiration, construire votre plancher, sortir de la course sans fin. Et à partir de là, vous n'êtes plus dans l'accumulation à outrance qui rassure temporairement. Je vous retrouve la semaine prochaine pour un nouvel épisode de Traceurs de Voix. D'ici là, je voudrais vous partager cette phrase de Socrate. Le secret du bonheur, voyez-vous, ce n'est pas de chercher toujours plus, mais de développer la capacité d'apprécier avec moi. Le secret du bonheur, voyez-vous, ce n'est pas de chercher toujours plus, mais de développer la capacité d'apprécier avec moins. Elle est de Socrate cette phrase. Et elle résonne particulièrement quand on parle de la peur du manque. Parce que le vrai pouvoir, ce n'est pas d'avoir toujours plus, c'est de savoir quand on a assez. À partir de là, tout change. A très bientôt sur Traceurs de Voix. Si cet épisode vous a aidé à y voir plus clair, c'est déjà un pas de plus sur votre trajectoire. Vous pouvez prolonger la réflexion avec le diagnostic Traceurs de Voix. Un outil simple pour faire le point sur votre relation à l'argent et vos décisions. Le lien est dans les notes de l'épisode. Et si ce podcast vous est utile, vous pouvez le soutenir très simplement en vous abonnant ou en laissant un avis sur votre plateforme d'écoute. Cela permet à Traceurs de Voix d'être découverts par d'autres entrepreneurs qui en ont besoin. Prenez soin de votre énergie, restez lucide et continuez à tracer votre voix. A bientôt !